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BILAN ÉNERGÉTIQUE DE LOGEMENTS DANS UN QUARTIER PILOTE DE SCHAERBEEK Les problématiques environnementales dues à une trop grande consommation d énergie ne peuvent plus être négligées aujourd hui. La commune de Schaerbeek en est bien consciente et prend ses responsabilités. ELLE S EST DONC FIXÉ UN DOUBLE OBJECTIF : 1. Aider et soutenir la population schaerbeekoise à améliorer son habitat et réduire sa consommation d énergie. 2. Diminuer les émissions de gaz à effet de serre sur son territoire grâce à l amélioration de la performance énergétique des bâtiments. En mars 2010, la Commune a initié, grâce au soutien du Fonds Politique des Grandes Villes, une étude visant à identifier les déperditions d énergie que l on retrouve fréquemment dans les logements schaerbeekois et à informer la population sur les moyens d économiser l énergie. 45 bâtiments (des maisons et des immeubles à appartements), au sein d un quartier pilote (cf. photo), ont ainsi bénéficié d un bilan énergétique. L objectif était de pouvoir, à partir des résultats obtenus, apporter des pistes d améliorations possibles et applicables par d autres ménages schaerbeekois. Afin d avoir une bonne représentativité de la diversité du bâti, les bâtiments ont été sélectionnés en tenant compte d un certain nombre de particularités : La période de construction (avant 1918, 1918-45, 1945-70, après 70) Le nombre de façades (2, 3 ou 4 façades) Le nombre d étages Le type de toit : plat ou en pente Les travaux de rénovation déjà réalisés ou non Le nombre de bâtiments sélectionnés de chaque type a été déterminé en étant fidèle à la représentativité du bâti bruxellois (étude du CERAA*). CERAA : Centre d Etude, de Recherche et d Action en Architecture 2
1 LA THERMOGRAPHIE DEUX MÉTHODES ONT ÉTÉ UTILISÉES POUR ÉLABORER LE BILAN ÉNERGÉTIQUE DES LOGEMENTS La thermographie est une technique réalisée à l aide d une caméra infrarouge, permettant de localiser les défauts internes et externes d isolation, les infiltrations d air et les ponts thermiques d une habitation. Ces défauts entraînent des variations de température qui sont identifiables par les différentes couleurs rendues par la caméra. Les couleurs bleue-noire indiquent les zones froides des parois. Quant aux couleurs rouge-jaune, elles indiquent les zones chaudes des parois visionnées par la caméra. Infiltration d air froid entre l ouvrant et le dormant d une porte extérieure. Tuyauterie de chauffage non isolée passant dans une pièce froide. Refroidissement à l angle du mur dû à un pont thermique. Refroidissement dans le plafond dû à une mauvaise pose de l isolant. Les résultats obtenus permettent d émettre des propositions d amélioration du bâtiment. 2 L AUDIT ÉNERGÉTIQUE L audit énergétique est un calcul théorique basé sur les caractéristiques du bâtiment dans son état actuel. Il s appuie sur l analyse : des relevés de consommation de l enveloppe du bâtiment du système de chauffage du type de production d eau chaude sanitaire de la ventilation L ensemble de ces caractéristiques permet d analyser la qualité énergétique du bâtiment et d établir une liste de points à améliorer. Ce graphique montre, pour un bâtiment audité, le pourcentage d économie que son propriétaire pourrait réaliser en améliorant chaque poste examiné : un gain total de 65% sur sa consommation de chauffage! AVANT LES TRAVAUX APRÈS LES TRAVAUX 3
RÉSULTATS DE L ÉTUDE L étude a permis de mettre en évidence deux gros points faibles au niveau du bâti schaerbeekois, et ce, quel que soit le type de bâti (selon la typologie décrite en p.2) : une mauvaise étanchéité à l air et une mauvaise isolation des bâtiments. CES FAIBLESSES SE SITUENT EN DIFFÉRENTS POINTS DE L HABITATION 1 PORTE EXTÉRIEURE Mauvaise étanchéité à l air entre l ouvrant et le dormant de la porte et au niveau de l ouverture de la boîte aux lettres Porte d entrée non isolée 2 CAGE D ESCALIER Infiltration d air froid par la porte d entrée et la boîte aux lettres débouchant sur la cage d escalier qui fait office de véritable cheminée propageant l air froid à tous les étages 6 3 3 FENÊTRE Infiltration d air au niveau de l ouvrant (problème de joint) et entre l ouvrant et le dormant (problème de maçonnerie) Vitrage peu performant (simple vitrage ou double vitrage d ancienne génération) Pont thermique structurel sur le châssis de la fenêtre 1 4
4 TOITURE 4 Absence d isolation ou trop faible couche d isolant Pose défectueuse, mauvaise étanchéité à l air due à l absence de pare/frein-vapeur Isolation dégradée par l humidité entraînant la perte de l efficacité de l isolant Apparition de ponts thermiques principalement aux jointures : mur-toiture, toiture-fenêtre de toit 5 5 MUR 2 Absence d isolation Présence d humidité et de ponts thermiques. 6 CAISSON À VOLET Infiltration d air à la liaison du caisson Pont thermique au niveau du caisson 7 7 CAVE Absence d isolation du plafond 5
