Docteur Erik BOQUET Page 1 27/09/2006 TRAUMATOLOGIE SPORTIVE (Docteur Erik BOQUET) La traumatologie sportive peut-être une traumatologie directe par un coup ou une traumatologie indirecte par un geste technique incorrect ou une charge de travail excessive. _ les os, _ les articulations, _ les tendons, _ les muscles. Elle concerne tous les éléments de l appareil locomoteur : 1 LA TRAUMATOLOGIE OSSEUSE : LES FRACTURES Il s agit d une cassure partielle ou totale d un os, avec ou sans déplacement. En cas de traumatisme violent, la fracture peut être ouverte c està-dire que l enveloppe cutanée autour des éléments osseux lésés est également rompue : le risque d infection est alors majeur. Le mécanisme est le plus souvent indirect par levier ou torsion. Le diagnostic est le plus souvent facile : _ douleur importante en regard du foyer de fracture, _ déformation (le diagnostic devient moins facile lorsqu elle manque et il sera alors confirmé par les radiographies), _ tuméfaction due à l hématome péri-fracturaire, _ impotence fonctionnelle totale. _ protéger en cas de fracture ouverte (risque d infection +++), L évacuation vers un centre hospitalier doit être la règle. Cette évacuation peut être médicalisée en cas de douleur importante ou de risque infectieux tel que nécessitant une antibiothérapie urgente. Le traitement d une fracture est actuellement le plus souvent chirurgical.
Docteur Erik BOQUET Page 2 27/09/2006 La fracture de fatigue est un cas particulier : _ micro fracture, _ mécanisme par surcharge d activité, _ douleur moins importante, _ absence de déformation, _ absence de tuméfaction. Le diagnostic est plus difficile, passant non seulement par des radiographies mais également par une scintigraphie osseuse. Il ne s agit pas d une urgence et le traitement consiste à immobiliser et à renforcer les capacités de réparation osseuse par des traitements à base de calcitonine. 2 LA TRAUMATOLOGIE ARTICULAIRE 2A LES LUXATIONS Il s agit d un déplacement anormal des extrémités osseuses d une articulation allant jusqu à la perte de contact partielle ou totale des surfaces articulaires. Le diagnostic repose sur : _ la douleur en regard de l articulation sans atteinte osseuse, _ la déformation si la luxation n est pas réduite (repères anatomiques articulaires modifiés), _ la tuméfaction due à l dème réactionnel, _ l impotence fonctionnelle totale. L évacuation vers un centre hospitalier doit être la règle. Cette évacuation peut être médicalisée en cas de douleur importante ou de compression vasculaire avec nécessité de réduction urgente. Les radiographies permettront d évaluer l importance de la perte de contact des surfaces articulaires et surtout l absence de lésion osseuse associée. Le traitement d une luxation après réduction et sans lésion osseuse associée est essentiellement orthopédique.
Docteur Erik BOQUET Page 3 27/09/2006 2A LES ENTORSES Il s agit d une distension ligamentaire, avec ou sans déchirure, sans perte de contact des surfaces articulaires. Le diagnostic repose sur : _ la douleur en regard des éléments ligamentaires de l articulation sans atteinte osseuse, _ l absence de déformation, _ la tuméfaction due à l dème réactionnel voire à l hématome dans les cas les plus graves (déchirure ligamentaire), _ impotence fonctionnelle variable. Certains signes de gravité sont à rechercher : _ craquement, _ gonflement immédiat. _ limiter la réaction oedémateuse par le froid, En cas de doute, des radiographies seront pratiquées afin d éliminer un arrachement osseux associé voire une fracture. Les entorses sont classées en entorses bénignes (microlésion sans laxité ou déchirure ligamentaire limitée) et en entorses graves (déchirure ligamentaire complète). Le traitement d une entorse bénigne comporte une immobilisation par élastoplaste ou attelle type aircast pendant 15 à 20 jours suivie d une rééducation. L arrêt d activité sportive sera de 1 mois. 3 LA TRAUMATOLOGIE TENDINEUSE : LES TENDINOPATHIES. Il s agit d une inflammation des tendons (structure fibreuse par laquelle le muscle s insère sur l os) due le plus souvent à une surcharge d activité. Si cette inflammation intéresse également la gaine du tendon, on parle de téno-synovite. Si cette inflammation intéresse également l insertion osseuse du tendon, on parle de téno-périostite.
