LE POSTE SANITAIRE MOBILE EN 2013 Dispositif sanitaire civil de renfort de l aide médicale urgente Nelly MOREL-STUM CSH 18 septembre 2013
Sommaire Le contexte historique L implantation sur le territoire français La doctrine d emploi Les PSM Les malles antidotes du PSM Le rôle du pharmacien
Principes Programme de Défense Sanitaire Civile Doctrine française de médecine de catastrophe Implantation des postes sanitaires mobiles en des points clés du réseau des SAMU-SMUR
Les partenaires Conception : Haut Fonctionnaire de Défense et de sécurité de santé auprès du ministre de la santé convention avec les établissements hospitaliers (donation) En 2013 : Gestion ministérielle transférée à l Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) Les établissements de santé aujourd hui propriétaires en assure la gestion, la maintenance et la mobilisation
Le financement La maintenance et le renouvellement de ces PSM relève des établissements de santé détenteurs à partir de crédits délégués sur une mission d intérêt général spécifique (MIG) Lettre orientation MIG DGS/ DGOS en date du 18 juillet 2012 validé CNP le 27 juillet 2012 visa CNP 2012-196 relative aux MIG pour la gestion des situations sanitaires exceptionnelles PSM1 : MIG n 3 «samu» PSM2 : MIG n 1 «acquisition et maintenance des moyens zonaux des ETS pour la gestion des risques liés à des circonstances exceptionnelles»
Les1ères acquisitions *Dans les suites des attentats du 11 septembre 2001, une politique d acquisition d antidotes, antibiotiques, antiviraux a été entreprise par le Ministère de la Santé (en complément d autres moyens ) *Répartition et pré-positionnement dans les PUI des établissements de santé de référence des zones de défense
Aujourd hui Nouvelle doctrine : non renouvellement de ces stocks regroupement au niveau national et zonal (plateformes de stockage) remplacement par des malles d antidotes/antibiotiques intégrées au sein des PSM : répartition plus large, proximité des sites à risque, diminution des temps de transport réponse précoce Eprus : Création d une commission «conduite et moyens sanitaires opérationnels», Eprus/ESR/ARS (Norcuron /Esmeron, actualisation de la composition des PSM ) Système d information partagé, Eprus/ES/ARS
Le contexte historique
Historique 1953 : Instauration de 410 postes de secours mobiles sur le territoire national (circulaire n 53 du 10 mars 1952) 1988 : Circulaire n DEF/554/SANT du 7 novembre 1988 relative à la restructuration et réactualisation des postes sanitaires mobiles de première génération (PSM1) 1989 : Circulaire n DEF/038/SANT du 19 janvier 1989 relative au poste sanitaire mobile de 2ème génération (PSM2) 1989 : Circulaire n DEF/321/SANT du 23 mai 1989 relative à la restructuration des postes sanitaires mobiles de première génération (PSM1) 1996 : Les postes sanitaires mobiles (PSM) sont créés par l arrêté du 24 décembre 1996
L implantation sur le territoire
L implantation Etablissements hospitaliers publics sièges de SAMU et/ou détenteurs de SMUR A ce jour 24 PSM2 et 109 PSM1 actuellement répartis sur le territoire national
En 2007 (88 PSM1 et 21 PSM2)
Doctrine d emploi
La chaîne de secours Sur le terrain : Le dispositif ORSEC nbses victimes (novi) À l hôpital : Le Plan Blanc
Le contexte Evènement exceptionnel : existence d un nombre de victimes suffisamment élevé pour constituer une situation d exception et nécessiter le renforcement des moyens habituels d un Samu
Plan orsec novi 12 octobre 2011 St-Médard (35) 6 urgences absolues 39 urgences relatives
