ÉVOLUTION DE L ABONDANCE DES OISEAUX COMMUNS (STOC-EPS)

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N 1 RÉSULTATS ET INTERPRÉTATIONS CHIFFRE CLÉS 2012-2015 - 140 espèces contactées dont 91 communes aux 4 années de suivi ; - effectif total estimé moyen d environ 13 386 individus ; - 51 espèces à valeur patrimoniale ÉVOLUTION DE L ABONDANCE DES OISEAUX COMMUNS (STOC-EPS) Les oiseaux font partie de la nature visible par tout un chacun. De plus, ils se situent en haut de la chaine alimentaire, se nourrissant d insectes, de micromammifères, de graines... Étudier les oiseaux sur le long terme apporte des informations sur la qualité des milieux et sur leur évolution et peut à ce titre fournir des indicateurs de biodiversité : on peut alors considérer les oiseaux comme des espèces parapluies. En ce sens, les oiseaux ont également un rôle d alerte : l exemple du faucon pèlerin, dont la disparition a été liée à l usage de pesticides, est, à ce titre, emblématique. Le programme STOC-EPS (Suivi Temporel des Oiseaux Communs par Échantillonnage Ponctuel Simple) existe depuis 1989. Le protocole actuel a été mis en place en 2002, coordonné au niveau national par le Muséum National d Histoire Naturelle (MNHN). Ce suivi scientifique, basé sur des points d écoute, est conçu pour évaluer les variations spatiales et temporelles de l abondance des populations nicheuses d oiseaux communs. Le programme STOC-EPS entre dans le cadre du programme Vigie Nature qui a pour objectif de suivre l évolution de la biodiversité en France. En 2012, l Observatoire de la Biodiversité de Haute-Normandie a rejoint le programme STOC-EPS pour évaluer les variations de l abondance des populations nicheuses d oiseaux communs. Le présent document établit la synthèse des données recueillies sur la période 2012 2015, 2012 étant l année de référence de ce suivi pluriannuel. RICHESSE SPÉCIFIQUE ET ABONDANCE 2012-2015 * * Les chiffres clés correspondent à toutes les espèces y compris les Laridés et les Pigeons bizet qui ont été exclus pour les analyses suivantes Richesse spécifique totale et abondance totale des quatre premières années du suivi STOC-EPS en Haute-Normandie Un oiseau contacté lors du passage 1 peut être à nouveau contacté lors du passage 2. Il est alors compté 2 fois. Pour prendre en compte ce possible double comptage et obtenir un effectif plus proche de la réalité, nous différencions l effectif total brut (qui est le cumul du nombre total de contacts obtenus lors des 2 passages) de l effectif total estimé (qui est le cumul du nombre maximal de contacts d une même espèce obtenu sur l un ou l autre des 2 passages). Sur la période 2012-2015, 140 espèces ont été contactées. Parmi elles, 91 sont communes aux quatre années de suivis, 8 ont été contactées trois années sur quatre, 16 l ont été deux années sur quatre et 25 une seule année. Parmi ces dernières, une partie non négligeable est constituée d espèces hivernantes ou migratrices qui ne se reproduisent pas en Normandie et dont la rencontre est probablement dues aux dates particulièrement précoces des suivis 2012 et 2013. La diversité et les effectifs totaux sont globalement stables. Abondance en nombre d'individus 16000 14000 12000 10000 8000 6000 4000 2000 0 Années total estimé Diversité totale Figure 1 : Evolution de la diversité et de l abondance totale estimée de 2012 à 2015 120 100 80 60 40 20 0 Nombre d'espèces La cellule permanente de l OBHN est cofinancée par l UE L Europe s engage en Haute-Normandie 1

