Les Iroquoiens vers 1500
Population Il y a environ 100 000 Iroquoiens vers 1500 en Iroquoisie, avant l arrivée des Européens en Amérique du Nord. Nous ne pouvons pas savoir exactement combien il y a d habitants, car il n existe aucun recensement fait par les Iroquoiens. C est une société sans écriture, qui possède plutôt une tradition orale. Divisés en plusieurs nations Les Iroquoiens sont des Amérindiens qui partagent des langues qui se ressemblent, mais ils ne forment pas un seul groupe uni. Ils sont divisés en plusieurs nations. Les plus connues sont les Hurons et les Iroquois (ou Mohawks), car elles existent encore aujourd hui. En 1500, il y a, au total, une trentaine de nations iroquoiennes. Chacune possède un territoire et est répartie dans un ou plusieurs villages. Le tableau suivant présente quelques nations. Territoire Le territoire des Iroquoiens s appelle l Iroquoisie. La majorité de ses habitants vivent dans la région des Grands Lacs, près des lacs Ontario, Érié et Huron. Il n y a qu une seule nation établit dans la vallée du Saint-Laurent, ce sont les Iroquoiens du Saint-Laurent. Ils vivent là où se trouvent Montréal et Québec aujourd hui. L Iroquoisie est entourée par le territoire des Algonquiens. Tu peux l observer sur la carte. L Iroquoisie est un territoire qui se trouve aujourd hui en partie dans deux provinces canadiennes, l Ontario et le Québec, et dans une petite partie des États-Unis. Une terre et un climat pour cultiver Sur le territoire des Iroquoiens, la terre est fertile puisque nous sommes dans les basses-terres du Saint-Laurent et des Grands Lacs et le climat continental humide y est favorable à l agriculture. Les Iroquoiens cultivent principalement du maïs, ainsi que des courges et des haricots qu ils appellent les trois sœurs. Des petits fruits, comme les bleuets, les fraises et les framboises, poussent en quantité. On retrouve aussi une grande variété de plantes qui servent entre autres à fabriquer des médicaments. De l eau, des forêts et des animaux De nombreux cours d eau arrosent leur territoire. C est très pratique pour se déplacer en canot. En plus, ils regorgent de poissons et de tortues. Plusieurs espèces d arbres peuplent les forêts : le bouleau, le chêne, l orme, le sapin et le pin. On dit que c est une forêt mixte parce qu il y a des conifères et des feuillus. On compte plusieurs espèces d animaux tels les castors, les chevreuils, les ours et les loups. Des ressources naturelles pour vivre Toutes ces ressources naturelles permettent aux Iroquoiens de trouver autour d eux ce dont ils ont besoin pour se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner et se divertir. Je me souviens de Dannacona Personnages Marquants Comme les Amérindiens ne connaissent pas l écriture, nous ne savons rien de l histoire personnelle des individus vers 1500. Le nom d un homme est toutefois parvenu jusqu à nous grâce au témoignage écrit de l explorateur français Jacques Cartier, qui l a rencontré en 1534. Cet homme s appelle Donnacona. Il est alors le chef de Stadaconé (la ville de Québec aujourd hui), un village d environ 500 habitants. Il accepte que deux de ses fils, Domagaya et Taignoagny, accompagnent Jacques Cartier en France.
