HELICOBACTER EN 2016 DIAGNOSTIC ET PRISE EN CHARGE. Dr LOEVE

Documents pareils
DYSPEPSIE. Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences Service de médecine de premier recours

«Les lombalgies chroniques communes à la consultation de rhumatologie du CHU de Fès»

HELICOBACTER PYLORI DÉTAILLÉ

L ANGINE. A Epidémiologie :

A. Bourgeois SMIT. CHRU de Montpellier

SCPUOM RAPPORT SUR LA THÉRAPIE OPTIMALE. Supporting Informed Decisions. À l appui des décisions éclairées

COMPLICATIONS THROMBOTIQUES DES SYNDROMES MYÉLOPROLIFÉRATIFS: ÉVALUATION ET GESTION DU RISQUE

Essais cliniques de phase 0 : état de la littérature

Prise en charge de l embolie pulmonaire

Dépistage du cancer colorectal :

Conduite à tenir devant des troubles digestifs au retour du voyage. Laurent Beaugerie Hôpital Saint-Antoine, Paris

Traitement antibiotique probabiliste des urétrites et cervicites non compliquées

Traitement de l hépatite C: données récentes

Le reflux gastro-oesophagien (280) Professeur Jacques FOURNET Avril 2003

Compte rendu d hospitalisation hépatite C. À partir de la IIème année MG, IIIème années MD et Pharmacie

Prise en charge des déchirures périnéales obstétricales sévères. Courjon M, Ramanah R, Eckman A, Toubin C, Riethmuller D.

L usage adéquat des inhibiteurs d acide dans le reflux gastroœsophagien

Infection à CMV et allogreffe de cellules souches hématopoïétiques : Expérience du Centre National de Greffe de Moelle Osseuse, Tunis.

INTERFERON Traitement adjuvant du mélanome à haut risque de récidive. Dr Ingrid KUPFER-BESSAGUET Dermatologue CH de quimper

SYNOPSIS INFORMATIONS GÉNÉRALES

NACO et Angioplas>e. Guillaume CAYLA Service de cardiologie CHU de Nîmes Groupe ACTION Pi>é Salpêtrière

Unité d enseignement 4 : Perception/système nerveux/revêtement cutané

Présenté par Mélanie Dessureault, inf. clin. et Caroline Fortin, AIC radio-oncologie

Le traitement du paludisme d importation de l enfant est une urgence

Observation. Merci à l équipe de pharmaciens FormUtip iatro pour ce cas

Faut-il encore modifier nos pratiques en 2013?

27 ème JOURNEE SPORT ET MEDECINE Dr Roukos ABI KHALIL Digne Les Bains 23 novembre 2013

NOTICE : INFORMATION DE L UTILISATEUR. Omeprazol Sandoz 10 mg, 20 mg, 40 mg gélules Oméprazole

Peut-on ne pas reprendre des marges «insuffisantes» en cas de Carcinome canalaire infiltrant

Contraception après 40 ans

Hépatite = inflammation du foie. Pr Bronowicki CHU Nancy Conférence mensuelle - section de Forbach

NOTICE: INFORMATION DE L UTILISATEUR

Tuméfaction douloureuse

Tests de détection de l interféron γ et dépistage des infections tuberculeuses chez les personnels de santé

PRINTEMPS MEDICAL DE BOURGOGNE ASSOCIATIONS ANTIAGREGANTS ET ANTICOAGULANTS : INDICATIONS ET CONTRE INDICATIONS

Dermatologie courante du sujet âgé. Printemps Médical de Bourgogne 31 Mars 2012 Dr Claude Plassard Gériatre CHI Châtillon/Montbard

Simulation en santé. Outil de gestion des risques. Avril Dr MC Moll 1

Prise en charge des dysplasies et carcinomes in situ de la surface oculaire au CHT de Nouvelle-Calédonie

Nouveaux anticoagulants oraux : aspects pratiques

ALK et cancers broncho-pulmonaires. Laurence Bigay-Gamé Unité d oncologie thoracique Hôpital Larrey, Toulouse

