Épargne salariale. Épargne retraite



Documents pareils
Comprendre les produits structurés

Nature et risques des instruments financiers

Certificats TURBO. Bénéficiez d un effet de levier en investissant sur l indice CAC 40! Produits non garantis en capital.

ING Turbos Infinis. Avantages des Turbos Infinis Potentiel de rendement élevé. Pas d impact de la volatilité. La transparence du prix

DORVAL FLEXIBLE MONDE

Les valeurs mobilières. Les actions 3. Les droits et autres titres de capital 5. Les obligations 6. Les SICAV et FCP 8

ING Turbos. Faible impact de la volatilité. Evolution simple du prix

TURBOS WARRANTS CERTIFICATS. Les Turbos Produits à effet de levier avec barrière désactivante. Produits non garantis en capital.

Norme comptable internationale 33 Résultat par action

Protégez vous contre l inflation

Deutsche Bank AG (DE) (A / A2) Fund Opportunity Coupon 2023 VI. Type d investissement A QUOI VOUS ATTENDRE? Public cible

Une approche rationnelle Investir dans un monde où la psychologie affecte les décisions financières

LES TURBOS INFINIS. Investir avec un levier adapté à votre stratégie!

4,50 % Obligation Crédit Mutuel Arkéa Mars par an (1) pendant 8 ans. Un placement rémunérateur sur plusieurs années

CA Oblig Immo (Janv. 2014)

FCPE AG2R LA MONDIALE ES CARMIGNAC INVESTISSEMENT. Notice d Information

ACTIONS ET OBLIGATIONS Les placements financiers en quelques mots

Optimiser la Gestion des réserves ou des excédents de trésorerie des Entreprises et des Associations

TURBOS Votre effet de levier sur mesure

PROSPECTUS COMPLET PROSPECTUS SIMPLIFIE PARTIE A STATUTAIRE

RISQUES ASSOCIÉS AUX INSTRUMENTS FINANCIERS (GLOSSAIRE)

Méthodes de la gestion indicielle

Notre façon d investir n est pas seulement une question d argent

Titre de créance de droit français présentant un risque de perte en capital en cours de vie et à l échéance (1)

Comment investir en sicav?

alpha sélection est une alternative à un placement risqué en actions et présente un risque de perte en capital, en cours de vie et à l échéance.

RENDEMENT ACTION BOUYGUES JUILLET 2015

GUIDE DES WARRANTS. Donnez du levier à votre portefeuille!

G&R Europe Distribution 5

TD de Macroéconomie Université d Aix-Marseille 2 Licence 2 EM Enseignant: Benjamin KEDDAD

S informer sur. Les obligations

Votre coupon augmente avec la hausse des taux d intérêt. Crédit Agricole CIB (AA- / Aa3) Interest Evolution 2018 STRATÉGIE P. 2. DURÉE p.

Turbos & Turbos infinis

Investir. Notre indépendance vous garantit un choix objectif

CERTIFICATS TURBOS INFINIS BEST Instruments dérivés au sens du Règlement Européen 809/2004 du 29 avril 2004

Son Organisation, son Fonctionnement et ses Risques

INFORM OBLIGATIONS DE PREMIÈRE QUALITÉ ET OBLIGATIONS À HAUT RENDEMENT: AUGMENTER LE RENDEMENT ET DIMINUER LE RISQUE GRÂCE À UNE JUSTE COMBINAISON

Note informative aux clients de la BANQUE RAIFFEISEN et des CAISSES RAIFFEISEN affiliées en relation avec les produits financiers offerts

Elle s effectuera sans frais et n aura aucune incidence sur la date de disponibilité de vos avoirs.

Fonds d investissement Tangerine

PRODUITS DE BOURSE GUIDE DES WARRANTS. Donnez du levier à votre portefeuille! Produits non garantis en capital et à effet de levier

Éligible PEA. La recherche de la performance passe par une approche différente

PER Convergence Le Guide de l épargnant

Compte rendu Cogefi Rendement Conférence téléphonique du 13/03/15 avec Lucile Combe (gérant)

TARGET ACTION TOTAL MARS 2015

Notre expertise au service des personnes morales

Guide de l investisseur

TARGET ACTION GDF SUEZ

Investir à long terme

Total Sélection Période de souscription : Durée d investissement conseillée Éligibilité

Glossaire des Instruments Financiers

Boussole. Divergence des indicateurs avancés. Actions - bon marché ou trop chères? Marchés boursiers - tout dépend du point de vue!

GENERALI INVESTMENTS EUROPE GF FIDELITE FR juin 2015

Secure Advantage Revenus Garantis

ARIAL Monétaire ISR. Notice d Information

Notre offre ISR pour l Epargne Salariale. Document non contractuel

AVERTISSEMENT ET INFORMATION SUR LES RISQUES LIES A LA NEGOCIATION DES CONTRATS A TERME ET DES ACTIONS

Deutsche Bank AG (DE) (A+/A2) BRL 6,15% Deutsche Bank Une opportunité d investissement en réal brésilien. A quoi vous attendre?

Les Turbos. Guide Pédagogique. Produits à effet de levier avec barrière désactivante. Produits présentant un risque de perte en capital

Des caisses diversifiées et gérées professionnellement. Les Caisses privées

Disponible du 26 mai au 16 septembre 2014 (dans la limite de l enveloppe disponible, soit 5 millions d euros)

Fonds de placement Le modèle adapté à chaque type d investisseur.

TURBOS JOUR : DES EFFETS DE LEVIER DE x20, x50, x100 jusqu à x300!

Les grandes réalisations sont la somme de toutes les petites

Notre offre ISR pour l Epargne Salariale. Document non contractuel

Les compartiments Wealth de BNP PariBas Portfolio foff

LIFE MOBILITY. épargne patrimoniale

Avertissement sur les risques liés aux instruments financiers Clients professionnels

NOTICE D'INFORMATION DU FCPE SOLIDAIRE "UFF ÉPARGNE SOLIDAIRE" (N code AMF : 08343) Compartiment : non Nourricier : oui

Info Finance. et Prévoyance. En 2013 aussi, les clients profitent d une rémunération globale attractive!

IGEA Patrimoine FCP agréé par l AMF

CAMPAGNE ANNUELLE DES EPARGNES ACQUISES

PARTIE A STATUTAIRE PRESENTATION SUCCINCTE : INFORMATIONS CONCERNANT LES PLACEMENTS ET LA GESTION : OPCVM conforme aux normes européennes

S informer sur. Capital investissement:

Placements sur longue période à fin 2011

Lettre d information aux porteurs de parts du FCP INTRINSEQUE FLEXIBLE

fast Objectifs d investissement Caractéristiques du support Fast Autocall

Membre du Groupe AG2R LA MONDIALE

Fonds Assurance Retraite du contrat BNP Paribas Avenir Retraite Données au 31 décembre Communication à caractère publicitaire

UFF PRESENTE UFF OBLICONTEXT 2021, NOUVEAU FONDS A ECHEANCE D OBLIGATIONS INTERNATIONALES, en partenariat avec La Française AM

Certificats BONUS CAPPÉS

CERTIFICATS TURBOS Instruments dérivés au sens du Règlement Européen 809/2004 du 29 avril 2004

BILLETS DE DÉPÔT ÉQUILIBRE MONDIAL PLUS RBC INVESTISSEMENTS MANUVIE

Vous ne voulez faire confiance à personne, la doctrine d investissement de Marie Quantier vous assure performance et tranquillité

NextStage. Un placement bloqué jusqu au 31/12/2019 (et au 31/12/2022 maximum sur décision de la société de gestion)

EPARGNE SELECT RENDEMENT

FCPE EP ECHIQUIER PATRIMOINE. Notice d Information

L activité financière des sociétes d assurances

Avec Skandia Euro Guaranteed Fund 2012 Maîtrisez les yo-yo des marchés financiers

Boléro. d information. Notice

Prêt quand vous l êtes, quelle que soit votre situation

BNP Paribas Diversipierre. Société de Placement à Prépondérance Immobilière à Capital Variable. Document à caractère publicitaire

SG FRANCE PME. Pour profiter des opportunités du marché des PME et ETI françaises. Commercialisation jusqu au 31 juillet 2014

Assurance Vie SÉLECTION ORIENTATIONS. Quels que soient vos objectifs, AXA sera toujours à vos côtés pour vous aider à les atteindre.

Guide pratique des OPCVM

BNP Paribas Fortis Funding (Lu) Coupon Note Flexible Funds 2022

Millésime Excellence VI Investir au cœur de la gestion privée

LOI FÉDÉRALE SUR LES PLACEMENTS COLLECTIFS DE CAPITAUX (LPCC) DU 23 JUIN 2006

MÉMO. Des solutions en cas de coup dur ou de coup de cœur SOMMAIRE

Finance de marché Thèmes abordés Panorama des marches de capitaux Fonctionnement des marchés de capitaux Le marché des obligations Le marchés des

Transcription:

Épargne salariale Épargne retraite

Guide de lecture Plusieurs niveaux de lecture s offrent à vous pour parcourir ce guide. Si vous disposez de peu de temps, vous trouverez à la fin de chaque chapitre un encadré de synthèse intitulé «ce qu il faut retenir».

Sommaire Pour découvrir les produits financiers Comprendre les grandes classes d actifs Leçon n 1 Page 2 Comprendre le lien entre le risque et la performance des placements Leçon n 2 Page 5 Comprendre les cours des actifs financiers Leçon n 3 Page 9 Comprendre les mouvements des cours Leçon n 4 Page 12 Savoir choisir les fonds pour son épargne Leçon n 5 Page 16 Savoir gérer ses placements Leçon n 6 Page 22 Éviter les erreurs de raisonnement les plus fréquentes Leçon n 7 Page 28 Apprendre à contrôler ses émotions Leçon n 8 Page 32 Les différences hommes/femmes et l investissement Leçon n 9 Page 37 Contraindre son comportement avec des solutions sur-mesure Leçon n 10 Page 41 Nous remercions Mickaël Mangot, qui a supervisé la rédaction de ce document. Docteur en économie, Mickaël Mangot est consultant en finance comportementale et enseignant à l ESSEC et à l Institut de Haute Finance. Il a publié trois ouvrages sur le thème de la finance comportementale, dont un a été récompensé du Prix Turgot du meilleur livre d économie financière. Ce document est exclusivement conçu à des fins d information. Il ne constitue ni un élément contractuel, ni un conseil en investissement. Du fait de leur simplification, les informations contenues dans ce document sont partielles. Elles peuvent être subjectives et sont susceptibles d être modifiées sans préavis. Toutes ces données ont été établies sur la base d informations comptables ou de marché. La responsabilité d AXA France Vie, d AXA Investment Managers et d AXA Epargne Entreprise ne saurait être engagée par une prise de décision sur la base de ces informations. Préalablement à toute souscription, l investisseur doit prendre connaissance du prospectus mis à sa disposition sur simple demande. Pour disposer d une information plus complète, le lecteur peut notamment consulter le site internet : www.ere.axa.fr ainsi que les documentations commerciales des produits financiers mises à disposition sur simple demande ; il lui appartient par ailleurs de s entourer de tous les conseils juridiques et fiscaux qu il estimerait nécessaires. 1