Lors de son deuxième voyage en Nouvelle-France, en 1535, Jacques Cartier ramène les deux fils de Donnacona et passe l hiver près de Stadaconé. Cartier et une partie de son équipage sont sauvés du scorbut grâce au secours du chef qui leur fait connaître un remède. Ça n empêchera pas Jacques Cartier de s emparer du chef Donnacona, de ses deux fils et de six autres Iroquoiens pour les ramener en France. Donnacona rencontre le roi François Ier et lui parle des richesses de son pays. Ce qu il dit encourage les Français à poursuivre leurs explorations. Mais le chef ne reviendra jamais àstadaconé. Il meurt en France vers 1539. En regardant une carte, tu pourras constater qu il y a, près de Québec, une ville appelée Donnacona. Les femmes s occupent de l agriculture, des semailles jusqu à la moisson. Elles cueillent des plantes, des herbes, des noix et des petits fruits, elles recueillent l eau d érable et elles préparent les repas. Elles préparent les peaux d animaux pour confectionner des vêtements. Elles fabriquent aussi plusieurs objets de la vie quotidienne, comme des pots et des vases avec l argile, de même que des sacs et des paniers avec l écorce. Les hommes Chez les Iroquoiens, les tâches sont partagées selon le sexe. Le travail des uns est complémentaire de celui des autres. Par exemple, les hommes défrichent les champs pour l agriculture, mais ce sont les femmes qui s occupent des travaux agricoles. La chasse et la pêche Les femmes Groupes sociaux Pour compléter l alimentation qui provient de l agriculture, les hommes chassent et pêchent. La chasse est plus ou moins importante selon les nations. Elle amène toutefois les hommes à se déplacer, donc à quitter le village pendant un certain temps. Une société matrilinéaire Les femmes jouent un rôle très important dans la société iroquoienne. Les enfants appartiennent au clan de leur mère. C est ce qu on appelle une société matrilinéaire. Les enfants vivent avec la famille de leur mère dans la maison longue. Celle-ci est d ailleurs dirigée par la mère de clan, qui est la femme la plus âgée. Les mères de clan choisissent les chefs civils. Les chefs sont des hommes. Des tâches partagées Chez les Iroquoiens, toute l organisation de la société est divisée entre les hommes et les femmes : leurs tâches sont différentes. Une femme ne fait jamais le travail d un homme et vice versa. Il n y a pas un travail plus important que l autre, car les tâches se complètent pour assurer la survie de tout le groupe. De l agriculture à la fabrication d objets du quotidien La guerre La guerre est aussi une affaire d hommes et les oblige à s éloigner du village pendant des périodes plus ou moins longues. Il reste alors au village les femmes, les enfants et les personnes âgées. Les relations avec les autres nations, amies ou ennemies, relèvent de la responsabilité des hommes iroquoiens. Leur rôle politique est majeur. C est parmi eux qu on choisit les chefs civils et les chefs de guerre. Mode de vie sédentaire Vie quotidienne Les nations iroquoiennes sont sédentaires, contrairement aux Algonquiens, qui se déplacent constamment. Les Iroquoiens habitent des villages et cultivent la terre pour se nourrir. Les
peuples sédentaires restent sur place durant dix, quinze ou vingt ans, tant que la terre produit suffisamment de nourriture. Lorsqu elle s appauvrit, il faut déménager tout le village ailleurs sur leur territoire, là où le sol sera à nouveau fertile. Le village doit aussi être près d une source d eau potable et d une forêt, pour s approvisionner en bois. Certains habitent de petits villages qui ne comptent que de cinq à quinze maisons longues. Mais certains villages regroupent une cinquantaine de maisons. Ces grands villages sont souvent entourés d une palissade pour se protéger. C est le cas du village d Hochelaga, sur l île de Montréal, habité par des Iroquoiens du Saint-Laurent. Les esprits et le Chaman Langue, culture et religion Selon les croyances des Amérindiens, chaque personne, animal, plante et objet est habité par un esprit. C est ce qu on appelle une religion animiste. Au cours de leur vie, les Amérindiens entrent en contact avec plusieurs esprits et il est très important pour eux d avoir une relation harmonieuse avec les esprits autour d eux. Dans la religion amérindienne, la vie après la mort est le prolongement de la vie. Lorsqu une personne meurt, son esprit va retrouver les autres Amérindiens, les animaux et les plantes qui font déjà partie du monde des esprits. Le chaman Chaque nation possède un ou plusieurs chamans. Le chaman est un spécialiste du monde des esprits. Grâce aux rituels qu il accomplit, il peut entrer en contact avec les esprits et en tirer de grands pouvoirs. D après les croyances amérindiennes, le chamanpouvait prévenir la maladie et suggérer des remèdes aux malades. Certains chamans étaient spécialisés dans certains domaines comme trouver des personnes ou des objets disparus ou trouver du gibier pour la chasse. Agriculture, commerce et industrie Le troc, les échanges entre amérindiens À une époque où les moyens de transport sont limités à la marche, à la raquette et au canot, on imagine mal les nations amérindiennes parcourir de longues distances pour s échanger des produits. Et pourtant, c est bien le cas en 1500. Les matériaux et les ressources varient selon la région habitée par chaque nation. Les échanges permettent donc à des nations d obtenir des biens et des ressources qu elles ne peuvent trouver ou fabriquer sur leur territoire. Les Hurons, par exemple, peuvent échanger du maïs, qu ils cultivent en grande quantité, contre du poisson séché, fourni par des Algonquins. Ainsi, chaque nation y trouve son compte. Tu veux un autre exemple? Lorsque Jacques Cartier ramène Donnacona en France en 1535, il remarque que le chef a un couteau en cuivre. Mais on ne trouve pas de cuivre dans la région de Québec, où habite le chef. Il n y en a qu à un endroit : près du lac Supérieur. Observe sur une carte la distance entre le lac Supérieur et Québec, c est très loin. Les Iroquoiens du Saint-Laurent ont obtenu des objets en cuivre par un réseau d échanges. Les échanges ont généralement lieu en été, lorsqu il est plus facile de se déplacer sur de grandes distances. Ce sont des moments de fêtes pour les Amérindiens. Les nations qui sont regroupées en confédération, comme les Hurons et les Cinq Nations, rendent plus faciles ces échanges. Les activités de survie : Cueillir, chasser et pêcher et cultiver Les Algonquiens et les Iroquoiens ont en commun de pratiquer certaines activités de subsistance : la cueillette, la chasse et la pêche permettent à toutes les nations amérindiennes de se nourrir et d avoir ce qu il faut pour se confectionner des vêtements et différents outils ou objets.
