Bovin viande biologique



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Transcription:

Bovin viande biologique Les points clefs Les fondements de l agriculture biologique Le lien au sol : les productions animales doivent contribuer à l équilibre des systèmes. Ainsi, l élevage hors sol est interdit, et l alimentation doit provenir en majorité de la ferme. La fertilité et l activité biologique des sols : la fertilité des sols doit être maintenue ou augmentée par la présence de légumineuses dans les rotations culturales et l incorporation dans le sol des effluents d élevage. Le bien-être animal : les animaux doivent avoir accès à des espaces en plein-air. En bâtiment, ils doivent disposer de suffisamment d espace pour se nourrir et se coucher, et d une ambiance adéquate. Les OGM sont interdits. La production animale Les pratiques d élevage L alimentation Les animaux sont nourris avec des aliments issus de l agriculture biologique. Au moins 60%* des aliments pour animaux doit provenir de la ferme ou, si cela est impossible, en coopération avec d autres agriculteurs biologiques de la région ou à défaut des régions les plus proches. (RA art. 19) Attention cependant au prix des céréales bio, qui peut être de 60 à 100% plus cher que le prix en conventionnel. Le prix des fourrages est assez équivalent, mais la disponibilité en bio est moindre. Une certaine autonomie alimentaire est une des garanties pour une conversion réussie!

Des aliments issus de terres en conversion peuvent être utilisés (RA art. 21) : Conditions 1 ère année de conversion Fourrages, Protéagineux (semés sur parcelles en conversion) autoproduits Possibilités Jusqu à 20%* 1 ère année de conversion Fourrages/céréales achetés Considérés comme du conventionnel donc 0%* 2 ème année de conversion Fourrages, Céréales autoproduits Jusqu à 100%* 2 ème année de conversion Fourrages, céréales achetés Jusqu à 30%* Au moins 60 %* de la ration journalière doit provenir de fourrages grossiers, frais, séchés ou ensilés. L alimentation des veaux doit se faire au lait maternel de préférence à d autres laits biologiques pendant au minimum 3 mois. Il est interdit de soumettre les animaux à un régime favorisant l anémie. (RA art. 20) Les matières premières d origine minérale, les enzymes et micro-organisme, levures, oligo-éléments et autres additifs ne peuvent être utilisés que s ils sont autorisés et présents dans les annexes V et VI du règlement RCE 889/08**. L utilisation d OGM, de facteurs de croissance et d acides aminés de synthèse est interdite. Les vitamines de synthèse de type AD3E sont interdites. *Tous les pourcentages sont des pourcentages de Matière Sèche ** Voir sur le site de l agence bio : http://www.agencebio.org/upload/rce_bio_889_2008_mod_mai_2011_annexes.pdf La finition Les bovins adultes destinés à la production de viande peuvent être engraissés à l intérieur pendant une période qui ne peut excéder 1/5 ème de leur vie et au maximum 3 mois. (RA art.46) Les condition de logement et d espace en plein-air Dès que les conditions climatiques et l état du sol le permettent, les animaux ont accès à des pâturages. (RA art. 14) Les animaux doivent disposer en permanence d aires d exercice qui peuvent être partiellement couvertes. Ces aires d exercice ne sont pas obligatoires si les animaux ont accès aux pâturages pendant la période de pacage, et si les installations d hivernage laissent aux animaux leur liberté de mouvement. (RA art. 14) Attention, les aires d exercices doivent être aux normes : elles doivent être étanches et les eaux de pluie souillées doivent être récupérées.

Les animaux doivent disposer d une surface en bâtiment leur garantissant confort et bien-être (voir tableau ci-dessous). (RA annexe III) Type d animal Poids vif (kg) Aire d exercice (m²) par animal Surface intérieure (m²) par animal Bovins reproducteurs et d engraissement 0-100 1,1 1.5 100-200 1,9 2.5 200-350 3 4 350 et plus 3,7 et au minimum 0,75 m²/100 kg 5 et au minimum 1 m²/100 kg Taureaux reproducteur 30 10 Les bâtiments d élevage ne sont pas obligatoires dans les zones où les conditions climatiques permettent aux animaux de vivre à l extérieur. (RA art.10) Les bâtiments d élevage bio disposent d une aération et d un éclairage naturel abondant. La température, l hygrométrie et la circulation d air doivent être adaptées aux animaux. (RA art.10) Au moins la moitié des surfaces intérieures minimales est construite en matériaux durs ( c est-à-dire pas de caillebotis ou grille). L aire de couchage est sèche et recouverte de litière (paille ou matériaux naturels). (RA art. 11) La paille utilisée pour la litière n est pas forcément bio. Seule la paille consommée par les animaux (dans les crèches) doit obligatoirement être bio. Il est interdit de maintenir les animaux à l'attache. Par dérogation, l attache des animaux est autorisée à condition qu ils aient accès régulièrement à une aire d exercice (au moins 2 fois par semaine). (RA art. 39) La santé du troupeau En élevage biologique, la santé du troupeau repose sur la prévention, sur le choix de races adaptées au milieu, sur la qualité de l alimentation, sur un logement adapté et sur l accès aux pâturages. L utilisation de vaccin est permise. En cas de maladie ou de blessure d un animal, les produits homéopathiques, issus de la phytothérapie et de l aromathérapie, ainsi que les oligo-élements sont utilisés de préférence aux médicaments de synthèse (allopathique). Si ces mesures se révèlent inefficaces, le recours à des produits (allopathiques) ou aux antibiotiques est autorisé sous la responsabilité d'un vétérinaire. Le nombre de traitements de synthèse (hors vaccin et traitement antiparasitaire) est limité à (RA art.24): trois par an et par animal dont le cycle de vie productive est supérieur à 1 an. un par an et par animal dont le cycle de vie productive est inférieur à 1 an. L utilisation de traitements allopathiques ou d antibiotiques à des fins de traitement préventif est interdite. (RA art. 23)

