La transformation démographique de Montréal et de la région métropolitaine LES MOUVEMENTS MIGRATOIRES Septembre 25 Division de l analyse et du marketing Direction de la planification stratégique Service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine Une croissance basée sur la migration L évolution démographique de Montréal est fortement dépendante des mouvements migratoires de la population, l accroissement naturel (Graphique 2) n étant pas, depuis quelques années, suffisant à assurer sa croissance. Or, la marge de manœuvre est ténue. Un ralentissement de l une ou l autre de ces composantes démographiques pourrait provoquer le déclin de la population de la ville. Les données de 24, démontrent la fragilité de la situation. L accroissement annuel de la population de la ville (Graphique 3) est évalué à un peu plus de 7 55 habitants supplémentaires. L accroissement naturel, soit l excédent des naissances sur les décès, a permis à la ville de gagner un peu plus de 5 3 nouveaux habitants, tandis que l accroissement migratoire présente un excédent de 2 23 (Graphique 1). Une analyse plus en profondeur de l accroissement dû à la migration en 24, permet de constater que sans l apport de l immigration, la ville aurait subi des pertes significatives de population au détriment des régions du Québec ou des autres provinces canadiennes. En effet, si l accroissement migratoire a affiché un résultat positif, c est grâce à l arrivée de 33 6 immigrants internationaux. Le nombre d immigrants a effectivement dépassé le nombre d émigrants de près de 29 3 personnes. Ce n est que depuis les cinq dernières années que l accroissement migratoire peut enfin afficher un solde positif. Depuis 1999, l excédent des entrants sur les sortants s est constamment localisé au-dessus de la barre du zéro, sauf en 23. Bien sûr, si l immigration avait été nulle au cours de ces années, la ville aurait fait face à une décroissance de sa population qui s évalue en moyenne à 22 personnes annuellement. Graphique 1 Accroissement migratoire annuel, ville de Montréal 1992-24 12 8 4 2 267 8 34 8 36 6 515 2 23-1 215-1 935-4 -3 365-3 54-4 784-5 62-8 -8 532-9 21-12 Graphique 2 Accroissement naturel annuel, ville de Montréal 1992-24 1 9 8 849 8 71 8 7 6 5 4 3 7 727 7 615 7 328 6 741 5 674 5 323* 4 757 4 954 4 891 4 719 4 74 * Le nombre de décès pour 24 a été estimé par la Ville de Montréal.
Graphique 3 Accroissement total annuel, ville de Montréal 1992-24 15 12 9 6 3-3 -361 6 136 4 362 4 274 2 831-1 791 54 7 24 13 59 12 776 11 469 3 848 7 553 Depuis 1991, seul le solde migratoire international (Graphique 4) a su maintenir un surplus des entrants sur les sortants avec une moyenne de 21 7 immigrants supplémentaires par année sur le volume d émigrants. Le solde migratoire interprovincial (Graphique 5) a affiché un bilan négatif de façon régulière depuis toutes ces années, avec un surplus annuel moyen de 6 998 personnes qui ont quitté Montréal pour une autre province canadienne. Au total, depuis 1991, plus de 198 2 Montréalais sont allés vivre dans une autre province canadienne, pendant que 17 2 Canadiens originaires d une autre province ont emménagé à Montréal. Il faut toutefois souligner que depuis 1998, on observe un ralentissement de cette fuite vers les autres provinces, le bilan le plus faible de ces douze dernières années ayant été observé en 23 alors que le déficit atteignait à peine 2 8 personnes. Le déficit le plus élevé est sans nul doute observé dans les échanges intraprovinciaux (Graphique 6). Le bilan de la période 1991-24 permet de constater qu en douze ans, 769 6 Montréalais ont quitté leur ville pour s installer ailleurs au Québec alors que 567 8 personnes originaires d une des régions de la province ont choisi de vivre à Montréal, un surplus moyen de sortants de 15 5 personnes par année. Carte 1 Portrait de la dynamique démographique de Montréal 24 Note : Cette carte est inspirée de celle présentée sur le site www.santepub-mtl.qc.ca Source : ISQ. 2