Cultiver : une activité essentielle Une chose importante les distingue toutefois : les nations iroquoiennes pratiquent l agriculture. C est d ailleurs ce qui les a amenées à se sédentariser, c est-à-dire à demeurer au même endroit. Cultiver nécessite beaucoup de travail, du printemps jusqu à l automne. Il faut donc une présence constante dans les champs. L importance de chacune de ces activités est différente d une nation à l autre, selon la région habitée. La fertilité du sol n est pas la même partout et l accès aux ressources fauniques non plus. Par exemple, les Hurons produisent davantage de maïs que les Iroquoiens du Saint-Laurent qui vivent à Stadaconé. Mais une chose est certaine : les produits de l agriculture représentent la principale source de l alimentation de tous les Iroquoiens. Une grande famille Gouvernement Pour les Iroquoiens, l appartenance au clan est très importante. Ce sont des sociétés matrilinéaires, c est-à-dire que les enfants appartiennent au clan de leur mère. Ils vivent avec la famille de leur mère dans une maison longue. La femme la plus âgée est la mère de clan. Le clan, lui, est formé du regroupement de quelques maisons longues. Le clan est à la base de l organisation de la société. Il représente une grande famille pour les Iroquoiens. Les membres d un clan ont tous une même ancêtre lointaine et s entraident. Chaque clan se distingue par un symbole qui le représente, soit un animal ou un oiseau. Il peut y avoir, par exemple le clan du loup, du cerf, du héron ou de la tortue. Les chefs Chaque clan a deux chefs : un chef civil, qui s occupe des affaires courantes, et un chef de guerre. Le chef civil est un homme et il est choisi par les mères du clan. Il sait s exprimer avec facilité et il est capable d amener les gens à s entendre sur des décisions. Les décisions ne sont pas imposées, elles sont prises en groupe. Le chef devient le porte-parole du clan dans les assemblées de conseils ou lors de rencontres avec d autres nations. Le chef de guerre possède des qualités différentes : il doit avoir prouvé ses talents de guerrier. C est un homme qui a généralement entre 30 et 40 ans. De bons marcheurs Transport et communication Les Iroquoiens sont de bons marcheurs, car leurs jambes sont un de leur principal moyen de transport. Il n y a aucun cheval pour faciliter leurs déplacements vers 1500. Pour s orienter, ils savent observer ce qui les entoure dans la nature, par exemple la mousse des arbres, le vent, le soleil. Des sentiers forestiers guident aussi leurs pas. Des raquettes en hiver L hiver, pour empêcher que leurs pieds ne s enfoncent trop profondément dans la neige et ne ralentissent leur marche, ils fabriquent des raquettes. Elles ont des formes légèrement différentes d une nation à l autre, mais elles ont toutes la même fonction : rendre les déplacements sur la neige plus faciles et plus rapides. Des canots pour les nombreux cours d eau Que font-ils pour de plus longues distances? Ah! Les Iroquoiens ont mis à profit les nombreux cours d eau qui parcourent leur territoire. Grâce aux canots d écorce que les hommes fabriquent, ils peuvent voyager à peu près partout. Comme pour les raquettes, les canots diffèrent un peu selon les nations. Les Hurons, par exemple, utilisent l écorce de bouleau, alors que les Iroquois utilisent surtout l orme, car il n y a pas de bouleau sur leur territoire. Les qualités de leurs canots ne sont donc pas les mêmes.