R A D A R P L A S T U R G I E LA PLASTURGIE EN FRANCHE-COMTÉ Informations économiques et stratégiques : veille, analyses et prospectives Avec le soutien financier de :
SOMMAIRE Ce rapport a été réalisé d avril à septembre 2012 par ALLIZE-PLASTURGIE Franche- Comté en collaboration avec Sandrine ALNET, Consultante Economique, intervenante du cabinet CEDIPLAST. PRÉFACE...3 INTRODUCTION...4 PARTIE I : Contexte : La plasturgie française et européenne... 7 La plasturgie européenne... 7 La plasturgie en France... 8 La compétitivité de la plasturgie française en Europe... 11 La conjoncture du premier semestre 2012... 12 PARTIE II : La plasturgie en Franche-Comté.. 16 Données économiques... 16 Cartographie des principaux acteurs de la plasturgie en Franche-Comté... 20 a.les entreprises... 20 b.les organismes... 21 c.les centres de formation... 22 Analyses des forces et faiblesses des entreprises... 24 a.situation globale des entreprises... 24 b.l axe commercial... 25 c.l axe ressources humaines... 27 d.l axe technique... 29 e.l axe financier... 31 Les entreprises et le territoire... 33 PARTIE III : Analyse prospective... 37 Facteurs clefs dans la compétitivité future de la plasturgie française... 37 a.l accès aux Matières Premières... 37 b.l accès à une main-d œuvre adaptée aux besoins futurs... 40 c.l accès au financement... 41 d.les relations sous-traitants / donneurs d ordres... 42 Le plastique de demain, zoom sur deux enjeux majeurs... 44 a.le recyclage... 44 b.les biomatériaux... 45 Les perspectives sur les principaux marchés des entreprises de Franche-Comté... 45 a.le marché de l automobile : en recul... 46 b.le marché de l emballage agro-alimentaire : en croissance modérée... 48 c.le marché du médical : en croissance... 51 Analyse SWOT de la plasturgie Franc-Comtoise... 54 CONCLUSION ET PERSPECTIVES : La vision d Allizé-Plasturgie Franche Comté... 56 ANNEXES...63 Méthode de scoring du RADAR... 63 Composition de l échantillon d entreprises RADAR... 64 Bibliographie... 65 Sigles... 66
PRÉFACE Dans le cadre du dossier «actions collectives plasturgie 2011-2012», cofinancé par l Etat, le Conseil Régional et l Europe, Allizé- Plasturgie Franche-Comté a souhaité réaliser, avec le soutien du cabinet CEDIPLAST, une analyse «radar plasturgie en Franche- Comté». Le «radar» permet d analyser des chiffres, des tendances, des interviews de dirigeants d entreprises, des «signaux faibles», et des informations issues de notre outil d intelligence économique en plasturgie, dans l objectif de disposer d une photographie complète de la filière plasturgie de Franche-Comté et d une analyse prospective pour celle-ci. Le présent document est le document de synthèse de l analyse «radar», qui décrit : - La plasturgie française et européenne, notamment ses caractéristiques, ses perspectives, sa compétitivité et sa conjoncture, - La filière plasturgie en Franche-Comté, notamment ses caractéristiques, ses acteurs, et le positionnement des entreprises au regard des grands enjeux de la profession, - Une analyse prospective, notamment : les facteurs clefs dans la compétitivité future de la plasturgie française, les perspectives sur les principaux marchés sur lesquels agissent les entreprises de Franche-Comté, les forces / faiblesses / opportunités / menaces pour les entreprises franccomtoises de la plasturgie. Ce document servira de base à la définition d une nouvelle stratégie d accompagnement de la filière plasturgie en Franche-Comté par Allizé-Plasturgie Franche-Comté à compter de 2013. Serge DEFFRADAS, Président La Plasturgie en Franche Comté 3
R A D A R P L A S T U R G I E INTRODUCTION En moins d un siècle, les plastiques ont révolutionné notre vie quotidienne. L'utilisation des produits plastiques est vaste et diversifiée et nous en apprécions chaque jour les performances, aussi bien dans la vie courante que dans les secteurs de pointe. La communication, les transports, les loisirs, le logement, l'hygiène et la santé ou la protection de l'environnement, les activités humaines modernes sont redevables à ce matériau. Et chaque jour, les chercheurs et les scientifiques continuent d'élargir les frontières du savoir, des nanotechnologies à la médecine et dans tous les domaines où les plastiques peuvent nous aider. Ils travaillent sur des solutions que nous avons du mal à imaginer, mais qui feront bientôt notre quotidien. Les nombreuses applications des plastiques proviennent des fonctionnalités particulièrement nombreuses de ce matériau, parmi lesquels nous pouvons citer : La souplesse ou la rigidité La légèreté La transparence La multiplicité des aspects possibles La liberté des formes La résistance à la chaleur /aux UV /aux efforts L isolation thermique / phonique / électrique L inaltérabilité et la résistance aux produits chimiques L imperméabilité La biocompatibilité (matériau accepté par le corps humain pour les prothèses ou autres appareillages) La plasturgie est l'industrie qui conçoit et fabrique les produits en matières plastiques et composites. La filière regroupe principalement quatre types d acteurs : les producteurs de matières plastiques, les constructeurs de machines et périphériques, les constructeurs de moules et outillages les transformateurs de pièces et d ensembles en matières plastiques. Pour autant, la filière plasturgie s étend à de nombreux autres partenaires et notamment en amont les laboratoires de recherche, les bureaux d études et de prototypage et en aval les entreprises qui assurent la finition des produits : activités de parachèvement et d assemblage. En aval, les donneurs d ordres sont nombreux de par la diversité des marchés qui utilisent les matériaux plastiques avec trois secteurs principaux : l automobile, l emballage et le BTP. Pour autant la liste des marchés d application et donc des acteurs, est très large avec notamment : le médical, les sports et loisirs, la lunetterie/optique, les jeux et jouets, l électricité, l électronique, l électroménager, l aéronautique, le nautisme, etc. 4 La Plasturgie en Franche Comté
Font également partie de la filière, les entreprises du secteur du recyclage qui récupèrent, trient et valorisent les déchets plastiques post-consommation ou post-production. CARTOGRAPHIE DES ACTEURS DE LA FILIÈRE PRODUCTEURS DE MATIÈRE PREMIÈRE RECHERCHE Laboratoires de recherche Recherche Appliquée charges, additifs, adjuvants, colorants transformateurs compounders Moulistes FILIÈRE PLASTURGIE Technologies Périphériques Fabricants de machines et équipements Maintenance prototypage bureaux d études PARACHÈVEMENT ASSEMBLAGE DONNEURS D ORDRES AUTOMOBILE EMBALLAGE BTP MÉDICAL AUTRES MARCHÉS CONSTRUCTEURS SOUS-TRAITANTS RANG 1 SOUS-TRAITANTS RANG 2 SOUS-TRAITANTS RANG/N SANTÉ COSMÉTIQUE ALIMENTAIRE... SPORTS/LOISIRS LUNETTERIE JOUETS... Il existe de nombreux types de plastiques, chacun avec des propriétés spécifiques permettant de s adapter à chaque application. En volume, cinq familles de plastiques représentent les trois quarts de la demande européenne. Il s agit du : Polyéthylène (PE, PEbd, PEbdl, PEhd) utilisé principalement dans l emballage ; Polypropylène (PP), utilisé notamment dans l emballage et des marchés de produits de grande consommation ; Polychlorure de vinyle (PVC), utilisé principalement dans l industrie du Bâtiment ; Polystyrène (PS), utilisé dans une variété de marchés d application ; Polyéthylène téréphtalate (PET) utilisé dans l emballage. La Plasturgie en Franche Comté 5
R A D A R P L A S T U R G I E Si elle est moins importante en volume, une autre famille de plastiques joue un rôle important, il s agit des plastiques techniques qui offrent des caractéristiques mécaniques et thermiques permettant des applications de haute performance. Ces plastiques sont de plus en plus utilisés en remplacement de l acier. Parmi les plastiques techniques, on trouve l ABS (acrylonitrile butadiène styrène), les polyamides, les polycarbonates, les polysulfones et les polyamides imides, les polyuréthanes, les polyesters insaturés, les époxydes et les polyimides. Le choix d'un plastique technique est toujours un compromis entre ses caractéristiques intrinsèques (résistance thermique, mécanique, propriétés électriques et chimiques, résistance au feu) et son coût pour l'application envisagée. Premier utilisateur des plastiques techniques, l'industrie automobile illustre leurs possibilités. Les polyamides servent à fabriquer des canalisations de circuit de freinage, des éléments de boîte de vitesses, des carters de pompe à essence, etc. Mais, pour la carrosserie, le choix entre la tôle d'acier et les plastiques techniques se fait en fonction des conditions économiques du moment. Au-delà des caractéristiques des plastiques techniques, la recherche de l allégement des véhicules qui permet la baisse de la consommation en carburant, favorise le remplacement des pièces en métal par du plastique, dont les matériaux composites. Les procédés de transformation se différencient par le type de polymère mis en œuvre, les formes à réaliser, et les qualités recherchées. Les principaux procédés utilisés sont : L'injection : permet d'obtenir en une seule opération des pièces finies, de forme complexe, dans une gamme de poids de quelques grammes à plusieurs kilogrammes. La matière ramollie est d'abord malaxée par une vis tournant dans un cylindre chauffé puis introduite sous pression dans un moule fermé. L'injection soufflage est utilisée pour la fabrication de corps creux (flacons, bouteilles). Une préforme injectée est ensuite plaquée par jet d'air comprimé contre les parois d'un moule puis refroidie. L'extrusion est un procédé de transformation en continu. Cela consiste à introduire le plastique sous forme de poudre ou de granulés dans un cylindre chauffant à l'intérieur duquel il est poussé par une vis sans fin. En avançant, la matière ramollit, se comprime, puis passe à travers une filière qui lui donne la forme souhaitée. On obtient de cette façon des produits de grande longueur : profilés pour portes et fenêtres, canalisations, câbles, tubes, joints, grillages L'extrusion gonflage : une gaine formée par extrusion est dilatée à l'air comprimé. Elle donne des films pour sacs et emballages. L extrusion soufflage : un tube formé par extrusion est coupé puis enfermé à chaud dans un moule, de l air est injecté à l intérieur pour plaquer la matière contre les parois. Utilisé pour certaines bouteilles (lait) et flacons (cosmétique). Le rotomoulage : technologie de moulage par rotation de pièces creuses (fermées ou ouvertes) de 0,5 à 50 000 litres, sans soudure ni collage. Utilisé pour les réservoirs, kayaks, planches à voiles, ballons, cuves, containers Le thermoformage : est un procédé de seconde transformation. La matière, sous forme de feuilles, de plaques, de tubes ou de profilés est ramollie par chauffage et mise en forme par application sur un moule géométrique simple. Il est utilisé par exemple pour les pots de yaourts, les coques de petits bateaux La chaudronnerie : la matière, sous forme de semi-produits manufacturés, est transformée par procédé mécanique, pour répondre aux besoins de l'industrie en général, dans les problèmes de stockage ou transport de substances corrosives ou non. Cette technique comporte des opérations de découpe, de formage à chaud, d'usinage et d'assemblage par soudure avec ou sans apport de matière. Parmi les autres procédés, il existe également : Le calandrage, l enduction, la compression, la pultrusion, la stratification, etc. Par ailleurs, il existe une quinzaine de procédés de fabrication des composites. 6 La Plasturgie en Franche Comté
PARTIE I : CONTEXTE : La plasturgie française et européenne LA PLASTURGIE EUROPÉENNE La consommation mondiale de matières plastiques s est élevée à 265 millions de tonnes 1 en 2010. La tendance à long terme est celle d une augmentation du marché mondial des matières plastiques à un rythme de 4 à 5% par an au cours des 20 dernières années. Cette tendance devrait se poursuivre sous l effet de tendances de fond, dont la croissance de la zone Asie-Pacifique et le développement de nouveaux plastiques et de nouvelles applications. De plus, les préoccupations environnementales croissantes font du plastique un matériau de substitution dans de nombreux secteurs dont l automobile, l emballage et le BTP. Ainsi, un récent rapport de GIA (Global Industry Analysts Inc.) prévoit que la consommation mondiale de plastiques atteindrait 297,5 millions de tonnes en 2015. 23,5% de la production devant les 21,5% 2 de l Europe. Ainsi l Europe voit son poids diminuer face à la forte croissance de la production mondiale. Au sein de l Europe, les principaux pays producteurs de matières plastiques sont l Allemagne (33%), le Benelux (16%) puis la France (14%) 3. La demande des plasturgistes européens s élevait à 46,4 millions de tonnes en 2010 avec quatre secteurs principaux d utilisation des matières plastiques : l emballage, le BTP, l Automobile et les équipements électriques et électroniques. DEMANDE DES PLASTURGISTES EN EUROPE PAR SECTEUR D APPLICATION EN 2010 Autres 27,3 Emballage 39,0 La plasturgie de l Europe des 27 emploie environ 1,6 millions de salariés au total de la filière. Jusqu en 2010, l Europe était le premier pôle mondial de production de matières plastiques. Cette première place revient désormais à la Chine avec Automobile 7,5 Equipements électriques et électroniques 5,6 BTP 20,6 POIDS DE LA PRODUCTION EUROPÉENNE DANS LE MONDE En Mtonnes 42% 250 265 204 21% 28% 28% 99 22% 47 22% 1,7 0,35 19,8 27,4 56,1 55 57 1950 1976 1989 2002 2009 2010 (en Mtonnes) Source : PlasticsEurope Market Research Group (PEMRG) - données 2010 Europe Monde Part de l'europe Source : PlasticsEurope Market Research Group (PEMRG) 1,2,3 : Source : PlasticsEurope Market Research Group La Plasturgie en Franche Comté 7
R A D A R P L A S T U R G I E Parmi les autres secteurs d application, on trouve notamment les sports et loisirs, la santé, l agriculture, la construction mécaniques, les appareils ménagers et l ameublement. Au global, la filière plasturgie européenne reste exportatrice nette à tous les niveaux de la filière : production de matières plastiques, transformation de matières plastiques et aussi fabrication de machines. Il existe cependant de fortes disparités de performance entre les différents pays européens puisque l Allemagne domine très largement le marché européen. LA PLASTURGIE EN FRANCE Voici les principaux chiffres de la transformation des matières plastiques en France : - Un chiffre d affaires de 29 milliards d Euros en 2010 4 - Une consommation de 4,7 millions de tonnes (2010) 5-3754 établissements 6-2% des entreprises du secteur manufacturier français - 135 990 salariés 7 Après des décennies de croissance, le nombre d établissements et de salariés baisse depuis dix ans. Il est à souligner que la vision statistique par code NAF sous-estime la place de la plasturgie dans l Industrie manufacturière française. Ce biais provient de deux facteurs principaux : - Chaque entreprise se voit affecter une seule catégorie et par conséquent une entreprise de métallurgie qui possède aussi un atelier de plasturgie n entre pas dans les codes transformateurs de matière plastique. - Beaucoup d entreprises qui fabriquent des jouets en plastique se trouvent dans le code «Fabrication de jeux et jouets», de même les entreprises du secteur de la lunette, des produits électroménagers, de l ameublement, sont classées dans le code correspondant au marché final. Une des tendances actuelles de l industrie est à l intégration verticale et plus spécifiquement pour la filière à la réintégration d ateliers de production de plasturgie par des donneurs d ordres ou des groupes intégrés (par exemple une entreprise d électroménager peut choisir de sous-traiter ses pièces plastiques ou de les fabriquer en interne). Cette tendance se traduit dans les statistiques par une réduction du nombre d entreprises classées dans la filière plasturgie (l intégration passant souvent par le rachat d une petite entreprise de plasturgie). 4 : Fédération de la plasturgie Panorama de la plasturgie 2010/11 5 : PlasticsEurope Market Research Group 6,7 : Unstatis, chiffres provisoires 2010, codes NAF 2221Z, 2222Z, 2223Z, 2229B, 2229A 4500 4400 4300 4200 4100 4000 3900 3800 3700 3600 3500 3400 EVOLUTION DES EFFECTIFS SALARIÉS EN PLASTURGIE Etablissements 3 754 Effectif 135 990 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 170000 165000 160000 155000 150000 145000 140000 135000 130000 Source : Unistatis 8 La Plasturgie en Franche Comté
La plasturgie française se caractérise par des entreprises de petite taille avec une moyenne de 36 salariés par établissement. Ainsi, plus de 60% des entreprises de transformation des matières plastiques ont moins de 20 salariés. La majorité des salariés du secteur travaille dans des établissements avec un effectif de 20 à 199 personnes. De par la diminution tendancielle des effectifs et par le manque d attractivité de la filière auprès des jeunes, le profil des salariés du secteur de la plasturgie est vieillissant. Ainsi la part des salariés de plus de 55 ans a été multipliée par deux en une dizaine d année. Même si la présence des femmes est plus importante dans la plasturgie par rapport à la moyenne de l industrie française, la filière reste peu féminisée avec 70% des salariés qui sont des hommes, une proportion stable depuis 10 ans. La plasturgie reste une industrie de main d œuvre : 25% des salariés sont des ouvriers non qualifiés et 39% des ouvriers qualifiés. Les professions intermédiaires représentent 17% des effectifs et les cadres 11%. En termes de répartition par marché, la classification de l Insee par code NAF distingue les catégories suivantes : Taille des entreprises de plasturgie en France TAILLE DES ENTREPRISES DE PLASTURGIE EN FRANCE 17 559 2 347 82 448 1 à 19 salariés 20 à 199 salariés 200 à 499 salariés 500 salariés et + 1 388 31 006 106 6 790 9 Etablissements Effectifs Source : DADS 5 PROFIL Profil DES des SALARIÉS salariés DE LA de PLASTURGIE la plasturgie : L ÂGE : l âge 4% 9% 22% 29% 31% 35% 34% 23% 9% 4% 2000 2009 55 ans et plus De 45 à 54 ans De 35 à 44 ans De 25 à 34 ans Moins de 25 ans et non renseigné Source : DADS Code 2221Z 2222Z 2223Z 2229A 2229B Libellé Fabrication de plaques, feuilles, tubes et profilés en plastique Fabrication d emballages en matières plastiques Fabrication d élements en matières plastiques pour la construction Fabrication de pièces techniques en matières plastiques Fabrication d articles de consommation courante en plastique Encore une fois, cette nomenclature permet d avoir une première approche par typologie d entreprises mais de façon peu détaillée, puisque chaque entreprise est reliée à un seul code même si elle possède des débouchés diversifiés. Dans la répartition par code d activité des entreprises au niveau national, se retrouvent les trois marchés principaux évoqués au niveau européen, à savoir : - Les pièces techniques (qui comprend notamment les entreprises qui travaillent pour le marché de l automobile) - L emballage La Plasturgie en Franche Comté 9
R A D A R P L A S T U R G I E - Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics. A noter, le secteur des plaques, feuilles, tubes et profilés correspond à des produits semi-finis qui vont ensuite être transformés par des entreprises des autres secteurs, principalement l emballage et le BTP. Le secteur qui a perdu le plus d effectifs au cours des dix dernières années est celui des produits de consommation courante qui mélange des entreprises de divers secteurs. Le secteur de la construction a au contraire vu tant son nombre d établissements que son nombre de salariés augmenter de façon significative. Activité des entreprises de plasturgie en France ACTIVITÉ DES ENTREPRISES DE PLASTURGIE EN FRANCE 17% 36% 19% 17% 10% Répartition en nombre d'établissements 5% 36% 18% 28% 13% Répartition en chiffre d'affaire Articles de consommation courante Pièces techniques Eléments pour la construction Emballages en matières plastiques Plaques, feuilles, tubes et profilés en plastique ource: Source Unistatis, : Unistatis, données données provisoires provisoires 2010, 2010, CA : Fédération CA : Fédération de la Plasturgie de Plasturgie données données 2009 2009 Le premier secteur en nombre d établissements et de salariés, celui des Pièces Techniques, a été particulièrement touché par cette tendance à la baisse et concentre une grosse part des pertes d effectifs. Sur les cinq dernières années, le nombre de créations d entreprises est relativement stable : autour d une centaine de nouveaux établissements créés par an avec un pic en 2010 à 121 créations tandis que 2008 a été particulièrement faible avec 82 créations. Chaque année, le rythme de création est bien inférieur au rythme de disparation, avec en 2011 environ un établissement qui se crée pour deux voire trois qui disparaissent. EVOLUTION PAR SECTEUR DES EFFECTIFS DE LA PLASTURGIE ENTRE 2000 ET 2010 Créations CRÉATIONS et procédure ET PROCÉDURE judiciaires JUDICIAIRES 109 145 116 Radiations 137 106 121 101 96 82 203 86 173 95 179 76 42 14 23 8 9 2007 2008 2009 2010 2011 Liquidations Judiciaires Dissolutions Créations Source: Plastifaf selon la Base d Informations Légales (BIL), en nombre d établissements 10 La Plasturgie en Franche Comté
