LES MENINGITES PURULENTES DE L'ENFANT (M.P)

Documents pareils
Streptocoque B :apports des tests en fin de grossesse, nouvelles propositions.

L ANGINE. A Epidémiologie :

Syndromes méningés de l'adulte

Mise en place du contrôle du bon usage des carbapénèmes: expérience d une équipe pluridisciplinaire

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Faq 1 - Mener l interrogatoire et l examen clinique d un enfant fébrile

CONVULSIONS DE L ENFANT Item 190 JP. CARRIERE

Otite Moyenne Aiguë. Origine bactérienne dans 70 % des cas. Première infection bactérienne tous âges confondus

Fièvre sans foyer chez l enfant de moins de 3 mois

Le traitement du paludisme d importation de l enfant est une urgence

Item 95 Maladies sexuellement transmissibles : infections urogénitales à gonocoque et Chlamydia trachomatis (en dehors de la maladie de Nicolas-Favre)

MINISTERE DE LA SANTE ET DES SOLIDARITES DIRECTION GENERALE DE LA SANTE- DDASS DE SEINE MARITIME

A C T I V Méningites à pneumocoque de l Enfant en 2007

Réflexions sur les possibilités de réponse aux demandes des chirurgiens orthopédistes avant arthroplastie

Mise au point sur le bon usage des aminosides administrés par voie injectable : gentamicine, tobramycine, nétilmicine, amikacine

CEPHALEES POST-BRECHE DURALE. Post Dural Puncture Headache (PDPH)

infections néonatales, marqueurs biologiques, CRP, PCT, IL-6 KEYWORDS Neonatal infections, biological marker, CRP, PCT, IL-6

Vivre en santé après le traitement pour un cancer pédiatrique

Le test de dépistage qui a été pratiqué à la

Guide des vaccinations Édition Direction générale de la santé Comité technique des vaccinations

Vaccinations - Rédaction Dr BOUTON

Docteur, j ai pris froid!

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS DE LA COMMISSION. 10 octobre 2001

LA TUBERCULOSE Docteur ALAIN BERAUD

Traitement antibiotique probabiliste des urétrites et cervicites non compliquées

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

4eme réunion régionale des référents en antibiothérapie des établissements de Haute-Normandie

Les Arbres décisionnels

Définition de l Infectiologie

Ministère du travail, de l emploi et de la santé

neurogénétique Structures sensibles du crâne 11/02/10 Classification internationale des céphalées:2004

La migraine : une maladie qui se traite

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 3 septembre 2008

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

La prise en charge de l AVC ischémique à l urgence

Unité d enseignement 4 : Perception/système nerveux/revêtement cutané

Comment devenir référent? Comment le rester?

Migraine et Abus de Médicaments

Fièvre chez un patient immunodéprimé.

Prévention anténatale du risque infectieux bactérien néonatal précoce

Le diabète de type 1 UNSPF. Ségolène Gurnot

APPORT DU DIAGNOSTIC MOLECULAIRE EN PATHOLOGIE INFECTIEUSE. Service de Microbiologie Hôpital Robert-Debré

Grossesse et HTA. J Potin. Service de Gynécologie-Obstétrique B Centre Olympe de Gouges CHU de Tours

SITUATION EPIDEMIOLOGIQUE HEBDOMADAIRE

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

PRÉVENTION ANTÉNATALE DU RISQUE INFECTIEUX BACTÉRIEN NÉONATALE PRÉCOCE

LES TROUBLES MUSCULOSQUELETTIQUES. Le 2 décembre 2008

Service d ambulance. Normes. de soins aux patients. et de transport

Gestion des épidémies en FAM et MAS. 2 ère réunion annuelle FAM/MAS 20 mars 2015

Intérêt diagnostic du dosage de la CRP et de la leucocyte-estérase dans le liquide articulaire d une prothèse de genou infectée

Infection VIH et Grossesse Rédigée par : Laurichesse Hélène, C Jacomet

Traitement des Pseudarthroses des Os Longs par Greffe Percutanée de Moelle Osseuse Autologue Concentrée

Céphalées vues aux Urgences. Dominique VALADE Centre d Urgence des Céphalées Hôpital Lariboisière PARIS

