L Econométrie des Données de Panel

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1 Ecole Doctorale Edocif Séminaire Méthodologique L Econométrie des Données de Panel Modèles Linéaires Simples Christophe HURLIN

2 L Econométrie des Données de Panel 2 Figure.: Présentation Le but de ce séminaire est de proposer une initiation, tant sur le plan théorique que sur le plan appliqué, à l économétrie des données de panel. Sur le plan théorique, le séminaire débutera par une présentation des problèmes de spéci cations de base en économétrie de panel et par les méthodes d estimation traditionnelles. Cette première partie insistera en particulier sur les stratégies de tests de spéci cation du modèle. La seconde partie du séminaire sera consacrée à l étude des panels dynamiques et proposera une introduction aux concepts de non stationnarité stochastique en panel et notamment à la spéci cation des tests de non stationnarité et de cointégration. Ces concepts théoriques seront appliqués à di érentes problématiques économiques, comme par exemple la problématique de la convergence des PIB par tête, que ce soit au travers de commentaires de travauxempiriques ou par la programmation d exemples illustratifs sous un logiciel d économétrie (TSP ou SAS à préciser)

3 L Econométrie des Données de Panel 3 Table des Matières Introduction 2 Chapitre : Modèles Linéaires Simples 5 Introduction 6. Tests de spéci cation ou tests d homogénéité 8.. L exemple d une fonction de production 8.2. Procédure de tests de spéci cation.2.. Procédure générale.2.2. Construction des statistiques de test 3.3. Application 7 2. Modèles à e ets individuels Empilement par pays Exemple Empilement par dates Exemple Modèles à e ets xes Estimateur Within ou LSDV Application Ecriture vectorielle 3 4. Modèles à e ets aléatoires Modèle à variance composée Estimateurs du modèle à e ets aléatoires Estimateur des Moindres Carrés Généralisés Application Tests de spéci cation des e ets individuels Corrélation des e ets individuels et des variables explicatives Test de spéci cation d Hausman Application 5 6. Modèles à coe cients xes et aléatoires Modèle MFR de Hsiao (989) Méthode d estimation des paramètres Application 57

4 L Econométrie des Données de Panel 4 Annexes 62 A.. Equivalence entre les estimateurs Within et pooled : Ã = 62 A.2. Programme TSP : Modèle MFR 63 Bibliographie 67

5 L Econométrie des Données de Panel 5 Chapitre I Modèles Linéaires Simples

6 L Econométrie des Données de Panel 6 Introduction Dans ce premier chapitre, nous nous restreindrons à l étude des modèles linéaires simples sur données de panel, ces derniers étant dé nis par opposition aux modèles dynamiques faisant intervenir des variables endogènes retardées. Dans toute la suite de ce chapitre, on considère des processus strictement stationnaires au sens de la stationnarité du second ordre. L objectif des cinq premières sections de ce chapitre est de faire en sorte que le lecteur puisse interpréter, de façon exhaustive et relativement approfondie, les résultats de base que donnent les principaux logiciels d économétrie lorsque l on envisage des modèles de panel. Nous prendrons ici comme référence le logiciel TSP 4.3, mais il est bien entendu évident que ces résultats de base sont sensiblement identiques si l on considère d autres logiciels comme Eviews, SAS ou Rats. Quelles sont les connaissances minimales nécessaires à l économètre appliqué pour pouvoir interpréter un tableau de résultats d estimation de panel? Prenons comme exemple la commande panel de TSP. A l issue de cette procédure, l utilisateur dispose des réalisations des estimateurs Pooled, Between, des estimateurs du modèle à e ets individuels xes (Within), du modèle à e ets individuels aléatoires (Error Component Model), des résultats de trois tests de Fischer, d un estimateur de la variance des e ets individuels, d un estimateur de la variance totale, de l estimateur d un paramètre de pondération et de la statistique du test d Hausman. Voilà ainsi résumés tous les élements que nous nous proposons d étudier tout au long des cinq premières sections. Ainsi, la première section est consacrée aux tests de spéci cation qui correspondent en fait aux trois tests de Fischer du chier de résultat des estimations TSP. Il s agit ici de déterminer la manière dont doit être spéci é un modèle de panel, si tant que l hypothèse de panel puisse être acceptée. Nous verrons alors que toute l analyse repose alors sur la notion d homogénéité des paramètres du modèle envisagé. Les tests présentés visent ainsi à porter un diagnostic sur l éventuelle nécessité d intégrer une dimension hétérogène et sur la manière dont cette hétérogénéité doit être spéci ée. Une des manières simples pour ne pas supposer l existence d un modèle totalement identique consiste ainsi à introduire des e ets individuels sous la forme de constantes spéci ques, propres à chaque individu du panel. Nous proposerons ainsi une procédure générale de tests de spéci cation des modèles linéaires simples. La dé nition de la stationnarité fera l objet du chapitre suivant.

7 L Econométrie des Données de Panel 7 Dans une seconde section, nous présenterons le modèle à e ets individuels. Ce modèle suppose l existence de coe cients identiques pour tous les individus et de constantes spéci ques. Ainsi, la relation économique mise en évidence à travers ce type de modélisation n est censée di érer pour tous les individus qu au niveau des constantes introduites dans le modèle. Nous insisterons alors sur la construction du modèle et en particulier sur sa représentation sous forme vectorielle. Il s agit ici de présenter les deux principales méthodes de construction des échantillons de données, à savoir la méthode d empilement par date et la méthode d empilement par individus. La troisième section est consacré au modèle à e ets individuels xes. On suppose dans cette section que les e ets individuels sont des paramètres déterministes. Nous serons alors amener à présenter la construction et les propriétés de l estimateur Within des coe cients du modèle. Une application sur les relations entre le nombre de grèves dans le secteur industriel et les déterminants macroéconomiques sera proposée. Nous nous appuierons sur les résultats et les di érents tests proposés sous TSP. Une quatrième section sera consacrée au modèle à e ets individuels aléatoires. On suppose dans cette section que les e ets individuels ne sont plus des paramètres, mais des variables aléatoires possédant une distribution commune pour tous les individus. Nous commencerons par étudier la structure des résidus de ce modèle à variance composée. Nous étudierons ensuite les di érents estimateurs des coe cients du modèle à e ets aléatoires et plus particulièrement l estimateur des Moindres Carrés Généralisés. En n, la cinquième section sera consacrée aux tests de spéci cation des e ets individuels. La question est alors de savoir quel modèle, parmi les modèles à e ets aléatoires ete ets xes, doitêtre retenu. Cecinous conduira à présenter le testd Hausman (978) qui constitue le test standard de spéci cation des e ets individuels. Nous conclurons en n en introduisant un sixième section consacrée à la présentation d un type de modèle de plus en plus utilisé en économétrie appliqué : le modèle avec coe cients xes et coe cients aléatoires. Ce modèle, introduit notamment par Hsiao (989), permet de réaliser di érents exercices de modélisation économique particulièrement intéressants.

8 L Econométrie des Données de Panel 8. Tests de spéci cation ou tests d homogénéité Lorsque l on considère un échantillon de données de panel, la toute première chose qu il convient de véri er est la spéci cation homogène ou hétérogène du processus générateur de données. Sur le plan économétrique, cela revient à tester l égalité des coe cients du modèle étudié dans la dimension individuelle. Sur le plan économique, les tests de spéci cation reviennent à déterminer si l on est en droit de supposer que le modèle théorique étudié estparfaitement identique pour tous les pays, ou au contraire s il existe des spéci cités propres à chaque pays. Nous commencerons par présenter un petit exemple illustratif construit à partir d une fonction de production agrégée. Dans une seconde section, nous généraliserons la procédure de tests de spéci cation en introduisant les notions de variances intraclasses (Within) et inter-classes (Between). En n, nous proposerons une application de ces tests de spéci cation à l estimation d une relation entre le nombre de grèves et un ensemble de variables explicatives... L exemple d une fonction de production Prenons l exemple d une fonction de production. Supposons que l on dispose d un échantillon de données de P IB et de facteurs (travail et capital) sur une durée de T périodes pour un ensemble de N pays. Si l on note y i;t le logarithme du PIB, k i;t le logarithme du stock de capital privé et n i;t le logarithme de l emploi et que l on suppose une fonction de production de type Cobb Douglass, le modèle général s écrit sous la forme 8i 2 [;N];8t 2 [;T] : y i;t = i + ik i;t + i n i;t + " i;t Les innovations " i;t sont supposées être i:i:d: de moyenne nulle et de variance égale à ¾ 2 "; 8i 2 [;N]: Dans un premier temps, la phase de test de spéci cation, revient sur le plan économique, à déterminer s il est en droit de supposer une fonction de production totalement identique pour tous les pays (modèle pooled). Dans ce cas, les élasticités de l emploi et du capital sont identiques pour tous les pays ( i = ; i = ; 8i 2 [;N] ) et le niveau moyen de la productivité totale des facteurs, représenté ici par les constantes i ; est lui aussi identique pour tous les pays. Le modèle s écrit alors sous la forme : y i;t = + k i;t + n i;t + " i;t

9 L Econométrie des Données de Panel 9 Toutefois, lorsque l on travaille sur des séries agrégés, il est relativement peu probable que la fonction de production macroéconomique soit strictement identique pour tous les pays étudiés. Si l hypothèse d homogénéité totale est rejetée, il convient alors de tester si les élasticités des di érents facteurs sont identiques. Si ce n est pas le cas, il n existe a priori aucune structure de production commune entre les pays. Dans ce cas, l utilisation des données de panel ne se justi e pas et peut même conduire à des biais d estimation. On doit donc estimer les fonctions de production pays par pays. Si en revanche, il s avère qu il existe bien une relation identique entre la production etles facteurs pour tous les pays, la sourced hétérogénéité du modèle peutalors provenir des constantes i : Dans notre exemple, ces constantes représentent la moyenne de la productivité totale des facteurs de production (résidu de Solow). Or, rien ne garantit que les pays étudiés possèdent le même niveau de productivité structurelle. Au contraire, il se peut parfaitement que des facteurs a-temporels ou structurels, comme la position géographique, le climat, l éloignement par rapport au grands axes commerciaux etc... aient pu conduire à des di érences structurelles de niveau de productivité entre les pays. Il convient donc de tester l hypothèse d une constante commune à tous les pays. Si cette hypothèse est rejetée, on obtient alors un modèle avec e ets individuels qui s écrit sous la forme : y i;t = i + k i;t + n i;t + " i;t Dans ce cas, le niveau moyen de la productivité totale des facteurs, déterminé par E ( i + " i;t ) = i ; varie selon les pays, même si la structure de production (les élasticités des deux facteurs travail et capital) est identique. Cet exemple, que nous allons à présent généraliser, montre bien que la phase de test de spéci cation revient à déterminer si le processus générateur de données peut être considéré comme homogène, c est à dire unique pour tous les individus, ou si au contraire il apparaît totalement hétérogène, auquel cas l utilisation des techniques de panel ne peut se justi er. Entre ces deux cas extrêmes, il convient de précisément identi er la source d hétérogénéité pour bien spéci er le modèle.

10 L Econométrie des Données de Panel.2. Procédure de tests de spéci cation On considère un échantillon de T observations de N processus individuels fy i;t ; t 2 Z;i 2 Ng et fx i;t ; t 2 Z;i 2 Ng: Par la suite, on notera fy i;t g et fx i;t g ces deux processus. On suppose que le processus fy i;t g est dé ni de façon générale par le relation linéaire suivante, 8i 2 N, 8t 2 Z : y i;t = i + ix i;t + " i;t (.) où i 2 R, i = ;i 2;i :::: K;i est un vecteur de dimension (K; ). On considère ainsi un vecteur de K variables explicatives : x i;t = (x ;i;t ; x 2;i;t ;:::;x K;i;t ) (.2) Les innovations " i;t sont supposées être i:i:d: de moyenne nulle et de variance égale à ¾ 2 "; 8i 2 [;N]: Ainsi on suppose que les paramètres i et i du modèle (.) peuvent di érer dans la dimension individuelle 2, mais l on suppose qu ils sont constants dans le temps..2.. Procédure générale Si l on considère le modèle (.), plusieurs con gurations sont alors possibles :. Les N constantes i et les N vecteurs de paramètres i sont identiques : i = ; i = 8i 2 [;N]. On quali e alors le panel de panel homogène. 2. Les N constantes i et les N vecteurs de paramètres i sont di érents selon les individus. On a donc N modèles di érents, on rejette la structure de panel. 3. Les N constantes i sont identiques, i = 8i 2 [;N]; tandis que les vecteurs de paramètres i di èrent selon les individus. Dans ce cas, tous les coe cients du modèle, à l exception des constantes, sont di érents selon les individus. On a donc N modèles di érents. 4. Les N vecteurs de paramètres i sont identiques, i = 8i 2 [;N]; tandis que les constantes i di èrent selon les individus. On obtient un modèle à e ets individuels. Pour discriminer ces di érentes con gurations et pour s assurer du bien fondé de la structure depanel, il convient d adopter une procédure detests d homogénéitéemboîtés. La procédure générale detest présentée dans Hsiao (986) est décrite sur la gure (.). 2 A l exception de la variance des innovations que l on supposera identique pour tous les individus.

11 L Econométrie des Données de Panel Figure.: Procédure Générale de Tests d Homogénéité TestH : α = α β = β i i i, [ N] H rejetée H vraie TestH 2 : βi = β i, [ N], = α +β' + ε y i t xi, t i, t H 2 rejetée H 2 vraie = TestH 3 : αi = α i [, N], α +β ' + ε y i t i i xi, t i, t H 3 vraie H 3 rejetée, = α+β' + ε y i t xi, t i, t, = α +β' + ε y i t i xi, t i, t Dans une première étape, on teste l hypothèse d une structure parfaitement homogène (constantes et coe cients identiques) : H : i = i = 8i 2 [;N] Ha : 9 (i;j) 2 [;N] = i 6= j ou i 6= j On utilise alors une statistique de Fischer pour tester ces (K + ) (N ) restrictions linéaires 3. Si l on suppose que les résidus " i;t sont indépendamment distribués dans les dimensions i et t; suivant une loi normale d espérance nulle et de variance nie ¾ 2 "; cette statistique suit une distribution de Fischer avec (K + ) (N ) et NT N (K + ) degrés de liberté. Les conclusions de ce test sont les suivantes. Si l on accepte l hypothèse nulle H d homogénéité, on obtient alors un modèle de pooled totalement homogène. y i;t = + x i;t + " i;t (.3) Si en revanche, on rejette l hypothèse nulle, on passe à une seconde étape qui consiste à déterminer si l hétérogénéité provient des coe cients i. 3 Dans notre modèle, chaque vecteur i comprendk paramètres. Pour lesn individus du panel, on obtientkn paramètres. L égalité desn vecteurs i revient donc à imposerkn K restrictions. De la même façon, l égalité des N constantes revient à imposer N restrictions. Au total, l hypothèse H revient à imposer (K +)(N ) restrictions linéaires.