Les traitements antiparasitaires ne sont autorisés qu'à titre curatif. Il est indispensable de mettre en place toutes les mesures préventives disponibles pour éviter un usage important de ces produits et de justifier la nécessité d un traitement (analyses coprologiques, avis du vétérinaire ). (RA art.24) La Fédération Régionale des Groupements de Défense Sanitaire offre la possibilité de faire quelques coprologies gratuitement. Se renseigner auprès de votre vétérinaire ou GDS pour plus de détails. Les prophylaxies obligatoires sont autorisées et ne sont pas comptabilisées comme un traitement. (RA art.24) À la suite d un traitement allopathique, le délai d attente légal avant commercialisation des produits animaux est doublé. Dans le cas d absence de délai d attente légal, il est fixé pour l élevage biologique à 48 heures. (RA art. 24) La reproduction L insémination artificielle est autorisée en agriculture biologique mais les méthodes naturelles doivent être privilégiées. Les traitements à base d hormones (pose d éponges ) ne sont pas autorisés en bio, sauf dans le cadre d un traitement vétérinaire appliqué à un animal individuel. (RA Art.23) La gestion des animaux Identification des animaux Les animaux sont identifiés individuellement et de façon permanente au moyen de techniques adaptées, de la même façon que dans la réglementation nationale. (RA Art.75) Achat d animaux Les animaux biologiques naissent et sont élevés dans les exploitations biologiques. Il n est possible d introduire des bovins non biologiques dans l exploitation qu à des fins de reproduction et lorsque des bovins biologiques ne sont pas disponibles en nombre suffisant. (RA art.9) Des mâles reproducteurs peuvent être introduits quelque soit leur âge. (RA Art.9) Des femelles de renouvellement peuvent être introduites si elles sont nullipares et ne peuvent représenter plus de 10% du cheptel bovin adulte (40% dans des cas particuliers). Une période de conversion de 12 mois et en tout état de cause ¾ de leur vie est nécessaire avant qu elles ne soient bio. (RA art.9 et art.38) Si des veaux naissent pendant la période de conversion des mères, ils deviennent bio à la fin de cette période de conversion. (GL art.9 du RA) Mixité La présence d ateliers bio et non bio dans l exploitation est autorisée si : (RA art. 17) - Il s agit d espèces différentes - Les bâtiments et les parcelles utilisés sont clairement séparés

Mixité avec des troupeaux non bio : la transhumance Pendant la transhumance, les animaux peuvent être mélangés avec des animaux non bio s ils ne proviennent pas d un élevage «intensif». (RA art. 17) Si pendant les trois dernières années au moins, il peut être certifié que les terres n ont pas été traitées avec des produits non autorisés en bio, elles peuvent être pâturées par des animaux bio. (RA art.36) Le transport et l abattage Il faut réduire au minimum le temps de transport des animaux pour limiter leur stress. Les stimulations électriques et les calmants de synthèse ne peuvent pas être utilisés lors du transport, de l embarquement et du débarquement. Toute souffrance est réduite au minimum pendant toute la durée de vie de l animal, y compris lors de l abattage. (RA art. 18) Les mutilations L écornage des jeunes ne doit pas être effectué systématiquement, et ne peut être autorisé par l'organisme certificateur que sur demande justifiée de l'éleveur pour des raisons de sécurité ou d hygiène. Afin de limiter la souffrance des animaux, l'utilisation d'un analgésique et/ou anesthésiant est obligatoire. (RA art. 18) La production végétale Les cultures, surfaces fourragères, pâturages, parcours et aires d exercice extérieures doivent être conduits en bio. La période de conversion minimale pour les terres est de 2 ans avant d être en bio. (RA art.36) La fertilité des sols La fertilité et l activité biologique des sols sont préservées grâce aux rotations pluriannuelles, dans lesquelles sont incluses des légumineuses ou autres engrais verts. L épandage des effluents d élevage (ou de matières organiques) provenant de la production biologique permet aussi de renouveler la fertilité des sols. Si les besoins des végétaux ne sont pas couverts par ces pratiques, des engrais et amendements sont autorisés s ils figurent à l annexe I du règlement RCE 889/08**. L utilisation d engrais minéraux azotés est interdite. (RA art.3) La gestion des effluents La quantité totale d effluents d élevage utilisée par l exploitation ne doit pas dépasser 170 kg d azote par an et par hectare de SAU (soit un chargement de 2 vaches par hectare). (RA art.3) Ce qui revient à respecter la conditionnalité de la PAC. L exploitation peut importer des effluents d autres exploitations conduites de façon bio ou extensives, dans la limite des 170 kg d azote par an et par hectare. (RA art.3)

