L ORIGINE DU MOT «ZAÏRE»

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1 L ORIGINE DU MOT «ZAÏRE» Cet article qui cadre avec le cinquantenaire de l indépendance du pays de Lumumba et Kasa-Vubu, remet la pendule à l heure et tente de donner la vraie origine du mot «Zaïre», un des noms de la RD. Congo. Pour ce faire, l auteur 1 se réfère à l histoire et à la mémoire collective des deux peuples côtiers de l embouchure (Solongo et Woyo) et nous révèle le vrai nom du fleuve Congo. Son analyse lui porte à s interroger continuellement sur le rapport entre les langues bantu, particulièrement le kikongo, et les langues judéo-européennes, dites langues «anciennes». L article ouvre aussi une brèche sur l ancienneté de la démocratie en Afrique, contrairement aux idées reçues et relance le débat sur les modèles démocratiques importés et imposés au continent noir. Introduction Cette année, notre pays, la République Démocratique du Congo, célèbre son demisiècle d indépendance. C est aussi l occasion d approfondir notre connaissance sur les différentes appellations qu a connu le pays. Le présent article se focalisera sur le nom «Zaïre» que portait le pays durant le long et quasi interminable règne de Mobutu. Ce nom bat le record (26 ans : de 1971 à 1997) par rapport à l actuel appellation (Congo) qui était le nom donné par les pères de l indépendance. Tout le monde sait, de par les cours d histoire, que le nom «Zaïre» vient d une déformation par les portugais du nom par lequel les autochtones trouvés à l embouchure du fleuve Congo désignaient ce grand et majestueux fleuve. Nos manuels d histoire disent que c est «Nzadi» que les portugais avaient transformé en «Zaïre». Alors pourquoi revenir sur une affaire close et classée depuis des siècles? Rappelons-nous la remarque faite par l association des historiens du Congo- Brazzaville : «En 1482 Diego Cao découvre l embouchure du fleuve Congo. Ainsi commencent les manuels d histoire au Congo. A croire qu avant Diego Cao nous ignorions jusqu à notre propre existence et que depuis, nous serions trop paresseux ou pas assez savants, pour écrire notre propre histoire. C est cette anomalie que nous nous proposons de commencer à corriger [ ]. Car l histoire c est de la culture générale et sans elle, on est rien de plus qu un pauvre crétin» 2. C est justement à cette prise de conscience que l ambassadeur de la Suisse en RDC, Linus VON CASTELMUR, invitait les congolais lors du point de presse tenu à Kisangani, le vendredi 22 janvier 2010: «Il n y a aucun pays qui a été reconstruit par une puissance étrangère, par d autres pays. C est vous qui devez le faire, avec certainement l appui des autres». [ ] Vous avez des bras et des jambes, vous avez des mains, vous avez des cerveaux, je pense que ce pays doit se reconstruire, à travers, justement, la mobilisation des forces congolaises qui sont là, et je ne vois pas pourquoi, vous auriez besoin d entreprises européennes ou chinoises ou indiennes» Prêtre du Diocèse de Boma depuis le 13 août 1989, l Abbé Paul NZINGA N DITU est né le 1 er janvier 1961 à Moanda, en République Démocratique du Congo. Après 15 ans de ministère en paroisses et près les services sociaux de son diocèse (Coordinateur de Justice-Paix Développement, Directeur de la Caritas et du Bureau pour le Développement, Aumônier militaire et Économe diocésain) il réussira sa licence en Communication Sociale Institutionnelle à l Université Pontificale Santa Croce de Rome où il poursuit la recherche doctorale dans la même discipline. Cf. - Consulté le 24 février Cf. Consulté le 4 février 2010.

2 Poussant loin la réflexion, Jean Louis ERNEST KYAVIRO 4, exhortait les congolais, 50 ans d indépendance après, à quitter le berceau : «Le Congolais est la seule personne à développer demain la RDC. Ce ne sont ni les Chinois, ni les Arabes et encore moins les Français qui le feront à sa place [...]. Il faut que le Congolais puisse assurer la grandeur de la RDC, car ce n est pas à 50 ans que le Congolais doit continuer à rester dans le berceau. C est humiliant. Nous avons maintenant 50 ans. Quittons le berceau» 5. Désormais, il appartient à nous congolais d écrire notre propre histoire. Ma démarche consistera, dans un premier temps, à poser certaines questions sur ce que nous rapportent nos manuels d histoire à propos du mot «Zaïre». Quelle était l identité des autochtones rencontrés par DIEGO CAO et où a eu lieu cette rencontre? Ces deux petites questions auxquelles omettent de répondre bon nombre de nos manuels d histoire me semblent cruciales pour éclairer notre religion sur l origine du mot «Zaïre». Une fois répondu à ces questions, je me pencherai sur la nomenclature de l hydrographie chez ces peuples et la confronterai à celle transmise par l histoire écrite par les Occidentaux. À partir d une étude étymologique, j approfondirai, en dernier instance, certains termes de l hydrographie des peuples côtiers de l embouchure du fleuve Congo. Ceci sera ma modeste contribution aux recherches sur le proto-bantu et en profiterai pour poser à nouveau le problème du rapport entre les langues africaines et les langues judéoeuropéennes, souvent qualifiées de «langues anciennes». 1. Les peuples côtiers de l embouchure du fleuve Congo La rencontre de DIEGO CAO avec les autochtones de l embouchure du fleuve Congo s est effectuée en 1482 au cap Padron (Ponta do Padrão) à Soyo (Angola), juste en face de Banana, dans l ancien Royaume Kongo, pendant le règne de NZINGA A KHUVU. La population de cette zone est aujourd hui repartie entre l Angola (Soyo) et la République Démocratique du Congo (Moanda) ; il s agit du peuple Solongo, qui a dominé l histoire du Royaume Kongo depuis l arrivée des Occidentaux 6. Mais à côté des Solongo, vit un autre peuple qui appartenait au royaume de Ngoyo, vassal de Kongo. Ce peuple est aussi réparti entre l Angola (Cabinda) et la République Démocratique du Congo (Moanda) : les Woyo. Ces deux peuples, qui appartiennent à la grande famille koongo 7, sont les autochtones de la cité côtière de Moanda en RDC. Voici comment l histoire rapporte le premier contact de l explorateur portugais avec ces deux peuples voisins : «Le premier à réaliser un tel exploit fut Diego Cao qui en 1484 [sic] dépassa le Cap Sainte Catherine, dernière étape atteinte par les explorateurs du roi Alfonso du Portugal, et qui Député national, membre de l Alliance Majorité Présidentielle (AMP) et haut cadre de RDC/KLM Louis-Paul EYENGA SANA, Cinq questions à Jean-Louis Ernest Kyaviro - Consulté le 20 février En effet, de par sa position stratégique avec ses trois ports maritimes (Mpinda, Ambrizette, Ambriz), portes d entrée et de sortie avec l Europe, Soyo qui avant l arrivée des Occidentaux n était pas la province la plus importante deviendra la plaque tournante du royaume. Ni le roi, ni les Occidentaux ne pouvaient s en passer. J emploierai «koongo» comme adjectif (invariable) afin de le distinguer du substantif et des noms qui se rapportent au royaume, «Kongo», «Ba-kongo» eux aussi invariables ; à moins qu il soit question d une citation. 2