12 L Econométrie des Données de Panel 2 La seconde étape consiste à tester l égalité pour tous les individus des K composantes des vecteurs i. H 2 : i = 8i 2 [;N] Ha 2 : 9 (i;j) 2 [;N] = i 6= j Sous l hypothèse nulle, on n impose ici aucune restriction sur les constantes individuelles i : De la même façon, on construit une statistique de Fischer pour tester ces (N )K restrictions linéaires. Toujours sous l hypothèse d indépendance et de normalité des résidus, cette statistique suit une loi de Fischer avec (N )K etnt N (K + ) degrés de liberté. Si l on rejette l hypothèse nulle H2 d homogénéité des coef- cients i, on rejette alors la structure de panel, puisque au mieux seules les constantes i peuvent être identiques entre les individus : y i;t = + ix i;t + " i;t (.4) On estime alors les paramètres vectoriels i en utilisant les modèles di érents pays par pays. Si en revanche, on accepte l hypothèse nulle H2 d homogénéité des coe cients i; on retient la structure de panel et l on cherche alors à déterminer dans une troisième étape si les constantes i ont une dimension individuelle. La troisième étape de la procédure consiste à tester l égalité des N constantes individuelles i ; sous l hypothèse de coe cients i communs à tous les individus : H 3 : i = 8i 2 [;N] H 3 a : 9 (i;j) 2 [;N] = i 6= j Sous l hypothèse nulle, on impose i = : Sous l hypothèse d indépendance et de normalité des résidus, on construit une statistique de Fischer pour tester ces N restrictions linéaires. Cette statistique suit une loi de Fischer avec (N )K et N (T ) K degrés de liberté. Si l on rejette l hypothèse nulle H3 d homogénéité des constantes i, on obtient alors un modèle de panel avec e ets individuels : y i;t = i + x i;t + " i;t (.5) Dans le cas où l on accepte l hypothèse nulle H3, on retrouve alors une structure de panel totalement homogène (modèle pooled). Le test H3 ne sert alors qu à con rmer ou in rmer les conclusions du tests H ; étant donné que le fait de réduire le nombre de restrictions linéaires permet d accroître la puissance du test du Fischer.

13 L Econométrie des Données de Panel Construction des statistiques de test Nous allons à présent, présenter les méthodes de construction des di érents tests de Fischer utilisés dans cette procédure. On considère le modèle (.) et l on suppose que les résidus " i;t sont indépendamment distribués dans les dimensions i et t; suivant une loi normale d espérance nulle et de variance nie ¾ 2 ". On suppose que la variance ¾ 2 " est connue. Test d homogénéité globale d homogénéité totale H : On considère tout d abord, le test de l hypothèse H : i = i = 8i 2 [;N] Soit F la statistique de Fischer associée à ce test. Ce test revient à imposer (K + ) (N ) restrictions linéaires sur les coe cients du modèle (.). De plus, sous l hypothèse alternative Ha; 2 il existe au plus NK coe cients di érents pour les composantes des N vecteurs i (de dimension K) et N constantes individuelles. On dispose donc dent N (K + ) degrés de liberté. De nition.. La statistique de Fischer F associée au test d homogénéité totale H dans le modèle (.) : H : i = (K;) i = 8i 2 [;N] s écrit sous la forme suivante et suit un Fischer avec (N ) (K + ) et NT N (K + ) degrés de liberté : F = (SCR ;c SCR )=[(N ) (K + )] SCR = [NT N (K + )] (.6) où SCR désigne la somme des carrés des résidus du modèle (.) et SCR ;c la somme des carrés des résidus du modèle contraint : y i;t = + x i;t + " i;t Ainsi, si la réalisation de la statistique de Fischer pour l échantillon considéré est supérieure au seuil théorique à %; on rejette l hypothèse nulle d homogénéité. Reste à présent à déterminer la formule générale des sommes de carrés des résidus des modèles contraint et non contraint. Considérons tout d abord le modèle non contraint : y i;t = i + ix i;t + " i;t Les estimateurs b i et b i des paramètres individuels sont obtenus équation par équation pour chaque individu. Soit SCR ;i la somme des carrés des résidus obtenue pour

14 L Econométrie des Données de Panel 4 chaque équation. La somme des carrés des résidus du modèle (.) non contraint est alors tout simplement dé nie comme la somme des N somme des carrés des résidus obtenues pour les N équations individuelles. SCR = NX SCR ;i = NX h i S yy;i Sxy;iS xx;i S xy;i où les sommes S k;i sont dé nies de la façon suivante 8i 2 [;N] : S xx;i = S xy;i = S yy;i = (.7) TX (y i;t y i ) 2 (.8) t= TX (x i;t x i ) (x i;t x i ) (.9) t= TX (x i;t x i ) (y i;t y i ) (.) t= Les moyennes x i et y i sont dé nies, pour chaque individu, dans la dimension temporelle de façon traditionnelle par 8i 2 [;N] : x i = T TX t= x i;t y i = T TX t= L expression de SCR fait ainsi apparaître la somme des variances individuelles des résidus obtenues à partir des N régressions individuelles. L expression S yy;i S xy;i S xx;i S xy;i correspond ainsi (à une transformée linéaire près) à la variance intragroupe (Within variance) des résidus. y i;t Le modèle (.) contraint sous l hypothèse H s écrit : y i;t = + x i;t + " i;t (.) On dispose ainsi d un échantilon de TN observations pour identi er les paramètres communs et de cette relation. On applique alors les Moindres Carrés Ordinaires sur les données empilées (modèle pooled). La somme des carrés s écrit sous la forme : où les sommes S k sont dé nies de la façon suivante : SCR ;c = S yy S xys xx S xy (.2) S yy = NX t= TX (y i;t y i ) 2 (.3)

15 L Econométrie des Données de Panel 5 S xx;i = NX TX (x i;t x i ) (x i;t x i ) (.4) t= S xy;i = NX t= TX (x i;t x i ) (y i;t y i ) (.5) Les moyennes x et y sont alors dé nies sur l ensemble des TN observations : x = NT y = NT NX TX t= NX TX t= L expression SCR ;c correspond à une transformée de la variance totale des résidus (total variance) obtenus à partir de l estimation d un modèle unique sur les NT données empilées. x i;t y i;t Test d homogénéité des coe cients i Considérons à présent le test de l hypothèse d homogénéité des coe cients i, notée H 2 : H 2 : i = 8i 2 [;N] Soit F 2 la statistique de Fischer associée à ce test. Sous l hypothèse nulle, on n impose aucune restriction sur les constantes individuelles i : Toujours sous l hypothèse d indépendance et de normalité des résidus, on construit une statistique de Fischer pour tester ces (N )K restrictions linéaires. Sous l hypothèse alternative H 2 a; on retrouve le modèle (.) et NT N (K + ) degrés de liberté. De nition.2. La statistique de Fischer F 2 associée au test d homogénéité totale H 2 dans le modèle (.) : H 2 : i = (K;) 8i 2 [;N] s écrit sous la forme suivante et suit un Fischer avec (N )K et NT N (K + ) degrés de liberté : F 2 = SCR;c SCR = [(N )K] SCR = [NT N (K + )] (.6) où SCR désigne la somme des carrés des résidus du modèle (.) et SCR ;c la somme des carrés des résidus du modèle contraint (modèle à e ets individuels) : y i;t = i + x i;t + " i;t

16 L Econométrie des Données de Panel 6 La somme des carrés des résidus du modèle non contraint, SCR ; est donnée par l équation (.7). Sous l hypothèse H 2 ; la somme des carrés des résidus dans le modèle à e ets individuels est donnée par : Ã NX N! Ã X N! Ã X N! X SCR ;c = S yy;i S xy;i S xx;i S xy;i (.7) où les sommes S k;i ont été dé nies par les équations (.8), (.9) et (.). Cette écriture signi e que dans le modèle à e ets individuels, les estimateurs (Within) des paramètres i et i sont obtenus en centrant les variables sur leurs moyennes individuelles respectives. Nous reviendrons par la suite sur cette propriété. Test d homogénéité des constantes i Considérons en n le dernier test d homogénéité des constantes i, notée H 3 : H 3 : i = 8i 2 [;N] Soit F 3 la statistique de Fischer associée à ce test. Sous l hypothèse nulle, on impose l égalité des paramètres i: Sous l hypothèse d indépendance et de normalité des résidus, on construit une statistique de Fischer pour tester ces N restrictions linéaires. Sous l hypothèse alternative H 3 a; les coe cients i sont tous égaux, mais les constantes di èrent selon les individus. On a donc NT N K degrés de liberté. De nition.3. La statistique de Fischer F 3 associée au test d homogénéité totale H 3 dans le modèle (.) : H 3 : i = 8i 2 [;N] s écrit sous la forme suivante et suit un Fischer avec N et N (T ) K degrés de liberté : F 3 = SCR;c SCR ;c = (N ) SCR ;c = [N (T ) K] (.8) où SCR ;c désigne la somme des carrés des résidus du modèle (.) sous l hypothèse i = (modèle à e ets individuels) et SCR ;c la somme des carrés des résidus du modèle contraint (modèle de pooled) : y i;t = + x i;t + " i;t Les sommes des carrés des résidus SCR ;c et SCR ;c ont été respectivement dé nies par les équations (.7) et (.2). Il est en outre possible de tester la constance dans le temps des di érents paramètres du panel suivant une procédure sensiblement identique (voir Hsiao 986). Mais cette problématique relève plus de la notion traditionnelle de stabilité des coe cients dans le temps que de la pure application des techniques économétriques de données de panel.

17 L Econométrie des Données de Panel 7.3. Application Considérons à présent une application simple de ces tests d homogénéité à partir de données de panel relatives au nombre de grèves dans le secteur industriel 4. Les données annuelles couvrent 7 pays 5 de l OCDE et sont disponibles de 95 à 985. Soit s i;t le nombre de jours chômés pour cause de grève, pour salariés du secteur industriel, du pays i observé à la date t. Nous cherchons à relier cette variable d une part au taux de chômage de l économie, noté u i;t ; et d autre au niveau de l in ation, notée p i;t ; selon la relation linéaire suivante : s i;t = i + iu i;t + i p i;t + " i;t 8i = ;::; 7 (.9) Appliquons la stratégie de test d homogénéité à ce modèle. Pour ce faire, nous utiliserons directement les résultats des tests programmés sous TSP (version 4.3A ou versions ultérieures). Les commandes TSP sont donc les suivantes : load(file= strikes.wks ); panel (id=i,time=t,byid) srt u p; La première ligne du programme sert tout simplement à lire les données du chier strike.wks. La seconde ligne du programme permet d obtenir l ensemble des estimateurs de base (pooled, between, e ets xes et e ets aléatoires) ainsi que les résultats des principaux tests de spéci cation (tests d homogénéité et test d Hausman). L option id = i indique le nom de l indicatrice pays et l option time = t indique le nom de l indicatrice temporelle. L option byid est nécessaire pour a cher l ensemble des résultats des tests de spéci cation 6. Les variables sont respectivement nommées srt, u et p. Sur la gure (.2) sont reportés les résultats d estimation de cette procédure TSP. Nous allons nous concentrer plus particulièrement sur l analyse des résultats des tests d homogénéité. TSP propose, avec l option byid, les trois tests de Fischer présentés précédemment. On observe tout d abord le panel est cylindré (balanced), c est à dire qu il comporte le même nombre de points dans la dimension temporelle pour tous les individus. On a ici N = 7 et T = 35; soit 595 observations. Commençons tout d abord par le test 4 Les données ont été collectées par Bruce Western et proviennent du site 5 Le panel comporte initialement 8 pays, mais pour le pays 3, les données ne sont disponibles que jusqu en 98. C est pourquoi a n de travailler sur un panel cylindré nous avons choisi de retirer ce pays de notre échantillon. 6 Pour plus de détails sur l instructionpanel sous TSP, se reporter au manuel de programmation du logiciel.

18 L Econométrie des Données de Panel 8 Figure.2: Résultats des Tests de Spéci cation sous TSP 4.3A

19 L Econométrie des Données de Panel 9 de l hypothèse d homogénéité totale (test H dans nos notations). Ce dernier est noté sous la forme F test of A;B = A i ;B i dans le chier résultat de TSP. La lettre A désigne ici les constantes, tandis que la lettre B désigne le vecteur des coe cients des variables explicatives. Dans le cadrede notre échantillon, la réalisation de la statistique de Fischer associée au test H, notée F ; est de 3:832. Le logiciel indique en outre le nombre de degré de liberté de cette statistique. Nous avons vu précédemment que F suivait un Fischer avec (N ) (K + ) et NT N (K + ) degrés de liberté. Compte tenu des dimensions de notre panel et du nombre de variables explicatives (K = 2), on doit donc comparer la valeur de cette réalisation au seuil d un Fischer F (48; 544): Le logiciel nous donne directement la pvalue associée à ce test. En l occurrence ici, cette pvalue est très largement inférieure au seuil de 5%, donc pour ce seuil, on rejette l hypothèse nulle H d égalité des constantes i et des coe cients i et i : Il convient alors de tester l hypothèse H 2; d égalité des coe cients i et i (coe cients associés aux variables explicatives) entre les pays. Ce test est noté sous la forme F test of A i ;B = A i ;B i dans le chier résultat de TSP. Dans le cadre de notre échantillon, la réalisation de la statistique de Fischer associée au test H 2, notée F 2 ; est de :845. Cette valeur est à comparer au seuil d un Fischer avec (N )K et NT N (K + ) degrés de liberté, c est à dire ici un F (32; 544): La pvalue indique ici que jusqu au seuil de 25%, l hypothèse nulle ne peut pas être rejetée. A 5%, on con- rme donc ici la structure de panel, puisque l on est en droit de supposer qu il existe des coe cients communs pour tous les pays entre le volume des grèves et les variables explicatives que sont le chômage et l in ation. Reste en n à tester l hypothèse H 3 de constantes individuelles i: Ce test est noté sous la forme F test of A i ;B = A i ;B dans le chier résultat de TSP. Dans le cadre de notre échantillon, la réalisation de la statistique de Fischer associée au test H 3, notée F 3 ; est de 9:342. Cette valeur est à comparer au seuil d un Fischer avec N et N (T ) K degrés de liberté, c est à dire ici un F (6; 576): La pvalue est très largement inférieure au seuil de 5%. Pour ce seuil, on rejette l hypothèse nulle H d égalité des constantes i : Il est nécessaire d introduire ici des e ets individuels. La spéci cation nale de notre modèle est donc : s i;t = i + u i;t + p i;t + " i;t 8i = ;::; 7 (.2) Reste à présent à étudier les di érentes méthodes d estimation des modèles incluant des constantes individuelles.

