INTEGRATION ECONOMIQUE DES PAYS D AFRIQUE DE L OUEST. 29 mai 2008



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Transcription:

INTEGRATION ECONOMIQUE DES PAYS D AFRIQUE DE L OUEST 29 mai 2008

Contrat 2007/147095 Pays bénéficiaire : Afrique de l Ouest Elaboré par Tiphaine Leurent Présenté par Les opinions exprimées dans ce rapport n engagent que les auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de la Commission Européenne.

P R E F A C E L Afrique de l Ouest est en pleine reprise économique, qui met fin à une longue phase de déclin de sa part dans l économie et les échanges mondiaux. Les marchés nationaux se décloisonnent et s ouvrent à la concurrence à la faveur des progrès dans le maillage des économies, de l harmonisation du cadre des affaires et des privatisations. Beaucoup d entreprises doivent encore atteindre la taille critique pour réaliser des rendements d échelle, exploiter les avantages comparatifs et permettre une meilleure spécialisation industrielle. L intégration financière est en bonne voie, tandis que la coordination des politiques économiques à travers une batterie d indicateurs de convergence ouvre la voie à une monnaie unique à l ensemble de la région. Néanmoins, de nombreux obstacles à la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux sont encore à surmonter pour déboucher sur un marché commun. Les milieux d affaires doivent se fédérer pour faire avancer, pas à pas, le dossier de l intégration régionale auprès des organisations régionales et des Etats. Par ailleurs, ces développements ouvrent des perspectives et suscitent de nombreuses opportunités d affaires. Le rapport recommande la mise en place d un observatoire d intégration des affaires pour le suivi d une part des réformes et de leur mise en œuvre, et d autre part de la concrétisation d opportunités d affaires identifiées à l occasion de leurs rencontres périodiques. Cet observatoire permettra aux investisseurs régionaux et internationaux d avoir aussi une meilleure visibilité sur l environnement des affaires dans la sous-région. Page 1

Sommaire 1 DIAGNOSTIC... 1 2 STRATEGIE... 4 1 POTENTIEL ECONOMIQUE ET COMMERCIALE DE L AFRIQUE DE L OUEST... 7 1.1 Tendances et caractéristiques des économies...8 1.2 Du côté de l offre... 11 1.3 Du côté de la demande : les marchés... 14 1.3.1 Le marché régional de biens et services... 14 1.3.2 Le secteur financier régional... 16 1.3.3 Marchés extérieurs... 23 1.4 Interconnectivité... 26 2 POLITIQUES ET INSTITUTIONS... 29 2.1 Avancées vers l intégration... 29 2.2 Politiques commerciales... 31 2.3 Environnement des affaires et concurrence... 33 3 SYNTHESE DU DIAGNOSTIC : ANALYSE AFOR... 37

R É S U M É E X É C U T I F 1 DIAGNOSTIC Le potentiel économique de l Ouest est grand. Du côté de l offre : d abondantes ressources naturelles, notamment minières, sous-exploitées ; en outre, une urbanisation rapide, une «densité économique» (richesses créées au km2) accrue, l une des plus fortes de l Afrique dans le golfe de Guinée qui concentre actuellement l essentiel de l activité économique, ainsi qu une «mise en réseau» des économies par les infrastructures et les institutions, tendent à en faire un espace économique unifié. Plusieurs économies, en phase de reprise post-conflit, participent au mouvement et dynamisme d ensemble. Du côté de la demande les perspectives sont bonnes tant sur le marché intérieur qu à l exportation. L Afrique de l Ouest constitue un marché de 300 millions d habitants, dont le niveau de vie croît de nouveau, après un long déclin. C est même l un des marchés du monde en plus forte croissance et tourné vers les innovations, du fait : de la croissance démographique; de la jeunesse des consommateurs ; de l urbanisation, de l amélioration des termes de l échange et croissance induite des revenus monétaires. Les opportunités à l exportation dopées par l accès au marché européen et l orientation favorable des cours des matières premières, qui se sont déjà concrétisées par un triplement de la valeur des exportations depuis 1998. Certains secteurs bénéficient déjà de la dynamique régionale, soit au titre des grands projets, soit à la faveur de la modernisation et de l harmonisation du cadre des affaires, soit grâce à leur nouveauté et leurs caractéristiques propres qui les dégagent des entraves habituelles (infrastructures, télécommunications, haute technologie, secteur bancaire et financier). La régionalisation du secteur bancaire, notamment à travers les banques nigérianes, ainsi que celle du marché des capitaux, permettra aux entreprises, PME comprises, de financer leurs activités et implantations dans la région. Les investissements suivent, ou vont se concrétiser: en proportion du PIB, ils devraient grimper de 5 points de 2005 à l horizon 2009 d après les projections de la Banque Mondiale. Le boum concerne les investissements privés, mais aussi les investissements publics, pour rattraper le retard handicapant en matière d équipements et d infrastructures. Le recours aux partenariats publics-privés, qui se généralise, et qui peut aussi toucher PME ou collectivités locales, permettra de démultiplier encore les montants engagés, en prolongeant les capacités financières des Etats, et de pousser l engagement des entreprises plus avant. Page 1

