PHARMACOCINETIQUE GENERALE

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Transcription:

PHARMACOCINETIQUE GENERALE Dr BA Boubakar dit Bayla Maître de Conférences U.F.R. de Pharmacie Université de Bordeaux LA PHARMACOCINETIQUE : Dictionnaire VIDAL 1 1

PRESENTATION DES ETAPES ET DES PARAMETRES PHARMACOCINETIQUES «ADME» ADMINISTRATION (RESORPTION) DISTRIBUTION METABOLISME EXCRETION ELIMINATION 2 2 ABSORPTION DEFNITION Correspond au processus cinétique par lequel passe le médicament pour atteindre la circulation générale à partir de son site d administration. L activité thérapeutique d un médicament ne se manifeste qu après atteinte de son site d action. Pour cela, il doit passer dans la circulation générale: étape de résorption. Modalités de la résorption: différentes selon la voie d administration utilisée. 3 2

ABSORPTION PAR VOIE ORALE Après dissolution dans le tractus digestif, seule la fraction non ionisée (liposoluble) sera résorbée; Mode habituel de transfert = diffusion simple - n implique pas d apport d énergie; - ne peut être saturée; Facteurs principaux modulant l absorption digestive: - la dissolution du médicament; - la vitesse de la vidange gastrique; - le débit sanguin intestinal; Vitesse de l absorption: détermine le temps d apparition du pic plasmatique. 4 ABSORPTION PAR VOIE ORALE Un médicament ne pourra être «résorbé» si : - sa mise en solution préalable dans le milieu digestif est imparfaite; - dans le cadre d interactions médicamenteuses où la prise d un médicament empêche la résorption du second, administré simultanément (cas des pansements gastriques); La non résorption d un médicament est parfois volontairement recherchée: Exemple: lors de la décontamination de la flore digestive avec des aminosides et/ou de la vancomycine. 5 3

ABSORPTION PAR VOIE PERLINGUALE Avantages par rapport à l absorption gastro-intestinale: - permet d administrer des principes actifs qui seraient dénaturés par les sécrétions et les enzymes gastrointestinales; - évite le premier passage des médicaments dans le foie, et leur possible inactivation (les veines linguales et maxillaires internes qui irriguent la muqueuse buccale rejoignent le cœur par la veine cave supérieure qui ne passe pas par le foie; Exemple: trinitrine, utilisé dans le traitement curatif de la crise d angine de poitrine. 6 ABSORPTION PAR VOIE PERLINGUALE Avantages par rapport à l absorption gastro-intestinale: 7 7 4

ABSORPTION PAR VOIE PERLINGUALE Inconvénients: - le patient doit garder le médicament dans la bouche, sans avaler sa salive; - le goût doit être acceptable; - limitée aux substances médicamenteuses non irritantes pour la muqueuse buccale, très fragile; Voie peu utilisée. 8 ABSORPTION PAR VOIE INTRA-ARTERIELLE Avantage: Le médicament est d emblée dans la circulation générale biodisponibilité totale; Inconvénient: Les artères sont situées plus profondément que les veines injection douloureuse; utilisation demeurant exceptionnelle. 9 5

ABSORPTION PAR VOIE INTRA-VEINEUSE Le médicament court-circuite le foie mais passe par les poumons où peut intervenir une métabolisation; la biodisponibilité peut ne pas être totale. 10 10 ABSORPTION PAR VOIES INTRA-MUSCULAIRE ET SOUS-CUTANEE L absorption du médicament s effectue selon des modalités rappelant la voie orale, en obéissant aux principes généraux qui gouvernent la traversée des membranes biologiques. 11 6

EFFET DE PREMIER PASSAGE DEFINITION Correspond à la perte de médicament qui se produit après biotransformation ou après élimination directe au moment où ce médicament traverse les membranes du tractus digestif et parvient pour la première fois au foie au cours de l étape d absorption. Notion pouvant être étendue à tous les organes capables de métaboliser un médicament, après son administration: foie, intestin, poumons 12 EFFET DE PREMIER PASSAGE Les diverses extractions entraînent une diminution de la quantité effective du médicament administré; de l activité thérapeutique potentielle; Administration intraveineuse ou sublinguale: permet de courtcircuiter les effets de premier passage gastrique, intestinale et hépatique; Certains médicaments subissent un premier passage hépatique et/ou digestif tellement important qu il n est pas possible de les administrer par voie orale (trinitrine, insuline) 13 7

