SPIROCHÈTES Bactéries de forme hélicoïdale, flexibles et mobiles (flagelles), NON visibles à la coloration de Gram 3 genres principaux - Leptospira : agents de la leptospirose - Treponema : agents de la Syphilis et des autres tréponématoses - Borrelia : agents des fièvres récurrentes et de la maladie de Lyme
TREPONEMA I. LE GENRE TREPONEMA A. Historique Origine de la Syphilis en Europe est controversée : - Introduite en Europe par l équipage de Christophe Colomb? Petite France = centre de soins des syphilitiques - En 1925 : 140 000 morts/an en France MST en recrudescence depuis quelques années B. Taxonomie - Culture Tréponèmes buccaux = non pathogènes, cultivables Treponema pallidum sous espèces : - Treponema pallidum subspecies pallidum agent de la syphilis - Treponema pallidum subspecies endemicum agent de la syphilis endémique non vénérienne (bejel, atteinte cutanée, Afrique du Nord sèche) - Treponema pallidum subspecies pertenue agent de tréponématose endémique non vénérienne (pian, atteinte cutanée et osseuse, Afrique tropicale humide) - Treponema pallidum subspecies carateum agent de tréponématose endémique non vénérienne (caraté, atteinte cutanée, Amérique Centrale et du Sud) Ces tréponèmes ne sont pas différenciables morphologiquement ni sérologiquement+++ Non cultivables in vitro. Multiplication in vivo sur testicule de lapin
II. POUVOIR PATHOGENE A. Syphilis de l adulte Après un rapport contaminant, incubation silencieuse de 3 semaines en moyenne Apparition d un chancre au point d inoculation, induré et indolore avec adénopathie satellite = syphilis primaire. "Guérison" spontanée (quelques semaines) due à la réponse immune locale Dissémination septicémique = syphilis secondaire : atteinte cutanée + polyadénopathie. "Guérison" (quelques mois) due à la réponse immune générale. Sérologie très (+). Atteinte nerveuse concomitante chez les sujets VIH (+). Phase de latence asymptomatique, sérologie (+) Syphilis tertiaire, dans 30 % des cas, sans traitement : cardiovasculaire, cutanée, osseuse, nerveuse. Sérologie très (+) B. Syphilis congénitale Transmission mère-enfant à partir du 4 ème mois Atteinte précoce mort fœtale Atteinte tardive atteintes osseuse, dentaire et oculaire III. EPIDEMIOLOGIE DE LA SYPHILIS Maladie strictement humaine Transmission par voie sexuelle, contagiosité importante Immunité non protectrice ++
Existe dans tous les pays. Afrique sub-saharienne et Asie du Sud ++ Recrudescence en Europe, homosexuels ++ IV. DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE A. Structure antigénique Antigènes cardiolipidiques (réagines) Antigènes tréponèmiques : spécifiques des tréponématoses B. Diagnostic direct Recherche de tréponèmes au microscope à fond noir dans les sérosités de toute ulcération génitale ou sur ponction ganglionnaire, avant tout traitement +++ Recherche de tréponèmes par amplification génique dans le liquide amniotique +++, décevant sur LCR A. Diagnostic indirect Repose sur la réalisation conjointe d un test de chacun des 2 groupes Antigènes anti-cardiolipides : Ac précoces (1 semaine après le chancre), non spécifiques (grossesse, lupus, dysglobulinémies, parasitoses, VIH, lèpre, hépatites virales). Recherchés par agglutination = VDRL (Veneral Disease Research Laboratory). Test sensible au traitement surveillance thérapeutique Antigènes tréponèmiques : spécifiques des tréponématoses :
- TPHA (Treponema pallidum hemagglutination assay) ou ELISA - FTA (Fluorescent Treponema antibody) - Test de Nelson (test d immobilisation des tréponèmes). Dernier test à se positiver. Anciennement test de référence. Abandonné actuellement. Recherche d IgM par FTA-IgM ou ELISA IgM = syphilis active. +++ durant les phases primaire et secondaire et dans les syphilis congénitales Neurosyphilis : recherche d anticorps dans le LCR et dosage comparatif LCR/sérum ++ B. Interprétation VDRL(-) et TPHA/ELISA (-) : syphilis exclue hormis contage très récent VDRL(+) et TPHA/ELISA (+) : syphilis probable. Rechercher des IgM VDRL(-) et TPHA/ELISA (+) : syphilis traitée probable ou latente VDRL(+) et TPHA/ELISA (-) : réaction croisée probable
V. TRAITEMENT A. Prophylaxie Rapports protégés Le dépistage systématique lors des examens prénuptiaux et prénataux n'est plus obligatoire La syphilis est de retour! B. Antibiothérapie Pénicilline G retard +++
LEPTOSPIRA II. LE GENRE LEPTOSPIRA A. Habitat Bactéries fréquentes dans la nature : sol humide, eau douce stagnante Infection fréquente chez de nombreuses espèces animales Réservoir naturel = rongeurs (excrétion urinaire), mais aussi animaux domestiques B. Transmission Transmission trans-cutanée, rarement muqueuse Le plus souvent par contact avec eau contaminée ou manipulation d'animaux contaminés. C. Structure antigénique 1 seule espèce pathogène = Leptospira interrogans, 23 sérogroupes, 130 sérovars. III. POUVOIR PATHOGENE A. Signes communs Incubation de 2 à 10j après traversée de la peau saine (dissémination des spirochètes) Apparition d'un syndrôme infectieux brutal + syndrôme algique ± signes méningés (méningite lymphocytaire à liquide clair) Rechute fébrile à J20
B. Leptospirose-ictérohémorragique Forme la plus typique et la plus sévère, mais peu fréquente ++ Au 5 ème jour, baisse de la fièvre et apparition d'un ictère avec atteinte hépatique et rénale. Evolution spontanée vers la résolution en 10 jours avec une rechute fébrile transitoire C. Autres formes Formes anictériques++, formes fébriles pures, pseudo-grippales, méningées pures IV. EPIDEMIOLOGIE Maladie professionnelle (égouttiers), marais, étangs et rivières Survenue le plus souvent durant l'été Transmission directe (animaux) ou indirecte (eau souillée)
V. DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE A. Diagnostic direct Phase aiguë fébrile = recherche par culture ou inoculation à l'animal, sur le sang et le LCR culture lente et difficile sur milieu spécifique à 30 C ou par PCR A la phase d'apyrexie (J5-J12), cultures rarement positives période "muette" Après J15 (atteinte rénale), recherche dans les urines fraiches (<1h) et alcalines +++ inoculation au cobaye ou PCR B. Diagnostic indirect Méthode la plus fréquente actuellement Dépistage = Réaction d'agglutination, pour tous les sérovars. ELISA dans l'avenir? Confirmation = Méthode de référence = Réaction d'agglutinationlyse (Martin-Pettit) pour les principaux sérovars Sérologie positive dès J7 ++. VI. TRAITEMENT A. Prophylaxie Vaccination, efficace seulement sur le sérovar ictero-hemorragiae Hygiène = port de protections, lutte contre les rongeurs, surveillance des plans d'eaux B. Antibiothérapie Pénicilline G ++, cyclines