La région est en voie d intégration. Les plus grandes avancées ont été opérées au sein de l Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), qui regroupe 8 pays au sein d une union monétaire et douanière, et qui les dote d institutions, d un cadre des affaires et d un programme économique communs. Grâce à ces avancées, les échanges intra-uemoa en pourcentage du commerce extérieur total des ces 8 pays, quoique faibles (14%), n en figurent pas moins parmi les plus élevés des communautés économiques africaines. Au niveau de la Communauté Economique des Etats de l Afrique de l Ouest (CEDEAO), qui regroupent tous les pays de l Afrique de l Ouest couverts par la présente étude à l exception de la Mauritanie, les avancées sont beaucoup plus lentes, mais les modalités envisagées sont semblables même si le calendrier diffère, et la feuille de route est désormais élaborée par les deux institutions en étroite concertation, tant au niveau politique (sommets conjoints) qu au niveau technique (secrétariat commun). Sur le plan commercial, on observe un rattrapage des échanges, au sein de l Afrique de l Ouest, en provenance ou à destination des pays hors UEMOA, qui reflète la proximité comme le poids économique grandissant des «poids lourds» que sont le Nigéria, le Ghana et la Côte d ivoire. Pourtant, les entraves aux affaires et aux échanges demeurent particulièrement handicapantes : on est bien loin du «laissez faire, laissez passer». Une majorité des pays sont en queue du classement international «Doing Business» de la Banque Mondiale, y compris la Côte d Ivoire. Le Ghana et le Nigéria, moins handicapés, n en figurent pas moins dans la seconde moitié du classement. L analyse économétrique réalisée dans le cadre de la présente étude confirme que les entraves et le coût des échanges transfrontaliers diminuent de façon très significative le commerce intra-zone. Aux obstacles juridiques et physiques s ajoutent les «pratiques anormales», c est-à-dire le racket sur les transporteurs et les passagers opérés par les forces de sécurité et les agents de l Etat non seulement aux frontières mais tout au long des routes: sur les grands axes, la densité des «points de contrôles», de 5 à 7 aux 100 kms, est exceptionnelle. Le problème est si aigu qu un «observatoire des pratiques anormales» a été créé par l UEMOA, qu une étude a été récemment réalisée sur ces points de contrôle en Côte d Ivoire. Une énorme «énergie économique» serait libérée en l absence de ces entraves, dont les conséquences en termes de compétitivité, de spécialisation et de diversification des économies sont désastreuses. La compétitivité est obérée par les coûts indirects, «en dehors de l atelier» occasionnés par un mauvais environnement des affaires. Ce sont ceux, notamment, des infrastructures et des services publics: énergie ; transports ; télécom ; eau ; sécurité ; formalités administratives ; impôts. Les entraves aux échanges empêchent une régionalisation des chaînes de valeur, c est-à-dire la possibilité Page 2

pour les entreprises d avoir clients et fournisseurs dans d autres pays de la sous-région. Partant, elles empêchent de réaliser les gains en termes d efficacité économique qui découlent : d une spécialisation intrarégionale pour exploiter les avantages comparatifs; de l obtention, par les entreprises, de la taille critique permettant les économies d échelle et l innovation. En fin de course, c est la dynamique d industrialisation et de diversification des économies qui est bloquée : la région est incapable d élargir sa base économique et le degré de transformations de ses produits. La part de l industrie dans le PIB a même diminué, l essentiel des activités restant concentré dans les industries extractives, la production d électricité, de gaz et d eau, tandis que les filières agricoles, à quelques exceptions près (oléagineux) se limitent à la première transformation. La structure du commerce extérieur reflète celle de l appareil productif : la part des cinq principaux produits dans les exportations de la zone est passée de 77% en 1995 à 86% en 2005. Les produits manufacturés constituent la majorité des importations, les produits de base l essentiel des exportations. Page 3

2 STRATEGIE Les défis économiques principaux de la région en relation avec l intégration régionale sont au nombre de deux : la compétitivité des économies et leur spécialisation, avec à la clef une meilleure insertion dans les échanges mondiaux et une reprise du processus interrompu d industrialisation. Les consultants recommandent l approche suivante : Réduire les coûts indirects des entreprises Permettre aux opérateurs économiques de remonter la chaîne de la valeur par la captation dans la région de plus de valeur ajoutée et par une exploitation plus intensive des avantages comparatifs des divers pays Utiliser de façon systématique la taille et les potentiels de la région toute entière, tant comme marché que comme gisement de ressources matérielles et humaines COMPETITIVITE. Il faut agir sur l environnement des entreprises, pour réduire leurs handicaps dans la compétition mondiale. C est le plus fort levier sur la chaine de la valeur. Certains pays ont fait des avancées significatives dans les réformes en 2006-07, notamment dans les domaines où les retards accusés étaient les plus importants : plusieurs pays d Afrique de l Ouest figurent même parmi les plus réformateurs au sud du Sahara. Cependant, des progrès considérables restent à accomplir pour inscrire le libéralisme économique dans les faits et faciliter l entreprenariat. Ils portent sur l environnement juridique des affaires, mais aussi sur la gouvernance publique, c est-à-dire la capacité des autorités à appliquer leurs décisions et contrôler leurs agents. De leur côté, les milieux d affaires doivent se structurer pour faire passer leurs messages, aux niveaux tant régional que national. Au niveau régional, à la faveur de la réorganisation envisagée du NEPAD, partenariat et dialogue doivent être approfondis. (i) la notion clef du NEPAD, le partenariat, inscrite dans sa dénomination, qui s entend jusqu à présent s entend comme un partenariat entre dirigeants africains et communauté internationale, doit être étendue dans la sphère économique : Page 4

- au dialogue secteur public-secteur privé, et sa concrétisation dans deux domaines: (i) l amélioration de l environnement des affaires; (ii) l association du privé aux investissements publics, à la réhabilitation des infrastructures et à la gestion de certains biens publics - Aux investissements et courants d affaires entre l Afrique et les autres régions du monde, le NEPAD nouvelle formule jouant dans ce domaine un rôle de coordination des communautés économiques africaines (ii) Le dialogue public privé nécessite de garder le réseau du NEPAD Business Group à l extérieur de l UA, pour lui conserver son statut d émanation des milieux d affaires comme son rôle de «policy advocacy» auprès des autorités. Le relais auprès de l UA sera assuré par (i) la conférence des ministres africains de l intégration, que les milieux d affaires prépareront en ce qui les concernent par les conférences internationales des affaires (CINTA) qui s intégreront dans le cycle des consultations; (ii) et bien sûr l ECOSOC. Un appui technique au réseau des NEPAD BG sera assuré par un (des) observatoire(s) régional(ux) de l intégration au niveau des communautés économiques régionales. Au niveau régional, La pleine exploitation des synergies régionales suppose de s attaquer aux barrières aux échanges, visibles comme invisibles (langue, culture des affaires), et c est le premier des trois objectifs assignés à la première Conférence Internationale des Affaires (CINTA): «Promouvoir les échanges et investissements en Afrique de l Ouest en créant un véritable pont entre les économies francophones et les économies anglophones de la sous-région». Compte tenu du poids de leurs économies et de leur proximité, l extension au Ghana et au Nigéria de l union douanière puis de l union monétaire devrait bouleverser le volume de leurs échanges avec leurs voisins de l UEMOA (Côte d Ivoire, Togo, Bénin, Niger, Burkina Faso) et au moins doubler le volume des échanges au sein de la zone CEDEAO. Au niveau national, les autorités doivent être sensibilisées par les milieux d affaires à la nécessité d améliorer de l environnement des affaires. En Côte d ivoire, cette prise de conscience ainsi que le suivi des engagements et réalisations est recherchée à travers la création d une «task force» Doing Business. Les milieux d affaires des autres pays devraient organiser des relais similaires selon des dispositions idoines. Il faut s attaquer aux obstacles structurels et identifier les réformes prioritaires par filière, qui sont propres à chaque pays. Même si les orientations convergent : l ouverture des marchés doit se poursuivre, et concerner notamment les marchés publics, les services publics (éducation, santé, formation, «utilities») et le secteur manufacturier. Page 5

