Le Hall Jourdain de la Samaritaine se dévoile Sébastien Chabas, le 12/05/2016 à 19:12 VISITE. Après huit mois de chantier de rénovation minutieuse à la Samaritaine, le patrimoine architectural parisien Art nouveau/art déco hérité des architectes Jourdain et Sauvage est en train d'être transformé par les équipes de Vinci Construction et l'agence Sanaa, prix Pritzker 2010. La livraison est prévue fin 2018. Après un début de chantier mené tambour-battant, démarré en septembre 2015, le projet de rénovation de la Samaritaine, le plus grand magasin de la capitale, porté par le groupe de luxe LVMH entre dans sa phase concrète notamment au niveau du Hall Jourdain, l'un des trois bâtiments concernés aux côtés de Rivoli et Sauvage. Au final, il s'agit d'une opération minutieuse réalisée par les équipes de Vinci Construction et l'agence Sanaa, prix Pritzker 2010.
Ainsi, sous la grande verrière réalisée en 1980, l'immense fresque jaune Art nouveau qui parcourait tout le 5ème étage du Hall Jourdain a été décrochée. Et l'ensemble de la ferronnerie de l'escalier monumental de 1907 a lui aussi été retiré. Place aujourd'hui à des vastes opérations minutieuses de curage, démolition et de reprises en sous-œuvre. Une période de pointe de 1.000 ouvriers dans moins de six mois Ce sont près de 450 compagnons dont 200 de chez Vinci Construction qui poursuivent depuis huit mois la restructurationdes 72.000 m² de surfaces. Avant que 1.000 ouvriers s'engagent dans moins six mois pendant une période prévue d'un an et demi. Opération minutieuse pour la stabilisation des façades
"Sur la partie Jourdain, nous sommes effectivement en cours de restructuration des planchers et la réalisation du chantier provisoire pour la stabilisation des façades, nous explique Guillaume Duché, directeur de projet développement chez Vinci Construction France. Notre objectif est clair : démarrer sous quelques mois la démolition massive du cœur de l'îlot, c'est pour cela que nous entreprenons des opérations de curage et démolition de toiture au niveau 6." L'hétérogénéité des structures Le directeur du projet de chez Vinci Construction reconnaît également le défi de cette restructuration colossale : "La plus grande problématique a été l'hétérogénéité des structures que nous avons découvertes, poursuit-il. Nous sommes sur plusieurs bâtiments et compositions de structures différentes, il faut trouver la liaison et la limite entre les bâtiments historiques."
La façade de Jourdain en verre et en acier. Côté urbanisme, les architectes Kazuyo Sejima Kazuyo et Ryue Nishizawa, de l'agence Sanaa ont beaucoup travaillé sur les façades existantes du bâtiment qui sont chacune marquées par"une époque avec une architecture particulière", notamment la façade Jourdain en verre et en acier. "Au final, on a une articulation essentielle à tenir qui est la réalisation des ouvrages de stabilité de la façade Jourdain, qui va nous permettre d'avancer dans l'opération de démolition", poursuit Guillaume Duché.
Sébastien Chabas, le 12/05/2016 à 19:12 Un ensemble d'éléments en cours de restauration Rappelons, en effet, que les compagnons et artisans spécialisés ont retiré ces moisci tous les éléments sensibles du vaste immeuble côté Seine et de la partie sous verrière. " On a justement déposé la fresque sur la partie verticale et on ira bientôt déposé les vitrages, nous précisent les équipes de Vinci. Ces éléments sont effectivement en cours de restauration notamment dans le Périgord, à Hautefort (Dordogne). L'ensemble de ces pièces sera naturellement replacé à la fin du chantier sur une période encore non déterminée fin 2017-fin2018."
Sébastien Chabas, le 12/05/2016 à 19:12 Les fresques retrouveront toutes leurs colorimétries d'origines D'autant plus que les fresques vont être remises en état et retrouveront toutes les colorimétries d'origine. De plus, la marquise extérieure a également été démontée de même que les laves émaillées de la façade.
Reprises en sous-œuvre et terrassement sur la partie Rivoli En revanche, sur la partie Rivoli, les équipes de Vinci sont en cours de réalisation des ouvrages, de reprise en sous-œuvre et de terrassement, précise également le directeur de projet Développement de Vinci Construction. "Quant à la partie Cheval Blanc, nous avons attaqué la réalisation des ouvrages de noyaux béton armé des cages d'ascenseurs et cages d'escaliers et nous sommes en train de restructurer les planchers sur les niveaux 3 et 5", conclut-il.
Défi logistique et réglementaire Autre grand défi : la logistique et l'aspect réglementaire en raison des contraintes incendie qui sont très particulières dans un bâtiment commercial. "Nous avons tout d'abord installé une base de vie dans la proximité immédiate du chantier pour éviter les déplacements de personnels en voirie et nous avons créé exceptionnellement une 'rue' en sous-sol pour faciliter la circulation des gravats par voie de camion", complètent les équipes de Vinci Construction. Au final, ce seront 120 camions qui circuleront ici chaque semaine en période de pointe."
Restructuration sur 72.000 m² de surface Au final, en 2018, on y trouvera donc de multiples commerces, des bureaux... auxquels il faut ajouter un hôtel de luxe qui comportera 72 chambres et suites, ainsi que 96 logements sociaux et une crèche de 60 berceaux. Et cette fameuse façade vitrée de 73 mètres de large sur 25 mètres de haut, qui a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années... "Ce sera effectivement le plus gros chantier sur un monument historique du cœur de Paris des vingt prochaines années", nous assure Marie-Line Antonios, directrice générale de la Samaritaine, qui vise désormais une livraison pour une ouverture simultanée fin 2018. Quant au budget, il n'a pas évolué : il est évalué entre 460 et 500 millions d'euros.
Fiche technique Maître d'ouvrage : La Samaritaine Maîtrise d'ouvrage déléguée (hôtel) : LVMH Hôtel Management Entreprise générale : groupement Vinci Construction France Maître d'œuvre d'exécution : Egis Agence Sanaa : architectes de conception Cabinet Lagneau : architecte du patrimoine SRA architectes : architectes d'opérations de bureaux et commerces OAL, maison Edouard François pour la conception du projet hôtel et décorateur de l'hôtel : Peter Marino Brugel architectes associés, architecte d'opérations logement et crèche RFR : façades et verrières Durée : 36 mois de chantier à partir de septembre 2015 pour une livraison simultanée prévue en fin 2018 de tous les programmes Coût : entre 460 et 500 millions d'euros d'investissement