LA COMPÉTITIVITÉ DE LA PLASTURGIE FRANÇAISE EN EUROPE En volume, La France est le troisième transformateur de matières plastiques en Europe après l Allemagne et l Italie. Il faut noter que l Allemagne est loin devant les autres pays européens. Ainsi, la plasturgie allemande a transformé environ trois fois plus de matières plastiques que la France en 2010 et génère à elle seule plus d un quart du chiffre d affaires de la plasturgie européenne. De plus l écart entre l Allemagne et les autres pays européen se creuse depuis 2007. Ainsi, à l inverse de ses principaux challengers, l Allemagne a retrouvé et dépassé ses niveaux de production de début 2007 alors que la France se situe 15% en dessous. Une étude menée par Accenture en 2010 pour Allizé-Plasturgie met en évidence un certain nombre de points faibles de la filière plasturgie française en comparaison de ses voisins européens : - Le poids de la plasturgie dans l industrie manufacturière en France de même qu en Italie - est plus faible qu en Allemagne ; - La valeur ajoutée des entreprises est moindre ; - La profitabilité est nettement inférieure ; - L accès aux financements bancaires est bien plus limité ; produits en plastique EVOLUTION EUROPÉENNE DE LA PRODUCTION DE PRODUITS EN PLASTIQUE 120 110 Indice 100 = Q1 2007 100 90 80 70 60 50 Union européenne (27 pays) Allemagne France Italie Source : Fédération de la Plasturgie selon Eurostat Source : Fédération de la Plasturgie selon Eurostat France Allemagne Italie Source: Benchmarking France-Allemagne-Italie, Accenture 2010, données de 2008 La Plasturgie en Franche Comté 11
R A D A R P L A S T U R G I E POSITIONNEMENT EUROPÉEN DE LA FRANCE DANS LA FILIÈRE PLASTURGIE - Les délais de paiement clients sont plus longs qu en Allemagne (mais plus courts qu en Italie). - Un coût de main-d œuvre élevé, comparable à l Allemagne et supérieur à l Italie conjugué avec une rigidité plus forte du droit du travail ; - Un manque d approche collaborative des entreprises à travers des regroupements et fédérations d entreprises pour optimiser les relations commerciales avec les donneurs d ordres, s organiser à l international ou encore développer de nouvelles activités en réseau ; - Un déficit de liens entre universités et entreprises pour offrir à la filière des collaborateurs maîtrisant les avancées technologiques et répondant aux besoins de recrutement ; - Un défaut d attractivité de la filière pour les jeunes au moment des choix de formation. Par ailleurs, la filière plasturgiste française est moins intégrée, elle est très peu présente sur le segment des moules et des machines, or ces secteurs sont centraux dans le développement de l innovation. En effet, l optimisation des machines et outillages permet de réduire de manière significative les coûts de production, de diminuer les temps de cycles en améliorant la réactivité, de pouvoir intégrer de nouvelles fonctions lors de la phase de transformation. La qualité des moules conditionne la performance ultérieure des pièces plastique à très haute valeur ajoutée ou à très haute technicité. De plus, la maîtrise de ce chaînon de la filière est incontournable pour rendre compétitives les innovations plus amont et notamment celles qui concernent les matières. Ainsi, les filières allemandes et italiennes se distinguent par une certaine maîtrise de la chaîne de valeur en développant la cohésion des acteurs dans le développement. Parmi les facteurs explicatifs de ce déficit de compétitivité de la plasturgie française, l étude d Accenture met en avant les éléments suivants : - La petite taille des entreprises de plasturgie française qui limite les économies d échelle ; - Les procédures de transmissions et de reprises d entreprises qui freinent le développement et la pérennité à long terme de la filière en comparaison de cadres légaux beaucoup plus favorables en Allemagne et en Italie ; LA CONJONCTURE DU PREMIER SEMESTRE 2012 Les éléments présentés dans cette partie du rapport sont basés sur l étude de conjoncture d Allizé-Plasturgie, appelée Observatoire Economique, qui repose sur l interrogation mensuelle d un échantillon de plus de 150 dirigeants de la filière plasturgie. Comme tous les secteurs industriels, la plasturgie a été fortement impactée par la crise de 2008/2009, qui s est traduite par une baisse brutale et généralisée de l activité, avec un degré variable selon les secteurs. Les marchés de l automobile et de la grande consommation ont été particulièrement touchés. Les répercussions sur l emploi ont été significatives et la situation financière des entreprises s est dégradée. 2010 et début 2011 ont été des périodes de reprise qui ont permis de retrouver des niveaux d activité plus viables et de reconstituer les marges (mais seulement partiellement à cause d une forte hausse du prix des matières premières sur le premier semestre 2011). Les entreprises de plasturgie ont de nouveau embauché mais n ont pas reconstitué les effectifs de pré-crise, notamment à cause d un manque de visibilité chronique sur les carnets de commandes. En 2010, les entreprises ont par ailleurs investi, principalement en outils de production, phénomène de rattrapage après deux années de sousinvestissement. 12 La Plasturgie en Franche Comté
Evolution annuelle d activité des entreprises de la filière plasturgie ÉVOLUTION ANNUELLE D ACTIVITÉ DES ENTREPRISES DE LA FILIÈRE PLASTURGIE 51% 34% 15% 56% 32% 12% 49% 35% 16% 36% 42% 22% 39% 33% 28% 33% 31% 36% 30% 36% 34% 29% 37% 34% 27% 36% 37% 23% 37% 40% 22% 38% 41% 22% 36% 42% 20% 35% 45% 23% 36% 41% Hausse Stabilité Baisse Avr. 11 Mai 11 Juin 11 Août 11 Sept. 11 Oct. 11 Nov. 11 Déc. 11 Janv. 12 Fév. 12 Mars 12 Avr. 12 Mai 12 Juin 12 Source : Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie Source: Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie Depuis septembre 2011, la conjoncture s est de nouveau retournée, les premiers secteurs touchés ont été ceux de l emballage puis la tendance défavorable s est généralisée à l ensemble des débouchés, notamment l automobile, le bâtiment et même la santé, auparavant en forte croissance. Sur le premier semestre 2012, la tendance est toujours orientée à la baisse mais à un rythme modéré. En comparaison annuelle par rapport à juin 2011, 41% des dirigeants d entreprises de plasturgie subissaient une baisse d activité contre 23% qui bénéficient d une hausse. Pour les mois à venir, les prévisions sont partagées, elles sont plus optimistes que six mois auparavant mais restent prudentes et plutôt orientées à la baisse. La baisse d activité depuis septembre 2011 a eu une répercussion sur l emploi mais celle-ci reste modérée, les réajustements se font très majoritairement par la variable de l Interim. Ainsi, la situation de l emploi est relativement stable même si l on constate des situations de réduction d effectifs et à l inverse des entreprises qui recrutent. ÉVOLUTION DES PRÉVISIONS D ACTIVITÉ DES DIRIGEANTS POUR LES PROCHAINS MOIS Source : Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie La Plasturgie en Franche Comté 13
R A D A R P L A S T U R G I E Evolution de la situation de l emploi ÉVOLUTION DE LA SITUATION DE L EMPLOI Hausse Hausse ou baisse ou baisse déclarée déclarée par les par dirigeants les dirigeants de leurs de leurs effectif effectif par rapport par rapport au mois au mois précédent précédent 25% 22% 18% 23% 18% 15% 12% 11% 14% 11% 15% 11% 12% 15% Hausse 70% 75% 81% 68% 69% 68% 73% 73% 70% 72% 71% 75% 75% 71% Stabilité Baisse 5% Avr. 11 2% Mai 11 2% Juin 11 9% Août 11 13% Sept. 11 17% Oct. 11 15% Nov. 11 17% 16% Déc. 11 Janv. 12 17% Fév. 12 14% Mars 12 13% Avr. 12 13% Mai 12 14% Juin 12 Source : Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie Source: Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie volution ÉVOLUTION de la situation DE LA de SITUATION trésorerie DE TRÉSORERIE et des taux de m ET DES TAUX DE MARGE JUIN 2012 EN JUIN 2012 9% 7% augmentations de prix ont atteint 13% à 27% selon les matières. Les prix ont ensuite baissés à partir de mai mais la rentrée de septembre s accompagne de nouvelles tensions à la hausse. 59% 66% Amélioration Stabilité Dégradation Cette augmentation des coûts d approvisionnement couplée à un contexte d activité ralentie qui a tendance à tirer à la baisse les prix de vente, a un effet très préjudiciable sur les taux de marges. 33% Taux de marge urce: Source : Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie 27% Trésorerie Par contre, la variable de l Interim ayant déjà été utilisée, toute dégradation additionnelle du niveau d activité se répercuterait plus directement sur l emploi. Malgré cette situation terne de l emploi, les entreprises qui embauchent restent confrontées à un manque structurel de main-d œuvre qualifiée qui se concentre principalement sur les profils de monteurs-régleurs et aussi certaines fonctions support (cette problématique est exposée plus en détail en dernière partie de ce rapport). Sur le premier trimestre 2012, la pression à la hausse des Matières Premières a été forte, les En effet, dans un rapport de force déséquilibré entre sous-traitant et donneurs d ordres, beaucoup de plasturgistes ont du mal à répercuter les hausses sur leurs clients, d autant que les variations de prix sont très brutales et très significatives. Au-delà de la tendance de fond à la hausse des Matières Premières, nous sommes entrés dans une période de volatilité sans précédent. La durée des cycles successifs de hausse ou de baisse se raccourcit, ce qui complique la gestion des entreprises. La loi de modernisation de l économie (LME) qui est entrée en application au 1 er janvier 2009 et qui traite notamment de la réduction des délais de paiement a permis une réduction significative des délais moyens de paiement pour les entreprises de la plasturgie. 14 La Plasturgie en Franche Comté
MOYENNE DES DÉLAIS DE PAIEMENT Délai Moyen de paiment Jan 09 Fév 09 Mar 09 Avr 09 Mai 09 Jui 09 Juil 09 Sep 09 Oct 09 Nov 09 Déc 09 Jan 10 Fév 10 Mar 10 Avr 10 Mai 10 Jui 10 Aoû 10 Sep 10 Oct 10 Nov 10 Déc 10 Jan 11 Fév 11 Mar 11 Avr 11 Mai 11 Jui 11 Aoû 11 Sep 11 Oct 11 Nov 11 Déc 11 Jan 12 Fév 12 Mar 12 Avr 12 Mai 12 Juin 12 70 69 68 67 66 65 64 63 62 61 60 Source : Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie Source: Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie Cependant, depuis Novembre 2011, des signes de tensions réapparaissent, certains plasturgistes constatent que des clients ont des retards de règlement. Parfois, les clients cherchent tous les moyens de faire rééditer des factures afin d allonger le délai initial. Cet indicateur sera à suivre de près sur le reste de l année 2012, d autant qu en Juin 2012, un quart des entreprises déclarait faire face à une dégradation de trésorerie. La Plasturgie en Franche Comté 15
R A D A R P L A S T U R G I E PARTIE II : La plasturgie en Franche-Comté DONNÉES ÉCONOMIQUES RÉPARTITION DES EMPLOIS PLASTURGIE PAR DÉPARTEMENT 70 - Haute-Saône 435 90 - Territoire de belfort 723 - Un Chiffre d Affaires moyen par salarié de 278 900 (contre 213 251 au niveau national) 13 ; - La taille moyenne des établissements est de 42 salariés, supérieure à la moyenne nationale des transformateurs qui se situe à 36 salariés 14 ; - Le taux moyen de Valeur Ajoutée est supérieur de 2 points à la moyenne nationale 15. 39 - Jura 2889 25 - Doubs 2049 6096 emplois 146 entreprises 4,5 % de la plasturgie en France taille moyenne : 42 salariés La majorité des entreprises se concentrent dans deux départements : le Jura et le Doubs, autour de trois zones : Saint Claude, Besançon et Montbéliard. La plasturgie constitue l un des principaux secteurs d activité de la région, elle représente 8% de l effectif industriel, ce qui est le plus fort taux en France. Source : Unistatis, données 2010 provisoires Codes NAF transformateurs Les principaux chiffres de la transformation des matières plastiques en Franche-Comté : - Un chiffre d affaires de 1,7 milliards d Euros en 2010 10, soit 5,7% du Chiffre d Affaires national, ce qui fait de la Franche-Comté la sixième plus grosse région de plasturgie en France ; - 146 établissements 11 ; - 6096 salariés 12, soit 4,5% de l effectif national ; 10 : Fédération de la plasturgie Panorama de la plasturgie 2010/11 11, 12, 14 : Unistatis, chiffres provisoires 2010, codes NAF 2221Z, 2222Z, 2223Z, 2229B, 2229A 13 : Fédération de la plasturgie Panorama de la plasturgie 2010/11 15 : Cofacerating, chiffres 2011 basés sur 98 entreprises de la région En Franche-Comté, l activité plasturgie dépasse encore plus qu ailleurs le strict cadre de la classification de l Insee (codes NAF transformateurs), ainsi beaucoup d entreprises sont ce que l on appelle «intégrées», c est-à-dire qu elles possèdent un ou plusieurs ateliers de plasturgie mais sont classées dans une autre activité principale. C est le cas notamment de nombreux équipementiers automobiles. En prenant en compte l ensemble des activités de plasturgie, y compris les entreprises intégrées, la filière franc-comtoise peut être estimée à 250 entreprises et 12000 salariés. De plus, le poids réel de la plasturgie dans l économie locale est encore plus important si l on prend en compte toutes les activités amont (bureaux d études, moulistes, etc.) et aval (finition, décoration, distribution, etc.). 16 La Plasturgie en Franche Comté
Encore plus que dans d autres régions, l entreprise plasturgiste franc-comtoise travaille majoritairement en sous-traitance de groupes internationaux utilisateurs de matières plastiques, environ 4 entreprises sur 5 ne posséderaient aucun produit propre 16. Deux secteurs dominent fortement en Franche- Comté, il s agit de la catégorie des Pièces Techniques, très largement surreprésentée par rapport au territoire national et le secteur de l emballage. Le secteur de la construction est très peu présent. Une analyse plus fine des débouchés des entreprises par marché final, est proposée dans la section suivante de ce rapport. De fortes compétences régionales existent dans l étude et la réalisation de «pièces techniques», notamment dans la réalisation de pièces et de sousensembles de petite taille, en lien avec le savoirfaire «microtechnique» de la région. 16 : Allizé-Plasturgie Franche-Comté 17% 36% 19% 17% 10% ACTIVITÉ DES ENTREPRISES DE PLASTURGIE EN FRANCHE-COMTÉ 24% 47% 8% 16% 5% 9% 8% 35% 20% 24% 12% % établissements % effectifs Source : Unistatis, données provisoires 2010 3% 22% Source: Unistatis, données provisoires 2010 L injection est de loin la technologie la plus utilisée (par près de 3 entreprises sur 4), même si la quasitotalité des technologies sont présentes en région : surmoulage, thermoformage, soufflage, extrusion, injection bi-matières, rotomoulage, usinage, 61% 6% Articles de consommation courante Pièces techniques Construction Emballage Semi-produits PART DE LA FRANCHE-COMTÉ DANS L EFFECTIF SALARIÉ DES TRANSFORMATEURS 4,5% 4,8% 4,5% Part de la Franche- Comté +4 % 150 521 156 995-13% 135 990 France dont Franche-Comté Source : Unistatis Source: Unistatis +11% -19% 6 819 7549 6096 1999 2004 2010 La Plasturgie en Franche Comté 17
R A D A R P L A S T U R G I E en Franche-Comté EVOLUTION DE L EFFECTIF SALARIÉ PAR SECTEUR EN FRANCHE-COMTÉ Semi-produits Emballage Construction Pièces Techniques Produits Courants 6000 5000 4000 3000 2000 1000 0 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Source : Unistatis S U i t ti La tendance observée au niveau national d une baisse des effectifs salariés dans la plasturgie depuis une dizaine d année se retrouve sur la région Franche-Comté, surtout depuis le milieu des années 2000. Le secteur qui a subi la baisse la plus importante est celui des Pièces Techniques, qui a perdu en 10 ans 28% des effectifs. L emballage reste à peu près stable autour de 1400 salariés depuis 10 ans. La baisse importante d effectifs a eu lieu avant la période de crise 2008/2009. La tendance actuelle est à la stabilisation. Ainsi, la démographie des entreprises de plasturgie en Franche-Comté pour l année 2011 montre un faible taux d établissements touchés par des procédures collectives (2,1%), deux fois moins élevé qu au national (4,7%). Cette tendance positive est à nuancer par un taux de création d entreprise qui - même s il est à un niveau comparable à la moyenne nationale - permet à peine de compenser le nombre d établissements perdus. La plasturgie franc-comtoise comporte la même faiblesse qu au niveau national du manque d intégration de la filière. En effet, on dénombre un nombre quantitativement limité d entreprises des secteurs amont de la transformation des plastiques : fournisseurs de matières (5 établissements), fabricants de moules et modèles (21 établissements) et fabricants de machines (aucun). Pour autant, il existe un tissu de prestataires varié autour des transformateurs, notamment pour les activités suivantes : environnement de production, design, Recherche et Développement, études et réalisation d outillages, prototypage, étude et réalisation d inserts métalliques, mécanique générale, finition et décoration, assemblage, essais et contrôle, usinage, De plus, la zone de Saint Claude bénéficie de la proximité du Haut Bugey où sont basés de nombreux autres prestataires et sous-traitants. Au niveau de la France, l Industrie plastique génère un déficit commercial depuis plusieurs années et celui-ci augmente d année en année, en 2010 le solde négatif entre les importations et les exportations était de près de 3 Milliards d Euros. 18 La Plasturgie en Franche Comté
g ç LES 6 RÉGIONS AVEC UNE BALANCE COMMERCIALE pour EXÉDENTAIRE les produits EN 2010 en POUR plastique LES PRODUITS EN PLASTIQUE Rhône-Alpes Franche-Comté Auvergne Lorraine Haute-Normandie Champagne-Ardenne 107,9 158,6 263,1 104,5 117,7 183,5 65,8 380,2 422,1 41,8 332,9 357,1 24,2 269,4 282,5 13,1 1 097,7 1 205,7 Importations Exportations Solde Source: Douanes selon Observatoire de la Plasturgie La région Franche-Comté fait partie des six régions qui possèdent une balance commerciale positive au niveau de ses échanges de produits en plastiques. En 2010, elle se situait même en seconde position sur ce critère avec 105 Millions d excédent juste derrière la région Rhône-Alpes. Le département du Jura est le plus gros contributeur à cette balance commerciale positive. Parmi les entreprises françaises en lien avec la plasturgie les plus exportatrices, on trouve notamment Bourbon, Smoby Toys sas, Guillin Emballages et Von Roll France. De plus, la Franche- Comté ne subit pas de dégradation de son solde commercial qui est stable sur les quatre dernières années. Ces chiffres sont à relativiser car il est assez difficile d interpréter des données d exportations et d importations qui mettent au même niveau les échanges entre établissements d un même groupe et les échanges entre un client et un fournisseur. La Plasturgie en Franche Comté 19
R A D A R P L A S T U R G I E CARTOGRAPHIE DES PRINCIPAUX ACTEURS DE LA PLASTURGIE EN FRANCHE-COMTÉ Cette analyse permet de montrer que deux gros débouchés dominent l activité : d une part, l emballage pour l agro-alimentaire et les produits d entretien et d autre part l automobile, qui reste un débouché majeur. A. LES ENTREPRISES L étude dite «Radar» menée par Allizé-Plasturgie Franche-Comté en 2011 et 2012 a permis de dresser un portrait plus précis des entreprises de la plasturgie de la région avec un focus plus particulier sur le département du Jura. Dans le cadre de ce rapport, 31 entreprises ont été rencontrées, au total elles représentent 2157 emplois (soit 35% de l effectif salarié total de la région). L analyse de la répartition du chiffre d affaires montre la diversité des marchés et des savoir-faire des entreprises concernant les applications autour du plastique, beaucoup d établissements ont des clients sur une variété de secteurs différents. Plusieurs entreprises semblent se positionner sur un autre marché, à fort potentiel de croissance : le médical et l emballage pharmaceutique. Les marchés très traditionnels comme le jouet et la lunetterie/optique sont de plus en plus marginalisés même si des dynamiques intéressantes existent actuellement sur ces marchés (tendance à la relocalisation partielle). En dernière partie de ce rapport sont abordées les perspectives à moyen terme des principaux marchés de la plasturgie franc-comtoise. Débouchés des entreprises de plasturgie Débouché final de l activité Nombre d'entreprises % du chiffre d'affaires du panel AGROALIMENTAIRE/ENTRETIEN/VIE COURANTE 10 31% AUTOMOBILE 11 24% MEDICAL/PHARMACEUTIQUE 9 9% COSMETIQUE 3 8% ELECTRICITE 5 4% ELECTROMENAGER 4 3% ELECTRONIQUE 4 3% BTP 6 3% AMEUBLEMENT 3 1% LUNETTERIE/OPTIQUE 3 1% AERONAUTIQUE 2 1% TEXTILE/HABILLEMENT 2 1% BRICOLAGE/JARDINAGE 3 1% HORLOGERIE/BIJOUTERIE 2 1% ARTICLES MENAGERS 1 1% TRANSPORT GD GABARIT 1 0,4% MATERIEL PUBLICITAIRE 1 0,4% SPORTS/LOISIRS 2 0,3% FOURNITURES SCOLAIRES / DE BUREAU 1 0,1% JEUX/JOUETS 1 0,1% AUTRE 19 9,6% Source : Allizé-Plasturgie Franche-Comté DÉBOUCHÉS DES ENTREPRISES DE PLASTURGIE EN FRANCHE-COMTÉ 20 La Plasturgie en Franche Comté