Si la tendance perdure, ce n est pas l accroissement naturel qui viendra soutenir l équilibre démographique de Montréal. Depuis 1991, l écart entre les naissances et les décès s amenuise peu à peu. Le nombre de décès étant plutôt stable pendant toutes ces années, on assiste, tel que mentionné précédemment, à une baisse lente mais constante du nombre de naissances. C est aussi le cas de l ensemble du Québec 1, selon ce que rapporte l Institut de la statistique du Québec (ISQ) dans son bulletin Données sociodémographiques en bref de février 24 : «On assistera à une augmentation graduelle du nombre annuel de décès, jusqu à un doublement, alors que celui des naissances stagnera et qu il pourrait même diminuer. À moins d un bouleversement inattendu, l accroissement naturel de la population deviendra négatif. La date du point de rupture reste toutefois approximative. Le scénario de référence l établit vers 221, mais ce pourrait être bientôt en 29 ou vers la fin des années 22, selon les deux autres scénarios.» Graphique 4 Solde migratoire international, immigration et émigration, ville de Montréal 1992-24 4 3 2 1 Immigrants 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2 21 22 23 24 Émigrants Solde migratoire international Graphique 5 Solde migratoire interprovincial, ville de Montréal 1991-24 Graphique 6 Solde migratoire intraprovincial, ville de Montréal 1992-24 21 Solde migratoire interprovincial 85 Solde migratoire intraprovincial 75 16 11 65 55 45 6 35 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2 21 22 23 24 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2 21 22 23 24 Entrants Sortants Entrants Sortants Des prévisions encourageantes Par ailleurs, selon les projections de population préparées par l ISQ, Montréal s en tire plutôt bien comparativement aux autres régions administratives du Québec. L accroissement naturel prévu s avère positif pour les 25 prochaines années, soit un surplus annuel des naissances sur les décès de 4 personnes en moyenne pour la période 21-211 et de 2 4 personnes par année entre 211-226. L ISQ prévoit également un bilan migratoire positif pour les prochains 25 ans. Selon les prévisions pour la période 21-211, la ville de Montréal devrait recevoir en moyenne un surplus de 6 8 personnes en provenance de l extérieur de l île par rapport au volume de Montréalais qui quittent la ville. Le scénario migratoire pour 211-226 est encore plus optimiste : la ville devrait connaître un bilan migratoire positif moyen de 8 4 personnes annuellement. 1 Rappelons que le poids démographique de la ville de Montréal dans la province est de 25 %. 3
MONTRÉAL, CENTRE DE L IMMIGRATION AU QUÉBEC En 24, 86 % des immigrants arrivés au Québec choisissent de s installer dans la région métropolitaine de Montréal, et 75 % dans la ville même de Montréal. Graphique 7 Immigration internationale, RMR de Montréal et ville de Montréal 1992-24 45 4 L immigration : une bouée de sauvetage 35 3 25 Si les conditions démographiques actuelles se maintiennent, Montréal et sa région métropolitaine devront compter sur l immigration pour maintenir un rythme de croissance positif. Depuis 1991, la ville de Montréal accueille en moyenne 25 3 immigrants à chaque année, la région métropolitaine, 29 8. Mais l immigration connaît des hauts et des bas. Ainsi, le début des années 9 a constitué un pic dans l arrivée d immigrants (42 435 immigrants dans la RMR en 1992), suivi d une baisse entre 1994 et 2 (22 57 immigrants, au plus bas en 1995), puis d une légère reprise depuis. En 24, c est près de 38 5 immigrants qui ont choisi de s installer dans la région, dont 33 6 dans la ville centre (Graphique 7). 