RICHESSE SPÉCIFIQUE ET ABONDANCE 2012-2015 * (SUITE) Total Diversité totale total brut total estimé 107 113 111 114 140 16 856 17 227 16 117 16 878 67 068 13 528 14 107 12 867 13 045 53 547 Tableau 1 : Diversité et abondance sur la période 2012-2015 Richesse spécifique moyenne et abondance moyenne La richesse spécifique moyenne par carré échantillon et l effectif estimé moyen sont globalement stables sur la période 2012 2015. Elle présente néanmoins une légère hausse en 2015. Sur la période 2012 2015, la richesse spécifique moyenne par point est globalement stable avec une légère augmentation en fin de période. L effectif moyen par point est quant à lui globalement stable. RS moyenne 41,1 42,5 41,2 44,2 RS minimale 26 34 25 29 RS maximale 55 57 62 58 Tableau 2 : Richesse spécifique (RS) moyenne par carré échantillon sur la période 2012-2015 moyen minimal maximal 346,9 361,7 329,9 334,5 169 150 85 180 837 613 1261 702 Tableau 3 : Abondance estimée moyenne par carré échantillon sur la période 2012-2015 RS moyenne 14,5 14,4 14,5 16,2 RS minimale 3 3 3 4 RS maximale 28 26 35 29 moyen minimal maximal 34,7 36,2 33,0 33,5 6 5 4 6 449 292 430 186 Tableau 4 : Richesse spécifique (RS) moyenne par point sur la période 2012-2015 sur deux passages Tableau 5 : Abondance estimée moyenne par point sur la période 2012-2015 FRÉQUENCE DES ESPÈCES Parmi les 20 espèces les plus fréquentes en 2015, huit présentent une fréquence de 100 % (Figure 3), contre 9 en 2014, c est-à-dire qu elles ont été observées sur tous les carrés échantillons. Il s agit de la Corneille noire, de la Fauvette à tête noire, de la Grive musicienne, du Merle noir, du Pigeon ramier, du Pinson des arbres, du Pouillot véloce et du Troglodyte mignon. Ce cortège de 20 espèces les plus fréquentes est sensiblement le même de 2012 à 2015. En effet, sur cette période 22 espèces sont apparues dans ce cortège des 20 espèces les plus fréquentes, le Bruant jaune ayant cédé sa place au Pic vert en 2013, Pic vert lui même remplacé par la Fauvette grisette en 2014. En 2015, l Alouette des champs quitte le cortège au profit du Bruant jaune qui y retrouve sa place. Par ailleurs, 21 espèces sont présentes sur plus de 80 % des carrés échantillons. Espèces Fauvette grisette Bruant jaune Accenteur mouchet Verdier d'europe Tourterelle turque Étourneau sansonnet Hirondelle de cheminée Linotte mélodieuse Rougegorge familier Mésange bleue Moineau domestique Mésange charbonnière Grive musicienne Pouillot véloce Troglodyte mignon Pinson des arbres Pigeon ramier Merle noir Fauvette à tête noire Corneille noire 0,80 0,85 0,90 0,95 1,00 Fréquence Figure 2 : Espèces les plus fréquentes en 2015 2

RÉPARTITION DES OISEAUX Figure 3 : Richesse spécifique moyenne 2012-2015 Figure 4 : Abondance moyenne 2012-2015 En terme de richesse spécifique moyenne, un secteur apparaît En termes d abondance moyenne, une partie du Petit Caux apparaît comme plus riche que les autres : le Sud des Pays ouest de l Eure. Le comme étant la plus riche alors qu elle présente une diversité Nord-Ouest du Vexin normand, le littoral et la vallée de la Seine au ornithologique plutôt pauvre. Le plateau de l Eure semble être le niveau de la boucle d Anneville-Ambourville présentent eux aussi territoire le plus pauvre en nombre d individus. une richesse spécifique intéressante. Richesse spécifique 43,5 43 Variation de la richesse spécifique moyenne et de l'abondance moyenne entre grands ensembles paysagers Abondance 350 340 42,5 42 41,5 41 40,5 40 330 320 310 300 290 280 270 39,5 LA VALLEE DE LA SEINE LE PAYS DE BRAY LE PAYS DE CAUX LE PETIT CAUX LE PLATEAU DE ET ENTRE CAUX L'EURE ET VEXIN LE VEXIN NORMAND LES PAYS OUEST DE L'EURE 260 Richesse spécifique moyenne Abondance moyenne Figure 5 : Variation de la richesse spécifique moyenne et de l abondance moyenne entre grands ensembles paysagers 3

RÉPARTITION DES OISEAUX (SUITE) Globalement, le plateau de l Eure apparaît comme l ensemble paysager le moins riche, le Pays de Bray, le pays de Caux et la vallée de la Seine comme étant les plus riches (figure 5). En terme de richesse spécifique, le pays de Bray et entre Caux et Vexin et le pays de Caux sont les ensembles les plus riches, le Petit Caux étant le moins diversifié,. En terme d abondance, le Petit Caux et le Vexin Normand sont les plus riches tandis que le plateau de l Eure et le pays de Bray et entre Caux et Vexin sont les moins exploités par les oiseaux. INDICE DE VARIATION D ABONDANCE DES ESPÈCES SUR LA PÉRIODE 2012-2015 Le calcul de cet indice a été réalisé pour les espèces présentant un effectif total moyen par an d au moins 25 individus. Cette première sélection