CONFERENCE DE PRESSE 5 e Edition FOIRE INTERNATIONALE DE BOBO DIOULASSO (FIBO 2015) EXPOSE LIMINAIRE 1 - Salutations Avant tout propos, au nom du Groupe de Recherche et d Appui au Développement Intégré (GRADI), promoteur de la Foire Internationale de Bobo Dioulasso (FIBO), au nom du Comité d Organisation de la FIBO, je voudrais saluer les plus hautes autorités du pays, les autorités locales, les opérateurs économiques, les services techniques, les instituts de recherche, et autres partenaires ; saluer la population bobolaise, toutes les populations du Burkina Faso, en particulier les producteurs agricoles, les transformateurs, les commerçants, les importateurs / exportateurs, les exposants partenaires privilégiés de la FIBO, et tous les acteurs du développement. C est avec une attention particulière que je voudrais vous saluer, vous les hommes des medias, nos partenaires et accompagnateurs de la FIBO. Sans vous, la FIBO est un échec ; grâce à vous, elle est un succès indéniable. De Bobo Dioulasso à New York, ou Honolulu, vous avez la capacité de faire connaître l évènement, d y attirer des foules, grâce à la magie de la communication, et de faire ainsi de la FIBO, la vitrine incontestée de l agroalimentaire. Dores et déjà, merci! La FIBO 2015 est l évènement qui nous rassemble aujourd hui. Elle aura lieu du 21 au 28 mars 2015, à Bobo Dioulasso, sur le site habituel de la SNC. Elle a été placée sous le signe de la coopération. Le thème est le suivant : La Coopération transfrontalière et internationale dans le secteur des produits agroalimentaires. 2 - Contexte / Justification de la FIBO 2015 : Pourquoi le choix de ce thème? 1
La 5 e édition de la FIBO se situe à la fin des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD, 2015). Le constat sur l atteinte des OMD est fort mitigé, car si la pauvreté semble avoir reculé dans le monde, cela n est pas du tout évident en Afrique ; bien au contraire, elle semble avoir gagné du terrain, notamment à la suite des crises successives que le monde a connues. Depuis l année 2008, l économie mondiale est marquée par la triple crise énergétique, alimentaire et financière, avec la flambée des prix des produits alimentaires et des produits pétroliers. L Afrique, en général, et l Afrique de l Ouest, en particulier, ont été frappées de plein fouet par cette crise qui s est traduite par des émeutes dites «de la faim» et des manifestations contre «la vie chère», montrant du même coup toute la dépendance extérieure de l Afrique. Les effets de ces situations ont été ressentis au niveau des éditions 2011 et 2013 de la FIBO, marquées par le constat d un «marché mou», lié à la faiblesse du pouvoir d achat des clients. Plus que jamais l Afrique a donc besoin de constituer de grands ensembles d intégration et de coopération, pour pouvoir tenir sa place dans une société de plus en plus mondialisée. Un peu d histoire. Au temps colonial, la question transfrontalière ne se posait pas comme c est le cas de nos jours, en Afrique ; la circulation des biens, des personnes, des capitaux et des services était libre, entre les colonies et la puissance coloniale, sans barrière aucune. Les fonctionnaires pouvaient être affectés d une colonie à une autre sans difficulté : il suffisait d être ressortissant d un territoire français, en ce qui concerne l Afrique de l Ouest Française et l Afrique Centrale; une situation comparable à celle de l espace Schengen aujourd hui en Europe. Au plan des transports, il y existait des compagnies de transport telles que la «Transafricaine» ou la «Transsaharienne». Un projet de chemin de fer «Dakar Niger» reliant le Sénégal, la Côte d Ivoire, le Mali, la Haute Volta et le Niger avait été envisagé, mais n a pas connu de réalisation. Depuis l avènement des Indépendances, des Etats se sont créés selon des frontières héritées de la colonisation. Il y eut un démembrement du grand empire français en Afrique. Chaque nouvel état 2
défendit farouchement sa souveraineté politique, protégea son économie au moyen de barrières douanières et policières. «Les difficultés auxquelles est confrontée l Afrique contemporaine ont pour cause principale l émiettement territorial du continent, dont la conséquence néfaste se manifeste par des économies nationales incapables de se développer pour des raisons géographiques, économiques et politiques Les frontières artificielles qui délimitent les territoires nationaux des Etats africains, répondant aux visées impériales des puissances coloniales, divisent des peuples que l histoire unit, partagent des régions que la géographie rapproche à tel point qu elles constituent des objets de différends et de conflits entre nombre d Etats africains» (id.245-246). Le Rapport sur le développement économique en Afrique 2009, publié par la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED), le 25 juin 2009, estime que l intégration économique des pays africains entre eux est insuffisante. Les exportations entre pays africains ne représentent que 9% des exportations totales du continent, soit le taux mondial le plus faible. Les marchés africains restent plus fragmentés qu ailleurs, selon le rapport qui ajoute cependant que les potentialités sont importantes. Actuellement, déjà, 20 pays envoient au moins un quart de leurs exportations vers le marché régional ; et les produits manufacturés y occupent une place importante (plus de 40%), alors que les exportations vers le reste du monde sont composées à 80% de matières primaires. Le commerce intra régional peut donc constituer un pôle de développement industriel et de diversification, affirme la CNUCED (L Express du Faso N 2572 du 09/07/09, p.12). Cependant ces Etats, conscients de leur fragilité, ont gardé le souci de coopérer. Une monnaie commune, le franc CFA (Communauté Financière Africaine), arrimée au franc français et toujours en vigueur, fut créée. Des blocs politiques et économiques, furent mis en place : l OUA, l UA, 3