20 L Econométrie des Données de Panel 2 2. Modèles à e ets individuels Nous allons à présent nous à des modèles de panel hétérogènes, où la seule source d hétérogénéité provient des constantes individuelles. On suppose ainsi que les coe cients des di érentes variables stochastiques explicatives sont identiques pour tous les individus du panel ( i = ). On suppose en outre que ces coe cients sont des constantes déterministes. Les constantes individuelles i ; quant à elles, di èrent selon les individus. Hypothèse (H) On suppose que les N vecteurs de paramètres i sont identiques, i = 2 R;8i 2 [;N]; tandis que les constantes i peuvent di érer selon les individus. En particulier, il existe au moins un couple (j;i) 2 [;N] 2 tel que j 6= i Sous l hypothèse (H), le modèle (.), s écrit sous la forme suivante : y i;t = i + x i;t + " i;t (2.) où i 2 R et = ( 2:::: K ) 2 R K est un vecteur de constantes. Les innovations " i;t sont supposées être i:i:d: de moyenne nulle, de variance égale à ¾ 2 "; 8i 2 [;N] et sont supposées non corrélées que ce soit dans la dimension individuelle ou dans la dimension temporelle. Dès lors, dans ce contexte, on doit distinguer deux cas : le cas où les paramètres i sont des constantes déterministes (modèle à e ets xes) et le cas où les paramètres i sont des réalisations d un variable aléatoire d espérance et de variance nie (modèle à e ets aléatoires). Nous allons donc successivement envisager ces deux types de modèle (sections 3 et 4). Toutefois, avant de présenter ces deux modèles, nous commencerons tout d abord par introduire les di érentes méthodes d empilement de données de panel qui autorisent une écriture vectorielle du modèle à e et individuel. En e et, il existe deux possibilité d écriture vectorielle du modèle (2.). Autrement dit, il existe deux façons d empiler les données :. Empilement par individus : pour une variable donnée, les T réalisations historiques de chaque individu sont stockées dans un vecteur colonne, et les N vecteurs colonnes ainsi obtenus sont ensuite empilés à la suite des uns des autres dans l ordre des individus.

21 L Econométrie des Données de Panel 2 2. Empilement par dates : pour une variable donnée, les N réalisationsindividuelles pour une date donnée sont stockées dans un vecteur colonne, et les T vecteurs colonnes ainsi obtenus pour toutes les dates sont ensuite empilés à la suite des uns des autres. Il est très important de noter que lesprincipaux logicielsd économétrie (notamment TSP) optent généralement pour une méthode d empilement par pays. Si le logiciel n empile pas lui même les données, les séries utilisées dans le cadre des applications doivent, de façon impérative, êtreordonnées sous la forme préconisée par les concepteurs du logiciel. 2.. Empilement par pays Considérons tout d abord la méthode d empilement par pays. On considère un échantillon de N individus sur T périodes, et un modèle avec K variables explicatives. On pose : y i = (T;) y i; y i;2 ::: y i;t C A X i = (T;K) x ;i; x 2;i; ::: x K;i; x ;i;2 x 2;i;2 ::: x K;i;2 ::: ::: ::: ::: x ;i;t x 2;i;T ::: x K;i;T On dé nit en outre un vecteur unitaire, noté e; tel que : e = B C ::: A C A " i = (T;) " i; " i;2 ::: " i;t C A De nition 2.. Dans le cas de l empilement par pays, pour chaque individu 8i 2 [;N]; le modèle (2.) peut s écrire sous la forme : y i = e i + X i + " i 8i = ;::;N (2.2) C est principalement cette expression du modèle (2.) que l on utilisera par la suite pour étudier les estimateurs du modèle linéaire simple. On peut toutefois écrire le modèle de façon totalement vectorielle en empilant les vecteurs y i et les matrices X i : Pour cela on pose : Y = (TN;) y y 2 ::: y N C A X = (TN;K) X X 2 ::: X N C A " (TN;) = " " 2 ::: " N C A

22 L Econométrie des Données de Panel 22 On dé nit T le vecteur nul de dimension (T; ): e = (TN;N) e T ::: T T e ::: T ::: ::: ::: T T T ::: e C A e (N;) = On obtient alors la représentation vectorielle suivante : 2... Exemple 2 ::: N C A Y = ee + X + " (2.3) Considérons un panel de 2 pays (N = 2), dont les données annuelles sont disponibles sur 3 ans (T = 3). On cherche à estimer une fonction de production log-linéaire (Cobb- Douglass), supposée commune à ces deux pays. Soit y i;t le logarithme du PIB, k i;t le logarithme du stock de capital privé et n i;t le logarithme de l emploi. On suppose que cette fonction de production s écrit sous la forme : y i;t = i + kk i;t + nn i;t + " i;t 8i 2 [; 2];8t 2 [;T] où k et n désignent respectivement les élasticités (supposées communes aux deux pays) de la production par rapport au capital et à l emploi. L e et individuel i mesure ici les spéci cités a-temporelles de la productivité totale des facteurs qui correspond dans cette régression, aux résidus " i;t : Ce modèle s écrit sous forme vectorielle de la façon suivante : y y i;2 y i;3 A A i k i; n i; k i;2 n i;2 k i;3 n i;3 Aµ k n () y i = e i + X i + " i 8i = ;::;N " i; " i;2 " i;3 A L écriture vectorielle complète du modèle est la suivante : y ; k ; n ; y ;2 y µ k ;2 n ;2 ;3 C B C B k ;3 n ;3 C y 2; y 2;2 y 2;3 = C B C A 2 + k 2; n 2; k 2;2 n 2;2 k 2;3 n 2;3 C A µ k n + " ; " ;2 " ;3 " 2; " 2;2 " 2;3 C A () Y = ee + X + "

23 L Econométrie des Données de Panel Empilement par dates De façon parallèle, il est possible de représenter de façon symétrique le modèle (2.) en utilisant la méthode d empilement par dates. Pour ce faire, il su t de poser les dé nitions suivantes : y ;t y t = B y 2;t (N;) ::: A y N;t X t = (N;K) x ;;t x 2;;t ::: x K;;t x ;2;t x 2;2;t ::: x K;2;t ::: ::: ::: ::: x ;N;t x 2;N;t ::: x K;N;t C A " t = (T;) " ;t " 2;t ::: " N;t C A De nition 2.2. Dans le cas de l empilement par dates, pour chaque date t 2 [;T]; le modèle (2.) peut s écrire sous la forme : y t = e + X t + " t 8t = ;::;T (2.4) De la même façon, il est possible d exprimer le modèle (2.) sous une forme vectorielle complète. On pose : y Y = B y (TN;) ::: y T C A X = (TN;K) X X 2 ::: X T C A " (TN;) = Soit I N la matrice identité de dimension (N;N): On dé nit la matrice suivante : I N e = B I N C ::: A I N " " 2 ::: " T C A Il vient alors : Y = ee + X + " (2.5) Exemple Reprenons l exemple présenté précédemment. Lorsque les données sont empilées par dates, ce modèle s écrit sous forme vectorielle de la façon suivante : µ µ µ µ y;t k;t n = + ;t k + y 2;t 2 k 2;t n 2;t n µ ";t " 2;t () y t = e + X t + " t 8t = ;::;T

24 L Econométrie des Données de Panel 24 L écriture vectorielle complète du modèle est la suivante : y ; k ; n ; y 2; k 2; n 2; µ y ;2 = y B 2;2 C B + k ;2 n ;2 C 2 k 2;2 n y ;3 A B k ;3 n ;3 A y 2;3 k 2;3 n 2;3 µ k n + " ; " 2; " ;2 " 2;2 " ;3 " 2;3 C A () Y = ee + X + " Maintenant que nous avons présenté l écriture vectorielle des modèles de panel à e ets individuels, nous allons à présent étudier les propriétés des estimateurs des paramètres de ces modèles suivant la spéci cation des e ets individuels. Nous distinguerons pour cela deux cas : le cas des e ets xes et le cas des e ets aléatoires.

25 L Econométrie des Données de Panel Modèle à e ets xes On fait maintenant l hypothèse que les e ets individuels i sont représentés par des constantes (d où l appellation modèle à e ets xes). Nous allons déterminer la forme générale des estimateurs des paramètres i et dans ce modèle à e ets xes. On considère donc le modèle (.) sous l hypothèse (H) : y i;t = i + x i;t + " i;t 8i 2 [;N]; 8t 2 [;T] (3.) où i 2 R, = ( 2:::: K ) 2 R K. Tous les paramètres du modèle sont des constantes et l on suppose pour simpli er qu il n existe pas d e et temporel. On dé nit le vecteur " i tel que : " i = " i; " i;2 ::: " i;t (T;) Pour étudier les propriétés des estimateurs du modèle à e ets xes, nous allons faire une hypothèse supplémentaire sur la nature du processus des résidus " i;t : Cette hypothèse constitue tout simplement la généralisation dans la dimension de panel de la dé nition d un bruit blanc. Hypothèse (H2) On suppose que les résidus " i;t sont i:i:d: et satisfont les conditions suivantes, 8i 2 [;N]; 8t 2 [;T] ² E (" i;t ) = ½ ¾ 2 ²E (" i;t " i;s ) = " t = s 8t 6= s ; ce qui implique que E (" i" i ) = ¾2 "I T où I t désigne la matrice identité (T;T): ² E (" i;t " j;s ) = ;8j 6= i; 8 (t; s) La première condition impose tout simplement que l espérance des résidus du modèle (3.) soit nulle. La seconde condition, standard en économétrie des séries temporelles, impose que le processus " i;t soit un processus sans mémoire (dans la dimension temporelle). Pour chaque individu, il n existe ainsi aucune corrélation entre le niveau présent du processus " i;t et les réalisations passées. Seule la variance du processus " i;t est non nulle. L introduction d une dimension individuelle, nous oblige ici à dé nir une seconde contrainte qui est que tous les processus individuels " i;t ont la même variance ¾ 2 " quel que soit l individu considéré. Autrement dit, la matrice de variance covariance du processus " i est proportionnelle, à un scalaire près, à la matrice identité. En n, la troisième condition stipule qu il n existe aucune corrélation entre les processus d innovation pour deux individus distincts et cela quelle que soit la date considérée.

26 L Econométrie des Données de Panel Estimateur Within ou LSDV Considérons l écriture vectorielle du modèle obtenue par un empilement des données par pays. y i = e i+ X i (T;) (T;) (T;K)(K;) + " i (T;) 8i = ;::;N (3.2) L estimateur des Moindres Carrés Ordinaires (MCO) des paramètres i et dans le modèle à e ets xes est appelé estimateur Within; ou estimateur à e ets xes ou estimateur LSDV (Least Square Dummy Variable). Comme nous l avons vu, le terme Within s explique par le fait cet estimateur tient compte de la variance intra groupe de la variable endogène. La troisième appellation LSDV tient au fait que cet estimateur conduit à introduiredes variables dummies, qui dans la spéci cation (3.2) correspondent aux vecteurs colonnes de e: On peut démontrer que sous l hypothèse (H2), l estimateur des Moindres Carrés Ordinaires (MCO) des paramètres i et du modèle (3.2) est le meilleur estimateur linéaire sans biais (BLUE 7 ). Si l on suppose que ¾ " est connu, cet estimateur est obtenu en minimisant la variance des résidus empiriques, notée S; par rapport aux seuls paramètres i et : min f i ; g N S = NX " i" i = NX (y i e i X i ) (y i e i X i ) La première condition nécessaire de ce programme; nous donne immédiatement l expression de l estimateur de la constante i, 8i 2 [;N] : b i = y i b LSDV x i (3.3) où les termes y i et x i désignent les moyennes individuelles des variables endogènes et exogènes. y i (;)= T TX t= y i;t x i (K;)= T TX x i;t 8i 2 [;N] (3.4) Ces moyennes sont donc calculées de façon traditionnelle dans la dimension temporelle, et cela pour chaque individu de l échantillon. C est pourquoi elles sont indicées en i: A partir de la seconde condition nécessaire du programme de minimisation, on montre que l estimateur du paramètre vectoriel est donné par la relation suivante : " N # " X TX N # X TX b LSDV = (x i;t x i ) (x i;t x i ) (x i;t x i ) (y i;t y i ) (3.5) t= t= t= 7 Best Linear Unbiased Estimator