C est le second des objectifs assignés à la conférence : «Renforcer le rôle du secteur privé dans la formulation des politiques économiques et commerciales appropriées». Les milieux d affaires doivent pousser les dossiers de la privatisation, de la libéralisation, de la déréglementation, du démantèlement des monopoles publics et privés, encore protégés sur les marchés nationaux par le bouclier tarifaire, ainsi que par diverses entraves aux échanges et à la concurrence. SPECIALISATION Les points d impact sont méso-économiques et macroéconomiques. Au niveau méso-économique, sur le modèle asiatique, la politique des filières doit être le fer de lance de l industrialisation et de l insertion dans les échanges mondiaux. Les stratégies des Etats doivent appuyer celles des milieux industriels, pour atteindre le troisième objectif assigné à CINTA: «Renforcer le processus d intégration régionale en Afrique de l Ouest» Les initiatives publiques n éclipsent pas que le processus a lieu dans, par et entre les entreprises. Ces dernières doivent atteindre, sur le marché régional ou à l exportation, dans leurs métiers, la taille critique qui leur permettra de réaliser des économies d échelle et d accéder aux technologies les plus nouvelles. L exemple asiatique révèle que le processus se traduit par une intensification des investissements comme des échanges, à travers des délocalisations en cascade, sur la base du cycle de vie des produits et de leur intensité en travail. Au sein de l Association des nations de l Asie du Sud Est (ANASE), qui réunit des nations ayant développé cette division interne du travail, les échanges intra-communautaires sont ainsi passés de 4% du PIB régional en 1977 à plus de 18% aujourd hui. Les perspectives ainsi ouvertes sont donc immenses, quand on sait que les échanges intra-communautaires au sein de la CEDEAO en proportion du PIB régional dépassent péniblement les 2%. Au niveau macroéconomique, les conditions d une intégration réussie seront réunies à travers la création d un espace économique commun, au sein duquel les entreprises sont à pied d égalité, tissent des relations de partenariat, tandis que leurs positions dans la concurrence internationale se voient renforcée. Cet espace économique commun repose sur: (i) une convergence des conditions macroéconomiques, suivie par l UEMOA comme par la CEDEAO par une batterie d indicateurs propre à chaque communauté ; (ii) un tarif extérieur commun et la suppression des barrières douanières internes; (iii) la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux; des investissements massifs en capital humain comme en infrastructures, et (iv) à terme, une monnaie commune. Page 6

Première partie : Diagnostic 1 POTENTIEL ECONOMIQUE ET COMMERCIALE DE L AFRIQUE DE L OUEST Un marché potentiel: 300 millions d habitants, PIB/tête de l ordre de 600$, soit un pouvoir d achat approchant les 180 milliards de $. Très extraverties, les économies contribuaient pourtant de moins en moins aux échanges mondiaux, et attirent encore très peu les investisseurs. Inversion prévisible de ces tendances avec la montée des cours et de la demande de matières premières Concentration démographique et économique. 3 pays du golfe de Guinée (Côte d Ivoire, Ghana, Nigéria) contribuent à hauteur de près de 80 % au PIB et aux échanges. De par la «loi de gravité économique» (taille et proximité), impact prévisible très fort de la libéralisation économique et d une possible union monétaire sur leurs échanges croisés Investisseurs déjà engagés ou sur les starting blocks dans les pays se relevant d un conflit. Le conflit ivoirien a pesé négativement sur la performance économique de la zone UEMOA. Toutefois, les institutions communautaires, notamment l union douanière, la monnaie unique et le marché financier régional ont résisté à la crise ivoirienne. Reprise postconflit va donc exercer son effet d entraînement à plein Grands programmes vecteurs d intégration: Investissements considérables, notamment sur les infrastructures et l interconnectivité, privés comme publics (prévus dans le cadre du NEPAD et de l UEMOA); extension du marché commun et de la monnaie unique aux grands pays anglophones, régionalisation du secteur financier. Enormes bénéfices de l intégration économique, mais aussi énormes défis associés Page 7

1.1 Tendances et caractéristiques des économies SORTIE DE CRISE La croissance s accélère, stimulée par l amélioration de l environnement international et l amélioration de la stabilité économique et politique Evolution du PIB par tête de la CEDEAO Source : WDI 2006, Banque Mondiale L amélioration de l environnement économique international y contribue : la croissance mondiale elle-même s accélère, portée par les pays émergents. Les marchés extérieurs sont redevenus porteurs. Les pertes de parts de marché sont enfin endiguées, et les cours des principaux produits d exportation de la région sont en hausse, ce qui se traduit par un doublement de la valeur des exportations en l espace de trois ans Des pertes de parts de marché enfin endiguées Source : Base de données de la CNUCED Page 8

Evolution des cours des cinq principaux produits d exportation de l Afrique de l Ouest Source : World Bank, Commodity markets review, April 2008 Le retour à la stabilité politique de plusieurs pays, présentement en phase de reprise post-conflit, contribue également à stimuler l économie régionale. Evolution du PIB en situation post-conflit (end of conflit date in parenthèses) 2007 Source: d après IMF, World Economic Outlook, October La croissance est tirée par l investissement : l avenir se prépare Page 9

Reprise tirée par l investissement Taux de croissance et taux Contributions à la croissance d investissement Source: d après les projections pays de la Banque mondiale pour le Global Economic Prospects déc. 2008 Cependant, la croissance est encore davantage stimulée par l impact de l amélioration des termes de l échange sur les revenus, que par la croissance en volume des exportations. Il faut transformer l essai : Seul ce relais peut assurer le «décollage» africain. L enjeu de l intégration régionale est une insertion réussie dans l économie mondiale et les échanges mondiaux. Page 10

