Les divergences dominent le marché L euro a continué de glisser, pour la sixième semaine consécutive, face au dollar américain. Et cette baisse devrait continuer de s accentuer dans les prochains jours, d autant que la parité a atteint le niveau de 1,3200 lundi dernier. La semaine précédente fut marquée par le caractère haussier du dollar américain. La semaine actuelle n a, par ailleurs, pas si bien commencé pour l euro. Le procès-verbal de la réunion du FOMC de juillet a dévoilé un important message que n a pas nié Janet Yellen à Jackson Hole. Non seulement les membres du Comité ont constaté l amélioration de l économie américaine, mais ils ont remarqué pour la première fois (du moins, de façon aussi nette) le risque de maintenir des taux aussi bas pendant une longue période. C est un changement réellement radical dans le raisonnement de la Fed. Plusieurs fois dans le passé, le FOMC semblait sous-estimer le rythme de la reprise du marché de l emploi aux Etats-Unis. Ce n est plus le cas. La majorité des membres du FOMC sont désormais optimistes quant à l évolution économique aux Etats-Unis et ont d ailleurs rehaussé leurs estimations de l inflation pour les prochains mois. Ce changement radical a été implicitement validé par Janet Yellen. Par ailleurs, elle a de nouveau indiqué qu elle voulait représenter un consensus important lors de la réunion du FOMC. Notez que l USD a largement profité des chiffres immobiliers américains, récemment dévoilés, malgré les propos des «colombes» de la Fed. Nous restons donc haussiers sur l USD jusqu à ce que l USDX atteigne la valeur de 85. Seul un changement prochain dans l évolution économique américaine pourrait modifier cette situation. L euro reste sur la polarité inverse. L IFO allemand a glissé pour le quatrième mois consécutif (en août) et constitue l une des raisons centrales qui accentuent actuellement la baisse d EURUSD. Pour être tout à fait franc, les déceptions autour de l inflation ne semblent même plus d actualité : le consensus table sur une évolution annuelle de -0,6% en Espagne. Cette information est suffisamment terrible pour garder en tête les nombreux appels en faveur d un QE européen, mené par la BCE. La seule chose qui doit être actuellement considéré par les Bears est le niveau actuel des positions vendeuses sur le marché. En effet, ce niveau est le plus élevé depuis le milieu de la crise de l euro et peut provoquer un short-squeeze en cas d un IPC étonnamment positif. Przemysław Kwiecień PhD CFA Chef Economiste de XTB.
EURUSD, D1 Sur le graphique journalier de la parité, nous pouvons voir qu EURUSD a chuté sur son niveau de support crucial. Celui-ci est fixé par l expansion du Retracement de Fibonacci de 100%, autour de 1,3210. Techniquement, ce niveau peut être un tournant crucial et le marché peut entamer un mouvement correctif. Selon la théorie des vagues d Elliott, ce mouvement peut être considéré comme une vague 4. Le niveau-clé pour cette vague 4 est également fixé par le Retracement à 50% de la vague 3. Si ce niveau n est pas rompu, la cinquième vague devrait pousser le marché vers des niveaux encore inférieurs. GBPUSD, D1 Un rapide sell-off sur la livre Sterling a entrainé la parité vers une zone de demande qui peut inciter les Bulls à ouvrir des positions longues et à lancer une correction haussière sur le marché. Ce scénario est encore loin d être certain. Un mouvement sous la limite inférieure du canal baissier peut prochainement commencer et entrainer de ce fait un nouveau selloff sur la livre Sterling, ouvrant la voie vers le prochain support, situé à 1,6468. Si la demande défend les niveaux actuels, un rallye vers la limite supérieure du canal baissier demeure envisageable. USDJPY, D1 La demande a pris de l ampleur ces derniers temps, entrainant de belles avancées pour la parité. Si les Bulls percent la zone d offre aux environs de 104,00, la paire pourrait s élever rapidement jusqu à 104,70. Du point de vue technique, ce niveau peut aussi être un tournant et le marché peut évoluer vers la limite inférieure du canal haussier (en bleu)..