EFFET DE PREMIER PASSAGE La voie rectale ne permet pas d éviter totalement l effet de premier passage hépatique 14 BIODISPONIBILITE DEFINITION La biodisponibilité d un médicament est la fraction de la dose du médicament administré qui atteint la circulation générale, à laquelle on associe la vitesse avec laquelle le médicament arrive dans la circulation générale 15 8

BIODISPONIBILITE Biodisponibilité absolue: la forme de référence correspond à l administration intravasculaire du médicament, la totalité de la dose devant se retrouver dans la circulation générale; Voie intra-artérielle: voie de référence absolue mais pose des contraintes techniques on lui préfère la voie intraveineuse même si une métabolisation pulmonaire peut s observer. 16 16 BIODISPONIBILITE Biodisponibilité relative: la forme de référence est administrée selon la même voie que le médicament à étudier, mais il s agit: - soit d une forme galénique différente : Exemple: comprimé vs solution; - soit d une formulation différente d une même forme pharmaceutique: Exemples: deux comprimés avec des excipients différents. 17 17 9

FIXATION PROTEIQUE PLASMATIQUE DEFINITION Pourcentage du médicament qui se fixe sur les protéines circulantes du plasma (albumine, orosomucoïde, lipoprotéines, gammaglobulines) Phénomène aspécifique, réversible et parfois saturable qui dépend: - de la nature de la protéine fixatrice et du nombre de sites de fixation; - de la concentration molaire de ces différentes protéines et du médicament; 18 18 FIXATION PROTEIQUE PLASMATIQUE D une façon générale, seule la forme libre est active et peut diffuser vers les tissus. 19 19 10

FIXATION PROTEIQUE PLASMATIQUE Forme liée: forme de transport ou de stockage du médicament; Au fur et à mesure que la forme libre pénètre dans les tissus, une partie équivalente de la forme liée se dissocie et rétablit l équilibre entre forme liée et forme libre; La forte liaison d un médicament aux protéines plasmatiques ne constitue pas un obstacle à sa bonne diffusion tissulaire, si l affinité du médicament pour les récepteurs tissulaires > à l affinité pour les protéines plasmatiques. 20 20 DISTRIBUTION TISSULAIRE DEFINITION Correspond à l ensemble des processus de répartition d un médicament dans les organes et les différents tissus à partir de la circulation systémique. 21 11

DISTRIBUTION TISSULAIRE La distribution tissulaire d un médicament dépend: - de sa liposolubilité qui lui permet de franchir les barrières lipidiques des membranes tissulaires : l intensité du passage est d autant plus importante que le médicament est liposoluble; - de l irrigation des organes: ceux qui sont les mieux perfusés reçoivent plus et captent plus les médicaments. 22 22 DISTRIBUTION TISSULAIRE Organes les mieux perfusés: le cœur, les poumons, le foie, les reins, le cerveau; Organes moins perfusés: la peau, les os, les muscles squelettiques 23 23 12

DISTRIBUTION TISSULAIRE Pour atteindre le cerveau: franchissement de la barrière hématoencéphalique qui est d autant plus important : - que le médicament existe sous forme non ionisée; - qu il est liposoluble; - que sa masse molaire est faible; Passage intra-oculaire des médicaments: très faible grande difficulté des traitements des endophtalmies. 24 24 DEFINITION VOLUME APPARENT DE DISTRIBUTION Le volume apparent de distribution (Vd, VAD) d un médicament représente un volume hypothétique dans lequel le médicament, uniformément réparti, est à la même concentration en tout point de l organisme que celle mesurée dans le plasma. 25 25 13

VOLUME APPARENT DE DISTRIBUTION Vd indique de façon approchée, l étendue de la distribution; Plus sa valeur est grande, plus la distribution du médicament dans l organisme est importante, sans pouvoir préciser pour autant la répartition au sein des différents organes; Valeurs «seuil»: - Vd < 0,1 L/kg: médicament à faible diffusion dans l organisme; - Vd > 0,6 L/kg: médicament à forte diffusion dans l organisme; Exemples de Vd: captopril (0,7 L/kg); gentamicine (0,25 L/kg); diazépam (1,5 L/kg). 26 26 CLAIRANCE PLASMATIQUE TOTALE DEFINITION Volume de plasma complètement épuré du médicament par unité de temps; Exprimée en unité de volume par unité de temps: ml/min ou L/kg/h; Le médicament est éliminé de l organisme par deux grands mécanismes: - élimination directe; - élimination après biotransformation. 27 14