Voici une introduction rapide aux trois grandes classes d actifs sur lesquelles placer son épargne entreprise : les actions, les obligations et les produits monétaires. Qu est-ce qu une classe d actifs? Une classe d actifs est un ensemble de titres financiers qui ont les mêmes caractéristiques tout en se différenciant des autres titres. Les titres appartenant à une même classe d actifs ont tendance à réagir de la même manière aux grandes variables économiques et, par conséquent, affichent leurs bonnes et leurs mauvaises performances sur les mêmes périodes. Les principales classes d actifs à disposition des épargnants sont les actions, les obligations et les placements monétaires. À quoi correspondent les actions? Les actions sont des titres de propriété d une portion du capital d une société, laquelle est cotée en Bourse (cas général) ou non. En termes de revenus, ces titres donnent droit à une quote-part des éventuels bénéfices réalisés par la société. Cette quote-part est appelée dividende. Le cours des actions varie à la hausse et à la baisse en fonction de l offre et de la demande sur le marché des actions. L investisseur en actions peut donc tabler sur deux types de revenus : le dividende éventuellement versé si la société fait des bénéfices, et une plusvalue s il parvient à vendre ses actions à un prix plus élevé que son prix d achat. Il est primordial de noter que ces deux sources de revenus sont incertaines. Les entreprises peuvent ou non verser des dividendes en fonction de leurs résultats et de leur politique financière. Quant au cours de Bourse, il peut certes monter mais il peut aussi stagner voire baisser. Le capital investi n est pas garanti de sorte que l actionnaire peut perdre sa mise en partie, voire intégralement dans des circonstances extrêmes. La diversification d un portefeuille sur un grand nombre de titres de sociétés différentes, par exemple via des OPCVM, s avère indispensable pour palier ce risque inhérent à l investissement en actions. 2

Quelles différences avec les obligations? Les obligations ne sont pas des titres de propriété sur l entreprise comme les actions. Ce sont des titres représentant une partie de la dette émise par l entreprise. En effet, lorsqu elles souhaitent se financer par endettement, les entreprises peuvent emprunter de l argent auprès des banques ou émettre des obligations auprès du public. Quand elles choisissent la seconde option, les sociétés émettent des titres d une durée de vie fixée qui donnent droit à un revenu régulier (appelé coupon) en échange de l argent prêté (le principal). Lors de l émission, ces titres sont achetés par des investisseurs (privés ou institutionnels) qui deviennent alors créanciers de l entreprise. Tant qu ils gardent leurs titres, les porteurs des obligations touchent un coupon régulièrement jusqu à l échéance de l obligation. À cette date, leur capital leur est remboursé. Contrairement aux actions, les obligations ont donc une durée de vie limitée et garantissent une valeur de sortie, sauf en cas de faillite de la société émettrice. Dans ce cas extrême, l obligataire ne recevra qu une partie de son investissement en fonction du résultat de la vente des actifs de l entreprise en défaut. Les obligations étant négociables sur le marché obligataire, les porteurs ont toutefois toute latitude pour vendre leurs titres avant l échéance au prix du marché. Comme les actions, le prix des obligations évolue en fonction de l offre et la demande, mais avec beaucoup moins de volatilité. Les cours passent en dessous ou au-dessus de la valeur faciale du titre en fonction des taux d intérêt pratiqués sur le marché. Plus les taux montent, plus les cours des obligations baissent. Les taux d intérêt des obligations évoluent en liaison directe avec le niveau des taux directeurs de la Banque centrale qui dépend lui-même du niveau de l inflation. Généralement, quand la BCE augmente ses taux directeurs, les taux d intérêt des obligations en euros augmentent aussi et, mécaniquement, leurs cours baissent. Les taux d intérêt des obligations fluctuent également en fonction de l appétit pour le risque des investisseurs. De manière générale, plus un émetteur a de risque d être en faillite dans le futur, plus ses obligations offrent un rendement élevé. Le risque des émetteurs est évalué par les agences de notation qui leur donnent des notes qui vont de AAA pour les émetteurs les plus sûrs (comme les États les moins endettés et les très grandes sociétés avec des bilans sains) à CCC pour les émetteurs les plus risqués. L écart de rentabilité (appelé spread) entre les différentes catégories de titres augmente à mesure que l aversion des investisseurs pour le risque augmente. Il est maximal lors des périodes de grande tension financière, c est-à-dire lorsque l incertitude sur la solvabilité des entreprises est extrême. 3

Quid des produits monétaires? Les placements monétaires sont investis sur des emprunts à court ou très court terme (entre une journée et plusieurs mois). Faible, leur rémunération est aussi très stable, ce qui rend ces placements très liquides. C est le placement idéal lorsque l on planifie un besoin d argent à court terme. Avec lui, l épargnant sait quasi-exactement ce qu il aura lorsqu il devra débloquer ses fonds. Disposer de liquidités est aussi très utile pour saisir les opportunités qu offrent les autres placements financiers. Cela implique toutefois que l épargnant reste en alerte sur le niveau des autres actifs (actions, obligations) afin d être prêt à effectuer des arbitrages. Enfin, les liquidités restent un refuge en période de turbulences, lorsque les actifs plus risqués voient leurs cours baisser simultanément. Hormis ces quelques cas, le placement monétaire, très peu rémunérateur, est contre-indiqué pour l épargnant qui a effectivement du temps devant lui. Ce qu il faut retenir Les actions sont des titres de propriété d une portion du capital d une société. Elles donnent droit à un revenu annuel plus ou moins élevé dépendant du résultat de la société. Ce revenu est appelé dividende. Le cours des actions varie à la hausse et à la baisse en fonction de l offre et de la demande sur le marché et il n y a pas de garantie sur le capital investi dans les actions. Les obligations représentent une partie de la dette émise par une société. Elles donnent droit au versement d intérêts jusqu à leur échéance. Les obligations garantissent une valeur de sortie à leur échéance, sauf en cas de faillite de la société émettrice. Le rendement des obligations dépend du risque présumé de faillite de l émetteur. Plus ce risque est important, plus le rendement est élevé. Les placements monétaires sont investis sur des emprunts à court ou très court terme. Les placements monétaires présentent moins de risque mais offrent des rentabilités également très faibles. Ils sont à utiliser pour investir ses liquidités à court terme ou dans l attente d autres placements. 4

Les grandes classes d actifs ont leurs caractéristiques propres en termes de risque et de rentabilité. Elles répondent ainsi à des besoins différents : performance, sécurité, liquidité... Qu entend-on par risque et rentabilité? Les différents produits financiers sont différenciables par leur taux de rentabilité et leur risque. Le taux de rentabilité, c est l argent qu un produit rapporte (ou fait perdre!) à l investisseur sur une année. La rentabilité intègre l appréciation du prix du produit ainsi que les différents revenus qu il a générés directement durant l année (les coupons des obligations, les dividendes des actions ). Le taux de rentabilité est exprimé en pourcentage. Le risque des produits financiers traduit les fluctuations de la rentabilité dans le temps. Un produit aura un risque d autant plus faible que la rentabilité offerte année après année sera stable. Inversement, si la rentabilité connaît une évolution en forme de «montagnes russes» avec des années de gains élevés et d autres années de fortes pertes, son risque sera jugé élevé. Les placements risqués sont en moyenne particulièrement rémunérateurs pour les investisseurs. On dit qu ils offrent une «prime de risque» par rapport aux placements plus sûrs. EN SAVOIR PLUS Comment mesurer et interpréter le risque? L indicateur le plus fréquemment utilisé pour mesurer le risque des actifs financiers est l écarttype de leurs performances passées, lequel est exprimé en données annuelles. Cet indicateur livre une information précieuse sur les déviations normales des performances annuelles par rapport à la performance moyenne de l actif. Sous certaines hypothèses, un actif a en effet 2/3 de ses rentabilités comprises entre sa rentabilité moyenne moins un écart-type et sa rentabilité moyenne plus un écart-type. Prenons l exemple des obligations françaises qui depuis, 1857, ont offert une rentabilité moyenne de 5,8 % et une volatilité de 4,6 %. Sur la base de ces deux chiffres, on peut déduire raisonnablement que, dans le passé, les investisseurs en obligations ont pu bénéficier dans 2/3 des cas de rentabilités sur une période d un an comprises entre 1,2 % et 10,4 %. En revanche, on ne sait rien des rentabilités extrêmes. Et surtout, on ignore si les rentabilités dans le futur auront les mêmes caractéristiques que dans le passé 5

Pourquoi une «prime de risque?» En général, les investisseurs n apprécient pas le risque. Ils préfèrent avoir des placements dont les performances sont régulières plutôt qu en dents de scie. En raison de cette caractéristique psychologique, une règle d or prévaut sur les marchés financiers : plus un produit financier est risqué, plus la rentabilité qu il offre en moyenne doit être élevée. C est seulement à cette condition que les investisseurs accepteront d y souscrire. L expérience montre que ce sont les actions qui, parmi les trois classes d actifs présentées précédemment, sont les plus risquées, devant les obligations et enfin les placements monétaires. Sur une période d un an, les marchés actions peuvent gagner ou perdre une partie importante de leur valeur. Le CAC 40, qui reprend les 40 plus grosses sociétés cotées à la Bourse de Paris, a par exemple perdu 33 % en 2002 et 43 % en 2008. Il avait en revanche gagné 51 % en 1999! De telles variations sont rarissimes sur les marchés obligataires et virtuellement impossibles pour les produits monétaires. Par conséquent, plus risquées les actions sont aussi plus rémunératrices en moyenne que les obligations, lesquelles offrent une meilleure rentabilité que les placements monétaires. En cela, les actions offrent une «prime de risque» plus importante que les obligations par rapport aux placements sans risque. La «prime de risque» est en effet la différence de rentabilité moyenne entre un produit financier et le taux sans risque. Grâce à leur forte rentabilité, les actions sont un véhicule d investissement attractif pour tout épargnant qui peut se permettre de faire le dos rond face aux soubresauts des cours de Bourse. Elles occuperont d autant plus de place au sein d un portefeuille que l épargnant a un horizon d investissement long. C est-àdire s il ne planifie pas d avoir des besoins d argent à court ou moyen terme. Quelles performances et quels risques à long terme? Il est intéressant de remarquer que le caractère risqué des actions vaut surtout pour des périodes courtes. Les données historiques montrent que, sur des périodes longues (supérieures à quinze ans), le risque de perdre de l argent avec les actions est beaucoup plus faible qu à court terme. Lorsque l on s intéresse aux performances réelles (c est-à-dire diminuées de l inflation) au-delà de 10 ans, le risque devient même inférieur à celui des obligations et des placements monétaires. Ceci s explique par la tendance qu ont les rentabilités des actions à retourner sur leur moyenne à long terme. Des périodes longues de baisse ou de hausse très forte des cours sont rares et presque immanquablement suivies de périodes de réajustement. À l inverse, les rentabilités réelles des produits à taux fixe peuvent être, elles, durablement diminuées par l inflation. 6

Tableau 1 : performances nominales annualisées des différents placements depuis 1857 selon leur durée de détention En % 1 an 5 ans 10 ans 15 ans 20 ans Actions Performance Volatilité 11,8 22,9 10,4 10,3 10,1 7,7 10 6,6 10 5,9 Obligations Performance Volatilité 5,8 4,6 5,8 3,2 5,8 2,8 5,8 2,6 5,7 2,4 Monétaires Performance 4,6 4,6 4,6 4,6 4,5 Volatilité 2,7 2,5 2,5 2,4 2,3 Source : Laulanié, INSEE, Duon, Chambre des Notaires. Les performances passées ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures. Pourquoi les actions sont-elles si rémunératrices? La rentabilité très supérieure des actions par rapport aux autres actifs reste une énigme aux yeux de beaucoup de financiers pour qui la performance rémunère toujours le risque pris. Or, à long terme, le risque des actions ne justifie pas une telle rentabilité. Sur cette question, les travaux académiques les plus convaincants sont ceux qui relient le faible prix des actions (et donc leur forte rentabilité) à la tendance des épargnants à fixer leur attention sur le risque de perte à court terme pour choisir leurs placements. S ils étendaient leur fenêtre d observation, les épargnants prendraient conscience du risque modéré des actions et augmenteraient la part des actions dans leurs portefeuilles. La conclusion de tout cela est qu il est judicieux pour l investisseur qui a du temps devant lui d investir largement dans les actions afin de profiter de cette «prime» anormalement élevée. 7