B.LES ORGANISMES Allizé-Plasturgie Franche-Comté Le syndicat régional représentant les entreprises de la filière plasturgie en Franche-Comté est Allizé-Plasturgie Franche-Comté. Allizé-Plasturgie Franche-Comté est membre de l Union interrégionale Allizé-Plasturgie (qui regroupe les syndicats régionaux des régions Lorraine, Bourgogne, Franche-Comté, Rhône-Alpes, Auvergne, PACA et Languedoc Roussillon), qui est membre actif de la Fédération de la Plasturgie, elle-même membre de la Fédération Européenne. Allizé-Plasturgie Franche-Comté regroupe à ce jour 104 entreprises de la filière, et a pour mission d être le fédérateur et le facilitateur incontournable pour les entreprises de la filière plasturgie dans la région et avec leurs partenaires. Pour cela, l organisation professionnelle se base sur 5 leviers forts que sont : - Le conseil et l expertise (juridique, technique, économie, stratégie, gestion des ressources humaines ) ; - La mise en relation et la facilitation des échanges ; - L animation d actions collectives ; - La représentation, la défense et la promotion ; - L intelligence économique en plasturgie. Allizé-Plasturgie Franche-Comté a défini une stratégie d accompagnement des entreprises de la filière régionale. Son objectif principal est d assurer la pérennité des entreprises de la filière, et permettre l accès, directement ou indirectement, à de nouveaux marchés et clients à valeur ajoutée. Pour cela, Allizé-Plasturgie Franche-Comté propose aux entreprises qui en ont besoin dans un premier temps des actions plutôt «défensives», selon 2 orientations : - consolider la pérennité, en jouant notamment sur les leviers de la gestion des ressources humaines, du contrôle de gestion, de la finance, et de l organisation ; - optimiser la transmission. Une fois cette stabilité assurée, Allizé-Plasturgie Franche-Comté propose des actions plutôt «offensives», selon quatre orientations : - soutenir la diversification, tant dans ses composantes stratégie, qu intelligence économique, ou performance commerciale ; - favoriser la performance de l entreprise dans le cadre de la diversification (en matière technique, d organisation, de contrôle de gestion) ; - faciliter l accès à l innovation ; - faciliter la gestion des ressources humaines dans le cadre de la stratégie de l entreprise ; Le tout au maximum dans un esprit collectif, à travers des clubs d échanges, des mutualisations de compétences, des actions communes ou des partenariats commerciaux. Plastipolis Outre la présence d Allizé-Plasturgie, les entreprises bénéficient de la présence du Pôle de Compétitivité de la Plasturgie, Plastipolis, basé à Oyonnax et disposant d une antenne à Besançon. À ce jour Plastipolis regroupe plus de 300 adhérents. Ses objectifs sont : - Promouvoir une image dynamique de la plasturgie française ; - Permettre à la plasturgie française de trouver de nouvelles applications grâce à l innovation technologique ; - Favoriser la pénétration des entreprises sur de nouveaux marchés ; - Acquérir des avantages compétitifs en termes de coûts, de qualité et de propriétés intrinsèques des produits pour l ensemble de la filière ; - Assurer le rayonnement du pôle de compétitivité de la plasturgie et les retombées sur l ensemble de la filière française. Les 4 chantiers prioritaires du pôle sont : - Susciter plus d'innovation et faire émerger de nouveaux projets de R&D ; - Ancrer la formation et la gestion des compétences dans l'activité du pôle ; - Développer les coopérations ; - Renforcer le volet communication. La Plasturgie en Franche Comté 21
R A D A R P L A S T U R G I E Le Pôle Européen de la Plasturgie De plus, le Pôle Européen de la Plasturgie (PEP) est basé à l extérieur de la région Franche-Comté, à Oyonnax, mais cependant à proximité des entreprises localisées au sud du département du Jura. Depuis plus de 20 ans, le PEP, centre technique de la Plasturgie, a pour mission d offrir aux industriels de la filière Plasturgie des moyens, des expertises et des prestations à haute valeur ajoutée. Il propose plus particulièrement des innovations technologiques, incrémentales ou de rupture, pour l injection des polymères thermoplastiques. Le PEP comptait près de 60 collaborateurs en 2011. Ses activités se distinguent en : - Des projets de R&D multipartenaires articulés autour de quatre Lignes Programmes : Eco-polymères Plasturgie Numérique Outillages avancés Microsystèmes sur plastique - Des activités de transfert de technologie, de développement technologiques (produit, process, matériaux), d expertises et de prestations à destination de l ensemble des entreprises de plasturgie - Un centre d essais d injection - Une plateforme d innovation dédiée aux outillages (PLATINNO) - Un centre de calculs hautes performances (CAO, rhéologie, calculs mécaniques, thermiques, fluidiques) - Un atelier de fabrication par fusion laser de poudres métalliques d inserts pour les outillages (Conformal Cooling) - Une ligne d extrusion-compoundage - Un laboratoire d analyses, d essais et de caractérisations (physico-chimiques, mécaniques, optiques, rhéologiques et vieillissement) - Une cellule de réalisation de produits plastiques techniques intelligents, qui intègre injection, activation laser, métallisation sélective et contrôle de la qualité des pistes. C. LES CENTRES DE FORMATION La Franche-Comté dispose d une offre de formation initiale à travers trois établissements et la proximité dans le Sud du Jura avec la zone d Oyonnax. ÉTABLISSEMENTS DE FORMATION INITIALE EN FRANCHE-COMTÉ Lycée professionnel Luxembourg VESOUL Bac Pro 3 ans Plastiques et Composites Effectifs : 23 personnes Vesoul Haute-Saône 70 Territoire de Belfort 90 Belfort Lycée professionnel Fernand Léger C.F.A.I BESANÇON Bac Pro Plasturgie par apprentissage Jura 39 Besançon Doubs 25 SUISSE AUDINCOURT Bac Pro 3 ans Plastiques et Composites + BTS Europlastic Effectifs : 19 personnes Possibilité de suivre des formations à Oyonnax (CAP à Ingénieur Lons-le-Saunier Lausanne Oyonnax Genève 22 La Plasturgie en Franche Comté
En termes de formation continue, les entreprises disposent du CFP (Centre de Formation de la Plasturgie). Premier centre de formation en plasturgie en France, le CFP bénéficie de plus de 25 ans d expérience. Il fait intervenir une équipe pluridisciplinaire (toutes les technologies de transformation des plastiques sont maitrisées) composée d une quinzaine de consultants formateurs. Plus de 4000 personnes par an sont formées par le CFP. Le CFP a été conçu dès son origine comme l'outil de perfectionnement de la filière. Il propose chaque année six journées de l'innovation, comme autant de rendez-vous incontournables pour tous ceux qui souhaitent bénéficier des dernières connaissances liées aux plastiques. Il développe régulièrement de nouveaux stages, directement en lien avec l'actualité de la profession. Le centre de formation de la plasturgie conçoit des solutions pédagogiques pour développer les compétences et la performance dans la filière plasturgie. Son offre évolue sans cesse pour mieux accompagner les entreprises dans leurs objectifs de flexibilité, de polyvalence, de productivité et d'innovation. La Plasturgie en Franche Comté 23
R A D A R P L A S T U R G I E ANALYSES DES FORCES ET FAIBLESSES DES ENTREPRISES Dans cette partie, les chiffres et analyses présentés proviennent des informations collectées au cours des années 2011 et 2012 par Allizé-Plasturgie Franche-Comté à partir de la méthodologie d analyse «Radar». Cette méthode permet d estimer un niveau d opportunité ou de risque pour chaque entreprise en fonction de sa compétitivité (sur les aspects commerciaux, ressources humaines, technologiques et financiers), de son ancrage territorial et des conditions des marchés de ses clients. La méthodologie est détaillée en annexe. En attente avec potentiel 7,9% RÉPARTITION EN NOMBRE D EMPLOI PAR TYPOLOGIE RADAR Risque important 0,2% Risque modéré 15,3% Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Développement sur le territoire 55,9% Développement potentiellement hors territoire 20,7% A.SITUATION GLOBALE DES ENTREPRISES L analyse Radar de ce rapport est menée sur un échantillon de 31 établissements plasturgistes de Franche-Comté, basés majoritairement dans le Jura et qui ne relèvent pas forcement des codes NAF «plasturgie». Ces établissements représentent 2157 emplois soit une part importante de la plasturgie franc-comtoise (6000 salariés sur les codes NAF plasturgie). La situation globale des établissements est plutôt favorable : une majorité d établissements est dans une dynamique de développement. Les établissements à risque représentent un quart des établissements audités, seul un établissement a été placé dans la typologie à risque important. Les sections suivantes de ce rapport permettent d appréhender les principales faiblesses des établissements à risque. RÉPARTITION EN NOMBRE D ENTREPRISES PAR TYPOLOGIE RADAR Risque modéré 23% Risque important 3% En attente avec potentiel 16% Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Développement potentiellement hors territoire 19% Développement sur le territoire 39% Ensuite, une part non négligeable d établissements se retrouve dans une situation intermédiaire, appelée «en attente avec potentiel» avec des points forts sur lesquels s appuyer mais qui pour l instant n ont pas réussi à basculer dans une dynamique de développement. En nombre d emplois, deux salariés sur trois sont employés par des établissements qui sont aujourd hui en développement. Les établissements dits «à risque» emploient 15% des salariés, montrant ainsi qu il s agit d établissements de plus petite taille. En termes de secteurs d activité, les établissements en développement sur le territoire évoluent majoritairement sur les marchés de l emballage : agro-alimentaire et cosmétique et également en partie sur le secteur du médical. Les établissements de la typologie «en développement potentiellement hors territoire» sont positionnés sur deux principaux marchés : l emballage agro-alimentaire et l automobile. Les entreprises en attente avec potentiel interviennent dans une diversité de marchés : emballage mais aussi électronique, lunetterie/optique, BTP et médical/pharmaceutique. Un secteur est surreprésenté parmi les entreprises à risque, il s agit de l automobile. On retrouve cependant aussi dans cette typologie plusieurs établissements avec une activité dans l emballage. 24 La Plasturgie en Franche Comté
B.L AXE COMMERCIAL Organisation commerciale ORGANISATION COMMERCIALE STRATÉGIE COMMERCIALE Organisation commerciale solide : outils de suivi et supports marketing Equipe commerciale avec objectifs et périmètre d'action définis Equipe commerciale avec objectifs mais sans périmètre d'action défini Inexistante ou instable 23% 29% 23% 26% Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Principaleme l entreprise, u trois ne dispo commerciale Seule une en véritablemen stratégie com face la mise équipe pour Il existe donc de progressio spécifiques à mais à la pla Pistes de diversification envisagées sur des marchés porteurs 71% Source Source :: Radar, 31 entreprises de la la Franche-Comté Diversification clients Rien hors marchés actuels sur des marchés peu porteurs 3% Rien hors marchés actuels sur des marchés porteurs 26% Par l offre technologique et par les services 71% Strat Il existe de fortes disparités entre les établissements de Franche-Comté audités. Seule une entreprise sur deux a véritablement défini une stratégie commerciale avec en face la mise en place d une équipe organisée pour la concrétiser. Aucune des entreprises avec une organisation commerciale solide ne se situe actuellement dans les typologies à risque. Il existe donc une marge de progression intéressante sur cet axe, non spécifique à la Franche-Comté mais à la plasturgie en général et à la taille des entreprises. Ainsi, le degré de structuration de l organisation commerciale est similaire à celui observé dans le Haut-Bugey, où une analyse Radar a également été réalisée. Les entreprises de la plasturgie réalisent de plus en plus l importance d une stratégie Rien hors marchés actuels sur des marchés porteurs 26% Par l offre technologique et par les services 71% Stratégie de différentiation Par les services 19% Par l offre technologique 10% de différentiation, il existe donc une volonté d aller dans ce sens avec pour certains un manque de méthode ou de moyens pour le faire. En effet, une stratégie uniquement basée sur les coûts, contraint l entreprise à une augmentation permanente des volumes de vente ainsi qu à la recherche d une baisse constante des coûts de production. C est une spirale sans fin dans laquelle les clients attendent à chaque renégociation de contrat une baisse ou au moins un maintien des tarifs. A terme, l industriel se retrouve souvent enfermé dans une position de réponse uniquement technique ou capacitaire à un cahier des charges et à se retrouver sans la moindre marge de manœuvre. Une approche service est donc de plus en plus incontournable, elle permet d élargir le périmètre de l offre avec des activités plus élaborées (logistique, délais, maintenance, etc.) et elle contribue à améliorer la qualité. La différentiation technologique permet par ailleurs de se positionner en tant que fournisseur stratégique auprès de ses clients. La différentiation par la technologie provient souvent d une culture «technique» du dirigeant alors que l approche par les services dépend plus d une culture d écoute clients et donc de marketing. Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté La Plasturgie en Franche Comté 25
R A D A R P L A S T U R G I E Une majorité des entreprises rencontrées suit le principe de Pareto selon lequel 20% des clients représentent 80% du chiffre d affaires. La dépendance à un ou deux clients est un facteur important de catégorisation en typologie «à risque». Aucun client ne représente plus de 10% 22% Dépendance vis-à-vis des clients DÉPENDANCE VIS-À-VIS DES CLIENTS Forte dépendance à un seul client 10% Forte concentration 13% 20% des clients représentent 80% de l'activité 55% Source : Radar, : Radar, 31 entreprises 31 entreprises de la Franche-Comté de la Franche-Comté Dans leurs relations clients, les entreprises font souvent part d un taux de fidélisation élevé mais avec une tendance à l augmentation des pratiques commerciales abusives de la part des donneurs d ordres (non-respect des délais de paiement, menaces de délocalisation, refus de répercussion des hausses matières). De nombreux dirigeants qui travaillent sur les marchés de l automobile se plaignent de dérives pratiquées par les acheteurs des donneurs d ordres. Ces pratiques, qui sont effectivement très répandues dans l automobile, sont clairement en train de se généraliser à tous les marchés et à tous les niveaux de la sous-traitance. Seuls la différentiation et le positionnement en tant que fournisseur stratégique peuvent permettre aux plasturgistes de conserver un rapport de force moins défavorable. Analyse commerciale : les points clefs pour l analyse prospective La capacité d une entreprise de plasturgie à définir un plan stratégique et à le mettre en œuvre sur le plan organisationnel conditionne directement son développement. La définition d une stratégie, déclinée à tous les niveaux jusqu à l équipe commerciale, permet d énoncer clairement le positionnement de l entreprise en mettant en place une stratégie de différenciation qui pourra permettre la diversification, la conquête de nouveaux clients et ainsi un affranchissement progressif des seules contraintes de prix/délais, source d appauvrissement de l entreprise. Or les marges de progression identifiées au sein des entreprises sont significatives sur cet axe. 26 La Plasturgie en Franche Comté
C.L AXE RESSOURCES HUMAINES Il existe une véritable pénurie de main-d œuvre correspondant aux besoins des entreprises, elle constitue même un frein à leur développement. Ainsi, 90% des entreprises auditées en 2011 et 2012 font part de difficultés de recrutement. Cette problématique n est pas spécifique à la région Franche-Comté, en revanche il semble qu elle y soit particulièrement aigüe, puisque la proportion d entreprises en difficulté de recrutement sur la même période dans le Haut Bugey est de 71%. Niveau de structuration des RH NIVEAU DE STRUCTURATION DES RH Outils de GEC, GPEC mis en place Formalisation de la gestion administrative de l'emploi (entretiens annuels, recrutements structurés) Gestion admistrative de l'emploi, processus non formalisés 13% 42% 45% Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté POLITIQUE DE FORMATION Face à cette situation, qui découle notamment du manque d attractivité des métiers de la plasturgie, les entreprises sont encore trop peu nombreuses à avoir pris la mesure de l importance stratégique liée à la mise en place d une approche structurée des Ressources Humaines, 45% ont une approche purement administrative. Cette faiblesse est inhérente à la relative faible taille des entreprises qui caractérise la plasturgie française au niveau national et pas seulement en Franche-Comté. Une certification qualité de type ISO 9001 amène les PME à structurer la gestion des Ressources Humaines, or environ la moitié seulement des entreprises rencontrées possède une certification. En lien avec le manque de structuration des RH, les entreprises ont des niveaux d approche très variables sur la formation, une part significative d établissements ont encore un mode de gestion opportuniste. Le manque de main-d œuvre qualifiée couplé à la capacité limitée des entreprises à faire évoluer leurs salariés constitue un risque majeur de perte de compétitivité de la filière plasturgie sur des marchés qui s orientent de plus en plus vers la valeur ajoutée. Ainsi, toutes les entreprises rencontrées qui ont mis en place des outils de Gestion des Emplois et des Compétences se situent dans les typologies en développement. A l inverse, les entreprises en difficulté se distinguent par des lacunes marquées sur cette dimension. Approche poussée : plan de formation à moyen terme 23% Approche structurée : Plan de formation à court terme 39% Approche opportuniste : Formations ponctuelles au coup par coup 35% Aucune politique 3% Source : Radar, Source 31 entreprises : Radar, de 31 la Franche-Comté entreprises de la Franche-Comté La Plasturgie en Franche Comté 27
R A D A R P L A S T U R G I E Le climat social est tendu dans près d un tiers des entreprises (29%), ce qui est une proportion relativement importante. En effet, dans le Haut Bugey - où la même question a été posée au cours de 2011 - la proportion d entreprises de la filière avec un climat social tendu s élève à 19%. Dialogue social existant et constructif Pas de structuration du dialogue social mais climat apaisé Climat CLIMAT social SOCIAL 16% 55% C est au sein des établissements en développement sur le territoire que le climat social est le plus apaisé. Quelques tensions sans véritable crise 19% Peu d établissements ont mis en place des accords d intéressement des salariés, ce qui s explique en partie par la petite taille des entreprises. Plusieurs indicateurs dans le rouge 10% Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Analyse Ressources Humaines : les points clefs pour l analyse prospective La structuration des Ressources Humaines dans les entreprises de plasturgie apparaît à la fois comme un des facteurs les plus critiques pour leur développement futur et comme un axe où le potentiel de progression des entreprises est le plus fort. Ainsi, la capacité de développement des entreprises sera conditionnée à leur faculté d optimisation des organisations humaines, leur gestion à long terme des emplois et compétences et leur aptitude à entretenir un climat social favorable. En parallèle avec la politique interne des entreprises en Ressources Humaines, la profession dans son ensemble se trouve devant l obligation de travailler à l attractivité des métiers de la filière. 28 La Plasturgie en Franche Comté