27 L Econométrie des Données de Panel 27 Proposition 3.. L estimateur Within ou LSDV de ; obtenu dans le modèle à e ets individuels xes (3.2) est identique à l estimateur des MCO obtenu à partir d un modèle transformé où les variables expliquées et explicatives sont centrées sur leur moyennes individuelles respectives : (y i;t y i ) = b (x i;t x i ) + " i;t 8i 2 [;N]; 8t 2 [;T] (3.6) Les réalisations des estimateurs des constantes i sont alors déduits de la relation : b i = y i b x i En e et, on voit d après l équation (3.5), que l estimateur Within des coe cients de peut être obtenu en centrant les di érentes (variables endogène et exogènes) sur les moyennes individuelles respectives. Ainsi, on peut obtenir le même estimateur en utilisant le modèle transformé suivant 8i 2 [;N]; 8t 2 [;T] : ey i;t = ex i;t + " i;t avec ey i;t = (y i;t y i ) et ex i;t = (x i;t x i ). En e et, dans ce cas on obtient : " N # " X TX N # X TX b = ex i;t ex i;t ex i;t ey i;t = t= t= " X N # " TX N # X TX (x i;t x i ) (x i;t x i ) (x i;t x i ) (y i;t y i ) t= t= On reconnaît ici l expression générale de l estimateur Within b LSDV : Reste alors à obtenir les réalisations des estimateurs des constantes individuelles selon la formule : b = y b x b 2 = y 2 b x 2 :::: b N = y N b x N Le fait qu il soit équivalent d estimer les paramètres du modèle (3.2) directement à partir de cette spéci cation incluant des dummies individuelles ou à partir d un modèle transformé où les variables sont centrées sur leurs moyennes individuelles respectives est particulièrement important. Cela illustre la notion de variance intra-classes qui est fondamentale dans la construction de l estimateur Within. Nous allons à présent, proposer une illustration de cette propriété de l estimateur Within:

28 L Econométrie des Données de Panel Application Considérons à nouveau l exemple du modèle de grèves dans le secteur industriel. Nous avons établi précédemment que le modèle de panel comportait des e ets individuels et pouvait s écrire sous la forme: s i;t = i + u i;t + p i;t + " i;t 8i = ;::; 7 (3.7) où s i;t désigne le nombre de jours chômés pour cause de grève, pour salariés du secteur industriel, u i;t désigne le taux de chômage de l économie et p i;t le taux d in ation. On suppose que l on peut spéci er les e ets individuels i sous la forme d e ets xes. Dans le programme ci-dessous, on cherche à comparer l estimateur Within et l estimateur des MCO du modèle transformé : (s i;t s i ) = (u i;t u i ) + (p i;t p i ) + " i;t (3.8) L instruction panel de TSPavec les options notot, nobet et novar permet d obtenir directement et uniquement les résultats de l estimation Within: Pour construire les estimateurs du modèle transformé, on doit au préalable centrer les variables sur leur moyennes individuelles respectives. Pour réaliser cette opération on construit une boucle sur les N = 7 individus, avec un compteur j et à chaque étape on sélectionne un pays dont le code pays (variable i) est égal à la valeur du compteur j (instruction select i = j). Pour le sous échantillon sélectionné, l instruction msd [Nom de la Variable] permet alors de calculer di érents moments de la variable considérée sans les a cher (si l on ajoute l option noprint). En particulier, la moyenne empirique est stockée dans la variable Dès lors, pour chaque individu, on construit de nouvelles variables en centrant sur les moyennes individuelles correspondantes. En- n, il ne reste plus qu à e ectuer la régression par les MCO sur le modèle transformé (instruction ls ou ols) load(file= strikes.wks );?---- Estimation Within ---- panel (id=i,time=t,notot,nobet,novar) srt u p;?---- Centrer les Données --- do j= to 7; select (i=j); msd(noprint) srt; srtc=srt-@mean; msd(noprint) u; uc=u-@mean; msd(noprint) p;

29 L Econométrie des Données de Panel 29 enddo;?---- Estimation Modèle Transformé---- ls srtc uc pc;?---- Affichage des Effets Fixes (Instruction Panel) ---- Les résultats de ce programme sont reproduits sur la gure (3.). On véri e que l estimateur Within est totalement équivalent à l estimateur des MCO appliqué sur un modèle transformé où les variables endogènes et exogènes ont été centrées sur leurs moyennes individuelles respectives. Dans les deux cas, les réalisations des estimateurs des coe cients des deux variables explicatives (respectivement u i;t et p i;t ) sont strictement identiques (respectivement 2:5968 et 6:2729). Dans le cas où l on utilise la commande panel de TSP, on peut a cher les estimations des e ets xes en utilisant la commande Dans le cas où l on utilise le modèle transformé, il convient alors de reconstruire les estimateurs des effets xes selon la formule (3.3) en utilisant les moyennes individuelles des variables (cf. programme ci-dessus) et les réalisations des estimateurs des coe cients et. Essayons à présent de commenter les estimations ainsi obtenues. Il s avère ainsi que le pays 9 a, de façon structurelle, le plus de journées chômées pour cause de grève. Pour ce pays, di érents facteurs historiques (législation sur le droit de grève) ou sociologique (représentation des syndicats par exemple) expliquent que toutes choses égales par ailleurs (chômage et in ation), la fréquence des grève soit particulièrement élévée. A l inverse, les pays 5 et 2 ont des e ets xes négatifs. Pour un même niveau de chômage et d in ation, ces deux pays auront le nombre de jours chômés le plus faible de tout notre échantillon. Il faut bien comprendre que les estimations des e ets individuels ne peuvent s analyser qu en niveau relatif (c est à dire en comparant les di érentes réalisations individuelles) et non en niveau absolu.

30 L Econométrie des Données de Panel 3 Figure 3.: Comparaison des Estimateurs Whithin et OLS sur Modèle Transformé

31 L Econométrie des Données de Panel Ecriture vectorielle Une façon équivalente d obtenir l estimateur Within et de montrer l équivalenceavec le modèle transformé où les variables sont centrées, consiste à travailler directement avec l écriture vectorielle (3.2). Par la suite, nous adopterons souvent cette notation vectorielle qui permet d alléger particulièrement les notations du modèle et des estimateurs correspondants. On considère donc le modèle vectoriel suivant : y i = e i + X i + " i 8i = ;::;N (3.9) Nous allons à présent introduire un opérateur matriciel qui permet de centrer les variables sur leurs moyennes individuelles respectives. De nition 3.2. Le modèle (3.9) à e et individuels xes peut s écrire sous la forme vectorielle suivante 8 i = ;::;N : Qy i = QX i + Q" i où la matrice Q de dimension (T;T) est telle que : Q = I T T ee (3.) L estimateur Within du vecteur est alors dé ni de la façon suivante : b LSDV = " X N # " N # X XiQX i XiQy i (3.) En e et, on peut montrer que les processus transformés Qy i et QX i correspondent aux variables centrées sur leurs moyennes respectives. En e et, on montre que : Qy i = µi T T µ y i; Ã! ee y i = y i e T e y i = B y i;2 ::: A TX y i;t B C ::: A t= y i;t De la même façon, on peut montrer que : QX i = X i T ee X i QX i = x ;i; x 2;i; ::: x K;i; x ;i;2 x 2;i;2 ::: x K;i;2 ::: ::: ::: ::: x ;i;t x 2;i;T ::: x K;i;T C A T ::: C A³ PT t= x ;i;t P T t= x 2;i;t ::: P T t= x K;i;t

32 L Econométrie des Données de Panel 32 Dès lors, a n d éliminer les e ets individuels de l équation (3.9), il su t de prémultiplier les membres de cette équation par Q. Ainsi 8i = ;::;N Qy i = Qe i + QX i + Q" i () Qy i = QX i + Q" i En appliquant les MCO à cette expression on obtient donc une écriture équivalente de b LSDV : b LSDV = " X N # " N # X XiQX i XiQy i (3.2)

33 L Econométrie des Données de Panel Modèle à e ets aléatoires Dans la pratique standard de l analyse économétrique, on suppose qu il existe un grand nombre de facteurs qui peuvent a ecter la valeur de la variable expliquée et qui pourtant ne sont pas introduits explicitement sous la forme de variables explicatives. Ces facteurs sont alors approximés par la structure des résidus. Le problème se pose de la façon similaire en économétrie de panel. La seule di érence tient au fait que trois types de facteurs omis peuvent être envisagés. Il y a tout d abord les facteurs qui affectent la variable endogène di éremment suivant la période et l individu considéré. Il peut en outre exister des facteurs qui a ectent de façon identique l ensemble des individus, mais dont l in uence dépend de la période considérée (e ets temporel). En n, d autres facteurs peuvent au contraire re éter des di érences entre les individus de type structurelles, c est à dire indépendantes du temps (e ets individuel). Dès lors le résidu, noté " i;t ; d un modèle de panel peut être décomposé en trois principales composantes de la façon suivante (Hsiao 986) 8i 2 [;N]; 8t 2 [;T] : " i;t = i + t + v i;t (4.) Les variables i désignent ici les e ets individuels qui représentent l ensemble des spéci cités structurelles ou a-temporelles de la variable endogène, qui di érent selon les individus. On suppose ici que ces e ets sont aléatoires. Les variables aléatoires t représentent quant à elle les e ets temporels strictement identiques pour tous les individus. En n, le processus stochastique v i;t désigne la composante du résidu total " i;t orthogonale aux e ets individuels et aux e ets temporels. Généralement, on est conduit à faire un certain nombre d hypothèses techniques sur cette structure de résidus. Hypothèses (H3) On suppose que les résidus " i;t = i + t+v i;t sont i:i:d: et satisfont les conditions suivantes, 8i 2 [;N]; 8t 2 [;T] ² E ( i ) = E ( t) = E (v i;t ) = ² E ( i t) = E ½ ( tv i;t ) = E ( i v i;t ) = ¾ 2 ² E ( i j ) = i = j 8i 6= j ½ ¾ ² E ( t s) = 2 t = s 8t 6= s ½ ¾ 2 ² E (v i;t v j;s ) = v t = s; i = j 8t 6= s; 8i 6= j ³ ³ ³ ² E i x i;t = E tx i;t = E v i;t x i;t =

34 L Econométrie des Données de Panel 34 Sous ces hypothèses, la variance de la variable endogène y i;t conditionnellement aux variables explicatives x i;t est alors égale à ¾ 2 y = ¾ 2 + ¾ 2 + ¾2 v. Les variances ¾ 2, ¾ ¾ 2 v correspondent aux di érentes composantes de la variance totale. C est pourquoi, le modèle à e ets aléatoires est aussi appelémodèle à erreurs composés (error component model). 2 et Dans une première étape, nous allons présenter le modèle simple à e ets individuels aléatoires. Nous supposerons ainsi, pour simpli er l analyse, qu il n existe pas d e et temporel. Nous proposerons alors une écriture vectorielle du modèle à e ets aléatoires. Dans une seconde étape nous étudierons les estimateurs des di érents coe cients de ce modèle. 4.. Modèle à variance composée On se limite au cas où il n existe pas d e et temporel ( t = ; 8t). On considère donc le modèle suivant 8i 2 [;N]; 8t 2 [;T] : où y i;t = ¹ + x i;t + " i;t (4.2) " i;t = i + v i;t (4.3) = ( 2:::: K ) est un vecteur de constantes et le processus f" i;t g satisfait les hypothèses (H 3 ). La constante ¹ désigne ici l espérance inconditionnelle du processus y ;i;t puisque on suppose que E ( i ) = ;8i 2 [;N]: Proposition 4.. Le modèle à e ets individuels aléatoires s écrit vectoriellement sous la forme : y i = ex i (T;) (T;K+)(K+;) + " i (T;) 8i = ;::;N (4.4) avec " i = i e + v i ; ex i = (e;x i ) et = ¹; : Sous les hypothèses (H 3 ), la matrice de variance covariance de " i ; notée V; est alors dé nie par : V = E " i " i = E ( i e + v i ) ( i e + v i ) = ¾ 2 ee + ¾ 2 vi T (4.5) L inverse de cette matrice de variance covariance est dé nie comme : V = µ ¾ 2 ¾ 2 I T ee v ¾ 2 v + T¾ 2 (4.6) Donnons ici une démonstration possible de ce résultat 8. On pose ev = V : Par dé nition on a ev V = V ev = I T : On en déduit que : V ev = ¾ 2 ee ev + ¾ 2 e vv = I T () ¾ 2 e vv = I T ¾ 2 ee ev 8 Pour une démonstration plus élégante voir Graybill (969), Nerlove (97), Wallace et Hussain (969)

35 L Econométrie des Données de Panel 35 Reste alors à déterminer l expression de ee ev : Raisonnons par une méthode de coe cient indéterminé. On suppose que ee ev peut s écrire sous la forme µee où µ 2 R +. Considérons l expression de ee ev V en substituant ee ev par son expression, il vient : ee ev V = µee V = µee ¾ 2 ee + ¾ 2 vi T = µ¾ 2 e e e e + µ¾ 2 v ee Par dé nition de ev ; on a ee ev V = ee : Sachant que e (e e)e = Tee ; on obtient alors la relation suivante : ee ev V = ee () µee ¾ 2 T + ¾ 2 v = ee On en déduit immédiatement la valeur du paramètre µ : µ = ¾ 2 T + ¾ 2 v 2 R + On obtient ainsi : µ ee ev = ¾ 2 T + ¾ 2 ee v Dès lors, en reprenant l expression de ev, il vient : µ ¾ 2 e ¾ 2 vv = I T ¾ 2 T + ¾ 2 ee v Ainsi, l inverse de la matrice de variance covariance des " i s écrit sous la forme : V = µ ¾ 2 ¾ 2 I T ee v ¾ 2 v + T¾ 2 L écriture vectorielle du modèle à e ets aléatoires de la proposition (4.) nous sera particulièrement dans la section suivante pour construire les estimateurs des di érents paramètres de ce modèle Estimateurs du modèle à e ets aléatoires Nous allons à présent nous intéresser aux propriétés des estimateurs du modèle aléatoire. Pour bien comprendre ces propriétés, il est nécessaire de bien appréhender les conséquences de la structure des résidus.