1.2 Du côté de l offre La promotion du «laissez-faire laissez passer» doit être le cheval de bataille des milieux d affaires. En dépit des progrès, trop d obstacles, licites et illicites, découragent encore la circulation des marchandises, et partant la meilleure localisation des activités et l investissement en Afrique de l Ouest pour exploiter le potentiel des marchés régionaux et bénéficier du libre accès au marché européen dérivé de l Accord de partenariat Economique (APE). Les «chaînes de valeur» doivent devenir transnationales afin de réaliser des économies d échelle, d exploiter les avantages comparatifs et les nouvelles technologies. L enjeu est la compétitivité de la région, dans ses domaines de spécialité, face aux autres régions du monde et la promotion et le développement des PME et PMI. La reprise de l industrialisation, stoppée souvent depuis la fin des années 70, est-elle la clef d une insertion réussie dans l économie mondiale et quels sont alors les mécanismes à mettre en place? Les spécificités culturelles (zones anglophones et francophones) sontelles sources de création et de développement d un environnement propice dans le développement des industries? Grandes caractéristiques: Economies de rente peu diversifiées, vulnérabilité aux chocs extérieurs Secteurs manufacturiers morcelés, parfois protégés, et fragiles. Industrialisation par import-substitution, mise à mal à partir des années 80 par crise et baisse du niveau de vie causées par baisse du cours des matières premières, encore aggravée par mesures imposées par les institutions de Bretton Woods pour ajuster la demande intérieure, ou pour libéraliser trop brutalement (cas du Sénégal), et avant 1994 par la surévaluation du FCFA. Les conditions deviennent favorables: Hausse sans doute durable des cours, nouveaux pays pétroliers (Mali, Niger), exploitation à plus grande échelle notamment de l or, de l uranium. Page 11

Afrique de l Ouest : richesses minières Source: Club du Sahel, L Afrique de l Ouest : Une région en mouvement; Une région en mutation; Une région en voie d intégration (février 2007) Taux de change effectifs réels (corrigés de différentiels d inflation) correspondent désormais aux fondamentaux (d après diverses études). Cependant, l évolution de la parité /$ depuis quelques années bloque l industrialisation de la zone UEMOA, qui ne peut résister à la concurrence des produits manufacturés des économies asiatiques, dont les devises sont liées au $. Les taux de change effectifs réels du Ghana et du Nigéria se sont également appréciés, encore plus fortement Appréciation récente des taux de change effectifs réels Impact dans l ensemble positif de la libéralisation commerciale au sein de l UEMOA sur les échanges et la compétitivité (d après étude BNEDT) Page 12

Nouveau défi : l APE. Pays de l UEMOA préparés par une baisse déjà marquée de la protection tarifaire à laquelle leurs entreprises manufacturières ont du s adapter. APE va attirer les investisseurs pour l accès aux marchés européens L effet de ces facteurs sera démultiplié par l intégration économique Régionalisation du marché (déjà une réalité pour TIC, infrastructures et banque/finance) donc possibilité pour les entreprises d atteindre la taille critique permettant rendements d échelle et spécialisation (exploitation des avantages comparatifs), donc meilleure compétitivité et meilleure attractivité. Expérience déjà vécue de façon spectaculaire par les pays de l ASEAN et du marché commun européen Les pays «hub» (les plus gros, déjà nœuds des échanges, déjà dotés d un secteur manufacturier) en bénéficieront le plus, et entraîneront les autres. Le facteur «marché régional» attire déjà certains investisseurs vers ces pays d après l Enquête 2005 sur l investissement étranger en Afrique (ONUDI) Page 13

1.3 Du côté de la demande : les marchés 1.3.1 Le marché régional de biens et services Les marchés se régionalisent dans les secteurs les plus porteurs (transports, télécommunications et hautes technologies, finance, tourisme). Les privatisations et la fin des monopoles publics ou privés, comme l harmonisation de la réglementation et l ouverture des marchés publics vont concerner d autres secteurs (mines, énergie et eau). Quelles perspectives à la faveur de ces développements? 1.3.1.1 ANATOMIE (SECTEURS ET SEGMENTS) Le graphique ci-dessous présente la ventilation de la demande des ménages de quatre pays pour lesquels ces informations sont disponibles (Burkina Faso, Côte d Ivoire, Nigéria, Sierra Leone) par grandes catégories. Ventilation de la demande des ménages Par marché Par pays En milliards de FCFA 0 10 20 30 40 50 60 80 Alimentation 70 Logement Eau Energie Biens domestiques Santé Burkina Faso Côte d'ivoire Nigéria Sierra Leone En milliards de FCFA 60 50 40 30 Alimentation Logement Eau Energie Biens domestiques Santé Transports TIC Education Autres Transports 20 TIC 10 Education Autres 0 Burkina Faso Nigéria Côte d'ivoire Sierra Leone Source: données tirées de IFC/WRI: The Next 4 Billion: Market Size and Business Strategy at the Base of the Pyramid. 2007 Le marché le plus important est celui de l alimentation. Avec la hausse des revenus, les autres marchés vont prendre une importance croissante. Certains, encore contrôlés par des monopoles nationaux, publics ou privés, doivent s ouvrir et se décloisonner, créant ainsi de nouvelles opportunités d affaires. Page 14

La demande la plus importante émane des segments les plus pauvres de la population. Analyse de la demande par segment Burkina Faso Côte d Ivoire Nigéria Sierra Leone Source: données tirées de IFC/WRI: The Next 4 Billion: Market Size and Business Strategy at the Base of the Pyramid. 2007 1.3.1.2 TENDANCES Un des marchés du monde en plus forte croissance et tourné vers les innovations, du fait de Croissance démographique Jeunesse des consommateurs Urbanisation, amélioration des termes de l échange et croissance induite des revenus monétaires Certains marchés en voie d intégration: Construction et infrastructures Nouvelles technologies Finances D autres encore protégés et morcelés Utilities (monopoles public et privés) Faible spécialisation manufacturière Page 15

