Synthèse du forum participatif Issoudun 08 novembre 2010 Le second des 23 forums territoriaux s est déroulé à Issoudun, deuxième étape qui doit conduire les élus du Conseil régional dans chacune des 23 zones d emploi de la région afin de recueillir les avis et propositions de leurs habitants pour dessiner l avenir de la région Centre à 10 ou 20 ans. Une centaine de personnes ont participé à ce forum citoyen. Elles se sont exprimées dans les 3 ateliers proposés : L Atelier «Aménagement et développement durable du territoire» L Atelier «Education-Formation-Emploi» L Atelier «Plan Climat Energie». Ce document rend compte des débats et des propositions. Les participants sont invités à le commenter ou le compléter s ils le souhaitent. Hôte de ce second forum territorial, André Laignel, maire d Issoudun, a vanté la «qualité de dynamisme» de sa ville tout en soulignant «le besoin de liens privilégiés avec la Région.» Parce qu en contrepoint apparaissent «des inquiétudes pour l avenir du plus petit département de la région qui, plus que d autres, a besoin de cette indispensable solidarité régionale.» Face «à l étouffement financier des collectivités» qu il pressent, le maire s interroge sur «la portée de nos propositions.» Il en appelle alors à être «réaliste» et à être «collectivement plein d espoir raisonné.» François Bonneau, président de la Région Centre, a proposé pour sa part «qu à travers le Schéma Régional d Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT), ce soit la passion, la volonté qui se substituent à la résignation.» Il a alors plaidé pour «un autre modèle de développement» associant notamment «l économique et l environnemental», mais aussi «l économie sociale et solidaire» dans un contexte où «les enjeux sont planétaires.» En conclusion du forum, le président s'est prononcé pour «une ouverture vers l extérieur», citant comme exemple l interrégionalité à construire avec le Limousin pour l enseignement supérieur, ou encore la création d une filière agroalimentaire locale de qualité. Enfin, François Bonneau a évoqué la problématique du vieillissement comme «un des points de l économie, un point éthique et humain.» Les questionnements spécifiques au bassin de vie d Issoudun: Comment rendre Issoudun mieux accessible par la route et le train? Comment susciter un meilleur dynamisme économique à partir d équipements exceptionnels? Comment démultiplier l impact du système de formation? La culture, un atout remarquable à mieux valoriser? Quelles synergies avec Châteauroux, Vierzon et Bourges? Représentant le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER), associé à «Ambitions 2020», Yves Roty a identifié plusieurs sujets prioritaires du bassin de vie. Du négatif, avec «le train dont les performances ne cessent de diminuer» ; du particularisme local avec «l IUT de l Indre, spécificité régionale» ; des souhaits sur «la synergie entre les structures de formation» ou sur la création «d une entité multipôle regroupant Bourges, Châteauroux, Vierzon et Issoudun» ; et du positif côté culture avec «des équipements remarquables par rapport à la taille de la ville.»
Page 2 Atelier 1 : Aménagement et développement durable du territoire Animation : Dominique ROULLET, vice-président en charge de l Aménagement du territoire et du SRADDT Face à une démographie en berne, des pistes à explorer Comme les autres bassins de vie du sud de la région, Issoudun s'inquiète de sa démographie déclinante. Les priorités pour l avenir s articulent autour d un service ferroviaire plus efficace, d un soutien à l agriculture et sur une attractivité autour de trois facteurs : la petite enfance, la santé et la culture. «Le sud de la région va continuer de perdre des habitants quand l'axe ligérien en gagnera 150 000», résume Dominique Roullet, également premier adjoint d'issoudun. «Le vieillissement de la population entame le dynamisme de l'ensemble du secteur géographique, constate le directeur d'un centre pour polyhandicapés. Même avec de très belles autoroutes, on ne maintient pas des jeunes sur un territoire. Dans le cadre de la loi Santé et territoires, un diagnostic régional est en cours sous l'autorité de l'agence Régionale de Santé. Sans présumer du résultat, on sait déjà que les notions liées à la qualité de vie sont très dégradées à Issoudun.» «On tait le taux de suicides de personnes âgées qui se sentent seules», renchérit une représentante du syndicat CGT, qui préconise un volontarisme plus fort en matière de services à la personne. Dès lors, comment rendre la zone d'emploi plus attractive, s'interrogent de concert les quelque soixantecinq participants à cet atelier. Améliorer le réseau ferré Une des pistes concerne les infrastructures. Les prises de parole ont tourné autour d'un service ferroviaire plus efficace. Nombre d'élus locaux appellent à un front uni en faveur d'un embranchement vers Châteauroux de la future Ligne à Grande Vitesse (LGV) Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL). «Les projets de LGV mettent dix à quinze ans pour émerger», déplore toutefois l animateur, favorable à une amélioration, «dans les meilleurs délais», de la ligne actuelle. Un habitant du sud de l'indre réclame pour sa part une meilleure prise en compte des échanges avec les régions limitrophes au sud de la région : Auvergne, Limousin et Poitou-Charentes. Plusieurs interventions ont regretté également la faiblesse du fret ferroviaire. L'atout agricole oublié Au sein de la première région céréalière de France, le dialogue s est orienté vers le secteur agricole, une richesse mal exploitée selon le sentiment général. Deux exploitants relèvent que la population agricole décroit. «Seules trente à quarante installations d'agriculteurs sont aidées chaque année dans le département de l'indre. C'est trop peu», regrette l un d eux qui propose deux solutions : faciliter l'accueil de repreneurs extérieurs à la région ; ne pas se contenter des formations agricoles initiales et aider des adultes en reconversion à reprendre des exploitations. Un notaire retraité renchérit : «Bien qu'importante, l'agriculture n'a pas généré d'activité de transformation. Les productions, comme les cé- réales et la viande, sont exportées, ce qui a fait perdre des gisements d'emploi à tout le département». D'autres réclament la mise en place de circuits courts dans la restauration collective afin de favoriser les producteurs locaux. Enfance, santé et culture au service du développement Pour rendre la vie plus agréable aux nouveaux arrivants, plusieurs voix ont réclamé des politiques plus ambitieuses en matière d'accueil de la petite enfance, de santé et de production culturelle. «Comment permettre à une épouse d'aller travailler si on ne lui offre pas de solutions de garde d'enfants efficaces?», s'interroge une syndicaliste. «Nous devons nous mobiliser contre la désertification médicale», lance le président du conseil général Louis Pinton. «Issoudun dispose de beaux équipements culturels ; pour autant le spectacle vivant n'est pas assez aidé, alors qu'il contribue à animer le territoire», indique un participant. Selon un ressenti très partagé, ces trois facteurs d'attractivité ne semblent pas assez promus à Issoudun. Les participants ont été amenés à voter sur les thèmes les plus importants pour l avenir du territoire : 1 Transports POLT POCL 28 2 Fret ferroviaire 8 3 Attirer les jeunes 14 4 Agriculture, circuits courts 9 5 Présence médicale 17
Année Page 1, 3 n 1 Page 3 Atelier 2 : Formation Animation : Agnès QUATREHOMME, Présidente de la Commission Education et Lycées Penser la formation dans le cadre d une politique globale de la ville Les participants à l atelier dédié à la formation professionnelle et à l éducation du Forum d Issoudun ont, avec une belle acuité du regard, appelé à coordonner les prochaines mesures avec une politique globale de développement de la ville. Agnès Quatrehomme, chargée d animer l atelier «Education et formation» d Issoudun, a invité les participants à cette table ronde stratégique du SRADDT - laquelle servira aussi à l élaboration du CPRDF (Contrat de plan régional pour la formation professionnelle) - à réfléchir à deux questions : l appareil de formations est-il adapté aux réalités du monde du travail contemporain? Que faut-il modifier d ici à 2020 pour permettre au plus grand nombre de se former? Le premier constat rejoint celui émis à Vierzon : le vieillissement de la population oblige à former de plus en plus de professionnels qui prendront en charge la dépendance. La commune de 13 000 habitants compte deux lycées publics, un IUT et un institut de formation des aides-soignantes. Or, sur les 897 élèves du second degré et les 264 étudiants inscrits cette année à Issoudun, il n y a que 32 stagiaires dans les carrières «sanitaires et sociales». Insuffisant pour préparer l avenir. Une intervenante propose de favoriser les aides à la mobilité, au permis de conduire pour celles qui se destineraient à devenir assistantes de vie. Des métiers Atelier 3 : Plan Climat émergents pour l assistance