D. L AXE TECHNIQUE SITUATION DES OUTILS DE PRODUCTION Situation des outils de production CULTURE D INNOVATION Culture d innovation Outil technologiquement et capacitairement adapté 48% Politique permanente et structurée déjà recompensée par des succès 45% Outil technologiquement adapté mais à capacité saturé Outil non saturée mais en perte de compétivité 10% 26% Culture d'innovation en cours de structuration 39% Outil vieillisant et dépassé 16% Manque de moyens/méthode pour le faire 16% Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Il convient de rappeler (cf. partie consacrée à la conjoncture en première partie de ce rapport) que la période 2008/2009 a fortement freiné les investissements quantitatifs et qualitatifs en machines et outillages. 2011 constitue une année de rattrapage mais seulement pour les entreprises avec la capacité pour le faire. C est le cas des entreprises de la typologie «en développement sur le territoire». Par contre, une part élevée d établissements voient leurs outils de production perdre en compétitivité. Ces établissements sont pour beaucoup en situation à risque avec un manque de possibilité de financement. Par rapport au Haut Bugey, une proportion plus importante d entreprises se trouve dans cette situation de vieillissement de l outil de production (42% versus 25%), c est donc un point de vigilance pour la compétitivité future de la filière dans la région. Pour autant, les dirigeants sont conscients de l importance de l innovation pour l avenir de leur entreprise et témoignent d une volonté à concrétiser leurs idées. Cette volonté se retrouve quelle que soit la taille des entreprises. Une part importante d entreprises est en pointe sur l approche qualité et environnement : - Plus de la moitié des établissements ont une certification qualité, en majorité la norme ISO 9001/9002 ; - Cette certification qualité est parfois «subie» car engagée sous la pression des clients, cependant pour un tiers des entreprises, il s agit d une démarche positivée qui va au-delà des exigences clients ; - 42% des établissements ont mis en place des normes environnementales non obligatoires ; - Parmi les 42% des établissements qui ne possèdent pas de certification qualité, les deux tiers déclarent cependant avoir mis en place une démarche en interne. En revanche, une poignée d établissements n a aucune approche qualité, qu elle soit certifiée ou non et certains présentent des risques potentiels avérés sur le plan environnemental. Sur certains marchés à fort potentiel de développement comme le médical ou l aéronautique, la certification constitue une forte barrière à l entrée de nouveaux concurrents. Sur le panel de 31 entreprises analysées en Franche-Comté, seules 2 La Plasturgie en Franche Comté 29
R A D A R P L A S T U R G I E possèdent une certification ISO 13485 mais c est une proportion comparable à celle du territoire du Haut Bugey. Le tableau ci-dessous détaille le nombre de certifications qualités détenues par les 31 entreprises rencontrées : ISO 9001 12 ISO TS 4 ISO 14001 4 ISO 13485 2 Analyse Technologique : les points clefs pour l analyse prospective Alors que la capacité d innovation devient un élément incontournable de développement, les entreprises doivent être en mesure de faire évoluer leur outil de production en fonction des exigences du marché et même de parvenir à les devancer. Les freins qui peuvent entraver cette orientation, résident dans les capacités financières, qui peuvent mettre «hors-jeu» certaines entreprises qui traversent des difficultés sur de trop longues périodes, mais aussi dans la faculté des entreprises à structurer la démarche d innovation en interne à tous les niveaux, y compris commercial (en partant de l écoute du client) et ressources humaines (en assurant le développement des compétences requises par les avancées technologiques). 30 La Plasturgie en Franche Comté
E. L AXE FINANCIER Au cours de la période analysée, le niveau de résultat d exploitation des entreprises de Franche- Comté auditées se partage autour de la moyenne nationale calculé en 2007 par le SESSI (3,8%). En effet, d autres facteurs ont été plus discriminants et notamment les dimensions commerciales, comme la dépendance à un client, et les Ressources Humaines. Sur cet échantillon et par rapport au Haut Bugey, la Franche-Comté semble se caractériser par une grande majorité d entreprises «autour de la moyenne» avec peu d établissements présentant un résultat d exploitation négatif et également peu d entreprises avec un taux très nettement supérieur à la moyenne de ses confrères. Aucun des établissements rencontrés ne se trouvait en situation d incidents de paiements répétés au cours des 6 derniers mois. L état des trésoreries était globalement bon, 61% des entreprises n ayant pas besoin de mobiliser leur poste clients, proportion comparable à ce qui a été constaté à la même période sur le territoire du Haut Bugey. Il est intéressant de noter que les entreprises avec un risque identifié par la méthodologie Radar, ne sont pas systématiquement en situation financière délicate. g NIVEAU DU REX (résultat d exploitation) en % du CA Niveau du REX (Résultat d Exploitation) en % du CA REX positif, supérieur à la moyenne secteur de plus de 5 points REX positif, supérieur à la moyenne secteur de moins de 5 points REX positif, inférieur à la moyenne secteur Résultat d'exploitation négatif Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté 13% 35% 48% 3% NIVEAU DE TRÉSORERIE Niveau de trésorerie Trésorerie largement bénéficiaire sans mobilisation du poste clients Trésorerie bénéficiaire après mobilisation du poste client Trésorerie légèrement déficitaire après mobilisation du poste client 61% 29% 10% Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté La Plasturgie en Franche Comté 31
R A D A R P L A S T U R G I E En termes d outils de gestion, les entreprises de Franche-Comté rencontrées ont un certain retard en comparaison du territoire du Haut Bugey. Ce retard concerne toutes les tailles d entreprises. Ainsi, la majorité des entreprises ont un suivi par situations intermédiaires sans aller vers la comptabilité analytique ou le contrôle de gestion, c est particulièrement le cas parmi les entreprises associées à un niveau de risque. Avec ce faible niveau d outils de gestion, les entreprises en difficulté ont une très mauvaise visibilité sur leurs coûts de production et peuvent accepter sans le savoir certains contrats à perte. Analyse Financière: les points clefs pour l analyse prospective La profitabilité de l entreprise et sa capacité à soutenir financièrement son développement sont bien sûr des éléments fondamentaux dans une vision à moyen et long terme de la filière. Bien que la situation financière des entreprises de la filière soit globalement saine sur la période analysée, le rapport de force défavorable que subissent les transformateurs entre les fournisseurs de matières en amont et les donneurs d ordres en aval les rendent très vulnérables. Face à cela, et malgré leur relative petite taille, les entreprises doivent se doter d outils de suivi et de gestion de leur trésorerie, de leurs marges et de leurs moyens de financement. NIVEAU DES OUTILS DE GESTION UTILISÉS PAR L ENTREPRISE Niveau des outils de gestion utilisés par l entreprise Niveau 4 = Niveau 3 + Contrôle de gestion Niveau 3 = Niveau 2 + Comptabilité analytique Niveau 2 = Niveau 1 + Situations intermédiaire et suivi de trésorerie 13% 19% 61% 27% 28% 40% Niveau 1 : Expert comptable 6% 5% Franche-Comté Haut-Bugey Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté, 56 entreprises du Haut Bugey 32 La Plasturgie en Franche Comté
LES ENTREPRISES ET LE TERRITOIRE Le manque de jeunes qualifiés Sur les profils spécialisés en plasturgie, on assiste à une baisse continue depuis de nombreuses années du nombre de jeunes en formation plasturgie de tout niveau. Une des solutions pour compenser ce manque de jeunes formés serait d attirer des personnes qualifiées venant d autres territoires, ce que l attractivité globale actuelle de la région permet peu. Cette tendance est illustrée par le graphique page suivante qui montre les effectifs en statut scolaire (sachant que les jeunes peuvent aussi se former par des cursus en apprentissage). La tendance à la baisse n est pas spécifique à la région mais elle y est particulièrement marquée, ainsi, les effectifs de jeunes en formation plasturgie ont été divisés par deux en six ans en Franche- Comté alors que dans le même temps la baisse n était «que» d un tiers au niveau national. EFFECTIFS DES FORMATIONS PLASTURGIE statut scolaire tous niveaux (CAP/BEP/BAC/BTS) 000 900 800 700 600 500 400 300 200 100 0 2997 3012 2860 2566 149 137 140 120 France (-33% en 6 ans) Franche Comté (-50% 3500 en 6 ans) 2345 2257 2011 94 92 75 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 Source : Fédération Nationale de la Plasturgie 3000 2500 2000 1500 1000 500 0 La Plasturgie en Franche Comté 33
R A D A R P L A S T U R G I E L attractivité du territoire L ATTRACTIVITÉ DU TERRITOIRE PERÇUE PAR LES DIRIGEANTS Franche-Comté (31 entreprises) 16% 81% 3% Haut-Bugey (100 entreprises) 29% 49% 22% Source : Radar Faible Moyenne Forte Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté, 57 entreprises du Haut Bugey En Franche-Comté, l attractivité du territoire est jugée globalement «moyenne» par les dirigeants, les avis sont beaucoup moins tranchés que dans le Haut Bugey. La majorité des établissements rencontrés sont localisés dans le Jura et notamment sur la zone de Saint Claude. Les deux points mentionnés les plus souvent par les dirigeants sont liés : - aux problématiques de desserte par la position excentrée de ce bassin surtout vis-à-vis des clients; - à la difficulté de faire venir et de faire rester des collaborateurs. L ancrage sur le territoire Une majorité des entreprises de plasturgie a un attachement fort au territoire de par une implantation historique en Franche-Comté et une structure familiale. APPARTENANCE À UN GROUPE Appartenance à un groupe On trouve également en Franche-Comté, une part d établissements qui appartiennent à des groupes avec le siège sur une autre région de France ou à l étranger. Ce cas de figure est plus fréquent parmi les entreprises du secteur de l emballage. Il existe une forte interaction entre les entreprises du territoire. Les plasturgistes utilisent de nombreux prestataires locaux, la richesse des compétences locales ou du territoire proche du Haut Bugey est un facteur important de compétitivité. On constate néanmoins, que dans les établissements filiales, la priorité est souvent de s approvisionner au sein du groupe et donc auprès de sites en dehors du territoire. Les liens entre les établissements du territoire impliquent un effet «domino» en cas de difficultés économiques de certains. Entreprise ayant son siège sur le territoire 61% Unité de production pure 3% Siège hors de France, filiale intégrant des fonctions autres que la production 13% Siège en France filiale intégrant des fonctions autres que la production 23% UTILISATION Utilisation DE de PRESTATAIRES prestataires locaux LOCAUX Nombreux sous-traitants locaux stratégiques 39% Peu de soustraitants locaux et pour des fonctions non stratégiques 22% Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté Peu de soustraitants locaux mais pour des fonctions stratégiques 39%
Le foncier Globalement, l adaptation des locaux est moyenne, une proportion importante d entreprises travaille dans des locaux inadaptés ou ont peu de marge de manœuvre en cas de besoin d extension. A l inverse du Haut Bugey, la disponibilité de terrains n est pas mise en cause par les dirigeants. Plus d un dirigeant sur deux considère la compétitivité financière de l implantation de son établissement comme peu ou pas compétitive. Cette proportion est relativement élevée. La perception dépend fortement du niveau d ancrage territorial. Locaux adaptés - avec possibilité d'extension 48% Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté ADAPTATION DES LOCAUX Locaux inadaptés - sans possibilité d'extension 16% Locaux inadaptés - avec possibilité d'extension 10% Locaux adaptés - sans possibilité d'extension 26% L ancrage des entreprises est plus fort dans le Haut Bugey, en conséquence, une grande majorité de dirigeants a du mal à avoir un avis tranché sur la question car ils ne se comparent pas du tout à d autres zones. La réforme de la Taxe professionnelle est mentionnée comme un élément qui a permis de réduire la fiscalité. La localisation est souvent perçue compétitive ou au même niveau que le reste de la France mais trop couteuse par rapport à d autres pays. Par ailleurs, les dirigeants font le lien entre la pression fiscale et l offre de service des communes et communauté de communes, or celle-ci est plutôt mal jugée (cf. partie suivante de ce rapport). La relation avec les collectivités locales et les réseaux d affaires Ce n est pas spécifique à la Franche-Comté, beaucoup de dirigeants n ont pas le réflexe de se tourner vers les collectivités territoriales. De la même façon les élus et techniciens ne cherchent pas à «aller dans les entreprises», notamment celles de petite taille. Perception PERCEPTION de la DE compétitivité LA COMPÉTITIVITÉ FINANCIÈRE financière DE L IMPLANTATION de l implantation (COÛT DES LOCAUX + FISCALITÉ LOCALE) (coût des locaux + fiscalité locale) Franche-Comté 42% 58% Peu ou Pas competitif Competitif Haut-Bugey 21% 79% Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté, 100 entreprises du Haut Bugey Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté, 100 entreprises du Haut-Bugey
R A D A R P L A S T U R G I E Ainsi les relations sont qualifiées par près d un dirigeant sur deux comme une indifférence réciproque. Lorsque des échanges existent entre dirigeants et collectivités, on retrouve sur l échantillon d entreprises rencontrées (basées majoritairement dans le Jura), une forte proportion de mauvaises relations. Par rapport au Haut Bugey, où la même question a été posée à 100 dirigeants, les résultats sont significativement moins bons. Ainsi, aucun dirigeant n a considéré avoir de bonnes relations alors que c est le cas pour un quart des dirigeants du Haut Bugey. JUGEMENT DES DIRIGEANTS SUR LES RELATIONS AVEC LES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES (élus et techniciens) Jugement des dirigeants sur les relations avec les collectivités territoriales (élus et techniciens) 23% 39% Bonnes relations, constructives 18% Relation adéquate, sans plus Aucune relation 45% 57% Mauvaises relations 16% 2% Franche-Comté Haut-Bugey Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté, 100 entreprises du Haut-Bugey Parmi les dirigeants rencontrés, les trois quarts sont actifs dans un ou plusieurs réseaux d affaires. Pour 13% des établissements, ce sont même plusieurs cadres qui participent à des réseaux. Le niveau d implication des dirigeants est plus élevé que sur le bassin du Haut Bugey. Il est également nettement plus fort parmi les entreprises en développement. Les entreprises typées «à risque» sont plus isolées. Ainsi, un lien peut être établi entre appartenance à des réseaux d affaires et développement de l entreprise. 36 La Plasturgie en Franche Comté
PARTIE III : Analyse prospective FACTEURS CLEFS DANS LA COMPÉTI- TIVITÉ FUTURE DE LA PLASTURGIE FRANÇAISE A. L ACCÈS AUX MATIÈRES PREMIÈRES Depuis le début des années 2000, les plasturgistes subissent une hausse tendancielle du prix des matières plastiques couplée à une forte volatilité des prix. Or, le prix d une matière plastique est la résultante de deux composantes : - La matière première, il s agit en Europe principalement du pétrole. - La marge du producteur, qui dépend notamment de l équilibre entre l offre et la demande. De ces deux éléments, celui qui a le plus fort impact est le coût du pétrole. Ainsi, le cours du pétrole, qui était à peu près stable jusqu au début des années 2000, a fortement augmenté à partir de 2002/2003 et la même tendance a été observée sur les cours des polymères. A partir de 2008 et la forte chute des prix qui a suivi, la volatilité s est accrue. De plus, elle se généralise aux matières dites techniques, qui jusque-là étaient beaucoup plus stables. Qu en est-il de l équilibre entre l offre et la demande? Tandis que le marché asiatique est en phase de croissance, les marchés des polymères en Europe et aux Etats-Unis sont en phase de maturité avancée, voire de déclin sur certaines matières. Cela signifie que la demande ne croît plus ou de façon très modérée. Le pic de la demande a été atteint en 2007 avec 52,5 Millions de tonnes consommées par l industrie européenne de transformation des plastiques, or en 2010 nous étions encore 12% en dessous de ce chiffre. Face à cette situation, l industrie pétrochimique n investit plus ou très peu en Europe. Ainsi, aucun nouveau vapocraqueur n y a été construit depuis 1994. En conséquence, les installations européennes sont très vétustes, ce qui justifierait les nombreux cas de force majeure. Néanmoins, aucun des grands groupes pétrochimiques présents en Europe ne s est pour l instant désengagé complètement du continent, certainement en partie pour des raisons politiques mais aussi parce que le marché Européen reste rentable et celui qui verrait son concurrent partir le premier, pourra en tirer de gros bénéfices. En conséquence, l offre actuelle reste suffisante pour alimenter le marché local et l Europe reste même exportatrice nette de matières plastiques, avec un excédent de 0,6 à 0,9 Million de tonnes par mois (2010) 19. Même si l Europe reste une zone majeure dans la production de matières plastiques, elle a perdu en 2010 sa première place mondiale au détriment de la Chine. La très forte augmentation de la demande en provenance de l Asie à partir du début des années 2000 a engendré des importations massives de ces pays, notamment de pétrole et de matières plastiques expliquant en grande partie la hausse des prix. 19 : Source Eurostat La Plasturgie en Franche Comté 37
R A D A R P L A S T U R G I E L objectif de la Chine est de devenir moins dépendante de ces importations de matières, ainsi le pays produit de plus en plus de polymères et notamment de Polyéthylène, et même si la demande continue de croître dans le même temps, les importations chinoises ne devraient plus augmenter. Auparavant les bas coûts d'accès aux matières premières conduisaient les pétrochimistes américains à s'implanter massivement au Moyen-Orient. Aujourd hui, les pétrochimistes relocalisent sur le continent américain où ils ont accès sur place à une matière première en abondance et à bas coût avec le développement du gaz de schiste. Aujourd hui, 65% de l éthylène américain est produit à partir d éthane, ce n était que 5% en 2006! La donne est donc en train de changer et nous ne sommes qu au début de l effet «gaz de schiste». Comme déjà évoqué, la part de l Europe dans la production mondiale a déjà baissé et devrait continuer à décroître. Ainsi, l analyse des investissements annoncés ou relayés dans la Presse sur une période récente de 6 mois montre des investissements massifs en Asie, en Russie, au Moyen- Orient et en Amérique, tandis qu en Europe, très peu de projets sont annoncés. L argument déjà production (six derniers mois) évoqué de demande faible se conjugue à une moindre compétitivité de la production européenne. Ainsi, si les Etats-Unis produisent leurs matières plastiques principalement à base de gaz, l Europe reste dépendante du pétrole, qui est moins compétitif. Or, on constate depuis plusieurs années déjà un différentiel de prix entre une matière achetée en Europe et la même matière achetée en Chine ou même aux Etats Unis. Le fort développement de l offre de matières à la fois en Chine aux Etats-Unis peut laisser penser que le différentiel de prix défavorable au vieux continent aura plutôt tendance à s accroître. A terme, l Europe pourrait devenir importatrice nette de matières plastiques probablement en provenance du Moyen Orient pour le Sud de l Europe et de la Russie pour le Nord de l Europe. Cela suppose d anticiper sur les infrastructures d importation adaptées à ce nouveau contexte et notamment la reconversion des ports Français traditionnellement importateurs de pétrole. Le désavantage concurrentiel de l Europe en termes de coûts de main-d œuvre est souvent mis en avant, notamment vis-à-vis de la Chine. Dans l industrie plastique, où le coût matière représente une part importante du prix final, l accès à un ap- INVESTISSEMENTS ANNONCÉS EN CAPACITÉ DE PRODUCTION (six derniers mois) Amérique du Nord 3 Europe 3 Russie 3 2 2 2 1 0 1 0 1 0 Moyen Orient 3 Asie En millions de tonnes par an 3 2 1 0 Amérique du Sud Matières Premières 0 Monomères Polymères Standard Polymères d ingénierie / composites 3 2 1 2 1 0 Source: Allizé-Plasturgie, analyse des annonces presse de Sept-11 à Fev-12 Source : Allizé-Plasturgie, analyse des annonces presse de Sept-11 à Fév-12 38 La Plasturgie en Franche Comté
