Plan du chapitre «Milieux magnétiques»



Documents pareils
Plan du chapitre «Milieux diélectriques»

Les Conditions aux limites

Chapitre 7. Circuits Magnétiques et Inductance. 7.1 Introduction Production d un champ magnétique

Erratum de MÉCANIQUE, 6ème édition. Introduction Page xxi (milieu de page) G = 6, m 3 kg 1 s 2

DYNAMIQUE DE FORMATION DES ÉTOILES

I - Quelques propriétés des étoiles à neutrons

Contenu pédagogique des unités d enseignement Semestre 1(1 ère année) Domaine : Sciences et techniques et Sciences de la matière

TD 9 Problème à deux corps

MATIE RE DU COURS DE PHYSIQUE

Résonance Magnétique Nucléaire : RMN

Cours d électricité. Circuits électriques en courant constant. Mathieu Bardoux. 1 re année

NOTICE DOUBLE DIPLÔME

TP 7 : oscillateur de torsion

Différents types de matériaux magnétiques

Interaction milieux dilués rayonnement Travaux dirigés n 2. Résonance magnétique : approche classique

À propos d ITER. 1- Principe de la fusion thermonucléaire

Chapitre XIV BASES PHYSIQUES QUANTITATIVES DES LOIS DE COMPORTEMENT MÉCANIQUE. par S. CANTOURNET 1 ELASTICITÉ

Chapitre 11 Bilans thermiques

Introduction. Mathématiques Quantiques Discrètes

5. Les conducteurs électriques

PHYSIQUE-CHIMIE. Partie I - Propriétés de l atome

Cours d électricité. Introduction. Mathieu Bardoux. 1 re année. IUT Saint-Omer / Dunkerque Département Génie Thermique et Énergie

PHY2723 Hiver Champs magnétiques statiques. Notes partielles accompagnant le cours.

Travaux dirigés de magnétisme

Fonctions de plusieurs variables

Chapitre 7 : CHARGES, COURANT, TENSION S 3 F

Calcul intégral élémentaire en plusieurs variables

Rupture et plasticité

LES APPAREILS A DEVIATION EN COURANT CONTINU ( LES APPREILS MAGNETOELECTRIQUES)

Plan du cours : électricité 1

Cours de Mécanique du point matériel

Trépier avec règle, ressort à boudin, chronomètre, 5 masses de 50 g.

Chapitre I- Le champ électrostatique. I.1.1- Phénomènes électrostatiques : notion de charge électrique

Contrôle non destructif Magnétoscopie

Premier principe de la thermodynamique - conservation de l énergie

1 ère partie : tous CAP sauf hôtellerie et alimentation CHIMIE ETRE CAPABLE DE. PROGRAMME - Atomes : structure, étude de quelques exemples.

10 leçon 2. Leçon n 2 : Contact entre deux solides. Frottement de glissement. Exemples. (PC ou 1 er CU)

Test : principe fondamental de la dynamique et aspect énergétique

1 Définition. 2 Systèmes matériels et solides. 3 Les actions mécaniques. Le système matériel : Il peut être un ensemble.un sous-ensemble..

Quantité de mouvement et moment cinétique

!!! atome = électriquement neutre. Science et technologie de l'environnement CHAPITRE 5 ÉLECTRICITÉ ET MAGNÉTISME

PHYSIQUE Discipline fondamentale

PHYSIQUE 2 - Épreuve écrite

POLY-PREPAS Centre de Préparation aux Concours Paramédicaux. - Section Orthoptiste / stage i-prépa intensif -

Les correcteurs accorderont une importance particulière à la rigueur des raisonnements et aux représentations graphiques demandées.

SYSTEME DE PARTICULES. DYNAMIQUE DU SOLIDE (suite) Table des matières

Chapitre 2 : Caractéristiques du mouvement d un solide

Notice d Utilisation du logiciel Finite Element Method Magnetics version 3.4 auteur: David Meeker

Champ électromagnétique?