Les effluents de l exploitation peuvent être exportés, mais uniquement sur des surfaces menées en bio. Dans ce cas, un accord de coopération écrit doit être passé entre les deux exploitations. (RA art.3) Un éleveur bio qui possède encore des terres conventionnelles doit d'abord convertir ses terres conventionnelles pour épandre ses effluents d'élevage bio et si après la conversion de toutes ses terres non bio, il lui reste encore des effluents, alors il peut commencer à en exporter chez d'autres agriculteurs bio. (GL art 8 et 3 3 du RA) La lutte contre les maladies, les ravageurs et les mauvaises herbes La prévention est privilégiée : rotations culturales, choix d espèces et de variétés adaptées, procédés thermiques, et techniques culturales adéquates(binage, buttage, hersage, travail du sol ). (TC Art.12) Seuls les produits présents et autorisés à l annexe II du règlement RCE 889/08 peuvent être utilisés. (RA art.5) Les semences Seules les semences et le matériel de reproduction végétative biologiques peuvent être utilisés. Dans le cas où la semence bio n est pas disponible, des semences non bio et non traitées peuvent être utilisées. Le site www.semences-biologiques.org permet de connaître les disponibilités de ces semences et de demander des dérogations. Dans ce cas, la dérogation doit être validée avant d acheter les semences. (GL art.22 du TC) Attention, il faut prévoir à l avance ses semis, pour avoir le temps de demander la dérogation AVANT de commander les semences. La conversion La période de conversion est la période de transition entre l'agriculture conventionnelle et l'agriculture biologique. Durant cette période, l'agriculteur applique les règles du cahier des charges de l'ab mais ne peut pas valoriser ses productions dans la filière bio et doit donc les vendre en circuit classique. Conversion simultanée Dans ce cas, les animaux, les terres utilisées pour l alimentation des animaux et les pâturages sont convertis en même temps, au cours d une période de 24 mois. Cette conversion est applicable pour la totalité des animaux et leur descendance. (RA art.38) Conversion non simultanée Dans ce cas, les animaux sont déclarés en conversion lorsque les terres sont au moins en 2 ème année de conversion. En bovin viande, cette période dure 12 mois et en tout état de cause au moins ¾ de la vie en bio. (RA art.38) Attention à la date de conversion des animaux : ils ne doivent pas consommer plus de 20 % de foin produit en 1ère année de conversion.

Exemples Conversion simultanée : Début conversion terres et animaux 25/04/2010 25/04/2011 25/04/2012 Terres et productions animales en bio Conversion non simultanée : Début conversion terres Récoltes C1 Début conversion animaux Récoltes C2 25/04/2010 25/04/2011 25/04/2012 Conversion 12 mois Viande de bovins ayant vécu 12 mois et ¾ de leur vie en bio Pour les bovins viande, il est plus rapide de passer par l option conversion simultanée. Les démarches administratives de la conversion Une fois la décision prise, il faut s engager auprès d un organisme certificateur. À partir de ce moment, l exploitation est considérée en conversion, et doit suivre le cahier des charges de l AB. En parallèle, il faut se notifier auprès de l Agence Bio, puis éventuellement déposer la demande d aide à la conversion (au moment des déclaration PAC).

Le contrôle L organisme certificateur Les organismes certificateurs agréés et présents en PACA sont : - ECOCERT SAS (05 62 07 34 24) - CERTIPAQ anciennement ACLAVE (02 51 05 41 32) - QUALITE-France SAS (04 75 61 13 01) - SGS ICS (01 41 24 83 02) - CERTISUD (05 59 02 35 52) Le contrôle L organisme certificateur procède à une inspection physique au moins une fois par an sur l ensemble du système de production, complétée par des visites inopinées. Lors du contrôle, certains documents doivent pouvoir être présentés à l organisme certificateur (RA art.76): - Registre EDE - Cahier d élevage (entrées, sorties, alimentation, traitements vétérinaires) - Ordonnances vétérinaires - Garanties des fournisseurs (pour les achats d animaux et d aliments, autres intrants) : factures et justificatifs pour l AB (certificats, licence, étiquettes, fiches techniques) - Factures de vente d animaux ou produits animaux - Dans le cas d élevage mixte (bio et non bio), les unités de productions non bio sont soumises aux contrôles des organismes certificateurs Les références aux textes réglementaires sont indiquées entre parenthèses après chaque point. - RA renvoie vers le Règlement d Application (CE) n 889/2008. - TC renvoie vers le Tronc Commun de la réglementation, qui est le règlement (CE) n 834/2007. - GL renvoie vers le Guide de Lecture pour l application des règlements bio, validé le 1 er Décembre 2011.