aux personnes âgées ne sont pas représentés dans l Indre, regrette une autre, comme psycho-stimulateur ou ergothérapeute. Pourquoi, dès lors, ne pas proposer des formations par Internet? Faire fructifier la présence de l IUT Si le soutien aux personnes âgées de demain est une nécessité, il ne constitue pas en soi une politique d avenir. Présent durant une partie des échanges, le président de la Région, François Bonneau, a insisté sur «la défense des acquis». L emploi industriel, caractérisé par la présence de Louis Vuitton, doit rester une priorité. Les formations existantes ont, à ce titre, besoin d être consolidées. Dans le domaine du cuir, par exemple, les besoins en main d œuvre sont à peine comblés par le recrutement des nouveaux diplômés du Bac pro (métiers du cuir, option maroquinerie) enseigné au lycée professionnel Jean-d Alembert. Le renforcement du panel de formations passe aussi par une élévation du niveau vers le haut des diplômes proposés. La présence de l IUT est une chance, il faut la transformer en atout qui aille dans le sens d une véritable politique d aménagement du territoire conduite par la Région. Le projet de licence Pro en éco-logistique, associant respect de l environnement et transport, et les réflexions menées pour la mise en route de masters témoignent de la vitalité de l IUT, maillon central qui contribue déjà à l attractivité d Issoudun. Mais un professeur d IUT se dit «gêné» par une offre de formation liée au seul travail sur Issoudun et préférant la notion «d offre globale de formation». Donner de la cohérence entre les acteurs de la formation Mais pour retenir les jeunes du cru ou attirer des étudiants d ailleurs, une politique éducative isolée ne saurait suffire. Sans le développement de services coordonnés (Internet à haut débit, bibliothèque, modes de transports variés, etc.), sur le modèle de ce qui existe dans les grandes agglomérations, il sera difficile de lutter avec les villes voisines. Nombreux sont ceux à requérir une stratégie d ensemble. Certains ont également pointé l absence de cohérence entre les différents acteurs de la formation tels le rectorat, la Région ou Pôle emploi, un handicap qui pénalise, au final, tous ceux qui arrivent avec de nouveaux projets pour demain. Un intervenant a quelque peu regretté que la réflexion se concentre sur les services à la personne et les personnes âgées alors que, si on se projette à 10 ans, des pistes s ouvrent sur les métiers de l environnement, de l énergie durable, voire de la déconstruction des aires militaires du territoire. Autre gisement à explorer : la formation en langues, notamment avec l arrivée d investisseurs chinois à Châteauroux. Animation : Gilles DEGUET, vice-président en charge de l Agenda 21, de l Energie, du Climat et de l Environnement De nouvelles filières pour une agriculture plus durable Il faut sortir du modèle des grandes cultures, développer la transformation des produits afin d'évoluer vers de nouveaux modèles moins nocifs pour l'environnement. Dans la région d'issoudun, un chiffre s'avère particulièrement marquant sur le plan environnemental : 39% des
C R émissions de gaz à effet de serre proviennent du secteur agricole, contre 23% seulement en moyenne au plan régional. Ce résultat est sans surprise : l'agriculture, très présente, est essentiellement dominée par le modèle productiviste, avec des assolements colza, blé, orge très consommateurs d'intrants. Cette situation n'est pas satisfaisante. Le système rend les agriculteurs très dépendants des marchés internationaux, avec des fluctuations de revenus imprévisibles. Les engrais, par exemple, ont vu leur prix multiplié par deux l'an dernier. Envisager de nouveaux modèles de production Il est possible d'envisager de nouveaux modèles, en favorisant un assolement diversifié avec par exemple l'introduction de légumineuses. On peut aussi imaginer un autre chemin "entre le bio et l'agriculture conventionnelle", à condition d'accepter une baisse de la production, et sans pour autant abandonner la culture céréalière. Le critère n'est plus seulement la quantité, mais aussi la qualité. Pour cela, il faut sortir des grandes filières au profit d'autres filières, plus intégrées. Un participant a ainsi souligné qu'il ne trouvait pas de tourteau de colza produit localement, alors que les champs de colza ne manquent pas dans la région d'issoudun Parmi les propositions avancées, la culture du chanvre, utilisé comme matériau pour l'isolation, pourrait être intéressante, et le serait davantage encore s'il était possible d'évoluer vers la transformation du produit. Autre piste évoquée, les cultures de miscanthus, destinées à alimenter les chaudières, mais la proposition n'a pas eu beaucoup d'écho. "Plutôt que de bouleverser les paysages par l'installation de nouvelles plantes, il vaudrait mieux exploiter les 100.000 hectares de forêt privée du département". Il faudrait aussi réhabiliter certaines solidarités "On le sent aujourd'hui dans les zones de grande culture, les grandes coopératives sont plus intéressées par les grands marchés que par les synergies entre agriculteurs" et faire évoluer la formation des jeunes agriculteurs pour les inciter à s'adapter à des productions moins génératrices de gaz à effet de serre. L éco-construction sans ressources locales La question, cruciale, de la mise en place de nouvelles filières a également été au cœur des débats sur l'énergie. Un élu local s'étonne de la difficulté à faire construire des bâtiments basse consommation en utilisant les ressources locales. On ne trouve pas les matériaux localement, il est également difficile de trouver des architectes et des bureaux d'étude capables de répondre à la demande. Bref, la filière semble encore à construire. Il est également important d'agir au niveau des bailleurs publics et privés, pour intervenir plus efficacement dans le domaine du logement social. Des usagers posent la question de l'insuffisance d'information concernant l'installation de systèmes de chauffage à économie d'énergie, et de la difficulté d'utilisation du système du crédit d'impôt. Sur le plan de la production énergétique, le débat s'est orienté autour de l'installation de fermes photovoltaïques dans les installations agricoles. Les participants se sont prononcés contre de grandes surfaces de panneaux photovoltaïques qui iraient alimenter "les mafias russes et les fonds de pension américains", et pour la mise en place de petites centrales, de 250 KW maximum, dans le respect des préconisations de la chambre d'agriculture. Quelques éléments recueillis dans les questionnaires 98% des personnes ayant répondu au questionnaire ont trouvé ce forum utile ou très utile. Très utile 24% 91% des participants estiment que la possibilité de s exprimer leur a été réellement donnée au cours de ce forum. Non 9% Inutile 2% Oui 91% Utile 74% Avez-vous des suggestions, des idées, des projets pour «Préparer l avenir de votre territoire»? Le territoire a des ressources agricoles qu il faut transformer et valoriser localement Favoriser les échanges céréaliers éleveurs Dans le pays d Issoudun, il n y a pas que des céréaliers, pour maintenir la biodiversité, il ne faut pas oublier l élevage au contraire, il faut le soutenir. Sinon en 2020, il n y aura plus d élevage en Champagne Berrichonne. Transport : désenclavement autoroutier entre Châteauroux-Bourges-Auxerre a peu été évoqué, mais est primordial pour le Berry dans son ensemble, la N151 devrait être à 2 fois 2 voies pour faciliter les échanges Faire revenir nos jeunes, c est déjà favoriser la reprise des entreprises existantes (parrainage, aide) Aller au-delà du PRES vers une seule Université qui pense son projet en y intégrant l ensemble du territoire régional par une politique cohérente des antennes qui ont fait la preuve de leurs contributions au dynamisme des villes dans lesquelles elles sont implantées. Formation des demandeurs d emplois : création de visas techniques donc mise ne avant des savoirs êtres professionnels et apprentissage des gestes professionnels de base Il faudra rapidement développer des compétences locales en matière d artisanat «nouvelles techniques et matériaux» pour le bâtiment. Donc développer des enseignements et formations dans ce sens, en local, et surtout de le faire savoir aux jeunes. Leur dire que ce serait (ils le savent déjà) de bons métiers, pérennes et porteurs d avenir. (Evaluation faite à partir de 56 questionnaires)