est ensuite corrigée en retirant les espèces pour lesquelles le protocole STOC-EPS n est pas adapté (cela concerne essentiellement les Laridés et le Pigeon biset car il s agit essentiellement d oiseaux marins et urbains se nourrissant ponctuellement dans les champs en groupe parfois très importants et n ayant que très peu de rapport avec les milieux échantillonnés, introduisant un biais dans les analyses). Les analyses ont ainsi été réalisées pour 50 espèces. La tendance est significative pour huit des 50 espèces (16 %). Sur les quatre dernières années, cinq espèces sont en augmentation significative : Fauvette des jardins, Buse variable, Faisan de Colchide, Grive draine et Fauvette à tête noire. La tendance régionale de deux de ces cinq espèces rejoint la tendance nationale (MNHN, 2015) : Faisan de Colchide et Fauvette à tête noire. Sur la même période, trois espèces sont en diminution significative : Alouette des champs, Bruant jaune et Etourneau sansonnet. Ces 3 espèces présentent une tendance similaire à la tendance nationale. Tableau 6 : Indice de variation d abondance (2012-2015) 4

INDICATEUR DES OISEAUX SPÉCIALISTES D HABITATS Au niveau régional, nous disposons de données exploitables pour 43 espèces (12 espèces généralistes, 11 des milieux agricoles, 10 forestières et 10 des milieux bâtis). 115 La figure 5 présente l évolution des indices annuels de variation d abondance des groupes d espèces par type d habitats sur la période 2012 2015. Sur cette période, les quatre indicateurs calculés au niveau régional ne permettent pas de dégager une tendance quelle qu elle soit. Une tendance significative de ces indicateurs ne peut s obtenir que sur le long terme. Indice annuel de variation 110 105 100 95 90 85 + 2,36 % + 6,03% + 1,25 % + 0,64 % Les tendances qui semblaient se dessiner précédemment (à la baisse pour les groupes forestier, agricole et généraliste et à la hausse pour le groupe milieux bâtis) ont été contrebalancées cette année de manière parfois importante. Au niveau national, sur la période 1989-2014, les espèces généralistes présentent une tendance à la hausse tandis que les trois autres groupes diminuent. 80 Année Espèces généralistes Espèces des milieux agricoles Espèces des milieux bâtis Espèces des milieux forestiers Figure 6 : Variation de l indice Habitats sur la période 2012-2015 INDICATEUR DE L IMPACT DU CHANGEMENT CLIMATIQUE En analysant d une part la tendance linéaire des espèces nichant à des maximums thermiques élevés et d autre part celle nichant à des maximums thermiques faibles, il est possible de construire un indicateur synthétisant le devenir des espèces sensibles au réchauffement climatique. mesurer l effet de l impact de ce dernier, nous pouvons utiliser la différence entre les indices de variations des espèces nichant aux températures élevées et celles nichant à des températures plus faibles. Si cette différence augmente, les espèces nichant aux températures faibles subissent les effets du réchauffement climatique. Au niveau régional, les données 2012-2015 concernent cinq espèces pour les maximums thermiques élevés et six espèces pour les maximums thermiques faibles. Ces deux groupes comportant des espèces spécialistes d habitats également en évolution, l évolution de l indice de variation ne peut être attribuée uniquement au réchauffement climatique. Pour Cependant, sur la période étudiée, les indicateurs calculés au niveau régional ne permettent pas de dégager une tendance quelle qu elle soit (les tendances qui semblaient se dessiner sur les trois premières années sont annulées par les indicateurs calculés en 2015). Une tendance significative de ces indicateurs ne peut s obtenir que sur le long terme. Indice annuel de variation 110 90 70 50 30 10-10 -30-4,27 % - 4,71 % - 0,45 % Année Espèces nichant à des maximums thermiques : élevé faible dfférence Figure 7 : Variation de l indice de l impact du réchauffement climatique sur la période 2012-2015 5

