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Transcription:

Exercices proposés en cours semaine du 8 décembre 2003 Etude de cas : La contraction de l o re lors du premier choc pétrolier Entre 1973 et 1974 le prix en dollar du baril de pétrole est multiplié par deux. Les tableaux ci-dessous présentent la réaction de la Suisse, de la France et des Etats-Unis à ce choc pétrolier. L activité en Suisse autour du premier choc pétrolier 1973 1974 1975 In ation (%) 8,9 9,9 6,4 Taux de croissance du PIB (%) 3,16 1,2-6,7 Taux de chômage (%) 0,00 0,00 0,01 source : OCDE L activité en France autour du premier choc pétrolier 1973 1974 1975 In ation (%) 7,3 14,8 11,8 Taux de croissance du PIB (%) 5,4 3,1-0,3 Taux de chômage (%) 2,7 2,9 4,0 source :OCDE L activité aux Etats-Unis autour du premier choc pétrolier 1973 1974 1975 In ation (%) 5,4 10,3 8,2 Taux de croissance du PIB (%) 5,2-0,6-0,8 Taux de chômage (%) 4,9 5,6 8,5 source :OCDE

1) La hausse du prix du pétrole diminue la rentabilité des entreprises qui doivent payer plus cher le pétrole. Quel paramètre de notre modèle varie alors? 2) Comment les entreprises réagissent-elles? 3) Au vu des statistiques françaises, américaines et suisses, comment le marché du travail s est-il adapté (vous dinstinguerez 2 groupes de pays : d un côté la Suisse, et d un autre côté la France et les Etats-Unis)? Avec quelles conséquences pour l emploi, la production et l in ation? 4) Expliquer graphiquement les e ets du choc pétrolier dans les di érents pays. Correction 1) La hausse du prix du pétrole diminue la rentabilité des entreprises qui doivent payer plus cher le pétrole. Quel paramètre de notre modèle varie alors? La hausse du prix du pétrole a ecte négativement la productivité des facteurs de production et se traduit dans le cadre de notre modèle par une diminution de. 2) Comment les entreprises réagissent-elles? Les entreprises réagissent à ce choc en diminuant la quantité de travail utilisée dans le processus de production. La demande de travail se déplace donc vers la gauche. 3) Au vu des statistiques françaises, américaines et suisses, comment le marché du travail s est-il adapté (vous dinstinguerez 2 groupes de pays : d un côté la Suisse, et d un autre côté la France et les Etats-Unis)? Avec quelles conséquences pour l emploi, la production et l in ation? Quel modèle utiliser? Dans le but d expliquer les statistiques présentées pour les 3 pays analysés, et notamment l évolution du chômage, suite au choc pétrolier de 1973, nous allons utiliser le modèle keynésien. Ce modèle en faisant l hypothèse que les salaires nominaux sont rigides permet d expliquer l apparition du chômage. (le modèle néoclassique en partant de l hypothèse que les salaires sont parfaitement exibles implique qu a l équilibre il n y a pas de chômage dans l économie et donc ne paraît pas en mesure de pouvoir expliquer l évolution du taux de chômage). Etats-Unis et France (voir l annexe pour les graphiques) La hausse du pétrole en impliquant une diminution de a ecte négativement l o re globale et la demande de travail de la part des entreprises. Si on analyse l impact du choc sur le marché du travail (voir graphique 1), on constate que la hausse du prix du pétrole entraîne une diminution de l emploi e ectif ainsi qu une hausse du chômage. On part 2