provisionnement compétitif peut être encore plus déterminant. Cette problématique a été étudiée à partir du cas concret d une entreprise du réseau d Allizé-Plasturgie qui a fabriqué le même produit dans une usine française et dans une usine chinoise en 2011. Aujourd hui, l écart de prix entre les deux continents correspond peu ou prou au coût de transport et de douane. Il n est donc généralement pas intéressant pour les plasturgistes européens d importer de la matière d Asie car il faut aussi prendre en compte les conditions d achat chinoise : le paiement avant livraison et un délai d approvisionnement de 6 à 8 semaines. Au problème de coût d accès aux matières premières, s ajoute la fiabilité des approvisionnements. Ainsi, dans un marché européen de faible demande, les fournisseurs de matières premières fabriqué en France et en Chine à partir d un cas concret COMPARAISON DE COÛT DE REVIENT D UN MÊME PRODUIT FABRIQUÉ EN FRANCE ET EN CHINE À PARTIR D UN CAS CONCRET Surcoût matières +0,33 Coût final 1,62 2,02 + 25 % Source : Entreprise membre d Allizé-Plasturgie Comparaison pour la même formule produit sur coûts 2011. Le coût final est avant frais commerciaux, frais généraux et profit de l entreprise. Les amortissements production sont inclus dans le coût de production. Taux de change 1 = 1,39 USD Le différentiel de prix d approvisionnement pour la même formulation de matière était très important puisque les coûts chinois étaient 21% moins élevés. Sur ce produit où la Valeur Ajoutée est très faible, le différentiel de coût matière est très préjudiciable pour la compétitivité du site français. En effet, le produit d origine chinoise, une fois transporté en France et les taxes d export/import payés, reste 40 centimes d Euros moins cher que le produit français. Si le coût des matières était au même niveau, la différence de prix ne serait plus que 7 centimes (cependant toujours en faveur de la Chine). ont tendance ces dernières années à réguler l offre par des arrêts de production, en invoquant des cas de forces majeures (en partie justifiées par la vétusté des installations). Les transformateurs courent donc le risque de voir leur approvisionnement soudainement arrêté et ce sans préavis. La question peut alors se poser de la pertinence de s approvisionner hors Europe. La Plasturgie en Franche Comté 39
R A D A R P L A S T U R G I E B. L ACCÈS À UNE MAIN-D ŒUVRE ADAPTÉE AUX BESOINS FUTURS L accès à une main-d œuvre quantitativement et qualitativement adaptée aux besoins des entreprises est un des enjeux majeurs de la filière. Les entreprises font déjà part de difficultés importantes de recrutement sur des profils qualifiés et notamment sur des profils possédant une formation spécifique à leur métier. Ainsi, la plasturgie, à l image d autres filières industrielles, doit s adapter et anticiper les évolutions en termes de fonctions et de compétences nécessaires pour son développement futur. Cela peut se fait en travaillant d une part sur la formation initiale pour des jeunes ou le contrat de professionnalisation pour des demandeurs d emploi, et d autre part sur l évolution des salariés en entreprises notamment par la formation continue. Des efforts sont réalisés en ce sens mais beaucoup de chemin reste à parcourir. L évolution des besoins en entreprises D une façon générale, on assiste depuis quelques années - et cette tendance va se poursuivre - à une élévation du niveau de qualification de la population salariée de la plasturgie à tous les niveaux : - La population ouvrière : L automatisation conduit à une réduction des besoins en main-d œuvre non-qualifiée. Les besoins qui subsistent en maind œuvre pour la production s orientent vers un certain niveau de technicité et de plus en plus de flexibilité, - L encadrement : l adaptation des entreprises à l environnement actuel nécessite le développement de certaines fonctions qui sont détaillées ciaprès. Les entreprises de la filière plasturgie ont et auront dans les années à venir des besoins croissants sur plusieurs familles de métiers : - Les fonctions liées à la qualité et à l amélioration des process de production. - Les fonctions d Hygiène/Sécurité/Environnement (HSE) et les fonctions en lien avec le développement durable, thématique de plus en plus présente de par la pression réglementaire et aussi la conscience environnementale croissante des marchés. - Les fonctions commerciales : Il est de plus en plus nécessaire d aller vers les clients. Etant donné les technologies souvent élaborées utilisées dans les produits, la vente nécessite dans la majorité des cas une véritable double compétence technique et commerciale. - Les fonctions de management : La capacité des équipes dirigeantes des entreprises à comprendre les marchés de leurs clients et à mettre en face l organisation interne la plus pertinente au niveau commercial, technique, humain et financier est déterminante dans la compétitivité future des entreprises dans un environnement mondialisé. - Les fonctions de conception et de R&D. La nécessité croissante de l innovation implique le développement des bureaux d études avec des techniciens capables de prendre aussi en compte l environnement du produit (services périphériques associés). L internationalisation des marchés pousse les entreprises de la filière vers une clientèle hors hexagone et parfois aussi à l implantation de sites de production à l étranger. Cet état de fait accroît les besoins en salariés maitrisant les langues étrangères à différents niveaux de fonctions. Il faut souligner que le caractère transversal de la majorité des compétences requises pour ces fonctions, signifie que les entreprises de plasturgie vont se retrouver de plus en plus en concurrence avec d autres filières de l industrie et même d autres secteurs pour attirer ces profils, posant ainsi la question de l attractivité de la filière. Enfin, il faut noter que les entreprises de plasturgie sont amenées, en partie à cause de difficultés de recrutement, mais surtout par manque de visibilité sur leur carnet de commande à avoir un recours régulier à l Intérim. La formation initiale Alors que le besoin des entreprises en profils qualifiés s accroît, l attractivité déjà faible des cursus de formations spécialisés sur le secteur a ten- 40 La Plasturgie en Franche Comté
dance à diminuer encore. De fait, le décalage entre l offre et la demande s accroît. Ainsi, il existe une problématique générale de manque d attractivité de la filière qui se traduit par un déficit d orientation des jeunes vers les formations plasturgie et un déficit d orientation des jeunes diplômés vers ce secteur. Ce manque d attractivité va même jusqu à des difficultés à conserver dans le secteur les salariés déjà actifs. Ce constat est lié à plusieurs facteurs : un manque de notoriété de cette industrie (historiquement moins implantée que la métallurgie), un déficit d image des métiers de l Industrie en général, une perception négative des plastiques parmi le grand public, des conditions de travail mal perçues et des niveaux de rémunération pas particulièrement attirants. Certains de ces éléments se trouvent exacerbés pour les petites entreprises, majoritaires dans la filière, qui offrent des perspectives de carrière moins intéressantes que de plus grosses structures industrielles. Les difficultés de recrutement les plus aigües se concentrent sur le profil particulier de monteursrégleurs. Or, ce métier représente souvent un élément charnière de l entreprise puisque sans eux, les machines ne peuvent pas tourner. Pour autant, les difficultés de recrutement déjà subies par les entreprises ne les poussent pas vers la solution pourtant intéressante de l alternance. Une étude publiée par l Observatoire de la plasturgie en 2011 indique que la part des salariés employés en contrat de professionnalisation ou d apprentissage ne représente que 1,4% de l effectif salarié de la branche. La formation continue Sur l aspect de la formation continue, les éléments constatés sur les entreprises de Franche-Comté en seconde partie représentent assez bien la situation nationale. Ainsi, les pratiques de formation continue dans les entreprises de plasturgie apparaissent sensiblement en retrait et notamment dans les entreprises de petite taille. Une partie des entreprises ont du mal à faire le lien entre formation et gestion des ressources humaines. De plus, l accès à la formation est inégalitaire et pénalise les salariés les moins qualifiés, ce qui représente un frein à la réactivité et à la qualité de production exigées tout au long de la chaîne de création de valeur. Par ailleurs, comme cela a déjà été évoqué, l alternance reste en pratique peu développée, pourtant elle est valorisée dans les discours des dirigeants. C.L ACCÈS AU FINANCEMENT En juin 2011, l Observatoire du financement des entreprises a publié un rapport sur le financement des PME/PMI et ETI en France. Les conclusions indiquaient que si les entreprises avaient fait face à un choc très brutal fin 2008/début 2009, avec une forte chute d activité et de rentabilité, elles sont parvenues à préserver à l issue de cette période de crise, leur situation financière. Ainsi le rapport précisait que «Les PME-PMI ainsi que les ETI ont préservé, malgré la crise, une situation en termes de bilan et de trésorerie tout à fait acceptable et même plus favorable que celle de la plupart de leurs concurrents européens». Cependant, il ne faut pas oublier que le nombre de défaillances a considérablement augmenté durant la crise, les entreprises analysées sont donc celles qui ont «survécu» à la période. Par ailleurs, il est à préciser que l Observatoire n inclut pas dans son analyse les entreprises de très petite taille. Pour autant, le rapport souligne que les entreprises ont plutôt adopté une stratégie d autonomie financière et le renforcement des structures bilancielles au cours de la dernière décennie et pose la question de savoir si cela traduit «une politique d investissement timide, voire d un insuffisant travail de rapprochement des PME-PMI en vue de former des ETI plus solides et mieux armées pour l export». Cette analyse des PME industrielles française se retrouve-t-elle au niveau des indicateurs de la plasturgie? La Plasturgie en Franche Comté 41
R A D A R P L A S T U R G I E Le nombre d entreprises de la plasturgie a globalement diminué entre 2000 et 2012 mais la santé financière s est renforcée. Ainsi la décennie a été marquée par des regroupements industriels et financiers. Le nombre d entreprises indépendantes a nettement régressé, passant de 35% à près de 21% en dix ans, même si la crise a infléchi cette tendance. La plasturgie connaît un nombre important de rachats, notamment par des groupes internationaux, qui s intéressent aux entreprises les plus performantes. Pour autant, ces mouvements n ont pas entamé la performance financière des plasturgistes. Globalement, les dernières années ont été mises à profit par les entreprises pour améliorer la structure des bilans de manière significative, notamment pas une baisse du besoin en fond de roulement liée à l amélioration des délais de règlement et par une baisse de taux d endettement. Les ratios d endettement présentés en première partie de ce rapport pour la plasturgie française montrent ainsi que les entreprises françaises sont très nettement moins endettées que leurs concurrentes européennes. L inquiétude liée à une politique d investissement timide, posée par l Observatoire du financement des entreprises au niveau de l industrie française, semble donc bien s appliquer au secteur de la plasturgie. Reste à comprendre s il s agit d un manque de volonté de la part des dirigeants ou à des freins plus structurels, ce qui est difficile à mesurer. Certains signes montrent que le marché des financements moyen terme fonctionne mal avec des phénomènes de rationnement du crédit. Ici, le critère le plus discriminant étant la qualité financière de l entreprise, et donc sa cotation. Beaucoup d entreprises souffrent de ne pas obtenir d accord de financement au regard de leur cotation, même si elles acceptent de payer un taux d intérêt plus élevé. Les crédits sont accordés aux entreprises les plus solides et réalisés à des taux bas avec des faibles marges, les banques préférant renoncer à distribuer un crédit plutôt qu à encaisser une prime de risque. Dans un rapport de 2009, le Conseil d Analyse Economique montre que plus que dans d autres pays, la croissance d une PME française aboutit à sa disparition. Cette disparition se traduit très souvent par sa perte d autonomie par absorption ou filialisation au sein d un groupe. La croissance de PME autonome est donc un enjeu crucial pour la création d emplois nouveaux. Dans leurs objectifs de croissance (nouveaux marchés, développement à l international, lancement de nouveaux produits, intégration de nouveaux métiers, ) toutes les PME ont à un moment ou un autre besoin d investir pour se développer ou innover et leurs ressources propres autofinancement et capacité de l actionnaire - s avèrent très souvent insuffisantes. C est à ce moment-là que se pose le problème de financement, principalement auprès des banques et des marchés financiers, qui sont beaucoup moins ouverts à leurs demandes qu à celles des entreprises de plus grande taille. Au-delà du débat sur le rôle des banques dans le développement de l économie et leur frilosité à l égard du financement des PME, le chef d entreprise se doit d intégrer cet état de fait et veiller à rechercher efficacement de nouvelles ressources de financement tout en conservant au maximum son autonomie. D. LES RELATIONS SOUS-TRAITANTS / DONNEURS D ORDRE En Europe, la France se caractérise par des relations particulièrement inégales entre donneurs d ordres et transformateurs. La Franche-Comté est particulièrement concernée par ce sujet car c est une région où sont implantés beaucoup de soustraitants plasturgistes. Cette problématique du rapport de force dans la filière n est pas nouvelle. Celle-ci est dominée, en amont, par les fournisseurs de matières et en aval par les donneurs d ordres. Cette situation génère des pressions sur l équilibre financier des transformateurs, en réduisant les marges et limitant ainsi les ressources et les moyens d actions pour le développement de l innovation. 42 La Plasturgie en Franche Comté
Les évolutions des relations de sous-traitance ont été les plus extrêmes dans le secteur de l automobile, on retrouve cependant ces tendances dans d autres marchés, notamment ceux qui ont des besoins en pièces techniques et aussi dans l emballage. Dans l automobile, les relations constructeur-équipementier ont évolué vers des partenariats où les équipementiers occupent une position stratégique dans le développement de l innovation. Par contre, ce type de relations se retrouve peu entre équipementiers (sous-traitants de premier rang) et les plasturgistes sous-traitants de second ou même de troisième rang, qui de fait ont perdu le contact avec les constructeurs. Les grands donneurs d ordres des sous-traitants plasturgistes exigent le respect de cahiers des charges lourds et complexes en faisant peser sur les fournisseurs de fortes contraintes réglementaires, de sécurité et de qualité. Ces cahiers des charges restreignent les possibilités d action des plasturgistes : - Les matières premières sont souvent imposées par le donneur d ordres, celui-ci peut même aller jusqu à choisir, négocier voire acheter la matière pour son sous-traitant. - Le plasturgiste a peu de marge de manœuvre dans la conception du produit, tout changement devant faire l objet de procédures d agrément très lourdes auprès du client. Dans le rapport de force très déséquilibré qui s est établi, les sous-traitants subissent de nombreuses mauvaises pratiques de la part des donneurs d ordres. Ces pratiques ont été recensées en 2010 dans le rapport Volot qui cite entre autres (liste non exhaustive) : d une commande sans indemnité ; - Incitation du sous-traitant à transférer tout ou partie de son activité à l étranger ; - Exploitation de brevet ou de savoir-faire sans l accord du sous-traitant, activités non-rémunérées (logiciels, études, savoir-faire) ; - Non-respect des délais de paiement. A l heure actuelle, la sous-traitance demeure une question cruciale et les différentes mesures pour assainir les rapports de force depuis les Etats généraux de l industrie (EGI) de 2010 ont eu un impact assez limité. Pour preuve la Commission d'examen des pratiques commerciales (CEPC) dénonce régulièrement dans ses avis la persistance de nombreuses pratiques abusives. En décembre 2010, le médiateur des relations interindustrielles et de la sous-traitance, Jean-Claude Volot concluait qu'il n'était pas nécessaire de légiférer contre les «36 mauvaises pratiques», à condition que les lois existantes soient appliquées. En effet, le dispositif juridique existant couvre en théorie la quasi-totalité des mauvaises pratiques signalées. Or, le Médiateur national de la sous-traitance règle les différends pour une solution amiable, sans avoir recours au contentieux juridique : le plus souvent la médiation est collective, la procédure étant alors anonyme. Quant au taux de succès de la médiation, il serait estimé à 85% selon les propres sources du médiateur. Ainsi, les mauvaises pratiques se poursuivent malgré la création de la médiation inter-entreprises et les améliorations permises par la Loi de modernisation de l économie de 2008 (LME), les délais de paiement continuent notamment à se dégrader. - Appel d offres avec des prix et des conditions irréalisables, modification du contrat sans réajustement de prix, baisse de prix imposée unilatéralement sur des programmes pluriannuels ; - Contrat de longue durée sans clause de révision des prix (notamment indexation sur le coût des matières premières mais aussi devises ou contraintes réglementaires) ; - Désengagement brutal du donneur d ordres, rapatriement brutal d activité sous-traitée, annulation La Plasturgie en Franche Comté 43
R A D A R P L A S T U R G I E LE PLASTIQUE DE DEMAIN, ZOOM SUR DEUX ENJEUX MAJEURS Le plastique est un matériau récent et nous ne sommes qu au début de son histoire. De par les fonctionnalités particulièrement nombreuses de ces matériaux, déjà évoquées en première partie de ce rapport, les polymères ont des perspectives de développement importantes. Un des facteurs qui semble le plus influant sur les évolutions de demain réside dans le développement durable qui se traduit par une recherche continue de l économie des ressources et aussi par la valorisation des déchets. Les plastiques jouent et vont jouer un rôle important dans ce domaine, voici quelques exemples donnés par PlasticsEurope dans son rapport «Plastics The Facts 2011» : - L utilisation de moins de matières plastiques dans les applications existantes. Aujourd hui, on utilise trois fois moins de matière pour fabriquer une bouteille en plastique qu il y a 40 ans ; - Le remplacement d autres matériaux dans de nouvelles applications. Une bouteille de vin en plastique ne pèse que 10% du poids d une bouteille faite dans un autre matériau ; - L allègement des véhicules, qui permet d économiser du carburant ; - La réduction du gaspillage alimentaire grâce aux emballages intelligents, l empreinte carbone de la viande étant 100 fois supérieure à l impact carbone de l emballage qui la protège et qui prolonge sa durée de conservation ; - Le développement des ressources renouvelables, que ce soit l énergie éolienne ou les panneaux solaires. Ainsi, le plastique de demain sera : - Encore plus économe en ressource et en énergie dans sa fabrication, sa phase d usage et sa fin de vie ; - Offrira plus de fonctions et sera plus «intelligent» ; - Contiendra plus de matières recyclées ; - Sera éco-conçu. Ces tendances de fond sont transversales et vont se retrouver dans les analyses marchés proposées dans la partie suivante de ce rapport. Nous proposons ici de souligner deux enjeux majeurs : le recyclage et les biomatériaux. A.LE RECYCLAGE L Europe possède une certaine avance dans ce domaine, même s il est difficile de se comparer car les statistiques mondiales sur la question se font rares. En Europe, les déchets post-consommation ont totalisé 24,7 Millions de tonnes en 2010, la quantité recyclée est en constante augmentation et a représenté 6 Millions de tonnes en 2010. La quantité de plastiques utilisée dans la valorisation énergétique (comme combustible) augmente également pour atteindre 8,3 Millions de tonnes. Au total, ce sont donc 14,3 Millions de tonnes de déchets qui ont été valorisés, soit 58% du volume total. Ces chiffres (source : PlasticsEurope) montrent à la fois une croissance significative de la valorisation et un potentiel de progression encore important puisque plus de 10 Millions de tonnes de déchets ont encore été enfouis en 2010. Ces chiffres cachent en fait de fortes disparités et la France, avec un taux de valorisation des déchets plastiques de 57,9% en 2010, se situe loin du peloton de tête, composé de 9 pays qui atteignent un taux de valorisation supérieur à 90%. Les pays leaders en ces domaines (l Allemagne, la Suisse, l Autriche, la Suède, le Danemark, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Norvège) ont tous mis en place des restrictions légales à la mise en décharge. Ainsi, en Allemagne, une interdiction de mise en décharge des produits encore valorisables a été mise en place. La France a donc un long chemin à parcourir à la fois sur l augmentation du taux de recyclage, l un des plus faible d Europe, et sur la valorisation énergétique, qui est performante comme complément au recyclage car elle produit de l énergie (l énergie produite est supérieure à l énergie consommée pour la combustion). Or, le taux de valorisation globale en France progresse lentement, à un rythme bien inférieur à la moyenne européenne. A l heure où le coût des matières plastiques vierges s accroît très fortement et où les questions de développement durable sont essentielles, la France se doit donc d améliorer la collecte (l extension des consignes de tri est d ailleurs en cours) et le traitement des déchets. Cela favorisera le développement d une filière de recyclage, dans laquelle les innovations sont nom- 44 La Plasturgie en Franche Comté