Regard sur la zone d emploi d'issoudun Forum territorial du lundi 8 novembre 2010 Présentation générale de la zone d emploi d'issoudun Sommaire : Présentation générale Les grandes évolutions du territoire La dynamique économique La formation tout au long de la vie L agriculture et le tourisme Changement climatique, énergie et environnement Chiffres clés Carte d identité de la zone d emploi Zone d emploi Région Centre Population (2007) 36 087 2 526 902 dont part population urbaine part population périurbaine part population rurale Evolution 1999-2007 Poids dans la région Population active (2007) +0,4 % +0,4 % 1,4 % /// 15 612 1 165 645 Superficie (km 2 ) 1 182 39 151 Densité (habitants/ km 2 ) Nombre de communes Nombre d'emplois total (2007) Nombre d'emplois salariés (2007) Taux de chômage (2T 2010) 37,8% 45,8 % 32,5% 27,8 % 29,7% 27,6 % 30,5 64,5 51 1 842 12 195 1 016 428 10 655 925 910 9,3 % 8,6 % Sources : Population : Insee, RP 2007 Effectifs salariés : Insee, Estimations d'emploi Chômage : Insee, Taux de chômage localisés La zone d emploi d Issoudun se situe au cœu r de la «Champagne berrichonne» ainsi appelée pour la générosité de ses terres céréalières aux larges étendues, et s étend aux confins du Boischaut Nord dans un paysage plus boisé aux parcelles cultivées plus petites. Elle est traversée, au Nord, par l autoroute A20, ce qui isole un peu Issoudun, accessible depuis Bourges (40 km) et Châteauroux (30 km) par la nationale 151. Issoudun compte environ 13 600 habitants, soit presque 38 % de la population de la zone. Sur le reste du territoire, seules cinq communes dépassent 1 000 habitants. Le peuplement de la ville, que l on nomme Exoldunum, ou encore Ypsoldum, est ancien. L emplacement est à la croisée de voies romaines. A la fin du XII ème siècle, Issoudun, située à la frontière des royaumes de France et d Angleterre (qui possède l Aquitaine) est le théâtre de plusieurs assauts. Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion se battent pour la possession de la cité. Les travaux de construction de la Tour blanche sont lancés en 1195. Dès le Moyen-Âge, la ville est célèbre pour son savoir-faire en maroquinerie. A la révolution française, Châteauroux est choisie comme préfecture de l Indre contre Issoudun qui compte alors plus du double d habitants. Pendant la deuxième guerre mondiale, la ville se trouve sur la ligne de démarcation. Au cours du 19 ème siècle, l industrie se développe à partir du savoir-faire dans le travail du cuir. Les mégisseries utilisent notamment les eaux de la «rivière forcée» qui a été aménagée dans le faubourg. Comme sur l ensemble du Berry, les travaux de confection «à la maison» vont occuper des milliers de femmes. L ensemble de ces industries périclite au cours du 20 ème siècle, à l exception du très haut de gamme, avec l entreprise VUITTON. Le 19 ème siècle est aussi marqué par la naissance à Issoudun de trois congrégations catholiques missionnaires, consacrées à Notre-Dame du Sacré-Cœur, qui vont créer un lien entre Issoudun et plus de 50 pays sur les cinq continents. Après guerre, la zone d emploi subit un fort exode rural et son agriculture se modernise. Dans le milieu des années 1980, Issoudun bénéficie d équipements remarquables pour sa taille et de la création d un pôle de formation important avec l antenne de l IUT d Orléans et le Centre AFPA. Cette dynamique d équipement nourrit aussi un essor culturel avec l accueil du Pôle Images Art et Formation (PIAF), le musée Saint Roch, le développement des formations professionnelles dans le domaine du spectacle et des arts, la création d une télévision locale. Malgré ces atouts culturels le territoire ne bénéficie pas beaucoup du tourisme. L économie locale est marquée par la présence de trois grandes usines que sont SICMA AERO SEAT (900 emplois, groupe ZODIAC) qui fabrique des sièges d avion, les ateliers Louis VUITTON (environ 500 emplois, groupe LVMH), la Compagnie européenne de chaussures (environ 400 emplois, groupe VIVARTE). Les grandes surfaces commerciales en périphérie de la ville drainent l ensemble de la zone d emploi, tandis que le commerce de centre ville connaît quelques difficultés. En 2007, 28% de l habitat d Issoudun est constitué de l habitat social. La faible qualification des travailleurs, l insuffisance du secteur tertiaire restent des enjeux majeurs pour le territoire, ainsi que la protection de la ressource en eau et de la biodiversité à travers une agriculture respectueuse de l environnement qui valorise mieux ses productions. La fermeture programmée à l'horizon 2011 du 517e Régiment du Train de Châteauroux- Déols et la réduction d'effectifs de la 12e Base de soutien matériel de Neuvy-Pailloux devraient, selon l INSEE, avoir des impacts sur la population et l'emploi de la moitié des cantons de l'indre, en particulier sur l'axe Châteauroux-Issoudun. Les deux unités militaires emploient, à l'heure actuelle, respectivement 900 et 300 personnes, dont 170 résident dans la zone d'emploi d'issoudun. Des opportunités nouvelles liées au développement de l aéroport de Châteauroux sont attendues.
Page 2 Regard sur la zone d emploi d'issoudun Les grandes évolutions du territoire Infrastructures Le territoire d Issoudun comporte deux infrastructures routières majeures : l A20 qui relie Vierzon à Châteauroux en traversant le Nord de la zone d emploi, et la RN 151 reliant Bourges à Châteauroux en passant par Issoudun. Ces deux axes structurent les déplacements vers l extérieur de la zone, et permettent des liaisons faciles entre le Sud du bassin parisien et le Sud de la France. Le doublement de la RN 151 a souvent été évoqué dans la perspective d un grand contournement parisien reliant Troyes à Châtellerault par voie autoroutière. Mais ce projet semble écarté. Pour améliorer la fluidité du trafic, des travaux de dépassement sur la RN 151 sont en cours dans la commune de Neuvy-Pailloux. Côté rail, Issoudun est situé sur la ligne ferroviaire Orléans-Châteauroux qui dessert également trois autres communes du territoire : Reuilly, Saint-Lizaigne et Neuvy-Pailloux. Ces communes sont desservies par des services TER assurés par trains ou par cars. La commune de Diou est desservie par car TER uniquement. Issoudun est desservie à la fois par les services TER et par le service TEOZ reliant les principales villes de l axe Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT). Des études sont en cours sur la ligne, au Sud d Issoudun, dans l optique de supprimer des passages à niveaux. On doit aussi noter que la gare d Issoudun est un site où le trafic de fret ferroviaire est parmi les plus importants de la région, grâce aux activités de la malterie en particulier. Le projet de ligne à grande vitesse Paris- Orléans-Clermont-Lyon, dont le tracé n est pas encore défini, devrait ouvrir de nouvelles perspectives, directement ou indirectement, en termes de desserte et de temps de parcours. Suite à un recensement réalisé en 2009, on peut estimer que la zone d emploi comporte une dizaine de zones d activité, majoritairement à Issoudun ou aux alentours et le long des axes (Neuvy Pailloux, St Aoustrille, St Georges -sur-arnon, Reuilly, Chabris, Vatan). Les zones d activité à vocation industrielle et celles à vocation artisanales représentent respectivement 38 % et 18% de la superficie totale. A l Est d Issoudun, deux zones particulièrement importantes se distinguent dans le paysage : la ZI du Portail (214 ha) et la zone mixte des Coinschettes (182 ha). Des projets d extension et de requalification de zones sont soutenus à Issoudun et dans ses communes voisines. La commune de Chabris, située au Nord de la zone d emploi, comporte une zone d activités diversifiée (ZA «les Vigneaux»), qui participe à la dynamique économique de la vallée du Cher. Elle comprend 67 ha dédiés à l industrie et 9 hectares dédiés aux services et commerces. Cette zone d activité est qualifiée de «haute qualité environnementale». Canton Population Issoudun 13 627 Lizeray 6 358 Pruniers 5 262 Saint-Christophe-en-Bazelle 6 435 Vatan 4 405
Regard sur la zone d emploi d'issoudun Page 3 Population et logement Avec une population totale de 36 087 habitants en 2007, la zone d'emploi d'issoudun est organisée autour d'un pôle urbain important, Issoudun abritant 13 627 habitants, et des pôles plus petits : Chabris, Vatan et Reuilly avec respectivement 2 749, 2 022 et 1 991 habitants. Issoudun regroupe 37,8 % des habitants et constitue ainsi le deuxième pôle urbain du département de l Indre, après Châteauroux. La zone comporte également 25 communes périurbaines, soit 32,5% de la population et 25 communes de l espace rural isolé, soit 29,7% de la population. La population de la zone d'emploi d'issoudun comptait, en 1 999, 34 850 habitants. Le recensement de 2007 fait apparaître une augmentation de 1 237 habitants, soit une évolu- tion de + 0,44 % en moyenne par an, due principalement aux migrations. Ce regain démographique marque une rupture de tendance par rapport aux périodes intercensitaires précédentes : le taux d'évolution était de 0,4% entre 1982 et 1990, et de 0,1% entre 1990 et 1999. Les communes périurbaines sont les principales bénéficiaires de ce dynamisme démographique : elles affichent un taux de croissance annuel moyen de 1,02% entre 1999 et 2007 (celui de l espace rural est de 0,45%). Issoudun connaît en revanche, une diminution de sa population depuis les années 70, même si sur cette dernière décennie, la baisse démographique a été moins prononcée, passant de 13 680 habitants en 1999 à 13 627 en 2007 (soit 0,05%/ an). Si la zone d Issoudun retrouve une évolution positive par l arrivée