POLY-PREPAS Centre de Préparation aux Concours Paramédicaux. - Section Audioprothésiste / stage i-prépa intensif -

Chapitre 1 Cinématique du point matériel

Programmes des classes préparatoires aux Grandes Ecoles

Module d Electricité. 2 ème partie : Electrostatique. Fabrice Sincère (version 3.0.1)

L Évolution de la théorie d élasticité au XIX e siècle

Sujet proposé par Yves M. LEROY. Cet examen se compose d un exercice et de deux problèmes. Ces trois parties sont indépendantes.

DISQUE DUR. Figure 1 Disque dur ouvert

Programmation linéaire

Chauffage par induction

TS Physique Satellite à la recherche de sa planète Exercice résolu

THEME 2. LE SPORT CHAP 1. MESURER LA MATIERE: LA MOLE

Une réponse (très) partielle à la deuxième question : Calcul des exposants critiques en champ moyen

M HAMED EL GADDAB & MONGI SLIM

Propriétés électriques de la matière

Cours IV Mise en orbite

Problèmes sur le chapitre 5

Mario Geiger octobre 08 ÉVAPORATION SOUS VIDE

LES LOIS PHYSIQUES APPLIQUÉES AUX DEUX-ROUES : 1. LA FORCE DE GUIDAGE

Magnétisme - Electromagnétisme

Chap 8 - TEMPS & RELATIVITE RESTREINTE

M6 MOMENT CINÉTIQUE D UN POINT MATÉRIEL

Texte Agrégation limitée par diffusion interne

1.2 Coordinence. Notion de liaison de coordinence : Cas de NH 3. et NH 4+ , 3 liaisons covalentes + 1 liaison de coordinence.

Les moments de force. Ci-contre, un schéma du submersible MIR où l on voit les bras articulés pour la récolte d échantillons [ 1 ]

G.P. DNS02 Septembre Réfraction...1 I.Préliminaires...1 II.Première partie...1 III.Deuxième partie...3. Réfraction

CHAPITRE 2 : Structure électronique des molécules

Qu est-ce qu un ordinateur quantique et à quoi pourrait-il servir?

Cours 1. Bases physiques de l électronique

Photons, expériences de pensée et chat de Schrödinger: une promenade quantique

CONCOURS COMMUN 2010 PHYSIQUE

TABLE DES MATIÈRES CHAPITRE I. Les quanta s invitent

Nombres, mesures et incertitudes en sciences physiques et chimiques. Groupe des Sciences physiques et chimiques de l IGEN

Chapitre 0 Introduction à la cinématique

L électricité et le magnétisme

CHAPITRE IV Oscillations libres des systèmes à plusieurs degrés de liberté

Angles orientés et fonctions circulaires ( En première S )

Les indices à surplus constant

FUSION PAR CONFINEMENT MAGNÉTIQUE

Chafa Azzedine - Faculté de Physique U.S.T.H.B 1

OM 1 Outils mathématiques : fonction de plusieurs variables

La fonction exponentielle

Oscillations libres des systèmes à deux degrés de liberté

Chapitre n 6 MASSE ET ÉNERGIE DES NOYAUX

SUIVI CINETIQUE PAR SPECTROPHOTOMETRIE (CORRECTION)

Choix multiples : Inscrire la lettre correspondant à la bonne réponse sur le tiret. (10 pts)

SOCLE COMMUN - La Compétence 3 Les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique

Premier principe : bilans d énergie

La charge électrique C6. La charge électrique

- MANIP 2 - APPLICATION À LA MESURE DE LA VITESSE DE LA LUMIÈRE

Exercice 1. Exercice n 1 : Déséquilibre mécanique

Manuel de validation Fascicule v4.25 : Thermique transitoire des structures volumiques

Transcription:

Plan du chapitre «Milieux magnétiques» 1. Sources microscopiques de l aimantation en régime statique 2. Etude macroscopique de l aimantation en régime statique 3. Aimantation en régime variable 4. Les divers types de milieux magnétiques 5. Aspects énergétiques des milieux magnétiques Milieux magnétiques 1

Aimantation Le moment magnétique total dm d un petit volume dv permet de définir l aimantation du milieu : A/m M = d m dv A.m 2 Aimantation : Densité volumique de moment magnétique «M» car magnetization L aimantation M est une quantité macroscopique nivelée Sur le plan calculatoire, l aimantation M joue pour les milieux magnétiques un rôle analogue à celui joué pour les milieux diélectriques par la polarisation P Milieux magnétiques 2