CLAIRANCE PLASMATIQUE TOTALE La clairance plasmatique totale = paramètre cinétique qui rend compte des capacités d élimination de l organisme pour le médicament; Les médicaments hydrophiles peuvent être éliminés directement par voie rénale et/ou par excrétion biliaire; Les médicaments lipophiles subissent des biotransformations au niveau de différents organes (intestin, foie, poumon, ) les rendant plus hydrosolubles et les produits formés sont ensuite excrétés par les reins; La clairance plasmatique totale est la somme des diverses clairances d organes (rein, foie, poumon ). 28 28 CLAIRANCE RENALE DEFINITION C est la capacité de l organisme à éliminer un médicament par voie urinaire; S exprime en unité de débit: ml/min ou ml/min/kg; Le rein reçoit chaque minute, 600 ml de sang et près de 25% de cette quantité sera filtrée, soit 120 à 130 ml par minute, grâce aux néphrons. 29 29 15

CLAIRANCE RENALE Cette quantité filtrée par minute correspond à la clairance de la créatinine qui fournit un index physiologique du bon fonctionnement du rein, et de comparaison avec les valeurs de clairances calculées pour les médicaments. 30 30 CLAIRANCE RENALE Si un médicament est éliminé exclusivement par voie urinaire, Clr Cl T ; Un médicament peut faire l objet d une: - filtration glomérulaire; - sécrétion tubulaire; - réabsorption tubulaire; Filtration glomérulaire Dépend du débit de perfusion rénale; Seule la fraction du médicament non fixée aux protéines plasmatiques sera filtrée, les protéines ne passant pas au travers du filtre glomérulaire. 31 16

METABOLITES ACTIFS DEFINITION Substances provenant de la biotransformation d un médicament par les systèmes enzymatiques de l organisme, qui conservent ou acquièrent des propriétés pharmacologiques; Beaucoup de médicaments ne donnent pas de métabolites actifs; Dans les autres cas: - Le métabolite peut être totalement responsable de l activité pharmacologique et thérapeutique du médicament qualifié alors de pro-drogue ou pro-médicament: Exemple: 5-fluoro uracile (5-FU) pour interférer avec la thymidine synthétase, doit être biotransformé en (5-fluoro uracil monophosphate (5-FUMP) 32 METABOLITES ACTIFS - Le métabolite peut associer son activité à celle du médicament dont il est issu; Exemple: Vérapamil Norvérapamil; - Le métabolite peut entraîner des effets indésirables; Exemple: Propoxyphène Norpropoxyphène qui a des effets cardiotoxiques. 33 33 17

METABOLITES ACTIFS Le métabolite possède son propre devenir cinétique; Pour participer à l activité thérapeutique, il doit: - être produit en quantité suffisante en fonction de son activité intrinsèque; - demeurer suffisamment longtemps dans l organisme avant d être éliminé; De nombreux métabolites théoriquement actifs ne participent que très peu à l activité thérapeutique globale. 34 APPROCHE DU CALCUL DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES Au cours de chacune des étapes pharmacocinétiques, possibilité de calculer une ou plusieurs constantes cinétiques caractéristiques du médicament étudié; Méthode générale: - Administration par voie IV ou PO d une dose unique du médicament à un groupe de volontaires sains; - Prélèvements d échantillons de sang régulièrement espacés au cours du temps suivant la prise du médicament; - Dosage du médicament dans les échantillons; 35 35 18

APPROCHE DU CALCUL DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES Méthode générale: - Etablissement de la courbe représentant l évolution des concentrations (en ordonnée) au cours du temps (en abscisse); - Calcul des constantes cinétiques suivantes: C max ; T max ; l aire sous la courbe; la clairance plasmatique totale; le volume apparent de distribution; la demi-vie d élimination. 36 36 APPROCHE DU CALCUL DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES CONCENTRATION PLASMATIQUE ET PIC PLASMATIQUE DEFINITION La concentration plasmatique est la quantité de médicament présente, à un instant t après administration, dans l unité de volume plasmatique. Concentration maximale = pic plasmatique = C max : valeur la plus haute; Se situe en général à la fin de la phase d absorption et avant la phase d élimination; T max = temps nécessaire pour atteindre C max. Evolution des concentrations plasmatiques d un médicament au cours du temps, après prise orale 37 19