36 L Econométrie des Données de Panel 36 Remark. Dans le modèle de la proposition (4.), le fait que les e ets individuels i constituent l une des composantes des résidus " i du modèle (4.4), induit une corrélation entre le niveau de ces résidus lorsque l on considère un individu donné. En revanche, sous (H 3 ), il n existe pas de corrélation de ces résidus dans la dimension inter individuelle. Quelles sont alors les conséquences de cette structure des résidus? Si l on raisonne en termes de biais d estimation, il n y en a aucune dès lors que l on centre les variables du modèle sur leur moyenne respective. En e et, dans cecas la composante individuelle des résidus disparaît et les corrélations inter-individuels des résidus du modèle transformé disparaissent par la même occasion. Pour le vecteur ; on retrouve alors la forme générale de l estimateur du modèle à e ets xes. Pour preuve, appliquons l opérateur Q au modèle à e et aléatoire : Qy i = Qe¹ + QX i + Qe i + Qv i Or, on sait par dé nition de l application que Qe = I T T ee e = : Dès lors, on obtient le modèle 8i 2 [;N] : Qy i = Qe¹ + QX i + Qv i (4.7) Dans ce modèle, sous (H 3 ), l estimateur b LSDV du vecteur est non biaisé et convergent 9. L estimateur de la constante ¹ est alors construit sous la forme : avec : y i = (;) NT NX t= b¹ = y b LSDV x (4.8) TX y i;t x (K;) = NT NX t= TX x i;t (4.9) Ainsi, il n existe pas de problème de biais lorsque l on envisage les techniques d estimation utilisées dans les modèles à e ets xes, c est à dire lorsque l on centre les variables sur leurs moyennes individuelles respectives. Toutefois, l estimateur b LSDV ainsi obtenu n est pas un estimateur à variance minimale : c est pas l estimateur BLUE: Proposition 4.2. Dans un modèle à e ets aléatoires, l estimateur Within b LSDV ; obtenu sous l hypothèse d e ets xes, est un estimateur sans biais et convergent du vecteur de paramètres : Toutefois, ce n est pas l estimateur BLUE. Un estimateur BLUE est alors donné par l estimateur de Moindres Carrés Généralisés (MCG). 9 On a en e et : b LSDV p! NT! où l indicepdésigne la convergence en probabilité (voir section précédente pour une démonstration).

37 L Econométrie des Données de Panel 37 Nous ne donnerons pas icide démonstration de cette propriété. Si l on résume, quelle que soit la nature des e ets individuels ( xes ou aléatoires), l estimateur Within est un estimateur sansbiais etconvergent. Toutefois, cette estimateur n est pas un estimateur à variance minimale lorsque les e ets individuels sont aléatoires. Unestimateur BLUE possible du vecteur est alors donné par l estimateur de Moindres Carrés Généralisés (MCG). Cette propriété sera particulièrement intéressante lorsqu il sera nécessaire de discriminer les deux modèles et de construire les tests de spéci cation appropriés (test d Hausman 978, en particulier) Estimateur des Moindres Carrés Généralisés Nous avons vu que dans un modèle à e ets aléatoires, un estimateur BLUE peut être construit à partir de l estimateur des Moindres Carrés Généralisés (MCG). Considérons le modèle vectoriel de la proposition (4.) : y i = ex i + " i 8i = ;::;N (4.) avec " i = i e+v i ; ex i = (e;x i ) et = ¹; : Soit V la matrice de variance covariance du vecteur des résidus " i : V = E (" i " i ): On suppose, dans un premier temps, que V est connue. Le problème est que, du fait de la structure du modèle, la matrice V n est pas diagonale en raison de la présence de corrélations intra-individuelles des résidus. Tout comme en séries temporelles, c est pourquoi on applique alors les MCG. De nition 4.3. Si la matrice V est connue, l estimateur des MCG du vecteur ; noté b MCG ; est alors dé ni par la relation : " N # " X N # X b MCG = ex iv ex i ex iv y i (4.) Cette dé nition de l estimateur b MCG correspond à la dé nition générale (identique à celle utilisée en série temporelle, cf. Bourbonnais 2) des Moindres Carrés Généralisés. Bien entendu, lorsque la matrice V n est pas connue, l estimateur b MCG est obtenu en deux étapes. La première étape consiste à appliquer l estimateur Within pour obtenir une première estimation sans biais et convergente des paramètres et ¹: A partir de ces estimations, on construit les séries de résidus individuels " i et l on construit un estimateur bv de la matrice de variance covariance V: La seconde étape consiste alors à appliquer l estimateur des MCG selon la formule (4.) en utilisant l estimateur bv de V: Il existe une autre façon d obtenir l estimateur des MCG. En e et, dans la pratique, la procédure en deux étapes, utilisée dans les principaux logiciels d économétrie, n est

38 L Econométrie des Données de Panel 38 pas exactement similaire à celle que nous venons de décrire. L estimateur des MCG est construit à partir d une relation existant entre cet estimateur et les estimateurs Between et Within (Maddala 97). Sous les hypothèses (H 3 ), nous avons vu (proposition 4.) que l inverse de la matrice de variance covariancev pouvait s écrire sous la forme : V = µ ¾ 2 ¾ 2 I T ee v ¾ 2 v + T¾ 2 De nition 4.4. On pose que la matrice V peut être exprimée sous la forme alternative suivante : V = T Q ¾ 2 + à ee v avec Q = (I T ee =T) et où le paramètre à est dé ni par la relation : (4.2) µ ¾ 2 v à = ¾ 2 v + T¾ 2 (4.3) Reprenons alors l expression de l estimateur des MCG (4.) et substituons cette nouvelle expression de V : On obtient alors : " X N b MCG = µq + à T # " X N ee ex i ex i " X N () b MCG = ex iq ex i + à T ex i µq + à T ee y i # # " NX X N ex iee ex i ex iqy i + à T # NX ex iee y i Sachant que ex i = (e X i ) et = ¹ ; on peut montrer que ces di érents termes peuvent se réécrire sous la forme suivante : 2 P b¹mcg ÃNT ÃT N x i = 6 4 b MCG P ÃT N NP x i Xi QX P i + ÃT N b MCG = x i x i ÃNTy 4 NP Xi Qy P i + ÃT N 5 x i y i A partir de la formule de l inverse d une matrice partitionnée, on montre que : " # " # NX NX X T iqx i + à (x i x) (x i x) NX NX X T iqy i + à (x i x) (y i y) (4.4) Introduisons à présent l estimateur Between, qui est construit à partir des N moyennes individuelles des variables endogènes et exogènes, centrées sur la moyenne totale (du fait de la présence d une constante). Mais sur le fond, les deux procédures sont strictement identiques. Seules leurs mises en oeuvre pratique et l expression utilisée pour l estimateur des MCG di èrent.

39 L Econométrie des Données de Panel 39 De nition 4.5. L estimateurinter-classe Between, estl estimateurdesmoindrescarrés Ordinaires obtenu dans la spéci cation 8 i 2 [;N] : y i = c + x i + " i (4.5) Soit b BE l estimateur Between du vecteur : b BE = " X N # " N # X (x i x) (x i x) (x i x) (y i y) (4.6) A partir de l équation (4.4), on montre immédiatement que l estimateur des MCG du modèle à e ets aléatoires est une moyenne pondérée de l estimateur Between b BE (équation 4.6) et de l estimateur Within b LSDV (équation 3.). Proposition 4.6. Sous les hypothèses (H 3 ), l estimateur des MCG des coe cients du modèle à e ets aléatoires, noté b MCG ; est une moyenne pondérée des estimateurs Between b BE et Within b LSDV : b MCG = b BE + (I K ) b LSDV (4.7) où les poids déterminés par la matrice sont dé nis par la relation : " N # " X NX N # X = ÃT XiQX i + ÃT (x i x) (x i x) (x i x) (x i x) (4.8) Essayons à présent d interpréter ces pondérations et en particulier l in uence du paramètre Ã: Revenons à l équation (4.4) de l estimateur des MCG : b MCG = " T NX NX XiQX i + à (x i x) (x i x) # " T # NX NX XiQy i + à (x i x) (y i y) On peut montrer que si le paramètre à est égal à, l estimateur des MCG correspond exactement à l estimateur des MCO du modèle pooled ( voir annexe A.). Dans le cas, où à =, l estimateur des MCG correspond à l estimateur du modèle à e ets xes : " N # " X N # X b MCG = b LSDV = XiQX i XiQy i Remark 2. Ainsi, le paramètre à qui intervient dans la construction de la matrice de poids mesure le poids qui doit être attribué à la variance inter classe (Between). Dans le cas, où à = onretrouve l estimateur Within fondé uniquement sur la variance intra individuelle. b MCG! Ã! b LSDV (4.9)

40 L Econométrie des Données de Panel 4 Dans le cas complémentaire, à = ; on retrouve l estimateur du modèle pooled qui tient compte de la variance totale c est à dire à la fois de la variance intra individuelle et inter individuelle. b MCG! Ã! b pooled (4.2) Si l on reprend la dé nition du paramètre Ã; on montre que : µ ¾ 2 v à = ¾ 2 v + T¾ 2 lim à = (4.2) T! Dès lors, à N xé, lorsque la dimension temporelle du panel tend vers l in ni les estimateurs MCG et Within sont confondus : b MCG! T! b LSDV Cette propriété sera particulièrement utile pour comprendre la construction du test de spéci cation d Hausman. On constate ainsi, que lorsque à 2 ]; [, la structure avec e ets individuels aléatoires constitue une solution intermédiaire entre le modèle sans e et individuel (totalement homogène) et le modèle avec e ets xes (totalement hétérogène). Remark 3. L introduction d e ets individuels aléatoires permet d obtenir une spéci - cation intermédiaire entre le modèle sans e et individuel et le modèle avec e ets xes. L hypothèse d une distributioncommune des e ets individuels permet une d adopter une structure ni totalement homogène ni totalement hétérogène, dans les e ets individuels ont en commun une distribution identique. On peut en n démontrer que la di érence entre la matrice de variance de l estimateur MCG et matrice de variance de l estimateur Within est égale à une matrice dé nie positive (Rao 972, Thiel 97). En e et : " ³ X N var b MCG = ¾ 2 v XiQX i + ÃT # NX (x i x) (x i x) (4.22) On suppose que les quantités (=NT) P N X i QX i et (=NT) P N X i X i convergent vers des matrices dé nies positives. Puisque le paramètre à > ; on véri e que l estimateur des MCG (estimateur BLUE) a toujours une variance inférieure à celle de l estimateur Within. ³ ³ var b MCG var b LSDV

41 L Econométrie des Données de Panel 4 Ce résultat con rme le fait que sous les hypothèses (H 3 ); dans un modèle à e ets aléatoires, l estimateur MCG est toujours préférable à l estimateur Within. Sachant que le paramètre à tend vers lorsque T! ; on en déduit immédiatement que la di érence disparaît pour des panels de dimension temporelle in nie : b MCG! T! b LSDV Dans le cas où la matrice de variance covariance V n est pas connue, il est nécessaire comme nous l avons dit précédemment de procéder en deux étapes. Dans une première étape on estime les variances des di érentes composantes des résidus. Pour cela on estime le modèle à e ets xes b LSDV, et l on construit les estimateurs des variances intra et inter individuelles : De nition 4.7. Les estimateurs des variances des composantes intra classe et inter classe des résidus du modèle à e ets aléatoires sont respectivement donnés par : b¾ 2 v = NP TP t= b¾ 2 = NP h i 2 (y i;t y i ) b LSDV (x i;t x i ) N (T ) K ³ 2 y i b LSDV x i ¹ N K On en déduit alors l estimateur à b du paramètre à selon : µ b¾ bã 2 v = b¾ 2 v + Tb¾ 2 (4.23) T b¾2 v (4.24) (4.25) A l aide des réalisations de l estimateur Between on construit la matrice de poids : Dans une seconde étape, on applique directement la formule (4.) des MCG ou l on utilise la somme pondérée (4.7). Proposition 4.8. L estimateur des MCG construit en deux étapes converge asymptotiquement (NT! ) vers l estimateur des MCG obtenu dans le cas où la matrice de variance covariance V est connue. Même dans le cas de petits échantillons (T 3 et N (K + ) 9), la procédure en deux étapes reste plus e cace que l estimateur Within; dans le sens où la di érence entre la matrices de variances covariances des MCG et celle de l estimateur reste une matrice dé nie positive. Nous ne proposerons pas ici de démonstration de cette proposition (cf. Fuller and Battese 974, Taylor 98). Mais cela con rme l idée que quelle que soit la taille du panel, l estimateur des MCG est plus e cace que l estimateur Within. Proposons à présent une application de ces di érents résultats.

42 L Econométrie des Données de Panel Une application Reprenons l application proposée à la section précédente. On considère le modèle suivant : s i;t = c + u i;t + p i;t + v i;t 8i = ;::; 7 (4.26) " i;t = i + v i;t (4.27) où s i;t désigne le nombre de jours chômés pour cause de grève, pour salariés du secteur industriel, u i;t désigne le taux de chômage de l économie et p i;t le taux d in ation. On suppose ici que l on peut spéci er les e ets individuels i sous la forme d e ets aléatoires et que les résidus " i;t = v i;t + i satisfont les hypothèses (H 3 ). Si l on ne désire que les réalisations de l estimateur des MCG du modèle aléatoire, à l exclusion de tout autre estimateur, le programme TSP est alors le suivant : load(file= strikes.wks );?---- Estimation Modèle à Effets Aléatoires ---- panel (id=i,time=t,nowhit,nobet,nowithin) srt u p; Les résultats de ce programme, reproduits sur la gure (4.) sont bien entendu totalement identiques à ceux de la gure (.2). Figure 4.: Estimation Modèle à E ets Aléatoires

43 L Econométrie des Données de Panel 43 Contrairement au cas de l estimateur Within où il n y avait que deux coe cients (en dehors des e ets xes), les résultats de l estimation du modèle à e ets aléatoires font apparaître 3 réalisations d estimateurs des coe cients du chômage (u), de l in ation (p) et d une constante (c): Le coe cient associé à cette constante correspond à l estimateur de la moyenne des e ets individuels. E ( i ) = c (4.28) On peut véri er d ailleurs que cette réalisation est approximativement égale à la moyenne des réalisations des estimateurs de e ets individuels dans le cas du modèle à e ets xes ( gure 3.). On dispose en outre de trois informations supplémentaires :. une réalisation de l estimateur de la variance intra classe b¾ 2 v. 2. une réalisation de l estimateur de la variance inter classe b¾ 2 ou variance des e ets individuels. 3. une réalisation de l estimateur b à du paramètre Ã. On peut véri er numériquement que ces estimations satisfont les conditions de la dé nition (4.7) puisque : b¾ 2 v = NP TP t= h i (y i;t y i ) b LSDV (x i;t x i ) N (T ) K = :255E + 6 NP y i b LSDV x i ¹ b¾ 2 = N K T b¾2 v = 55 4 On en déduit alors une estimation du paramètre à : µ b¾ bã 2 µ v :255E + 6 = b¾ 2 v + Tb¾ 2 = ' :628 :255E Rappelons que si le paramètre à tend vers, l estimateur des MCG converge vers l estimateur Within et que si au contraire à tend vers, l estimateur des MCG converge vers l estimateur du modèle pooled. Dans le cas de notre échantillon, on observe que l estimateur des MCG est plus près de l estimateur Within que de celui du modèle totalement homogène. Ceci signi e que dans notre panel, la variance temporelle pour chaque pays (intra classe) domine la variance internationale (inter classe).