Docteur Erik BOQUET Page 4 27/09/2006 Le diagnostic est le plus souvent facile : _ absence de traumatisme franc (on parle de microtraumatismes par surcharge d activité), _ douleur en regard du corps du tendon uniquement lors des mouvements actifs, rarement permanente lorsque l inflammation est très importante, _ absence de déformation, _ absence de tuméfaction sauf dans certains cas de téno-synovite très inflammatoire, _ impotence fonctionnelle partielle. _ mettre au repos, _ limiter l inflammation par le froid dans les cas les plus douloureux, Il ne s agit pas d une urgence et le traitement consiste essentiellement en une mise au repos prolongée. Les ruptures tendineuses surviennent surtout sur une tendinopathie préexistante surtout si elle a été multi-infiltrée. Elles apparaissent lors d un effort brutal avec douleur aiguë et claquement. L impotence fonctionnelle est marquée, le diagnostic suspecté par l impossibilité de mouvement et confirmé par l échographie. Le traitement est le plus souvent chirurgical. 4 LA TRAUMATOLOGIE MUSCULAIRE Elle peut être directe par choc dont la gravité dépend de la violence du choc et de l état fonctionnel du muscle lors du choc. Elle peut également être indirecte par hypersollicitation. Selon la gravité lésionnelle, la CLASSIFICATION DE RODINEAU distingue 4 stades : _ Stade 0 : Atteinte réversible de la fibre musculaire, sans atteinte du tissu conjonctif de soutien (CRAMPES). _ Stade 1 : Atteinte irréversible de quelques fibres musculaire, sans atteinte du tissu conjonctif de soutien (CONTRACTURES). _ Stade 2 : Atteinte irréversible d'un nombre réduit de fibres musculaires, avec atteinte du tissu conjonctif de soutien (ELONGATIONS).
Docteur Erik BOQUET Page 5 27/09/2006 _ Stade 3 : Atteinte irréversible de nombreuses fibres musculaires, avec atteinte du tissu conjonctif de soutien et formation d'un hématome intramusculaire localisé (CLAQUAGES). _ Stade 4 : RUPTURE partielle ou totale d'un muscle. 4A LES CRAMPES Il s agit d une contraction involontaire, douloureuse et transitoire d un muscle secondaire à une surcharge d activité et favorisée par une mauvaise hydratation. Elles sont l expression d un excès de déchets métaboliques dans le muscle sans lésion anatomique. Elles entraînent une gêne douloureuse pouvant aller jusqu à l impotence fonctionnelle totale. _ mettre au repos, _ faire céder la contraction par un étirement doux et prolongé, 4B LES CONTRACTURES A différencier de simples crampes notamment par leur durée, elles reflètent une souffrance localisée du muscle et doivent conduire à une mise au repos prolongée avec kinésithérapie afin d éviter un passage à une lésion plus grave avec atteinte anatomique. 4C LES ELONGATIONS Il s agit d un allongement excessif des fibres musculaires n ayant cependant pas entraîné de déchirure. Le diagnostic est surtout un diagnostic différentiel avec les crampes ou contractures : _ apparition dans les suites immédiates d un mouvement, _ douleur localisée à la palpation et reproduite par les mouvements actifs contrariés, _ impotence fonctionnelle partielle. _ mettre au repos immédiat (afin d éviter l évolution vers une lésion plus grave), _ limiter l inflammation par le froid, Le traitement consistera en une contention d au moins 8 jours suivie d une kinésithérapie. L arrêt d activité sportive sera de 1 mois.