QUELQUES SOLUTIONS POUR VOTRE HABITATION ET RÉDUIRE VOTRE CONSOMMATION D ÉNERGIE! AMÉLIORER L ÉTANCHÉITÉ À L AIR ET L ISOLATION DE VOTRE HABITATION PORTE EXTÉRIEURE ET FENÊTRE Remplacer les joints dormant-ouvrant. Régler les châssis et huiler les quincailleries. Poser des joints de silicone autour du dormant des portes et des fenêtres. Placer une boîte aux lettres renforcée sur le plan isolation. CAGE D ESCALIER Créer un sas après la porte d entrée en plaçant une porte dans le corridor, de manière à supprimer les entrées d air froid dans la cage d escalier. TOITURE Isoler les toitures ou les planchers de grenier en prenant soin de choisir une épaisseur d isolant suffisante pour une meilleure efficacité. Placer un pare-vapeur ou un frein-vapeur pour une bonne étanchéité à l air. CAVE Isoler les plafonds de cave sans oublier la pose d un pare/frein-vapeur. MUR Isoler les murs (si possible par l extérieur et en commençant par la façade arrière) IL EST IMPORTANT DE SOIGNER LA MISE EN ŒUVRE DU PARE / FREIN-VAPEUR AFIN DE GARANTIR UNE RÉELLE EFFICACITÉ DE L ISOLANT. AMÉLIORER SON SYSTÈME DE CHAUFFAGE Isoler les tuyaux de distribution qui passent dans les locaux non chauffés (gaine technique, cave, cage d escalier ). Purger et dépoussiérer les radiateurs une fois par an. Dégager les radiateurs pour permettre un rayonnement direct et une convection d air optimale. Remplacer une ancienne chaudière par une chaudière à haut rendement (chaudière à condensation). Entretenir régulièrement les chaudières : tous les 3 ans pour les chaudières au gaz et tous les ans pour les chaudières au mazout. ADOPTER UN COMPORTEMENT ÉCONOME EN ÉNERGIE Des économies (jusqu à 400 par an) peuvent être réalisées rien qu en optant pour des gestes plus économes en énergie tels que : Eteindre sa chaudière en été. En hiver, opter pour une température de 19 C dans le salon et 16 C dans les chambres. Utiliser des multiprises avec interrupteur pour supprimer les modes «veille» des appareils électroménagers. Privilégier une douche courte plutôt qu un bain. POUR PLUS D INFORMATIONS SUR LES GESTES ÉCONOMES EN ÉNERGIE, RENDEZ-VOUS SUR WWW.DEFI-ENERGIE.BE/MENAGES 6
ECONOMIES D ÉNERGIE : QUELQUES DÉFINITIONS ÉTANCHÉITÉ À L AIR L étanchéité à l air est le fait de supprimer les arrivées d air froid non contrôlées par les différents interstices de l enveloppe du bâtiment. L étanchéité à l air d un bâtiment est très importante parce qu elle garantit : L efficacité de l isolation thermique Un meilleur confort thermique car elle limite les courants d air inconfortables Une économie d énergie substantielle L efficacité de la ventilation mécanique contrôlée Une longévité accrue de la construction d humidité tout en gardant de bonnes performances thermiques (isolants naturels). Dans ce cas, on conseille de placer un frein-vapeur pour profiter de cette propriété hydro-variable des isolants naturels. Par contre, d autres isolants sont particulièrement sensibles au taux d humidité et n isolent plus s ils sont mouillés (laine minérale par exemple). Dans ce cas, le pare-vapeur est à conseiller. LE PONT THERMIQUE Un pont thermique est une zone de fortes déperditions de chaleur. Il crée une impression de froid entraînant une surconsommation de chauffage. De plus, la température à la surface du pont thermique étant plus faible, celui-ci provoque de la condensation intérieure, pouvant entrainer l apparition de champignons, de moisissures (risque d allergie, asthme ). LE PARE-VAPEUR ET LE FREIN-VAPEUR Ce sont des matériaux qui assurent l étanchéité à l air du bâtiment. Leur rôle est également d empêcher la vapeur d eau issue de la respiration des occupants, de la cuisine et de la salle de bain, d aller se refroidir et se condenser dans l isolant. Quelle est la différence entre un pare-vapeur et un frein-vapeur? Le pare-vapeur est totalement imperméable à la vapeur d eau. Le frein-vapeur a une propriété régulatrice d humidité, c est-à-dire qu il permet à une maison de «transpirer» tout en empêchant les infiltrations d air extérieur. Tant le pare-vapeur que le frein vapeur sont étanches à l air. Le choix d un pare-vapeur ou d un frein-vapeur se fera selon le type d isolation. Certains isolants peuvent réguler leur taux 7
POUR PLUS D INFORMATIONS LES DOCUMENTS SUIVANTS SONT DISPONIBLES SUR LE SITE INTERNET DE SCHAERBEEK Foire aux questions du projet Fiches rénovation de Bruxelles Environnement et de RenovaS Le projet a été géré par le service Eco-conseil de la commune de Schaerbeek : Contact : 02 244 72 23 / eco-conseil@schaerbeek.irisnet.be RenovaS : Le bureau de conseils en rénovation a également été partenaire de ce projet. Il vous informera gratuitement dans toutes vos démarches de rénovation. Contact : www.renovas.be / 02 215 85 16 / 41 place Colignon D AUTRES ACTEURS À CONTACTER DANS LA RÉGION BRUXELLES ENVIRONNEMENT : www.ibgebim.be LE CENTRE URBAIN : www.curbain.be VIBE : www.vibe.be Vlaams Instituut voor Bio-Ecologisch Bouwen en Wonen CLUSTER ECO-BUILD : www.brusselsgreentech.be LE RÉPERTOIRE DES MÉTIERS DU PATRIMOINE ARCHITECTURAL : www.patrimoine-metiers.be NATURE ET PROGRÈS : www.natpro.be DÉFI ENERGIE : www.defi-energie.be/menages