1.3.2 Le secteur financier régional Le secteur financier doit accompagner les entreprises dans leur développement sur le plan régional, y financer leurs relations avec fournisseurs et client comme leurs investissements. Par ailleurs, les grandes entreprises, voire les PME sur un compartiment spécialisé, doivent pouvoir lever directement des capitaux, tandis que les start up doivent également mobiliser des fonds propres à travers le réseau financier régional. Des réseaux bancaires régionaux se constituent, tandis que les trois bourses des valeurs qui bordent le golfe de Guinée, portées par une forte reprise des cours, doivent se rapprocher, autorisant une cotation simultanée des entreprises. Enfin, le capital risque et le capital développement pourraient répondre au mieux à des besoins réels justifiés par une certaine frilosité perçue au niveau du système bancaire et financier régional. Institutions et marchés sont-ils prêts à relever les défis? Comment faire en sorte que le secteur financier et les marchés de capitaux des pays francophones de la région gagnent en «maturité» au même titre que celui des marchés anglophones (particulièrement le marché nigérian)? 1.3.2.1 INTRODUCTION Nécessaire approfondissement financier L expérience des pays émergents a souligné l importance fondamentale de l approfondissement et de la diversification des secteurs financiers comme préalable à la croissance. En Afrique de l Ouest, les PME et les micro-entreprises pour l essentiel sont exclues du secteur financier formel Nécessaire intégration financière 1.3.2.2 ETAT DES LIEUX La plupart des banques, y compris les filiales de banques étrangères, ont une dimension nationale, et sont mal équipées pour accompagner leurs clients sur les autres marchés de la sous-région Toutefois, quelques réseaux régionaux (ECOBANK, ) se constituent Régionalisation des banques nigérianes devrait bouleverser la donne CIRCONSTANCES PROPICES AU LANCEMENT D INSTITUTIONS FINANCIERES Page 16

Le déclin du dollar, la demande accrue des matières premières et la hausse parfois spectaculaire de leurs prix, l apparition de nouveaux acheteurs, s ajoutant à la baisse des taux directeurs des USA et au début du ralentissement économique américains ont re-dirigé les investissements, en particulier vers des marchés émergents et vers des valeurs autres que le dollar. Au même moment, le surplus de liquidité résultant de la hausse du pétrole et d autres matières premières a mis à la disposition du marché de vastes fonds Ce n est que progressivement, alors que la demande en services financiers et bancaires régionaux était en lente croissance, que certaines banques ont senti un marché prometteur et ont cherché à bénéficier d une position de leader sur ce nouveau créneau. UNE ACCELERATION RAPIDE DE L ACTIVITE DES BANQUES PRIVEES Depuis le milieu des années 1990 et surtout depuis 2001-2003, le secteur bancaire s est développé fortement dans la région, principalement sur la base de stratégies régionales expansionnistes de la part de banques privées africaines. Le secteur bancaire est, sur le plan des montants financiers, dominé par les banques nigérianes (19 des 20 plus grandes banques et 20 des 30 plus grandes banques de la région sont nigérianes), un phénomène encore renforcé par un processus de consolidation sous l impulsion des autorités. Les banques nigérianes opèrent encore peu hors de leur pays, mais leur taille et, pour certaines, leur santé financière les rend aptes à accompagner le mouvement d régionalisation qui se dessine. La «révolution» nigériane Le processus forcé des fusions initié par la banque centrale du Nigéria (CBN) a généré un remaniement total du secteur. En effet, les mesures introduites en 2004, dont un capital minimum porté à 188 millions de $, a réduit à 25 le nombre de banques enregistrées, contre 29 précédemment. Malgré la domination nigériane, ECOBANK, dont le siège est au Togo, et dont le réseau couvre presque toute la région, est parvenue à se maintenir au 4 ème rang du classement régional. Page 17

En dépit de ces évolutions, le secteur bancaire reste sous-développé et fragile : La structure de l économie (secteur sous-développé des entreprises et dépendance vis-à-vis de quelques matières premières) est une source de fragilité pour le secteur bancaire (forte concentration des risques et sensibilité aux termes de l échange) Crises systémiques passées dans plusieurs pays et présente (Togo) Beaucoup de banques, notamment petites et moyennes ne respectent pas les ratios prudentiels La part des prêts non performants est supérieure à 20% En outre, le secteur bancaire joue un rôle encore limité dans le financement des PME FINANCEMENT DES PME La difficulté d accès au financement pour les PMEs est un obstacle à la croissance du tissu de PMEs industrielles et commerciales ainsi qu à la création d un secteur tertiaire étoffé. Les banques n ont pas encore suffisamment développé les services adaptés ni la capacité à l analyse du risque pour cette catégorie. Le manque d économie d échelle fait que les coûts de transaction sont élevés par rapport à des financements plus importants. De plus, les entreprises, en particuliers celles ayant déjà opéré plusieurs années de façon autonome, n ont pas toujours la capacité à exprimer leur situation de risque et financière dans les termes exigés par les banques : comptabilité claire, business plan et démonstration de profitabilité, suivi de crédit, biens propres et hypothèques. En dernier lieu, le coût et l incertitude liés à toute action juridique grève les banques d un recours et accroît le risque de prêt. UN SECTEUR FINANCIER NON BANCAIRE QUI SE DEVELOPPE, AVEC L APPUI DES AUTORITES MONETAIRES Les institutions non bancaires comprennent notamment : Un secteur de la microfinance encore petit (7% des dépôts et crédits) mais performant (6% de créances compromises) et croissant plus vite que le secteur bancaire Page 18

Des banques dédiées à certains secteurs (financement du logement) et à l octroi de crédits à des catégories d emprunteurs ne présentant pas les garanties et sûretés requises Le crédit mutuel Les fonds de pension et sociétés d assurance UNE INTEGRATION FINANCIERE INCOMPLETE Les avantages liés à la monnaie unique, à une réglementation commune et à une autorité de supervision commune ne sont pas complètement exploités Le marché interbancaire ne joue pas pleinement son rôle dans la distribution de la liquidité et l homogénéisation des taux d intérêt. «Les obstacles au développement du marché interbancaire incluent l absence d un cadre juridique, d un support approprié, d un réseau pour rapprocher offre et demande, et d un cadre pour l évaluation du risque de contrepartie» 1/. 1 Peu de services financiers passent les frontières Un système de compensation régional doit encore être instauré. Cette réforme est en cours La dispersion et l ampleur des marges indiquent le peu d intégration et de concurrence sur le marché du crédit Source: Amadou N. R. Sy, Financial Integration in the West African, Economic and Monetary Union. IMF working paper WP/06/214, sept. 06 1 Amadou N. R. Sy, Financial Integration in the West African, Economic and Monetary Union. IMF working paper WP/06/214, sept. 06 Page 19