Association lymphome malin-traitement par Interféron-α- sarcoïdose

{ Introduction. Proposition GIHP 05/12/2014

I Identification du bénéficiaire (nom, prénom, N d affiliation à l O.A.) : II Eléments à attester par un médecin spécialiste en rhumatologie :

Évaluation du risque cardiovasculaire dans le contexte de l hypertension artérielle et de son traitement

TRAITEMENTS MEDICAMENTEUX DU DIABETE DE TYPE 2 (Hors Insuline) MAREDIA Dr Marc DURAND

Fibrillation atriale chez le sujet âgé

GASTRO-ENTEROLOGIE. Variabilité. A des entrées. B des sites anatomiques. C inter-individuelle. D intra-individuelle

Les nouveaux anticoagulants oraux, FA et AVC. Docteur Thalie TRAISSAC Hôpital Saint André CAPCV 15 février 2014

Programme de prise en charge et de suivi en anticoagulothérapie

Arthralgies persistantes après une infection à chikungunya: évolution après plus d un an chez 88 patients adultes

Traitements néoadjuvants des cancers du rectum. Pr. G. Portier CHU Purpan - Toulouse

NAVELBINE voie orale

Infiltrats pulmonaires chez l immunodéprimé. Stanislas FAGUER DESC Réanimation médicale septembre 2009

L adhésion au traitement: les clés du succès

La formation comme levier de changement des pratiques

LES DOULEURS LOMBAIRES D R D U F A U R E T - L O M B A R D C A R I N E S E R V I C E R H U M A T O L O G I E, C H U L I M O G E S

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 23 mai 2007

Existe t il des effets pervers à l identification du portage de BMR?

Leucémies de l enfant et de l adolescent

TUBERCULOSE Nouveautés 2009

Les Nouveaux AntiCoagulants Oraux

Intérêt diagnostic du dosage de la CRP et de la leucocyte-estérase dans le liquide articulaire d une prothèse de genou infectée

Actualités sur le Virus de l'hépatite C

Objectifs pédagogiques Lecture critique d article

Prophylaxie infectieuse après exposition professionnelle

Le traitement conservateur des tumeurs malignes des membres a largement remplacé les amputations

Cas clinique 2. Florence JOLY, Caen François IBORRA, Montpellier

Sein inflammatoire. Isabelle Leconte Cliniques universitaires St Luc

Incontinence anale du post-partum

Item 154 : Tumeurs des os primitives et secondaires (Évaluations)

Docteur, j ai pris froid!

Compliance (syn. Adhérence - Observance) IFMT-MS-Sémin.Médict.Nov.05 1

Les nouveaux anticoagulants en 2012

Réflexions sur les possibilités de réponse aux demandes des chirurgiens orthopédistes avant arthroplastie

Otite Moyenne Aiguë. Origine bactérienne dans 70 % des cas. Première infection bactérienne tous âges confondus

Phlébites: les pièges et ses nouveaux traitements Chris8ne Jurus Charles Nédey

Les anticoagulants. PM Garcia Sam Hamati. sofomec 2008

Module digestif. II. Prévention du reflux gastro-œsophagien :

Traitements de l hépatite B

Ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. Comité technique des infections nosocomiales et des infections liées aux soins

Symposium des Société Française d Angéiologie (SFA) et Société Francophone de Médecine Sexuelle (SFMS), Paris, Journées internationales Francophones

LA TUBERCULOSE Docteur ALAIN BERAUD

1 of 5 02/11/ :03

Le dépistage des cancers

Christian TREPO, MD, PhD

Les nouveaux anticoagulants oraux (NAC)

INAUGURATION LABORATOIRE DE THERAPIE CELLULAIRE 16 FEVRIER 2012 DOSSIER DE PRESSE

Assurance-maladie complémentaire (LCA)

Janvier 2003 PLACE DE L ENDOSCOPIE DANS LES COLITES MICROSCOPIQUES RECOMMANDATIONS DE LA

Migraine et céphalées de tension: diagnostic différentiel et enjeux thérapeutiques

Pierre OLIVIER - Médecine Nucléaire

QUELLES SONT LES OPTIONS DU TRAITEMENT DE LA LMC?