Ce qu il faut retenir La rentabilité d un placement est sa performance (positive ou négative) calculée généralement sur une année et exprimée en pourcentage. Le risque est un indicateur de l amplitude des variations de la rentabilité. Les placements les plus risqués sont aussi les plus rémunérateurs à cause de l aversion des investisseurs pour le risque. Les actions sont très rémunératrices à long terme mais très risquées à court terme. En revanche, sur une longue période, leur risque s avère limité, similaire voire inférieur à celui des obligations lorsque l on s intéresse à la rentabilité réelle (inflation déduite). L énigme de la prime de risque des actions s explique sans doute par la tendance des investisseurs à prendre leurs décisions d investissement en se focalisant seulement sur les performances de court terme. Un épargnant dont l horizon s inscrit à long terme peut en tirer avantage en investissant largement dans les actions. 8

Les cours des actions et des obligations reflètent les prix d équilibre entre acheteurs et vendeurs. Ces cours et leurs fluctuations sont censés refléter la valeur fondamentale des actifs. En théorie toutefois À quoi correspondent les cours? Les cours des actions, comme ceux des obligations, représentent le prix auquel a eu lieu la dernière transaction entre un acheteur et un vendeur sur un marché financier. Sur les marchés, coexistent simultanément de nombreux acheteurs et de nombreux vendeurs. Les acheteurs passent des ordres d achat caractérisés par une quantité et un prix. Idem pour les vendeurs. Tous ces ordres sont repris dans le carnet d ordres électronique. Quand un ordre d achat rencontre un ordre de vente dont les caractéristiques lui sont compatibles, la transaction est réalisée et le prix de la transaction devient le nouveau cours coté pour le titre en question. Pourquoi les cours des titres évoluent-ils? Par définition, les cours des actifs financiers évoluent en fonction de l offre et de la demande. Plus il y a de demande pour un titre, plus les acheteurs vont devoir augmenter le prix de leurs ordres d achat pour remporter les titres proposés par les vendeurs sur le marché et plus le cours de Bourse sera élevé. Idem, plus il y a de personnes qui vendent un titre, plus son cours baisse. Les investisseurs achètent des titres quand ils pensent que leurs cours vont monter dans le futur et vendent lorsqu ils pensent que les cours vont baisser. Leurs anticipations, puisque c est de ça dont il s agit, peuvent s appuyer sur des facteurs fondamentaux ou seulement psychologiques. Les titres n ont-ils pas une valeur «fondamentale»? Si, mais elle est difficile à calculer. En finance, on a l habitude de considérer que la valeur fondamentale d un titre est égale à la somme de tous les revenus futurs qu il va engendrer durant sa détention. Ces revenus sont actualisés, c est-à-dire qu ils sont pris en compte avec un poids d autant plus faible qu ils seront perçus loin dans le temps. Les poids dépendent aussi du niveau de risque rattaché aux revenus futurs. Dans le cas des obligations, les revenus à calculer sont les coupons perçus chaque année ainsi que le capital remboursé à l échéance de l obligation. Pour ce qui concerne les actions, il s agit des dividendes perçus sur une période infinie (il n y a pas 9

d échéance pour les actions). Les revenus futurs des obligations sont connus d avance tandis que ceux des actions sont inconnus et dépendront largement des résultats futurs des entreprises. On comprend très vite qu il est beaucoup plus difficile de s entendre sur la valeur fondamentale d une action que sur celle d une obligation. Cela explique pourquoi les cours des actions fluctuent beaucoup plus que ceux des obligations. Quel lien entre le cours coté et la valeur fondamentale? Depuis les années 1950, une théorie dominante en finance soutient que les marchés sont «efficients», c est-àdire qu à chaque instant les cours de Bourse reflètent parfaitement toutes les informations disponibles relatives aux fondamentaux des titres cotés. Autrement dit, les titres sont toujours à leur juste prix. Cette théorie est imparfaite car elle n explique pas la très forte volatilité sur les marchés actions. Elle est toutefois utile comme point de départ pour l investisseur. Elle lui permet de ne pas tomber dans deux idées reçues. Idée reçue n 1 La croissance est bonne : j investis en actions! Il est illusoire de s appuyer sur les bons résultats économiques qui viennent d être publiés dans la presse pour prendre position à l achat. Si vous savez que l économie et les entreprises vont bien, le marché aussi! C est donc déjà intégré dans les cours. Idée reçue n 2 La croissance sera bonne demain : j investis en actions! Il est tout aussi vain de croire que les performances boursières vont être à coup sûr très bonnes parce que les prévisions de croissance à court terme pour l économie ou les entreprises sont optimistes. Le marché intègre déjà les prévisions dans ses prix. Vous anticipez, le marché aussi! La stratégie d acheter en fonction des seules prévisions de croissance à court terme ne permet donc pas de dégager des performances supérieures à la performance moyenne (à long terme) de la Bourse. Pour information, les professionnels considèrent en général que la Bourse est en avance sur les cycles économiques de six à douze mois. Il n est donc pas rare de voir les cours de Bourse remonter alors que l économie se trouve encore en récession. Et vice versa. 10

Ce qu il faut retenir Les cours représentent le prix auquel a eu lieu la dernière transaction entre un acheteur et un vendeur sur un marché financier. Les cours évoluent avec l offre et la demande pour les différents titres. L offre et la demande reflètent les anticipations des investisseurs pour l avenir. Plus les anticipations des investisseurs deviennent positives, plus les cours augmentent. Les actifs financiers ont aussi une valeur fondamentale qui correspond à la somme des revenus futurs qu ils vont générer pondérés par leur niveau de risque et le temps à attendre. Selon la théorie de l efficience, les cours sont censés refléter exactement la valeur fondamentale des titres compte tenu de toutes les informations à la disposition du marché. Selon cette théorie, il est donc faux de croire qu il faudrait simplement acheter des actions quand la croissance est bonne et s en tenir éloigné quand la croissance est mauvaise. 11

Les fortes fluctuations des cours sur les marchés financiers sont souvent difficiles à saisir pour l investisseur. Derrière elles se cachent de nombreux déterminants, certains relevant des fondamentaux de l économie, d autres de la psychologie des investisseurs. Décryptage. Quels facteurs fondamentaux ont une influence sur les cours? Au moins quatre facteurs ont une influence directe sur la valeur fondamentale des titres financiers, et a fortiori sur leur cours : les résultats des entreprises, les taux d intérêt, l inflation et le risque de faillite des entreprises. Les résultats des entreprises Ils conditionnent les dividendes que distribuent les entreprises à leurs actionnaires chaque année. En effet, si une partie des bénéfices annuels est conservée par les entreprises en vue de financer leurs investissements futurs, une autre est versée aux actionnaires. Le rendement que touchent ainsi les actionnaires peut être tout à fait significatif. Les résultats des entreprises déterminent aussi la facilité avec laquelle elles peuvent rembourser les intérêts et le capital de leurs emprunts, notamment obligataires. Une entreprise qui enchaîne les pertes année après année est une entreprise dont la dette obligataire devient de plus en plus risquée. Le cours de cette dette baisse progressivement de sorte que le taux d intérêt servi aux porteurs d obligation augmente, reflétant le risque croissant qu ils prennent. Dans le cas général, l impact des résultats des entreprises se fait toutefois plus sentir sur le cours de ses actions que sur celui de ses obligations. Les taux d intérêt Dans le calcul de la valeur fondamentale des titres financiers, les taux d intérêt interviennent au moment de déterminer les poids associés aux revenus futurs. Plus les taux d intérêt sont élevés, plus l actualisation est forte, c est à dire plus les revenus futurs auront une valeur présente faible. Par exemple, un revenu de 105 euros versé dans un an a une valeur présente de 100 euros avec un taux d intérêt de 5 % mais seulement de 95,45 euros avec un taux d intérêt de 10 %. La hausse des taux d intérêt entraîne donc la baisse des cours à la fois des actions et des obligations en réduisant la valeur présente des revenus générés dans le futur. La relation entre les taux d intérêt et les cours des titres est toutefois complexe et va dépendre des durées de placement. On fait la différence entre les taux courts (à court terme, maximum 2 ans) et les 12

taux longs (à long terme, en principe le taux des emprunts d État à 10 ans). Si la Banque centrale augmente les taux courts, le cours des obligations courtes va baisser mécaniquement. Cependant cette augmentation des taux courts va généralement se répercuter sur les taux longs qui vont, eux-aussi, augmenter, faisant baisser à leur tour le cours des obligations longues. Au final, en période de hausse des taux, tous les actifs ont tendance à voir leur cours baisser, les obligations courtes étant toutefois les moins affectées. Idée reçue n 3 L inflation Avec les obligations, je ne peux pas perdre! Contrairement à cette autre idée reçue, les obligations sont donc des placements risqués : on peut enregistrer des gains en capital sur une SICAV obligataire si les taux d intérêt baissent, mais des pertes si les taux d intérêt montent! Simplement parce que le cours des obligations évolue tout au long de leur vie, jusqu à la date de remboursement du capital. L inflation influence les prix des titres financiers via les taux d intérêt. À politique monétaire constante de la Banque centrale, plus l inflation augmente et plus les taux d intérêt augmentent, et donc plus les cours des titres baissent. Si l impact est mécanique sur les obligations qui servent des revenus fixes, elle est moins évidente pour les actions dont les dividendes sont, eux, variables. L inflation peut être répercutée par les entreprises dans leurs prix de vente et augmenter leurs bénéfices. Les dividendes peuvent alors être relevés et donc compenser en partie l impact négatif sur le cours de Bourse de la hausse des taux. Il est ainsi juste de dire que les actions protègent imparfaitement les investisseurs contre l inflation mais mieux que ne font les obligations (à coupon fixe) ou les placements monétaires. Le risque de faillite Enfin, le spectre de la faillite d une entreprise impacte très fortement les cours des obligations et des actions qu elle a émises. En effet, plus ce risque est élevé, plus les versements des revenus futurs aux obligataires et actionnaires deviennent incertains. Les marchés tiennent compte de cette incertitude en diminuant le cours de Bourse et le prix des obligations. Une évaluation du risque de faillite d une société est donnée par la note de sa dette par les agences de notation (Moody s, Standard and Poor s ). Une hausse du risque de faillite entraîne un abaissement de la note. Lequel se traduit par une baisse de la valeur des obligations de la société. Et donc, mécaniquement, une hausse de leurs taux d intérêt (pour rémunérer le risque accru). 13