La doctrine d emploi 1. Renforcer en situation sanitaire d exception et dans des délais très courts le potentiel d intervention de l Aide Médicale Urgente en pré-hospitalier 2. Renforcer les stocks pharmaceutiques d un établissement hospitalier > plan BLANC 3. Grand rassemblement (Couverture sanitaire des grands évènements) Circulaire n 274 DGS/ DUS/CORRUSS du 27 juin 2013 relative à l organisation territoriale de la gestion des situations sanitaires exceptionnelles
Grands rassemblements Prépositionnement de plusieurs PSM JO Londres 2012 G8 Deauville 2011
2013 : plan zonal de mobilisation (fiches ressources)
Le poste sanitaire mobile PSM
Le Poste Sanitaire Mobile de premier niveau PSM1 (1/3) 25 blessés graves Lot polyvalent = dotation de produits pharmaceutiques et de matériel médico-chirurgical conditionnée dans 11 conteneurs (300kg -1,4 m3) + 2 malles d antidotes/antibiotique «ANT» + équipements logistiques (remorque, tente, groupe électrogène mobile, lot de brancards et couvertures) Etiquetage standardisé
PSM1 (2/3) 11 malles avec un code couleur : bleu = ventilation rouge = perfusion, solutés vert = médicaments jaune = pansements, contention gris = petits matériels, divers marron = gros matériels
PSM1 (3/3) + 2 malles «ANT» (antidotes chimiques + antibiotique)
Le poste sanitaire mobile de deuxième niveau : PSM2 (1/2) 500 blessés graves pendant 24h 215 références (médic., DMS, matériels, ) 156 malles (5,5 tonnes - 25 m3 17 palettes) + 4 malles «ANT» Équipements logistiques identiques PSM1 + réseau tactique de radiocommunication + 1 palette désinfection
PSM2 (2/2) Modulaire : 4 lots polyvalents (1 lot polyvalent = 11 malles - 25 victimes graves) 2 lots principaux (1 lot principal = 56 malles - 200 victimes - 2T - 9 m3 6 palettes) + 4 malles «ANT» Les lots polyvalents sont au plus près de la catastrophe Les lots principaux servent au réapprovisionnement
L établissement hospitalier Assure la rotation des produits dans le cadre de sa consommation courante : pharmacie de l Hôpital en collaboration avec le SAMU/SMUR Assure la maintenance du matériel électrique (respirateurs, pousse-seringue électrique, ) : service biomédical L'ensemble des éléments le constituant est regroupé, au sein de l'établissement, en un lieu unique, accessible 24 heures sur 24. Disponibilité opérationnelle permanente
Quels produits de santé?
Le contenu Composition identique entre chaque PSM Contenu de la dotation médico-pharmaceutique du PSM : médicaments, DMS, DM à stériliser, matériels Listing national à double entrée - liste des produits par ordre alphabétique - liste des produits par catégorie
Par ordre alphabétique PRODUITS ET MATERIELS QUANTITE N de MALLE ADRENALINE injectable 5 mg / 5 ml 20 6 AIGUILLE POUR ANESTHESIE LOCO-REGIONALE 24 G 50 mm 10 6 AIGUILLE IM 0,7 à 0,8 mm x 40 à 50 mm (biseau long) 100 6 AIGUILLE IV 0,7 à 1,1 mm x 30 à 40 mm ( biseau court) 300 6 AIGUILLE SOUS-CUTANEE 0,4 x 25 mm ( biseau court) 100 6 AMIODARONE injectable 150 mg / 3 ml 6 6 AMOXICILLINE/ACIDE CLAVULANIQUE injectable 1 gr/200mg 50 6
Par catégorie PRODUITS ET MATERIELS QUANTITE N de MALLE ANALGESIE - SEDATION DIAZEPAM injectable 10 mg / 2 ml 30 6 MIDAZOLAM injectable 1mg /1ml 60 6 MORPHINE injectable 10 mg / 1 ml avec ou sans conservateur 30 à conserver en un lieu sécurisé et à réunir en un emballage unique en cas de mobilisation du PSM NALOXONE injectable 0,4mg / 1 ml 10 6 PARACETAMOL voie orale 500 mg 200 6 PARACETAMOL injectable 1 gr 24 6