44 L Econométrie des Données de Panel Tests de spéci cation des e ets individuels En présence d un modèle à e ets individuels, la question qui se pose immédiatement est de savoir comment ces e ets individuels doivent être spéci és : doit on adopter l hypothèse d e ets xes ou au contraire l hypothèse d e ets aléatoires? Nous avons vu dans la section précédente que l estimateur des MCG, utilisé dans le cas du modèle à e ets aléatoires, est asympotiquement (sous l hypothèse T! ) identique à l estimateur Within. Toutefois, pour des panels de dimension temporelle réduite (typiquement le cas des panels macroéconomiques), il peut exister de fortes di érences entre les réalisations des deux estimateurs (Hausman 978). Dès lors, au delà de l interprétation économique, le choix de la spéci cation, et par là même de la méthode d estimation, est particulièrement important pour ce type de panels. Une des principaux problèmes qui peut se poser dans le cadre du modèle à e ets aléatoires provient de l éventuelle corrélation entre les variables explicatives x i;t et les e ets individuels i: Sur le plan économique, cette corrélation traduit l in uence des spéci cités individuelles structurelles (ou a-temporelles) sur la détermination du niveau des variables explicatives. Reprenons l exemple de la fonction de production. Supposons que l on dispose d un échantillon de données de P IB et de facteurs (travail et capital) sur une durée de T périodes pour un ensemble de N pays. Si l on note y i;t le logarithme du PIB, k i;t le logarithme du stock de capital privé et n i;t le logarithme de l emploi et que l on suppose une fonction de production de type Cobb Douglass, le modèle général s écrit sous la forme 8i 2 [;N];8t 2 [;T] : y i;t = ik i;t + i n i;t + i + v i;t Les innovations v i;t sont supposées être i:i:d: de moyenne nulle et de variance égale à ¾ 2 v; 8i 2 [;N]: On suppose que les e ets individuels sont aléatoires et qu il existe une corrélation entre ces e ets et le niveau des variables explicatives : E ( i k i;t ) > E ( i n i;t ) > Rappelons en n que dans ce modèle, le résidu total " i;t = i + v i;t s apparente à la productivité totale des facteurs ou au résidu de Solow. Dès lors, ces deux corrélations traduisent tout simplement le fait que plus un pays est structurellement productif (plus son e et individuel est élevé), plus le niveau de facteur utilisé sera lui même important. Il y a tout lieu de penser qu une telle corrélation puisse être observée sur données historiques.

45 L Econométrie des Données de Panel 45 Sur le plan plus technique, la présence d un corrélation entre les e ets individuels et les variables explicatives viole la sixième condition des hypothèses (H 3 ) puisque : y i;t = ¹ + x i;t + " i;t (5.) " i;t = i + v i;t (5.2) E i x i;t 6= (5.3) En présence d une telle corrélation, nous allons montrer que l estimateur des MCG est un estimateur biaisé des paramètres du vecteur ; alors l estimateur Within ne l est pas. Ce biais s assimile tout simplement à un biais d endogénéité, puisque les résidus totaux " i;t = i + v i;t sont corrélés avec les variables explicatives. Toute la stratégie de test de spéci cation des e ets individuels repose alors sur la comparaison des deux estimateurs, dont la divergence traduit la présence d une corrélation et donc la nécessaire adoption du modèle à e ets xes et de l estimateur Within. Dans le cas contraire où les deux estimateurs donnent des résultats sensiblement identiques, les hypothèses (H 3 ) sont satisfaites et l on peut spéci er le modèle avec des e ets individuels aléatoires. L estimateur des MCG est alors l estimateur BLUE. 5.. Corrélation des e ets individuels et des variables explicatives Considérons le modèle à e ets aléatoires suivant 8i 2 [;N]; 8t 2 [;T] : y i;t = ¹ + x i;t + " i;t " i;t = i + v i;t où = ( 2:::: K ) est un vecteur de constantes: On suppose ici que les e ets individuels aléatoires i sont corrélés aux variables explicatives : E ( i jx i ) 6= Cette corrélation peut être exprimée sous di érentes formes. Nous retiendrons la formulation de Mundlak (978a) qui postule une approximation linéaire de cette espérance. De nition 5.. Dans la formulation de Mundlak (978a), on suppose ainsi que les e ets individuels peuvent s écrire sous la forme de la somme d une combinaison linéaire des moyennes individuelles des variables explicatives et d une composante orthogonale i:i:d: i. i = x ia + i (5.4)

46 L Econométrie des Données de Panel 46 avec a 2 R K : Sous cette hypothèse, le modèle devient : y i;t = ¹ + x i;t + x ia + " i;t (5.5) " i;t = i + v i;t (5.6) On obtient ainsi une structure de résidus " i;t + x ia faisant apparaître trois termes : la composante orthogonale des e ets individuels i ; la projection linéaire des e ets individuels sur l espace des variables explicatives x ia; et un terme d erreur i:i:d: dans les dimensions temporelle et individuelle, v i;t : On suppose que les résidus globaux " i;t satisfont les hypothèse (H 4 ) : Hypothèses (H 4 ) On suppose que les résidus " i;t = i + v i;t satisfont les conditions suivantes, 8i 2 [;N]; 8t 2 [;T] ² E ( i ) = E (v i;t) = ² E ( i v i;t) = ³ ½ ¾ ² E 2 i j = ½ ¾ 2 ² E (v i;t v j;s ) = v ³ ² E v i;t x i;t = E ³ i x i;t i = j 8i 6= j t = s; i = j 8t 6= s; 8i 6= j = De la même façon que pour le modèle à e ets aléatoires standard, on construit la matrice de variance covariance des résidus globaux " i;t, son inverse et l on construit le modèle vectoriel. Le modèle à e ets individuels aléatoires, sous les hypothèses (H 4 ), s écrit vectoriellement sous la forme : y i = ex i (T;) (T;K+)(K+;) + ex i a + " i (K;) (T;K) (T;) 8i = ;::;N (5.7) avec " i = i e + v i; ex i = (e;x i ) et = ¹; : Sous les hypothèses (H 4 ), la matrice de variance covariance de " i ; notée V; est alors dé nie par : E " i " j = E h( ie + v i ) i ½ ¾ 2 je + v j = ee + ¾ 2 vi T = V i = j i 6= j (5.8) L inverse de cette matrice de variance covariance est dé nie comme : V = µ ¾ 2 ¾ 2 I T ee v ¾ 2 v + T¾ 2 (5.9) La projection linéaire étant adaptée au schéma de corrélation proposé.

47 L Econométrie des Données de Panel 47 Si l on applique les Moindres Carrés Généralisés au modèle (5.7), en tenant compte de la matrice de variance covariance V qui possède les bonnes propriétés, on obtiendra alors des estimateurs convergents des di érents paramètres : b¹ MCG = y x b BE (5.) ba MCG = b BE b LSDV (5.) b MCG = b BE + (I K ) b LSDV (5.2) Nous ne présenterons pas ici la forme générale de la matrice de poids. Toutefois, en reprenant la formule générale de l estimateur des MCG, on peut montrer que l estimateur b MCG est un estimateur non biaisé du paramètre : b MCG! T! b LSDV b MCG! NT! Mais un problème se pose lorsque l on applique, à tort, l estimateur des MCG, au modèle initial, c est à dire au modèle dans lequel on n a pas pris le soin de décomposer les e ets individuels en deux composantes, dont une est strictement orthogonale aux variables explicatives. Ainsi, supposons à présent que le modèle (5.7) soit le bon, et que l on applique à tort les Moindres Carrés Généralisés à la spéci cation suivante : y i;t = ¹ + x i;t + " i;t (5.3) " i;t = i + v i;t (5.4) Soit b MCG l estimateur des MCG appliqué à ce modèle, sous l hypothèse que les données sont générées par le modèle de (5.7). On part de la relation suivante : b MCG = b BE + (I K ) b LSDV Dans ce contexte, on peut montrer que l estimateur Between b BE converge vers + a; puisque le vecteur a relie les moyennes individuelles x i aux e ets individuels i: Dès lors, il peut apparaître un biais dans l estimateur b MCG à taille T nie. Proposition 5.2. Lorsque les e ets individuels et les variables explicatives sont corrélées, lorsque les résidus satisfont les hypothèses (H 4 ) et le modèle (5.7), l application à tort des MCG au modèle (5.3) y i;t = ¹ + x i;t + " i;t " i;t = i + v i;t

48 L Econométrie des Données de Panel 48 conduit à un biais semi asymptotique dans l estimateur du vecteur à taille T nie : Ce biais disparaît asymptotiquement : p b MCG! + a (5.5) N! b MCG p! T! (5.6) La démonstration de ce résultat est très simple. Admettons que les deux résultats suivants : b BE p! NT! + a b LSDV p! NT! Dès lors, à taille T d échantillon nie, on montre que facilement l existence d un biais a dans l estimateur des MCG de : plim b MCG = plim b BE + (I K ) plim b LSDV N! N! N! = ( + a) + (I K ) = + a On sait cependant que lorsque la taille d échantillon T tend vers l in nie, la matrice de poids tend vers, et l estimateur des MCG converge vers l estimateur Within: Le biais disparaît : plim b MCG = plim b LSDV = T! T! Remark 4. Ce résultat signi e qu en présence d une corrélation entre les e ets individuels et les variables explicatives, l estimateur des MCG est biaisé à taille d échantillon T nie, et ce même si le nombre d individus N tend vers l in ni. Par opposition l estimateur Within, dont la construction permet la suppression des e ets individuels, est asymptotiquement non biaisé. Tout le problème repose sur le fait, que si les e ets individuels et les variables explicatives ne sont pas corrélées, l estimateur des MCG est dans ce cas l estimateur BLUE, c est à dire l estimateur convergent, non biaisé à variance minimale. Ainsi, le problème de la spéci cation des e ets individuels est un problème particulièrement important de l économétrie de panel appliquée. Pour s en convaincre, il su t de considérer les résultats de l estimation de notre modèle sur les grèves ( gure.2), dans lesquels les estimateurs des MCG et les estimateurs Within donnent des résultats très di érents sur le plan quantitatifs, notamment en ce qui concerne la variable du chômage.

49 L Econométrie des Données de Panel Test de spéci cation d Hausman Le test de spéci cation d Hausman (978) est un test général qui peut être appliqué à des nombreux problèmes de spéci cation en économétrie. Mais son application la plus répandue est celle des tests de spéci cation des e ets individuels en panel. Il sert ainsi à discriminer les e ets xes et aléatoires. L idée générale du test d Hausman est la fois simple et géniale. Supposons que l on cherche à tester la présence éventuelle d une corrélation ou d un défaut de spéci- cation. Admettons que l on dispose de deux types d estimateurs pour les paramètres du modèle étudié. Le premier estimateur est supposé être l estimateur non biaisé à variance minimale sous l hypothèse nulle de spéci cation correcte du modèle (absence de corrélation). En revanche, sous l hypothèse alternative de mauvaise spéci cation, cet estimateur est supposé être biaisé. On suppose que le second estimateur est non biaisé dans les deux cas. Dès lors, il su t de comparer une distance, pondérée par une matrice de variance covariance, entre les deux estimateurs pour pouvoir déterminer si la spéci cation est correcte ou non. Si la distance est statistiquement nulle, la spéci - cation est correcte, on choisit le premier estimateur. Si la distance est importante, le modèle est mal spéci é. L application technique de ce principe suppose tout de même que l on construise la matrice de variance covariance de l écart entre les deux estimateurs. De façon générale, il devrait alors apparaître des termes de covariance entre les deux estimateurs. A n de les éliminer, on considère le lemme suivant : Lemma 5.3. On considère deux estimateurs b et b 2; d un vecteur de paramètres 2 R K, que l on suppose convergent et asymptotiquement normalement distribués. On suppose que b atteint la borne asymptotique de Cramer Rao. Pour un échantillon de taille N; les quantités p ³ N b et p ³ N b 2 sont asymptotiquement distribuées selon des lois normales de matrice de variance covariance respectives V et V : Sous ces hypothèses, les distributions asymptotiques de p ³ N b et la di érence p ³ b 2 N b ne sont pas corrélées, ce qui implique : ³ ³ ³ var b b 2 = var b var b 2 (5.7) Dès lors, en appliquant ce lemme, Hausman préconise de fonder le test de spéci - cation sur la statistique suivante : h ³ ³ b 2 i ³ H = b b 2 var b b b 2 (5.8) Sous l hypothèse nulle de spéci cation correcte, cette statistique est asymptotiquement distribuée selon un chi deux à K degrés de liberté.