2 15 Ville de Montréal RMR de Montréal Graphique 8 Part relative des immigrants de la ville de Montréal dans la RMR 1992-24 La tendance observée pour les douze dernières années semble d ailleurs démontrer que les immigrants préfèrent de plus en plus s installer dans la ville centre au détriment du reste de la région. La part relative du nombre d immigrants qui choisissent d habiter la ville par rapport au nombre d immigrants arrivés dans l ensemble de la région a effectivement augmenté de près de 7 points de pourcentage entre 1991 et 24, passant de 8,5 % à 87,3 % (Graphique 8). Nombre d'immigrants 5 4 3 2 1 8,5 % 78,4% 8,8 % 84,1% 8,8% 86,1 % 86,1% 88,3 % 89,% 88,% 88,4 % 87,3% 87,3% Les recensements de la population nous permettent d évaluer le nombre de personnes d origine immigrante présentes dans la population (Graphique 9). Ainsi, en 1981, la région métropolitaine de recensement de Montréal compte près de 453 immigrants qui représentent 16 % de la population. Vingt ans plus tard, ils sont tout près de 622, soit l équivalent de 18,2 % de la population. Ville de Montréal Reste de la RMR 4
LES IMMIGRANTS CHOISISSENT MONTRÉAL POUR La famille et les amis 31,3 % La langue 18,5 % Les perspectives d emploi 15,8 % Possibilité de suivre une formation 1,1 % Le mode de vie 8,3 % Source : Statistique Canada, Enquête longitudinale auprès des immigrants au Canada, 21. Graphique 9 d origine immigrante, ville de Montréal et RMR de Montréal 1981-21 Nombre 7 6 5 4 3 2 452 865 369 585 Source : Statistique Canada. 459 49 373 82 52 535 1981 1986 1991 1996 21 RMR de Montréal 411 865 586 465 462 91 Ville de Montréal 621 885 492 23 La concentration de population immigrante est plus importante dans la ville de Montréal où plus d un résident sur quatre est d origine immigrante (27,2 %) en 21. Il s agit d une hausse de plus de 6 points de pourcentage sur 1981, alors que les immigrants formaient 21 % de la population (Graphique 1). Parmi la population immigrante qui habite la région métropolitaine de Montréal, un peu plus de 18 % est arrivée au cours de la période 1996-21, soit 114 personnes (Graphique 11). Ces immigrants récents comptent pour 3,3 % de la population de la RMR. La concentration est encore plus forte dans la ville centre : 5,6 % de la population est composée d immigrants arrivés au cours des 5 dernières années. Si l on étend la période d analyse, c est plus d un Montréalais sur dix qui est arrivé au pays depuis à peine 1 ans! Les principaux pays d origine des immigrants récents sont l Algérie (9 %), la République populaire de Chine (8 %), la France (7 %), Haïti (5 %), le Maroc (5 %) et l Inde (4 %). Près de 89 % des immigrants nouvellement arrivés préfèrent Montréal à sa banlieue. Certains secteurs de la ville sont privilégiés par rapport à d autres lors de l arrivée : Parc- Extension, Côte-des-Neiges et le secteur nord de l arrondissement de Ville-Marie reçoivent une large part de ces immigrants. De même, l arrondissement de Montréal-Nord et la partie nord-est de l arrondissement de Saint-Laurent affichent de fortes concentrations d immigrants récents. Graphique 1 Part de la population immigrante sur la population totale, ville de Montréal et RMR de Montréal 1981-21 Graphique 11 Les immigrants selon la période d immigration, ville de Montréal et RMR de Montréal 21 15 28, 26, 24, 13 Part en % 22, 2, 18, 16, 14, 27,2 26,1 23,2 21, 21,3 17,6 18,2 16, 15,7 16,6 1981 1986 1991 1996 21 RMR de Montréal Ville de Montréal Nombre 11 9 7 Source : Statistique Canada. 5 Avant 1961 1961-197 1971-198 1981-199 1991-1995 1996-21 RMR de Montréal Ville de Montréal Source : Statistique Canada. 5
Carte 2 Répartition des nouveaux immigrants (arrivés entre 1996 et 21), RMR de Montréal 21 6