3 permettait d arriver jusqu au fleuve Congo, appelé Zaïre par les autochtones. Comme il naviguait non loin de la terre, il vit sur les deux rives une foule innombrable de Noirs dont le langage n avait rien en commun avec celui d autres régions qu il avait parcouru. S exprimant avec des signes, ces derniers lui firent comprendre qu ils étaient régis par un roi qui habitait très loin» 8. Ayant identifié les deux peuples côtiers de l embouchure du fleuve Congo, arrêtonsnous un moment pour savoir comment nomment-ils le fleuve, ses affluents et rivières, c està-dire une sorte de nomenclature hydrographique. 2. L hydrographie solongo et woyo En tant que riverains et insulaires, l hydrographie joue un grand rôle dans la vie des Solongo et Woyo. Aussi parait-il impérieux de savoir comment ces deux peuples désignent les différents cours d eau. Il y a lieu de rappeler, que la langue koongo met une nette différence entre l eau apprivoisée, destinée aux divers besoins de l homme (maza) et celle prise à l état naturel (nlàngu). L hydrographie se réfère au nlàngu et non au maza. De manière générale, les deux peuples côtiers désignent l océan et la rivière ainsi que les affluents et sous-affluents par le radical «m mu» avec ses variantes. Rivière, affluent et sous-affluent ont de part et d autre le même mot : Mwila. De même, la variante «m bú» qui vient probablement de «m mu a bú» (eaux bruyantes, le bú étant une onomatopée pour désigner le bruit) sert à identifier l océan ou la mer. C est au niveau du fleuve que les deux peuples semblent diverger. Les Solongo le désignent par Mwanza et les Woyo par Kwango Sekele. Jusqu ici on ne voit pas apparaître le terme Nzadi d où est issu Zaïre. Mais comment expliquer la différence à propos du fleuve qui est pourtant l élément vital commun aux deux peuples? terme. Pour répondre adéquatement à cette question je vais procéder par l analyse de chaque 2.1. La rivière : mwila Entre Solongo et Woyo, il y a un point de convergence dans la désignation de la rivière (Mwila), tout comme chez les autres sous-groupes koongo leur avoisinant (Kongo de Boma et Yombe). Mais plus on avance vers l est du Bas-Congo ce terme subit certaines transformations. Par exemple, au-delà de Matadi, la rivière est désignée par Kwilu. Le cas échéant de la station de la SNEL sur la route nationale numéro un, située entre Songololo et Kimpese, qui porte le nom de l affluent qui passe à côté, le Kwilu. Cet affluent du fleuve Congo traverse tout le district des cataractes et longe les plantations de la société sucrière, qui à ce niveau a la forme d une rivière ordinaire, parce que non loin de sa source : la rivière Ngongo. Cela se dit Kwilu-ngongo en langue koongo de cette contrée qui est aussi le nom de l agglomération. Plus loin encore, dans le Bandundu, un des affluents de la rivière Kasaï porte aussi le nom de Kwilu. Mais ce n est pas tout ; Kwilu désigne plusieurs rivières dans la région de l Afrique centrale : Kouilou Niari ou Niadi Kwilu, cette rivière de la République du Congo-Brazzaville qui se termine en fleuve côtier, puis Kwilu ou Cuilo en portugais, rivière de l Angola, affluent du Kwango. Ici encore, en voyant de près les choses entre Mwila et Kwilu, il n est pas exclu que nous soyons en présence de deux allophones de même phonème, le «M» et le «K». 8 M. DE LA HARPE, Compendio della storia generale dei viaggi, Formaleoni, Venezia, 1782, pp C est moi qui ai traduit. 3

4 Par contre dans le district de Lukaya, la rivière est désignée par N koko 9. Comment peut-on justifier un tel changement de terme? N koko vient du verbe «koka», trainer, entraîner. Ce verbe a donné deux substantifs : «n koko» et «kóka» ou «dikóka». «Kóka» signifie celui qui se traîne à même le sol pour se déplacer : paralytique. Par contre «n koko» a deux sens : la trace laissée par le passage du serpent (parce qu en se déplaçant cet animal se traîne à même le sol) et canal de drainage d eaux. Ce dernier sens de «n koko» s applique aussi bien à l agriculture qu en la protection de la base ou fondation des maisons en saison pluvieuse. Dans le domaine de l agriculture, le «n koko» est le canal creusé au tour de la plantation pour la protéger contre les inondations ou encore, en cas de pénurie d eau, les canaux creusés entres les quartiers d une plantation pour l irrigation. Ce terme a fini par désigner des ruisseaux et par extension des petites rivières que les Solongo rendent par «nzondo», c est-à-dire, une petite rivière qu on peu traverser par un saut, mieux un «cours d'eau naturel de moyenne importance» 10. Car même dans le Lukaya, les grandes rivières ou affluents ne sont pas désignées par «n koko», mais par leurs noms spécifiques, en l occurrence de Inkisi qui transverse la cité de Kisantu, affluent du fleuve Congo sur lequel a été construit le barrage hydroélectrique de Zongo Le fleuve : Mwanza - Kwango Les divergences entre Solongo et Woyo apparaissent dans la désignation du fleuve. Les uns l appellent Mwanza (Solongo) et les autres Kwango Sekele (Woyo) ou Kwango tout court. Comment expliquer un tel changement chez deux peuples voisins? Voyons un peu les choses de plus près et distinctement Mwanza Le terme Solongo Mwanza, a été repris par quelques historiens, dont Isidore NDAYWEL È NZIEM: «L illustre explorateur baptisa le fleuve dont il venait d atteindre l embouchure du nom de Rio Padrão. Mais ce fleuve qu on qualifiera également par la suite de Rio Poderoso (fleuve puissant) était tout simplement appelé Nzadi par les gens du pays. On usait également le terme de Mwanza, vocable qui semble être le nom spécifique du fleuve 11». Le terme spécifique par lequel les Solongo désignent la partie du fleuve qualifiée de «Rio Poderso» (fleuve puissant) par les portugais est «m mu a khukutu», fleuve avec un puissant courant d eau qui emporte tout sur son passage. «Khukutu» est un substantif du verbe «kukununa ou kokununa», un des verbes dérivés du verbe principal «koka» et signifie entrainer, emporter. Cette partie du fleuve se situe au point même de l embouchure et poursuit sa course jusque dans l océan atlantique. Du haut d un avion, on peut nettement distinguer les eaux du fleuve de celles de l océan. De même, en consultant l embouchure du fleuve Congo à l aide de Google Earth (Congo Canyon) on peut bien apercevoir la percée du fleuve dans l océan atlantique, marquée par une trace plus sombre. La puissance des eaux du fleuve s évanouit en deux directions : l une vers Pointe noire en République du Congo Brazzaville et l autre vers le Gabon. C est ainsi qu au niveau des cités côtières de Moanda (RD Congo) et de Soyo (Angola), les personnes qui se font emporter en tentant de traverser le fleuve quand il y a mauvais temps ou qui connaissent d avaries techniques, sont souvent récupérées à Pointe noire ou au Gabon L. DEREAU, Lexique Kikôngo-Français, Français-Kikôngo, Da Wesmel-harlier, Namur, 1957, p consulté le 23 mars I. NDAYWEL È NZIEM, Histoire générale du Congo: de l'héritage ancien à la République Démocratique, De Boeck & Larcier s.a., Paris Bruxelles, 1998, p

5 Mais peu avant le point d impact des eaux de l océan Atlantique d avec celles du fleuve (embouchure), il y a une large surface d eaux débordantes résultant du choc. À ce point, le fleuve donne l impression d une mer. D ailleurs DIEGO CAO en s approchant de l embouchure du fleuve Congo pensait découvrir une mer. Cette partie du fleuve, selon le témoignage jalousement conservé dans le livre de ma famille paternelle (manuscrit inédit) au village Kinsongo 12, est appelée par les Solongo «M bú a Mvemba» (océan ou mer de Mvemba). Ce nom, selon la tradition Solongo reprise dans le manuscrit de ma famille paternelle, fut donné par deux des neuf fils de MVEMBA A NLAU (NGALASA A MVEMBA et NSONGO A MVEMBA) qui étaient les chefs de fil des premiers occupants de la rive droite après l expédition militaire de l armée de la principauté de Soyo sur la province Ngoyo de Mamputu en C est à dessein qu ils le désignèrent par mer ou océan. En effet à cet endroit du fleuve constitué par les reflux des eaux débordantes du contact de deux courants - celui du fleuve puissant d au moins m 3 par seconde l emportant sur l océan - les vagues sont importantes et permanentes. En plus, le rivage est couvert d un sable fin et clair à l instar des plages de l océan atlantique des environs. On peut d ailleurs bien l observer avec Google Earth. «M bú a Mvemba» subira des transformations et deviendra Bulambemba, la fameuse île de l embouchure qui a longtemps servi de prison naturellement fortifiée où, même si l on réussissait une évasion, on ne pouvait en aucun cas échapper aux redoutables requins et crocodiles qui rodent dans les parages. Plusieurs personnalités politiques congolaises y étaient incarcérées. Patrice Emery LUMUMBA y aurait transité avant son transfert de Kitona au Katanga 14. À part LUMUMBA l île avait accueilli d autres prisonniers politiques aussi bien du temps colonial qu après l indépendance. Je pense par exemple au roi KALAMBA TSHIKOMO et à l écrivain Paul TSHIBAMBA LOMAMI pour avoir défié l autorité coloniale belge, à Antoine KIZENGA (du 2 février 1961 au 26 juillet 1964) 15 et à Cléophas KAMITATU MASSAMBA qui y passera 5 ans de réclusion en application de la décision de la cour du procès dit des «conjurés de la Pentecôte» (2 juin 1966). Pour rappel, cette cour décida l exécution publique du pont Caby (l actuel pont Kasa-Vubu, près du stade des martyrs à Kinshasa) où furent pendus quatre politiciens (Emmanuel BAMBA, Alexandre MAHAMBA, Evariste KIMBA et Jérôme ANANY) pour «complot contre l Etat» 16. Tout comme en français, «mwanza» le mot par lequel les Solongo désignent le fleuve, a aussi un usage allégorique pour désigner l abondance. C est le cas de la «mwamba», la sauce obtenue à partir des noix de palme. «Mwamba» provient de «m mu a mbá» rivière ou fleuve de noix de palme, mieux fleuve obtenu à partir des noix de palme. Cette sauce est toujours abondante. C est pourquoi, Kinsongo est le village le plus important de la Collectivité Assolongo dans le territoire de Moanda. Il s étend sur une longueur de près de trois kilomètres et est réparti en béló (quartiers). Chaque quartier porte le mon de l ancêtre qui s y est installé premier. Ce village est tellement long que même le roi Baudouin, lors de sa visite en 1955 n avait pas fini à le parcourir. Ceci n a pas manqué de créer des heureux à côté des aigris. Ainsi lors des querelles, ceux qui appartiennent aux quartiers parcourus par le roi, se moquent souvent des autres en leur disant : ku béló kienu, Baudouin alwaka e? (Le roi Baudouin avait-il foulé le sol de votre quartier?). Cf. HABI BUGANZA MULINDA, «Aux origines du royaume de Ngoyo», in Civilisations [En ligne], , mis en ligne le 29 juillet 2009, consulté le 21 février 2010.URL: Cf. JOHANNES FABIAN, Remembering the present: Painting and popular history in Zaire, University of California Press, Los Angels, 1996, p Synthèse Biographie de M. Antoine Kisenga, Leopoldville, août 2005, p Consulté le 21 février Cf. C. KAMITATU, La Grande Mystification du Congo-Kinshasa. Les Crimes de Mobutu, Maspero,