de migrants, le solde natu- rel reste cependant négatif, traduisant ainsi un nombre de décès plus important que celui des naissances. La pyramide des âges souligne que les jeunes de moins de 20 ans sont proportionnellement moins nombreux qu en région, et que la part des 20-24 ans est largement déficitaire, et enfin que les personnes de plus de 60 ans sont proportionnellement plus nombreuses qu en région. Logement, logement social En 2007, plus de 80% des logements de la zone sont des résidences principales (85% en région Centre). Environ 84% des habitants vivent en résidence individuelle (71% en région), et les délivrances de permis de construire sur ces dernières années étaient majoritairement à destination de pavillons, qui sont généralement fortement consommateurs d espace. Les logements de la zone sont majoritairement anciens : près de 72% des logements datent d avant 1975 (61% en région Centre). La ville d Issoudun concentre 88% des logements sociaux du pays d Issoudun (charte de pays, 2008). Bases 100 en 1968 135 125 115 105 95 85 E v o lut io n de la po pula t io n (So urce : Insee, RP 1968 à 2007) ZE Issoudun M oyenne ZE Région Centre 1968 1975 1982 1990 1999 2007 P yramide des âges de la population (Source : Insee - RP 2007) Age 100+ 95-99 90-94 85-89 80-84 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 5-9 0-4 8 6 4 2 0 2 4 6 8 Hommes ZE Issoudun Femmes ZE Issoudun Hommes région Centre Femmes région Centre Evolution de la population de la ZE d'issoudun 1975 1982 1990 1999 2007 Population 37 901 36 151 35 082 34 850 36 087 Variation de la population en nombre 1968 à 1975 1975 à 1982 1982 à 1990 1990 à 1999 1999 à 2007-1053 -1750-1069 -232 +1237 - due au solde naturel -120-1016 -1292-1118 -804 - due au solde migratoire -933-734 +223 +886 +2041 Variation annuelle moyenne de la population en % -0,4-0,7-0,4-0,1 +0,4 - due au solde naturel en % +0,0-0,4-0,5-0,4-0,3 - due au solde migratoire en % -0,3-0,3 +0,1 +0,3 +0,7 Sources : Insee, RP1968 à 1990 dénombrements - RP1999 et RP2007 exploitations principales - État civil
Page 4 Regard sur la zone d emploi d'issoudun Revenus Revenu fiscal médian par unité de consommation 2008 ZE Issoudun Structure des revenus déclarés des Ménages (part en %) Source : Insee, Revenus fiscaux localisés des ménages Région Centre 16 966 18 207 Revenus salariaux 54,7 % 61,4 % Pensions, retraites, rentes 31,1 % 26,6 % Revenus des professions non salariées 8,6 % 6,2 % Autres revenus 5,7 % 5,8 % % des ménages fiscaux non imposés 50,5 % 44,3 % Équipements et services à la population Au sein de la zone d emploi, la ville d Issoudun Issoudun, qui concentre 38 % de la population du territoire, constitue un pôle de services supérieur. Elle offre un niveau d équipements très satisfaisant au regard de la taille de la ville (13 627 habitants): 27 équipements intermédiaires sur 27 et 25 équipements supérieurs sur 36 1. Un centre des congrès (proposant trois salles de cinéma et des salles accueillant des conférences ou congrès), des formations supérieures (IUT disposant de deux départements et une licence professionnelle), un lycée professionnel, deux lycées d enseignement général ou technologique, un centre hospitalier, une médiathèque sont quelques uns des éléments qui participent au rayonnement de la ville. La ville d Issoudun polarise une grande partie des activités et équipements de service. Elle constitue un pôle administratif étoffé: souspréfecture, centre des impôts, trésorerie ). Issoudun constitue également un pôle important de commerces de type grands magasins franchisés qui lui permet de rayonner aux alentours. Cependant, les commerces de centre-ville d Issoudun subissent un fort turn-over, ce qui traduit une certaine fragilité. Les habitants de la zone résident en moyenne à moins de 30 minutes en voiture d un équipement de la gamme supérieure ou intermédiaire, à l exception des médecins spécialistes principalement concentrés à Issoudun et peu diversifiés. La commune de Chabris représente un pôle de services intermédiaire. Le maillage de la zone d emploi d Issoudun se complète par 4 pôles de proximité répartis de manière équilibrée sur le territoire: la commune de Neuvy-Pailloux à l Ouest, Poulaines au Nord, Reuilly situé à l Est et Vatan au centre. Ce maillage permet à tous les habitants d être à moins de 15 minutes de l ensemble des équipements de proximité. A un niveau territorial élargi, Issoudun s inscrit au centre d un réseau local étoilé compris entre les pôles En 2008, le revenu fiscal médian de la zone d emploi d'issoudun s établit à 16 966 euros soit 1 241 de moins que celui de la région Centre. Autrement dit, la moitié des habitants de la zone appartiennent à un ménage qui déclare un revenu (par unité de consommation) supérieur à 16 966 euros. La structure des revenus déclarés est marquée par la prépondérance des retraités dans la zone. La part des pensions et des retraites dans l ensemble des revenus est ainsi de 31 %, contre 26 % pour la région. Par ailleurs, la part des foyers non imposés atteint 50,5 % contre seulement 44,3 % pour la région. Nombre d équipements Nombre de % des communes communes équipées équipées % de la population équipée Nombre d équipements pour 10 000 habitants ZE région ZE région Épiceries, supérettes 20 10 19,6 67,4 66,8 5,5 3,2 Boulangeries 27 13 25,5 75,8 84,3 7,5 6,9 La Poste 10 10 19,6 72,6 77,2 2,8 2,5 Banques, caisses d épargne 20 5 9,8 58,1 66,8 5,5 5,5 Médecins, omnipraticiens libéraux 28 9 17,6 67,6 77,2 7,7 8,8 Pharmacies 13 6 11,8 63 74,3 3,6 3,6 Hébergements pour personnes âgées 10 6 11,8 62 60,8 2,8 1,7 Garde enfants d âge préscolaire 2 1 2 38,5 52,6 0,6 1,3 Equipements sportifs 231 39 76,5 /// /// 64 51 Source : INSEE, BP 2008-RP 2006, Inra UMR 1041 CESAER, Distancier Odomatrix Recensement national des équipements sportifs au 07.2010 supérieurs de Vierzon au Nord, Bou rges et Sa int- Ama nd- Montrond à l Est et Châteauroux à l Ouest. Certains équipements spécifiques restent toutefois peu nombreux sur le territoire. Ainsi, les services dédiés à la petite enfance (0-3 ans) comme les structures d accueil (crèches, multiaccueil ) sont à améliorer hors d Issoudun. De plus, l adaptation entre l offre et la demande en assistantes maternelles doit être prolongée. Les équipements de base pour la santé sont relativement moins développés: 68 % de la popula- ¹ NOTE : Définition INSEE: L INSEE définit les pôles de services (supérieurs, intermédiaires, proximité) en se référant à la nomenclature de la Base Permanente des Equipements. Une commune est considérée comme pôle de service si elle concentre au moins la moitié des équipements de la gamme. Ainsi, la gamme de proximité comporte 24 équipements (services et commerces) nécessaires à la vie quotidienne : épicerie, bureau de poste, école maternelle La gamme intermédiaire comporte 27 équipements : supermarché, gendarmerie, collège, etc La gamme supérieure comporte 36 équipements : hypermarché, lycée, maternité
Regard sur la zone d emploi d'issoudun Page 5 tion de la zone d Issoudun réside dans une commune disposant d un médecin (contre 77% au niveau régional) et la densité médicale est inférieure à celle de la région, elle-même déjà peu élevée par rapport à la moyenne nationale. Les besoins risquent d être de plus en plus pressants en raison du vieillissement de la population. Le vieillissement concerne également les médecins généralistes ce qui risque de poser des problèmes à court terme. Déplacements domicile-travail Pour pallier au problème de désertification médicale, une maison de santé pluridisciplinaire a été créée à Neuvy- Pailloux. En ce qui concerne les personnes âgées, la zone est relativement bien équipée en matière d hébergements et de services : 38,5 % de la population de la zone habite dans une commune desservie par un service d aide aux personnes âgées (29,4 % pour la région). En 2007, 7 896 actifs sortent ou entrent dans la zone d Issoudun pour travailler. 