APPROCHE DU CALCUL DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES CONCENTRATION PLASMATIQUE ET PIC PLASMATIQUE Exemples de courbes temps-concentrations après une administration unique par voie orale: Plus la vitesse d absorption est rapide, plus C max sera élevée et plus T max sera précoce (cas n 1) 38 APPROCHE DU CALCUL DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES CONCENTRATION PLASMATIQUE ET PIC PLASMATIQUE Exemples de courbes temps-concentrations après une administration unique par voie orale: Une résorption lente sera caractérisée par une C max basse et un T max allongé (cas n 2) 39 20

APPROCHE DU CALCUL DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES CONCENTRATION PLASMATIQUE ET PIC PLASMATIQUE Exemples de courbes temps-concentrations après une administration unique par voie orale: Les 3 étapes, absorption, distribution et élimination peuvent être matérialisées sur les courbes ; Si la phase d absorption est très rapide, comparée à la phase de distribution : individualisation des 3 étapes (cas n 3). 40 APPROCHE DU CALCUL DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES CONCENTRATION PLASMATIQUE ET PIC PLASMATIQUE Exemples de courbes temps-concentrations après une administration unique par voie orale: Si l absorption est lente, l étape de distribution sera à la fois contenue dans l étape d absorption et d élimination (cas n 4) 41 21

APPROCHE DU CALCUL DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES DEMI-VIE D ELIMINATION T 1 2 DEFINITION C est le temps nécessaire pour que la concentration du principe actif diminue de moitié pendant la phase d élimination; C est le temps nécessaire à l élimination de la moitié de la quantité de principe actif présent dans l organisme. 42 42 APPROCHE DU CALCUL DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES DEMI-VIE D ELIMINATION T 1 2 Paramètre utile pour déterminer le rythme d administration du médicament; Il faut 5 demi-vies pour éliminer 97% de la dose administrée et 7 demi-vies pour 99%. 43 43 22

APPROCHE DU CALCUL DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES DEMI-VIE D ELIMINATION T 1 2 La formule: T 1 2 = 0,693 x V Cl d permet de comprendre: t - qu à demi-vie d élimination égale, deux médicaments peuvent avoir des devenirs cinétiques très différents; - que certaines pathologies modifient la demi-vie d élimination d un médicament: toutes les fois où celles-ci perturbent le V d (grand brûlé) ou la Cl t ( insuffisance rénale et/ou hépatique); La demi-vie d élimination peut prendre des valeurs extrêmement variables d un médicament à l autre : quelques min à plusieurs jours; Exemples: amoxicilline: 1h; cimétidine : 2h ; nifédipine: 3h; chlorpropamide: 36h; 44 PHARMACOCINETIQUE ET THERAPEUTIQUE INTERVALLE THERAPEUTIQUE ET INDEX THERAPEUTIQUE DEFINITION Intervalle thérapeutique C est l écart qui sépare la plus faible concentration active d un médicament de sa concentration active maximale dans le plasma; Index thérapeutique C est l écart qui existe entre la concentration maximale active et la première concentration à partir de laquelle apparaissent des effets indésirables ou les premiers signes de toxicité. Intervalle thérapeutique et index thérapeutique après administration orale d un médicament C min = concentration minimale C max = concentration maximale C tox = concentration minimale toxique 45 23

PHARMACOCINETIQUE ET THERAPEUTIQUE INTERVALLE THERAPEUTIQUE ET INDEX THERAPEUTIQUE L effet pharmacologique d un médicament est le plus souvent corrélé aux concentrations sanguines obtenues; Un médicament sera d autant plus facile à utiliser que son index thérapeutique sera grand; La notion d intervalle thérapeutique est statistique: subit de grandes variations interindividuelles en fonction des concentrations du principe actif au niveau des sites d action. 46 PHARMACOCINETIQUE ET THERAPEUTIQUE INTERVALLE THERAPEUTIQUE ET INDEX THERAPEUTIQUE Les médicaments possédant un index thérapeutique étroit seront ceux qui devront faire l objet d un suivi thérapeutique pour protéger le malade d un effet indésirable ou toxique tout en lui assurant une efficacité thérapeutique optimale: 47 24