50 L Econométrie des Données de Panel 5 Appliquons à présent le test d Hausman au problème de la spéci cation des e ets individuels dans un panel. De nition 5.4. L hypothèse testée concerne la corrélation des e ets individuels et des variables explicatives : H : E ( i jx i ) = (5.9) H : E ( i jx i ) 6= (5.2) Ce test peut être interpréter comme un test de spéci cation. Sous H ; le modèle peut être spéci é avec des e ets individuels aléatoires et l on doit alors retenir l estimateur des MCG (estimateur BLUE): Sous l hypothèse alternative H, le modèle doit être spéci é avec des e ets individuels xes et l on doit alors retenir l estimateur Within (estimateur non biaisé). On peut ici appliquer le lemme (5.3) en considérant l estimateur des MCG (estimateur b ) et l estimateur Within (estimateur b 2). En e et, nous avons vu que sous H ; dans un modèle à e ets aléatoires, l estimateur des MCG b MCG est l estimateur BLUE: Sous l hypothèse de normalité des résidus, les deux estimateurs b MCG et b LSDV sont convergents et asymptotiquement distribués selon une loi normale. On en déduit que : ³ ³ ³ var b MCG b LSDV = var b MCG var b LSDV (5.2) Dès lors, sous l hypothèse nulle H ; la distance entre les deux estimateur est nulle puisque tous deux convergent vers la vraie valeur : En revanche, sous l hypothèse alternative, la présence de la corrélation entre les e ets individuels et les variables explicatives conduit à un biais de l estimateur des MCG et cette distance devient alors importante. De nition 5.5. La statistique du test d Hausman appliqué au test de la spéci cation des e ets individuels est la suivante : H = ³ h ³ i ³ b MCG b LSDV var b MCG b LSDV b MCG b LSDV (5.22) Sous l hypothèse nulle H ; la statistique H suit asympotiquement (N tend vers l in ni) un chi deux à K degrés de liberté. Ainsi, si la réalisation de la statistique H est supérieure au seuil à %; on rejette l hypothèse nulle et l on privilégie l adoption d e ets individuels xes et l utilisation de l estimateur Within non biaisé.

51 L Econométrie des Données de Panel 5 Il faut noter que la statistique du testde Hausmanestdégénérée lorsque l onconsidère que la dimension T tend vers l in ni. En e et, dans ce cas, l estimateur des MCG converge vers l estimateur Within 2, ce qui implique que le numérateur et le dénominateur de la statistique d Hausman tendent vers. Toutefois, on sait que lorsque T tend vers l in ni, les modèles à e ets aléatoires et à e ets xes ne peuvent être distingués et sont parfaitement similaires. Dès lors, la question de la spéci cation de ces e ets importe peu Application Reprenons l application sur les journées de grèves proposée à la section précédente. Si l on désire obtenir les réalisations des estimateurs MCG et Within, ainsi que la statistique du test d Hausman, à l exclusion des estimateurs Between et Pooled, le programme TSP est alors le suivant : load(file= strikes.wks );?---- Test Hausman, Within et VarComp---- panel (id=i,time=t,nowhit,nobet) srt u p; Les résultats de ce programme, reproduits sur la gure (5.), sont bien entendu totalement identiques à ceux de la gure (.2). Pour l échantillon considéré, la réalisation dela statistique du test d Hausman est de 3; 924. Etant donnéque le modèle comporte deuxvariables explicatives (K = 2); cette statistique suit un chi deux à deux degrés de liberté. A 95%, le seuil est de 5:99; donc ici on rejette l hypothèse nulle d absence de corrélation entre les e ets individuels et les variables explicatives. Le chômage et l in ation sont corrélés au spéci cités structurelles et a-temporelles du volume des jours chômés pour cause de grève. Plus un pays, toutes choses égales par ailleurs, connaît de jours de grèves, plus son niveau de chômage et d in ation sont élevés (ou faibles suivant le signe de la corrélation). Ainsi, on doit ici privilégier l adoption d un modèle à e ets xes et retenir l estimateur Within. On peut véri er la validité de cette conclusion, en comparant de façon heuristique les réalisations des estimateurs des modèles à e ets xes et à e ets aléatoires. On 2 Contrairement au cas oùn tend vers l in ni où l on a : plim b MCG =plim b LSDV = N! N! dans le cas où la dimensiont tend vers l in ni, on a : plim b MCG = b LSDV N! Dès lors, les deux estimateurs tendent à être identiques.

52 L Econométrie des Données de Panel 52 Figure 5.: Résultats Test d Hausman (978) observe que pour l échantillon étudié, les coe cients estimés notamment pour le chômage sont sensiblement di érents dans les deux cas ( 2pour l estimateur Within et 2 pour l estimateur des MCG). Rappelons, que sous l hypothèse nulle d absence de corrélation ces deux estimateurs devraient converger vers la même valeur. Cette observation con rme donc notre diagnostic quant à la présence d une corrélation entre les e ets individuels et les deux variables explicatives du modèle. On doit ainsi privilégier les résultats de l estimateur Within.

53 L Econométrie des Données de Panel Modèle à coe cients xes et aléatoires On peut envisager plusieurs variantes du modèle linéaire standard. La plupart de ces variantes sont construites en levant progressivement les di érentes hypothèses (H 3 ) sur la structure des résidus. On peut d abord introduire une autocorrélation des résidus (dans la dimension temporelle). On utilise alors des méthodes d estimation proches de celles de Cochrane Orcut (949), utilisée en séries temporelles. Une seconde variante possible, et par ailleurs souvent utilisée, consiste à supposée à supposer une structure de variance covariance arbitraire pour les résidus (méthode de Chamberlain 982 et 984). Il est dans ce cas possible de traiter des problèmes d autocorrélation et d hétéroscédasticité. Mais nous allons ici nous concentrer sur un autre type de modèle linéaire : les modèles avec un mélange de coe cients xes et aléatoires. En particulier, nous allons étudier le modèle MFR (Mixed Fixed and Random Coe cient) proposé par Hsiao (989). 6.. Modèle MFR de Hsiao (989) Commençons par présenter la structure générale des modèle à e ets individuels xes et à coe cients aléatoires. De nition 6.. On considère le modèle MF R suivant : y i;t = i + ix i;t + v i;t 8i 2 [;N]; 8t 2 [;T] (6.) où i 2 R, i = i; i;2 :::: i;k 2 R K : On suppose ici que les e ets individuels i sont xes et que les coe cients i des exogènes sont distribués selon une distribution commune de moyenne E ( i) = et de matrice de variance covariance : E ( i ) ( i ) = (K;K) = ¾ 2 ¾ ; 2 ¾ 2 2 ::: ¾ ; K ::: ¾ 2; K ¾ 2; ::: ::: ::: ::: ¾ K; ¾ K; 2 ::: ¾ 2 K Le modèle (6.) peut s écrire sous la forme vectorielle suivante : C A (6.2) y i = e i + X i i + v i 8i 2 [;N] (6.3) où e désigne un vecteur unitaire de dimension (T; ) et où l on suppose que les résidus v i;t satisfont les hypothèses (H ); avec en particulier E (v i v i ) = ¾2 v i I T. L hypothèse selon laquelle le paramètre i est un coe cient aléatoire implique une nouvelle structure des résidus qui peut s exprimer sous la forme suivante : y i = e i + X i + " i (6.4)

54 L Econométrie des Données de Panel 54 avec 8i 2 [;N] " i = X i ē i + v i (6.5) où les coe cients aléatoires ē ³ i = i ; sont tels que E ēi = ; E ³X i ē i = ³ et E ēi ē i = : A partir de l équation (6.4), on obtient ainsi un modèle où les coe cients i et sont xes, mais où la structure des résidus ne satisfait pas les hypothèses standards. Pour le montrer, établissons la forme de la matrice de variance covariance des résidus individuels, noté i ; est alors dé nie par 3 : i = E " i " ³ i = E ³X i ē i + v i ³ X i ē i + v i = X i E ēi ē i Xi + E v i vi On montre ainsi que : i = X i X i + ¾ 2 v i I T (6.6) La matrice de variance covariance est ainsi conditionnelle aux individus et de plus n est pas diagonale. On doit donc appliquer une méthode de Moindres Carrés Généralisés sur un modèle transformé excluant les e ets individuels. Supposons que l on connaisse la matrice de variance covariance i et que celle-ci soit une matrice dé nie positive, on cherche alors à construire un modèle transformé où les résidus satisfont les hypothèses (H ): Pour cela, on introduit une transformée P i telle que : On dé nit alors les variables transformées suivantes : i = P ip i 8i 2 [;N] (6.7) X i = P i X i y i = P i y i e i = P i e " i = P i " i (6.8) Dès lors, le modèle (6.4), s écrit sous la forme : P i y i = P i e i + P i X i + P i " i ou encore y i = i e i + X i + " i (6.9) Dans ce modèle transformé, les résidus " i satisfont les hypothèses H puisque : E " i (" i ) = P i E " i " i P i = P i P i P i P i = I T (6.) Reste en n à appliquer un opérateur permettant d éliminer les e ets individuels transformés. Pour cela on construit une application Q i 3 SiX i est non stochastique. Q i e i = Q ip i e = telle 8i 2 [;N] :

55 L Econométrie des Données de Panel 55 On montre alors que Q i est telle : vient : La preuve est la suivante : Q P i e = Q i = I T P i e e i e ep i (6.) h I T P i e e i e ep i ip i e = P i e P i e e i e ep i P i e = P i e P i e e P ip i e ep i P i e = P i e P i e = Appliquons à présent cette seconde transformation au modèle transformé (6.9), il Q iy i = Q i e i i + Q i X i + Q i" i () Q y i = Q ix i + Q i " i (6.2) A partir de cette expression, on peut nalement proposer un estimateur de la moyenne des coe cients i; c est un estimateur du paramètre. Soit b MFR cet estimateur : b MFR = " X N # " N # X (X i ) Q i X i (X i ) Q iy i En développant cette expression on obtient : ( X N h b MFR = XiP i I T P i e e i e ) i ep i P i X i ( N X h XiP i I T P i e e i e ) i ep i P i y i (6.3) Proposition 6.2. L estimateur BLUE de la moyenne des coe cients aléatoires i; i = ;::N du modèle (6.) à coe cients xes et aléatoires (MFR) : " X N NX b MFR = Xi i X i Xi i e e i e # e i X i " N X X i i y i NX x i i e e i e # e i y i (6.4) Un estimateur convergent de la matrice de variance covariance de ces paramètres est alors dé ni par (Swamy 97) : 2Ã b = NX 4 b i (K;K) N N!Ã NX b i b i N! 3 NX 5 b i (6.5)

56 L Econométrie des Données de Panel 56 où les estimateurs b i; 8i 2 [;N]; sont les estimateurs des MCO obtenus équation par équation pour chaque individu. On retrouve ici la formule générale de l estimateur de la moyenne des coe cients aléatoires i dans un modèle MFR. Cette formule di ère légèrement de celle proposée dans l article de Hsiao (989) 4, dans le sens où nous nous sommes limités ici à un modèle avec uniquement des e ets individuels xes. Dans l article de Hsiao, l auteur introduit non pas des e ets individuels, mais des variables dichotomiques individuelles di érentes selon les mois de l année et selon les individus Procédure d estimation des paramètres du modèle MFR La procédure générale permettant d obtenir les estimateurs de l espérance et de la variance des coe cients aléatoires du modèle de Hsiao est la suivante :. Etape : on estime le modèle (6.) pour chaque individu, en séries temporelles. Soient b i et ¾ 2 v i les estimateurs des MCO des paramètres i et de la variance des résidus 8i 2 [;N] : y i;t = b i + b ix i;t + bv i;t (6.6) b¾ 2 v i = TX bv i;t T K (6.7) 2. Etape 2 : on construit l estimateur de Swamy (97) de la matrice de variance covariance des paramètres i; noté b, selon la formule : 2Ã!Ã b = NX 4 b i NX b i b i (K;K) N N N t=! 3 NX 5 b i (6.8) 3. Etape 3 : on construit l estimateur de la moyenne des paramètres aléatoires i de la façon suivante : b MFR = " N X X i b i X i " N X NX # Xi b ³ i e e b i e e b i X i X i b i y i NX # x b ³ i i e e b i e e b i y i (6.9) où e désigne le vecteur unitaire de dimension (T; ) et la matrice b i ; 8i 2 [;N] est dé nie par : b i = X i b X i + b¾ 2 v i I T (6.2) 4 Formule (3.3) page 578.

57 L Econométrie des Données de Panel 57 A la n de ces trois étapes on dispose d un estimateur b MFR du vecteur des moyennes des paramètres i et d un estimateur b de la matrice de variance covariance associée. On peut alors construire les statistiques de Student Une application Considérons une application de la technique d estimation d un modèle MFR à la problématique de la convergence proposée dans Gaulier, Hurlin et Jean-Pierre (2). On cherche à estimer une équation de convergence conditionnelle du type : avec 8t 2 [;T] (y i;t y t ) = i + ½ i yi;t y t + "i;t (6.2) y t = N NX y i;t (6.22) Ce modèle de convergence est construit à partir de l écart du PIB par tête y i;t à la moyenne internationale y t des PIB par tête. On cherche à déterminer si le taux de croissance de cet écart est lié négativement au niveau de l écart observé à la période précédente. Si pour tous les pays, les constantes i sont nulles et les coe cients ½ i sont négatifs cela signi e que l on observe un phénomène de convergence des PIB par tête. Dans ce cas, un écart positif du PIB par tête à la moyenne international induit un diminution de la croissance de cet écart à la date suivante. Autrement dit les écarts des PIB par tête de tous les pays à la moyenne internationale tendent à se resserrer et à par là même à disparaître. On dit alors qu il y a convergence absolue des niveaux de PIB par tête. ce qui implique que : (y i;t y t ) = ½ i yi;t y t + "i;t lim yi;t+p y p! t+p = 8i 2 [;N] (6.23) Mais de tels phénomènes sont rarement observés sur des échantillons internationaux, c est pourquoi généralement on introduit des e ets individuels i dans la spéci cations des modèles. Ces e ets individuels permettent d envisager la notion de convergence conditionnelle. Supposons en e et que les constantes i soient non nulles, dans ce cas on montre que : lim yi;t+p y p! t+p = i 8i 2 [;N] (6.24) Les PIB par tête des di érents pays convergent ainsi vers des sentiers réguliers parallèles mais non confondues : les taux de croissance sont identiques mais les niveaux demeurent di érents.