Et qu en est-il des facteurs psychologiques? La psychologie des différents acteurs des marchés financiers a aussi son importance. Elle peut créer des écarts importants et durables entre le prix des titres financiers et leur valeur fondamentale. Les fluctuations de l aversion au risque L aversion des investisseurs pour le risque n est pas constante dans le temps! Elle fluctue avec les fondamentaux. Quand ils sont bons (bonne visibilité sur les résultats, pas de risque de faillite à l horizon) et que les marchés boursiers sont haussiers, l aversion au risque est généralement faible car les investisseurs sont optimistes. À l inverse, quand les perspectives s assombrissent et que les marchés baissent, l aversion au risque tend à augmenter. Ces changements du sentiment des investisseurs affectent directement les valorisations des actifs financiers. L aversion au risque agit comme un amplificateur des cycles fondamentaux. La baisse des actions pour des raisons fondamentales rend plus frileux les investisseurs qui déplacent leurs capitaux des actions et autres actifs risqués vers les placements les plus sûrs (monétaire et obligations d état), augmentant la baisse du prix des premiers et favorisant la hausse du prix des seconds. Au contraire, la hausse des actions rend les investisseurs plus téméraires et les amènent à se détourner des actifs peu risqués pour privilégier les actions, quitte à surpayer ces dernières. La sous-réaction des marchés financiers En dépit des prédictions de la théorie de l efficience, des études récentes menées par des chercheurs en finance ont montré que les cours de Bourse n intégraient pas immédiatement et parfaitement toutes les informations économiques et financières que reçoivent les marchés. Il semblerait plutôt que l ajustement des cours aux informations nouvelles se fasse graduellement. Cette inertie des marchés pourrait être due à la psychologie des investisseurs qui ont des difficultés à revoir rapidement leurs anticipations et à prendre les décisions d achat et de vente qu imposent ces révisions. La conséquence est que les cours affichent des tendances haussières ou baissières davantage qu une évolution par «sauts de puce» en fonction des nouvelles informations. Il est possible de miser sur ces tendances, mais cela implique d être très réactif en cas de retournement. La sur-réaction des marchés financiers Les marchés sont caractérisés par l inertie mais aussi par l excès. L accumulation de nouvelles positives nourrit chez les investisseurs un excès d optimisme et l accumulation de nouvelles négatives un excès de pessimisme qui font aller les cours trop haut lors des marchés haussiers et trop bas lors des marchés baissiers. Les marchés évoluent en tendances trop longues de sorte que la sur-réaction est ensuite corrigée par un mouvement fort des 14

cours dans l autre sens. Ainsi les phases longues de rallye boursier font ensuite place à des corrections longues ou brutales (krach). Inversement, les phases de baisse durable appellent toujours des rebonds marqués des cours par la suite. Il est donc judicieux pour l investisseur d investir à contre-courant : investir dans les actions après une longue période de baisse et quitter les actions pour des placements plus sûrs (monétaires et obligataires) après une longue période de hausse des cours. Et ce, même si les émotions commandent de faire exactement l inverse. Ce qu il faut retenir Les cours des actifs financiers réagissent à différents facteurs, dont des facteurs fondamentaux et des facteurs psychologiques. Le cours des actions réagit positivement aux bonnes surprises sur les résultats des entreprises et négativement à la hausse des taux d intérêt. Le cours des obligations réagit négativement à la hausse des taux d intérêt, de l inflation et du risque de faillite. Le sentiment des investisseurs impacte directement leur aversion au risque et conditionne leur préférence pour les actions ou pour les placements plus sûrs. Les marchés présentent des cycles psychologiques qui comportent une phase de sousréaction aux informations puis une phase de sur-réaction. Les périodes de sur-réaction à la baisse des marchés actions offrent des occasions d acheter dans de bonnes conditions pour l épargnant qui investit à long terme. 15

L épargne entreprise peut être investie sur de nombreux fonds, qu il s agisse de FCPE ou d OPCVM. Voici quelques pistes pour les différencier et pour sélectionner les plus appropriés. Qu est-ce qu un OPCVM? Derrière le sigle OPCVM se cachent les Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières. Ce sont des entités juridiques, administrées par des professionnels de la finance, qui se chargent de gérer un portefeuille d actifs financiers (actions, obligations ) pour le compte de plusieurs épargnants. Parmi les OPCVM, on distingue selon leur profil juridique : les SICAV (Sociétés d Investissement en Capital Variable) et les FCP (Fonds Communs de Placement). Au-delà de leurs différences juridiques, SICAV et FCP ont le même objet et les mêmes obligations. La société de gestion qui les administre doit publier régulièrement leur valeur liquidative (la valeur d une part du fonds), respecter des règles en matière de diversification des risques et fournir aux investisseurs des informations périodiques. L information aux investisseurs consistent à remettre le prospectus simplifié pour les FCP et les SICAV et la notice d information pour les FCPE. Une forme particulière de FCP : les fonds communs de placement en entreprise (FCPE) Un fonds commun de placement en entreprise (FCPE) est un OPCVM proposé dans le cadre de plans d épargne salariale (PEE, PERCO) réservé aux seuls salariés d une ou de plusieurs entreprises qui peuvent y investir leur épargne. On distingue les FCPE diversifiés qui peuvent être investis dans différents instruments financiers (actions, obligations, titres de créances, parts de FCP ou actions de SICAV) des FCPE d actionnariat salarié (composés à plus d un tiers de titres de l entreprise). 16

Quelles sont les grandes caractéristiques des fonds? Les fonds sont différenciables dans de nombreuses dimensions, permettant à l épargnant de trouver le fonds qui correspond à l objectif qu il recherche : l objectif de gestion : c est l objectif recherché par le gérant et qu il s efforcera d atteindre par une stratégie adaptée. Il peut s agir d offrir une valorisation constante du capital, de battre un indice, etc ; l indice de référence : il s agit de l étalon auquel l investisseur peut se référer pour analyser la performance du gérant, par exemple le CAC 40 pour un fonds actions orienté sur les grandes capitalisations françaises ; la stratégie d investissement : ce sont les méthodes et les instruments qu utilisera le gérant pour atteindre son objectif, par exemple acheter des actions offrant un taux de dividende élevé en les choisissant sur la base de critères quantitatifs ou fondamentaux ; le profil de risque : c est la liste des risques auxquels le portefeuille est exposé (risque sur le niveau des taux, des marchés, du change ) et la mention d une garantie ou non sur le capital investi ; les frais : ils peuvent intervenir à différents moments de l investissement, par exemple les frais à l entrée dans le fonds ou les frais de gestion annuels qui sont déduits directement chaque année de la valeur liquidative. Pour les FCPE les frais de fonctionnement et de gestion peuvent être, en fonction des accords d entreprises, pris en charge par l employeur ; les performances passées du fonds : quand l historique du fonds est important, elles donnent une indication (seulement approximative) sur le niveau de rentabilité et de risque du fonds dans les différents environnements de marché. Elles permettent aussi de comparer le fonds aux autres fonds de sa catégorie. Pour chaque fonds, toutes ces caractéristiques et d autres encore sont présentées dans un petit document administratif à lire avec attention avant toute souscription : le prospectus simplifié. Quel est l intérêt des fonds? Pour l épargnant, recourir à des fonds plutôt que de gérer lui-même son épargne en investissant directement sur des produits financiers présente plusieurs avantages importants : l expertise : les fonds permettent de déléguer la gestion des produits financiers à des professionnels investis d une mission très claire ; l implication à temps plein : ces professionnels se chargent des opérations à effectuer au jour le jour en fonction de l actualité économique et financière ; 17

la diversification : par leur taille les fonds ont accès à un niveau de diversification très difficile à atteindre pour l épargnant individuel. Dans leur univers d investissement (les actions européennes, les obligations internationales ), ils présentent donc généralement une volatilité inférieure à celle d un portefeuille réduit à quelques titres et une exposition limitée par rapport aux risques spécifiques aux entreprises dont ils possèdent des titres. Comment choisir les bons fonds? Une fois arrêtée l allocation de son épargne entre les grandes classes d actifs, il s agit de choisir les fonds adéquats pour chaque classe d actifs. Comment alors trouver le meilleur? Pas de réponse simple à cette question tant les performances futures sont incertaines. Toutefois, il parait important de regarder les performances passées pour évaluer la qualité des fonds proposés (leur rentabilité et leur risque). À ce sujet, plus la fenêtre d observation est large, plus les observations seront pertinentes. En effet, le facteur chance peut largement expliquer la bonne performance d un fonds sur un an mais pas sur dix années consécutives. Dans cette démarche, l épargnant trouvera une aide précieuse en consultant la notation des fonds sur les sites web d information financière. Différentes sociétés (Morningstar, Lipper, Europerformance ) se sont en effet spécialisées dans la notation des fonds sur la base de leurs performances passées. À quoi correspondent les notes des fonds? Une des notations les plus connues, celle de la société américaine Morningstar, repose sur les performances des fonds sur trois ans calculées relativement à un placement sans risque et ajustées de leur volatilité. À partir de cette performance retravaillée, les fonds reçoivent entre une étoile (pour les plus mauvais) et cinq étoiles (pour les meilleurs) selon leur classement au sein de leur catégorie. Attention toutefois à ne pas se méprendre : les étoiles Morningstar comme les autres notations permettent seulement d évaluer les performances passées d un fond. Elles ne sauraient en aucun cas être un gage des performances futures. Les études académiques suggèrent que les étoiles sont à utiliser surtout pour discriminer les mauvais fonds. Si la persistance des performances des meilleurs fonds est très limitée, en revanche, la sous-performance des fonds peu étoilés tend, elle, à se prolonger. D autres notations (comme les scores Lipper) permettent d évaluer les fonds sur des critères plus raffinés comme la capacité à dégager des performances régulières ou à préserver le capital. 18

La notation extra-financière et les fonds ISR Les investissements liés au développement durable bénéficient d un intérêt croissant de la part des investisseurs individuels et institutionnels depuis plusieurs années. La récente crise financière plaide pour l émergence d une finance plus responsable qui n aurait plus comme seul objectif la rentabilité, au détriment de tout le reste. Inscrit dans cette logique, l investissement socialement responsable (ISR) est un mode de gestion financière qui inclut des critères extra-financiers dans la sélection des entreprises dans lesquelles investir. Pour l épargnant individuel, les fonds ISR permettent de concilier les objectifs financiers de l épargne avec des convictions sociales ou environnementales. L ISR apparaît être un levier efficace pour faire changer à la fois les financiers et les entreprises. Il oblige les sociétés de gestion à se doter d analystes extrafinanciers qui évaluent les sociétés cotées sur la base de critères sociaux (respect des droits de l homme, conditions de travail ), environnementaux et de bonne gouvernance (indépendance du conseil d administration, mode de rémunération des dirigeants ). En rendant moins cher le capital des sociétés qui respectent ces critères, les fonds ISR soutiennent le développement de ces sociétés et incitent les autres à les imiter. C est une façon de corriger les limites du marché qui fixe le prix des biens et des services en fonction de l offre et de la demande mais sans prendre en compte les externalités, c est-à-dire les conséquences (positives ou négatives) pour les tiers qu implique leur production ou leur consommation. Pour l épargnant, c est également une façon d appréhender exhaustivement les risques supportés par les entreprises et qui peuvent impacter significativement leurs performances financières à court, moyen ou long terme. Et qui donc sont susceptibles d influencer la rentabilité de son épargne. Enfin, pour éviter toute confusion, il est à noter que les fonds ISR doivent être distingués d autres familles de fonds également liées au développement durable : les fonds éthiques, qui excluent des secteurs (armement, tabac, alcool, jeux ) pour des raisons morales ou religieuses ; les fonds thématiques spécialisés sur des thèmes associés au développement durable (énergies renouvelables, eau, gestion des déchets ) ; les fonds solidaires qui investissent une part de leurs encours dans des entreprises ou activités solidaires (action sociales, développement local, environnement, coopération nord/sud ). 19