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

LES NOUVEAUX ANTICOAGULANTS

Sujets présentés par le Professeur Olivier CUSSENOT

InfoPOEMs. CHAQUE MOIS, Le Médecin du Québec publie une sélection de résumés d articles de recherche provenant de la banque

La santé bucco-dentaire au cabinet OMS. Problèmes majeurs. Santé bucco-dentaire et santé générale. Santé. Déterminants sociaux et santé bucco-dentaire

«J ai mal au ventre» :

ICI VOUS ÊTES QUELQU'UN CENTRE HOSPITALIER DE CORNOUAILLE "VOTRE IDENTITÉ C EST VOTRE SÉCURITÉ"

Transcription:

HELICOBACTER EN 2016 DIAGNOSTIC ET PRISE EN CHARGE Dr LOEVE Samedi 16 janvier 2015

QCM 1 Quelle est la prevalence mondiale d infection à helicobacter pylori? A B C D E 10% 30% 50% 70% 90% 2

QCM 1: réponse(s) Quelle est la prevalence mondiale d infection à helicobacter pylori? A B C D E 10% 30% 50% (et 30% environ en France) 70% 90% 3

QCM 2 Dans quels cas prescrivez-vous un test respiratoire recherchant HP? A B C D E Patient 20 ans dyspepsie Patient 50 ans dyspepsie Patient 20 ans ATCD fam de k gastrique au 1 er degré Patient 50 ans ATCD fam de k gastrique au 1 er degré Patient sous kardegic 75 au long cours 4

QCM 2 : réponse Dans quels cas prescrivez-vous un test respiratoire recherchant HP? A B C D E Patient 20 ans dyspepsie Patient 50 ans dyspepsie Patient 20 ans ATCD fam de k gastrique au 1 er degré Patient 50 ans ATCD fam de k gastrique au 1 er degré Patient sous kardegic 75 au long cours 5

PRESENTATION BGN forme spiralé Activité uréasique localisation gastrique strictement humaine 50% de la population mondiale Prévalence niveau socio-économique (30% vs 80%) Incidence globale en diminution References Maastricht IV/Florence Consensus Report Gut 2012 ; 61:646-64 6

EPIDEMIOLOGIE Transmission interhumain oral-oral (rarement fécale-orale) enfance, Intra-familiale ++ Taux de ré-infection après la guérison bas dans les pays industrialisés (< 1% par an) H pylori et ulcère : 90 % des UD et 70 % des UG H pylori et cancer gastrique : Plus de 70 % des cancers gastriques distaux seraient liés à H pylori (étude suédoise) Gros enjeu socio-économique 7

QUAND RECHERCHER L INFECTION A HP? UGD (cicatrisation /recidive) Lymphome MALT AINS et Aspirine (avant traitement prolongé) RGO (avant IPP long cours, ne traite pas le RGO) Prévention du cancer gastrique Dyspepsie > 45ans ou signe alarme Anémie par carence martiale / carence vit B12 sans cause trouvée PTI 8

Prevention du k gastrique Atcd fam k gastrique au premier degré Résection localisée k gastrique Lésions pré-neo (atrophie/métaplasie) IPP au long cours Bilan chir bariatrique (by pass ) Prédisposition héréditaire (PAF,Peutz-Jeghers, HNPCC) 9

Méthodes diagnostiques EOGD et biopsies ( anatomopathologie-culture ) Sérologie Diagnostic initial, non pour suivi car restera positive Ulcère hémorragique, ATB ou IPP récent, MALT si biopsies - Test respiratoire à l urée marquée : HELIKIT Diagnostic et contrôle éradication +++ après 4 semaine d arrêt ATB et 2 semaines pour IPP Recherche d antigènes bactériens dans les selles Pour diagnostique et contrôle si test respi non réalisable Maastricht IV/Florence Consensus Report Gut 2012 ; 61:646-64 10