PHARMACOCINETIQUE ET THERAPEUTIQUE ETAT D EQUILIBRE (STEADY STATE) DEFINITION Caractéristique de l évolution des concentrations plasmatiques obtenues après administration répétée du médicament; Correspond à l apparition d un plateau défini soit par une concentration moyenne à l équilibre, soit par un état stable de fluctuation des concentrations entre une valeur maximale et une valeur minimale; A l état d équilibre, la vitesse d apport du médicament est égale à sa vitesse d élimination. 48 PHARMACOCINETIQUE ET THERAPEUTIQUE ETAT D EQUILIBRE (STEADY STATE) Choisir un bon rythme d administration suppose que la dose précédente n a pas été totalement éliminée de l organisme, pour conserver des valeurs plasmatiques au seuil minimal d efficacité; Intervalle de prises 5 demi-vies Dose et rythme des prises reflètent le compromis nécessaire entre les impératifs de concentrations maximale et minimale à respecter et la demi-vie d élimination. 49 25

PHARMACOCINETIQUE ET THERAPEUTIQUE ETAT D EQUILIBRE (STEADY STATE) Montée progressive des concentrations qui oscillent entre une valeur maximale et une valeur minimale, juste avant la prise suivante; Temps nécessaire pour atteindre le plateau à l état d équilibre : ne dépend que de la demi-vie ; Il faudra atteindre 5 demi-vies pour se situer à 97% des valeurs maximales de C max, C moy et C min. 50 PHARMACOCINETIQUE ET THERAPEUTIQUE ETAT D EQUILIBRE (STEADY STATE) Ne pas confondre nombre de demi-vies et nombre de prises du médicament; Cas n 1 : intervalle de prise T 1 2 : - plateau d équilibre après un plus grand nombre de prises; - hauteur du plateau élevée (accumulation du produit) 51 26

PHARMACOCINETIQUE ET THERAPEUTIQUE ETAT D EQUILIBRE (STEADY STATE) Cas n 2 : intervalle de prise = T 1 2 : - atteinte de 94% du plateau dès la 4 e prise; Cas n 3 : intervalle de prise > T 1 2 : - plateau après quelques prises: 1 seule si le rythme = 5 à 7 demi-vies; - hauteur du plateau plus basse 52 PHARMACOCINETIQUE ET THERAPEUTIQUE ETAT D EQUILIBRE (STEADY STATE) En cas de modification de posologie (changement de dose, de rythme ou les deux), il faudra 5 demi-vies pour atteindre un nouvel état d équilibre : règle importante pour le suivi thérapeutique; Pour les médicaments à demi-vie longue: administration d une première dose plus forte que les suivantes (dose de charge) permettant d atteindre d emblée les concentrations à l état d équilibre, en évitant de laisser le patient trop longtemps sous des concentrations en-dessous du seuil d efficacité; 53 53 27

PHARMACOCINETIQUE ET THERAPEUTIQUE ETAT D EQUILIBRE (STEADY STATE) Exemple: digoxine T 1 2 chez l homme adulte 30h En administration régulière (même dose, même intervalle de prise), l état d équilibre s observe au bout de 30 h x 5 = plus de 6 jours; En administrant une dose de charge atteinte d emblée de la concentration à l état d équilibre. Poursuite du traitement avec la dose de maintenance; Dose de charge = Concentration cible x Volume de distribution 54 INTERPRETAION DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES DEMI-VIE D ELIMINATION Dans un système linéaire, il faut 5 demi-vies pour éliminer environ 97% de la dose administrée; - demi-vie courte si < 60 min; - intermédiaire si = 3 8 h; - longue si = 24 30 h; - très longue si = plusieurs jours. 55 28

INTERPRETAION DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES CLAIRANCE RENALE Paramètre à confronter à deux valeurs physiologiques ou expérimentales : - Débit de filtration glomérulaire = 120 ml/min (cas de la créatinine ou de l inuline, composés non liés aux protéines plasmatiques et par ailleurs ni réabsorbés, ni sécrété par le rein en ce qui concerne l inuline); - 600 ml/min = clairance rénale de l acide para-amino hippurique (PAH) qui est filtré par le rein et sécrété activement sans être réabsorbé. Valeur proche du débit rénal forte valeur du coefficient d extraction rénal. 56 INTERPRETAION DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES FIXATION AUX PROTEINES PLASMATIQUES A prendre en considération à partir de 70%; Attention aux éventuelles défixations à partir de 90% si la marge thérapeutique est faible. 57 29