58 L Econométrie des Données de Panel 58 Dans cette étude, nous montrons à l aide de tests de non stationnarité en panel (Evans et Karras 996), qu il existe un processus de convergence conditionnel sur un échantillon de 27 pays de l OCDE (96-99). Pour cet échantillon, nous proposons alors une estimation par la méthode MFR de la moyenne de la vitesse de convergence des PIB par tête. On considère donc le modèle suivant : (y i;t y t ) = i + ½ i yi;t y t + i y i;t y t + "i;t (6.25) Tout comme en séries temporelles, on introduit ici un terme de type ADF y i;t y t de façon à blanchir la structure des résidus. On suppose que les e ets individuels i sont xes et que les paramètres ½ i et i sont des coe cients aléatoires. On a donc une structure de type MF R identique à celle présentée précédemment avec N = 27; T = 3et K = 2: On s intéresse ici plus particulièrement aux vitesses de convergence ½ i dont la distribution, supposée commune, à une espérance ½ et une variance ¾ 2 ½. On pose ainsi : E ( i) = = µ ½ µ ½i i = 8i 2 [;N] (2;) i (6.26) E ( i ) ( i ) µ ¾ 2 = = ½ ¾ ½ ¾ ½ ¾ 2 (6.27) Faisons abstraction ici des problèmes liés à la structure dynamique du modèle (cf. Hsiao 989 pour une application avec endogène retardée). Le problème consiste à estimer les paramètres ½;, ¾ 2 ½; ¾ 2 et ¾ ½ : Le programme TSP qui reprend les 3 étapes de la procédure d estimation des paramètres du modèle MF R est fourni en annexe (A.2). Tout d abord, commençons par présenter les résultats des estimations des 27 équations individuelles (étape ). Les résultats gurent dans le tableau (6.). Ces résultats ont été stockés dans un chier Excel grâce aux commandes suivantes : smpl N; unmake ls_alpha alpha_i; unmake ls_rho rho_i gam_i; unmake sigls sig_i; write(file= dea.xls ) alpha_i rho_i gam_i sig_i; Le chier Excel a ensuite été importé dans un Work le sous Eviews, ce qui nous permet d utiliser l interface graphique, relativement pratique, de ce logiciel pour présenter les résultats. On peut en particulier étudier la distribution des vitesses de convergence

59 L Econométrie des Données de Panel 59 Figure 6.: Résultat des Estimations Individuelles Obs Alpha_I Rho_I Gam_I Sig_I, ,352974,275862, , ,493948, , , ,48298,5268,4772 4, ,7352,8232,5873 5,55872,82946, , ,3237 -, ,54726,4765 7,3738 -, , ,24 8 -, ,697266, , , ,72855,387,6835, ,274845, ,69222,8522 -,8573,82734,3755 2, ,38573, , ,696 -,5683 -,4688,7466 4,4787 -,25785,357238, , ,7683,273663,7863 6, , , ,3754 7, , ,264856, , ,62728,939539,994 9, ,96293, , , ,77245, , ,266 -,2527,52779,322 22, ,342, , ,5776 -,44753, , ,582 -, , , , ,447489, , , , ,25526, ,679 -,35862, ,73227 individuelles ½ i : A partir de l histogramme (6.2), on constate que la moyenne simple des réalisations des estimateurs des MCO b½ i est de :46; et que la dispersion est relativement importante puisque l écart type des b½ i est de :7. De plus, les statistiques de la Kurtosis, de la Skewness et de Jarque-Bera semble indiquer que la distribution n est pas normale. En particulier, il semble que la distribution des b½ i soit non symétrique (Kurtosis) et décalée vers la droite par rapport à la moyenne. Cette première analyse est con rmée par l examen de l estimateur à noyau de la densité des b½ i et ce quel que soit le bandwitch parameter choisi, comme le montre la gure (6.3). On observe que l estimateur de la distribution des b½ i n est pas symétrique autour de la moyenne et tend à être décalé vers la droite. Economiquement, cela signi e que la probabilité que les réalisations individuelles des vitesses de convergence soient supérieures à la moyenne :46 est elle même supérieure à la probabilité que ces vitesses de convergence soient inférieures à la moyenne. On observe en outre qu il existe une probabilité non nulles, mais faible, que les paramètres ½ i soient positifs ou

60 L Econométrie des Données de Panel 6 Figure 6.2: Histogramme des b½ i Series: RHO_I Sample 27 Observations 27 Mean Median Maximum.8295 Minimum Std. Dev Skewness Kurtosis Jarque-Bera Probability.2966 nuls, ce qui traduirait une hypothèse de non convergence. Il serait possible de calculer cette probabilité. Pour autant jusqu à présent nous nous sommes contentés d étudier la distribution des b½ i sans tenir compte de la précision des estimations individuelles, c est à dire des variances des résidus ¾ 2 v: C est pourquoi, nous avons construit l estimateur MFR construit à partir d une correction faisant intervenir la matrice de variance des di érentes composantes des résidus. Ainsi, dans le programme, nous avons construit l estimateur de Swamy (97) de cette matrice de variance covariance (étape 2 de la procédure générale). Les résultats obtenus sont les suivants : µ b¾ 2 µ b = ½ b¾ ½ :3845 :2484 b¾ ½ b¾ 2 = :2484 :4226 (6.28) Bien entendu, on retrouve l écart type des paramètres ½ i que nous avions calculé précédemment puisque b¾ p = p :3845 = : 766: Mais nous tenons compte ici des éventuelles covariances pouvant exister entre les coe cients i et ½ i : En n, dans une dernière étape, nous avons construit l estimateur MFR associé aux moyennes des paramètres i et ½ i (étape 3 de la procédure générale). Les résultats obtenus sont les suivants : b = µ b½ b = µ :395 :5865 (6.29) On constate ainsi que la réalisation de l estimateur MFR de la moyenne b½ est inférieure à la simple moyenne des b i individuels. Cela signi e que l estimateur MFR peut être envisagé comme une moyenne pondérée des estimations individuelles b i; dont

61 L Econométrie des Données de Panel 6 Figure 6.3: Estimateur Kernel de la Densité des b½ i 4 Kernel Density (Epanechnikov) 3 2 h =.595 h =.9 h = RHO_I les pondérations sont fonctions de la précisions des estimations individuelles (de la variance des résidus).

62 L Econométrie des Données de Panel 62 A. Annexes A.. Equivalence entre les estimateurs Within et pooled dans le cas à = Revenons à l équation (4.4) de l estimateur des MCG : b MCG = " T NX NX XiQX i + à (x i x) (x i x) # " T # NX NX XiQy i + à (x i x) (y i y) (A.) On suppose pour simpli er qu il n existe qu une variable explicative (K = ) et l on suppose queã=. L estimateur des MCG s écrit alors sous la forme : " # " # NX NX b MCG = X T iqx i + (x i x) 2 NX NX X T iqy i + (x i x) (y i y) (A.2) Considérons tout d abord le dénominateur de cette expression : D = T t= NX NX XiQX i + (x i x) 2 = T NX TX NX (x i;t x i ) 2 + (x i x) 2 t= Développons cette expression, il vient : " # " NX TX NX D = (x i;t x i ) 2 + (x i x) 2 = T T Rappelons que : On obtient ainsi : D = NX " T TX x i;t = Tx i t= # TX x 2 i;t 2x i x + x 2 = t= TX t= x 2 i;t 2x i T NX t= # TX x i;t + 2x 2 i 2x i x + x 2 t= TX (x i;t x) 2 De la même façon, on montre que le numérateur peut s écrire sous la forme : N = NX t= TX (x i;t x) (y i;t y) Ainsi, on retrouve l expression du l estimateur du modèlepooled : " N # " X TX N # X TX b MCG = b pooled = (x i;t x) 2 (x i;t x) (y i;t y) t= t= Le même résultat peut être démontré dans le cas général (K ).

63 L Econométrie des Données de Panel 63 A.2. Programme TSP : Modèle MFR Le programme TSP ci-dessous reprend les 3 étapes de la procédure d estimation des paramètres du modèle MF R appliqué à la problématique de convergence de Hurlin, Gaulier et Jean Pierre (2). Toutes les lignes de commandes en italique doivent être modi ées dans le cas d une autre application.?******************************?**** ESTIMATEUR MFR *******?**** HSIAO (989) *******?******************************?--- Options OPTIONS(LIMWARN=,LIMERR=); SUPRES SMPL;? ?******************************?**** Paramètres du Modèle ****?****************************** set N=27;? Nombre d Individus N set l=3;? Nombre de Périodes T set K=2;? Nombre de Variables Explicatives K set nobs=n*l;? Nombre Total d Observations NT set t=6;? Date de Début d Echantillon set t=9;? Date de Fin d Echantillon set retard=2;? Nombre de Retards (Modèle Dynamique) smpl nobs;?*****************************?***** Variables *************?*****************************? - Base de données load( le= ocde.wks );? Données Centrées sur la Moyenne Internationale y=log(y); do j=t to t; select (t=j); msd(noprint) Y; YB=Y-@MEAN;

64 L Econométrie des Données de Panel 64 enddo;? Construction des Séries smpl nobs; y=yb; select i=i(-); dy=y-y(-);?*****************************? ?---- ETAPE : Estimations pays par pays ----? mform(nrow=n,ncol=) ls_alpha=; mform(nrow=n,ncol=k) ls_rho=; mform(nrow=n,ncol=) sigls=; do j= to N;?--- Régressions Individuelles --- smpl nobs; select (i=j)&(i=i(-2)); ls(silent) dy c y(-) dy(-);?--- Construction des Vecteurs des Coefficients --- set ls_alpha(j,)=@coef(); do p= to K; set pf=p+; set ls_rho(j,p)=@coef(pf); enddo; set sigls(j,)=@s2; enddo; print ls_alpha ls_rho sigls;? ?---- ETAPE 2 : Swamy (97) ----?---- Estimateur de la variance du parametre rho ----? ?--- Calcul de la Moyenne des Coefficients Alatoires --- mform(nrow=n,ncol=) en=; mat sum_rho=((en )*ls_rho)/n;?--- Construction du Vecteur des Moyennes --- if K=; then; do;

65 L Econométrie des Données de Panel 65 mat vsum_rho=sum_rho*en; enddo; if K>; then; do; mat vsum_rho=sum_rho(,)*en; do j=2 to K; mat sum_rhoi=sum_rho(,j)*en; mmake vsum_rho vsum_rho sum_rhoi; enddo; enddo;?--- Construction du l estimateur de Delta --- mat Delta=(/(N-))*((ls_rho-vsum_rho) )*(ls_rho-vsum_rho);? ?-- ETAPE 3 : Construction de Beta ---?-- Construction des Phi_i ---? smpl nobs; set l=l-retard; mform(nrow=l,ncol=l,type=diag) unite=; mform(nrow=l,ncol=) z=; mform(nrow=k,ncol=k) T=; mat T2=T; mform(nrow=k,ncol=) T3=; mat T4=T3; do j= to N; smpl nobs;?*********************************?**** Construction des séries ****?********************************* select (i=j)&(i=i(-2)); y=y(-); dy=dy(-); mmake x y dy; mmake yy dy;?-- Construction de la matrice (Phi)- mform(nrow=l,ncol=l) Phi=; mat Phi=x*Delta*x +sigls(j,)*unite;

66 L Econométrie des Données de Panel 66 mat Phi=(Phi) ;?-- Premier Terme : T --- mat t_i=(x )*Phi*x; mat T=T+t_i;?-- Deuxime Terme : T2 --- mat t2_i=(x )*Phi*z*(((z )*Phi*z) )*(z )*Phi*x; mat T2=T2+t2_i;?-- Troisime Terme : T3 --- mat t3_i=(x )*Phi*yy; mat T3=T3+t3_i; enddo;?-- Quatrime Terme : T4 --- mat t4_i=(x )*Phi*z*(((z )*Phi*z) )*(z )*Phi*yy ; mat T4=T4+t4_i; smpl nobs;? ?-- Estimateur de rho_bar ? mat rhols_m=(sum_rho) ; mat rho_mfr=((t-t2) )*(T3-T4); print rhols_m rho_mfr; print delta;? ?--- Calcul des T-stats ---? if K=; then; do; set T_stat=rho_mfr/sqrt(Delta); enddo; if K>; then; do; mform(nrow=k,ncol=) T_stat=; do j= to K; set T_stat(j,)=rho_mfr(j,)/sqrt(Delta(j,j)); enddo; enddo; print t_stat;

67 L Econométrie des Données de Panel 67 Bibliographie Ahn, S.C., et Schmidt, P., (995), E cient Estimation of Models for Dynamic Panel Data, Journal of Econometrics, 68, Bernard, A., et Jones, C., (996), Productivity Across Industries and Countries : Times Series Theory and Evidence, The Review of Economics and Statistics, Bernard A.B., et Durlauf S.N., (995), Convergence of International Output, Journal of Applied Econometrics,, Blundell, R., et Schmidt, R., (99), Conditions Initiales et Estimation E cace dans les Modèles Dynamiques sur Données de Panel : Une Application au Comportement d Investissement des Entreprises, Annales d Economie et de Statistique, 2/2, Gaulier G, Hurlin C et Jean Pierre P. (999), Testing Convergence : A Panel Data Approach, Annales d Economie et de Statistiques, 55-56, Harris, R.D.F. et Tzavalis, E., (996), Inference for Unit Root in Dynamic Panels, Working Paper, University of Exeter, UK. Hausman J.A., (978) Speci cation Tests in Econometrics, Econometrica, 46, Hsiao, C., (986), Analysis of Panel Data, Econometric society Monographs N. Cambridge Universirty Press. Hsiao C. (989), Modelling Ontrario Regional Electricity System Demand Using a Mixed Fixed and Random Coe cient Approaoch, Regional Science and Urban Economics, 9, Im, K.S., Pesaran, M.H., et Shin, Y., (995), Testing for Unit Roots in Heterogenous Panels, DAE, Working Paper 9526, University of Cambridge. Islam, N., (995), Gowth Empirics : A Panel Data Approach, Quarterly Journal of Economics. Levin, A., et Lin, C-F., (992), Unit Root Test in Panel Data: Asymptotic and Finite-Sample Properties, Discussion Paper 92-23, Department of Economics, University of California, San Diego. Quah, D., (994), Exploiting Cross-Section Variations for Unit Root Inference in Dynamic Data, Economics Letters, 44, 9-9.

68 L Econométrie des Données de Panel 68 Mundlak Y. (978), On the Pooling of Time Series and Cross Section Data, Econometrica, 46, Nickell S. (98), Biases in Dynamic Models with Fixed E ects, Econometrica, 49, Sevestre, P., et Trognon, A., (992), Linear Dynamic Models, in Matyas and P. Sevestre (eds), Ch. 6., SwamyP.A. (97), E cient Inference in a Random Coe cient Regression Model, Econometrica, 38, Taylor W.E. (98), Small Sample Consideration in Estimation from Panel Data, Journal of Econometrics, 3,

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