6 quand il faut nourrir plusieurs personnes, on préfère préparer avec la «mwamba». Pour caractériser cette abondance, la langue yoombe l a immortalisée dans un proverbe : «mwamba buku, wuba nwa», la sauce obtenue à partir des noix de palme contenant des champignons, consommez-la à satiété. C est un peu de la soupe populaire. Ce proverbe yoombe contient deux produits qu on trouve toujours en abondance dans la nature : le champignon et les noix de palme. En réalité ce proverbe souligne une triple abondance : celle du fleuve («m mu»), des noix de palme («mbá») et des champignons («buku»). La langue solongo est l une des rares dialectes koongo qui conserve encore la terminologie ancienne de la noix de palme, mbá, qu on retrouve aussi chez les Mongo de l équateur. D une façon générale, en langue koongo, pour obtenir le nom d un arbre on part de son fruit : par exemple la mangue (manga) a comme arbre n ti manga ou m manga, le manguier ; lólo (la papaye) a comme arbre n ti lólo ou n lólo, le papayer, etc. Mais quand on arrive au palmier, cette règle ne semble pas s appliquer. Car la plupart des dialectes koongo désignent le palmier par diba ou diya et la noix de palme, fruit de cet arbre, par ngazi. Seule le solongo désigne la noix de palme par mbá. Comment expliquer une telle situation à propos du palmier que la cosmogonie koongo tient pour l arbre divin qui serait à l origine de la différentiation des sexes, un peu comme dans le récit biblique de la chute? 17 Mbá est un terme ancien, donc original, qu on ne retrouve presque plus dans plusieurs dialectes koongo. Le terme par lequel ces dialectes désignent la noix de palme est «ngazi», qui en réalité désigne plutôt la substance onctueuse mieux la graisse ou l huile pâteuse obtenue en pressant le pouce sur la noix de palme. En effet, ngazi dériverait de ngrasia zimba, graisse ou huile de palme. Ngrasia serait une déformation koongo de l espagnol grasa (graisse) dérivé du bas latin crassia. D ailleurs, la langue yoombe a gardé une expression qui témoigne de cette étymologie : «nlemvo ngazi», onction d huile de palme. De même le cerceau qui permet de grimper sur le palmier pour en cueillir les fruits, le nkozi, viendrait de nkongolo a zimba, car cercle ou cerceau se dit nkongolo en langue koongo. Ainsi l arbre palmier, diba ou diya, donne comme fruit le mbá et non le ngazi. Le 17 «À une époque très reculée, vivait, dans l univers, Mahuungu bruit du vent, Etre unique, complet, total, parfait et clos. En parfaite harmonie avec toutes les créatures, il menait une vie joyeuse et heureuse, une vie qui ne connaissait pas la souffrance et la douleur. Il possédait tous les pouvoirs et toutes les forces contraires. Il pouvait grâce à son souffle violent provoquer une tempête ou un ouragan ou encore une douce et apaisante brise. Il pouvait créer, faire naître et détruire, faire mourir. Mahuungu était un être asexué ou plutôt un hermaphrodite : il n était ni homme, ni femme. Un jour, Mahuungu vit germer près de son habitation un arbre: connu sous l arbre divin, ňti a Nzambi. Cet arbre, on l appelle aujourd hui diya palmier. Un autre jour, Dieu tout puissant Nzambi a Mpungu interdit à Mahuungu de s en approcher et de le toucher. Mahuungu a obéi pendant quelque temps, mais un jour il ne résista plus, s approcha du palmier et le contourna. Aussitôt, l Etre unique et complet se scinda en deux et devint deux entités distinctes : Lambu homme et Munzita, femme. Aussitôt, la souffrance s insinua dans ses deux entités : alors le sentiment d être contingent ou de n être pas complet s imposa à eux. L homme voulut retrouver les attributs féminins qu il avait quittés et de même la femme voulut retrouver les attributs masculins qu elle avait perdus. Alors, ils tinrent une réunion au cours de laquelle ils décidèrent de contourner à nouveau l arbre divin en sens inverse et dans l espoir de retrouver l état initial. Ils le firent, mais sans succès. Ils sont demeurés deux êtres et n étaient plus un Etre unique comme au commencement. La souffrance, l imperfection et le sentiment d être incomplet s installèrent définitivement en eux. Puis, ils expérimentèrent peu à peu le sentiment d être incomplets. Mais en même temps grandissait en eux ce besoin d être étroitement liés l un à l autre. Puis, un jour, les parties différentes de leurs deux corps s emboîtèrent et, l espace d un instant, ils revinrent à l état initial de Mahuungu. Contents et satisfaits, ils s attelèrent plusieurs fois à faire durer et à maintenir ce moment d unité parfaite. De cette union naquit un autre être semblable à eux qui, sans être complet et parfait, resta le symbole de la tentative de l homme et de la femme pour retrouver leur unité du commencement» - Nathalis LEMBE-MASIALA, Le Káandu chez les Basolongo du Bas-Congo (RDC), Thèse de doctorat pour l obtention du grade de docteur en Langues et Cultures africaines, Faculteit Letteren en Wijsbegeerte Vakgroep Afrikaanse Talen en Culturen, Année Académique , pp