1.3.2.3 CONDITIONS D INTEGRATION Macroéconomiques Eviter un effet d éviction du secteur privé par le secteur public et parapublic Propres au secteur financier Concentration bancaire (hausse des conditions de capital minimum pour hisser les banques à une taille régionale) Des progrès additionnels requis dans l harmonisation de la réglementation Levée des obstacles structurels l absence de droits de propriété adéquats, un climat des affaires peu propice, des marchés de petite taille et compartimentés qui limitent la concurrence 1.3.2.4 HARMONISATION DU CADRE JURIDIQUE Progrès réalisés Banque centrale commune Organismes de supervision communs (banques, assurances, marchés financiers) Cadre des affaires commun (OHADA, CIMA) Cadre comptable commun (CYSCOA) Centrale des bilans commune Compagnie régionale de réassurance Institution régionale de microfinance Page 20

Réforme en cours du système de paiements Progrès restant à réaliser Imposition des banques et des investisseurs Réserves obligatoires Implication des autorités nationales dans l agrément des institutions Certains écarts dans le cadre juridique et judiciaire des affaires (droit des faillites) 1.3.2.5 MARCHES FINANCIERS L Afrique de l Ouest dans sa partie qui borde le golfe de Guinée compte trois bourses des valeurs: une bourse régionale à Abidjan, couvrant la zone UEMOA (toutefois, 36 des 39 sociétés cotées sont ivoiriennes); deux bourses nationales à Akra et Lagos. Leur taille, la valeur des transactions et partant leur liquidité sont encore limitées Les trois bourses ont connu récemment une reprise marquée, y compris la bourse ivoirienne jusqu ici très déprimée. Le nombre d entreprises cotées reste faible (respectivement : environ 260, 35 et 39), mais est en croissance rapide depuis les vagues précédentes (l indigénisation des entreprises et les privatisations). On assiste à une accélération du processus de mise sur le marché, car les entreprises recherchent du capital moins cher que sur le marché du crédit et tirent profit d un marché dynamique et parfois agressif. Certaines des entreprises se listent également sur d autres marchés (Londres, Johannesburg) et on assiste au début timide d entée sur le Marché BRVM d entreprises des pays UEMOA, comme le Togo. Caractéristiques des bourses régionales Capitalisatio n boursière (en % du PIB) Valeur des transactions (en % du PIB) Nb sociétés côtées Liquidité Côte d'ivoire 39 14% 0,30% 2,2% Page 21 Ghana 35 31% 0,80% 2,6% Nigéria 260 20% 2,30% 11,4% Afrique de l'ouest 334 20% 1,9% 9,5% Afrique sub-saharienne à

UNE FACILITATION DE L ACCES A LA COTATION La cotation et les projets ambitieux de la BRVM de cotation light sont un progrès important dans la direction d un usage plus systématique des possibilités de l appel à l épargne. La Bourse de Lagos est en train d introduire un système de third tier ayant le même objectif, et qui semble extrêmement attractif à de nouveaux entrants dans la cotation. DYNAMISME DU COMPARTIMENT OBLIGATAIRE Le compartiment obligataire de la BRVM a crû de façon spectaculaire à la faveur surtout des émissions des Etats. On compte beaucoup d étrangers parmi les souscripteurs BRVM émissions sur le compartiment obligataire Source: tableau de bord du marché des capitaux de l UEMOA, 1er février 2008 La mise des trois bourses en réseau : Permettra la cotation simultanée des entreprises sur les trois bourses Nécessitera au préalable d harmoniser la réglementation (notamment conditions de cotation et règles de transparence des sociétés cotées [informations financières] Page 22

1.3.3 Marchés extérieurs Les échanges reflètent la structure de l appareil productif. Ils se développeront avec l essor du secteur manufacturier et la diversification/spécialisation des économies sur la base d avantages comparatifs acquis. Actuellement, les échanges sont concentrés à la fois économiquement sur un nombre limité de produits primaires, et géographiquement sur le golfe de Guinée Anatomie des échanges extérieurs Exportations de marchandises en 2005 par région Part des produits dans les exportations totales (2005) Source : Base de donnés de la CNUCED Source : id. Les pays du golfe du Guinée concentrent 86% des échanges. Quatre produits primaires contribuent à hauteur de 86% aux exportations. Cette part a crû : elle n était que de 74% en 1995. On enregistre toutefois une croissance de la part des exportations non traditionnelles au Ghana, au Sénégal et au Mali. Par ailleurs, des perspectives s ouvrent avec l envolée des cours des métaux et minéraux, encore peu exploités Envolée des cours des métaux et minéraux Or Cuivre Page 23

Source : World bank, Commodity market review, Avr. 08 Uranium Source : World bank, Commodity market review, Avr. 08 Evolution des indices nominaux en $ Source: The Ux Consulting Company, Website (http://www.uxc.com/) Source: d après la base de données de la Banque mondiale Projections de la Banque Mondiale Source: Global Economic Prospects, décembre 2008 Un redéploiement géographique des échanges s opère, avec une part croissance des pays du Sud (Asie et Afrique, notamment) Page 24

Redéploiement des courants d échange Source: Club du Sahel, L Afrique de l Ouest : Une région en mouvement; Une région en mutation; Une région en voie d intégration (février 2007) Irruption de la Chine Entre 1994 et 2004, la part de l Afrique de l Ouest dans les importations chinoises de coton est passée de 2% à près de 20% en moyenne. En l espace de quelques années, la Chine est ainsi devenue le premier partenaire commercial à l export des grands pays producteurs de coton (Bénin, Burkina Faso, Mali, Tchad). La Chine est également un client croissant pour le pétrole et les autres matières premières produits en Afrique de l Ouest, dans l exploitation desquels elle intervient. A l inverse, l Afrique de l Ouest est un marché en forte croissance pour les produits manufacturés chinois. Les APE inciteront les entreprises chinoises à s implanter pour l accès au marché européen. Source : adapté de Club du Sahel, L Afrique de L ouest : Une Région en Mouvement; une Région en Mutation; une Région en Voie d Intégration (Février 2007) Le commerce intra-régional est en croissance relative sur les trente dernières années (notamment au sein des espaces CEDEAO et UEMOA, où il atteint en 2005 respectivement 9,5 % et 13,4 % des exportations totales en valeur). Pour être faible, le commerce intra-régional, notamment au sein de la zone UEMOA, n en figure pas moins parmi les plus élevés de tous les regroupements intra régionaux africains. Page 25