l UEMOA, la CEDEAO Des compagnies de transport virent le jour : Air Afrique, la Régie des Chemins de Fer Abidjan Niger (RAN) L UEMOA et la CEDEAO travaillent toutes les deux à l intégration économique régionale et à la construction d un grand marché commun. La création de ces grands ensembles vise, entre autres, à : Créer un marché commun de libre circulation des personnes, des biens et des services, des capitaux. La seule façon d affronter la mondialisation du marché est celle de la coopération régionale. La coopération régionale est un impératif politique que personne ne conteste ; un petit pays pauvre et enclavé ne peut exister qu en participant, avec ses proches, à un ensemble de stature internationale. Les espaces transfrontaliers jouent une fonction de pivot dans la globalisation et dans l intégration régionale du fait qu ils peuvent représenter le lieu d intenses échanges commerciaux. Le Burkina est un pays enclavé, qui gagnerait à la mise en place de pôles d échanges avec les pays voisins. Un cas mérite d être souligné, c est celui de Bobo Dioulasso. De par sa position géographique favorable, Bobo Dioulasso est appelé à jouer le rôle d épicentre de la zone UEMOA, de plaque tournante, de plate forme de l intégration économique sous - régionale. La Zone SKBO (Sikasso, Korhogo, Bobo) constitue un pôle économique, un pôle d échanges entre le Mali, la Côte d Ivoire et le Burkina Faso. Les principales potentialités agro-pastorales sont : le coton, les céréales, les fruits et légumes et la viande. L espace SKBO se présente comme la plus grande zone de production cotonnière de l UEMOA (SNAT, p.223). La mise en œuvre de la coopération régionale entre les états voisins fait de Bobo Dioulasso un des grands atouts du Burkina dans le processus de développement de l Afrique de l Ouest. Il faut saisir cette chance, rattraper les retards accumulés depuis des décennies et s engager résolument vers un projet ambitieux Cela suppose un engagement fort de l Etat et des acteurs locaux sur un projet commun (id.303). 4
Bobo Dioulasso dispose déjà d un potentiel industriel très important (SN/CITEC, SOFITEX, BRAKINA ), de plateformes logistiques (Gare routière internationale, Port sec ), de la présence du rail (SITARAIL) et d un aéroport international (piste de 3.300m). La ville concentre également de multiples activités de recherche (INERA, IRSAT, CIRDES, OOAS) et de formation en matière agricole (CAP/Matroukou, IDR, UCAO), et elle a été choisie comme lieu d implantation de la plate forme fruitière du triangle Sikasso Khorogo- Bobo Dioulasso (SKBO) Cette agropolis pourrait devenir le centre pôle d excellence agronomique pour toute ou partie de l UEMOA (id.304). La position de plaque tournante de l aéroport international de Bobo Dioulasso peut faciliter les relations commerciales au sein de l espace SKBO. L exportation de produits périssables comme les fruits et légumes ou la viande fraîche pourrait être facilitée par la promotion du fret aérien. 3 - Objectifs de la FIBO 2015 Notre Vision est de Faire de la Foire Internationale de Bobo Dioulasso la Vitrine de la coopération transfrontalière et internationale dans le secteur des produits agroalimentaires; et de Bobo Dioulasso, l épicentre de la coopération transfrontalière en matière agroalimentaire. Notre Ambition est de Faire de Bobo Dioulasso un centre de transit des produits agroalimentaires transformés à destination des pays de la sous région par le port sec, la gare routière internationale, l aéroport international de Bobo, le chemin de fer... Notre ambition, c est qu un jour, ce soit à Bobo Dioulasso que l on fixe désormais le prix du coton, du sésame, du riz ; que viennent s y installer de grandes compagnies commerciales, des multinationales de l agroalimentaire, comme par le passé. 4 - Activités 5
Au programme, nous maintenons les activités habituelles, à savoir, les expositions, les conférences et séminaires, la remise des prix... Des innovations y sont également prévues, par exemple : les visites guidées de sites liées au thème, des échanges entre promoteurs de foires, un panel sur l aéroport international de Bobo Dioulasso, l établissement d un label des produits de la FIBO. D autre part, nous espérons aussi bénéficier de la journée continue. 5 - Invités A l intérieur, seront invités les autorités politiques, administratives et religieuses, les PTF. A l extérieur, nous comptons sur la présence de partenaires des pays voisins, notamment de l espace SKBO, et d ailleurs. 6 - Participants Notre objectif est de rassembler 350 exposants à cette édition, venant de toutes les régions du Burkina, et de tous les pays membres de l UEMOA et de la CEDEAO, et d au delà ; nous prévoyons également 100 000 visiteurs à la foire. Nous lançons un appel particulier aux institutions financières, aux entreprises industrielles, aux tables filières agropastorales, aux réseaux sociaux (sociétés de téléphonie mobile), aux transporteurs, aux opérateurs économiques, d une façon générale, pour une participation remarquable à cette édition. 7 - Mot de Conclusion La FIBO 2015 se déroulera dans un contexte particulier en Afrique de l Ouest, à cause de la menace de l épidémie de la fièvre à virus EBOLA. Nous souhaitons une meilleure santé aux malades d EBOLA, et une fin rapide de l épidémie. 6
Au Burkina Faso, nous sommes dans la période de transition qui a suivi l insurrection populaire. Nous demandons aux Burkinabè de participer massivement à la FIBO, afin que nous y célébrions la réconciliation et la paix. La FIBO est d abord l affaire des Burkinabè. Soutenons la de toutes nos forces, en y participant! Après cette édition, un appel sera lancé pour une contribution volontaire à la création d un Fonds de Soutien à la FIBO. Merci pour votre attention et votre compréhension! Le Président du Comité d Organisation Abbé André OUATTARA 7