L analyse économique est-elle transposable à l éducation?



Documents pareils
Dans une année, il y a 12 mois. Dans une année, il y a 52 semaines. Dans une année, il y a 4 trimestres. Dans une année, il y a 365 jours.

B. L ENGAGEMENT DE PRISE EN CHARGE COMME PREUVE DE MOYENS DE SUBSISTANCE SUFFISANTS (Annexe 3bis)

LA MONNAIE ET LE FINANCEMENT

La comptabilité de gestion : Fiche pourquoi?

TRAVAIL ET GESTION DE L EMPLOI?

BREVET INFORMATIQUE ET INTERNET

L'appel public à l'épargne, pour quel besoin de financement? (2/3)

ENSIIE. Macroéconomie - Chapitre I

RÉFÉRENTIEL BTS TRANSPORT ET PRESTATIONS LOGISTIQUES

Fiche 8 : Libre-échange et protectionnisme


ORGANISATION MONDIALE

ÉCONOMIE GÉNÉRALE FIIFO1

Marquage CE des enrobés bitumineux à chaud QUESTIONS - REPONSES SUR LE MARQUAGE CE DES ENROBES BITUMINEUX A CHAUD

Qu est-ce qu une problématique?

La retraite de nos enfants Colloque Question-Retraite Centre Mont-Royal, Montréal

Construire un tableau de bord par Marc Maisonneuve

56 avenue de Wagram PARIS CEDEX 17

THÈME 1. Ménages et consommation

DOSSIER DE PRESSE 2 CONCOURS COMMUNS 6 ECOLES Contact presse : Catherine Amy

des compagnies d assurance : évolutions récentes

Norme comptable relative aux placements dans les entreprises d assurance et/ou de réassurance NC31

CHAPITRE 2 : L'INVESTISSEMENT ET SES DETERMINANTS

QU EST-CE QU UNE BANQUE? 1 RE PARTIE Questions et réponses sur le thème des banques

LES DIFFERENTS TYPES DE MESURE

Demande de délais de paiement ou de remise de paiement

C V 1 Extrait du Plan Comptable Général

Petite histoire de la Nouvelle-France Activités de compréhension de texte / 2 e et 3 e cycles du primaire

Table des matières: Guidelines Fonds de Pensions

Monnaie, chômage et capitalisme

Parc des Bois de Grasse - 1 rue Louison Bobet GRASSE

Dahir n du 21 chaabane 1412 (26 février 1992) portant promulgation de la loi n relative aux places financières offshore.

Revendiquons une véritable liaison au bien-être! Des pensions décentes, ce n est que justice. Revendiquons une véritable liaison au bien-être!

2009 et DUBAR C., TRIPIER P., Sociologie des professions, Collection U, Armand Colin,, 2 éd., 2009

Epargne et investissement

Conseil économique et social. Document établi par le Bureau central de statistique d Israël

Programme d'amélioration continue des services

DEMANDE DU REVENU D INSERTION (RI)

Persée.

DOCUMENT L HISTOIRE DE L ÉDUCATION EN FRANCE

SCIENCES DE GESTION - CLASSE TERMINALE SPÉCIALITÉ : MERCATIQUE

LA ZONE OFFSHORE. Mme BAMOUS. Travail fait par : LEILA AIT SIDI AHMED. Encadré par : HAMZA CHATKI MOUNA GUENDOUZ

ECONOMIE MANAGÉRIALE NESSRINE OMRANI ECOLE POLYTECHNIQUE

FAQ sur le metteur en scène

CONFIANCE DANS L INDUSTRIE AGRO-

Qu est-ce qu une tâche?

La Menace du Stéréotype

Procédure administrative Vérification des factures et des remboursements

Direction des Ressources Humaines 14/10/04 CLASSIFICATION DU GROUPE CREDIT COOPERATIF

Conditions d achat. 2. Commandes et confirmations de commande. 3. Délais et dates de livraison. Pour l entreprise: Schunk Electrographite S.A.S.

Chapitre 17 Action publique et régulation

Annexe A : Tableau des SOLDES INTERMÉDIAIRES DE GESTION

-12 Résultat net de l'exercice (excédent ou déficit Poste Résultat des l'exercice (excédent) Poste Résultat de l'exercice (déficit) 12900

ATELIER : Comment expliquer l instabilité de la croissance économique?

ENSEMBLE REVITALISONS NOS ORGANISATIONS. Par nos relations, nos perceptions, nos actions

ESSEC Cours Wealth management

ACCORD RELATIF A L'APPLICATION DE L'AMENAGEMENT ET DE LA REDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL AUX INTERIMAIRES

PROGRAMME "INVESTISSEMENT POUR LA CROISSANCE ET L'EMPLOI" Dossier de demande de subvention FEDER

FORMULAIRE D APPLICATION Feuilles supplémentaires d admission Programme d'éducation 12 mois

Comparaison du rendement des régimes de retraite : une approche par cas-types

FRANCE SUISSE LIECHTENSTEIN INFORMATIONS

Algorithmique et systèmes répartis

Comptes de tiers (Classe 4)

Partie 1. Principes. Karmela Krleža-Jerić, An-Wen Chan, Kay Dickersin, Ida Sim, Jeremy Grimshaw, Christian Gluud, for the Ottawa GroupT 1

et Financier International

«La solidarité serait une invention de Dieu lui-même»

RÈGLEMENT DES STAGES SCIENCES PO BORDEAUX Conseil d Administration du

COMMISSION DES NORMES COMPTABLES. Avis CNC 138/5 Logiciels

France. Conditions d ouverture des droits. Calcul des prestations. Indicateurs essentiels. France : le système de retraite en 2012

L Enseignement religieux au Luxembourg. Sondage TNS-ILRES Juillet 08 N 11

Les allocations familiales après 18 ans : pour qui et comment?