7 mot mwamba, commun à tous les dialectes koongo, confirme l ancienneté et l authenticité de mbá. Il serait alors intéressant de savoir si le terme par lequel les autres dialectes koongo désignent le fleuve ou la rivière, est en rapport avec mwamba qu ils ont en commun avec les Solongo. Le fleuve ne traversant pas toutes les zones habitées par les autres sous-groupes koongo, cela pourra être un peut difficile. Mais je suis du moins convaincu d une chose, bon nombre, si pas la totalité de ces sous-groupes désignent la rivière ou l affluent par mwila comme chez les Solongo et les woyo. L analyse de «Mwanza» nous fait comprendre la prudence avec laquelle NDAYWEL a interprété les deux termes (Nzadi et Mwanza), parce que ne connaissant pas la langue du peuple «des gens du pays». Mwanza, comme nous le verrons plus loin, n est pas le nom spécifique du fleuve, c est le terme générique qui sert à désigner fleuve. Car nous retrouvons le même terme plus au sud et désigne le fleuve angolais : le «Kwanza», le «M» et le «K» peuvent être considérés comme deux allophones du même phonème Kwango La conclusion de l analyse de Mwanza peut aussi nous éclairer sur le vrai sens de Kwango Sekele, le nom spécifique par lequel les Woyo désignent le fleuve. Il me semble que Kwango a quelques ressemblances avec Kwanza. À noter que quand un autre sous-groupe koongo entend pour la première fois parler la langue woyo, il a l impression d être en présence d une langue étrangère. C est ce qui est arrivé à DIEGO CAO, comme dit plus haut. Pourtant en étant un peu plus attentif, on s apercevra vite de la similitude avec les autres langues du groupe koongo. En Woyo par exemple, le guttural «G» est souvent rendu par l affriquée «DJ» ; ainsi Ngimbi (nom propre) se dit Ndjimbi en Woyo, Nge (toi) est rendu Ndjé. Le guttural «K» aussi suit dans certains cas la même règle et est rendu par l affriquée «TS» : Kikati (milieu, moyenne, un peu) se dit Tsikati. Le dental «T» est parfois remplacé par le labio-dental «F» : Betu se dit Befu. Le dental «D» est remplacé par le palatal «L» : Dia (manger) se dit Lia, Mpidi (vipère) se dit Mpili. Ces quelques exemples sur la particularité de la prononciation en langue woyo par rapport à l ensemble des langues du groupe koongo, la fait rapprocher du Tshiluba (ou Ciluba). Ici je laisse aux historiens de vérifier, dans le mouvement migratoire bantu, si ces deux peuples auraient une origine commune. En effet, quand l artiste musicien congolais J.B MPIANA avait lancé le cri «Tsia muntu tsia muntu ; tsia Nzambi tsia Nzambi», je pensais qu il parlait woyo, car cela se prononce de la même façon en woyo et a le même sens : À l homme ce qui est à l homme et à Dieu ce qui est à Dieu. Même au niveau de l art, l art woyo a beaucoup de ressemblances avec l art Luba et Kuba. Chose curieuse, une des grandes rivières du Kasaï s appelle Kwango, à l instar du fleuve chez les Woyo. Or plus au sud du Kwango du Kasaï, c est-à-dire en Angola, le fleuve s appelle Kwanza. Je ne sais dire si c est une coïncidence ou des antonymes. Mwanza, Kwanza et Kwango désignant tous trois des fleuves, et ceci ne peut pas nous laisser indifférents. Pour Mwanza et Kwanza mon hypothèse est que le «M» et le «K» seraient deux allophones du même phonème, comme dit plus haut. Peut-on appliquer la même règle à Kwango? Ici, en ma qualité d autodidacte, je préfère laisser aux experts linguistes et historiens d y répondre. Quoiqu il en soit, du moins une chose est vraie, aucun de deux peuples côtiers de l embouchure ne désigne le fleuve par «Nzadi», à moins qu il s agisse d un terme ancien qui s appliquait au fleuve mais qui n est plus d usage aujourd hui ou tout simplement désigne autre chose. C est que nous allons essayer de voir ci-dessous. 2. Pourquoi dit-on que Zaïre vient de Nzadi? Si aucun de deux peuples côtiers de l embouchure ne désigne le fleuve par «nzadi», comment expliquer que nos manuels d histoire le nomment ainsi? En effet lors de mes 7

8 enquêtes sur terrain auprès des Solongo et Woyo, je leur ai posé la question de savoir d où provient le nom nzadi? Ils m ont distinctement répondu de la même façon : «Ce sont les Kongo ya Boma et les peuples vivant au-delà de Matadi qui désignent ainsi le fleuve». Comme j ai exercé plus de 15 ans de ministère sacerdotal à Boma, je me suis tourné vers les Bakongo ya Boma pour leur poser la même question. Ceux-ci me répondront que ce terme remonte de leurs ancêtres koongo que DIEGO CAO avait rencontré à l embouchure du fleuve Congo. Avec une telle réponse, je n ai plus eu le courage de continuer au-delà de Matadi, car leur réponse serait identique à celle des Bakongo ya Boma. Je me suis donc résolu de rentrer au point de départ : l embouchure du fleuve Congo. Après enquête, analyse et recoupage des histoires et récits de deux peuples côtiers de l embouchure, je suis arrivé à deux hypothèses complémentaires qui peuvent éclairer notre religion sur l attribution de «nzadi» comme nom du fleuve Congo que DIEGO CAO avait rendu «zaïre». La première hypothèse tire son origine de la tradition la plus ancienne de Soyo sur l arrivée de DIEGO CAO au Cap Padron. Cette tradition, comme nous la verrons, justifie la présence du «i» long de «zaïre». La seconde analysera l emploi de temps de DIEGO CAO en attentant le retour des émissaires envoyés près du roi koongo NZINGA A KHUVU. Selon la tradition de Soyo, quand en 1482 DIEGO CAO arriva au cap Padron, il rencontra un pécheur du nom de Dom LWOLO, un des sujets de la royauté de Malele Kya Nsi. Comme il tenait à savoir comment les autochtones appelaient le fleuve qu il venait de découvrir, il lui posa la question, moyennant des signes et paroles en portugais. Ce dernier ne comprenant pas ce que voulait exprimer son interlocuteur, avoua son ignorance et lui répondit humblement : «ki nzáìdi ko», je ne sais pas 18. Cette expression solongo est souvent prononcée en avalant la première syllabe (ki) et la lettre «o» de la fin. Ainsi, celui qui la perçoit a l impression d entendre «nzá-ì-di k:». Et à DIEGO CAO d écrire zaïre. Pour s en convaincre il faut entendre un lusophone prononcer le mot «zaïre», l accent est mis sur za, tombe au niveau du i et la lettre «E» de la fin est avalée : «zá-ì-r:». C est presque à l identique du «nzá-ìdi k:» solongo. On peut aussi écouter la traduction sonore de Zaïre du français au portugais dans le site de reverso 19. Comme il était informé que les deux peuples côtiers de l embouchure étaient régis par un roi qui habitait loin, DIEGO CAO lui envoya des émissaires avec des présents dans l espoir d être reçu par le souverain koongo. En attendant leur retour il s était décidé de remonter le fleuve pour le découvrir davantage. Mais arrivé au niveau de Matadi, il ne pouvait plus avancer à cause des rapides et cataractes. Il rebroussa chemin et vint s installer, d abord, à Fetish Rock (l actuel Ditadi dia mwingu ou Pedra do Fetiço en portugais, situé juste en face de Boma). Puis revint au point de départ, c est-à-dire l embouchure et accosta à Bulambembo, à l autre rive du fleuve, en face Soyo. À cette époque, la rive droite faisait partie du royaume de Ngoyo. Pour éviter les vagues remuées par l embouchure, il engageât son navire dans la crique des pirates, un affluent situé entre Bulambemba et Tompo, l île en face de l actuel port de Banana, mentionnée dans les anciennes cartes au nom de «île de Rosa» 20. Voyant que la population qu il y rencontra parlait une langue différente de celle de Soyo, il chercha à savoir comment ce dernier appelait le fleuve. Mais comme toujours, l équivocité créée par la mimique et le portugais fit comprise de ses interlocuteurs comme Cf consulté le 26 mars 2010 : «Em Mbanza Malele, praia fluvial do Soyo, Diogo Cão encontrou um pescador, Ndom LWOLO, um súdito da rainha Malele kya Nsi [...]. O navigador perguntou o nome da terra; o pescador respondeu: Kinzadiko (não sei) [...].Talvez por dificuldade de pronunciar o nome, o visitante concluiu que o rio se chamava Zaire». Cf. Carte en annexe. 8