Part des exportations intra-régionales dans les exportations totales Source: CNUCED (2004) 1.4 Interconnectivité Le maillage des économies a besoin d être mieux élaboré dans tous les segments (transport, électricité, NTIC, et tourisme), notamment grâce à la densification des infrastructures routières qui devraient pouvoir relier désormais tous les centres urbains dans un réseau qui nécessite une amélioration. Les investissements nationaux et régionaux dans les projets d interconnexion permettront d envisager un marché régional, une politique régionale ainsi qu une nouvelle amorce de la politique régionale de l énergie. L émergence des modèles PPP devrait changer la donne. Des progrès remarquables sont intervenus ou en cours dans la mise en réseau des économies (nouvelles technologies, infrastructures, secteur financier). Parmi les réalisations, notons : l autoroute côtière ; la grande route transsahélienne ; la portion ouest-africaine du réseau panafricain des télécommunications (PANAFTEL) qui relie désormais l ensemble des pays de la région S agissant des infrastructures routières, un réseau régional relativement cohérent et structuré est en train d apparaître: Les pays enclavés sont correctement reliés entre eux et avec les pays côtiers La plupart des centres urbains sont correctement interconnectés Page 26

Les réseaux télécom sont également en voie d intégration Mise en réseau: télécommunications Par ailleurs, une grande partie de l Afrique de l Ouest est désormais couverte par la téléphonie mobile. Parmi les projets recensés par le NEPAD, notons ceux qui concernent spécifiquement l interconnectivité en Afrique de l Ouest : Secteur de l énergie : réservoir de puissance ouest-africain Interconnections d électricité (Nigeria, Togo, Bénin, Burkina Faso, Côte d Ivoire, Ghana & Mali) Gestion des eaux : Bassin du fleuve Sénégal (Guinée, Mali, Mauritanie et Sénégal) Programme CEDEAO de réseau routier : Kati-Kita (Mali) Saraya (Sénégal) 345 km d amélioration ET Mumfe-Ekok (Cameroun) Page 27

Abakaliki (Enugu, Nigeria) 161 km d amélioration au Cameroun et réhabilitation au Nigeria L interconnexion du réseau ferroviaire reste à réaliser Voies ferrées existantes ou en projet Page 28

2 POLITIQUES ET INSTITUTIONS 2.1 Avancées vers l intégration Jusqu à présent, les réformes ont été réalisées principalement dans le cadre de l UEMOA. Citons parmi les plus importantes : Adoption d un code régional d investissement, Bourse régionale des valeurs, Organisme régional d inspection douanière, Régime fiscal simplifié pour les PME, Réglementation uniforme de la vie des affaires, organisme régional pour la réforme du droit des affaires (OHADA) et Cour régionale d arbitrage Au sein de l UEMOA, les règles du jeu économique sont les mêmes, et pour certaines appliquées ou supervisées par des institutions communes. Le rapprochement en cours entre la CEDEAO et l UEMOA leur fournit un cadre commun pour faire avancer le dossier de l intégration. Il comporte : un programme de convergence entre les deux institutions. Aux termes d un accord de coopération, un secrétariat technique conjoint a été établi. Les chefs de l exécutif se réunissent deux fois par an, ainsi que le secrétariat technique pour préparer les sommets Une répartition des responsabilités. Ainsi, la CEDEAO est-elle chef de file dans les négociations APE. De façon générale, c est l organisation la plus avancée dans un domaine qui «tire» l autre. Ainsi la CEDEAO s est-elle inspirée pour sa politique agricole commune de celle adoptée par l UEMOA Au nombre des grands chantiers de l intégration figurent : L union douanière, pour laquelle une stratégie à géométrie variable (zone UEMOA et hors zone UEMOA) a été adoptée La facilitation des transports (au nombre des mesures figurent : la coopération transfrontalière; un observatoire des pratiques anormales sur les routes). Les politiques sectorielles. Ainsi le programme routier 1 du programme économique régional (PER) de l UEMOA s étend-il à la CEDEAO, qui de son côté élabore son propre programme de développement. Page 29

La convergence macroéconomique en vue d une union monétaire. A l instar de l UEMOA, la CEDEAO a établi sa propre batterie de critères de convergence. Un cadre harmonisé de finances publiques a été mis en place. Un cadre commun de surveillance multilatérale devrait être mis en place. L approche jusqu ici favorisée (création à titre d étape d une seconde zone monétaire pour les pays hors UEMOA) a été abandonnée en faveur de la création directe d une zone monétaire élargie. Page 30

2.2 Politiques commerciales En Afrique de l Ouest, l UEMOA a mis en œuvre son tarif extérieur commun (TEC), se transformant ainsi d une zone de libre échange en une union douanière entre 1994 et 1998. En conséquence, ses pays membres (Bénin, Burkina Faso, Cote d Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) maintiennent un tarif moyen de 12% à l intérieur d une fourchette de 0 à 20%. Le TEC doit être étendu progressivement à toute la CEDEAO. Des pays comme le Ghana et la Guinée ont mené unilatéralement leur programme de désarmement douanier de sorte que leur tarif moyen n est plus que de 14,6% et 6,5%, respectivement. Dans l'ensemble, le Ghana applique sa politique et ses mesures commerciales de façon non discriminatoire, et il accorde au minimum le traitement NPF à tous ses partenaires. La poursuite de la libéralisation du régime NPF, parallèlement à l'élargissement des accords bilatéraux et à l'approfondissement de l'intégration régionale, permettrait d'optimiser la politique commerciale et contribuerait à éviter un éventuel détournement des échanges. Le recours exclusif à des droits ad valorem comme instrument de politique commerciale, contribue à la transparence du régime de commerce extérieur. L'extension des consolidations tarifaires dans d'autres secteurs que l'agriculture serait bénéfique pour le Ghana et pour ses partenaires commerciaux car elle accroîtrait la prévisibilité. La poursuite de réformes structurelles, et notamment de la libéralisation du commerce extérieur et de l'investissement, pourrait améliorer la flexibilité et les perspectives de croissance de l'économie. Par contre, le Nigéria maintient des pratiques commerciales très restrictives : C est le seul pays d Afrique de l Ouest avec un tarif moyen de 30% et un tarif maximum de 150% ; La liste des produits interdits d importation y a été récemment étendue Les efforts d'intégration régionale faits par le Nigeria se manifestent surtout par son appartenance à la Communauté économique des États de l'afrique de l'ouest (CEDEAO). Le Nigeria accuse un retard par rapport aux autres membres dans l'application du programme de libéralisation des échanges. Il a établi un calendrier pour l'adoption intégrale d'ici au 1er janvier 2008 du tarif extérieur commun (TEC) de la zone UEMOA. Cela devrait considérablement simplifier et rationaliser la structure tarifaire du Nigeria, mais il faut encore mettre fin à toutes les interdictions d'importation, pour un meilleur accès des pays tiers, notamment ceux de la région, à son marché. Le Nigeria est Page 31