Docteur Erik BOQUET Page 6 27/09/2006 4D LES CLAQUAGES Il s agit d une déchirure partielle plus ou moins importante d un muscle. Le diagnostic est le plus souvent facile : _ absence de traumatisme franc, _ apparition brutale au cours d un mouvement d une violente douleur en regard de la zone musculaire déchirée, douleur permanente, _ absence de déformation, _ absence de tuméfaction, _ impotence fonctionnelle totale. _ mettre au repos immédiat (afin d éviter l évolution vers une lésion plus grave), _ limiter l inflammation par le froid, Le traitement consistera en une contention pendant 15 jours suivie d une rééducation. L arrêt d activité sportive sera de 30 à 45 jours. 4E LES RUPTURES Il s agit d une déchirure totale d un muscle. Le diagnostic est le même que pour un claquage avec en plus l apparition d une modification du galbe musculaire dans lequel apparaît une dépression (qui peut cependant être masquée initialement par l hématome). Il sera confirmé par l échographie. _ mettre au repos, _ limiter l inflammation et l hématome par le froid, Le traitement est souvent chirurgical chez les sujets jeunes et sportifs. 4F FACTEURS FAVORISANTS Ces lésions apparaissent d autant plus facilement que certains facteurs sont présents : _ absence d échauffement, _ surentraînement, _ manque de sommeil, _ certaines maladies, _ produits dopants, _ facteurs climatiques (froid, humidité)
Docteur Erik BOQUET Page 7 27/09/2006 4G PREVENTION Elle passe par la rigueur : _ échauffement général et local sérieux, _ progression des efforts (plan d entraînement), _ hydratation systématique, _ étirements spécifiques de la musculature, _ vêtements en fonction des conditions climatiques Et aussi par la patience indispensable si malheureusement l accident a eu lieu : bonne guérison fait mauvais ménage avec précipitation. Gare à la récidive! 5 PARTICULARITES CHEZ L ADOLESCENT 5A RACHIALGIES Elles ont trois causes principales : _ la maladie de Scheuermann, _ le spondylolisthésis lombaire, _ les rachialgies fonctionnelles. LA MALADIE DE SCHEUERMANN Il s agit d une ostéochondrose de croissance qui atteint le plus souvent le rachis dorsal, favorisée par une cyphose et/ou une hypersollicitation du rachis Le symptôme essentiel est la douleur chronique d apparition progressive. Le diagnostic sera confirmé par la radiographie qui éliminera d autres pathologies et montrera des perturbations des plateaux vertébraux. Le traitement consiste essentiellement dans le repos sportif avec ou sans kinésithérapie. L évolution peut être longue (entre 6 mois et 3 ans). LE SPONDYLOLISTHESIS LOMBAIRE Il s agit d un glissement antérieur d une vertèbre lombaire (L4 ou L5 le plus souvent) acquis par hypersollicitation de la charnière lombo-sacrée. Le symptôme essentiel est la douleur, le plus souvent apparue progressivement mais pouvant être brutale. Le diagnostic sera posé par la radiographie qui éliminera d autres pathologies et montrera le glissement de profil qu il faudra mesurer (surveillance). L évolution est capricieuse Un glissement stabilisé et indolore est bénin. Le traitement consiste essentiellement dans le repos sportif avec kinésithérapie mais peut aller jusqu à la chirurgie.
Docteur Erik BOQUET Page 8 27/09/2006 LES RACHIALGIES FONCTIONNELLES Les plus fréquentes mais retenues après élimination des causes précédentes. Elles sont essentiellement dues à une mauvaise gestuelle et/ou à une mauvaise tonicité musculaire Importance de la préparation physique! 5B MALADIE D OSGOOD-SCHLATTER (genou) Il s agit d une ostéochondrose de croissance de la tubérosité tibiale antérieure favorisée par la précocité et surtout l intensité de la pratique sportive. Le symptôme essentiel est la douleur à l effort. Le diagnostic est confirmé par la radiographie qui élimine d autres pathologies et qui montrera l importance de la fragmentation de la tubérosité tibiale antérieure. Le traitement comporte une immobilisation par genouillère pendant 1 mois suivie d une kinésithérapie La reprise sportive est autorisée en l absence de douleur spontanée et palpatoire et après contrôle radiographique.
Docteur Erik BOQUET Page 9 27/09/2006 REFERENCES : Livre «Médecine du sport» (Brunet-Guedj, Moyen et Genéty chez Masson)