9 s il voulait savoir le nom de l affluent. Ces derniers lui répondirent sans ambages : «nzadi khazi». Ayant retrouvé un mot similaire à celui du cap Padron, il se rassura, mit à jour ses notes et confirma que fleuve s appelait Zaïre ou Nzadi selon les autochtones. Mais que signifie en fait nzadi khazi en kiwoyo? D abord, tout comme les Solongo, les Woyo sont des riverains. Étant de tradition matrilinéaire, ils considèrent le fleuve comme l oncle, c est-à-dire, le nourricier de la famille. L affluent principal qui l alimente en eaux du moins à cet endroit du fleuve est considéré comme son amante, sa fiancée. En effet, dans la langue koongo, nzadi signifie amant(e) ou fiancé(e) et khazi oncle. Mes Hypothèses peuvent être battues en brèche par le nom d un village situé à michemin entre Boma et Moanda, un lieu où s arrêtent impérativement tout véhicule allant d une direction à l autre et vice versa, afin de permettre aux passagers de refaire leurs forces : Nzadi Kongo. N est-ce pas là le nom du fleuve et du pays mis en ensemble? Pour répondre à cette dernière préoccupation, il faut au préalable bien connaître l histoire de ce village et de ses habitants. La zone où est situé ce village était frontalière entre le royaume de Ngoyo et celui de Kakongo. Mais je m incline à penser qu elle appartenait plus à Ngoyo qu à Kakongo 21. Ngoyo étant un «petit royaume» 22, ses souverains avaient trouvé un truc intéressant pour être informés de tout ce qui se tramait dans les cours des ses voisins de Kakongo et Loango. Ainsi informés, ils pouvaient facilement déjouer tous les pièges visant à l écraser et avoir de l ascendant. En quoi consistait ce truc? HABI BUGANZA MULINDA y répond : «Il est cependant bien connu que Ngoyo fut le principal fournisseur en femmes des autres royaumes. Ce qui lui donnait l avantage d être au courant de toutes les sources de conflit et par la position familiale de ses rois, d avoir un rôle d arbitre» 23. Ce que n a pas manqué de souligner l Abbé PROYART par rapport au royaume de Loango : «Le petit Royaume de n Goïo reconnaît sa dépendance de celui de Loango, en donnant au Roi une princesse du sang, qui ne doit être que la première de ses épouses, et n a aucun des privilèges des autres Princesses» 24. Ainsi, Ngoyo donna une de ses ressortissantes comme épouse à un des souverains de Kakongo qui vivait aux environs de l actuel Mbata-Benge, dans la contrée de Kungu Mbambi, au territoire de Lukula, province du Bas-Congo. En souvenir de cet honneur, le village de la future épouse, alors fiancée fut appelé Nzadi Kongo, fiancée du Kongo. En effet les habitants du Kakongo, jusqu à présent, se déclarent «N kwa Kongo», c est-à-dire, les possesseurs, les vrais originaires ou les purs-sangs du Kongo. Pour tenter de comprendre telle appellation, je propose deux explications. La première renvoie à la création même du Royaume de Kakongo par les ancêtres fondateurs venus de Mbanza Kongo. Ceux-ci et leurs descendants se déclarent ainsi pour se démarquer des aborigènes trouvés en ces lieux et à d autres peuples qui s y installèrent par après. La deuxième explication je la situe à l après Bien qu il soit probable que les frontières orientales de Ngoyo aient pu atteindre Boma, je soutiens, avec HABI BUGANZA MULINDA, que les dimensions que lui donne J. PIRENNE soient quelque peu exagérées car ne correspondent pas à la réalité historique. J. PIRENNE, «Les éléments fondamentaux de l ancienne structure territorial en politique du Bas-Congo», in Bul. Acad. Roy. Sciences Coloniales, 1959, V, S, pp Abbé LIÉVIN-BONAVENTURE PROYART, Histoire de Loango, Kakongo, et autres royaumes d'afrique, Paris, 1776, p HABI BUGANZA MULINDA, «Aux origines du royaume de Ngoyo», in Civilisations [En ligne], , mis en ligne le 29 juillet 2009, Consulté le 23 février URL : A. L-B PROYART, o.c., p

10 Ambuila. Comme Mbanza Kongo avait perdu bon nombre de ses provinces devenues États indépendants, le Mani-Kongo, bien qu affaiblit, tenait à rappeler à Kakongo qu elle était une de ses provinces. En représailles, le souverain de Kakongo prit désormais le nom de Mani- Kongo et sa population s autoproclama «N kwa Kongo», les possesseurs, les véritables koongo : «Le Roi de Congo réclame le Royaume de Kakongo, comme une Province de ses Etats, et le Roi de Kakongo, sans doute par représailles, ne se nomme jamais que Ma-Congo, Roi du Congo, au lieu de Ma-Kakongo, titre que lui donnent les Etrangers, et le seul qui lui convienne. Ces prétentions ne sont pas toujours sans quelque fondement : plusieurs des petits Royaumes ou Etats souverains, qui partagent aujourd hui l Afrique, étaient originairement des Provinces dépendantes d autres Royaumes, dont les Gouverneurs particuliers ont usurpé la souveraineté» 25. Quand la femme alla rejoindre son mari, après le mariage, elle se fit accompagner d un bon nombre de membres de sa famille. Ils se multiplièrent tellement jusqu à dominer en effectif sur la population autochtone, à l instar d Israël en Égypte. Les Kwa Kongo ne trouvèrent d autre solution que celle des égyptiens : leur faire mener la vie dure. Et lorsque, sous l instigation de la principauté de Soyo, Ngoyo entra en conflit avec Kakongo 26, bon nombre de descendants de la femme Ngoyo furent chassés et d autres résolurent de rentrer volontairement dans la terre de leurs ancêtres. Et puis qu on ne se fasse pas d illusions, le village de Nzadi Kongo se trouve à une vingtaine de kilomètres du fleuve. Il y a lieu de se demander si à une telle distance son nom pouvait se référait au fleuve. L activité principale de sa population est l agriculture, la chasse et la pêche des anguilles (nzombo) et silures (ngola mpudi, poisson-chat) qui abondent les étangs naturels et les marécages des ses bas-fonds. La population est très active à la débrouillardise et au commerce. La différence du standing de vie est criante par rapport à ses proches voisins des villages de Khanzi et Kai Tshianga. Toute personne qui a pu s arrêter à Nzadi Kongo s en est certainement rendu compte. 3. Approche étymologique de l hydrographie solongo et woyo Fleuve et rivière En parlant de l hydrographie solongo et woyo, je disais que de manière générale, les deux peuples désignent l océan et la rivière ainsi que les affluents et sous-affluents par le radical «m mu» avec ses variantes. Voyons présentement le sens étymologique de quelques mots issus de ce radical. «M mu» en langue solongo signifie champ, étendue. Appliqué à l hydrographie il signifie cours d eau. La rivière «mwila» dériverait de «m mu yi nlangu», c est-à-dire cours d eaux. Quant au fleuve «mwanza», il viendrait de «m mu a nzau», cours d eaux éléphant, mieux, grande étendue d eaux courantes. On voit bien que la lettre «M» est l indicatif de l hydrographie chez les Solongo tout comme elle l est dans les langues greco-latines et en hébreu. C est ce qui a donné en français : mer, marin, maritime, marrai, etc. En hébreux l eau est désignée par le même mot A. L-B PROYART, o.c., p HABI BUGANZA MULINDA, o.c. 10

11 lingala qui au demeurant n est pas loin du maza koongo : ~yim: (Mayim) et se met toujours au pluriel 27. Bien que chez les woyo le fleuve ne semble pas répondre à cette règle, sa signification parait identique à celle Solongo : grande étendue d eaux courantes ou flux d eaux, kwango. On retrouve la même nomenclature de l hydrographie dans d autres régions, telle que le Mayombe. En effet, la petite rivière qui alimente le petit séminaire de Mbata-Kiela en eau s appelle Mungu-mungu. Cette rivière prend sa source sur une montagne et l eau descend en cascade jusqu au lieu de capture aménagé par le petit séminaire. En langue koongo le diminutif et le superlatif s obtiennent par une double répétition. «Mungu ou Mungo», le mot répété proviendrait de M mu a mongo, cours d eaux, mieux rivière provenant d une montagne. Répété deux fois cela signifie, petite rivière provenant d une montagne Île Chez les deux peuples côtiers de l embouchure du fleuve Congo, l île est désignée par Kinsanga 28. Il vient du verbe sangama, être suspendu, être abandonné, être isolé. Ainsi «Kinsanga» signifie, bande de terre suspendue, abandonnée, isolée. Entre la terre ferme et cette bande l eau joue le rôle d isolant. Kinsanga est très proche du nom de la troisième ville de la RD Congo : Kisangani. Je pense que les autochtones de cette contrée disaient «Kinsanga». Comme cette partie du pays fut découverte par Stanley, il a ajouté le «ny, nia ou ia» anglais que le français rend par «nie, ou ie» 29, pour exprimer terre ou pays. Ainsi Kisangani signifie «terre ou pays des îles». En fait, de part et d autre du bief fluvial qui mène à Kisangani on rencontre une multitude d îles. La ville elle-même a la forme d une grande péninsule comprise entre le fleuve Congo et les rivières Lindi et Tshopo. Du verbe sangama dérivent plusieurs substantifs dont : Mansanga, Kinsona, N sanga et Nsona. Mansanga signifie larmes, parce que c est un liquide qui s isole de l œil. Comme les larmes jaillissent en goutes, Mansanga a donné un autre mot dont le sens premier vient de goutte mais le sens figuré signifie funérailles : Matanga. Ceci exprime la douleur provoquée par une forte émotion due à la perte d un être cher ; l âme se sent isolée. Le Matanga est l événement douloureux où l on fait couler à flot les larmes pour exprimer cet état d âme. Par contre Kinsona renvoie au verbe sangama et signifie abandonné. Ce terme koongo qui exprime la solitude s applique aussi à l orphelin : Mwana sana. N sanga signifie collier. Comme l indique son étymologie latine, collier (collum=cou en français) collier ou n sanga veut dire quelque chose qui est suspendu au cou. C est ainsi que les missionnaires catholique ont traduit chapelet en N sanga Nzambi, le collier de Dieu ou collier à usage religieux. Quant à Nsona, c est l un des quatre jours de la «semaine» 30 koongo 31, c est le jour de repos, un peu comme le dimanche chrétien ou le sabbat juif. Mais je pense que Nsona est ם י ם (yim ou im) est l indicatif du pluriel en hébreu. Si l on peut se permettre de mettre ים La particule (Mayim) au singulier, il donnera ם י (Mayi), comme en lingala. «Leite de Faria suppose que Rui de Pins a mal compris ses informateurs : comme le terme zanga (sanga) signifie aussi île, il a cru que les rebelles se trouvaient dans les îles du f1euve Zaïre» - F. BONTINCK, «Les pamzelunguos, ancêtres des Salongo», in Annales Aequatoria, 1(1980), p. 64. En fait la plupart des noms des pays de l Est et du Sud-est de l Afrique, anciennes colonies anglaises, se terminent par ia : Tanzania, Kenya, Zambia, Nanibia, etc. J ai préféré mettre semaine entre guillemets, parce que ce mot se réfère au cycle ou période consécutive de sept jours. Aussi, parler de la semaine de quatre jours, sans mettre semaine entre guillemets, apparaît comme une contradiction. 11

