I.ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE INTERNATIONAL Au cours de l année 2009, l économie mondiale est entrée dans une profonde récession qui a débuté à la fin de 2008. En effet, le taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial s est contracté, s établissant à -0,6 contre 3,0 p.c. l année précédente. L ampleur de la crise a été variable d un pays et d une région à l autre. Les pays avancés ont été les plus affectés (-3,2 contre 0,5 p.c.) par rapport aux pays émergents et en développement (2,4 contre 6,1 p.c.). TABLEAU 1 : CROISSANCE DE LA PRODUCTION MONDIALE(1) 2005 2006 2007 2008 2009 Monde 4,5 5,1 5,1 3,0-0,6 Pays Avancés 2,6 3 2,7 0,5-3,2 Etats-Unis 2,9 2,8 2,0 0,4-2,4 Zone Euro 1,7 2,9 2,7 0,6-4,1 Japon 1,9 2,0 2,3-1,2-5,2 Autres 3,3 3,9 4,7 1,7-1,1 Pays émergents et en développement 7,1 8,0 8,3 6,1 2,4 Afrique subsaharienne 5,8 6,1 6,2 5,5 2,1 Europe Centrale et Orientale 6 6,6 5,4 3,0-3,7 Communauté des Etats Indépendants 6,7 8,4 8,6 5,5-6,6 Asie 9,0 9,8 10,6 7,9 6,6 Moyen-Orient et Afrique du Nord 5,8 5,7 6,3 5,1 2,4 Amérique latine 4,7 5,7 5,7 4,3-1,8 (1): variations en p.c. du PIB à prix constants Source: FMI, World Economic Outlook, avril 2010 La crise économique, qui a trouvé son origine dans l ébranlement des marchés financiers en septembre 2008, a conduit les banques centrales et les gouvernements des pays industrialisés à intervenir pour contrecarrer la spirale à la baisse qui avait gagné la plupart de leurs économies. Ainsi dès le premier trimestre 2009, des signes de redressement ont commencé à apparaître. Les cours des actions ont remonté, gagnant près de 70 p.c. entre mars et décembre et la volatilité de ces dernières a été réduite de moitié sur la même période. Sur le marché monétaire et de capitaux, les primes de risque ont baissé 1
significativement et les émissions ont fortement augmenté. Par la suite, le climat des affaires dans l industrie et la confiance des ménages se sont améliorés, amorçant la reprise économique dans la plupart des économies. Cependant, les résultats obtenus sont variables d un pays et d une région à l autre. GRAPHIQUE 1 : EVOLUTION DE LA CROISSANCE DU PIB MONDIAL (en pourcentage) 6,0 5,0 4,0 3,0 2,0 1,0 0,0 1,0 2005 2006 2007 2008 2009 Taux de croissance 4,5 5,1 5,1 3,0 0,6 Aux Etats-Unis, à l exception des dépenses des collectivités publiques, toutes les composantes de la demande ont fléchi, particulièrement les investissements dans l immobilier résidentiel et dans les entreprises. Le PIB a commencé à augmenter au troisième trimestre suite aux mesures prises par les pouvoirs publics pour soutenir la reprise. Toutefois, la demande privée est restée atone et en dessous du niveau d avant la crise. En fin de compte, sur l ensemble de l année, la croissance économique a reculé de 2,4 p.c. alors qu elle avait progressé de 0,4 p.c. l année précédente. Au Japon, le taux de croissance du PIB a régressé davantage (-5,2 contre -1,2 p.c.). La demande intérieure est restée faible du fait de la réapparition de la déflation et de la persistance des excédents de capacité de production. La forte appréciation du yen a compromis le redressement des exportations qui ont nettement diminué avec la chute du commerce mondial. La zone euro a été l une des régions les plus touchées par la crise mondiale (-4,1 contre 0,6 p.c.). Elle a pâti des déséquilibres persistants tant budgétaire qu extérieur. En plus, le ralentissement du crédit et le repli de l activité dans le 2
bâtiment et travaux publics ont induit un effondrement de la production. Toutefois, vers le milieu de l année, des signes de reprise se sont manifestés en rapport avec le plan européen de relance économique adopté par les pays membres. En outre des interventions massives de sauvetage du secteur financier, ce plan prévoyait des ressources budgétaires destinées au renforcement du pouvoir d achat des ménages, à la promotion des investissements, notamment le secteur de la construction et de l industrie automobile et enfin au soutien du marché du travail. Les pays émergents et en développement ont été le moteur de la reprise. Dans les principaux pays émergents d Asie, la croissance de la production s est établie à 6,6 p.c. contre 7,9 p.c. La vigueur de la reprise en Asie est liée aux politiques monétaires et budgétaire expansionnistes et à la normalisation rapide des échanges internationaux. En particulier, la chine affiche le taux de croissance le plus élevé de la région (8,7 contre 9,6 p.c.) grâce