DIAGNOSTIC EN PRATIQUE EOGD HELIKIT RGO ( >50 ans, atypique, résistant ou récidivant, signes d alarme) Dyspepsie >45 ans Suspicion UGD Anémie ferriprive / carence martiale Avant chir bariatrique FDR k gastrique >40-45 ans MALT, Polyposes héréditaires avant 40-45 ans en cas d ATCD Fam au 1 er degré de k gastrique Post éradication HP +++ Ttt AINS/Aspirine au long cours ( sujet asymptomatique ) PTI Maastricht IV/Florence Consensus Report Gut 2012 ; 61:646-64 11

Comment traiter l infection à Hp? Traitement séquentiel : 1 ère ligne -Amoxicilline 1g x 2/j + IPP pleine dose (20mg) x 2/j Pendant les 5 premiers jours; -Clarithromycine (500 mg x 2/j) + métronidazole (500 mg x 2/j) + IPP pleine dose x 2/j pendant les 5 jours suivants 70% d efficacité 12

Comment traiyté l infection à HP? 1ère ligne alternative Quadrithérapie bismuthée Allergie aux b-lactamines traitement récent par macrolides en 1 ère intention dans le cadre de l ulcère (actif ou ATCD) en zone de forte résistance à la Clarithromycine (France 20,8%) PYLERA Sous-citrate de bismuth potassique(140 mg) Métronidazole (125mg) Chlorydrate de tétracycline (125 mg) 3 gel x 4/j (matin midi soir et au coucher avec encas) +Oméprazol 20 mg x 2/j matin et soir QSP 10 jrs (Sans laitage, ni alcool, ni tabac) 94% d efficacité Malfertheiner P, Bazzoli F, Delchier JC, et al. Helicobacter pylori eradication with capsule containing bismuth sub citrate potassium, metronidazole, and tetracycline given with omeprazol vs clarithromycin-based triple 13 therapy : e randomised, open-label,non inferiority, phase III trial. Lancet2011; 377:905-13.

Et apres? contrôle de l éradication systématique après 4 semaines d arrêt de l antibiothérapie et 15 jours d arrêt d IPP Si Echec : Ne pas réutiliser le même ATB Si pas de clarithromycine 1 ère ligne : Tt séquentiel Si clarithromycine 1 ère ligne: 4Tt bismuthée Ou isoler la souche Hp (ATBgr) 3thérapie orientée 10 Jrs: (indispensable après 2échecs) lévofloxacine 500mgx2/j + amoxicilline 1gx2/j +IPP 20mgx2/j Rifabutine 150mgx2/j+ amoxicilline+ipp References... 14

QCM 3 Patient de 40 ans européen, douleur épigastrqiue, EOGD : ulcère Duodénal, biopsies gastrique : HP+, quel est votre traitement? A B C D E 4 semaines esomepraol 40 mg Traitement sequentiel + 4 semaine IPP Quadrithérapie bismuthée + 4 semaines d IPP Trithérapie «clasique» : ipp + amoxicilline +clarithromycine 7 à 14 jour Rien 15

QCM 3 : réponse(s) Patient de 40 ans européen, douleur épigastrqiue, EOGD : ulcère Duodénal, biopsies gastrique : HP+, quel est votre traitement? A B C D E 4 semaines esomeprazol 40 mg Traitement sequentiel + 4 semaine IPP Quadrithérapie bismuthée + 4 semaines d IPP Trithérapie «clasique» : ipp + amoxicilline +clarithromycine 7 à 14 jour Rien 16

QCM 4 Que prévoyez-vous par la suite? A B C D E EOGD de contrôle (HP et cicatrisation) Serologie HP Rien Helikit dès la fin du traitement Helikit 1 mois minimum après la fin du traitement 17

QCM 4 : réponse(s) Que prévoyez-vous par la suite? A B C D E EOGD de contrôle (HP et cicatrisation) Serologie HP Rien Helikit dès la fin du traitement Helikit 1 mois minimum après la fin du traitement 18

Messages pour la maison A B C La recherche et l éradication de HP est recommandée chez les apparentés au premier degré de cancer gastrique La trithérapie classique doit être abandonnée au profit du traitement séquentiel ou de la quadrithérapie bisthmutée Le contrôle de l éradication après traitement est indispensable (après arrêt des IPP et ATB) E References... 19

MERCI pour votre attention clioloeve@yahoo.fr www.hopital-europeen.fr