Les malles ANTidotes
Aujourd hui 2 malles «ANT» par PSM1 4 malles «ANT» par PSM2 Conçues pour prendre en charge 15 victimes
Composition d une malle ANT Atropine sulfate 1mg/1ml Pralidoxime, Contrathion 2% Hydroxocobalamine,Cyanokit 5g Nacl 0,9% poche 100ml DMSA, Succicaptal 200mg 200 ampoules 80 flacons 15 kits 30 poches 60 gélules Ciprofloxacine, CIFLOX 500mg 24 comprimés
Risque C ex Plan Piratox cf fiches ANSM Spécialité ATROPINE sulfate amp. inj. 1mg/ml CONTRATHION Méthylsulfate de pralidoxime - amp. inj. CYANOKIT 5g hydroxocobalamine SUCCICAPTAL DMSA, succimer gélule 200mg Indications Neurotoxiques organophosphorés : -agents G -agents V Neurotoxiques organophosphorés : -agents G -agents V Pesticides organophosphorés Intoxication à l acide cyanhydrique, cyanogènes, et dérivés halogénés de l acide cyanhydrique Intoxication par le plomb et le mercure (chélateur de métaux lourds : augmente leur élimination urinaire) (+ Po (risque N,R) + hydrogène arsénié) En association au CONTRATHION En association à l ATROPINE 1 ère intention Voie orale
Risque B - ex Plan Biotox cf fiches ANSM Spécialité Indications Remarques CIFLOX comp ciprofloxacine -avant identification de l agent pathogène en cause -Charbon (anthrax Bacillus anthracis) -Peste (Yersinia pestis) -Tularémie (Francisella tularensis) 1ére intention
Et le risque N,R? Malles «ANT» aujourd hui dépourvues de radiodécontaminants et d iodure de potassium complétées à partir de 2014
Risque N,R ex Plan Piratome cf fiches ANSM Spécialité Indications Remarques Iodure de K Comp. 65mg Ca-DTPA amp. inj. 250mg/ml RADIOGARDASE Bleu de prusse gélule 500mg Arrêté 4 juin 2013 Contamination par iode radioactif contamination externe et interne par Plutonium, américium, curium, fer et cobalt contamination interne par césium radioactif Voie orale IV et voie cutanée Voie orale Thallium, indium, mélange de produits de fission
Contraintes d utilisation des Antidotes Connaître la nature de l agent Précocité du traitement => disponibilité Durée du traitement Modalités d administration compatibles avec : l urgence le nombre de victimes
Le pharmacien
Notre mission Anticiper mettre en œuvre le moment venu un ensemble de moyens adaptés à la nature de la crise Mettre en place un dispositif de veille Identifier notre mission et être entrainé à l exécuter dans le cadre des plans d urgence (formations, exercices)
Notre mission Assurer la gestion, l approvisionnement, éventuellement la délivrance des médicaments et des dispositifs médicaux stériles sur le site Assurer la traçabilité des dotations Concourir à la pharmacovigilance et à la matériovigilance Rédiger les procédures (ex: recenser les moyens humains et matériels, ) Connaître les plans et leur articulation entre eux Participer aux exercices Participer à la formation des intervenants potentiels (pharmaciens séniors, internes, PPH) Mener toute action d'information sur ces produits (fiches)
Le pharmacien en charge des PSM Métier de terrain à l interface entre la pharmacie, le Samu et l Etat : Niveau national : Eprus Niveau zonal : ARS zone, ESR Niveau régional et départemental : préfecture, ARS, autres ETS Niveau local : Samu, SDIS
En conclusion
Les points forts de ce dispositif La réactivité La modularité (fractionnement selon les besoins) La standardisation homogénéité nationale du dispositif L ancrage sur un dispositif du quotidien
Si l on peut en finir du passé avec l oubli, on n en finit pas de l avenir avec l imprévoyance. Hugues-Félicité Robert de Lamennais