à une forte demande intérieure soutenue par l investissement public surtout dans le domaine des infrastructures. Les pays émergents et en développement d Europe ont été durement affectés par la crise (-3,7 contre 3,0 p.c.). Les difficultés de financement extérieur ont entraîné une baisse prononcée de la production, particulièrement ceux qui avaient de gros déficits extérieurs courants. Les pays émergents de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) ont connu une forte baisse de la production durant la crise (-6,6 contre 5,5 p.c.). Ces pays ont été durement affectés par trois chocs : les turbulences financières qui ont nettement restreint l accès aux financements extérieurs, l effondrement de la demande sur leur marché d exportation et la chute des cours des principaux produits de base notamment le gaz, le pétrole et les métaux, qui sont des matières premières indispensables à la production et à l emploi dans la région. Les pays de l Amérique latine ont comparativement mieux résisté à la crise économique mondiale (-1,8 contre 4,3 p.c.). La mise en place des politiques économiques accommodantes a favorisé l essor de la demande intérieure tandis que leur système financier relativement sain a attiré des flux de capitaux étrangers. Les pays du moyen orient ont été relativement moins touchés par la crise (2,4 contre 5,1 p.c.) en raison de la reprise des prix des produits de base qui a favorisé la hausse de la production et des exportations. D autre part, les programmes de gestion des dépenses publiques ont joué un rôle majeur dans la reprise. Néanmoins, l activité économique a été entravée par la vulnérabilité du secteur financier et la 3
faiblesse du marché immobilier. En plus, la reprise timide en Europe pèse sur la croissance des exportations, les envois de fonds de l étranger et les recettes du tourisme dans de nombreux pays de la région. L Afrique subsaharienne a connu une décélération de l activité en 2009 (2,1 contre 5,5 p.c.) tout en faisant preuve d une forte capacité de résistance à la crise. Cette évolution est liée à la faible intégration des pays de la région à l économie mondiale mais également au fait que la crise a éclaté au moment où ces pays étaient dans de meilleures conditions sur le plan macroéconomique. Bien que les investissements directs étrangers (IDE) et les envois de fonds aient légèrement diminué dans la région, les flux de financement extérieurs publics ont augmenté grâce aux efforts déployés par les institutions partenaires pour accroître l aide face à la crise. L Afrique subsaharienne a également bénéficié du relèvement des prix des produits de base grâce à la reprise de la demande mondiale. Le commerce mondial s est fortement replié en 2009. En effet, alors qu il avait augmenté de 2,8 p.c. en 2008, le volume des échanges de biens et services a diminué de 10,7 p.c. en rapport avec la récession de l économie mondiale qui a suivi la crise financière internationale. Tout au long de l année 2009, la situation économique et financière mondiale s est progressivement améliorée et la volatilité des cours s est apaisée faisant plutôt place à un rebondissement. A partir du milieu de l année 2009, les cours du pétrole se sont redressés pour varier ensuite dans une bande allant de 70 à 80 USD le baril de brent, soutenus par la reprise de la consommation mondiale de pétrole. Les cours des métaux ont également amorcé une remontée en rapport avec la hausse de la demande surtout celle de la chine sous l effet des mesures de relance des investissements publics. A la différence des autres produits de base, les cours des denrées alimentaires ont connu une reprise modérée en raison de l importance de l offre et la faiblesse de la demande. Les tensions inflationnistes se sont apaisées au cours de l année 2009. L indice des prix à la consommation s est décéléré aussi bien dans les pays avancés (0,1 contre 3,4 p.c.) que dans les pays émergents et en développement (5,2 contre 9,2 p.c.). La situation sur les marchés financiers s'est nettement améliorée au cours de l année 2009. L intervention résolue des gouvernements et des banques centrales a permis d arrêter la spirale à la baisse et de relancer l activité réelle. Les gouvernements ont apporté des moyens financiers considérables pour renflouer les établissements bancaires en crise de liquidités. Les banques centrales quant à elles 4