d une situation initiale (W/P 0 ), N 0 où le chômage dans l économie est égal à U 0. Suite au choc, la demande de travail se déplace vers la gauche. Le salaire nominal étant rigide, (W/P 0 ) ne varie pas. Suite au déplacement de la demande de travail, le nouveau niveau de l emploi s établit à N 1. L écart entre l o re de travail N s et la demande N d s étant agrandi, le chômage augmente de U 0 à U 1. On peut également analyser le choc dans le repère (N,Y) a n d évaluer l impact de la hausse du prix du pétrole sur la production (voir graphique 2). Tout d abord, la hausse du prix du pétrole déplace l o re globale vers le bas. De plus, le nouvel équilibre sur le marché du travail (graphique 1) impliquant un niveau d emploi moins élevé, le choc entraîne une contraction de la production qui passe de Y 0 Y 1. Le choc à également un impact sur le niveau général des prix. Dans le repère (P,Y), la hausse du prix du pétrole se traduit par un déplacement de l o re globale vers la gauche (graphique 3). Le choc implique donc une baisse de la production de Y 0 à Y 1 et une augmentation des prix de P 0 à P 1. Remarque : Dans le cadre de ce modèle, on fait l hypothèse que les salaires nominaux W sont rigides mais que les prix sont exibles. Le salaire réel (W/P) peut donc varier seulement si P varie. Finalement, cette hausse des prix a également unimpact sur l équilibre dans le marché dutravail (voir graphique 1). Suite au choc, l augmentationdes prix implique une diminution du salaire réel qui passe de (W/P 0 ) à (W/P 1 ). Cet e et prix atténue la hausse du chômage impliquée par le choc pétrolier qui augmente nalement de U 0 à U 2 et qui correspond à un niveau d emploi N 2 La Suisse Le cas de la Suisse est un peu di érent. On peut constater qu en ce qui concerne l évolution du chômage, contrairement au cas de la France ou des Etats-Unis, le choc pétrolier n a pas beaucoup d in uence. On peut encore noter qu en 1975, la production nationale suisse se contracte sévèrement sans pour autant avoir de répercussions importantes sur le nombre de chômeurs. Il est possible d expliquer ces chi res en évoquant la structure particulière du marché du travail suisse lors du choc pétrolier de 1973. En e et, à cette époque une part importante de la main d oeuvre était constituée de travailleurs étrangers qui béné ciaient de contrats d embauche saisonniers. Lorsque le choc pétrolier conjugué aux déboires de l industrie horlogère a provoqué la récession, les entreprises n ont pas renouvelé les contrats des travailleurs. De plus, à cette époque, le travail des femmes a été fortement découragé. Graphiquement, la contraction de l o re de travail qui en résulte peut se représenter par un déplacement de la courbe N s vers la gauche. C est pourquoi le ralentissement économique ne s est pas traduit par une augmentation des chi res du chômage en Suisse. 3

W/P U 2 Ys U 1 U 0 N s W/P 0 W/P 1 Y s 0 F 0 N 1 N 2 N 0 N d0 N d1 N Y s 2 Y s 1 N 1 N 2 N 0 F 1 N d P Y s1 Y s0 P 1 P 0 Y d Y 1 YY 2 0 Y Exercice : Le marché du travail et l o re agrégée. 1) L o re de travail est supposée indépendante du salaire et vautn s = 20, oùn s est exprimée en millions de travailleurs. La demande de travail des entreprises s écrit: N d = 22 2(W=P) Déterminer le salaire réel qui équilibre le marché du travail. 2) Les salaires nominaux sont xés à 6 et les prix valent 2. Le marché du travail est-il équilibré? Combien y a-t-il de chômeurs? faire un shéma dans le plan (N;W=P) où sont représentés l o re de travail, la demande de travail et le chômage qui résulte de la rigidité du salaire nominal. 4

3) Comme il y a du chômage, la demande de travail des entreprises sera toujours satisfaite au salaire nominal xé. La production des entreprises s écrit : Y s =447;5+10N Montrer que l on peut écrire l o re des entreprises comme une fonction décroissante du salaire nominal et croissante du niveau des prix. Correction 1) L o re de travail est supposée indépendante du salaire et vautn s = 20, oùn s est exprimée en millions de travailleurs. La demande de travail des entreprises s écrit: N d = 22 2(W=P) Déterminer le salaire réel qui équilibre le marché du travail Le salaire réel d équilibre se calcule en égalisant l o re et la demande de travail:n s = N d : 20 = 22 2(W=P) (W=P) e = 1 2) Les salaires nominaux sont xés à 6 et les prix valent 2. Le marché du travail est-il équilibré? Combien y a-t-il de chômeurs? faire un shéma dans le plan (N;W=P) où sont représentés l o re de travail, la demande de travail et le chômage qui résulte de la rigidité du salaire nominal. Le salaire réel est égal à 3 et donc le marché du travail n est pas à l équilibre. La demande de travail est égale à: N d =22 6 =16 Le nombre de chômeurs est égal à: N s N d = 4 5

Schéma dans le plan (N,W/P) W/P N s N d U=4 3 16 20 N 3) Comme il y a du chômage, la demande de travail des entreprises sera toujours satisfaite au salaire nominal xé. La production des entreprises s écrit : Y s =447;5+10N Montrer que l on peut écrire l o re des entreprises comme une fonction décroissante du salaire nominal et croissante du niveau des prix. A cause de la rigidité des salaires, au niveauw=p =3, le marché du travail n est pas à l équilibre et la demande de travail des entreprises est supérieure à l o re des ménages. L emploi e ectif est donc déterminé par par la demanden d : La production des entreprises s écrit: Y s =447;5+10N d Y s =447;5+10(22 2(W=P) Y s = 667;5 20(W=P) La fonction d o re des entreprises est donc bien une fonction décroissante du salaire nominal et croissante du niveau des prix car: 6

et @Y s @W = 20 P < 0 @Y s @P = 20W P 2 > 0 7