Syndromes Myasthéniques : classification

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Transcription:

Figure 1 Syndromes Myasthéniques : classification Troubles de la transmission neuromusculaire : perte de la marge de sécurité Potentiel plaque Potentiel Action Autoimmuns post-synaptique : Myasthenia gravis anticorps anti-rach, anti-musk (Muscle specific kinase), anti-lrp4 (low density lipoprotein related protein) présynaptique : Syndrome de Lambert Eaton: anticorps anticanaux calciques Toxiques et iatrogènes Botulisme, venins de serpents, magnésium, curare, organophosphorés, médicaments Génétiques 4 sous unités du RACh, collagène Q, Cholineacétyltransférase, rapsyne, Dok 7, MuSK, (22 gènes identifiés)... Canal calcium P/Q DOK7 Nav 1.4 Lrp4 MuSK ChAT, Synaptotagmine PREPL SNAP25B R ACh α, β, δ, γ/ε Rapsyne ColQ

Figure 2 Anticorps spécifiques de la myasthénie autoimmune 5 à 10% des formes généralisées légères et oculaires: anticorps anti-lrp4 Agrine dosés par immunomarquage sur cellules HEK exprimant LRP4 LRP4 Activateur de MuSK MuSK 5 à 10% des formes généralisées sévères : anticorps anti-musk dosés par immunoprécipitation RACh rapsyne ACh Ancrage du RACh via la rapsyne Transcription synaptique du RACh MuSK Dok-7 80% des formes généralisées, 50% formes oculaires : anticorps anti- RACh dosés par immunoprécipitation sur cellules TE671 - Modulation antigénique Pontage de 2 RACh adjacents dégradation accélérée - Blocage du site de fixation de l Ach - Lyse membranaire par dépôt de complément 5 à 10% généralisées ou oculaires anticorps anti-rach à faible affinité, dosés par immunomarquage sur cellules HEK Anticorps anti-rach à faible affinité Cellules HEK RACh très concentré par la rapsyne Figure 2

Figure 3 Thymus hyperplasique et myasthénie autoimmune Thymus hyperplasique: follicule lymphoïde femme jeune, HLAB8DR3, taux élevé d anticorps anti-rach Follicule lymphoïde en périphérie lymphocytes B au centre lymphocytes T Thymus normal Sélection des lymphocytes thymiques : élimination des lymphocytes autoréactifs Activation intrathymique des lymphocytes T et B thymiques vis-à-vis du RACh exprimé par les cellules épithéliales et myoïdes B 1) production in situ d anticorps anti-rach 2) migration en périphérie de lymphocytes T activés Lymphocytes B chemokines CXCL13,CCL21 attraction de lymphocytes B dans le thymus interleukines activation lymphocytes T interférons γ et α expression RACh par les cellules épithéliales et myoïdes thymiques, Lymphocytes différenciation T des lymphocytes T Inefficacité des lymphocytes T régulateurs incapables de contrôler les lymphocytes effecteurs activés Induction du processus d autoactivation d origine virale? Présence d ARN, d ADN et de protéines du Virus EBV dans les centres germinatifs Reproduction de l effet viral par injection d une molécule synthétique PolyIC, mimant son effet: de l expression intrathymique du RACh par l intermédiaire de l interféron β. Séminaire formation LFB Dr Eymard

Atteinte des muscles oculomoteurs et des orbiculaires des yeux Signe du glaçon Amélioration du ptosis Après injection d Enlon 1A 3A 4A 1B Variation du ptosis sur quelques minutes Atrophie linguale Myasthénie MuSK 3B 3C 4B Aggravation du ptosis Après l effort d élévation 6A 2A 2B 5 6B 6C Figure 4 7 Scanner thoracique Thymome

Figure 5 Syndrome de Lambert-Eaton Réduction amplitude PUM Décrément à 3hz Incrément après effort ou stimulation à haute fréquence Poser le diagnostic Formule clinique : faiblesse /fatigabilité prédominant aux membres inférieurs, dysautonomie, abolition des réflexes rotuliens Electromyogramme Anticorps anti-canaux calciques (P/Q) 80% des patients Rechercher une origine paranéoplasique Arguments cliniques Terrain: fumeur, homme de 50 ans, Sévérité et évolutivité du déficit et de la dysautonomie Autre syndrome paranéoplasique Anticorps anti-sox1 Recherche cancer bronchique FDG-PET, scanner à répéter

Figure 6 Diagnostic d un SMC 1ére étape : évoquer un SMC A) Il s agit d un syndrome myasthénique Atteinte oculo-bulbaire Variabilité court et long terme Bloc neuromusculaire (couples nerf-muscles proximaux) Réponse aux anticholinestérasiques B) d origine congénitale Début précoce (souvent néonatal, voire fœtal) Histoire familiale Absence d anticorps anti-rach, anti-musk Aspect particulier EMG : réponse répétitive C) Ne pas méconnaitre les pièges Début tardif, absence d histoire familiale Présentation myopathique (faiblesse > fatigue, amyotrophie, scoliose, rétractions) Absence de réponse au anticholinestérasiques, biopsie musculaire trompeuse I I I 1 2 1 2 3 Réponse répétitive après stimulation unique 2éme étape : identifier le type précis de SMC Réponse répétitive + transmission A. Dom. Syndrome du canal lent à l EMG + transmission A. Rec. Déficit en Acétylcholinestérase (COLQ) Contexte ethnique : population gitane, maghrebine, ibérique mutations fondatrices sous unité ε du RACh Atteinte prééminente de ceintures : DOK7, COLQ, GFPT1,DAPGT1, ALG2, ALG14 Arthrogrypose : RAPSN, canal rapide, sous unité δ du RACh Absence de réponse aux anticholestérasiques : Canal lent, DOK7, COLQ En définitive : génétique moléculaire