7 470 déplacements domicile travail (entrées et sorties) ont lieu entre la zone d emploi d Issoudun et les autres zones de la région Centre et 426 déplacements se font entre la zone d Issoudun et l extérieur de la région. Les échanges se font principalement avec Château- roux (3 678 entrées et sorties soit 47 % du total des déplacements hors zone), et dans une moindre mesure avec les zones d emploi de Bourges (1 151 entrées et sorties soit 14,6%), de Romorantin (853), et de Vierzon (835). Un déséquilibre accru des échanges domicile-travail vers Châteauroux La zone d Issoudun se caractérise par un léger déséquilibre des migrations domicile-travail : on compte 4 477 sorties contre 3 419 entrées. Ainsi les sorties d actifs sont 1,3 fois plus nombreuses que les entrées. Cette situation s explique par l attractivité croissante exercée par la zone de Châteauroux (on compte 1,7 fois plus de sorties vers la zone de Châteauroux que d entrées) et plus faiblement par celles de Romorantin (1,5 fois plus de sorties que d'entrées) et de Vierzon (1,2 fois plus de sorties que d'entrées). En revanche, le solde des échanges est positif avec la zone de Bourges : on compte 1,3 fois d'entrées depuis cette zone que de sorties et de La Châtre : 2,6 fois d'entrées que de sorties. Au total, le solde des navettes domicile-travail (entrées-sorties) sorties) est passé de 876 en 1999 à 1058 en 2007. Le solde avec Châteauroux est passé de 551 actifs en 1999 à 945 en 2007. Celui avec Romorantin est passé de 351 en 1999 à 183 en 2007, traduisant un affaiblissement de l influence de cette zone. Le solde avec la zone de Vierzon s élève à 88 actifs en 2007 alors qu il était positif en 1999 (+71). Parmi les actifs résidant dans la zone d'emploi d Is- soudun, près de 69 % travaillent au sein même de la zone (9 777 personnes), alors qu ils étaient 72,1 % en 1999 (9 715). Les 31 % des résidents travaillant hors de la zone vont principalement travailler dans la zone d'emploi de Châteauroux (2 312 soit 16 % des salariés résidents), de Bourges (552 soit 4 % des salariés résidents) et de Romorantin (519 soit 3,2 % des salariés non résidents travaillant dans la zone). Certains services publics de proximité comme la Poste sont un peu moins bien pourvus: 72,6 % de la population dispose d une poste dans leur commune (contre 77,2 % dans la région) et font l objet d inquiétudes liées à leur disparition. De manière générale, elle offre un ensemble d équipements sportifs (piscine, bowling, deux stades...) ainsi que culturels important et de qualité (Centre des Congrès, Palais des Expositions, Centre culturel Albert Camus...). Soulignons également la présence d une télévision locale BIP TV (BIP pour Berry Issoudun Première), créée en 2007, qui émet sur le département de l Indre ainsi que dans certaines communes limitrophes du Cher et de la Creuse. Plus de 25 % des emplois de la zone sont occupés par des non résidents. Ces actifs proviennent principalement de la zone d emploi de Châteauroux (1 366 soit 40 % des salariés non résidents travaillant dans la zone), de la zone de Bourges (599 soit 17,5 % des salariés), et de Vierzon (373 soit 10.9 % des salariés).
Regard sur la zone d emploi d'issoudun Page 6 La dynamique économique D hier à aujourd hui La moitié des emplois salariés relève de la sphère non présen- tielle Si la sphère présentielle - regroupant les activités répondant aux besoins des habitants et usagers du territoire- de la zone d'emploi d'issoudun regroupe la moitié des emplois, son poids reste moins important que dans la région Centre (51,3 % contre 64,4 % en région Centre). La sphère non présentielle - couvrant les activités de production ou contribuant à la production de biens consommés hors du territoire- est une composante essentielle du tissu économique de la zone d'emploi d'issoudun : elle regroupe 48,7 % des emplois salariés de la zone contre seulement 35,6 % pour la région Centre. L industrie y est particulièrement importante. Le "textile, cuir, habillement, chaussure" et le "matériel de transport" : des secteurs carac- téristiques de la zone d emploi Issoudun est célèbre pour le travail du cuir depuis le Moyen- Effectif salarié des établissements en 2008 (Source : Insee, CLAP) Âge. Vers 1550, un canal dérivé de la rivière Theols avait été creusé dans le faubourg et concentrait les tanneries et les mégisseries. Les peaux ainsi préparées étaient destinées aux fabricants de chaussures, puis aux relieurs et maroquiniers qui s installaient près de la source d approvisionnement. La mégisserie s est développée jusqu en 1914, employant jusqu à 600 ouvriers à Issoudun. La maroquinerie, qui au début du 20 ème siècle fabriquait portefeuilles et porte monnaies à usage populaire, puis vers 1925 des sacs à main, employait 800 personnes en 1928 et assurait des débouchés à la mégisserie. Sur l ensemble du Berry, la confection textile a occupé une place très importante à partir de 1858, à travers une grande diversité de petites entreprises employant de nombreuses ouvrières à domicile (plus de 10 000 machines à coudre vendues dans l Indre dans les années 1890). Cette activité a presque totalement disparu. Zone d emploi Nombre Structure (%) région Structure (%) Agriculture, sylviculture, pêche 163 1,7 1,3 Industrie 3 605 36,8 21,1 dont Industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution 133 1,4 2,4 Industrie agroalimentaire 295 3,0 2,4 Fabrication d'équipements électriques, électroniques, informatiques ; machines 447 4,6 3,5 Fabrication de matériels de transport 1 042 10,6 1,7 Fabrication d'autres produits industriels 1 688 17,2 11,1 Construction 615 6,3 7,6 Commerce, transports et services divers 3 106 31,7 39,6 dont Commerce ; réparation automobiles 1 052 10,7 13,3 Transports et entreposage 800 8,2 6,4 Hébergement et restauration 288 2,9 3,1 Information et communication 44 0,4 1,8 Activités financières et d'assurance 159 1,6 3,2 Activités immobilières 30 0,3 0,9 Activités scientifiques et techniques ; services administratifs et de soutien 415 4,2 7,7 Autres activités de services 318 3,2 3,2 Administration publique, enseignement, santé et action sociale 2 309 23,6 30,4 dont Administration publique 747 7,6 10,6 Enseignement 592 6,0 6,7 Santé, action sociale 970 9,9 13,1 Ensemble 9 798 100 100 Après la guerre, on assiste au déclin des mégisseries, tandis que le travail du cuir se maintient et fait d Issoudun une ville à dominante ouvrière. Aujourd hui encore, les plus grandes entreprises de la zone d emploi sont liées à ce savoirfaire du travail du cuir, quand bien même elles ont intégré d autres matériaux, en particulier les matières plastiques ou se sont orientées vers le négoce. Ces articles de luxe, réputés pour leur qualité et leur raffinement, sont exportés à 80%. Ils sont vendus dans le monde entier à travers le réseau exclusif Louis Vuitton composé de plus de 300 magasins. La Compagnie européenne de la Chaussure, filiale du groupe Vivarte, est implantée sur Issoudun depuis 1984. Ses activités sont le stockage de marchandises et l approvisionnement des magasins de chaussures discount au travers de deux enseignes, en France et à l étranger : La Halle aux Chaussures et Chaussland. Près de 400 personnes, réparties sur 3 équipes, se relaient 5 jours sur 7, pour approvisionner quelques 700 points de ventes, ce qui représente près de 50 millions de paires réceptionnées et autant de paires expédiées. Une performance que la CEC doit à une logistique axée sur l optimisation des flux et à un partenariat avec les entreprises locales de transport. Ainsi, la prédominance de l industrie concerne essentiellement l'industrie du textile, de l'habillement, du cuir et de la chaussure (7,9 % des effectifs de la zone contre 0,6 % en région). L importance de ce secteur est liée à la présence de la société des Ateliers Louis Vuitton et de la Compagnie européenne de la Chaussure. La prépondérance de l'industrie dans la zone d'emploi d'issoudun s'explique également par le poids du secteur de la fabrica- Louis Vuitton, "le plus grand tion de matériels de transport maroquinier du monde" est le qui représente 10,6 % des effectifs salariés de la zone (contre symbole d une légende qui a fait le tour du monde. L un des 1,7 % en région Centre). Cette noms français les plus prestigieux est associé au départe- part élevée s explique principalement par l implantation de ment de l Indre depuis 1987. l établissement SICMA AERO L expansion de l activité a SAT qui emploie près de 890 conduit la Société des Ateliers salariés. Louis Vuitton à s agrandir en plusieurs unités. A ce jour, les deux ateliers issoldunois emploient Le numéro 2 mondial de la fabrication de sièges d avions est 513 salariés et produi- présent à Issoudun depuis sent une grande diversité de modèles de maroquinerie : sacs de ville, portefeuilles, porte clés, etc. 1944. Il y possède quatre unités. Filiale du groupe Zodiac, l entreprise travaille avec les grandes compagnies aériennes internationales. Elle est aussi implantée aux USA, aux Emirats Arabes Unis, en Allemagne, en Australie, en Chine et au Brésil. A côté de ces entreprises importantes, la zone d emploi bénéficie d un tissu de PME industrielles diversifié. Effectif salarié selon les sphères de l économie en 2008 (Source : Insee, CLAP) Postes salariés % ZE % région Ensemble 9 798 100 100 Sphère non présentielle 4 767 48,7 35,6 dont domaine public 7 0,1 0,8 Sphère présentielle 5 031 51,3 64,4 dont domaine public 2 170 43,1 35,6 Note : Les activités présentielles sont les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, qu'elles soient résidentes ou touristes. Les activités non-présentielles sont les activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et des activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère. Les activités du domaine public sont partagées entre la sphère présentielle et la sphère non présentielle. Un établissement appartient à ce domaine s il fait partie d une entreprise de catégorie juridique 7 (Personne morale ou organisme soumis au droit administratif) ou si plus de la moitié de son effectif fait partie de la fonction publique d état.