Hypothèse d Ampère L expérience montre que certains milieux (milieux aimantés) peuvent être source de champs B important, au même titre que ceux créés par les courants qui circulent dans un conducteur Par exemple, un barreau aimanté produit un champ B dont la structure est identique à celle du champ extérieur d un solénoïde de même forme Hypothèse d Ampère : tout volume dv d un matériau aimanté se comporte comme une boucle de courant de moment : d m = M dv aussi bien du point de vue du champ B qu il créé que des actions mécaniques qu il subit M : aimantation Milieux magnétiques 3

Plan du chapitre «Milieux magnétiques» 1. Sources microscopiques de l aimantation en régime statique 2. Etude macroscopique de l aimantation en régime statique 3. Aimantation en régime variable 4. Les divers types de milieux magnétiques 5. Aspects énergétiques des milieux magnétiques Milieux magnétiques 4

Moment magnétique orbital atomique (1/2) Une particule de charge q, de vitesse v, décrivant une trajectoire fermée de surface S crée en tout point de l espace un champ B périodique Situation analogue à une boucle de courant parcourue par une intensité moyenne I = q/t, possédant un moment magnétique : m = I S = q T S Si on note r un point de la trajectoire fermée (C),le vecteur surface s écrit : S = 1 r dr 2 (C) Milieux magnétiques 5

Moment magnétique orbital atomique (2/2) On en déduit l expression de m : m = q 2 T r d r (C) dt dt = 1 2 T (C)( r q v ) dt On généralise ceci à tout mouvement, périodique ou non, tant que la particule reste localisée dans une région finie de l espace On écrira finalement que le moment magnétique orbital, associé à une particule chargée en mouvement, sera : m = 1 2 r q v <> représente la moyenne temporelle Milieux magnétiques 6

Moment cinétique orbital atomique On considère tout d abord un mouvement à force centrale. Le moment cinétique d une particule de masse m par rapport au centre des forces est une constante du mouvement : σ = r m v = Cste De même, le moment magnétique associé est constant : m = 1 r q v = q r m v = q σ 2 2 m 2 m Il y a proportionnalité entre le moment magnétique et le moment cinétique orbital. Le coefficient de proportionnalité est caractéristique de la particule Milieux magnétiques 7

Rapport gyromagnétique Pour un atome, la situation est plus délicate mais conduit au même résultat Cette propriété est tout à fait générale : les faits expérimentaux associent à tout moment cinétique σ (nucléaire, particulaire, atomique, moléculaire) un moment magnétique m tel que : m = γ σ γ : rapport gyromagnétique Milieux magnétiques 8

Modèle de Bohr Les e- de charge -e et de masse m e décrivent une orbite circulaire de rayon r autour du noyau On assimile chaque orbite à une spire parcourue par l intensité i = -e/t = -e ω/(2π) et on lui associe un σ moment magnétique : m = i π r 2 u z = e ω r2 2 Le mouvement orbital de l e- est à l origine d un moment cinétique : σ = r m e v = m e r 2 ω u z On a donc : m = u z Noyau Milieux magnétiques 9 z v Electron e σ γ e = e Pour des électrons dans une 2 m e 2 m e théorie classique m

L expérience confirme qualitativement l existence d un lien entre les moments cinétiques et magnétiques : Un corps dont on modifie l aimantation se met en rotation (effet Einstein-De Hass - 1915) Un corps mis en rotation s aimante (effet Barnett - 1914) Quantitativement, on observe plutôt pour des électrons : où g caractérise l état quantique et est appelé facteur de Landé m = γ e σ = g e σ 2 m e Milieux magnétiques 10

Effet Einstein-De Haas O Dispositif : un barreau cylindrique de fer doux (de moment d inertie I) suspendu à un fil de constante de torsion négligeable est soumis à B 0 parallèle à m Comme B 0 // m, le couple reste constant : σ sol : somme des moments cinétiques de chaque atome dû à la rotation autour de l axe σ el : somme des moments électroniques associés à chaque atome σ tot = 0 si initialement le barreau est immobile ω m σ tot = σ sol +σ el = Cste L apparition de B 0 modifie σ el = m/γ et sera compensé par la mise en rotation du barreau avec le couple σ sol = I ω = - m/γ Expérimentalement, on obtient pour γ le bon signe mais environ le double de la valeur prédite : c est le facteur de Landé! B 0 Milieux magnétiques 11