12 plus proche du tb;v ou Sabbat juif, jour consacré au Seigneur, parce que ce jour là «le Seigneur Dieu se reposa de toute son œuvre qu il avait créée en la faisant» 32. La Bible ajoute que le Seigneur Dieu béni et sanctifia ce jour, en un mot, on peut dire que le Seigneur Dieu Consacra ce jour. En hébreux consacré, vd,qo (Qadash) ou sanctifié, signifie mettre à part ou isoler, à l instar du Nsona de la «semaine» koongo. Chose curieuse, les deux mots Nsona et Sabbat commencent par une même lettre le «S» latin ou le «v» (Shin) hébreux. On comprend pourquoi les européens ont eu des difficultés à convaincre les Koongo de travailler le jour de Nsona, comme le témoigne KABOLO IKO KABWITA citant le Père LAURENT DE LUCQUES qui qualifiait le Nsona de «jour dédié au démon»: «L infidélité des Kongo consiste en tout premier lieu au non-respect de la semaine chrétienne dont le dimanche est le sommet. Au Kongo, plus que toute autre donnée du calendrier indigène, c est la semaine de quatre jours qui impose son rythme à toutes les entreprises. [ ] Les gens observent quelques jours de la semaine qui sont dédiés au démon comme si s étaient des jours de fêtes. Ces jours là on s abstient de travailler. Ils reviennent tous les trois jours» 33. Mais jusqu aujourd hui, dans toutes les villes et tous les villages koongo, au jour de Nsona, qui coïncide avec le mercredi, les gens observent un repos quand bien même ils vont au travail. Dans plusieurs villages c est le jour du marché et chez les membres des divers groupes chrétiens, c est le jour de rencontre et de prière. Loin d être «le jour dédié au démon» comme le prétendait le Père LAURENT DE LUCQUES, le Nsona est un jour sacré pour les Koongo, à l instar du Sabbat juif et du dimanche chrétien. Ainsi, toutes les agglomérations koongo dont les noms commencent par Nsona semblent avoir été des lieux consacrés au culte. Par exemple, Nsona Mbata signifie haut lieu de culte, mont sacré ou montagne sainte, à l instar du mont Sinaï, du mont Carmel ou de l Horeb chez les juifs ; par contre Nsona Mpangu, signifie bâton sacré, sceptre royal (sacré), en l occurrence du bâton de Moïse et d Aaron. Car Mpangu, en langue koongo signifie canne du voyageur mais aussi «le bâton sur lequel s appuie le roi, le prince» 34. A propos de la «semaine» koongo de quatre jours, la lyrique yoombe l avait exploitée à perfection en 1975 lors des funérailles du Général Léopold MASIALA KIKHELA KULU KANGALA. Comme les circonstances de sa mort étaient entourées des mystères et incohérences, les Nekongo ne sont pas allés par quatre chemins et pointèrent du doigt le pouvoir d alors dont ils se sont désolidarisés 35. Pour passer le message de solidarité du boycotte, ils recoururent au génie de leur langue que personne, même faisant partie de la culture koongo, ne pouvait rien piger s il n était pas initié. Pendant les funérailles, l orchestre traditionnel yoombe, le Kintueni, scandait les paroles suivantes : «yandi bu «Le jour de fête s appelle parmi eux sonna [Nsona] ; après ce jour viennent les autres ; d abord le premier qu ils appellent gandu [Nkandu], puis le deuxième : chenge [Nkenge], puis le troisième conzo [Nkonzo ou même Konzo]» - Cf. Relations sur le Congo du Père Laurent de Lucques ( ), traduites et annotées par J. Cuvelier, Bruxelles 1953, 150. Balandier reprend cette observation en y apportant un correctif sur les noms des jours de la semaine. Lire aussi Balandier, G., La vie quotidienne au royaume Kongo du XVIe au XVIIe siècle, Hachette, Paris, 1965, Gn 2, 2-3 KABOLO IKO KABWITA, Le Royaume kongo et la mission catholique, : du déclin à l extinction, Karthala, Paris, 2004, p. 35. J. TROESCH, C.S.Sp., «Le Nkutu du comte de Soyo», in Aequatoria, 2(1961), p. 49. Dans l affaire du coup d Etat monté et manqué (1975), le Général Léopold MASIALA KIKHELA KULU KANGALA était choisi comme Président du Conseil de guerre chargé d organiser le procès politique des «conspirateurs». Lors du débat de la cours, le président, pas trop convaincu de la culpabilité des prévenus, manifesta son refus d envoyer des dignes fils du Congo à une mort injuste. Tel attitude n ayant pas plu au pouvoir d alors, serait à la base de sa mort. 12

13 kayenda ku Boma, kintanu kela kwiza, e malema le [...] e Kisangama». Ce qui signifie : «depuis qu il (Général MASIALA) est parti à Boma, il a promis de revenir le cinquième jour (vendredi), quelle peine [ ] isolé (ou désolé). Pour une personne non avisée cela signifie qu il n y a pas à se lamenter outre mesure, puisqu il reviendra le vendredi, donc il n y a pas à se désoler. Mais la réalité est autre. D abord, chez les koongo la semaine compte quatre jours. Dire de quelqu un qu il reviendra le cinquième jour, qui au demeurant n existe pas dans ce calendrier, est une autre façon de dire qu il ne reviendra plus. La conclusion, qui est aussi l attitude prise par tous les koongo se trouve, selon l adage latin in cauda venenum, dans le mot de la fin : kisangama, suspendu ou isolé. Ce dernier mot ne s applique pas au trépassé, mais à celui qui a occasionné sa disparition, entendu ici le pouvoir d alors. L attitude à prendre par les koongo vis-à-vis de ce pouvoir est de se désolidariser, de s isoler. Et l on constatera dans la suite que très peu des Nekongo participeront à la gestion des affaires publiques. Ceux d entre eux qui se sont entêtés, étaient immédiatement isolés, abandonnés par les leurs. Pour clore ce point sur la «semaine» koongo de quatre jours, arrêtons-nous en peu sur une expression d idiotismes numériques de la langue française se rapportant au chiffre quatre et qui n a pas manqué d attirer mon attention : «un de ces quatre matins». Pour avoir le vrai sens de «semaine», je me suis référé à la langue italienne dont le terme est très proche du latin septimana. En effet, dans la langue de DANTE ALIGHIERI 36, semaine se dit settimana, c est-à-dire, sept matins. Il y a lieu de se demander si l expression «un de ces quatre matins» qui veut dire à bientôt, ne serait-elle pas aussi une trace laissée dans le langage courant sur l existence antique d une «semaine» de quatre jours en milieu occidental? 3.3. Lac Le lac est le contraire de l île : eaux isolées, mieux emprisonnées par la terre qui sert d isolant, eaux stagnantes (d où le latin stagnum) ou eaux apprivoisées naturellement. Le lac se présente comme un grand récipient ou réservoir naturel d eaux à l instar des récipients artificiels pour apprivoiser l eau pour divers besoins domestiques, d où le grec λίμνη 37 (limné). Quant à la langue koongo, comme dit plus haut, elle met une nette différence entre l eau domptée (maza) et les eaux prises à l état naturel (nlangu). Il est curieux de constater que plusieurs langues européennes désignent le lac par des termes très proches du nlangu koongo. Ces langues ont fait tomber les deux «N» de nlangu et sont restées avec «lagu». Aussi avons-nous, Lago (espagnol, italien et portugais), Lac (français) et Lake (anglais) qui trouvent leur origine du latin lacus. En effet, les occidentaux ont difficiles à reproduire les sons glissants et flottants des langues africaines que la phonétique articulatoire désigne par «affriquées» 38. Ils font carrément tomber la première consonne. Ce qui n a pas manqué à déformer, voire à massacrer plusieurs noms africains DANTE ALIGHIERI, est un écrivain, poète et homme politique italien, né dans la deuxième quinzaine de mai 1265 à Florence (Firenze) et mort le 14 septembre 1321 à Ravenne en Italie. Son livre, La Divine Comédie, est considéré comme l un des chefs-d œuvre de la littérature universelle. En grec, selon G. BORNKAMM, li,mnh (limné) vient de lhnός (lénos) ou lhnhvv (léné), «un récipient en forme de cuve ou de baquet, en général le pressoir, l entonnoir». Cf. G. KITTEL, Grande lessico del Nuovo Testamento, vol. VI., Edizione italiana a cure di F. MONTAGNINI G. SCARPAT O. SOFFRITTI, Paideia, Brescia, 1970, p C est moi qui ai traduit. En phonétique articulatoire, une affriquée, ou consonne affriquée, est une consonne composée de deux phases successives : une phase occlusive et une phase fricative produites dans le temps nécessaire à la production d une occlusive ou d une fricative simples. 13