breuses, notamment dans les technologies de tri des matières et aussi dans la formulation de matières régénérées. Les acteurs européens du recyclage se trouvent en concurrence avec d autres pays. Il faudra donc travailler sur la qualité des produits pour se différentier et surtout veiller à conserver le traitement des déchets sur le continent. B.LES BIOMATÉRIAUX Selon la définition de l ADEME, les biomatériaux regroupent les matériaux à base de polymères biosourcés et les matériaux composites contenant des fibres naturelles. Beaucoup d attentes sont placées sur les bioplastiques pour réduire la dépendance envers les matières premières non renouvelables mais aussi pour contribuer à la protection de l environnement, répondre aux problèmes liés aux déchets des emballages et améliorer l image des plastiques. Notre continent est bien placé sur ce créneau porteur puisque selon Ceresana Research, avec près de 48% de la demande mondiale, l Europe aurait été la plus consommatrice de bioplastiques en 2010, suivie par l Amérique du Nord et l Asie-Pacifique. La demande mondiale en bioplastiques pourrait atteindre les 2,8 milliards de dollars d ici 2018 avec un taux de croissance annuelle de 17,8%. Cependant il faut relativiser ce chiffre car aujourd hui les bioplastiques ne représentent que 0,3% de la production mondiale de plastique. De plus, les parts de marché des régions pourraient basculer de manière significative au bénéfice de l Amérique à horizon 2018. Ainsi, selon l ADEME, «le développement a relativement peu progressé dans les dernières années en terme de capacités mondiales alors même que les résines biosourcées font l objet d une attention croissante». Même avec une croissance forte, la part des «bio» restera donc limitée sur les prochaines années. Pour autant, l émergence d une filière française sur ce secteur doit être favorisée pour se placer sur un marché d avenir qui reste une source potentielle de valeur ajoutée pour la plasturgie et aussi de créations d emplois. LES PERSPECTIVES SUR LES PRINCIPAUX MARCHÉS DES ENTREPRISES DE FRANCHE-COMTÉ L approche par les classifications de l INSEE (codes NAF) puis l étude RADAR ont permis d appréhender les marchés principaux des entreprises de plasturgie de la Franche-Comté : l automobile, l emballage (majoritairement pour l agro-alimentaire) et le médical/pharmaceutique. ANALYSE PROSPECTIVE DE L ACTIVITÉ PLASTURGIE DU BASSIN Niveau de tension du marché La taille de la sphère correspond au chiffre d affaires total du marché pour les entreprises Agro-alimentaire/ produits d entretien/vie courante - + Taux prévisionnel de croissance du marché Source : Radar, 31 entreprises de la Franche-Comté, La Plasturgie en Franche Comté 45
R A D A R P L A S T U R G I E Une analyse prospective est proposée ci-dessous en prenant en compte le taux de croissance prévisionnel de ces marchés (source Katalyse) et également le niveau de tensions externes subies par les entreprises (dont la maturité et l étroitesse du marché, la diminution des coûts, la répartition du risque dans le marché, etc.). Les marchés situés en haut à droite offrent les perspectives de développement les plus intéressantes à moyen terme (horizon 2015). On constate une grosse part de l activité sur des marchés matures, à taux de croissance modéré, dont le principal marché est l emballage agro-alimentaire. Ensuite, un positionnement s opère sur des marchés à fort potentiel, notamment le médical et l emballage pour la cosmétique tandis qu une part de l activité reste centrée sur la sous-traitance automobile, en déclin. Au global, la répartition semble plutôt équilibrée et montre à la fois que la plasturgie régionale n est pas fortement dépendante d un secteur et que les entreprises font preuve d une capacité de diversification en fonction des opportunités perçues pour leur développement. A.LE MARCHÉ DE L AUTOMOBILE : EN RECUL La conjoncture Lorsqu il s agit d analyse de l activité industrielle, le marché de l automobile est toujours au cœur des préoccupations et pour cause, il subit de fortes mutations. Pour le marché de l automobile et ses sous-traitants plasturgistes, la forte chute d activité de la période 2008/2009 a été suivie d une phase de reprise qui a duré plus longtemps qu attendu. Fortement soutenues par des politiques de «primes à la casse», 2010 et 2011 ont globalement été de bonnes années pour le secteur, même si les niveaux de 2007 n ont pas été retrouvés. Depuis l automne 2011, l activité s est très nettement ralentie et continue de se rétracter sur le premier semestre 2012. Ces évolutions de conjoncture sont la conséquence de mécanismes structurels durables. En effet, le marché de l automobile européen est dans une phase de maturité avancée avec une demande faible. Au niveau mondial par contre, le marché croît, porté par l Asie et d autres zones émergentes. Ainsi, IHS Global Insight prévoit en 2012 le chiffre record de 78 millions de véhicules vendus au niveau mondial, soit une croissance de 4% portée par la Chine (+8.7%), le redressement du Japon (+26%) et l Amérique du Nord (+5,3%). Evolution EVOLUTION annuelle ANNUELLE de DE L ACTIVITÉ l activité SUR sur LE MARCHÉ le marché DE L AUTOMOBILE de l automobile Hausse hausse ou baisse déclarée par les dirigeants par les dirigeants de leur activité de leur par activité rapport par au rapport même au mois même de mois l année de précédente l année précédente 60% 70% 49% 36% 42% 39% 33% 33% 31% 30% 36% 29% 37% 27% 36% 23% 37% 22% 38% 22% 36% 20% 35% 23% 36% Hausse Stabilité Baisse 24% 17% 12% 19% 35% 16% 22% 28% 36% 34% 34% 37% 40% 41% 42% 45% 41% Avr. 11 Mai 11 Juin 11 Août 11 Sept. 11 Oct. 11 Nov. 11 Déc. 11 Janv. 12 Fév. 12 Mars 12 Avr. 12 Mai 12 Juin 12 Source: Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie Source : Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie 46 La Plasturgie en Franche Comté
Dans le même temps, la prévision est d une contraction de la demande en véhicules légers de 5,2% en Europe qui atteindrait - Europe de l Est inclue - 14,5 millions d unités. Les perspectives du marché automobile européen à moyen terme ne sont effectivement pas très engageantes de par la conjonction de plusieurs facteurs : - La situation économique qui entraîne les pays vers des mesures d austérité et oriente le pouvoir d achat des consommateurs à la baisse; - Autre conséquence du contexte économique, l accès au crédit des consommateurs est plus restreint ; - Le marché européen est très mature. Avant la crise de 2008/2009, le marché était déjà stagnant et fluctuait entre 16 et 17 millions de véhicules vendus par an (rapport CARS 21 d après Global Insight) ; - A partir de 2009, les gouvernements européens ont fortement soutenu la demande pour protéger l industrie (avec un certain succès) entrainant un renouvellement significatif du parc automobile. Dans le rapport rédigé par le groupe CARS 21 pour la commission européenne, il est souligné que l industrie automobile en Europe reste un secteur majeur de l économie (contributeur positif de 90 Milliards à la balance commercial en 2011). Il y est souligné que les sous-traitants de rang 2 et plus sont ceux qui ont été les plus touchés par le recul d activité de 2008/2009 et qui ont enregistré la majorité des réductions d effectifs. Il est également rappelé que la crise a entraîné un net recul de la production en volume mais pas des capacités, d où une situation de surcapacité de production. Au vu de ces éléments, le groupe CARS 21 conclut notamment qu il semble vital pour les constructeurs européens de fortement miser sur les pays en voie de développement. La zone de la Chine a été très profitable pour l Europe ces dernières années en permettant des ventes de véhicules haut de gamme avec des marges confortables. Un potentiel important réside désormais dans d autres pays tels que le Brésil, la Russie, l Inde et certains pays asiatiques. Il est intéressant de noter à ce titre que les équipementiers français ont réalisés de bons résultats en 2011 avec un Chiffre d Affaires en hausse de 4,3%, dont plus de la moitié est réalisé par des exportations, qui sont en hausse de 5,5%. Les grandes tendances Certes, les perspectives du marché européen en volume sont limitées par la faible demande. Cependant, des opportunités existent. Tout d abord, comme cela a déjà été évoqué, il convient de développer l exportation vers des marchés plus porteurs. Ensuite, les entreprises doivent tenter de se positionner pour profiter des mutations en cours sur la conception et la composition des véhicules en eux-mêmes. Ainsi, des tendances lourdes sont en train de changer profondément les véhicules. Elles proviennent à la fois d un changement de la demande des consommateurs et aussi de réglementations mises en place aux niveaux nationaux et européen. L allègement des véhicules est une des préoccupations majeures car la consommation est un argument de vente clef et parce que dès 2015 les véhicules devront ne pas rejeter plus de 130 grammes de CO2 au kilomètre, chiffre qui tombera à 95 grammes en 2020. Or, les préoccupations sécuritaires ont largement contribué à alourdir les véhicules au cours des dernières décennies, les marges de progression sont donc fortes. C est pourquoi, les constructeurs visent un allègement d au moins 200 kg par véhicule. Dans cette course à l allègement, les matériaux plastiques et notamment les matériaux composites jouent un rôle prépondérant. Ces matériaux apportent également des bénéfices, par exemple en évitant la corrosion et en étant de faibles conducteurs thermiques. Ainsi, les matériaux plastiques se substituent de plus en plus aux métaux même sur des pièces structurantes, en voici quelques exemples sur les derniers mois : armatures de sièges (Performance Seat de Faurecia), chassis (Inrekor), planchers de La Plasturgie en Franche Comté 47
R A D A R P L A S T U R G I E coffre (Plastic Omnium), tuyaux d alimentation en carburant (TI Automotive), contenants de batteries électriques (Rehau). Signe de l importance stratégique des matériaux composites, BMW s est associé dès avril 2010 au spécialiste européen des plastiques à renfort de fibre de carbone, SGL Carbon. La BMW i3, dont la commercialisation est prévue pour 2013, est ainsi composée d un plancher en aluminium et d un habitacle en composite. La recherche du poids minimal se traduit aussi par une refonte complète de l architecture voiture en essayant de donner plusieurs fonctions à la même pièce afin d en réduire le nombre. Les intérieurs de voiture risquent ainsi de considérablement évoluer, d autant que les consommateurs recherchent un maximum d espace dans une voiture de petite ou moyenne taille. Enfin le marché de la voiture électrique, encore confidentiel, serait appelé à croître à un rythme de 80% par an jusqu à 2017. Selon Frost & Sullivan, les plastiques sont appelés à prendre une place prépondérante sur ce segment pour la simple raison que le poids de la batterie doit impérativement être compensée par un allégement maximal. Le cabinet prévoit que le marché des plastiques appliqués à l industrie des véhicules électriques passera de 0,5 million de dollars en 2010 à 73 millions d ici 2017. Enfin, sous l influence des consommateurs et encore plus de la réglementation, l utilisation de matériaux dits verts, va se développer : recyclés, chargés en fibres naturels (chanvre, lin par exemple) ou biomatériaux. Les lois européennes sur le recyclage en fin de vie obligent les constructeurs à intégrer en amont de la conception des pièces et des véhicules, la recyclabilité et donc à terme à appliquer une démarche d écoconception. B. LE MARCHÉ DE L EMBALLAGE AGRO-ALI- MENTAIRE EN CROISSANCE MODÉRÉE La conjoncture Le marché de l emballage agro-alimentaire a été l un des premiers touchés par le retournement de conjoncture à l automne 2011. Le rythme de baisse d activité a été très marqué puis s est ralenti sur les derniers mois. Il faut souligner que les entreprises semblent faire face à des situations très hétérogènes, certaines sont en situation d évolution favorable et d autres sont en difficulté. Au niveau mondial, le marché de l emballage est en très forte progression, poussé par la demande des pays en développement avec une large popu- Evolution EVOLUTION annuelle ANNUELLE de DE l activité L ACTIVITÉ sur SUR LE le MARCHÉ marché DE de L EMBALLAGE l emballage AGRO-ALIMENTAIRE agro-alimentaire hausse Hausse ou ou baisse baisse déclarée déclarée par par les les dirigeants dirigeants de de leur leur activité activité par par rapport rapport au au même même mois mois de de l année l année précédente précédente 39% 39% 50% 32% 35% 41% 38% 46% 30% 25% 32% 26% 44% 28% 30% 35% 29% 33% 15% 55% 26% 43% 33% 38% 24% 44% 5% 50% Hausse Stabilité Baisse 21% 18% 24% 17% 45% 42% 28% 35% 38% 30% 30% 29% 32% 45% Avr. 11 Mai 11 Juin 11 Août 11 Sept. 11 Oct. 11 Nov. 11 Déc. 11 Janv. 12 Fév. 12 Mars 12 Avr. 12 Mai 12 Juin 12 Source: Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie Source : Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie 48 La Plasturgie en Franche Comté
ESTIMATION DES RATIOS MOYENS DE VALEUR AJOUTÉE/CHIFFRE D AFFAIRES Estimation des ratios moyens de Valeur Ajoutée/Chiffre d Affaires Moyenne de la plasturgie 34,0% Demi-produits Emballages Construction 29,0% 33,0% 31,6% Pièces Techniques Produits de grande consommation 34,0% 38,0% Source Source: : Fédération Fédération de la Plasturgie de la selon PREFACETM selon Expert, PREFACETM année 2010Expert, année 2010 lation, tels que la Chine, le Brésil, la Russie et l Inde. Le marché européen connaît lui une croissance modérée mais significative. Selon PIRA International le marché européen de l emballage agro-alimentaire a augmenté de 1,5% par an entre 2005 et 2010 et devrait continuer de croître à un rythme de 1,9% annuel jusqu en 2015. Les emballages plastiques bénéficieraient du taux de croissance prévisionnel le plus élevé, il serait par exemple, selon PIRA International, de +3,7% pour les emballages plastiques rigides entre 2011 et 2015. Les grandes tendances du marché Le marché de l emballage se caractérise par une faible valeur ajoutée. Ainsi, le ratio de VA/CA HT est un des plus bas de la plasturgie pour les entreprises qui agissent sur ce marché sur cette catégorie d entreprises. De plus la petite valeur unitaire des produits exacerbe la concurrence internationale sur certains produits, tandis que pour d autres au contraire le coût de transport implique une production locale. Ce secteur est en recherche constante d innovations de par la forte concurrence qui s y exerce entre le plastique et les autres matériaux comme le verre, le carton, ou le métal et aussi entre différents matériaux plastiques. De plus, l emballage est un levier marketing puissant sur lequel les industriels de l agro-alimentaire essaient de jouer au maximum pour gagner des parts de marché. L emballage était autrefois perçu comme un élément obligatoire, un coût nécessaire et inévitable, ajouté à la toute fin du processus de conception d un nouveau produit. Il est aujourd hui un levier marketing fondamental, pensé de plus en plus en amont de la création de produit. L Observatoire de l emballage dans son édition 2011, concluait à partir d une étude auprès d un panel d acheteurs que les principaux axes d innovations dans l emballage alimentaire hors liquide pour la période 2012-2014 seraient, par ordre d importance : - La recyclabilité, l emploi de matières recyclées ; - L ergonomie, la praticité, la facilité d usage ; - Les fonctions de conservation du produit ; - La suppression du suremballage ; - L utilisation de nouveaux matériaux. Dans la même étude cependant, les acheteurs d emballage considèrent que le principal facteur de l innovation reste la réduction des coûts. Viennent ensuite le recyclage des matériaux, la réduction à la source des emballages (démarche d écoconception), les réglementations et la norma- La Plasturgie en Franche Comté 49
R A D A R P L A S T U R G I E lisation et le développement durable (aspects sociaux, environnementaux, RSE). En résumé, trois moteurs entraineraient la recherche d innovations dans l emballage : - La réduction des coûts de production ; - La pression réglementaire ; - Le développement durable dont la démarche d écoconception fait partie. Une analyse des tendances relevées à partir des publications de spécialistes permet d aller plus loin dans la vision des évolutions de marché. De l analyse de veille Internet, basée sur les publications du secteur des derniers mois, nous identifions les tendances suivantes dans le comportement des consommateurs finaux comme moteurs des innovations du secteur : - La recherche de la sécurité alimentaire Cette exigence grandissante se traduit d abord par un cadre réglementaire de plus en plus contraignant. Les plasturgistes de ce secteur se doivent d être en veille attentive sur ces sujets afin de faire évoluer leur production en conformité avec la législation. Cette préoccupation signifie aussi que des innovations vont apparaître dans le secteur des méthodes de test pour être capable de détecter de façon précise et rapide des niveaux toujours plus faibles de migrations de produits chimiques dans les aliments. Par ailleurs, les emballages dits «intelligents» s inscrivent aussi dans cette thématique avec le développement de produits capable de détecter le moment où un aliment devient impropre à la consommation. - Une conscience environnementale accrue Cette tendance de fond a déjà impacté fortement l industrie agro-alimentaire, où la plupart des grandes marques communiquent sur la réduction de l impact environnemental de leurs produits et donc de leurs emballages. Cela se traduit en premier lieu par une part de marché du plastique dans les emballages qui continue d augmenter en apportant les avantages de légèreté et de recyclabilité. Ainsi en 2011, les hypermarchés Leclerc ont annoncé le remplacement de tous les emballages en verre de leur marque distributeur «Repères» par du plastique. Autre exemple, les bouteilles de bière en verre sont peu à peu remplacées dans certains pays par la même forme de bouteille mais en plastique, de même que certains vins de courte conservation. Une autre conséquence de la tendance vers le développement durable réside dans la recherche d innovations dans la conservation des aliments, qui permet de réduire le gaspillage et donc l impact environnemental. Un des axes de développement en ce sens concerne la multiplication des produits multi-couches et des additifs qui offrent des propriétés barrières Ensuite, les fabricants continueront de travailler sur la réduction des emballages et sur leur poids, afin de réduire leur impact environnemental mais aussi pour réduire les coûts de production, ce qui reste comme cela a déjà été évoqué, une motivation majeure à l innovation. C est d ailleurs pour cette raison que la recherche de réduction des emballages a déjà été largement engagée. Coca Cola a réduit le poids de sa bouteille plastique PET 50cl de 20% en 10 ans. Nestlé déclare par ailleurs avoir économisé 557 000 tonnes de matériaux d emballages entre 1991 et 2011. Enfin, au sein des emballages plastiques, l évolution se fera vers une utilisation accrue des matériaux biosourcés, recyclés et dans une moindre mesure biodégradables. Les marques travailleront par ailleurs à l augmentation de la recyclabilité des produits en essayant d agir à tous les niveaux de la filière du recyclage. Ainsi, le développement, la production et le recyclage de matières deviennent éminemment stratégiques pour les grandes marques de l agroalimentaire, c est pourquoi elles vont s impliquer à tous les niveaux de la filière, en intégrant encore plus souvent certaines fonctions amont (développement et production de matières) et aval (recyclage) et en multipliant les partenariats. Ainsi, en mai 2012, l embouteilleur des eaux de source Cristaline a lancé en France la production de sa deuxième ligne dédiée à la fabrication de 50 La Plasturgie en Franche Comté