Page 7 Regard sur la zone d emploi d'issoudun Entreprises Liste des 20 plus grands établissements publics et privés de la zone d'emploi d'issoudun (2008 actualisée) Raison sociale Taille de l'établissement Activité SOC INDUSTRIELLE COMMERCIALE MATERIEL AERONAUTIQUE 750-999 salariés Fabrication de matériels de transport CIE EUROPEENNE DE LA CHAUSSURE 250-499 salariés Transports et entreposage CENTRE HOSPITALIER LA TOUR BLANCHE 250-499 salariés Activités pour la santé humaine SOC DES ATELIERS LOUIS VUITTON Issoudun 250-499 salariés Fab. textiles, ind. habillement, cuir et chaussures SOC DES ATELIERS LOUIS VUITTON Conde 200-249 salariés Fab. textiles, ind. habillement, cuir et chaussures COMMUNE D ISSOUDUN 150-199 salariés Administration publique LIMOISE DISTRIBUTION CENTRE LECLERC 150-199 salariés Commerce ; réparation d'auto. et de motocycles SERMAT ETUD REAL MACHI TOURNAN 100-149 salariés Fabrication d'équipements électriques CTRE DE SOINS COMMUNAL POLYHANDICAPES 100-149 salariés Hébergmt médico-social et social et action sociale TRANSPORTS VAN DE WALLE 100-149 salariés Transports et entreposage SAINTE LIZAIGNE SA 100-149 salariés Fabrication de machines et équipements n.c.a. TRIGANO REMORQUES 100-149 salariés Fabrication de matériels de transport MULTIS 100-149 salariés Activités de services administratifs et de soutien PLASTIC SYSTEM PACKAGING 50-99 salariés Fab. produits en caoutchouc et en plastique MECI 50-99 salariés Fab. de produits informatiques, électroniques LYCEE PROFESSIONNEL JEAN D'ALEMBERT 50-99 salariés Enseignement SOCIETE D'EXPLOITATION DES TRAITEMENTS DE SURFACE 50-99 salariés Métallurgie et fabrication de produits métalliques MINOTERIES CANTIN 50-99 salariés Fab. denrées alimentaires, boissons et prdts DIRECTION DEPARTEMENTALE DE L'EQUIPEMENT 50-99 salariés Administration publique COLLEGE HONORE DE BALZAC 50-99 salariés Enseignement Source : INSEE - CLAP 2008 En 2009, la zone d emploi d'is- Ainsi, 25,4 % des salariés de la soudun compte près de 1 300 zone d emploi d'issoudun travail- entreprises, soit 1,3 % des entreprises implantées en région Cenlent dans un établissement dont le siège social n est pas en région Centre (contre 34,2 % pour tre. Regroupant 60,7 % et 10,0 % le Centre). Plus précisément, des entreprises, les secteurs 22,5 % des salariés de la zone "commerce, transports, services d'emploi d'issoudun travaillent divers" et "administration, enseignement, santé, action sociale" sont moins importants qu en dans un établissement dont le siège social se trouve en Ile-de- France (23,6 % en région). région (respectivement 62,5 % et 12,5 %). La proportion d'entreprises est, en revanche, plus importante dans l industrie (14,1 % contre 9,1 % en région Centre) Plus de 150 entreprises créées en 2009 En 2009, 158 entreprises ont alors qu'elle est comparable été créées dans la zone d emploi dans la construction (15,2 %). d'issoudun, soit 0,9 % des créations de la région Centre. Avec 545 entreprises en 2009, l'artisanat occupe également un poids plus important qu'en région puisqu'on dénombre 151 entreprises artisanales pour 10 000 habitants dans la zone contre 139 en moyenne régionale. Parmi les 1 535 établissements 1 que compte la zone d'emploi en 2009, 142 ont leur siège social hors de la région Centre (soit 9,3 % des établissements de la zone contre 10,4 % en moyenne régionale). 6,1 % des établissements de la zone dépendent d'un siège social implanté en Ile-de-France (6,4 % en moyenne régionale). Population active Une population active légère- ment en hausse depuis 1999 Le nombre d actifs sur la zone d emploi d Issoudun est passé de 15 213 à 15 612 entre 1999 et 2007, soit une augmentation Ce sont les secteurs "commerce, transports, services divers" et "construction" qui créent le plus d'entreprises, avec respectivement 70,3 % et 16,5 % des entreprises créées. Les secteurs de l industrie et de l'administration, enseignement, santé, action sociale ont connu le moins de créations, avec des parts respectives de seulement 10,1 % et 3,2 %. Un taux de création faible Avec 12,8 %, le taux de création de 0,3 % par an en moyenne alors qu il augmente de 0,7 % par an en moyenne en région Centre. La période 1999-2007 marque une inversion de tendance par rapport aux périodes 1982-1990 et 1990-1999 du- % 16 14 12 10 8 6 4 2 0 T aux de créatio n d'entreprises par secteur en 2009 Ensemble (Source : Insee, REE Sirène/ Champ : act ivit és marchandes hors agricult ure) Industrie ZE Issoudun non auto-entrepreneurs ZE Issoudun auto-entrepreneurs Construction d entreprise de la zone d emploi d'issoudun est inférieur à celui de la région Centre (18,7 %). La zone se place au dernier rang des zones d emploi de la région en termes de taux de création. Si tous les secteurs affichent un taux de création inférieur à celui de la région, l'écart est moins important dans le secteur de l'industrie (9,2 % pour la zone d'issoudun contre 11,2 % en région). rant lesquelles la population active a diminué respectivement de 0,4% par an en moyenne et 0,1% par an (contre +0,6 % et +0,5 % en moyenne annuelle en région Centre). Commerce, transports, services divers Administration, enseignement, santé, action sociale Région Centre non auto-entrepreneurs Région Centre auto-entrepreneurs Près des deux tiers des entreprises créées sont des autoentreprises. Le taux de créations d'auto-entreprises est de 8,4 % (contre 4,5 % pour les autres créations). Ce taux est particulièrement élevé dans le commerce, transports, services divers, contrairement au secteur de la construction où la création est plus importante p o u r l e s n o n a u t o - entrepreneurs. Une part élevée des ouvriers et agriculteurs exploitants Moins diplômée que la moyenne régionale, la population active de la zone d emploi d Issoudun se caractérise (1) Note : Il convient de ne pas confondre entreprise et établissement. L'établissement est une unité de production géographiquement individualisée, mais juridiquement dépendante de l'entreprise. Ainsi, une même entreprise peut très bien avoir plusieurs établissements, si elle exerce son activité de façon permanente dans plusieurs lieux distincts.