14 La langue koongo, désigne le lac par «diyanga» ou «dizanga» 39. Ce terme dérive du verbe «yanga», réchauffer. Mais l action de «yanga» est toujours précédée par celle de «tanda», étaler, étendre, exposer. En dernière instance, «yanga» signifie «étaler, étendre ou exposer à la chaleur». Diyanga ou dizanga, signifie, eaux étalées, étendues ou exposées à la chaleur, ou aux rayons solaires ou encore à l air libre. Les deux verbes yanga et tanda ont une grande incidence dans la désignation du lac chez bon nombre de bantu. Les koongo n ayant pas des grands lacs dans leur contrée, mettent en avant plan le verbe «yanga», eaux exposées à l évaporation provoquée par les rayons solaires qui les réchauffent. C est pourquoi Diyanga ou dizanga désigne aussi la flaque d eaux des pluies et l étang. Par contre, chez les Swahili de la région des grands lacs africains, c est le verbe «tanda» qui est mis en exergue. Pour ces peuples, le lac est une grande étendue d eaux face à la quelle l évaporation due aux rayons solaires ne peut pas tout absorber : Tanganyika. De ce qui précède, lac Tanganyika apparaît comme une tautologie. L approche étymologique de l hydrographie Solongo et Woyo nous a encore mis en présence de la similitude des termes koongo (bantu) avec les langues judéo-européens. Et on ne cessera jamais de se demander si c est un fait du hasard ou qu il existerait une relation de cause à effet, c est-à-dire qu il y aurait une protolangue commune aux deux ou encore l une proviendrait de l autre. Déjà en 1773, l Abbé PROYART s était aperçu que la langue koongo avait des rapports marqués avec l hébreu, le grec et le latin. «Maza» par exemple, a une ressemblance frappante avec le grec μαζός (mazos), la mamelle nourricière. Il a aussi trouvé plusieurs mots et tours de phrases assez ressemblants à l hébreu, par exemple ב נן (bana ou banah), d où est dérivé le mot ב ן (bên), fils, qui dans la langue de la Bible signifie, il a bâti. En effet, les hébreux considéraient les enfants comme des pierres vivantes qui composent l édifice de la famille 40 (Cf. Ps 128, 3 ; 144, 12), d où le mot ביח (bah -yith) qui signifie maison. Je sais que dans ce domaine, les linguistes sont divisés. Les uns sont partenaires d une protolangue commune à toutes les langues du monde et les autres trouvent cette protolangue dans une des familles à laquelle appartient leur propre langue. Ces deux positions extrêmes ne manquent pas de faiblesses. Aux artisans de la protolangue on reproche d être partenaires, de ce que je pourrai désigner par «créationnisme linguistique», en opposition au «darwinisme ou évolutionnisme linguistique». À ceux qui trouvent cette protolangue dans la famille linguistique de leur langue, on fait le reproche d impérialisme linguistique ou prosélytisme linguistique, c est-à-dire de présenter leur famille linguistique comme étant supérieure à d autres. Telle attitude n est pas loin des motivations qui ont été à la base du nazisme et d autres formes de fanatisme ou extrémisme qui, d une manière ou d une autre, resurgissent dans le monde présent : fondamentalisme, intégrisme, etc. La conclusion de l Abbé PROYART dans ses réflexions sur le rapport entre langues africaines et langues judéo-européennes frise une telle tendance : «Nous ne prétendons point assigner ici tous les rapports que pourraient avoir cette langue avec les langues anciennes : nous nous sommes contentés d en rappeler quelques uns de ceux qui nous ont le plus frappés : et, sans prononcer nous-mêmes, nous laissons au lecteur instruit, et versé dans les antiquités, à décider si l on peut raisonnablement soupçonner de l analogie en ces langues ; et, supposé qu il le juge ainsi ; à expliquer comment il aurait pu arriver que les langues des Juifs, des Grecs et des Romains, eussent concouru à former celle de ces Africains» Dans le district de Lukaya, c est le terme «zinga» qui désigne lac afin de le distinguer de zanga, étang. 40 Cf. PROYART (Liévin-Bonaventure), op. cit., pp Ibid., pp

15 Ne voulant pas prendre part à cette discussion d école, je laisse aux linguistes africains de nous éclairer. Mon analyse étymologique de quelques termes usés dans l hydrographie solongo et woyo s est voulue une modeste contribution à la recherche suffisamment avancée sur le proto-bantu. Toutefois, mon confrère français après avoir épuisé toute sa matière grise pour minimiser la langue koongo, s est vit désarmé devant l évidence de sa richesse et de sa beauté. Ainsi, à l instar du prophète païen Balaam 42 qui finit par bénir Israël contrairement à son dessein initial de le maudire, L abbé PROYART n a pu s empêcher d exalter la langue koongo: Conclusion Vous ne saurait imaginer combien nous avons découvert de nouveaux mots, de nouveaux tours de phrases, de nouvelles beautés dans la Langue [ ]. Il n est pas croyable qu un Peuple si simple que le Nôtre, et si borné dans ses connaissances, ait porté sa Langue à un si haut degré de perfection, par le seule usage de la parole : nous soupçonnons que cette Langue a été parlée et même écrite par quelque Peuple savant. Vous en avez-vous-même une connaissance assez étendue pour en donner une idée aux personnes qui seraient en état de constater l analogie qu elle pourrait avoir avec les Langues anciennes 43. Mon analyse des termes hydrographiques me porte à dire que «Nzadi» n a jamais désigné le fleuve chez les deux peuples côtiers de l embouchure que sont les Solongo et les Woyo. Ce n est pas non plus un terme ancien qui ne serait plus d usage de nos jours. Car ce terme existe bel et bien dans le langage koongo courant est signifie amant ou fiancé. À la question de savoir comment ce terme s est-il imposé même chez les autres peuples koongo dont la région n est pas traversée par le fleuve, la réponse ne semble pas aussi aisée que l on pense. Mais je crois qu il s agit d un fait dû au complexe d infériorité très remarqué des koongo vis-à-vis du blanc, à tel enseigne que tout ce qui est bon, beau et agréable appartenait au blanc et leur contraire au noir. C est ainsi qu on est arrivé à attribuer au blanc des choses typiquement tropicales qu il n a pas dans son pays. C est le cas des fruits : mangue, papaye, ananas, banane, etc., qu on déclare souvent d Europe quand ils sont succulents, beaux, agréables et savoureux et leur contraire aux noirs. Selon les régions, on dit de ces fruits qu ils sont du Kongo ou du Mayombe 44. Dans ce même ordre d idée, je m incline à croire que vraisemblablement les koongo pensaient que Nzadi est le nom par lequel les blancs désignent le fleuve chez eux, que certains parmi eux rendent par Zaïre. Comme cela vient du blanc, c est bon, on peut l adopter tous. Qu ils nous disent que cela viendrait de nos ancêtres, c est vrai, car le blanc ne se trompe pas et ne peut pas tromper. D où le sobriquet donné au blanc en lingala : Mundele mwana Nzambe, le blanc, fils de Dieu. Et puis, quand nous étions enfants, on nous a dit que les allemands étaient nos cousins et nous y avons cru. La preuve est que jusqu aujourd hui, dans le langage courant des congolais, l expression «cousin germain» est fréquemment utilisée et très peu savent sa vraie origine. Pour mieux comprendre ce que je viens de dire ci-haut, posons-nous la question de savoir pourquoi les koongo et d autres africains appellent le blanc Mundele? Ce mot serait une déformation du mot français, modèle. Pour initier les nègres aux arts et métiers, le blanc Nombre 24. A. L-B PROYART, o.c., pp En ce qui concerne l attribution des fruits tropicaux à l Europe, il s agit des espèces ramenés d Amérique par les Occidentaux, comme le témoigne l Abbé LIÉVIN-BONAVENTURE PROYART : «Il se trouve dans ce pays une pomme de terre toute semblable à celle qu on cultive dans nos Colonies d Amérique. Les Africains l appellent Bala-n poutou, racine d Europe ; sans doute parce que les Portugais la leur auront apportée d Amérique. [ ]. Il paraît que le cocotier n est point naturel au pays, et que ce sont les Européens qui l ont transporté d Amérique en Afrique, parce que le coco s appelle banga n poutou, noyau d Europe». Cf. A. L-B PROYART, ibid., pp. 17 ;