Facteur de Landé La MQ permet de calculer g : Elle prédit g = 1 (comme en classique) si les moments orbitaux sont seuls en cause Elle prédit g = 2 si seuls les spins sont en cause Les valeurs observées (entre 1 et 2) résultent d un mélange entre les contributions orbitales et de spin L électrodynamique quantique conduit pour des électrons à : g = 2 (1+ε) avec ε =1,159 652 4 10 3 en excellent accord avec les résultats expérimentaux. Ce test est à l heure actuelle le plus précis de toutes les théories fondamentales de la physique moderne Milieux magnétiques 12

Plan du chapitre «Milieux magnétiques» 1. Sources microscopiques de l aimantation en régime statique 2. Etude macroscopique de l aimantation en régime statique 1. Approche intuitive des charges d aimantation 2. Densités de courant équivalentes 3. Vecteur H 4. Exemple de la sphère magnétique. Champ démagnétisant 5. Relations constitutives 6. Séparation de deux milieux lhi 3. Aimantation en régime variable 4. Les divers types de milieux magnétiques 5. Aspects énergétiques des milieux magnétiques Milieux magnétiques 13

Aimantation uniforme La présence de moments magnétiques identiques est équivalente à un courant surfacique Milieux magnétiques 14

Aimantation variable y z x M z x > 0 J y = M z x < 0 La présence de moments magnétiques différents est équivalente à un courant surfacique auquel on superpose un effet volumique Milieux magnétiques 15

Plan du chapitre «Milieux magnétiques» 1. Sources microscopiques de l aimantation en régime statique 2. Etude macroscopique de l aimantation en régime statique 1. Approche intuitive des charges d aimantation 2. Densités de courant équivalentes 3. Vecteur H 4. Exemple de la sphère magnétique. Champ démagnétisant 5. Relations constitutives 6. Séparation de deux milieux lhi 3. Aimantation en régime variable 4. Les divers types de milieux magnétiques 5. Aspects énergétiques des milieux magnétiques Milieux magnétiques 16

Traitement analogue à celui des charges de polarisation liées. On considère le potentiel vecteur créé en Q par une aimantation M. Finalement : A (Q) = µ 0 4 π M n (Σ) ds + µ 0 r 4 π (D) P M r d 3 P Le potentiel vecteur est le même que celui créé par une distribution volumique et une distribution surfacique données par : s J m = M n et J m = M n Normale sortante Cette modélisation n est valable que si les distances d observation sont grandes devant l épaisseur de la couche sur laquelle les courants se répartissent (approximation dipolaire!) Milieux magnétiques 17

Exemple d un barreau cylindrique uniformément aimanté selon son axe u r u z i M u θ i M M M Aimantation uniforme selon Oz : J M = M = 0 et J M s = M u r = M u θ Interprétation : les éléments adjacents de deux «boucles de courant lié» sont opposés deux à deux. Seuls interviennent comme source de B et H les éléments de courant situés sur la surface du barreau qui constituent la nappe de courant surfacique Ces courants équivalents sont souvent appelés courants ampériens Milieux magnétiques 18

Les charges ainsi introduites sont les charges d aimantation Ce sont des charges liées, au même titres que les charges de polarisation Milieux magnétiques 19

Plan du chapitre «Milieux magnétiques» 1. Sources microscopiques de l aimantation en régime statique 2. Etude macroscopique de l aimantation en régime statique 1. Approche intuitive des charges d aimantation 2. Densités de courant équivalentes 3. Vecteur H 4. Exemple de la sphère magnétique. Champ démagnétisant 5. Relations constitutives 6. Séparation de deux milieux lhi 3. Aimantation en régime variable 4. Les divers types de milieux magnétiques 5. Aspects énergétiques des milieux magnétiques Milieux magnétiques 20