EN SAVOIR PLUS : Les critères extra-financiers ESG et le processus d investissement de la gamme AXA Génération AXA a mis en place un processus pour respecter les critères d Investissement Responsable. L équipe d analystes Investissement Responsable d AXA IM* rencontre chaque année les dirigeants et cadres opérationnels des entreprises et évalue ainsi leur stratégie ESG. Les analystes d AXA IM* constituent ensuite un univers des entreprises qui sont les meilleures dans leur catégories (Best in Class) ou qui ont fait le plus d efforts (Best Effort). Les gérants choisissent ensuite dans cet univers les entreprises dans lesquelles ils investiront, selon leur stratégie financière. Univers éligible IR 1 Construction du portefeuille 2 Revue régulière du portefeuille 3 Pendant ces étapes, l équipe Investissement Responsable rencontre régulièrement les sociétés pour dialoguer des forces et faiblesses de leurs critères ESG et utilise les informations retenues pour affiner la définition de l univers éligible. Les fonds AXA Génération Solidaire Chez AXA, nous avons choisi de proposer 2 fonds solidaires dans notre gamme, afin de permettre aux salariés qui souhaitent soutenir les entreprises et associations de l économie solidaire de pouvoir le faire, quel que soit leur profil d investisseur. Le fonds AXA Génération Solidaire (classification AMF : actions Pays de la zone euro), pour les investisseurs qui ont un profil dynamique et sont plus enclins à choisir des actions. Le fonds AXA Génération Tempéré Solidaire (classification AMF : diversifié), pour ceux qui souhaitent une allocation plus prudente de leur épargne. Ces fonds AXA Génération sont des FCPE. Dans les deux cas, 5 à 10 % des encours sont investis pour soutenir des initiatives sur les 4 piliers de l investissement solidaire : l aide à l emploi (création d emplois d insertion grâce à une aide financière), l aide au logement (création de logement pour familles en difficultés), l environnement (soutien d entreprises et projets spécialisés dans les énergies renouvelables), la solidarité internationale (microcrédit pour permettre à un travailleur d un pays étranger d acheter des outils). *AXA Investment Managers Paris, société de gestion de portefeuille et société de gestion des fonds cités plus haut. 20

Ce qu il faut retenir Les OPCVM (ou fonds) sont des portefeuilles de valeurs mobilières, gérées par des professionnels de la finance, et détenues collectivement par des investisseurs particuliers ou professionnels ; Les fonds sont différenciables en fonction de leurs objectifs, de leurs stratégies, de leurs frais et de leurs performances ; À défaut de savoir quels fonds afficheront les meilleures performances futures, un retour sur les performances passées permet de se faire une première idée sur la qualité des gestionnaires (mais sans constituer pour autant un indicateur fiable des performances futures) ; Les différentes notations, dont les étoiles Morningstar, permettent d aller plus loin dans l évaluation des performances passées des différents fonds ; Les fonds peuvent également être sélectionnés selon leur utilisation ou non de critères extra-financiers environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance (ESG) dans leur processus d investissement ; En ajoutant des critères ESG aux critères purement financiers, les fonds dits ISR (investissement socialement responsable) appréhendent de manière exhaustive l ensemble des risques supportés par les entreprises et susceptibles d affecter leurs performances. 21

Après les connaissances théoriques sur les principales classes d actifs et ce qui fait évoluer leur cours au fil du temps, cette leçon introduit aux règles de base de la gestion d une épargne financière. Définir ses objectifs et son profil Avant de choisir ses placements, il est nécessaire de tirer au clair deux éléments qui permettront ensuite d arrêter sa stratégie d investissement. Quel horizon d investissement? En fonction de l objectif alloué à l épargne, cet horizon peut être par exemple de 5, 10, 15, 20 ans ou même au-delà. De cet horizon d investissement dépendra surtout la part que pourront représenter les actions au sein du portefeuille. Plus l horizon de l épargnant est long, plus cette part pourra être importante. En effet, on peut observer que la rentabilité annualisée des actions devient de moins en moins volatile à mesure que la durée de détention augmente (voir graphique ci-dessous). L horizon de placement des Plans d Epargne Entreprise est d au minimum 5 ans. Celui des plans d épargne retraite comme le PERCO est par définition plus lointain et les actions sont, dès lors, un placement incontournable. Figure 1 : performances annualisées des actions européennes selon la période de détention 50 % 45 % 40 % 35 % 30 % 25 % 20 % 15 % 10 % 5 % 0 % - 5 % - 10 % - 15 % - 20 % janvier-78 janvier-80 janvier-82 janvier-84 janvier-86 janvier-88 janvier-90 janvier-92 janvier-94 janvier-96 janvier-98 Performances nettes annualisées 3 ans Performances nettes annualisées 5 ans Performances nettes annualisées 8 ans janvier-00 janvier-02 janvier-04 janvier-06 janvier-08 janvier-10 Performances (y compris dividendes) de l indice MSCI Europe exprimées en dollars. Source : MSCIBarra.com Les performances passées ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures. 22

Quelle tolérance au risque? La tolérance au risque de l épargnant est à prendre en compte dans ses différentes dimensions : à court et à long terme ; sur l ensemble de l épargne et sur chacun des placements. L épargnant doit savoir quelle portion de son capital il est prêt à perdre au terme de son horizon de placement en cas de scénario (très) défavorable. Les placements risqués (actions ou obligations) impliquent toujours un risque de perte, même si celui-ci est limité à long terme. À court terme, il est judicieux de se demander à l avance quel pourcentage de son épargne, on est prêt à perdre durant une mauvaise année. Les actions sont, par exemple, à déconseiller à un épargnant qui vivrait très mal de fortes variations, même ponctuelles. Les actions requièrent d être capable de perdre éventuellement beaucoup à court terme pour gagner plus à long terme. La poche actions d un portefeuille verra ses performances largement fluctuer au fil des ans. Et avec elle la performance de l ensemble du portefeuille, en fonction de la part qui lui aura été attribuée. Les performances passées (qui ne sauraient présager des performances futures) signalent qu une poche actions bien diversifiée géographiquement peut perdre jusqu à 40 % en un an. Par définition moins bien diversifié, un fonds spécialisé sur une zone ou un secteur peut perdre encore plus. L investisseur qui refuse des pertes de ce niveau sur l ensemble de son épargne limitera la part allouée aux actions. Celui qui refuse un tel risque pour une seule de ses lignes devra se résoudre à recourir à des fonds mixtes investis simultanément sur les différentes classes d actifs (actions, obligations, monétaire). Comme le montre le graphique 2 (ci-dessous), de tels fonds présentent l avantage de mieux résister durant les périodes de forte baisse des marchés actions (par exemple la crise financière de 2008-2009). Figure 2 : performances glissantes sur un an de trois fonds AXA Génération 50 % 40 % 30 % 20 % 10 % 0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % Génération Europe Actions (100 % actions) Génération Vitalité (> 50 % actions) Génération Equilibre (> 40 % actions) 12/30/2005 6/30/2006 12/30/2006 6/30/2007 12/30/2007 6/30/2008 12/30/2008 6/30/2009 12/30/2009 Les chiffres cités ont trait aux années écoulées et les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Les performances sont annualisées sur une base de 365 jours. Les performances sont calculées nettes de frais de gestion et dividendes réinvestis. Sources : AXA Investments Managers, 2009. 23

Diversifier pour optimiser ses performances On peut dire avec une bonne dose d assurance que l objectif d un épargnant est de maximiser la rentabilité de son épargne pour un niveau de risque donné. Pour arriver à cette fin, il existe une méthode simple : la diversification. Cette méthode requiert toutefois de connaître les relations entre les différents actifs. Faire attention aux corrélations La corrélation est une mesure mathématique de la tendance qu a un investissement à évoluer en relation avec un autre investissement. Si deux investissements réalisent leurs bonnes ou mauvaises performances dans les mêmes périodes, alors leur corrélation est dite positive. Si, au contraire, lorsque l un affiche une performance supérieure à sa moyenne, l autre réalise une performance décevante, leur corrélation est négative. La corrélation entre deux investissements est exprimée par le coefficient de corrélation, lequel se situe entre 1 (corrélation négative parfaite) et 1 (corrélation positive totale). Le défi de l investisseur est de trouver des supports d investissements qui offrent une forte rentabilité et qui ont, entre eux, une corrélation faible ou, encore mieux, négative. Le deuxième critère est en effet une condition sine qua non pour bien diversifier le risque de son portefeuille. Quelles corrélations entre les différentes classes d actifs? Il est important de noter que le coefficient de corrélation entre deux investissements n est pas constant dans le temps. Il donne donc seulement une indication du type de relation qui unit deux investissements (corrélation forte, faible, nulle ou négative). D une façon générale, on peut observer que : les fonds obligataires et monétaires présentent une corrélation nulle voire négative avec les fonds actions ; les fonds actions des zones France, Europe et Amérique présentent entre eux une corrélation très élevée (généralement supérieure à 0,8) mais une corrélation plus faible avec les fonds actions spécialisés sur les marchés asiatiques, le Japon ou les marchés émergents ; les fonds actions sectoriels (biens de consommations, énergies nouvelles ) ou thématiques (petites capitalisations, sociétés à fort dividende, investissement socialement responsable ) présentent une corrélation forte avec les autres fonds actions. 24

Le tableau ci-dessous illustre les corrélations entre actions, obligations et placements monétaires à partir des performances Figure 3 : corrélations entre les classes d actifs l exemple des FCPE AXA Capital Monétaire (Classification AMF : monétaire euro) mensuelles sur la période 2006-2009 de trois FCPE AXA investis intégralement sur chacune de ces trois classes d actifs. AXA Génération Euro Obligations (Classification AMF : obligations) AXA Génération Euro Actions (Classification AMF : actions internationales) Capital Monétaire 1,00 AXA Génération Euro Obligations 0,00 1,00 AXA Génération Euro Actions 0,28 0,16 1,00 Comment alors bien diversifier son portefeuille? Compte tenu des corrélations observées sur les marchés, l investisseur qui souhaite construire un portefeuille performant (qui maximise le couple risque-rentabilité) doit conserver à l esprit plusieurs grandes Des portefeuilles pour chaque profil : la gestion profilée AXA Vous pouvez adapter votre gestion à votre profil d épargnant. Pour cela vous confiez à nos gérants la recherche de la meilleure allocation entre actifs sécuritaires et actions, pour optimiser la performance : profil Vitalité : combinaison «optimale» dynamique entre actions et produits de taux, profil Équilibré : combinaison «optimale» équilibrée entre actions et produits de taux, profil Tempéré : combinaison «optimale» tempérée entre actions et produits de taux avec un investissement en fonds solidaires (5 à 10 % de l actif du fonds). règles. Avant toute chose, il lui faut être investi sur les trois grandes classes d actifs (actions, obligations, monétaire) pour bénéficier de leur corrélation faible voire négative. Cela permet de limiter les pertes en période de fortes turbulences. Ensuite, il peut également opérer une diversification au sein de la classe d actifs actions mais l effet sera plus limité en termes de réduction du risque. L Actif Général Retraite d AXA : un portefeuille diversifié destiné aux salariés proches de la retraite L Actif Général Retraite d AXA est un actif en Euros dédié à la gestion financière des contrats d assurance de retraite collective. Son objectif est de rechercher la sécurité des investissements à l approche de la retraite. Investi à plus de 70 % en obligations, il comporte également des actions et des placements immobiliers. Il bénéficie d un taux de revalorisation minimum garanti annuellement. Le taux de rendement brut de l Actif Général Retraite était de 4,40 % en 2009. 25