également admissible au bénéfice de préférences commerciales non réciproques, notamment dans le cadre des schémas SGP de plusieurs Membres, de l'accord de Cotonou conclu avec les Communautés européennes (CE), et de la Loi des États-Unis sur la croissance et les perspectives économiques de l'afrique (AGOA). Le recours à ces avantages demeure faible en ce qui a trait aux exportations non pétrolières: cela peut s'expliquer par les coûts élevés des transactions intérieures, le manque d'information, le poids des règles d'origine et la rigueur des normes et des règlements techniques. Le Nigeria a généralement progressé dans l'application de réformes macroéconomiques et structurelles, mais son régime commercial est devenu plus protectionniste depuis le dernier examen OMC, réalisé en 1998. Les obstacles au commerce toujours plus nombreux imposés par le Nigeria limitent les avantages découlant de sa participation au système commercial multilatéral. La libéralisation, par la simplification des droits d'importation (y compris la structure tarifaire), un accroissement de la portée des engagements de consolidation et la levée des prohibitions à l'importation, devrait accroître la prévisibilité du régime commercial du Nigeria et contribuer à une meilleure affectation des ressources et à la diversification de son économie encore trop tributaire des produits pétroliers. Cependant, le Nigeria progresse sur la voie de la libéralisation de ses échanges extérieurs. Il a introduit un nouveau barème de droits de douane et d accise, ce qui a encore contribué à l ouverture du commerce extérieur en réduisant les tarifs moyens, la dispersion et le nombre de taux et en abaissant certains tarifs sur les biens de consommation tout en augmentant ceux sur les matières premières. Malgré les avancées, l environnement commercial n en reste pas moins, dans la région prise dans son ensemble, défavorable, en comparaison avec le reste du monde : De façon générale les dispositions communautaires sont inégalement appliquées, tandis que des obstacles non réglementaires à la circulation des marchandises demeurent nombreux ; En outre, les coûts des transports constituent un réel handicap Page 32

2.3 Environnement des affaires et concurrence L Afrique de l Ouest attire encore peu les investisseurs étrangers Par ailleurs, l industrialisation ne progresse plus depuis le début des années 80. Industrialisation bloquée Ces phénomènes reflètent un environnement des affaires peu favorable. L environnement des affaires peut être défini comme le complexe de politiques, institutions, infrastructures, ressources humaines, et caractéristiques géographiques qui influencent l efficacité des entreprises et des industries Au niveau de l entreprise, il influence les coûts de production Page 33

Au niveau méso-économique, il est souvent lié à la structure de marché et à la concurrence A l exception du Ghana les pays sont dans la seconde moitié voire en queue du classement international pour l environnement des affaires Classement Doing Business 2008 (sur 178 pays) Le classement est pire en Afrique de l Ouest que dans le reste de l Afrique subsaharienne. Il est particulièrement défavorable s agissant : du transfert de propriété, de l obtention de licences, de l embauche des travailleurs, de l obtention de prêt, et de la création d entreprise. Obstacles aux affaires : quelques exemples Les entrepreneurs en Sierra Leone doivent dépenser plus de dix fois le revenu national par tête pour démarrer une affaire; Le coût du licenciement en Guinée Bissau est l équivalent de 87 semaines de salaires; Les sociétés en Sierra Leone qui s acquittent pleinement de leurs obligations fiscales devraient y consacrer 234% de leurs bénéfices; Importer un produit au Niger requiert 68 jours et coûte 2 946$ par conteneur; Les procédures judiciaires au Burkina Faso pour l application d un contrat prennent 446 jours et coûtent quelque 107% de la créance à recouvrer; L obtention d un titre foncier au Nigéria coûte 22% de la valeur du bien. Page 34

Encore le classement Doing Business ne recense-t-il que les obstacles licites. Il convient de prendre aussi en compte le coût, pour les opérateurs économique et les citoyens, des pratiques anormales. Ce dernier est colossal et représente un service public négatif, illustrant l incapacité de l Etat à assurer des services publics de base (libre circulation des biens et des personnes). Pour l Etat, le coût est également élevé en termes de manque à gagner, de frein au commerce et d image. Un observatoire des pratiques anormales sur les routes a du être mis en place. Points de contrôle le long des axes routiers majeurs de la CEDEAO Routes Distance (km) Nombre de points de contrôle Points de contrôle pour 100 km Lagos-Abidjan 992 69 7 Cotonou-Niamey 1036 34 3 Lomé- Ouagadougou Accra- Ouagadougou Abidjan- Ouagadougou Niamey- Ouagadougou Source: Site Web de la CEDEAO (2003) 989 34 4 972 15 2 1122 37 3 529 20 4 Les pays sont donc bien loin du «laissez faire, laissez passer», c est-à-dire du fonctionnement d un marché commun. Page 35

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3 SYNTHESE DU DIAGNOSTIC : ANALYSE AFOR Atouts Faiblesses Initiatives en cours et dynamiques créées Reprises post-conflit Vaste marché régional potentiel Relative densité démographique Sortie de crise Résistance voire dynamisme des institutions communautaires Progrès de l interconnectivité Espaces économiques cohérents, courants d échanges traditionnels Occasions Irruption du Sud Bonne orientation des marchés et des termes de l échange Dynamisme, ouverture et régionalisation des marchés Libéralisation Elargissement de la dynamique communautaire Faible diversification, faible industrialisation, faible spécialisation Fort protectionnisme de certains pays, forts entraves aux échanges Application inégale du droit communautaire Environnement des affaires défavorable Accès limité à certains marchés dominés par des monopoles publics ou privés Risques Vulnérabilité aux chocs extérieurs, instabilité macroéconomique Tentations protectionnistes Détérioration de la sécurité Recul de la gouvernance, notamment économique Page 37