granulés en PET recyclé de qualité alimentaire, destinés à entrer dans la composition de ses bouteilles d eau. En Grande Bretagne, pour atteindre son objectif annoncé d utiliser 25% de PET recyclé dans ses bouteilles avant fin 2012, Coca Cola Entreprises s est uni avec ECO Plastics à travers une jointventure pour construire un site de recyclage du PET et d autres polymères dans le Lincolnshire. L objectif est de produire 75 000 tonnes par an, soit doubler la capacité de production en PET recyclé du pays. Cette exemple montre l enjeu pour l industrie de sécuriser un approvisionnement suffisant en matières recyclées, sur un plan quantitatif mais aussi qualitatif. Aux sous-traitants d emballages de se positionner aussi dans ces partenariats avec les producteurs, les recycleurs et les marques de l agro-alimentaire, s ils veulent jouer un rôle dans les innovations en ce domaine. Cependant, se pose la question de la taille critique. Procter & Gamble par exemple cherche à développer des partenariats avec des fournisseurs d emballages qui ont une couverture mondiale. - L évolution des modes de consommation Le développement du snacking et des modes de consommation nomades vont continuer d influer sur le secteur, de même que le souhait de pouvoir présenter et consommer certains produits directement dans l emballage (plateaux apéritifs, plans préparés, etc.) et la demande en emballages présentés en portions. En partie en lien avec la tendance nomade et du «prêt-à-consommer», un format se développe rapidement et continue à prendre des parts de marchés : il s agit des gourdes (souvent appelés «pouches» ou «doypacks» selon les termes anglais). En fait, la part des plastiques souples augmente au détriment des plastiques rigides puisqu ils permettent aussi de Le YES Pack de Kraft, sorti début 2012 aux Etats Unis pour le marché de la restauration, permettrait de réduire de 60% l utilisation de matières plastiques, de 70% les émissions de CO2, tout en permettant d extraire facilement 99% de son contenu réduire le poids de l emballage et son impact environnemental à différents niveaux (pour autant les plastiques rigides se développent fortement en se substituant au verre et au métal sur les produits liquides). Une autre évolution importante en cours est celle de l interactivité entre le produit et le consommateur, avec les QR codes et la réalité augmentée mais aussi à travers la sollicitation de plus en plus de sens : le toucher (matières douces, rugueuses, froides, ) et l odorat. Enfin, la population en Europe est vieillissante, les emballages vont devoir s adapter à cette réalité en travaillant notamment sur la facilité d ouverture et la lisibilité des informations. C. LE MARCHÉ DU MÉDICAL : EN CROISSANCE La conjoncture Le secteur de la plasturgie appliqué au marché du médical est un marché jeune, en forte croissance depuis plusieurs années. Il s agit là d une tendance de fond même si le rythme de croissance semble se ralentir. En effet, ce secteur, qui avait été très peu touché lors de la crise de 2008/2009, se trouve impacté par le ralentissement actuel de l activité. Ainsi, à partir d octobre 2011, une part inhabituellement importante d industriels a constaté une baisse d activité. Cependant au global, même si le rythme est moins rapide, la tendance au développement de ce marché se poursuit et va continuer à se poursuivre. En effet, plusieurs facteurs de fond soutiennent cette croissance, ils sont liés aux fonctionnalités même des matériaux plastiques qui apportent des solutions nouvelles au secteur médical et dont les potentiels d application sont loin d être épuisés. Le secteur pharmaceutique est par ailleurs lui-même en croissance, selon Euromed, le marché européen de l industrie des technologies médicales progresse à un rythme de +5% annuel. La Plasturgie en Franche Comté 51
R A D A R P L A S T U R G I E Evolution EVOLUTION annuelle ANNUELLE de DE l activité L ACTIVITÉ SUR sur LE MARCHÉ le marché DU MÉDICAL du médical Hausse ou ou baisse vaisse déclarée par les par dirigeants les dirigeants de leur de activité leur activité par rapport par rapport au même au mois même de mois l année de l année précédente précédente 50% 53% 50% 51% 47% 31% 21% 17% 26% 19% 18% 29% 22% 29% Hausse 49% 52% 61% 52% 54% 51% 47% 46% 40% Stabilité Baisse 41% 33% 38% 44% 41% 9% 13% 12% 5% 12% 21% 28% 22% 23% 27% 31% 24% 32% 31% Avr. 11 Mai 11 Juin 11 Août 11 Sept. 11 Oct. 11 Nov. 11 Déc. 11 Janv. 12 Fév. 12 Mars 12 Avr. 12 Mai 12 Juin 12 Source: Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie Source : Observatoire Economique d Allizé-Plasturgie Le marché mondial est dominé par les Etats Unis, le Japon et l Allemagne, la France occupe une position de challenger, sa balance commerciale reste négative. La France a cependant une position intéressante sur certains segments de marché. Selon l étude PIPAME, Prospective sur les dispositifs médicaux : diagnostic et potentialités de développement de la filière, «Le secteur des dispositifs médicaux en France bénéficie d un savoir-faire industriel dans le domaine des implants (prothèses), de l aide technique, des systèmes de chirurgie mini-invasive, du diagnostic in vitro et d un savoir-faire académique et émergent au sein de jeunes PME en diagnostic par imagerie et cardiologie.» Les grandes tendances du marché L industrie médicale est un marché en croissance sur l effet de tendances durables : - Le glissement démographique avec une population vieillissante dans les pays développés. - La demande accrue de soins, de dispositifs médicaux et de services rattachés ; - L accroissement des maladies liées au mode de vie (conditions liées au poids, diabète de type 2, les crises cardiaques, etc.) ; - L accélération de l accès aux soins par le développement économique des pays émergents ; - Dans les pays développés, développement des dispositifs médicaux de diagnostics (technologies d'imagerie par exemple) et des technologies peu invasives ; - Une conscience sécuritaire accrue qui favorise le jetable et la stérilisation. Le plastique représente le composant le plus utilisé par l industrie médicale. De par les fonctionnalités offertes par ce matériau, les concepteurs de produits le choisissent de plus en plus au détriment de matériaux plus traditionnels comme le métal : - Un coût de production faible qui permet l usage unique ; - Une flexibilité dans les formes et les couleurs qui permettent de créer des dispositifs aux formes complexes ainsi que le sur-mesure ; - La transparence et l opacité ; - L alliance de la légèreté, de la souplesse ou de la rigidité avec une grande résistance ; - Une bonne stabilité dans le temps et une résistance aux usages intensifs qui apportent de la sécurité ; - La possibilité d être stérilisé ; - La biocompatibilité ; - La biodégradabilité ; - La recyclabilité ; - La résistance chimique. 52 La Plasturgie en Franche Comté
L utilisation grandissante de plastiques dans le médical se fait à différents niveaux, de produits relativement «simples» (boîtes de pétri, compte-gouttes, seringues, ) à des produits ultra sophistiqués comme les implants et prothèses. A cela s ajoute le segment de l emballage pharmaceutique et médical. Selon GIA, les plus fortes croissances pour le plastique sont à attendre dans les Dispositifs Médicaux avant l emballage. Parmi les applications du plastique dans la conception de produits médicaux innovants, on peut lister (liste issue de l étude Eurasanté) : - Les équipements médico-hospitaliers réutilisables (dispositifs de monitoring, système de stérilisation, ) - Les dispositifs médicaux à usage unique (seringues, gants, etc.) - Les emballages médicaux (emballages et contenants de spécialités pharmaceutiques et emballages de dispositifs médicaux) - Les dispositifs d orthopédie externes (attelle, gouttière, corset, plâtre, ) - Les pansements et dispositifs transdermiques (patchs diffusant un médicament, chauffants ou refroidissants, pansements agissant en combinaison avec des cellules humaines afin de renforcer le processus de cicatrisation, etc.) - Les lentilles et lunettes ; - Les implants non actifs orthopédiques (hanches, épaules, genoux, chevilles, ) en gastro-entérologie (anneaux gastriques, traitement du reflux gastrique) en ophtalmologie (implants intraoculaires) cardiovasculaires (prothèses vasculaires) en gynécologie (contraception hormonale) - Les implants actifs (organes artificiels) Le secteur du médical utilise seulement 2% des volumes de matières plastiques mais représente 7% du chiffres d affaires de la plasturgie. Si les entreprises de plasturgie sont nombreuses à avoir perçu le potentiel de développement de ce marché, les barrières à l entrée font qu elles ne sont que quelques-unes à parvenir à se positionner sur ce secteur à forte Valeur Ajoutée. En effet, l investissement de départ est important sur le plan des ressources humaines, du matériel technique, des études cliniques et de la qualité (salles blanches et aspects réglementaires). La mise sur le marché de produits de santé est particulièrement encadrée. Pour les implants, les normes sont bien évidemment très élevées tant en terme de conditions de fabrication, que de traçabilité et de biocompatibilité du dispositif. Allant du consommable le plus banal (pansement, seringue) à l équipement de très haute technologie (IRM, implants chirurgicaux), les Dispositifs Médicaux constituent un ensemble hétérogène de produits tant au niveau de leurs spécificités et utilisations qu au niveau des technologies mises en œuvre. Du fait du dynamisme de l innovation ce secteur se caractérise par des très grandes avancées technologiques ainsi que par une obsolescence rapide des produits, ce qui crée une forte pression sur les entreprises Pour pénétrer ce secteur, la Franche-Comté a des atouts comme le savoir-faire dans le domaine des micro-technologies (qui peuvent trouver des applications variées par exemple dans les techniques de diagnostic peu invasives) ainsi qu un tissu d entreprises ayant déjà mis en place des démarches qualité sur d autres marchés (automobile et emballage agro-alimentaire) et qui sont en partie transférables dans le médical. La Plasturgie en Franche Comté 53
R A D A R P L A S T U R G I E ANALYSE SWOT DE LA PLASTURGIE FRANC-COMTOISE Une approche par analyse SWOT (Forces/Faiblesses/Opportunités/Menaces) permet de synthétiser l ensemble des éléments abordés dans ce rapport. (N) : dimension constatée au niveau national (FC) : dimension spécifique à la Franche-Comté FORCES FAIBLESSES - Région industrielle avec un fort poids de la plasturgie (FC) - Position forte sur certains segments de marché : automobile, micro-technologie, emballage, (FC) - Savoir-faire des salariés, des compétences techniques fortes dans les entreprises (FC) - Filière tournée vers l International et vers l export (FC) - Taux de Valeur Ajoutée supérieure à la moyenne nationale (FC) - Flexibilité d un tissu d entreprises de petites tailles (N) - Autonomie financière (faible niveau d endettement des entreprises) (N) - Relative bonne santé financière (N) - Présence d un vivier d entreprises innovantes (FC) - Richesse du réseau local de sous-traitants (FC) - Présence d organisations pour soutenir le développement des entreprises : organisation professionnelle, pôle de compétitivité, centre de formation, etc. (FC) - Filière répartie sur une diversité de marchés, pas de dépendance forte à un secteur (FC) - Déficit croissant de jeunes, diplômés localement en plasturgie (FC) - Peu de structuration des Ressources Humaines (N/FC) - Faible niveau d investissement des entreprises (N) - Vieillissement relatif de l outil de production (FC) - Manque d intégration de la filière (partenariats transformateurs/moulistes/ fabricants machines/ producteur matières, etc.) (N) - Manque d approche collaborative des entreprises (se regrouper vis-à-vis des donneurs d ordres, à l international, etc.) (N) - Pas assez d économies d échelles à cause de la petite taille des entreprises, manque d entreprises avec un effectif >250 salariés (N) - Déficit de vision stratégique pour l entreprise, déclinée en plan d actions commercial (une partie des entreprises seulement) (N/FC) - Manque de capacité à transformer l innovation en succès commercial (N) - Peu de liens universités/centres de R&D/ entreprises (N) - Retard dans les outils de gestion (FC) - Peu de relations entreprises/collectivités locales et plutôt mauvaises (FC) 54 La Plasturgie en Franche Comté
OPPORTUNITES MENACES - Le plastique est plus que les autres matériaux au cœur des industries de demain : recyclage, santé, emballages intelligents, plastronique, aéronautique, etc. (N) - De nouveaux produits en Europe liés au vieillissement de la population (lunetterie, médical, emballage, etc.) (N) - Croissance de la demande des pays émergents quantitativement et aussi qualitativement (export) (N) - Contexte économique instable qui crée aussi des opportunités (N) - Position géographique : proximité de la Suisse, de l Allemagne et du Haut Bugey (FC) - Dynamique de relocalisation partielle sur certains marchés (liée à la hausse des coûts de transport, aux préoccupations sécuritaires et à la recherche de réactivité) (N) - Arrivée sur le marché du travail de la Génération Y qui cherche flexibilité, peu de hiérarchie et l international (potentiel pour les PME innovantes qui sauront adapter leurs RH) (N) - Contexte économique européen : demande terne et risque d aggravation forte sur certains pays (N) - Disponibilité d une main-d œuvre adaptée aux besoins des entreprises (N) - Manque d attractivité de la filière / Image des plastiques et de la plasturgie (N) - Accès instable et non compétitif aux matières premières, volatilité des prix (N) - Les contraintes règlementaires sur certains marchés, de plus en plus stricts et qui évoluent rapidement (N) - Le poids de l amont et de l aval qui réduit les marges de manœuvre des entreprises (N) - Cadre légal des procédures de transmission/reprises des entreprises (N) - Concurrence internationale sur le coût de la maind œuvre (N) - Rigidité du droit du travail (N) - Faible attractivité du territoire, zone excentrée des grands axes d échanges nationaux et européens (FC) - Accès restreint au financement (N) La Plasturgie en Franche Comté 55
R A D A R P L A S T U R G I E CONCLUSION & PERSPECTIVES La vision d Allizé-Plasturgie Franche Comté La plasturgie est au cœur des innovations industrielles d aujourd hui et de demain, c est une chance à saisir pour les entreprises pour peu qu elles arrivent à mettre en place, individuellement et collectivement, une stratégie suffisamment performante. En effet, les perspectives sur le front des matières premières, le coût de la main-d œuvre dans un contexte mondialisé et les conclusions de cette étude «radar» montrent que seule une démarche de progression en valeur ajoutée via l innovation, les échanges et partenariats, l écoute du marché, l agressivité commerciale et la communication, et la performance globale du site industriel, permettra d accéder à la compétitivité. Cette quête de la valeur ajoutée ne pourra se faire qu en adéquation avec la valeur humaine, or voici un enjeu majeur pour la profession dans lequel les entreprises et l organisation professionnelle ont un rôle majeur à jouer : développer l attractivité des métiers de la plasturgie au niveau des jeunes en recherche de formation initiale et des demandeurs d emploi via des contrats de professionnalisation, mais aussi accompagner le développement des salariés vers les compétences de demain en travaillant sur l axe ressources humaines. C est donc la mission d Allizé-Plasturgie Franche- Comté : 1. De travailler à une attractivité de la filière, pour créer les conditions d une arrivée de «richesses humaines» nouvelles et motivées, à même de faciliter un saut qualitatif et quantitatif dans les entreprises, 2. De réfléchir à un aménagement de la stratégie de filière plasturgie en Franche-Comté, en tenant compte des évolutions des marchés et de la conjoncture, et des enseignements du suivi de la précédente stratégie de filière, puis de la faire adopter par les entreprises et de la mettre en œuvre, 3. d aider les entreprises de la filière régionale à accéder, directement ou indirectement, aux marchés à valeur ajoutée, par la mise en œuvre d actions d accompagnements répondant à la fois à la stratégie de filière et aux conclusions du présent rapport «radar». Concernant l attractivité de la filière : Allizé-Plasturgie Franche-Comté a défini une feuille de route et un plan d action «Attractivité de la plasturgie en Franche-Comté 2012 2015», plan d action qui fait l objet d une demande de cofinancement auprès de l Etat et du Conseil Régional de Franche-Comté. Ce vaste plan de promotion des métiers et carrières en plasturgie, à destination des jeunes, des demandeurs d emploi, des prescripteurs de ces publics et du grand public, devrait permettre de drainer un flux supplémentaire de futurs salariés de la plasturgie, à même d aider au développement des entreprises. Concernant la stratégie de filière : Comme déjà évoqué, il ne s agit pas d imaginer la création d une typologie d entreprise idéale, ou de faire tendre toutes les entreprises vers le même modèle. Il s agit plutôt de renforcer une dynamique de filière, touchant l ensemble des typologies d entreprises, afin que chaque entreprise soit la meilleure possible «à sa place» dans un schéma de filière, c'est-à-dire en fonction de la position qu elle souhaite occuper (volonté du dirigeant), qu elle peut occuper (moyens techniques et humains) et qu elle a les moyens d occuper (moyens financiers). Une filière régionale performante a besoin d entreprises performantes à tous les niveaux de 56 La Plasturgie en Franche Comté
ce schéma, sans distinction de mérite entre les niveaux. La stratégie de filière définie en 2012 par Allizé- Plasturgie Franche-Comté doit poursuivre deux objectifs : - assurer au maximum la pérennité des entreprises (car une entreprise qui réussit est une entreprise qui dure dans le temps, pas une entreprise en fort développement qui s écroule ensuite faute de bases solides), - permettre l accès, directement ou indirectement, individuellement ou collectivement, aux marchés et clients à valeur ajoutée. Dans le nouveau schéma de filière plasturgie, l objectif est d accéder à des marchés et clients à valeur ajoutée, pour lesquels la relation n est pas que liée au triptyque infernal «PRIX / qualité / délai», mais aussi à l apport de solutions et de valeur ajoutée au produit par le fournisseur, seul garant d un partage plus équitable des retombées financières entre client et fournisseur. Toutes les entreprises ne peuvent pas prétendre accéder directement à ces marchés, loin de là. Allizé-Plasturgie Franche Comté a identifié 3 typologies d entreprises, que nous appellerons «de catégorie A», qui peuvent s inscrire dans la durée en tant qu interlocuteurs crédibles pour ces marchés/clients : - les «ETI» : entreprises présentant à la fois une taille critique, une spécialité, une image et une crédibilité - les «groupements innovation» : groupements d entreprises technologiques de plus petite taille, pouvant apporter des solutions globales, en s appuyant sur la performance multi-technologique des membres, et des compétences en co-développement de solution innovantes - les «innovants» : PME innovantes, identifiées comme interlocuteur quasi unique sur certains thèmes techniques et novateurs D autres entreprises, dites «de catégorie B», ne pourront pas accéder directement aux marchés/clients à valeur ajoutée, car elles ne rentrent pas dans l une des typologies ci-dessus. Par contre, elles pourront tout à fait agir indirectement dans ces marchés, par le biais des entreprises de catégorie A, pour qui elles agiront en sous-traitance d expertise, soit en leur proposant des solutions (qu elles pourront répercuter aux marchés/clients à valeur ajoutée), soit en se positionnant pour répondre efficacement à leurs demandes et contraintes. Il existe différentes typologies d entreprises de catégorie B, par exemple : - les «technologiques» : PME identifiées comme disposant d un savoir-faire différenciateur technologique sur un ou plusieurs thèmes - les «experts filières» : PME identifiées comme disposant d un savoir-faire différenciateur sur un marché (maîtrise de contraintes, certifications, proposition de solution par connaissance du marché ) - les «experts matières» : PME identifiées comme disposant d un savoir-faire différenciateur dans la transformation d une matière ou famille de matières - les «experts processus» : PME identifiées comme disposant d un savoir-faire différenciateur en performance industrielle et qualité - les «experts services» : PME identifiées comme disposant d un savoir-faire différenciateur en matière de service (logistique, prise en charge de fonctions ) - les «low cost» : PME identifiées comme disposant d une différenciation par les coûts - les «internationales» : PME identifiées comme disposant d un savoir-faire différenciateur par leur implantation à l international - les «groupements technologiques» : groupements de PME pouvant apporter des solutions globales en s appuyant sur la performance multi-technologique des membres Une dernière catégorie d entreprises, «de catégorie C», regroupe «les techniciens» intervenant capacitairement pour les entreprises de catégorie B. Elles doivent garantir, dans la chaine de valeur du marché à valeur ajoutée, une performance optimale de la spécialité pour laquelle elles ont été choisies ainsi que de la réactivité et de la flexibilité. La Plasturgie en Franche Comté 57
R A D A R P L A S T U R G I E MARCHÉS CLIENTS À VALEURS AJOUTÉE CATÉGORIE A ETI Intéractions et soutiens de l environnement : syndicat professionnel, pôles de compétitivité, pouvoirs publics, partenaires publics et privés, centres techniques, écoles, partenaires financiers... GROUPEMENTS INNOVATION INNOVANTS CATÉGORIE B EXPERTS FILIÈRE LOW COST GROUPEMENTS TECHNOLOGIQUES INTERNATIONALES TECHNOLOGIQUES EXPERTS PROCESSUS EXPERTS MATIÈRES EXPERTS SERVICES CATÉGORIE B FABRICANTS 58 La Plasturgie en Franche Comté