Le champ B engendré par une distribution comportant à la fois des courants libres et des dipôles magnétiques vérifie : avec. B = 0 On introduit le vecteur H : J lié = J M = M Dimension : [B] = MT -2 A -1 et [H] = [M] = L -1 A et A/m (MA) s écrit alors simplement : B = J libre + M B M µ 0 µ 0 B = µ 0 ( J libre + J lié ) H = B µ 0 M T A/m = H = J libre H. dl = I libre Milieux magnétiques 21

Quelques remarques sur B et H (1/2) On peut décomposer les champs B et H en deux termes produits par les courants (B I et H I ) et par l aimantation (B M et H M ) : B = B I + B M et H = H I + H M avec : H I = B I µ 0 et H M = B M µ 0 M H I est le champ créé dans le vide par les courants de conduction H M vérifie :. H M =. M et B H M = M M = µ 0 J lié J lié = car pas de 0 courant µ 0 µ 0 libre pour H M!! H M est donc irrotationnel (au contraire de H et H I ) Milieux magnétiques 22

Quelques remarques sur B et H (2/2) Les équations qui déterminent H M sont équivalentes aux équations qui déterminent ε 0 E d en fonction de la polarisation P qui crée E d H M peut donc parfois être déterminé par transposition d un problème analogue en électrostatique/diélectrique Milieux magnétiques 23

Quand utiliser B ou H? On utilisera plutôt H quand ne on connaît que les courants libres. Si on peut connaître les courants liés (donc M), on pourra utiliser B Dans le cas d une aimantation uniforme : M = 0 Milieux magnétiques 24

Importance de H L importance pratique de H dans l étude des milieux aimantés vient de son lien avec I libre, mesuré par les ampèremètres Pour les diélectriques, on a : D. ds = Q libre D est beaucoup moins intéressant que H car les voltmètres ne mesurent pas Q libre mais la charge totale : V 1 V 2 = 1 2 E. dl Milieux magnétiques 25

«Comparaison» entre matériaux diélectriques et magnétiques En négligeant les effets de bord E = 1 ε 0 ( D P ) B = µ 0 ( H + M ) Les charges libres ne sont pas affectées par la présence du diélectrique. Tous les vecteurs pointent vers la droite. Sans le diélectrique, E = D / ε 0. Avec le diélectrique, E est plus faible car les charges liées s opposent à l effet des charges libres La bobine crée H. Tous les vecteurs pointent vers la droite. Sans le milieu magnétique, B = µ 0 H. Avec le milieu magnétique, B est plus élevé parce que le champ des courants liés s ajoute à celui des courants libres Milieux magnétiques 26

Plan du chapitre «Milieux magnétiques» 1. Sources microscopiques de l aimantation en régime statique 2. Etude macroscopique de l aimantation en régime statique 1. Approche intuitive des charges d aimantation 2. Densités de courant équivalentes 3. Vecteur H 4. Exemple de la sphère magnétique. Champ démagnétisant 5. Relations constitutives 6. Séparation de deux milieux lhi 3. Aimantation en régime variable 4. Les divers types de milieux magnétiques 5. Aspects énergétiques des milieux magnétiques Milieux magnétiques 27

Exemple de la sphère uniformément aimantée (1/3) On a uniquement un courant superficiel : S J M = M n = M sin(θ) u ϕ On peut calculer le champ à partir du potentiel vecteur : A = µ 0 4 π Analogie électrostatique : on sait que E = u M r r dv = µ 0 M 2 4 π ρ u r 4 π ε 0 r dv 2 u r r 2 dv est le champ d une sphère uniformément chargée avec ρ uniforme. Le théorème de Gauss donne : r < a E i = D où : A i = µ 0 3 ρ r et r > a E e = 3ε 0 M r et A e = µ 0 3 M a3 r 2 u r ρ a 3 3ε 0 r 2 u r Milieux magnétiques 28

Exemple de la sphère uniformément aimantée (2/3) A i = µ 0 3 M r et A e = µ 0 3 M a3 r 2 u r On sait que le potentiel-vecteur d un champ B uniforme est A = 1 2 B r A l intérieur de la sphère : B i et H i sont uniformes B i = 2 3 µ 0 M H i = B i µ 0 M = M 3 A l extérieur de la sphère : Champ identique à celui d un moment magnétique B e = µ 0 4 π 3 ( m. u r ) u r m r 3 H e = B e µ 0 m = 4 3 π a3 M Milieux magnétiques 29