Procéder à des ajustements tactiques Parce que la vie d une épargne investie en actifs financiers n est pas un long fleuve tranquille, il est indispensable de garder un œil sur son évolution et de procéder, de temps en temps, à quelques changements. Contrôler régulièrement ses placements Avant toute chose, il faut accepter de prendre un peu de temps régulièrement pour faire un check-up complet de son portefeuille. Cela permet de : vérifier que les mouvements de marché n ont pas complètement modifié l allocation du portefeuille ; rester en veille sur les opportunités et les risques sur les différents marchés ; comparer les performances des fonds en portefeuille à celles des autres fonds de leur catégorie. Ces check-up ne doivent surtout pas être trop fréquents car les performances qui seraient alors constatées pourraient faire naître des réponses émotionnelles et préjudiciables. Par exemple, en poussant à prendre ses gains trop rapidement. Évaluer son portefeuille tous les six mois paraît être une bonne fréquence. Maintenir une allocation d actifs conforme à sa stratégie Les mouvements de marché feront nécessairement évoluer l allocation d actifs de votre épargne au cours du temps. Quand le cours des actions monte, il progresse généralement plus vite que celui des autres actifs, de sorte que la part des actions va augmenter mécaniquement. Inversement à la baisse. D un côté, il faut veiller à ce que l allocation d actifs du portefeuille reste cohérente avec le profil et les objectifs. De l autre, il est pertinent de ne pas être trop rigide pour ne pas brider la performance du portefeuille lorsque les marchés actions sont dans une tendance haussière. Il s agit donc de faire preuve de flexibilité mais pas trop. Une règle satisfaisante est d accepter des écarts limités (+/ 10 %) des pondérations par rapport à l allocation stratégique qui a été fixée. Faire attention aux taux d intérêt Comme il a été expliqué dans une leçon antérieure, les changements de taux d intérêt impactent directement les performances des différentes classes d actifs. Compte tenu de cette influence, il est particulièrement judicieux de procéder, lorsque les conditions le permettent, à des réajustements tactiques, en : augmentant la part du monétaire quand les taux courts sont élevés (par rapport aux taux longs) ; augmentant la part de l obligataire quand les taux longs sont élevés (dans l absolu). Le deuxième type de réajustement permet de bénéficier de coupons élevés et de miser sur de probables futurs gains en capital (lorsque les taux rebaisseront). Bien entendu, ces changements tactiques doivent s inscrire dans le cadre de l allocation stratégique prédéfinie. Et donc ne pas excéder la marge de tolérance qui a déjà été proposée (+/ 10 %). 26

Faire attention à l évolution du cours des actions Il est malheureusement impossible de savoir à l avance si les marchés actions, par nature très volatiles, vont réaliser de bonnes ou de mauvaises performances dans le futur proche. En revanche, certaines informations constituent des signaux sur la probabilité des différents scénarios. À cause du phénomène de sur-réaction, les actions affichent des tendances longues et marquées (haussières ou baissières) qui appellent par la suite une correction. Les performances à long terme des marchés actions et leur valorisation sont des indicateurs des excès des marchés actions. La valorisation des marchés peut être estimée, entre autres, par le Price Earnings Ratio qui mesure le prix des actions rapporté aux bénéfices des entreprises cotées. Quand le PER du marché est élevé (plus de 20 fois pour le CAC 40), le risque de baisse à moyen terme est important. Quand il est faible (moins de 10), un rebond est probablement à venir. L investisseur avisé en tiendra compte en : réduisant la part des actions quand leur valorisation est élevée ; renforçant la part des actions quand leur valorisation est faible. Faire grossir son portefeuille Par le jeu des versements, l épargne est généralement amenée à grossir au fil du temps. Il revient alors à l épargnant de choisir dans quels fonds investir les nouveaux capitaux. Les nouvelles souscriptions ne doivent pas altérer significativement l allocation stratégique choisie. À l inverse, elles peuvent être mises à profit pour encore améliorer la diversification de l épargne. Il s agira alors d augmenter les différentes poches (notamment la poche actions) avec des fonds pas encore en portefeuille. L important est de toujours appréhender le portefeuille dans son ensemble et surtout de ne pas se laisser aller à chasser les «bonnes affaires» (acheter une classe d actifs ou un secteur parce qu il vient de baisser sur quelques mois) ou à suivre, avec retard, des modes d investissement déjà bien avancées. 27

Ce qu il faut retenir L allocation idéale d une épargne financière dépend de l horizon d investissement et de la tolérance au risque de l épargnant. La part accordée aux actions sera d autant plus grande que l horizon sera lointain et la tolérance élevée. Pour optimiser les performances de son épargne, il faut le constituer d actifs dont les rentabilités sont les plus décorrélées les unes des autres. Être investi sur les trois grandes classes d actifs (actions, obligations, monétaire) permet de tirer une grande partie des bénéfices de la diversification. Il est requis de contrôler son épargne financière régulièrement pour vérifier que sa composition reste optimale et pour, éventuellement, effectuer des changements tactiques en fonction de la valorisation des actions et du niveau des taux d intérêt. Ces changements tout comme les nouvelles souscriptions devront respecter l allocation d actifs choisie initialement en fonction du profil. 28

Les chercheurs en finance ont montré que les investisseurs multipliaient les erreurs de raisonnement lorsqu ils gèrent leurs placements. Ces erreurs, à la fois très fréquentes et très coûteuses, montrent que la bonne gestion d un portefeuille n est pas chose intuitive. Analyse de ces erreurs et des moyens pour les contrer. Erreur n 1 : surpondérer les actions France Les investisseurs exagèrent la part allouée aux actions domestiques dans leurs portefeuilles actions. Malgré l existence de fonds qui permettent d investir à moindre frais sur les marchés étrangers, ce biais national ne disparaît pas. Il subsiste car l impression de familiarité associée aux actions locales donne l illusion qu une allocation «patriotique» des capitaux est à la fois prudente et efficace. Les études académiques montrent en effet que les titres nationaux sont perçus par les investisseurs individuels comme à la fois moins risqués et plus rémunérateurs que les titres étrangers. Et ceci est vrai partout, de sorte qu un investisseur français considèrera que les actions françaises sont plus rémunératrices et moins risquées que les actions anglaises alors qu un investisseur anglais pensera exactement le contraire. Pour sortir de ces querelles de clocher, mieux vaut répartir harmonieusement son portefeuille entre les différentes zones géographiques, en accordant une place significative aux zones faiblement corrélées avec le marché national. Erreur n 2 : surpondérer les actions de son employeur Le biais national présenté juste avant n est qu une variante d un biais comportemental plus large : le biais de familiarité. Ce biais traduit l inclination des investisseurs à sous-estimer le risque et surestimer la rentabilité moyenne des placements dont ils se sentent familiers. Une telle erreur se retrouve aussi dans la perception qu ont les salariés du titre de leur entreprise. Très souvent, les salariés considèrent en effet le titre de leur entreprise comme intrinsèquement moins risqué que celui de sociétés comparables (de même taille, opérant dans le même secteur, affichant une valorisation similaire, etc.) voire que l indice de marché. Là encore, il s agit d une distorsion générée par l impression de familiarité. Plus précisément, les salariés ont l impression que, par leur position au sein de l entreprise, ils sont plus à même d anticiper les mouvements du cours de Bourse que pour les autres titres. Cette «illusion de contrôle» les amène à penser que le titre est par nature moins risqué que les actions des 29

autres sociétés. Et qu investir une partie importante de son épargne sur le titre de son entreprise est une stratégie prudente. Pourtant la logique veut que l action d une seule entreprise soit (dans la plupart des cas) plus volatile qu un indice de marché composé de plusieurs dizaines de sociétés ou qu un fonds tout aussi diversifié. Et qu investir dans son entreprise revienne à lier les revenus de son épargne financière aux revenus de son travail, dans les bonnes comme dans les mauvaises passes Il s agit donc d investir dans le titre de son entreprise en connaissance des risques (objectifs) encourus et en gardant à l esprit les bienfaits de la diversification pour son épargne. Les risques entourant l entreprise sont pointés par les analystes et sont disponibles sur les sites internet spécialisés. Ils sont aussi appréhendables en observant la volatilité du titre à court et moyen terme. Plus la volatilité est élevée, plus les risques sont jugés importants par le marché et plus l attrait de la décote qui est (généralement) accordée aux salariés souscripteurs est à relativiser. Erreur n 3 : diversifier naïvement son portefeuille En général, la nécessité de diversifier son portefeuille est admise par les épargnants. Une fois ce principe accepté, il reste encore à l appliquer. Et c est là que le bât blesse. Les chercheurs ont observé que les épargnants pratiquaient souvent une diversification qui est loin d être optimale. Alors qu il est recommandé de répartir ses fonds entre différents produits dont les performances sont largement décorrélées les unes des autres, les épargnants se contentent de répartir leur argent entre les produits financiers qui sont disponibles sans se soucier des corrélations de leurs performances. Pour les universitaires, la diversification qu ils mettent en place est une «diversification naïve». Un mécanisme très prisé des épargnants consisterait à répartir équitablement son argent parmi les produits qui leur sont proposés (dans un PEE, un PERCO, un contrat d assurance-vie ) et peu importe si ces produits sont très similaires ou très différents. L allocation d actifs choisie par les épargnants est donc directement influencée par l offre de fonds qui leur est faite. Plus la proportion de fonds actions proposée est élevée, plus les épargnants ont tendance à choisir une allocation d actifs en faveur des actions. Pour éviter cette erreur, il faut d abord arrêter son allocation stratégique et ensuite sélectionner les fonds adéquats parmi la gamme offerte. Erreur n 4 : anticiper la continuation des tendances L investisseur considère souvent que ce qui s est produit dans le passé récent peut se reproduire dans le futur proche avec une probabilité bien plus grande qu en réalité. Pourtant, les performances les plus représentatives sont sans aucun doute les performances obtenues sur longue période. Cette tendance à donner 30

une grande importance aux informations récentes biaise les anticipations concernant les performances futures des placements. Les investisseurs individuels sont optimistes pour les actions après une période de hausse et pessimistes quand les marchés ont baissé. De même, ils achètent facilement les fonds en tête des classements de l année écoulée sans questionner la significativité de performances sur une aussi courte période. Ces deux «tactiques» sont au mieux inconséquentes, au pire dangereuses. La persistance des performances des fonds d une année sur l autre est très faible. Quant aux phases sur les marchés actions, elles existent effectivement. Les titres, les secteurs industriels ou les zones géographiques qui ont le mieux performé à court terme (six à douze mois) continuent en moyenne d afficher de bonnes performances à court terme : c est l «effet momentum». Seulement, au-delà d un certain temps, les actifs qui ont bénéficié de cet effet ont tendance à subir une correction importante et à sous-performer alors les autres actifs. Acheter les actifs en vogue fait peser le risque d acheter trop tard une mode d investissement (la nouvelle économie en 1999, les matières premières en 2008, etc.) et de subir de plein-fouet le retournement. Il est donc préférable pour les investisseurs de long terme de miser sur une allocation d actifs équilibrée et, éventuellement, de modifier cette allocation en surpondérant les actifs affichant des performances de long terme (sur trois à cinq ans) déprimées et présentant du coup des valorisations modérées. Il a en effet été repéré que les marchés actions avaient tendance à afficher des performances supérieures à leur moyenne historique dans les périodes suivant les phases de baisse durable des cours. Erreur n 5 : refuser de voir les informations négatives Les arbres ne montent pas jusqu au ciel ; les cours non plus. Au mieux, les mouvements de hausse peuvent se conclure par un atterrissage en douceur, au pire par une correction brutale. Il faut donc savoir résister à la tentation, très forte, de voir tout en rose quand l environnement économique parait excellent et que le scénario d une poursuite de la hausse fait consensus. De manière à pouvoir prendre ses bénéfices à temps. Pour rester à l écart des dérives des marchés, il faut en effet être capable de regarder avec objectivité les indicateurs disponibles (comme les multiples de valorisation des actions) et de ne pas tomber dans le piège qui consiste à ne s intéresser qu à ceux qui appuient son point de vue. Mis en lumière par les psychologues, le biais de confirmation rend compte de ce travers particulièrement répandu. Il indique que le décideur est souvent tenté d aller dans le sens de sa première impression et pour cela effectue un traitement orienté des informations qu il reçoit en surpondérant celles qui 31

la confirment et en minorant les autres. À la base de ce biais psychologique se trouve une aversion naturelle au doute et à l hésitation. Aussi dans un marché haussier est-il plus confortable de croire à la poursuite de la hausse des actions puisqu il s agit du scénario plébiscité. C est d autant plus facile que les individus souffrent généralement aussi d un biais d optimisme, qui leur fait croire que, malgré les risques, tout va finalement bien se passer pour eux. Ce qu il faut retenir Les investisseurs accordent généralement une place excessive aux actions françaises dans leurs portefeuilles à cause de l illusion de familiarité qu elles génèrent. De la même manière, ils investissent lourdement dans le titre de leur entreprise sans avoir pleinement conscience des risques encourus. Lorsqu ils diversifient leurs portefeuilles, ils ont tendance à insuffisamment prendre en compte les corrélations entre les différents placements, ce qui les empêche de toucher tous les bénéfices de la diversification. S il est tentant d acheter les placements en vogue, cela fait courir le risque d arriver à la fin d une mode et de subir de plein fouet la correction des excès passés. Enfin, le biais de confirmation empêche de prendre en compte les informations contraires à ses croyances. Il incite à prendre trop de risques quand les marchés sont haussiers et que tout le monde est optimiste. Et inversement, pas suffisamment quand les marchés ont déjà beaucoup chuté. 32