Item 182 : Accidents des anticoagulants

Classification internationale des céphalées, 2 édition (d après l Internationial Headache Society,

Carte de soins et d urgence

HERNIE DISCALE LOMBAIRE

Cordarone et Thyroïde par François Boustani

Les Infections Associées aux Soins

B MIS À JOUR EN MARS 2013

MIEUX COMPRENDRE CE QU EST UN ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL AVC

Accidents des anticoagulants

Tuberculose bovine. Situation actuelle

chronique La maladie rénale Un risque pour bon nombre de vos patients Document destiné aux professionnels de santé

Céphalées. 1- Mise au point sur la migraine 2- Quand s inquiéter face à une céphalée. APP du DENAISIS

Cas clinique n 1. Y-a-t-il plusieurs diagnostics possibles? Son HTA a t elle favorisé ce problème?

E04a - Héparines de bas poids moléculaire

Rhume ou grippe? Pas d antibiotiques!

Situation Agent Schéma posologique*

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 23 mai 2007

Laurence LEGOUT, Michel VALETTE, Henri MIGAUD, Luc DUBREUIL, Yazdan YAZDANPANAH et Eric SENNEVILLE

RÉFÉRENCES ET RECOMMANDATIONS MEDICALES

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

INSUFFISANCE CARDIAQUE «AU FIL DES ANNEES»

7- Les Antiépileptiques

INFECTIONS URINAIRES CHEZ L ENFANT

Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. Comité technique des infections nosocomiales et des infections liées aux soins

Rappel : le système nerveux

Apport de la TDM dans les cellulites cervico-faciales

Pharmacologie des «nouveaux» anticoagulants oraux

Semaine Sécurité des patients «Le mystère de la chambre des erreurs!»

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

B06 - CAT devant une ischémie aiguë des membres inférieurs

Session Diagnostic. organisme gestionnaire du développement professionnel continu.

Les maladies professionnelles. Formation Médicale Continue Les maladies professionnelles Docteur Béatrice KOZAR (ELSM Hérault) 2 Décembre 2010

Observation. Merci à l équipe de pharmaciens FormUtip iatro pour ce cas

Semaine Sécurité des patients

INFECTIONS POST- TRAUMATIQUES SUR MATÉRIEL D'OSTÉOSYNTHÈSE. Accidentologie et épidémiologie bactérienne

SITUATION EPIDEMIOLOGIQUE DE LA 26 ème SEMAINE 2015 OBJET EXPOSE DE LA QUESTION OBSERVATIONS

Les facteurs de croissance lignée blanche Polynucléaires neutrophiles Grastims

F.Benabadji Alger

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

ANTIBIOTHÉRAPIE PAR VOIE GÉNÉRALE. Infections ORL et respiratoires basses

ANTIBIOGRAMME VETERINAIRE DU COMITE DE L ANTIBIOGRAMME DE LA SOCIETE FRANCAISE DE MICROBIOLOGIE

Médicaments et grossesse

PSDP et usage des pénicillines - ESAC

Thérapeutique anti-vhc et travail maritime. O. Farret HIA Bégin

mal de tête d installation subite 12/10 Éliminer une céphalée secondaire

La maladie de Still de l adulte

Transcription:

LES MENINGITES PURULENTES DE L'ENFANT (M.P) L.EL HARIM-ROUDIES - A.EL MALKI TAZI-Hôpital d Enfants DEFINITION : Infection des méninges et du LCR par des bactéries. Fréquentes et graves par leurs complications et séquelles si diagnostic et traitement tardifs : - décès : 5 à 30% chez le nouveau-né, 3 à 5% chez le nourrisson, atteignant 10% dans les pays du tiers monde - séquelles : 10 à 20%. Urgence thérapeutique, hospitalisation nécessaire, A T B de plus en plus actifs, progrès réanimation ++ Mortalité. OBJECTIFS : - reconnaître une méningite purulente chez le grand enfant, nourrisson et nouveau-né selon les données anamnestiques et cliniques. - prescrire le traitement d'une (M.P) en tenant compte de l'âge, des données amnestiques, cliniques et du germe en cause. - connaître l'indication et la nature du traitement prophylactique à prescrire aux sujets contacts. PHYSIOPATHOLOGIE : - l infection méningée se fait par : voie sanguine (septicémie), contiguité (ORL), directement : brèche, traumatisme, malformations. - l inflammation des méninges et villosités arachnoïdiennes est à l'origine d'hydrocéphalie (Nourrisson) et d'atteinte des paires crâniennes (VIII, VII, III et VI). CLNIQUE : - MP de l'enfant à début brutal :fièvre 40 C, syndrome méningé franc. - MP du nourrisson au diagnostic plus difficile: Début brutal ou progressif, Fièvre ++ Troubles digestifs, refus de boire ++, convulsions fébriles, DHA de cause non évidente, examen : raideur de nuque difficile à apprécier, fontanelle antérieure bombante +++. Devant ces signes et au moindre doute ponction lombaire. - MP du Nouveau-né : graves, compliquent une septicémie. PREMIERS EXAMENS PARACLILINIQUES : PONCTION LOMBAIRE:

- étude LCR: purulent ou louche, rarement clair au début ; hypercytose à PN altérés - glycorachie Albuminorachie - bactériologie: E D +++, culture +++, étude sensibilité germe aux ATB. Antigènes bactériens: Méth. facile, rapide ++ * germes du Nourrisson et l'enfant : méningocoque (MNO), pneumocoque (PNO) et Hæmophilus Influenzae (HI) * germes rencontrés dans les méningites néonatales : Les plus fréquents : Escherichia coli,, Streptocoque B, Listeria monocytogénèse (rare). DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL : L C R clair : Méningite virale, méningite tuberculeuse, lésion intra crânienne. MOYENS THERAPPEUTIQUES : TRAITEMENT ATB : ATB fi bonne diffusion bactéricide, posologie suffisante, voie IV a) PENICILLINE G - 500 000 U/kg/j - 6 perf/j < 15 M/j - active : MNO, PNO sensible, Strépto. B - limites : émergence PSDP (pneumocoque de sensibilité diminuée à la penicilline) b) Amino-penicillines - AMPICILLINE, AMOXICILLINE+++ - active : MNO, PSDP (meilleure activité), Listeria, Strépto. HI non sécréteur de β lactaminase - posologie : 200-4 IV / j ou 6 IV / j c) Phénicolés : THIAMPHENICOL - actif : HI sécréteur β lact+ et non sécréteur β lactamase MNO : utilisé si allergie pénicilline, très bonne pénétration cerveau - limites : activité moins bonne sur PSDP, toxité hématologique fi surveill. FNS 8 ème j, CI chez Nné - posologie : 70-100 4 IV / j d) Céphalosporines de 3 ème génér.(c3 G) CEFOTAXIME, CEFTRIAXONE - avantages : CMI basses ++, traversent barrière méningée - actifs : MNO, Stréptocoq B, HI producteur ou non de β lactamase PNO + PSDP, Entérobactéries

inconvénients : Coût élevé, doses : Céfotaxime : 200 en 4 IV/j Céftriaxone : 70-100 1 ou 2 IV/j e) Oligosaccharides : utilisées chez Nné effet systémique GENTAMYCINE : 3-5 IM ou IV PLACE DE LA CORTICOTHERAPIE : Action sur médiateurs protéiques (Interleukines) et lipidiques (Prostaglandines) - action ++ MP à HI ++ - PNO ± - indication : Nourrisson : traité par C3 G - DEXAMETHASONE 0,15mg/Kg/6h pdt4j, 1 ère injection : 15 min avant la 1 ère injection ATB TRAITEMENT GENERAL - perfusion IV véhiculer ATB - restriction hydrique : 50 ml / Kg / j - traitement collapsus - antipyrétiques : PARACETAMOL : 60 mg / Kg / j - anticonvulsivants : PHENOBARBITAL = Nss : systématique : 30 à 50 mg / Kg / j DIAZEPAM: si convulsions: 0,5 mg / Kg / injection (Intra rectale) SCHEMA THERAPEUTIQUE : (Extrait de la conférence de consensus : traitement des méningites purulentes communautaires, société marocaine de pathologie infectieuse (SMPI) Juin 1996) ANTIBIOTHERAPIE NOURRISSON + ENFANT : a) Antibiothérapie probabiliste : - NOURRISSON * en 1 ère intention C3 G car vise HI * en 2 ème intention Thiamphénicol - ENFANT * ATB fi vise PNO * absence de signes de gravité : ou Ampicilline * présence designes de gravité : existence fact. risque PSDP : âge > 4 ans, prise β lact mois précédents, immunodépression, MP récidivante, traitement par C3 G absence facteur risque PSDP : Phénicolés