Exemple de la sphère uniformément aimantée (3/3) B i = 2 3 µ 0 M B e = µ 0 4 π 3 ( m. u r ) u r m r 3 m = 4 3 π a3 M Contrairement au cas d une sphère uniformément polarisée, ce sont ici les composantes normales de B qui sont continues Milieux magnétiques 30

Attention, l analogie entre E et H est purement mathématique L analogie avec les milieux diélectriques est une simple astuce mathématique pour remplacer un calcul d aimantation par un calcul de polarisation parfois plus simple D un point de vue physique, les champs E et B sont analogues, de même que les inductions D et H L existence d une analogie FORMELLE entre E et H a longtemps fait prendre H pour une grandeur fondamentale, par analogie avec E (D et B étaient mis en parallèle - et appelés induction électrique et induction magnétique) Milieux magnétiques 31

Champ démagnétisant Le champ H i créé à l intérieur d une sphère uniformément aimantée est : M H i = 3 On peut généraliser ceci et montrer que le champ H i est toujours de sens opposé à M. On l appelle parfois champ démagnétisant Expression malheureuse car elle ne supprime pas l aimantation Eviter d utiliser cette expression. Malheureusement, on la trouve dans pas mal d ouvrages Attention à garder en mémoire que c est B qui agit sur les dipôles magnétiques, et non H (qui n est concerné que par les charges libres) Milieux magnétiques 32

Généralisation à une géométrie ellipsoïdale Ellipsoïde : surface quelconque de l espace à 3D Le champ B créé par le milieu sera de la forme B i = µ 0 M µ 0 [ N] M où [N] est une matrice 3x3. Dans une base dont les axes coïncident avec ceux de l ellipsoïde, [N] est diagonale et on a N xx +N yy +N zz = 1 La sphère correspond à N xx = N yy = N zz = 1/3 d où B i = 2 3 µ 0 M Le cylindre est un ellipsoïde allongé (N xx = N yy = 1/2 et N zz = 0) : B i = µ 0 M H i = 0 Une feuille est un ellipsoïde infiniment aplati (N xx = N yy = 0 et N zz = 1) H i = M B i = 0 Milieux magnétiques 33

Plan du chapitre «Milieux magnétiques» 1. Sources microscopiques de l aimantation en régime statique 2. Etude macroscopique de l aimantation en régime statique 1. Approche intuitive des charges d aimantation 2. Densités de courant équivalentes 3. Vecteur H 4. Exemple de la sphère magnétique. Champ démagnétisant 5. Relations constitutives 6. Séparation de deux milieux lhi 3. Aimantation en régime variable 4. Les divers types de milieux magnétiques 5. Aspects énergétiques des milieux magnétiques Milieux magnétiques 34

Corps diamagnétiques et paramagnétiques (1/3) Milieux non aimantés en l absence de champ B qui acquièrent une faible aimantation sous l action d un champ B (milieux forcément linéaires) : Substance anisotrope M = 1 [ χ] B µ 0 [χ] : tenseur de susceptibilité magnétique Substance homogène et isotrope (SEUL CAS CONSIDERE DANS CE COURS) B M = χ m µ 0 χ m (ou χ s il n y a pas ambiguïté) est la susceptibilité magnétique (sans dimension) Homologue de P = ε 0 χ e E pour les diélectriques Milieux magnétiques 35

Corps diamagnétiques et paramagnétiques (2/3) Dans la (très) grande majorité des cas, χ m est très faible ( 10-5 pour les liquides et les solides et 10-9 pour les gaz) et négatif Corps diamagnétique Dans quelques cas (O 2, Na, AL, FeCl 3 ), χ m est un peu moins faible (valeur max 3x10-3 pour les cristaux de FeCl 3 ) et positif Corps paramagnétique Pour ces deux types de corps, on a : M << B µ 0 et H = B µ 0 M B µ 0 B On peut donc écrire M = χ m sous la forme µ 0 M = χ m H Pour des raisons Milieux historiques, magnétiques c est cette relation 36 qui est la définition «officielle» de χ m