A noter qu il n y a aucun jugement de valeur à évoluer au sein de l une ou l autre des catégories (pas de positionnement plus ou moins noble), chacun devant être positionné «au bon endroit» dans ce schéma en fonction de ses ambitions et de ses possibilités, et devant y être performant par rapport aux attentes liées à son positionnement. D ailleurs, chaque catégorie a besoin des autres catégories, car l une sera performante pour le marché à valeur ajoutée si l autre, en amont comme en aval, l est aussi. Pour chaque positionnement ou typologie, l objectif sera d identifier les facteurs clés de succès à maîtriser pour être positionné efficacement dans le schéma de filière. Cette réflexion fera l objet de travaux ultérieurs et servira d introduction au plan d actions d accompagnement des entreprises, inspiré de cette stratégie de filière, qui suivra. Concernant le plan d actions d accompagnement des entreprises Ce plan découle des conclusions du «radar plasturgie» et de cette stratégie de filière. Pour apporter des réponses pertinentes au diagnostic SWOT présenté précédemment, dans le cadre d une telle stratégie de filière, Allizé-Plasturgie Franche-Comté proposera un plan d actions d accompagnement des entreprises, qui s articulera selon le schéma ci-dessous. Allizé-Plasturgie a choisi de focaliser ses actions d accompagnement en 2013 sur : - des actions pour lesquelles l organisation professionnelle régionale a une réelle légitimité pour initier et animer celles-ci, - les actions pour lesquelles le ratio «impact» sur «effort nécessaire» est le plus favorable (car il n est pas pertinent ni de lancer trop d actions en même temps, ni de mettre en œuvre des moyens considérables pour des actions aux résultats moyens). En 2013, le programme d actions devrait comprendre une liste d actions, présentant toutes une logique les unes par rapport aux autres, dans le cadre de la stratégie régionale de filière. Il n y aura donc pas d action «isolée», et certains «passages obligés» seront nécessaires pour bénéficier de certains accompagnements, afin de garantir une cohérence entre les entreprises, et une cohérence entre les actions et la stratégie de filière. Ainsi, toute entreprise qui souhaitera se faire accompagner et aider financièrement devra le faire dans le cadre de son positionnement dans la stratégie de filière. MARCHÉS CLIENTS À VALEURS AJOUTÉE CATÉGORIE A ETI Intéractions et soutiens de l environnement : syndicat professionnel, pôles de compétitivité, pouvoirs publics, partenaires publics et privés, centres techniques, écoles, partenaires financiers... GROUPEMENTS INNOVATION INNOVANTS CATÉGORIE B EXPERTS FILIÈRE LOW COST GROUPEMENTS TECHNOLOGIQUES INTERNATIONALES TECHNOLOGIQUES EXPERTS PROCESSUS EXPERTS MATIÈRES EXPERTS SERVICES CATÉGORIE B FABRICANTS La Plasturgie en Franche Comté 59
R A D A R P L A S T U R G I E Voici comment devraient se dérouler les accompagnements des entreprises : 1/ «SCANNER POSITIONNEMENT» : Allizé-Plasturgie Franche Comté proposera à l entreprise de réaliser un «scanner» de son positionnement dans la stratégie de filière et de rédiger avec elle une «prescription» des points à maîtriser pour être performante dans ce positionnement : - identifier avec elle son positionnement actuel dans la stratégie de filière, - faire définir son objectif de positionnement à moyen terme (conserver le même ou évoluer), - évaluer ensemble la pertinence et le caractère réalisable du futur positionnement en fonction des envies, moyens humains, moyens financiers et efforts requis, comparés aux facteurs clés de succès à maîtriser pour être performante dans ce positionnement, - une fois le positionnement moyen terme validé, rédiger ensemble une «prescription» des facteurs clés de succès à maîtriser pour occuper une position de choix dans la typologie correspondante, - décliner, à partir des facteurs clés de succès à maîtriser et de la situation de l entreprise par rapport à chacun de ceux-ci, un plan d actions de progrès à mettre en œuvre. A ce stade et face à sa prescription et son plan d actions de progrès, l entreprise aura le choix de mener ses actions seules, ou de bénéficier d accompagnements collectifs et/ou individuels animés par Allizé-Plasturgie Franche-Comté. Suite au scanner, des accompagnements collectifs ou individuels seront proposés : 2/ Accompagnements collectifs : «CMP» Collaborations, Mutualisations, Partenariats Il est des progrès qu on ne peut faire seul, faute de ressources suffisantes (financières, humaines, proposition de solutions globales ), et pour lesquels, seule une collaboration avec des confrères peut apporter une solution. De plus, les échanges, mutualisations et collaborations, sont une condition d accès à de nombreux marchés à valeur ajoutée. Ces constats sont renforcés par l analyse comparative des pratiques d affaires en plasturgie en Allemagne, Italie et France, menée pour Allizé-Plasturgie par le cabinet Accenture, qui met en lumière que l un des principaux facteurs de compétitivité auquel doit s attaquer la plasturgie française est la solidarité, autrement dit l augmentation des échanges, des mutualisations et des collaborations. Ainsi, il sera proposé aux entreprises : - de recenser toutes les possibilités et envies de collaboration des entreprises de la filière plasturgie en Franche-Comté, sur tous les sujets (commercial, performance industrielle, technique, management, innovation, finance ) et selon tous les formats possibles (clubs d échanges par thèmes, mutualisation de compétences, réalisation d actions communes, partenariats d affaires ). - de valider la faisabilité des possibles collaborations identifiées, - et d accompagner la création des collaborations les plus prometteuses. 3/ Accompagnements individuels : «FEUILLE DE ROUTE POSITIONNEMENT» - obligatoire pour tous! Aucun accompagnement individuel ne sera possible, si au préalable, l entreprise n a pas rédigé noir sur blanc sa stratégie et la feuille de route qui y est associée. Ce passage obligé semble indispensable pour : - aider l entreprise à se poser des questions et à se fixer un cap, - aider l entreprise à faire le tri parmi ses idées et sollicitations, - ne mettre en place que des accompagnements en cohérence avec la stratégie et la feuille de route. Soit l entreprise rédigera seule ces éléments, sur une base qu Allizé-Plasturgie Franche-Comté pourra lui fournir, soit nous l aiderons dans sa réflexion et sa rédaction. Ce sont ces documents rédigés et «validés» qui permettront de déclencher les accompagnements à suivre (il ne s agit pas à ce stade de juger de la 60 La Plasturgie en Franche Comté
qualité ou non de la voie choisie, cela ne peut rester que de la responsabilité du dirigeant, cette «validation» ne sert qu à confirmer qu un cap existe et qu il n y a pas d incohérence flagrante entre ces documents et le scanner réalisé). L entreprise aura ensuite le choix de se faire accompagner soit dans la rédaction d un business plan, soit dans une action de performance dans le cadre de son positionnement (performance commerciale et/ou maîtrise des prérequis avant action commerciale). 3A/ «BUSINESS PLAN» Si l entreprise s est positionnée dans le schéma de filière, a défini sa stratégie et sa feuille de route, et dispose d atouts pour «attaquer» les marchés à valeur ajoutée qu elle vise, elle peut avoir besoin, pour crédibiliser son action et pour mobiliser des partenaires dans le cadre de son projet (partenaires financiers ou techniques), de l appui d un document important : un business plan. Le business plan se présente comme une méthode de préparation aux projets d entreprise. Il permet d intégrer sur un même document l ensemble des éléments constitutifs du projet et de les mettre en adéquation avec les autres paramètres et facteurs extérieurs : données financières, communication, marché Le business plan est bien trop souvent considéré, à tort, comme une suite de chiffres, destinés à rassurer. Un bon business plan permet surtout de vérifier que le projet est viable et d élaborer des hypothèses pour l avenir. Il permet de formaliser intégralement le projet et de le présenter aux partenaires (banques, associés, industriels) et aux collaborateurs. Il permet également de s assurer que tous les éléments ont été pris en compte dans la construction du projet. Le business plan est un porte-parole. Plus il est clair et bien présenté, plus il est efficace. Il sera donc proposé aux entreprises qui le souhaitent un accompagnement dans la rédaction d un business plan efficace (stratégique, opérationnel, prospectif et financier), destiné à soutenir leur positionnement. 3B/ «PERFORMANCE POSITIONNEMENT» Si l entreprise s est positionnée dans un schéma de filière, a défini sa stratégie et sa feuille de route, et dispose d atouts pour «attaquer» les marchés à valeur ajoutée qu elle vise, elle peut avoir besoin d un soutien sur certains thèmes pour mettre en œuvre une stratégie commerciale globale efficace (ciblage, prospection, documents commerciaux, organisation, communication et image, négociation ). Allizé-Plasturgie Franche-Comté soutiendra prioritairement ce type d action, car l action commerciale est un point crucial dans la performance de l entreprise, et car les études menées récemment montrent qu elle est également l un des principaux points faibles des PME industrielles. D ailleurs, l analyse comparative des pratiques d affaires en plasturgie en Allemagne, Italie et France, menée pour Allizé-Plasturgie par le cabinet Accenture, montre que les filières allemandes et italiennes sont globalement plus agressives et présentes commercialement, et plus diversifiées, en termes de marchés de débouchés, de nombre de clients, et géographiquement ; mais aussi que l un des principaux facteurs de compétitivité auquel doit s attaquer la plasturgie française est la performance commerciale, en termes de présence, de démarche, d outils et de posture de «séduction». Toutefois, l action commerciale ne peut être efficace que si elle se base sur un socle de performance globale de l entreprise (il faut absolument que l entreprise puisse tenir les promesses qu elle a faites lors de son approche commerciale). Donc avant de se lancer «bille en tête» dans une action de performance commerciale, il convient de valider avec l entreprise qu elle maîtrise les prérequis en matière de contrôle de gestion et finance, de performance industrielle et d organisation, et de gestion des ressources humaines et de management. La Plasturgie en Franche Comté 61
R A D A R P L A S T U R G I E Allizé-Plasturgie Franche-Comté proposera donc aux entreprises un diagnostic «performance positionnement», sur la base de l outil «rendez-vous performance globale» développé les années précédentes, qui aura pour objectif de vérifier si les prérequis sont maîtrisés ou non, puis, en fonction de cela, d orienter l action d accompagnement qui suivra : Soit 3B1/ «PERFORMANCE POSITIONNEMENT PRE-REQUIS» - si des prérequis sont insuffisamment maîtrisés pour débuter une action commerciale. Allizé-Plasturgie Franche-Comté proposera alors aux entreprises de les accompagner sur les thèmes identifiés comme insuffisamment maîtrisés (gestion et/ou organisation et/ou management), pour rendre, au terme de l action, leur performance globale suffisamment solide pour mener l action commerciale. Soit 3B2/ «PERFORMANCE POSITIONNEMENT COMMERCIAL», si les prérequis sont maîtrisés et que l action commerciale peut débuter. Allizé-Plasturgie Franche-Comté proposera alors aux entreprises de les accompagner sur certains thèmes pour préparer et mettre en œuvre leur stratégie commerciale globale efficace (ciblage, prospection, documents commerciaux, organisation, communication et image, négociation ). Comme évoqué, ce programme d actions concerne des actions pour lesquelles l organisation professionnelle régionale a une réelle légitimité pour initier et animer celles-ci, et les actions pour lesquelles le ratio «impact» sur «effort nécessaire» est le plus favorable. Il permet également de répondre à de nombreux points mis en lumière par le diagnostic SWOT présenté précédemment : (voir tableau ci-dessous) Cette action de mise à niveau des prérequis pourra ensuite être suivie d une action d accompagnement à la performance commerciale Faiblesse / menace identifiées par le radar Peu de structuration des Ressources Humaines Manque d intégration de la filière (partenariats transformateurs / moulistes / fabricants machines / producteur matières, etc.) Manque d approche collaborative des entreprises (se regrouper vis-à-vis des donneurs d ordres, à l international, etc.) Pas assez d économies d échelles à cause de la petite taille des entreprises, manque d entreprises avec un effectif >250 salariés Déficit de vision stratégique pour l entreprise, déclinée en plan d actions commercial (une partie des entreprises seulement) Action du programme pouvant y répondre «CMP» et «PERFORMANCE POSITIONNEMENT PRE-REQUIS» «SCANNER POSITIONNEMENT», «CMP» «SCANNER POSITIONNEMENT», «CMP» «CMP» «SCANNER POSITIONNEMENT», «FEUILLE DE ROUTE POSITIONNEMENT», «PERFORMANCE PO- SITIONNEMENT COMMERCIAL» Retard dans les outils de gestion «PERFORMANCE POSITIONNEMENT PRE-REQUIS» Accès restreint au financement «SCANNER POSITIONNEMENT», «FEUILLE DE ROUTE POSITIONNEMENT», «BUSINESS PLAN» 62 La Plasturgie en Franche Comté
ANNEXES LA METHODE DE SCORING DU RADAR L élément premier de la démarche est constitué par l administration d un questionnaire auprès du dirigeant de l entreprise. Les données issues de l entretien par les croisements des analyses scoring et multifactorielles doivent permettre de positionner l entreprise sur une typologie de cibles : En développement sur le territoire Ces entreprises sont dans une dynamique de croissance et cette croissance se fait plutôt sur le territoire. En développement potentiellement hors territoire Ces entreprises sont dans une dynamique de croissance et cette croissance risque de se faire plutôt en dehors du territoire notamment pour des raisons de positionnement sur des marchés internationaux à fortes tensions. En attente avec potentiel Ces entreprises ne sont pas dans une dynamique de croissance mais disposent d un potentiel de développement. Elles peuvent être en période de transition pour diverses raisons : changement de direction, réorientation stratégique, sortie de période crise, A risque modéré Ces entreprises ont un ou plusieurs points de fragilité qui peuvent à moyen terme remettre en cause la pérennité de l entreprise. A risque important Ces entreprises ont des points de forte fragilité qui mettent à risque la pérennité de l entreprise. A risque de délocalisation Pour ces entreprises une partie de la production réalisée sur le territoire pourrait être délocalisée. MÉTHODE DE SCORING RADAR 6 CAS COMPETITIVITE 4 résultats possibles Moyenne forte / Ecart type faible Moyenne forte / Ecart type fort Sources externes Développement sur le territoire Développement potentiellement hors territoire Entretien Moyenne faible / Ecart type fort Moyenne faible / Ecart type faible En attente avec potentiel Risque modéré ANCRAGE TERRITORIAL Ancrage Risque important 3 réponses soit 12 résultats possibles En attente Risque Risque de délocalisation Incontournable TENSION DE L ENVIRONNEMENT 3 réponses soit 36 résultats possibles Sensible Nulle La Plasturgie en Franche Comté 63
R A D A R P L A S T U R G I E Répartition par taille d effectifs des RÉPARTITION PAR TAILLE D EFFECTIFS entreprises rencontrées DES ENTREPRISES RENCONTRÉES 8 1 Moins de 10 salariés 10-49 salariés 50-99 salariés 100 salariés et plus 15 7 RÉPARTITION DES ENTREPRISES RENCONTRÉES PAR CODE NAF LA COMPOSITION DE L ÉCHANTILLON D ENTREPRISES RADAR Dans le cadre de ce rapport, 31 entreprises ont été rencontrées, représentant 2157 emplois et un chiffre d affaires cumulé de 272 Millions d Euros. Les entretiens ont été administrés du 5 janvier 2011 au 29 juin 2012 auprès du dirigeant par Allizé-Plasturgie Franche-Comté. Les entreprises interrogées sont toutes des établissements de transformation des matières plastiques. L âge moyen des dirigeants rencontrés est de 47,8 ans. Les entretiens ne se sont pas limités aux entreprises adhérentes à Allizé-Plasturgie. La répartition par code NAF des entreprises rencontrées est proche de celle donnée par les statistiques d Unistatis au niveau régional montrant ainsi une bonne représentativité des établissements analysés sur ce critère. Cependant, afin d intégrer l intégralité de l industrie de transformation des plastiques, les entretiens sont allés au-delà des codes NAF «plasturgistes», avec l intégration notamment d établissements avec un code «fabrication de lunettes». La taille moyenne des établissements analysés est de 70 salariés, au-dessus de la moyenne régionale. Le choix a été fait de rencontrer en priorité des établissements de 10 salariés en plus, qui représentent les entreprises les plus déterminantes pour la dynamique de l industrie plasturgiste franccomtoise. 64 La Plasturgie en Franche Comté
BIBLIOGRAPHIE Analyse dynamique et stratégique de l étude du répertoire des métiers de la branche Plasturgie, Janvier 2011, Observatoire de la Plasturgie Compétitivité de la plasturgie française dans l Union européenne, MINEFI / DiGITIP / SIM, Mars 2003 Enquête de branche de la plasturgie, juin 2010, Observatoire de la Plasturgie Enquête sectorielle sur l évolution des marchés, technologies, emplois et compétences, Octobre 2008, Observatoire de la Plasturgie Franche-Comté, visage industriel 2009 High Level Group on the Competitiveness and Sustainable Growth of the Automotive Industry in the European Union, CARS 21, Final Report 2012 L industrie biomédicale, les opportunités pour la plasturgie en Lorraine, CLTS 2008 Le marché des dispositifs médicaux, Agence d Intelligence Economique de Franche Comté, 2010 Observatoire de l Emballage 2011, Salon de l Emballage Observatoire Economique, Juin 2012, Allizé-plasturgie Panorama de la Plasturgie, rapport économique 2010/11, Fédération de la Plasturgie Perspectives de la plasturgie dans l industrie biomédicale, Eurasanté, 2008 Plaidoyer pour la sous-traitance industrielle, Editions L'harmattan, Thierry Charles, Avril 2011 Plastiques 2010 : Faits et chiffres, PlasticsEurope Plastiques 2011 : Faits et chiffres, PlasticsEurope Rapport annuel de l'observatoire, Juin 2011, Observatoire du financement des PME et ETI par le marché Santé des entreprises : Création et Procédures Judiciaires, Mars 2012, Observatoire de la Plasturgie Strategic Analysis of Plastics in the Electric Vehicles Market in Europe and North America, Frost & Sullivan, May 2012 The Plastics Industry in Germany, Issue 2010/2011, Germany Trade & Invest SITES INTERNET : http://pro.largus.fr http://www.auto-news.com http://www.emballgedigest.fr http://www.eucomed.org http://www.europeanplasticsnews.com http://www.foodbev.com http://www.foodproductiondaily.com http://www.industrie.gouv.fr http://www.kraftyespack.com http://www.laplasturgie.fr/ http://www.larousse.fr/ http://www.lejournaldesentreprises.com http://www.lesechos.fr http://www.packstrat.com http://www.pira-international.com http://www.plasticseurope.fr/ http://www.plasticsnews.com http://www.pme-bourse.fr http://www.prweb.com http://www.usinenouvelle.fr La Plasturgie en Franche Comté 65
R A D A R P L A S T U R G I E LES SIGLES Sigle ADEME BTP CAO CFP ETI GIA GPEC HSE INSEE Descriptif Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie Bâtiment et travaux publics Conception Assistée par Ordinateur Centre de Formation de la Plasturgie Entreprise de taille intermédiaire. Entreprise qui n'appartient pas à la catégorie des PME et qui, d'une part, occupe moins de 5000 salariés, d'autre part, a un chiffre d'affaires annuel n'excédant pas 1,5 milliard d'euros ou un total du bilan n'excédant pas 2 milliards d'euros Global Industry Analysts Inc Gestion prévisionnelle de l emploi et des compétences Hygiène, sécurité, environnement Institut national de la statistique et des études économiques LME Loi de Modernisation de l'economie (2008 PE PEbd Pebdl Pehd PEP PET PIPAME PME PS PVC RSE SESSI Polyéthylène Polyéthylène basse densité Polyéthylène à basse densité linéaire Polyéthylène haute densité Pôle Européen de Plasturgie Polyéthylène téréphtalate Pôle interministériel de prospective et d'anticipation des mutations économiques Petite et Moyenne Entreprise. Selon la Commission Européenne, se définit comme une entreprise de moins de 250 personnes et dont le Chiffre d'affaires annuel n'excède pas 50 millions d'euros ou dont le bilan n'excède pas 43 millions d'euros Polystyrène Polychlorure de vinyle Responsabilité sociétale (ou sociale) des entreprises Service des Etudes et des Statistiques Industrielles. Depuis le 1er janvier 2009, les missions du Sessi relèvent de l'insee et de la Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services (DGCIS). SWOT Strengths/ Weaknesses/Opportunities/Threats. Analyse des Forces/ Faiblesses/Opportunités/Menaces 66 La Plasturgie en Franche Comté
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veille, analyses et prospectives EN FRANCHE-COMTÉ Informations économiques et stratégiques : R A D A R P L A S T U R G I E LA PLASTURGIE ALLIZÉ-PLASTURGIE FRANCHE-COMTÉ Avec le soutien financier de :