16 ne cessait de leur répéter : «suivez le modèle, modèle, modèle». Et les nègres en bons élèves, surnommèrent leur instructeur «Mundele». Et par la suite, plusieurs noirs se sont mis à singer les habitudes des blancs, leur façon de parler et de se vêtir. Ceux d entre eux qui ne pouvaient atteindre ce niveau leur donnèrent le sobriquet de Mundele Ndombe, un blanc nègre. On comprend pourquoi avec quel dédain les blancs traitaient nos traditions, en l occurrence du jour sacré de la «semaine» koongo et de la démocratie. En effet pendant que toute l Europe était monarchique, au Kongo et ses alliés ou partenaires, que l histoire qualifia de vassaux, le souverain était élu. Je ne sais comment qualifier un système politique où le roi est élu. On peut retrouver un tel système dans la Rome antique, la période située entre la fin de la royauté et le début de la république en 509 av. J.C. Les premiers rois romains étaient élus par le Sénat Patricien, mais sous les rois étrusques, la monarchie devint héréditaire. C est contre cette atteinte à la souveraineté du Sénat que le peuple, poussé par les Patriciens, chassera le dernier roi pour instaurer un nouvel ordre politique où «gouverner la Cité est une affaire publique», res publica en latin. La devise de cette république romaine était : Senatus Populusque Romanus, le Sénat et le Peuple Romain, SPQR 45 en sigle. En fait la façon étrusque de gouverner donnera naissance au mot «tyrannie», c est-à-dire gouverner sans tenir compte du peuple ni de ses représentants, à l opposé du fondement de toute démocratie repris dans le SPQR. Le mot tyrannie trouve sa racine dans le nom donné à la mer dédiée aux étrusques : la mer tyrrhénienne, du latin Tyrrhenum mare, c est-à-dire la mer étrusque ou mer des Tyrrhéniens 46, que les grecs appelaient Τυρρηνικον πελαγος (Turrēnikon pelagos). Commencée en 509 av. J.C., la République Romaine prendra fin en 44 av. J.C. avec l assassinat de JULES CÉSAR ( av. J.C.), ou plus précisément en 27 av. J.C., quand OCTAVE (63 av. J.C. 14 ap. J.C.) reçoit le titre d Auguste et devint le premier empereur romain. À partir de l instauration de la République par les romains, là où il y a élection du souverain, on ne peut plus parler de Royaume, ni d Empire. En effet, après la chute de l empire romain d Occident et le début du moyen-âge (476), bon nombre (si pas tous) de pays européens reprirent la royauté selon la formule étrusque de monarchie héréditaire. En arrivant en Afrique, l Occident imposera son système monarchique, non seulement au Kongo mais à tout le continent et contribua à défaire tous les États démocratiquement établis. L histoire du Kongo en est un cas classique. Quand après la révolution française (1789), l Europe redécouvre le bien fondé de la démocratie, elle cherchera à l imposer à nouveau comme le sacro-saint de tous les systèmes politiques. Avant l arrivée de l Occident, le Kongo était politiquement régi par un système semblable à celle de l ancienne République Romaine où le souverain était élu par un comité de sages (Sénat) et par les gouverneurs des provinces (Députés). Il y a lieu de se demander qui, entre les Africains est les Romains, étaient le premier à instaurer un tel système. L actuelle Union Européenne me semble une reproduction du système politique de l «Union des Etats fédérés du Kongo» 47 que l histoire nous a fait gober comme Royaume du Kongo. Ceux-là même qui ont contribué à la destruction de notre système politique basé sur des Cf. CICÉRON, De la République, (trad. Abel-François Villemain), Paris, P. COSME, Auguste, Perrin, Paris, Les Tyrrhéniens sont une tribu qui faisait partie des «Peuples de la mer». L extension de ce mot et par amalgame avec la population néolithique villanovienne donnera le nom «étrusque» qui caractérisera ce peuple dont la civilisation est connue sous ce nom en Italie centrale. Kongo dia Ntotila signifie union indivisible des États régis par un souverain élu démocratiquement. Car «Kongo dérive du verbe kónga kúnga, réunir, joindre» et Ntotila du verbe tóta, souder, coller. «Ma-Kongo est le Seigneur qui réunit sous son sceptre les familles et clans divers» - J. TROESCH, C.S.Sp., o.c., p

17 élections, se présentent aujourd hui en donneurs de leçon sur la démocratie. C est ici que j invite les Congolais en particulier et les Africains en général, à approfondir nos connaissances historiques afin de redécouvrir les vraies valeurs socio-démocratiques de nos ancêtres en vue de bâtir une Afrique plus unie et plus prospère. En effet, il y a parfois des contradictions criantes dans ce que nous avons étudié et nous sommes en reprenant le terme des historiens du Congo-Brazzaville «si crétins», pour ne pas nous en rendre compte. Nous avons tous appris que l Afrique est le berceau de l humanité et CHEIKH ANTA DIOP 48 l a encore démontré avec des arguments inébranlables. Mais quand il s agit de l histoire et de la linguistique, l Europe s autoproclame «vieux continent» et ses langues, «langues anciennes». Alors en quoi l Afrique serait-elle berceau de l humanité sans l élément fondamental qui fait la culture et partant l humanité qu est la langue? Dans ce cas l Afrique serait seulement le berceau fossile de l humanité. Mais quand il est question de la culture ou de la linguistique c est l Occident. Heureusement que l Égypte avec ses pyramides laisse l Occident bouche bée, puisqu il ne se trouve pas en Europe. Quant à notre système démocratique, bien qu antérieur à celui des européens, il doit, selon le terme de Jean Louis ERNEST KYAVIRO, «quitter le berceau» d il y au moins cinq siècles pour répondre aux défis du moment. Car comment ne pas se laisser interpeler par le récit de l Abbé LIEVIN-BONAVENTURE PROYART, qui ressemble au feuilleton habituel de l actualité politique africaine de nos jours? «Dans ces pays, où la Couronne est élective, la mort des Rois, [ ] est comme le signal d une guerre civile. Un prince qui, étant assez ambitieux pour porter ses vues sur le Trône, n a pas lieu de compter sur la faveur des électeurs, fait prendre les armes à ses vassaux, soit pour forcer les suffrages, ou pour disputer la Couronne à celui qui lui aura été préféré. S il craint que son parti ne soit pas le plus fort, il s adresse à un Prince étranger qui moyennant quelques pièces d étoffe d Europe et de vaisselle d argent, lui envoie une armée entière. Les guerres civiles sont les plus fréquentes» 49. C est pourquoi, mes préoccupations, qui au demeurant rejoignent celles de CHEIKH ANTA DIOP, consistent moins à innover l historiographie ou la linguistique africaine, mais plutôt à nous inciter à connaître profondément notre histoire en vue d en tirer les enseignements utiles pour agir efficacement sur son avenir. Il n est donc pas question d une nostalgie aveugle qui nous poussera à s enorgueillir puérilement de quelque passé glorieux ni de trouver dans l Occident le bouc émissaire de tous nos malheurs et misères, mais au contraire une incitation à bien connaître d où l on vient pour mieux comprendre où l on va. Car avec les modèles qui nous ont été imposés, je me rends compte que 50 ans d indépendance après, le Congo et bon nombre de pays africains, continuent à piétiner malgré l ouverture aux technologies d avant garde. En effet, comme le dit Joseph KI-ZERBO, «sans identité, nous sommes un objet de l histoire, un instrument utilisé par les autres : un ustensile» 50. Abbé Paul NZINGA N DITU Doctorant en Communication Sociale Institutionnelle Université Pontificale Sainte Croix Rome / Italie, 27 mars CHEIKH ANTA DIOP, (né le 29 décembre 1923 à Thieytou - mort le 7 février 1986 à Dakar) est un historien et anthropologue sénégalais. Il a mis l accent sur l apport de l Afrique et en particulier de l Afrique noire à la culture et à la civilisation mondiales. Ses thèses restent aujourd hui contestées, et peu reprises dans la communauté scientifique «internationale». Abbé LIÉVIN-BONAVENTURE PROYART, o.c., p J. KI-ZERBO, À quand l Afrique? Entretien avec René Holenstein, Edition de l Aube, 2003, p

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