Regard sur la zone d emploi d'issoudun Page 8 essentiellement par une forte proportion d ouvriers : 35,9 % des actifs contre 28 % en Région Centre, du fait d une forte spécialisation industrielle. Il convient également de noter que la part des agriculteurs est deux fois plus importante sur la zone que la moyenne régionale : 4,1 % contre 2,2 % en région. Les cadres et professions intellectuelles supérieures sont, quant à eux, sous-représentés dans la zone d Issoudun : 7,2 % contre 11,3 % en région. De Emploi salarié Des pertes d'emplois dans l'industrie, l'agriculture et la cons- truction Entre 1999 et 2007, l emploi salarié s est accru de seulement 0,1 % par an en moyenne (0,7 % en région Centre). Après une forte expansion de l'emploi entre 1999 et 2000 (+5,6 %) puis une période de stagnation jusqu'en 2003 (+0,03 % par an en moyenne), la zone connaît une forte régression de l'emploi salarié jusqu'en 2007 (-1,2 % par an en Tertiaire Construction Industrie Agriculture Chômage Une aggravation du chômage pour les hommes Le taux de chômage de la zone d emploi d Issoudun est proche de la moyenne régionale et suit les mêmes évolutions. Après une diminution du chômage de 2 points de 1999 à 2000, puis une relative stagnation en 2001, la zone a connu une hausse du taux de chômage à partir de 2002. Le chômage repart à la baisse en 2006 et 2007. Ces évolutions conjoncturelles concernent essentiellement les hommes, principalement en raison de leur forte présence dans l industrie. Dès le début de l année 2008, on observe une aggravation du même, les professions intermédiaires représentent 16,9 % des actifs dans la zone contre 23,2 % en région. Cependant, ces catégories socio-professionnelles sont mieux représentées qu en 1999 puisque leurs parts ont augmenté de respectivement 1,8 point pour les cadres et 1,2 point pour les professions intermédiaires. La part d ouvriers, en revanche, a diminué de 3,7 points entre 1999 et 2007, tout comme celle des agriculteurs (-1,3 point). moyenne). Le tertiaire est le seul secteur à voir ses effectifs augmenter : ils progressent de +0,5 % par an en moyenne. Le secteur reste toutefois moins présent qu'en moyenne régionale (58,7 % dans la zone contre 72,6 % en région). L'agriculture et la construction sont les principaux secteurs à l'origine de la faible croissance de l'emploi puisqu'ils subissent des pertes respectives de -2,1 % et Structure de l'emploi salarié en 2007 : Comparaison ZE Issoudun - région Centre (Source : Insee, Estimations d'emploi) 0 10 20 30 40 50 60 70 80 % chômage, qui s accentue fortement en 2009. La dégradation est aussi forte qu en région, sauf à partir du dernier trimestre 2009 où la hausse est plus pro- % 11 10,5 10 9,5 9 8,5 8 7,5 7 6,5 6 5,5 5 1999-T1 ZE Issoudun Région Centre R épartitio n de la po pulatio n active par catégo rie so cio pro fessio nnelle (Source : Insee, RP 2007 exploitations principales) Ouvriers Employés Professions intermédiaires Cadres et professions intellectuelles supérieures Artisans, commerçants, chefs d'entreprise Agriculteurs exploitants Emploi salarié sur la zone d'emploi d'issoudun (Source : Insee, Estimations d'emploi) 12 000 11 800 11 600 Emploi salarié 11 400 11 200 11 000 10 800 10 600 10 400 10 200 10 000 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007-1,0 % par an en moyenne entre 1999 et 2007. La construction est d'ailleurs sousreprésentée dans la zone (5,7 % contre 6,8 % en région) alors que l'agriculture affiche un poids comparable (1,6 %). noncée dans la zone. Les jeunes et les hommes sont les premiers concernés par cette aggravation du chômage. Evolution du taux de chômage (Source : Insee, Taux de chômage localisés trimestriels) Issoudun Région Centre 2000-T1 2001-T1 2002-T1 2003-T1 2004-T1 2005-T1 2006-T1 2007-T1 2008-T1 2009-T1 2010-T1 ZE Issoudun Région Centre 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Dans l'industrie, les effectifs diminuent de -0,2 % par an en moyenne. Malgré cette baisse, l'industrie reste un secteur très caractéristique de la zone, regroupant 34,1 % des effectifs contre 19,3 % en région Centre. Les pertes d emplois industriels se situent principalement dans le "textile, cuir, habillement, chaussure" et dans la "fabrication de matériels de transport". En parallèle, les entreprises de travail temporaire accroissent fortement leurs effectifs. En 2008, la baisse des effectifs salariés du secteur privé touche principalement les sociétés d'intérim et la construction. De faibles tensions sur le mar- ché du travail Le taux de tension (rapport entre les offres et les demandes enregistrées) est un des plus faibles de la région (0,53). Avec la dégradation du marché du travail, les tensions ont diminué en 2008 (0,66) et 2009 (0,53). Ainsi, en 2009, 1 104 offres d emplois étaient proposées pour 2 093 demandeurs. On observe toutefois de fortes tensions dans le secteur du tertiaire, en particulier dans les secteurs des activités de services administratifs et de soutien, de la santé humaine et de l action sociale et de l enseignement. %
Page 9 Regard sur la zone d emploi d'issoudun La formation tout au long de la vie Formation initiale Panorama des effectifs en formation initiale Écoles du sanitaire et social 32 Étudiants 264 Second degré 897 3ème professionnelle 15 Lycéens - voie géné. & techno. 470 Lycéens - voie pro. 412 La zone d Issoudun compte trois lycées, un institut de for- mation d aide soignant, une antenne de l institut universitaire technologique et une anten- ne du CFA interuniversitaire, pour un effectif total de 1 193 élèves. L offre de formation de la zone se caractérise par une plus grande présence des domaines Transport et logistique. Celle-ci s explique notamment par le tissu économique local, qui regroupe sur le territoire d Issoudun deux grandes entreprises de transport (CIE Européenne de la chaussure et Transports Van de Walle). Les formations aux métiers du cuir, du textile et de l habillement sont également surreprésentées sur Issoudun. Ces filières Vêtements de peaux et Maroquinerie dispensées au lycée professionnel Jean d Alembert reprennent le flambeau d activités traditionnelles de maroquinerie d Issoudun (entreprises Vuitton, SICMA AERO SEAT SA ) et attirent de nombreux élèves de toute la France. Par ailleurs, l IUT de l Indre propose notamment sur le site FORMAPOLE d Issoudun une formation dans le domaine du commerce qui occupe une grande part des effectifs. Cette formation a la particula- Les établissements de formation de la zone d Issoudun Nom de l établissement Effectifs 2009 Lycée Honoré de Balzac 415 Lycée professionnel Jean d Alembert 363 Lycée privé Saint Cyr 119 Institut de formation d aide-soignant 32 Institut universitaire technologique de l Indre (antenne) liés au Centre de formation d apprentis interuniversitaire Région Centre (apprentis étudiants) 264 dont 19 rité d être la seule dispensée en apprentissage dans la zone. L IUT propose également un DUT «Gestion logistique et transport» ainsi qu une licence professionnelle de Communication et commercialisation des produits culturels. 50% 45% 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% Répartition par domaine des effectifs formés dans la zone d emploi, dans les zones voisines et dans la région Effectifs zone Effectifs zones voisines Effectifs Région Formations générales Administration, gestion, finances Santé Commerce, vente Travail des métaux, mécanique Serv. sociaux, serv. aux particu. Électricité, électronique Agriculture Bâtiment, travaux publics Hôtellerie, restauration, tourisme Alimentation Arts et spectacles, communic. Industries de transformation Réparation automobile Bois et matériaux associés Propreté, sécu., serv. aux collectiv. Transport logistique Cuir, textile et habillement Autres Industries graphiques Zones voisines : Bourges, Châteauroux, La Châtre, Romorantin, Saint-Amand- Montrond et Vierzon
Regard sur la zone d emploi d'issoudun Page 10 Évolution des effectifs par niveaux cumulés 1 400 1 200 1 182 1 213 1 178 1 108 157 298 314 264 1 000 Niveaux 1 à 3 (post-bac) 800 Niveau 4 (géné. et techno.) 478 476 463 470 Niveau 4 (pro.) 600 Niveau 5 (CAP/BEP) 400 162 Total 146 174 274 200 311 262 262 170 0 Effectifs zone 2006 Effectifs zone 2007 Effectifs zone 2008 Effectifs zone 2009 Des effectifs en légère augmentation, au profit des baccalauréats professionnels Tous niveaux confondus, les effectifs ont augmenté de 70 jeunes entre 2004 et 2009 sur Issoudun. Les évolutions entre les niveaux de formation sont contrastées. Alors que les effectifs de niveau CAP/BEP régressent, ceux de baccalauréat professionnel augmentent fortement. Cet écart résulte en partie par la mise en place d un nouveau parcours de formation dans les lycées professionnels, qui ont vu disparaître les traditionnels BEP au profit de nouveaux baccalauréats professionnels en trois ans (au lieu de deux). Formation continue Parmi les formations notables de la zone d emploi, on compte la première formation de «Managers du monde de la musique», qui a désormais plus de 20 ans d existence. Dans le même domaine, il existe également une formation de «Régisseurs de Production» et de «Backliner», véritable auxiliaire de l artiste musicien. Dans tous ces cas, le but est de prendre en compte l émergence de nouveaux profils professionnels, encore absents des dispositifs traditionnels de formation professionnelle. Issoudun accueille également un Centre AFPA, qui forme des stagiaires, d une part dans le domaine de la formation et de l insertion (conseiller en formation professionnelle/formateur professionnel pour adulte), d autre part dans le domaine des arts graphiques (infographiste metteur en page / monteur graphiste vidéo/ opérateur de prise de vue vidéo / infographiste en multimédia). La formation des demandeurs d emplois 2010 L acquisition des savoirs de base 2010 Les visas libres savoirs proposés par la Région Centre permettent d acquérir les savoirs essentiels à tout individu pour être autonome dans la société de la connaissance. 30 visas compétences Jeunes ont été délivrés par la Région en 2010.