3/1/2004 10/1/2004 5/1/2005 12/1/2005 7/1/2006 2/1/2007 9/1/2007 4/1/2008 11/1/2008 6/1/2009 1/1/2010 8/1/2010 3/1/2011 10/1/2011 5/1/2012 12/1/2012 7/1/2013 2/1/2014 9/1/2014 3/1/1947 3/1/1950 3/1/1953 3/1/1956 3/1/1959 3/1/1962 3/1/1965 3/1/1968 3/1/1971 3/1/1974 3/1/1977 3/1/1980 3/1/1983 3/1/1986 3/1/1989 3/1/1992 3/1/1995 3/1/1998 3/1/2001 3/1/2004 3/1/2007 3/1/2010 3/1/2013 Forex Equities Options Quel élément peut stopper la hausse des marchés? Environ 480 sociétés comprises dans l indice S&P500 ainsi que toute la «meute» du DJIA ont déjà publié leurs rapports financiers pour le deuxième trimestre de l année civile. L occasion de porter des jugements sur l échelle macroéconomique est donc à saisir. Si nous nous concentrons sur les indicateurs de base, tels que la croissance des bénéfices en glissement annuel, nous pouvons dire que le deuxième trimestre 2014 fut l un des meilleurs à l occasion des deux dernières années. Nous pouvons d ailleurs admirer un résultat à deux chiffres : +10,3% (début juin, certains analystes de Wall Street tablaient sur +4,8% YoY). D autre part, nous avons eu un petit aperçu du «risque extrême» lié aux tensions géopolitiques sur les actions (nous avons développé ce risque lors de nos précédentes analyses). Ce risque fournit actuellement un peu de mouvements sur les marchés suite aux publications des entreprises américaines. Cependant, le marché se maintient sur une bonne voie et a récemment poursuivi son rallye haussier en touchant de nouveaux sommets historiques. Il est important de mentionner que le S&P500 a continué de progresser au milieu de la publication du procès-verbal du FOMC, bien qu il fut légèrement belliciste. A ce stade, nous devons nous poser la question suivante : que faut-il attendre pour que le train déraille? En d autres termes : comment le marché peut-il cesser d être haussier à Wall Street? L une des réponses possibles est l une des plus simples. En effet, si nous orientons notre attention vers le ratio des bénéfices des entreprises américaines face au PIB, nous pouvons conclure que 13% des parts seront difficiles à maintenir. Même si nous supposons que cette forte proportion continue de s accentuer, les bénéfices ne seront pas en mesure de croître plus rapidement que l économie, dont la croissance nominale est d environ 5-5,5%, et certainement pas autour de 10% comme le marché l attend. Le ratio des bénéfices des 500 plus grandes entreprises américaines face à celui de toutes les entreprises du pays vient de battre les records d avant-crise. Dans ce domaine, il sera difficile d atteindre une augmentation plus rapide des résultats de ces sociétés par rapport au PIB. A long terme, les bénéfices ne seront pas en mesure de maintenir un tel taux de croissance même si la situation économique continue de s améliorer aux Etats-Unis. L un des arguments des Bulls est que l indicateur P/E est proche de sa moyenne tronquée historique. Le deuxième tableau présenté dans cette analyse ne signale pas, en effet, une surévaluation massive. Le troisième graphique montre que les gains ont un rôle important dans la formation du marché haussier. Ces investisseurs supposent toutefois que la situation favorable va se maintenir (et se développer) lors des prochains trimestres tout en apportant un dynamisme dépassant une moyenne de 10% par an! (En d autres termes, la grande saison que nous venons de vivre (pour le deuxième trimestre 2014) serait la norme dans l avenir!) 14.0% 13.0% 12.0% 11.0% 10.0% 9.0% 8.0% 7.0% 6.0% 50 5 1900 1700 1500 1300 1100 900 700 Share of profits of American companies in the U.S. GDP S&P 500 P/E ratio and historical trimmed mean (50%) The S&P 500 and EPS $120.00 $100.00 $80.00 $60.00 $40.00 $20.00 $0.00 A moins que la situation géopolitique devienne hors de contrôle au niveau mondial, le marché ne devrait prochainement pas se retourner. Même la Fed ne devrait pas pouvoir renverser cette tendance. Si notre analyse est correcte, les investisseurs devraient petit à petit ne plus prêter trop d attention aux bénéfices des entreprises : ce sera alors le véritable tournant pour le marché. Mais nous ne pensons pas que ce tournant aura lieu d ici au moins deux mois, donc pas d ici le début de la prochaine saison des résultats des entreprises américaines.. S&P 500 12m TTM EPS