En plus de faire des erreurs de raisonnement, l investisseur voit son comportement largement influencé par ses émotions. Or celles-ci commandent souvent des actions préjudiciables pour les performances de ses placements. Voici quelques règles simples pour garder ses émotions sous contrôle. Règle n 1 : éviter la procrastination La tendance à reporter (indéfiniment) les tâches désagréables ou ennuyeuses est un trait psychologique très répandu. Les psychologues l expliquent en général par la forte préférence qu ont les individus pour les récompenses immédiates et par une certaine naïveté concernant leurs préférences dans le futur. Les individus reportent au lendemain ce qu ils devraient faire aujourd hui en pensant qu ils seront alors plus enclins à réaliser la tâche désagréable. Ce faisant, ils sous-estiment que le moment venu ils continueront d afficher une préférence pour le présent qui les fera une nouvelle fois ajourner la réalisation de la tâche. Avec le risque que ce processus se répète indéfiniment. La procrastination a été repérée par les universitaires dans de multiples décisions de la vie courante dont les décisions d épargne pour la retraite. L épargne nécessite de dépasser les gratifications immédiates apportées par la consommation présente dans le but d augmenter dans des proportions supérieures sa consommation future. L épargne (notamment l épargne de long terme) implique un contrôle de soi difficile à implémenter face aux tentations de la consommation. Ainsi, dans les enquêtes, les salariés avouent fréquemment sous-épargner à l intérieur des plans d épargne retraite entreprise (par rapport à leur objectif ou à un niveau d épargne qu ils jugent approprié) tout en prévoyant d augmenter leur taux de contribution dans un avenir proche. Ce qu ils ne font finalement que très rarement. De la même manière, la préférence pour le présent peut générer de la sous-épargne en empêchant l individu de prendre le temps pour s informer et faire les démarches nécessaires en vue de la participation à un plan d épargne entreprise. Cette tâche est constamment repoussée à plus tard tant que le rapport entre les coûts immédiats et les bénéfices perçus à plus long terme n est pas modifié. Le même processus intervient pour la révision de l allocation d actifs du portefeuille qui implique des coûts d information immédiats et des bénéfices qui ne se révèleront que dans un futur éloigné. Et favorise ainsi le maintien du statu quo. S il est illusoire de penser pouvoir modifier ses préférences temporelles, il est en revanche possible de garder à l esprit leur influence sur les décisions, notamment sur la tendance à procrastiner. Une façon de s immuniser contre les préjudices à long 33

terme de préférences «myopes» est de contraindre son comportement présent et futur par des mécanismes d astreinte afin de le rendre cohérent avec les objectifs de long terme (voir leçon n 10). (par exemple tous les mois voire toutes les semaines), l investisseur sera «choqué» par une succession de pertes finalement anecdotiques car intervenant sur une période trop courte pour être significatives. Règle n 2 : ne pas regarder son portefeuille trop souvent Tout simplement parce que la revue du portefeuille est un moment générateur d émotions fortes pour l épargnant susceptibles de le faire agir de manière impulsive. La découverte de plus-values virtuelles (non encore réalisées) offre une sensation agréable qui gagne encore en intensité lorsque la plus-value est concrétisée par une vente. Inversement, les moins-values nourrissent des émotions négatives, surtout lorsqu elles sont réalisées. À regarder souvent ses placements, on prend le risque de vendre trop rapidement un placement performant dans le but de sécuriser son gain. Dans les pertes, le danger est différent. Les épargnants ont plutôt tendance à garder (trop) longtemps leurs placements décevants afin de ne pas concrétiser leur déception. Ils les conservent avec l espoir qu ils remonteront un jour, permettant de ne pas terminer sur une perte. En revanche, la répétition de performances décevantes a tendance, elle, à faire perdre confiance dans le placement. Elle invite à vendre pour ne pas accuser une nouvelle perte. Cela peut être salutaire si les performances sont évaluées tous les semestres. En revanche, si l analyse du portefeuille est beaucoup plus fréquente Règle n 3 : ne pas maintenir coûte que coûte le statu quo Laisser vivre son portefeuille sans y toucher permet d éviter d opérer des transactions sous le coup d émotions. Cela permet aussi de ne pas prendre de décisions et donc de ne pas se tromper. De nombreuses personnes voient dans le maintien du statu quo un comportement par défaut moins impliquant que toute action. Pourtant ne rien changer n est pas un comportement exempt de tout danger. En effet, l évolution naturelle des placements peut aller contre les objectifs de l épargnant, lesquels peuvent d ailleurs changer au cours du temps (avec l âge par exemple). Le cas le plus fréquent est que la poche actions se mette à prendre une place excessive après une forte hausse des cours, rendant le profil du portefeuille plus agressif que ce qui est désiré. Pour remédier à ce risque, il est nécessaire de passer en revue son portefeuille régulièrement (idéalement tous les six mois) afin de vérifier son adéquation avec les objectifs fixés. Et de s assurer que chaque compartiment du portefeuille se comporte comme prévu. Règle n 4 : savoir vivre avec le regret Malheureusement, on ne vend jamais au plus haut et on n achète jamais au plus 34

bas. Tout en étant désagréable, cela ne doit pas pour autant empêcher l épargnant de prendre les meilleures décisions pour l avenir de son portefeuille. Un investisseur rationnel est celui qui focalise sur les performances futures, et pas sur les performances passées. Il ne faut pas attendre un hypothétique rebond pour se résoudre à vendre un fonds décevant et pour lequel un remplaçant est déjà trouvé. Même si le regret de ne pas avoir vendu plus tôt à un cours supérieur est très vif. Ce qui est important c est d analyser le manqueà-gagner à encore conserver le placement. Idem à l achat. Quand un placement est (aux conditions de marché) intéressant, attendre un éventuel reflux des cours pour acheter dans des conditions optimales fait courir le risque d attendre longtemps. Et finalement d acheter dans des conditions encore pires, voire de ne jamais acheter. Règle n 5 : savoir prendre ses pertes L épargnant se retrouve nécessairement un jour dans la situation de posséder en portefeuille des placements en perte et dont le potentiel de rebond parait médiocre, par exemple lorsque les placements ont été achetés pour profiter d une mode d investissement, laquelle a depuis fait long feu. Dans ce genre de cas, l épargnant éprouve des difficultés à vendre son placement et concrétiser sa perte, même s il sait que ce serait le meilleur comportement à adopter. Cette difficulté s explique par un biais psychologique généralisé : l aversion aux pertes. Découvert en 1979 par le prix Nobel d économie Daniel Kahneman, ce biais rend compte de la tendance humaine à ressentir une perte deux fois plus douloureusement qu un gain n est agréable. Les conséquences pour l épargnant sont immédiates : il fait tout ce qu il peut pour ne pas vendre un placement en perte. S il vendait, le désagrément engendré serait tel qu il faudrait ensuite un gain (sur un nouveau placement) d une amplitude double pour compenser la perte réalisée. Il est difficile d éviter cette chausse-trappe tant l aversion aux pertes est ancrée dans la psychologie des individus. Toutefois, il est possible d en limiter les effets en changeant l angle de vue sur son épargne : en la regardant dans son ensemble et non plus ligne par ligne ; en focalisant sur les performances futures plutôt que sur les performances passées ; enfin en prenant son allocation idéale (qui reflète ses convictions) comme deuxième point de référence à côté de l allocation actuelle (qui reflète davantage les inerties). De cette manière, le coût de l immobilisme apparaît au grand jour, incitant à l action. Règle n 6 : garder un œil attentif sur sa prise de risque Le profil de risque d une épargne financière varie sensiblement au cours de sa vie. Il le fera d abord naturellement parce que les actions voient leur part changer dans de grandes proportions à cause de la volatilité de leurs cours. Mais le risque est aussi tributaire des changements que l épargnant opère dans l allocation de son épargne. Si ces changements répondent parfois à un souci rationnel d optimisation des 35

performances (par exemple en allégeant l exposition à une classe d actifs devenue trop chère), ils peuvent aussi résulter de variations du niveau de tolérance au risque de l épargnant, lequel dépend largement du contexte. Les chercheurs ont en effet remarqué que les épargnants avaient tendance à prendre plus de risque en fin de marché haussier (investissant davantage sur les marchés émergents, les petites capitalisations et les valeurs technologiques) et au contraire à se montrer très frileux dans leur allocation d actifs (privilégiant placements monétaires et obligataires) après une période durable de baisse des actions. Comme si la hausse rendait soudainement plus tolérant au risque et la baisse plus hostile à celuici. Dans un cas comme dans l autre, les changements réalisés vont à l encontre du profil défini à la création du portefeuille. Et font courir le risque d afficher des performances très décevantes dans le futur (en pâtissant fortement des corrections de cours et en bénéficiant trop peu des rebonds). Pour empêcher ces changements mal avisés de l allocation d actifs, le plus simple est de respecter scrupuleusement la stratégie fixée initialement. L idéal restant toutefois de la moduler dans un sens contraire à ses impulsions : augmenter la part des actions après une longue période de baisse et la diminuer après une longue période de hausse. Ce qu il faut retenir La préférence pour le présent pousse à reporter à plus tard l exécution de tâches coûteuses à court terme mais bénéfiques à long terme, par exemple épargner. Contraindre son comportement ex ante permet de s assurer de l adéquation entre le comportement présent et futur et les objectifs de long terme. Il ne faut pas regarder trop fréquemment son portefeuille pour ne pas prendre trop vite ses gains et, dans certains cas, vendre trop rapidement les placements dont le cours baisse. Le statu quo est confortable mais fait courir le risque que l allocation de l épargne dérive et que son profil de risque ne corresponde plus aux objectifs fixés initialement. Il vaut mieux évaluer ses placements régulièrement. On ne vend jamais au plus haut et on n achète jamais au plus bas. Il faut vivre avec ce regret et prendre ses décisions dans le seul but d optimiser les performances futures. L aversion aux pertes rend difficile de concrétiser ses moins-values mais c est souvent nécessaire pour réaliser de bonnes performances globales. Enfin, les investisseurs ont tendance à augmenter le risque de leur portefeuille quand les marchés actions sont déjà chers et à la diminuer quand ils ont beaucoup baissé. L idéal serait de faire exactement l inverse. 36