INTERPRETAION DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES CONCENTRATION RESIDUELLE C res Correspond, lors d administrations répétées, à la concentration mesurée juste avant l administration suivante; Lors du suivi thérapeutique, il est important de suivre cette C res pour: - des médicaments pour lesquels un taux plasmatique < à la concentration minimale efficace peut avoir des conséquences cliniques graves; Exemples - Émergence de mutants résistants lors du traitement d une infection; - Rechute du patient lors d un traitement antidépresseur. 58 INTERPRETAION DES PRINCIPALES CONSTANTES PHARMACOCINETIQUES CONCENTRATION RESIDUELLE C res - des médicaments pour lesquels un taux plasmatique résiduel élevé, signe d une élimination réduite, peut conduire à une toxicité; Exemple Les aminosides éliminés par filtration glomérulaire exclusive, sans métabolisme préalable: diminution de la clairance chez les insuffisants rénaux, les sujets âgés toxicité rénale et ototoxicité. 59 30

MARGES THERAPEUTIQUES RETENUES POUR L INTERPRETATION DU DOSAGE DES MEDICAMENTS DANS LE SANG 60 MARGES THERAPEUTIQUES RETENUES POUR L INTERPRETATION DU DOSAGE DES MEDICAMENTS DANS LE SANG 61 31

MARGES THERAPEUTIQUES RETENUES POUR L INTERPRETATION DU DOSAGE DES MEDICAMENTS DANS LE SANG 62 62 MODALITES DE PRELEVEMENT SANGUIN POUR LE SUIVI PHARMACOLOGIQUE Importance du mode de prélèvement par: - Le type de tube utilisé: en verre ou en plastique (adsorption du médicament sur le verre ou le plastique), Tube sec (dosage sur sérum) ou tube contenant un anticoagulant (dosage sur plasma ou sur sang total) - Le choix du site de prélèvement Exemple: bras opposé à celui recevant l injection du médicament. 63 32

MODALITES DE PRELEVEMENT SANGUIN POUR LE SUIVI PHARMACOLOGIQUE Différents types d anticoagulants * anticoagulants précipitant le calcium: oxalates de sodium, de potassium, d ammonium; * anticoagulants complexant le calcium:. citrate de sodium. EDTA di-sodique, di-potassique ou tripotassique; * anticoagulants augmentant l activité inhibitrice de l antithrombine III sur la thrombine:. Héparinate de sodium, d ammonium ou de lithium. 64 MODALITES DE PRELEVEMENT SANGUIN POUR LE SUIVI PHARMACOLOGIQUE Différents types de tubes de prélèvement: codification des additifs et codes couleur Tube avec héparinate de lithium et séparateur acrylique de plasma; Permet l obtention d un échantillon de plasma hépariné, Séparateur se positionnant entre les cellules et le plasma, assurant une barrière étanche; Tube avec héparinate de lithium; Tube avec héparinate de sodium Permettent l obtention de plasma hépariné; Tube avec fluorure de sodium et oxalate de potassium, Tube avec fluorure de sodium et EDTA di- sodique, Permettent l obtention de plasma, Fluorure de sodium = inhibiteur de glycolyse; 65 65 33

MODALITES DE PRELEVEMENT SANGUIN POUR LE SUIVI PHARMACOLOGIQUE Différents types de tubes de prélèvement: codification des additifs et codes couleur Tube avec EDTA K2; Tube avec EDTA K3; Permettent l obtention de sang total ou plasma; Tube avec Citrate de sodium 3,2% ou 3,8% Permettent l obtention de plasma citraté ou sang total; Tube pour le dosage des oligo-éléments; Tube traité spécifiquement au niveau du bouchon pour le dosage des éléments trace Disponible pour l obtention de sérum (silice) ou de plasma ou sang total (EDTA K2). 66 MODALITES DE PRELEVEMENT SANGUIN POUR LE SUIVI PHARMACOLOGIQUE Différents types de tubes de prélèvement: codification des additifs et codes couleur Tube avec du citrate de sodium; Permet l obtention de sang total; Tube avec solution ACD (Anticoagulant Citrate Dextrose); Pour analyse sur sang total citraté Tube avec un anticoagulant (EDTA K3) et un inhibiteur des enzymes protéolytiques (Aprotine); Tube sec Permet l obtention de sérum; Les tubes en PET (PolyEthylène Téréphtalate) contiennent un activateur de coagulation: microparticules de silice. 67 34

MODALITES DE PRELEVEMENT SANGUIN POUR LE SUIVI PHARMACOLOGIQUE Exemple de fiche de renseignements (1) 68 MODALITES DE PRELEVEMENT SANGUIN POUR LE SUIVI PHARMACOLOGIQUE Exemple de fiche de renseignements (2) 69 35