RÉPARTITION DES ESPÈCES À VALEUR PATRIMONIALE Figures 8 & 9 : Nombre d espèces à valeur patrimoniale par carré échantillon 51 espèces à valeur patrimoniale ont été contactées au moins une Tous les carrés prospectés accueillent au moins une espèce fois en Haute-Normandie entre 2012 et 2015 : 17 de l Annexe 1 de la patrimoniale. Le département de l Eure accueille un nombre plus Directive Oiseaux, 21 de la liste rouge des oiseaux nicheurs de France important d espèces de l Annexe 1 tandis que la Seine-Maritime et 28 de la liste rouge régionale des nicheurs. 14 sont inscrites sur accueille un nombre plus important d espèces de la liste rouge des deux ou trois listes. nicheurs français. CE QU IL FAUT EN RETENIR En 2015, 13 045 individus concernant 114 espèces ont été contactés sur l ensemble des points d écoute. En comparant avec les années précédentes, les résultats globaux montrent que la diversité, les effectifs et la fréquence des espèces sont globalement stables sur la période 2012-2015. De plus, les indicateurs de variation d abondance, d habitat ou d impact du réchauffement climatique ne peuvent être interprétés. Pour cela, il est nécessaire de poursuivre et pérenniser le programme STOC-EPS car, à ce jour, nous ne disposons que de trop peu d informations pour que les résultats puissent être interprétés. Nous ne pouvons pas exclure, par exemple, que les augmentations ou diminutions observées ne soient liées qu à des évènements interannuels (hiver rigoureux, très doux ou tardif pouvant toucher les populations d oiseaux d une année sur l autre). A cela s ajoute que les dates particulièrement précoces (passage 1) et tardives (passage 2) des campagnes 2012 et 2013 ainsi que les dates très tardives du passage 1 en 2014 ont elles aussi un impact sur les résultats ne facilitant pas leur interprétation. Ces premières campagnes ont cependant permis de jeter les bases d un suivi pluriannuel d un réseau de points STOC-EPS dont la pérennisation permettra à moyen terme de fiabiliser et d affiner les tendances observées qui serviront à une meilleure prise en compte des dynamiques de certaines espèces dans les politiques de préservation de la biodiversité et d aménagement du territoire. 6

N 1 MÉTADONNÉES ET MÉTHODES ÉVOLUTION DE L ABONDANCE DES OISEAUX COMMUNS PROTOCOLE STOC-EPS CONTEXTE DANS LEQUEL S INSCRIT L INDICATEUR Thème 1 Thème 2 / Nature de l indicateur Indices Objectif Origine Relation avec d autres indicateurs Echelle de restitution Producteur indicateur Biodiversité terrestre Richesse spécifique Abondance des espèces Fréquence des espèces Répartition des oiseaux : Carte d abondance relative des espèces Indice de diversité Indice de variation d effectifs par espèce Indice de variation par groupe d espèces spécialisées «habitat» Indice de variation par groupe d espèces spécialisées «climat» Répartition des espèces à valeur patrimoniale Évaluation de l évolution des populations d oiseaux communs nicheurs OBHN Évolution de l occupation des sols Région Groupe Ornithologique Normand DONNÉES UTILISÉES Données n 1 : Suivi STOC-EPS de l OBHN Niveau d accessibilité des données Source (s) Description Publique OBHN, Groupe Ornithologique Normand, Ligue de Protection des Oiseaux Sur un carré échantillon STOC-EPS (2 km x 2 km), 10 points d écoute plus ou moins équidistants sont placés de manière à ce que les habitats soient échantillonnés dans des proportions proches de la réalité. Sur chaque point d écoute, l observateur recense durant exactement 5 minutes tous les oiseaux entendus et/ou vus, posés ou en vol. Chaque point d écoute est effectué deux fois en période de reproduction. Un premier passage, pour recenser les nicheurs précoces, est réalisé entre le 1er avril et le 8 mai et un second passage, pour recenser les nicheurs tardifs, a lieu entre le 9 mai et le 15 juin. Il est recommandé d effectuer les 2 passages à 4 à 6 semaines d intervalle. Sur la base de notre expérience, et afin d optimiser ce suivi, nous conseillons de réaliser le premier passage autour du 15 avril et le second dans la deuxième quinzaine de mai. Le réseau STOC-EPS de l OBHN comprend 40 carrés STOC-EPS définis selon un tirage aléatoire orienté en fonction de l occupation des sols et des Grands Ensembles Paysagers. Figure 1 : Localisation des carrés STOC-EPS Format Tableur Excel (.xls) au standard régional d échange et de livraison des données Etendue temporelle 2012-2015 Généalogie (méthode d acquisition) Réalisation de points d écoute avec observations visuelles et auditives Emprise Région Haute-Normandie Résolution spatiale (cas SIG) / Fréquence d actualisation Annuelle La cellule permanente de l OBHN est cofinancée par l UE L Europe s engage en Haute-Normandie 7