US.500 (S&P500 fut.), D1 Une autre semaine, un autre rallye. Si les prix continuent de progresser, la cible la plus proche peut être fixée par le niveau symbolique des 2 000 points. Si les Bulls brisent ce niveau, les contrats à terme du S&P 500 peuvent atteindre la limite supérieure du canal haussier. A moins qu un tel scénario ne se produise, nous devrions rester dans le range défini entre 1943 et 1984 points. La zone de demande principale est située près du niveau des 1920 points : niveau où les acheteurs peuvent encore dominer le marché et participer à la défense de cette zone. OIL, W1 Sur le graphique hebdomadaire du pétrole, on peut repérer que le prix se dirige vers un niveau de demande essentiel autour de 100 USD le baril. Le mouvement s est accéléré après la rupture baissière des 105 USD. Du point de vue technique, nous évoluons toujours au sein de la tendance baissière actuelle. Il semble que seul un mouvement au-dessus de la ligne de tendance rouge puisse changer notre vision baissière du marché, en nous faisant tabler sur une hausse du prix du baril. De nouvelles baisses peuvent permettre d atteindre la zone des 99,50-100 USD : il s agit, dans les faits, de la zone principale de demande en ce moment. GOLD, D1 - Sur le graphique journalier, nous pouvons voir que le contrat à terme de l or a poursuivi son évolution au sein de sa tendance baissière, depuis juillet. Le prix de l or a diminué au niveau de sa zone de demande principale. Ce prix est désormais fixé par les points bas d avril 2014. Techniquement, la continuation de la tendance baissière est probable cette semaine. Une nouvelle baisse est encore possible vers 1267 USD à court terme. Toutefois, si les Bears percent la limite inférieure du canal baissier, les contrats à terme peuvent tomber jusqu à 1240 USD..
Matières premières : La demande d or est en net recul Le prix de l or a à nouveau plongé en dessous du niveau de 1300 USD car le dernier procès-verbal du FOMC a montré que plusieurs membres du Conseil s orientaient vers un discours de plus en plus agressif, d un point de vue monétaire. Malgré les données solides publiées la semaine dernière quant au marché immobilier américain, les demandes de prestations chômage et les indices régionaux ont appuyé la hausse du dollar et ont donné aux Bears des arguments pour shorter l or. Pour empirer les choses (pour les Bulls), le World Gold Council (ou «WGC») a publié son rapport trimestriel sur les fondamentaux du marché de l or pour le deuxième trimestre 2014. Ce rapport indique une forte baisse de la demande d or au cours du précédent trimestre. Selon le WGC, la demande totale d or a chuté de près de 200 tonnes en glissement annuel. Le principal moteur de la baisse fut la faible demande en bijoux. Cet aspect est également vrai en Chine et en Inde où la demande en bijoux a enregistré un sérieux ralentissement. La Chine, notamment, ne parvenait pas (durant le deuxième trimestre 2014) à relancer son économie. Côté indien, le gouvernement a maintenu ses restrictions sur les importations de métaux précieux. 50 0-50 -100-150 -200-250 Changes in gold demand in Q2 2014 (tons yoy) Jewellery Industrial demand Bar and coins ETFs Central banks Total demand Selon le WGC, la demande totale d or a chuté de 200 tonnes en un an! La demande d investissement via les ETF a également montré des signaux de ralentissement, en comparaison avec les niveaux de demande de 2013. Les banques centrales ont néanmoins maintenu leurs achats massifs d or, notamment la banque centrale russe (sans surprise ). Les lingots et les pièces de monnaie en or ont enregistré une légère augmentation de leurs demandes respectives. Total known gold ETF holdings Par ailleurs, l offre en or (au niveau mondial) n a apporté aucune surprise de taille aux opérateurs boursiers. La production des mines d or a continué à augmenter, du fait d une explosion des investissements dans le secteur minier durant la période 2011-2012. L approvisionnement en or provenant de sources secondaires a légèrement baissé, d autant que la baisse des prix de l or décourage de nombreuses entreprises spécialisées dans la vente de fragments d or. Conclusions Nous restons baissiers sur les prix de l or, sur le long terme. La demande d investissement et la demande de bijoux sont actuellement en difficulté. L offre mondiale poursuit son rythme de croissance stable. Il n est guère possible, dans ces conditions, que le marché puisse trouver son équilibre près des niveaux actuels. Nous nous attendons à ce que les prix de l or continuent de baisser en direction des 1200 USD d ici la fin de l année. Les ETF détiennent encore près de 1600 tonnes d or, ce qui représente 37% de l approvisionnement annuel mondial. Sources: Bloomberg, WGC.