Page 11 Regard sur la zone d emploi d'issoudun L agriculture et le tourisme Agriculture Les grandes plaines de la Champagne Berrichonne produisent essentiellement des céréales (blé, maïs, orge). Une partie de ces productions est transformée à travers la minoterie Cantin pour le blé, et les malteries franco-suisses pour l orge. On doit noter que depuis son rachat en 1993, la malterie, maintenant propriété d Epi Centre, a fait passer la production de 70 à 160 000 tonnes annuelles. Des initiatives sont en cours afin d explorer les possibilités de valorisation de la paille comme combustible, ou comme matériaux isolant de construction. Par ailleurs, on compte 3 Appellations d Origine Protégées : Le vin de Reuilly La lentille verte du Berry Le fromage de chèvre de Valençay et de Selles-sur-Cher le vin de Valençay Tourisme Rattachée à la champagne berri- chonne, la zone d Issoudun n est pas, par nature, une destination touristique majeure de la région Centre : elle est un espace de transition entre la Sologne et la Brenne. Elle évoque, sur le plan littéraire, «La Rabouilleuse», roman d Honoré de Balzac, paru en 1842 ; sur le plan culturel, le musée de l Hospice Saint-Roch, qui s est ouvert à la création contemporaine depuis 1995, et la Tour Blanche, donjon médiéval construit à la fin du XII e siècle, à la demande de Richard Cœur de Lion. Le développement touristique du territoire est tiré par l appellation viticole «Reuilly», qui s étend sur 7 communes et 186 hectares, et dont la promotion est assurée par le Bureau Interprofessionnel des Vins du Centre (BIVC). Le musée de la vigne et du vin de Reuilly attire près de 10 000 L idée de produire des protéines pour l alimentation du bétail est explorée, avec l objectif de nourrir les troupeaux des zones d élevages voisins, pour l heure dépendantes des importations de tourteaux de soja. Enfin, des efforts sont réalisés pour sauvegarder et valoriser la biodiversité domestique à travers deux espèces menacées de disparition : visiteurs par an, ce qui en fait le premier site de visite de la zone, loin devant le musée du cirque de Vatan (4 000 visiteurs). 7 campings, d une capacité totale de 927 lits, accueillent un public familial, en particulier étranger (2/3 de la clientèle), dont le camping municipal de Chabris, représentant le tiers de l offre de cette forme d hébergement. 9 hôtels peuvent héberger 348 personnes au total ; 8 d entre Une espèce végétale : le cépage Genouillet qui était dominant avant la crise du phylloxera et qui a été délaissé par les vignerons. Une espèce animale : le mouton Berrichon de l Indre, qui était utilisé au début du XIX ème siècle pour la laine et la viande. eux sont également restaurants. Sur le plan gastronomique, le restaurant «La Cognette», à Issoudun, est un des fleurons de l association interdépartementale des «Tables Gourmandes du Berry», regroupant 23 professionnels, et le seul établissement de l Indre étoilé au guide Michelin 2010. 4 Offices de Tourisme accueillent et orientent les visiteurs, à Chabris, Issoudun, Reuilly et Vatan.
Regard sur la zone d emploi d'issoudun Page 12 Changement climatique, énergie et environnement Bilan des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) Les émissions annuelles de GES de la zone d emploi d Issoudun s élèvent à 334 460 teqco2 (1,76% des émissions régionales), soit environ 9,3 teqco2 / habitant. (NB : teqco2 =tonne équivalent de CO2). L agriculture, le secteur le plus émetteur de la zone : 39% des émissions de GES de la zone d Issoudun proviennent du secteur agricole (contre 23% en région Centre en moyenne) : il s agit du secteur le plus émetteur de la zone. Il participe à 3,5% des émissions régionales issues de l agriculture. Parmi les cultures de la zone, celle du blé produite sur 37 800 ha (soit 46% de la surface agricole) participe à hauteur de 50% dans les émissions de GES, celle du Colza à hauteur de 25 %, celle de l orge à hauteur de 14%. Patrimoine naturel Pour ces trois types de cultures, les fertilisants synthétiques sont les plus émetteurs. Le transport, un secteur impor- tant dans les émissions de GES : En matière de transport, les émissions de gaz à effet de serre sont dues à la mobilité des personnes (14%), à laquelle s ajoute le transport des marchandises généré par l activité du territoire (15%). Les modes routiers (voitures particulières et camions) représentent 90% des émissions de la mobilité des personnes et 81% des émissions du fret. En ce qui concerne les motifs de déplacement, les déplacements domicile-travail sont à l origine de 48% des émissions de GES, ils constituent en effet les trajets les plus longs ( environ 23 km/ déplacements) et sont effectués à 89% en voiture. Répartition des émissions de GES de la zone d emploi et de la région Centre par secteur (hors UTCF : Utilisation des Terres, leurs Changements et la Forêt, soit des «puits d absorption de carbone») : Source : Bureau d études Energies demain/région Centre. 2010. Les bâtiments, 3ème secteur émetteur de GES: Le secteur du bâtiment contribue à hauteur de 23% dans les émissions de GES de la zone (contre 28% en région). Les émissions sont essentiellement causées par le secteur résidentiel (18% du total). Ceci s explique notamment par la part importante des logements anciens construits avant 1975, date de la première réglementation thermique en France. Ils représentent 73% du parc de logement. Leur consommation d énergie est donc élevée (en moyenne 240 kwh/m²/an), principalement en raison du chauffage (80% de la consommation). Les énergies fossiles représentent 51% de la consommation énergétique (dont 23% pour le fioul) et sont responsables de 80 % des émissions du secteur (dont la moitié pour le fioul). Le paysage est marqué par les exploitations céréalières, coupées par les vallées du Théols et de l Arnon où se concentrent les milieux humides d'importance. Le territoire est également traversé par le Cher, le Renon, le Nahon et le Fouzon. Le Boischaut Nord est une autre région naturelle, caractérisée par ses boisements et ses parcelles de petite taille. Une grande partie Nord est classée Natura 2000 ou ZNIEFF (Zones Naturelles d Intérêt Écologique Faunistique et Floristique) notamment du fait de la présence de l Outarde Canepetière espèce faisant l objet de mesure de conservation spéciale afin d assurer sa survie et sa reproduction. Les carrières de Chéret à Ambrault et le bois du roi aux Bordes sont la propriété du Conservatoire du Patrimoine Naturel de la Région Centre, du fait de leurs caractéristiques paysagères exceptionnelles et de la présence d espèces protégées. En 2006, a été inaugurée la seule réserve forestière intégrale de la région Centre dans la forêt de Chœur Bommiers, avec un projet d étude sur le fonctionnement de la biodiversité sans intervention de l homme. Il existe un véritable enjeu collectif autour de la thématique de l eau, à la fois sur le plan quantitatif (sécheresse) comme sur le plan qualitatif (taux de nitrate). Ce document a été réalisé par les services du Conseil Régional, avec l aide de l INSEE Centre.