ont abaissé leurs taux d intérêt directeurs, pour les ramener à des niveaux proches de zéro dans les pays avancés et en les réduisant sensiblement dans les pays émergents et en développement. De plus, elles ont amplement approvisionné les marchés interbancaires en liquidités et pris des mesures pour soutenir les marchés du crédit. Ainsi, Les marchés monétaires se sont stabilisés, les marchés d actions ont rebondi et le cycle du crédit s est redressé. Toutefois, la vulnérabilité du secteur financier a subsisté, les banques commerciales se trouvant dans l obligation de consolider d abord leurs fonds propres. Le marché des changes a été caractérisé par l affaiblissement de manière quasiment continue du dollar américain par rapport à la plupart des autres monnaies, s inscrivant en recul de 9 p.c. sur l ensemble de l année. L euro s est apprécié de 3,5 p.c. et la livre sterling de 10,6 p.c. vis-à-vis du dollar tandis que le yen japonais s est déprécié de 2,0 p.c. par rapport à la même monnaie. Pour sa part, la monnaie chinoise a été caractérisée par une stabilité tout au long de l année. La dette des pays émergents et en développement a continué à augmenter d une année à l autre. L encours s est établi à 4.805,5 contre 4.588,1 Mds de dollars, soit un accroissement de 4,7 p.c. Le stock de la dette de l Afrique subsaharienne a atteint 214,6 contre 206,3 Mds de dollars l année précédente. Les transferts nets de ressources en faveur des pays émergents et en développement se sont repliés de 242,0 Mds de dollars, soit -24,3 p.c., s établissant à 614,0 contre 856,0 Mds de dollars l année précédente. Ce recul a concerné aussi bien les transferts non générateurs d endettement (549,2 contre 674,3 Mds de dollars) dont les investissements étrangers directs (519,5 conte 650,5 Mds de dollars) que les emprunts (64,9 contre 181,7 Mds de dollars). Au sein de ces derniers, les emprunts auprès des créanciers officiels (72,5 contre 40,8 Mds de dollars) ont augmenté. Le groupe de la Banque mondiale a poursuivi sa mission de réduire la pauvreté et d améliorer les conditions de vie des populations des pays membres. A cet égard, il a financé des projets qui procurent des avantages à toutes les couches de la population des pays en développement, en particulier les pauvres en quête de nouvelles opportunités. Ces projets ont été orientés dans le commerce, les finances, la santé, la lutte contre la pauvreté, l éducation, les infrastructures, la gouvernance et le changement climatique. Au cours de l exercice 2009, les engagements de la Banque mondiale ont augmenté de 89,9 p.c., passant de 13.467,7 à 32.910,8 milliards de dollars pour la BIRD et de 11.234,8 à 13.995,2 milliards de dollars pour l IDA. 5
En vue de remplir sa mission de veiller à la stabilité du système monétaire international, le Fonds Monétaire International (FMI) a joué un rôle primordial pour assoir une riposte appropriée à la crise financière internationale. L institution a appuyé un large éventail de pays à couvrir leurs besoins de financement et à atténuer ainsi les conséquences économiques et sociales de la crise. Ainsi, le FMI s est adapté aux circonstances en mettant l accent sur la souplesse et sur la prévention des crises. Outre l engagement général de décaisser immédiatement davantage de financements, il a créé une ligne spéciale de crédit modulable permettant d accorder tout de suite et sans conditions des aides de montants élevés aux pays qui appliquent avec constance de bonnes politiques. En particulier, le FMI a injecté 250 Mds de dollars sous forme d une nouvelle allocation de DTS dans tous les pays membres en vue d accroitre la liquidité mondiale pour faire face à la crise financière internationale. De son côté, le Burundi a reçu de la Banque mondiale, une aide financière de 25 millions de dollars pour améliorer le fonctionnement du système de santé, 45 millions de dollars pour soutenir la reconstruction et un don de 15 millions de dollars pour le projet Transitoire de Démobilisation et de Réintégration d urgence. En juillet 2008, le Burundi a signé avec le FMI un accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) en vue de poursuivre le processus de stabilisation macroéconomique, réduire la pauvreté, promouvoir les réformes structurelles et renforcer la gouvernance. En janvier 2009, il a bénéficié d un montant de 6,6 millions de DTS au titre de la troisième revue de ce programme. De plus le Burundi a atteint le même mois le point d achèvement et obtenu une annulation de la dette dans le cadre de l Initiative de l Allègement de la Dette Multilatérale (IADM). * * * 6