Corps diamagnétiques et paramagnétiques (3/3) Le fait que χ m soit << 1 a une conséquence importante : le champ B créé par une substance magnétique (dia ou paramagnétique) pourra toujours être négligé devant le champ extérieur appliqué Pour les milieux dia et paramagnétiques, on ne fera pas la distinction entre champ appliqué, champ macroscopique et champ local (comme on l a fait pour les diélectriques) Milieux magnétiques 37

Corps ferromagnétiques Les propriétés magnétiques les plus intenses sont celles de quelques corps tels que le fer, le nickel, le gadolinium, etc.. Corps ferromagnétiques L aimantation d un ferromagnétique dépend de manière complexe du champ appliqué mais également du champ antérieur Il n existe pas de relation constitutive simple et unique reliant B à H pour un ferromagnétique Milieux magnétiques 38

Milieux lhi (dia ou paramagnétiques) Un milieu sera dit linéaire si : B = µ 0 H + M ( ) M χ m H B = µ H = µ 0 µ r H avec µ r =1+ χ m Perméabilité absolue Perméabilité relative µ r est très légèrement inférieur à 1 pour les diamagnétiques et très légèrement supérieur à 1 pour les paramagnétiques Cette relation est le pendant de ε r = 1 + χ e pour les milieux diélectriques Milieux magnétiques 39

Plan du chapitre «Milieux magnétiques» 1. Sources microscopiques de l aimantation en régime statique 2. Etude macroscopique de l aimantation en régime statique 1. Approche intuitive des charges d aimantation 2. Densités de courant équivalentes 3. Vecteur H 4. Exemple de la sphère magnétique. Champ démagnétisant 5. Relations constitutives 6. Séparation de deux milieux lhi 3. Aimantation en régime variable 4. Les divers types de milieux magnétiques 5. Aspects énergétiques des milieux magnétiques Milieux magnétiques 40

Equations de Maxwell dans les milieux magnétiques (non diélectriques). E = ρ tot ε 0 H = J libre E = 0. B = 0 Il ne suffit pas de connaître H = J libre et. B = 0 pour déterminer H. Il faut également connaître la relation constitutive entre B et H Attention : H n est pas nul en l absence de «ses» sources, les courants libres! Pour une sphère uniformément aimantée, on a J libre = 0 mais H i = - M / 3 Milieux magnétiques 41

Conditions aux limites (1/3) Surface de séparation entre deux milieux aimantés ou un milieu aimanté et le vide On note : Densité superficielle de courant libre sur la surface : Normale sortante du milieu magnétique : n 1 2 K libre En se basant sur des méthodes identiques à celles des milieux diélectriques ou du vide :. B = 0 B 2 n 1 2 = 0 B N2 = ( B 1 ). H = J libre n 1 2 B N1 ( H H 2 1 ) = K libre H 2T H 1T = K libre Milieux magnétiques 42 n 1 2

Conditions aux limites (2/3) B 2 ( B 1 ). n 1 2 n 1 2 = 0 ( H H 2 1 ) = 0 En supposant K = 0 Pour un milieu linéaire : B = µ H B 2. n 1 2 = B 1. n 1 2 H 2. n 1 2 = µ 1 H 1. n 1 2 µ 2 H 2 n 1 2 = H 1 n 1 2 B 2 n 1 2 = µ 2 B 1 n 1 2 µ 1 En supposant K = 0 Milieux magnétiques 43

Conditions aux limites (3/3) On a parfois (rarement) intérêt à utiliser la continuité de A : A 2 = A 1 Les conditions de passage sur E restent inchangés wrt au vide : E 2t = E 2 n 1 2 = σ tot E 1t ( E 1 ). ε 0 Milieux magnétiques 44