Grâce aux travaux des chercheurs en finance et en psychologie, on peut aujourd hui mieux comprendre les différences de comportements entre hommes et femmes en matière d épargne et d investissement. Et cela sans tomber dans les clichés. À chaque sexe ses caractéristiques et ses erreurs typiques. Différence n 1 : les femmes perçoivent et craignent davantage le risque que les hommes Il ressort des questionnaires que les femmes surévaluent par rapport aux hommes différentes sortes de risques. Par exemple, elles surévaluent la probabilité associée aux évènements négatifs (comme des attaques terroristes) ou encore les dangers liés aux comportements à risque (comme la consommation d alcool ou de drogues). Concernant les marchés financiers, les différences ne disparaissent pas : les femmes perçoivent en moyenne une volatilité et un risque de perte supérieurs à ce que perçoivent les hommes. Dans bon nombre de scénarii, lorsque le niveau de risque et les résultats à attendre sont donnés objectivement, les femmes sont aussi plus réticentes à prendre des risques que les hommes. Face à ce phénomène, les chercheurs avancent trois explications qui ont été confortées par des résultats empiriques. D abord, les femmes ressentent plus douloureusement les pertes que les hommes. Ensuite, elles éprouvent moins d excitation à l idée de prendre un risque. Enfin, elles craignent davantage que les hommes de prendre de mauvaises décisions et de devoir regretter ensuite. Ces caractéristiques se reflètent dans la propension des femmes à aller bien plus que les hommes vers les placements les plus sûrs et les plus consensuels et à privilégier comme stratégie le maintien du statu quo. Différence n 2 : les hommes sont plus optimistes que les femmes Dans les sondages sur les anticipations économiques et financières, les hommes apparaissent plus optimistes que les femmes, davantage pour les perspectives générales que pour leur propre situation financière. Les hommes sont aussi plus optimistes sur les perspectives des marchés financiers et sur le niveau de risque à attendre. Enfin, les hommes sont plus optimistes quand aux performances de la gestion collective : une majorité des hommes qui investissent dans des fonds 37

pensent qu avec ceux-ci il est possible de battre le marché à long terme, contre une minorité de femmes. Ce biais optimiste plus marqué chez les hommes se traduit dans leur plus grande participation aux marchés financiers, en direct ou via la gestion collective. Différence n 3 : les hommes ont plus confiance dans leurs qualités d investisseur que les femmes Au sein de la population, les femmes se disent en général moins connaisseuses que les hommes pour les questions financières. Chez les investisseurs, les hommes sont plus sûrs de leurs compétences que les femmes. Ce surcroît de confiance en soi observé chez les hommes est à rattacher à leur assujettissement au biais d autoattribution, lequel fait s approprier ses succès passés tout en rejetant la responsabilité de ses échecs en les plaçant sur le compte de facteurs extérieurs et incontrôlables. Forts de cette confiance (excessive) en eux, les investisseurs hommes recourent moins fréquemment aux services de conseillers financiers. Et affirment battre le marché bien plus souvent que ne le prétendent les femmes. Comme leurs portefeuilles sont plus risqués que ceux des femmes, cette affirmation est vraisemblable lorsque les marchés progressent. En revanche, une fois les différences de risque prises en compte, il ressort des études empiriques que ce sont les femmes qui affichent les meilleures performances en moyenne. La différence proviendrait en grande partie de l excès de trading qui caractérise la gestion masculine et qui engendre mécaniquement, un surcroît de frais par rapport à la gestion féminine, plus passive. L excès de confiance est sans aucun doute le principal défi auquel nombre d investisseurs masculins doivent faire face. Pour le mitiger, il leur faut contrôler leurs performances régulièrement afin de voir si la confiance dans leurs capacités est légitime. Il est aussi important de contrôler le risque du portefeuille lors des phases haussières car les bonnes performances ont tendance à alimenter l excès de confiance et à faire augmenter la prise de risque. Différence n 4 : les hommes prennent plus de plaisir à investir que les femmes Il ressort des questionnaires adressés aux investisseurs individuels que les hommes apprécient investir plus que les femmes, lesquelles sont plus nombreuses à vouloir y consacrer le moins de temps possible. Parmi les investisseurs qui débutent, plus d hommes trouvent le fait d investir amusant. À l inverse, moins de femmes trouvent qu investir est excitant ou même satisfaisant, et davantage considèrent que c est stressant, difficile et chronophage. En conséquence, les femmes regardent moins souvent leurs placements et passent moins de temps à comparer leurs performances à celles des 38

indices de référence. Pour les femmes, déléguer la gestion de leur épargne à des professionnels en investissant dans des fonds parait donc être une solution plus naturelle que la gestion directe d un portefeuille. Le risque attaché à ce comportement est un désintéressement par rapport à l allocation d actifs du portefeuille (l allocation est-elle toujours conforme aux objectifs de long terme?) et aux performances des différents placements (les fonds en portefeuille sont-ils performants au sein de leurs catégories ou faut-il en changer?). Différence n 5 : les femmes ont des allocations d actifs plus prudentes que les hommes Il se dégage un net consensus parmi les chercheurs pour dire que les femmes ont des allocations d actifs plus prudentes que les hommes. C est le cas notamment au sein des plans d épargne-retraite, dans les pays où ce sont les salariés eux-mêmes qui choisissent les supports sur lesquels investir leur épargne-retraite. En France, les études sur le patrimoine financier des ménages montrent que la proportion de femmes détenant des actions est moindre que chez les hommes. Deux remarques à cela. D une part, ces allocations d actifs différentes selon les sexes ne s expliquent pas uniquement par un écart de familiarité vis-à-vis des produits financiers. Les différences hommes/femmes diminuent certes mais ne disparaissent pas totalement une fois l expérience et le degré de connaissance des instruments financiers pris en compte. D autre part, il est paradoxal et problématique que ce soit les femmes, dont l espérance de vie est plus longue et les revenus plus faibles, qui aient l allocation d actifs la moins orientée vers les actions, placement qui est le plus rémunérateur à long terme. Le travail des conseillers et des intermédiaires financiers vis-à-vis de cette clientèle est donc de désamorcer leurs préjugés à l encontre des actions. Notamment en expliquant que leur forte volatilité sur courte période donne une vision faussée de leur risque à long terme. 39

Ce qu il faut retenir Dans des situations identiques, les femmes perçoivent davantage de risque que les hommes. Lorsque le risque et les récompenses sont clairement établis, elles sont aussi moins enclines à prendre des risques. Les hommes sont en moyenne plus optimistes que les femmes sur l état du monde, de l économie et des marchés financiers. Les hommes ont davantage confiance dans leurs qualités d investisseur. Pourtant, à prise de risque égale, ce sont les femmes qui affichent les meilleures performances en Bourse. Les hommes éprouvent également davantage de plaisir que les femmes à investir. Ces différents traits psychologiques font que les femmes ont des portefeuilles moins risqués que les hommes et font davantage appel aux conseillers financiers pour les guider. Les hommes gèrent leurs placements d une manière plus autonome et plus active. Ce tableau rapide aide aussi à comprendre les risques différents qui guettent les investisseurs hommes et femmes. Les femmes courent le risque d afficher de mauvaises performances à long terme à cause d une exposition trop limitée aux actions et de l absence de supervision de leurs placements. Les hommes, eux, sont vulnérables à un excès de trading et à une prise de risque exagérée dans certains environnements de marché. 40

Leçon 10 Parce qu il est difficile de gérer seul son épargne entreprise, des solutions automatisées ou de délégation existent pour faire coïncider la gestion de l épargne avec les objectifs de l épargnant. Ces solutions permettent de se prémunir contre les erreurs individuelles de gestion les plus fréquentes. La gestion selon convention Avec la gestion selon convention, les versements sont investis automatiquement sur les différents supports conformément à une allocation préalablement choisie. En conservant une même clé de répartition de ses capitaux dans le temps, la gestion sous convention évite à l épargnant des travers fréquents : succomber aux modes d investissement passagères, en raison du biais momentum, et de subir la correction d éventuels excès ; changer son allocation d actifs à contretemps des cycles de marché (vers plus d actions quand les actions ont déjà beaucoup progressé et inversement vers des placements plus sûrs quand les actions ont déjà beaucoup chuté) à cause d une perception du risque et d une tolérance au risque très dépendante du contexte de marché. La gestion profilée Dans le cas de la gestion profilée, les versements sont investis automatiquement sur le(s) fonds correspondant au profil d épargnant choisi par le bénéficiaire. La gestion profilée permet ainsi d éviter une allocation d actifs non conforme à son profil d investisseur, par exemple : une allocation trop prudente qui occasionnerait un manque à gagner important au terme de l horizon de placement ; une allocation trop risquée qui impliquerait une part de risque sur le capital au terme de l horizon de placement qui ne serait pas voulue par l épargnant ; une allocation d actifs qui engendrerait une volatilité excessive des performances à court terme, laquelle ne serait pas supportable par l épargnant, l obligeant à revoir son allocation et à procéder à des arbitrages avant l échéance de son plan. La gestion programmée retraite Avec la gestion programmée retraite, tous les versements du bénéficiaire sont investis automatiquement dans l allocation d actifs correspondant à son âge, et les avoirs sont progressivement désensibilisés par des arbitrages automatiques pour tenir compte de l approche de la retraite. L allocation d actifs passe ainsi progressivement d une allocation majoritairement en actions (pour les salariés les plus jeunes) à une allocation d actifs exclusivement investie en fonds obligataires ou monétaires quand la retraite est à portée de mains. Il s agit donc d éviter qu il y ait une discordance entre l allocation d actifs choisie par le bénéficiaire et son horizon de placement : une allocation trop risquée à l approche de 41

la retraite ou inversement une allocation trop prudente alors que l horizon de placement est encore lointain. Les Fonds à Maturité Cible Les Fonds à Maturité Cible reprennent le principe de la gestion programmée retraite, à la seule différence que les arbitrages se font dans ce cas à l intérieur d un même fonds. Le gérant fait évoluer progressivement l allocation d actifs du fonds vers de plus en plus de placements sûrs (obligataires et monétaires) à mesure que l échéance du fonds se rapproche. L avantage des FMC est le même que pour la gestion programmée retraite : assurer que l allocation de l épargne soit constamment conforme à l horizon de placement de l épargnant. À un avantage près : dans les FMC, le pilotage de l allocation d actifs se fait en continu et donc de manière plus fine que dans le cadre d une gestion programmée où les modifications visant la répartition du portefeuille sont opérées seulement à certaines dates-clés relatives à l âge de l épargnant. EN SAVOIR PLUS Exemple d une gestion programmée La gestion programmée permet d adapter l allocation de l épargne suivant la proximité ou non du départ à la retraite. Lorsque l échéance de la retraite est très éloignée, les sommes sont investies sur des fonds en unités de comptes à profil dynamique. À l approche de la retraite, les sommes sont investies sur des fonds en unité de compte de profil plus équilibré, puis sur le fonds en Euros. Ci-dessous un exemple avec un profil Équilibré pour un produit d Épargne Retraite dénommé article 83. Répartition de l épargne 100 % 70 % 60 % PROFIL ÉQUILIBRE HTLT HLT HMLT HMT AGR Fonds en Unités de Comptes Actions Obligations (et actifs monétaires) Fonds en Euros 30 % 25 30 35 42 50 55 58 65 Âge HTLT : Horizon Très Long Terme HLT : Horizon Long Terme HMLT : Horizon Moyen Long Terme HMT : Horizon Moyen Terme AGR : Actif Général Retraite 42

L épargne salariale et l épargne retraite, parlons-en simplement Service clients Épargne Retraite Entreprise : 09 70 80 80 57 (appel non surtaxé) Réf. : 961748 10/2012 - - SGI Rendez-vous sur www.ere.axa.fr Octobre 2012 AXA France Vie. Société Anonyme au capital de 487 725 073,50 e - 310 499 959 R.C.S. Nanterre AXA Assurances Vie Mutuelle. Société d assurance mutuelle sur la vie et de capitalisation à cotisations fixes - Siren 353 457 245 AXA Epargne Entreprise. Société Anonyme au capital de 23 052 792 e - 428 191 027 R.C.S. Nanterre Sièges sociaux : 313, Terrasses de l Arche, 92727 Nanterre Cedex AXA Investment Managers. Cœur Défense Tour B - La Défense 4-100, Esplanade du Général de Gaulle, 92400 Courbevoie. Société de gestion de portefeuille titulaire de l agrément AMF n GP 92-08 en date du 7 avril 1992 - S.A. au capital de 1 384 390 e. Immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Notaires sous le n 353 534 506 Entreprises régies par le Code des Assurances.