La politique monétaire. Lionel Artige HEC Université de Liège

Tableau 1 : Structure du tableau des données individuelles. INDIV B i1 1 i2 2 i3 2 i4 1 i5 2 i6 2 i7 1 i8 1

Indicateurs de résultats en Agriculture Durable

Macroéconomie Le Modèle Keynésien Simple

Deuxième Examen global de l Aide pour le commerce

les derniers salaires qui comptent

Impact du travail à l étranger pour un intermittent du spectacle. Indemnisation chômage et cotisations sociales. Table ronde du 30 mai 2013 Strasbourg

Questionnaire de vérification pour l implantation de la norme ISO dans une entreprise

NORME COMPTABLE RELATIVE AUX OPERATIONS EN DEVISES DANS LES ETABLISSEMENTS BANCAIRES NC 23

SPONSOR. In cooperation with. Media partners

Bilan actif. Document fin d'exercice

F o n d a t i o n B é a t r i c e

Conditions générales de vente

Arrêté royal du 12 août 1993 concernant l'utilisation des équipements de travail (M.B )

Le Cadre Européen des Certifications: les principaux défis. Manuela Bonacci Roma, le 9 juin 2010

COLLOQUE SUR LA RETRAITE ET LES PLACEMENTS AU QUÉBEC L INVESTISSEMENT GUIDÉ PAR LE PASSIF

Quelle attitude face aux devises? Conseils aux hôteliers-restaurateurs

8 ème Journée d Echanges Interprofessionels du CEFIEC Reims, Mardi 21 Avril 2015

Socles de compétences de. mathématiques. Enseignement secondaire 1 er degré

PRIX DE VENTE À L EXPORTATION GESTION ET STRATÉGIES

IV. Les nécessités d une grande réforme : propositions pour une assurance générale de revenu. Ruth Gurny, Denknetz Traduction : Sabine Dormond

Chapitre 1 : contexte et environnement des crédits bancaires aux particuliers

DOSSIER DE GESTION. Sommaire

POL Introduction à l'économie politique des relations internationales Travaux pratiques (un des trois TP au choix à faire en équipe)

Les instruments économiques de protection de l environnement. Prof. Bruno Deffains, bruno.deffains@u-paris2.fr. Sorbonne Université

Raisons convaincantes d investir dans le Fonds de revenu élevé Excel

Transcription:

Est-il possible de procéder à une analyse économique du fonctionnement des systèmes éducatifs? Si oui, dans quels buts? Quel est l'objet de la science économique? «L économique (économie politique) recherche comment les hommes et la société décident, en faisant ou non usage de la monnaie, d affecter des ressources productives rares à la production à travers le temps de marchandises et de services variés, et de répartir ceux-ci, à des fins de consommation présente ou future, entre les différents individus et collectivités contituant la société». Source : Samuelson, P. A. (1982) L économique. Paris : Armand Colin, coll. U, vol. 1 p. 4). 1

«d affecter des ressources productives rares à la production» ==> effectuer des choix : Que produire? Comment produire? Pour qui produire? Questions fondamentales de tout producteur de biens «à des fins de consommation présente ou future» Biens de consommation Biens de production Services ou biens immatériels L éducation présente-t-elle les attributs dun bien de consommation ou dinvestissement? 2

Adam Smith (XVIIIe siècle) postule une liaison entre les dépenses d éducation et le futur salaire, considérant de la sorte l éducation comme un investissement. Lé Than Khôi (1967) propose de distinguer les dépenses assimilables à une consommation de celles qui sont assimilables à un investissement selon la finalité assignée à l éducation. Schulz (1964) différencie la nature des dépenses d éducation selon le moment où les bénéfices sont perçus. L éducation peut aussi considérée comme un préinvestissement (une condition préalable à la croissance économique) et comme un investissement d accompagnement (associé aux dépenses en capital technique, telles que les machines, les outils). 3

Questions fondamentales de tout producteur de biens Que produire? Comment produire? Pour qui produire? Les trois questions ci-dessus se posent pour la production de services éducatifs. Aussi l analyse économique est-elle transposable à l éducation et «L'observateur le moins averti en effet sait d'une part que cette activité implique des ressources très importantes et d'autre part qu'elle entend répondre à certains besoins individuels et collectifs au sein de la société (...). De fait, pour l'économiste, l'éducation est avant tout une activité qui utilise des ressources limitées, susceptibles d'usages alternatifs...». Moisset, J. (1983) Lécole comme agent économique in Cloutier R. & alii, Analyse sociale de léducation, Montréal: Ed. du Boréal Express. 4

Exemples d analyses économiques appliquées à léducation Analyse de l impact de l éducation sur la croissance économique. Analyse de l impact de la formation sur le salaire. Analyse de la relation entre niveau de formation et chômage. Analyse de la demande en éducation (déterminants, solvabilité, ). Analyse des dépenses à l échelle d un pays, d un établissement, d un individu. Calcul de coûts éducatifs. Analyse de l efficience d un système éducatif, d un établissement, d un programme (mise en relation des résultats obtenus avec les moyens engagés). Analyse de la structure de financement d un système éducatif, 5 d une institution, des familles,