Réfraction des lignes de champ Pour une surface sans courant libre, on introduit les angles α 1 = ( n, B 1 ) et α 2 = ( n, B 2 ) (2) (1) n α 2 α 1 B 1 B 2 Les relations de continuité deviennent pour un milieu linéaire : B 1N = B 2N B 2 cos(α 2 ) = B 1 cos(α 1 ) H 1t = H 2t B 2 sin(α 2 ) = B tan(α 2 ) = tan(α 1 ) 1 sin(α 1 ) µ 2 µ 1 µ 2 µ 1 Caractérise la réfraction des lignes de B : plus µ augmente, plus les lignes de champ «se couchent» sur la surface de séparation : elles «préfèrent» passer à travers des milieux de µ élevé Milieux magnétiques 45

Exemple du champ d une bobine Les milieux de µ élevé canalisent les lignes du champ Noyau en «fer doux» Les lignes de champ se répartissent dans tout l espace Les lignes de champ sont canalisées dans le fer doux Milieux magnétiques 46

Plan du chapitre «Milieux magnétiques» 1. Sources microscopiques de l aimantation en régime statique 2. Etude macroscopique de l aimantation en régime statique 3. Aimantation en régime variable 1. Les équations de Maxwell 2. Une nouvelle forme pour u et R 4. Les divers types de milieux magnétiques 5. Aspects énergétiques des milieux magnétiques Milieux magnétiques 47

Cas général d un milieu quelconque Milieux diélectriques P : Densité volumique de moment dipolaire (polarisation) D = ε 0 E + P Charges liées (de polarisation) ρ P =. P et σ P = P. n Milieux magnétiques M : densité volumique de moment magnétique (aimantation) B = µ 0 ( H + M ) Charges liées (d aimantation) J M = M et J M s = M n Milieux magnétiques 48

Relations de Maxwell dans les milieux Deux relations intrinsèques au champ EM : E = B t. B = 0 Deux relations reliant les sources aux champs. E = ρ tot ρ tot = ρ libre + ρ P avec ρ P =. P ε 0 J tot = J libre + J P + J M avec J P = P B 1 E et c 2 t = µ 0 J tot t ou de manière équivalente :. D = ρ libre H D t = J libre J M = M Savoir refaire ce calcul Milieux magnétiques 49

Les champs fondamentaux sont E et B car ils vérifient les relations intrinsèques (aux champs) : E = B t. B = 0 Les champs D et H rendent compte, en moyenne, des contributions des charges et des courants du milieu par l intermédiaire de ρ et J (grandeurs moyennées) Ce système d équations a un intérêt essentiellement pratique Il n existe que peu (pas?) de milieux possédant à la fois P et M Milieux magnétiques 50

. D = ρ libre Conservation de la charge H = J libre + D t En prenant la divergence de (MA) : J liée = M + P t E = B t. J libre + ρ libre = 0 t. B = 0 (MG) (MA) (MF) (MΦ) Pour les charges liées : En prenant la divergence de J lié :. J liée + ρ liée t bien pour les charges libres que pour les charges liées (donc pour les charges totales également) et ρ liée =. P L équation de conservation de la charge est vérifiée aussi = 0 Milieux magnétiques 51

Plan du chapitre «Milieux magnétiques» 1. Sources microscopiques de l aimantation en régime statique 2. Etude macroscopique de l aimantation en régime statique 3. Aimantation en régime variable 1. Les équations de Maxwell 2. Une nouvelle forme pour u et R 4. Les divers types de milieux magnétiques 5. Aspects énergétiques des milieux magnétiques Milieux magnétiques 52

On cherche une nouvelle expression de u et R basée sur le formalisme en D et H, utilisant uniquement les charges libres Si u et R existent, ils doivent vérifier la forme locale de la conservation de l énergie :. R ʹ + u ʹ t = J libre. E Pour un lhi, on peut écrire : D = ε E et Déjà vu u ʹ = E. dd + H. db B = µ H u ʹ = d ε E2 2 + B2 2 µ On verra plus tard Milieux magnétiques 53

. R ʹ + u ʹ t = J libre. E u ʹ = d ε E2 2 + B2 2 µ L identité de Poynting pour un milieu magnétique devient :.( E H ) + E. D t + H. B t = J libre. E Elle est compatible avec la forme locale de la conservation de la charge si on pose : u ʹ = 1 E. D + H. ( B ) et R ʹ = E H 2 En présence d un milieu linéaire, on utilise plutôt u et R que u et R Milieux magnétiques 54