MÉTADONNÉES ET MÉTHODES MÉTHODOLOGIE DE CRÉATION DE L INDICATEUR Le réseau OBHN compte 40 carrés. Cependant, suite à une erreur lors du tirage aléatoire de ces échantillons, un carré prospecté en 2012 et 2013 a été remplacé, en 2014, par un nouveau carré. Pour limiter les biais liés à une différence de carrés échantillons étudiés d une année à l autre, nous avons choisi de ne travailler que sur les 39 carrés qui ont été prospectés tous les ans de 2012 à 2015. Le 40e carré pourra être inclus dans les analyses en 2016 avec une influence sur les résultats réelle mais limitée. Richesse spécifique : - richesse spécifique totale : nombre d espèces contactées sur l ensemble des carrés échantillons ; - richesse spécifique moyenne : moyenne de la richesse spécifique tous passages confondus par carré. Abondance des espèces : - effectif total (en nombre d individus) : somme des individus contactés sur l ensemble des carrés échantillons ; - effectif moyen (en nombre d individus par carré) : rapport entre l effectif total et le nombre de carrés. Fréquence des espèces : - rapport entre le nombre de carrés échantillons où l espèce a été notée sur le nombre total de carrés échantillons prospectés exprimé en pourcentage. Méthode de calcul Répartition des oiseaux : Carte d abondance relative par espèces - Estimation des effectifs : les effectifs annuels de chaque espèce sont estimés en faisant la somme des contacts par passage, puis en gardant le maximum obtenu sur l un des deux passages, pour chaque point. Nous supposons ainsi que les 2 passages étant en période de nidification, les individus contactés sont potentiellement redondants d un passage à l autre. L effectif par carré est obtenu en sommant l effectif maximum retenu par point. - Interpolation spatiale : la couverture relativement homogène de la région et la standardisation de recueil des données (même durée d écoute sur 10 points distincts) permettent l étude des variations spatiales de l abondance relative des espèces communes. À partir des effectifs par carré, nous utilisons des outils de statistiques spatiales pour interpoler l abondance relative d une espèce à l ensemble du territoire régional (interpolation spatiale par la méthode IDW Inverse Distance Weighted). Cette méthode permet notamment de tenir compte de l hétérogénéité de densité de carrés STOC suivis. La variation de l abondance relative par espèce est représentée par des cartes de coloration continue, du clair au foncé. La coloration la plus claire n implique pas une absence de l espèce, mais une abondance relative négligeable par rapport à celle mesurée sur l ensemble des carrés EPS ailleurs en France Indice de variation d abondance des espèces : - Les effectifs annuels par espèces sont utilisés pour calculer les indices annuels de variation d effectif, grâce au logiciel de statistique néerlandais TRIM. Ces derniers nous permettront par la suite de calculer la variation en % des effectifs sur la période de 4 ans considérée ici. Indice de variation par groupe d espèces spécialisées «habitat» : - Quatre groupes d espèces spécialistes d habitat ont été définis par le Muséum (espèces «généralistes» : accenteur mouchet, corneille noire, coucou gris, fauvette à tête noire, geai des chênes, hypolaïs polyglotte, merle noir, mésange bleue, mésange charbonnière, pic vert, pigeon ramier, pinson des arbres ; «agricoles» : alouette des champs, bergeronnette printanière, bruant jaune, bruant proyer, buse variable, corbeau freux, faucon crécerelle, linotte mélodieuse, perdrix