b) ATB quand germe isolé : - MP à MNO * sinon Ampicilline, Pénicilline, Phénicolés - MP à PNO * absence de signes de gravité : ou Ampicilline * présence de signes de gravité, présemption PSDP fi C3 G pas de risque PSDP fi Phénicolés fi si pas améliorat.fi C3 G PNO résist ++ fi C3 G + VANCOMYCINE IV(50mg/ Kg/ j) - MP à HI traitement : C3 G en 2 ème intention Tiamphénicolfi rester vigilant : si germe + 48h C3 G si germe β lact.(-) fi. c) Durée traitement - MP non compliquée : Durée 7j : MNO - 10 j : PNO, HI, GNI (germe non identifié) ANTIBIOTHERAPIE CHEZ LE NOUVEAU-NE : a) Traitement probabiliste - MP très précoce (strépt / listeria) : Ampi + Genta - MP tardive (Entérobactérie) : C3 G + Aminoside - si doute fi C3 G + Ampi + Amino b) Traitement selon le germe - MP à strepto. B : Ampi. + Aminoside - MP à Entérobactérie : C3 G + Aminoside c) Durée traitement - 3 semaines (21j) β lactamine - 8-10j Aminoside TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE : MP A MENINGOCOQUE : - déclaration obligatoire, isolement du malade - traitement des sujets contacts - spiramycine 50 per os 5 j - vaccination anti MNO A + C, souhaitable, ++ si épidémie VACCINATION CONTRE HI : Systématique, utilisée dès l âge de 2 mois (ACT HIB)

après vaccin polysaccharidique avant l âge de 1 an : 2 à 3 injections + rappel 1an Très bonne action fi MP à HI MP NOUVEAU-NE : prévention infection matérno-fœtale. CONCLUSION : MP : urgence médicale dont le pronostic est étroitement lié à la précocité du traitement. Importance capitale du diagnostic précoce qui repose sur la PL à faire au moindre doute. TRAITEMENT DES MENINGITES PURULENTES COMMUNAUTAIRES DE LA SOCIETE MAROCAINE DE PATHOLOGIE INFECTIEUSE 2 ème conférence de consensus 1 er juin 1996 TABLEAU N I ANTIBIOTIQUE EN FONCTION DU GERME ET DE L AGE NOURRISSON ENFANT ET ADULTE GNI * Sans signes de gravité : * avec signes de gravité : - MENINGOCOQUE Pénicilline G* Pénicilline G* PS PNEUMOCOQUE PSDP HÆMOPHILUS * : Alternative GNI : Germe non identifié PS : Pneumocoque sensible à la pénicilline PSD : Pneumocoque de sensibilité diminué à la pénicilline

TABLEAU N II POSOLOGIE QUOTIDIENNE VOIE ET RYTHME D ADMINISTRATION DES ANTIBIOTIQUES Pénicilline G UI / kg / j ou Ampicilline Phénicolés Céftriaxone Cefotaxine Nourrisson 200 70-100 70-100 200-300 Enfant 500 000 sans dépasser 15 MUI / j 200 70-100 70-100 200 Rythme Toutes les 4 heures Toutes les 4 A 6 heures Toutes les 6 heures Toutes les 12 à 24 heures Toutes les 6 heures Voie IV IV IV IV IV TABLEAU N III DUREE DU TRAITEMENT ANTIBIOTIQUE DES MPC NON COMPLIQUEES GERMES DUREE (jours) MENINGOCOQUE 7 jours HÆMOPHILUS INFLUENZÆ : 7 jours Phénicolés : 10 jours PNEUMOCOQUE 10 jours GERME NON IDENTIFIE 10 jours