grise, pipit farlouse ; «forestières» : grimpereau des jardins, grive draine, grive musicienne, pic épeiche, pouillot véloce, roitelet à triple bandeau, roitelet huppé, rougegorge familier, sittelle torchepot, troglodyte mignon et «urbaines» : chardonneret élégant, choucas des tours, hirondelle de cheminée, hirondelle de fenêtre, martinet noir, moineau domestique, pie bavarde, rougequeue noir, tourterelle turque, verdier d Europe). Les taux de variation de ces groupes sont analysés et permettent d obtenir un indice de biodiversité et une tendance par grand type d habitat. Cet indicateur permet d évaluer l évolution de la qualité des habitats. - Certaines espèces peuvent être spécialistes d un habitat au niveau national mais pas au niveau régional, ou inversement. Toutefois, les groupes d espèces définis au niveau national ont été conservés pour construire les indicateurs afin de faire des comparaisons plus aisément. - La valeur de l indicateur une année donnée est calculée en faisant la moyenne géométrique des indices annuels de variation d effectif des espèces concernées pour l année concernée. 8

MÉTADONNÉES ET MÉTHODES MÉTHODOLOGIE DE CRÉATION DE L INDICATEUR Méthode de calcul Limites de l indicateur Indice de variation par groupe d espèces spécialisé «climat» : - Cet indicateur permet d évaluer l impact du réchauffement climatique sur les espèces à maximum thermique faible (espèces septentrionales : accenteur mouchet, bruant jaune, corbeau freux, fauvette des jardins, pipit farlouse, roitelet huppé) et à maximum thermique élevé (espèces méridionales : bruant proyer, chardonneret élégant, grimpereau des jardins, hypolaïs polyglotte, linotte mélodieuse). Répartition des espèces à valeur patrimoniale : - L évaluation patrimoniale des carrés échantillons est réalisée en calculant le nombre d espèces de l Annexe 1 de la Directive Oiseaux et des listes rouges régionales et nationales par carré. Les résultats sont représentés sur des cartes. Pour les espèces inscrites sur la liste rouge nationale, ont été retenues les espèces présentant les critères CR, EN, VU et NT. Pour les espèces inscrites sur la liste rouge régionale, ont été retenues les espèces présentant les critères CR, EN et VU. Sur un pas de temps aussi court (4 ans), les indicateurs doivent être interprétés avec prudence. Il n est pas à exclure, par exemple, que les augmentations ou diminutions observées ne soient liées qu à des évènements interannuels (hiver rigoureux, très doux ou tardif pouvant toucher les populations d oiseaux d une année sur l autre). Par ailleurs, lorsqu une espèce montre d importantes fluctuations d une année sur l autre, il est nécessaire de tenir compte du fait que potentiellement, une très bonne année ou une très mauvaise année peut changer la tendance observée significative et ceci même si cette tendance n est l effet que d une seule année et que sur le long terme la tendance restera inchangée. Les modèles proposés par le logiciel TRIM permettent de mettre en avant ces changements de tendance liés aux effets «année». De plus, entre les quatre années de suivi, les carrés n ont pas été prospectés aux mêmes dates (particulièrement précoces et peu adaptées à la région en 2012 et 2013 et tardives en 2014 pour cause de retard dans la notification du marché). Les comparaisons des tendances régionales avec les tendances nationales ont été réalisées sur la base des résultats produits par le Muséum d Histoire Naturelles de Paris. Date de création Septembre 2015 Date de diffusion 2015 Référent (s) technique/scientifique (valideur) Fréquence d actualisation de l indicateur Contact OBHN GONm, CSRPN, MNHN Annuelle secretariat@ gonm.org et obhn@hautenormandie.fr BIBLIOGRAPHIE Jiguet F (2010). Les résultats nationaux du programme STOC de 1989 à 2009. www2.mnhn.fr/vigie-nature Annexe 1 de la directive 2009/147/CE Liste rouge des espèces menacées en France - Chapitre Oiseaux de France métropolitaine. Paris, France. 2011 / UICN France, MNHN, LPO, SEOF & ONCFS Liste rouge des oiseaux nicheurs de Haute-Normandie - CSRPN 2011 9