Où est l argent aujourd hui?
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- Étienne Grégoire
- il y a 10 ans
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1 Où est l argent aujourd hui? L endettement des ménages canadiens à l aube de la reprise économique Un rapport de l Association des comptables généraux accrédités du Canada
2 Remerciements CGA-Canada tient à remercier Elena Simonova, M.A. (économie) et Rock Lefebvre, P.Adm., M.B.A., CFE, FCIS et FCGA, du Service de recherche et de normalisation, et à souligner la précieuse collaboration de la société de recherche Synovate ainsi que des membres de ménages canadiens qui ont généreusement participé au sondage de CGA-Canada sur l attitude des ménages face à l endettement et à la consommation. Nous remercions également les membres de CGA-Canada et les membres de l équipe qui ont apporté leur soutien et leur expertise à la rédaction et à la révision du présent rapport. Il est possible de consulter le présent document par voie électronique à l adresse Remarque : Dans cette publication, le masculin vise à la fois les hommes et les femmes, et est employé uniquement dans le but d alléger le texte. Association des comptables généraux accrédités du Canada, mai Toute reproduction totale ou partielle sans autorisation écrite est strictement interdite.
3 Où est l argent aujourd hui? L endettement des ménages canadiens à l aube de la reprise économique Un rapport de l Association des comptables généraux accrédités du Canada 3
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5 Table des matières Avant-propos... 9 Introduction Résumé L attitude des ménages face à la dette, aux dépenses et à l épargne : une comparaison entre 2007 et L endettement des ménages canadiens la situation actuelle Aperçu des principaux indicateurs économiques en période de prospérité et de difficulté Niveau et composition de la dette des ménages Crédit hypothécaire à l habitation et crédit à la consommation Un examen plus attentif du crédit à la consommation Mesure de l endettement des ménages L endettement par rapport au revenu et à l actif Ratio du service de la dette Comparaison internationale Est-ce la fin des chocs économiques? Chocs liés aux revenus Interruption des revenus Baisse des revenus Chocs liés aux prix des actifs Chocs liés aux taux d intérêt Aperçu de l insolvabilité des consommateurs Tendances inquiétantes Le marché immobilier Détérioration des habitudes d épargne Conclusions Des mesures à prendre Capacité financière : donner aux Canadiens les moyens de se prendre en charge
6 7.2. Nouvelle approche pour faire croître l épargne personnelle : mesures incitatives et motivations Hausse des revenus : améliorer la productivité des entreprises canadiennes Prise de décisions plus éclairées : améliorer la disponibilité des données sur la situation financière des ménages Annexe A : Constatations détaillées découlant du sondage sur l attitude des ménages à l égard de leur endettement et de leur consommation Annexe B : Sondage Bibliographie Liste des figures Figure 1 Dette des ménages canadiens, Figure 2 Croissance des composantes de la dette des ménages Figure 3 Composition du crédit à la consommation Banques à charte Figure 4 Crédit à la consommation et biens consommés Figure 5 Mesure de la dette des ménages Figure 6 Ratio du service de la dette des ménages Figure 7 Poids du service de la dette par province Figure 8 Comparaison internationale du niveau d endettement des ménages en Figure 9 Nombre d emplois par tranche de personnes de la population active Figure 10 Pertes d emploi et travailleurs découragés ( ) Figure 11 Revenus des salariés ( ) Figure 12 Répartition de la dette et des actifs des ménages par groupe d âge Figure 13 Dynamique du marché boursier et du marché de l habitation au Canada ( ) Figure 14 Taux d intérêt effectif des ménages et cible du taux de financement à un jour de la Banque du Canada Figure 15 Faillites personnelles et taille des faillites Figure 16 Croissance des faillites de consommateurs dans une perspective régionale ( ) Figure 17 Prix de vente moyen des résidences SIA/MLS ( ).. 74 Figure 18 Variation de la valeur des actifs résidentiels par rapport aux prêts hypothécaires en souffrance et aux faillites de consommateurs
7 Figure 19 Épargne des ménages Liste des tableaux Tableau 1 Quelques indicateurs économiques (taux de croissance annuel moyen, à moins d indication contraire) Tableau 2 Croissance de la dette des ménages au Canada et aux États-Unis (variation d une année à l autre) Tableau 3 Exposition des ménages aux chocs liés aux prix des actifs (1990 et 2009) Tableau 4 Incidence d une hausse des taux d intérêt sur les versements hypothécaires Tableau 5 Profil des répondants Liste des diagrammes (Annexe A) Diagramme 1 Évolution du niveau de la dette des ménages au cours des trois dernières années Diagramme 2 Évolution du niveau de la dette des ménages, selon la tranche de revenu Diagramme 3 Évolution de la dette par rapport à l évolution du revenu et de la richesse Diagramme 4 Raisons de l augmentation du niveau de la dette Diagramme 5 Types de dettes des ménages Diagramme 6 Évolution du niveau de la dette selon le type Diagramme 7 Raisons de la difficulté à gérer la dette Diagramme 8 Attitude à l égard de la dette Diagramme 9 Le niveau de dette de votre ménage nuit-il à votre capacité de réaliser vos buts dans les domaines suivants? Diagramme 10 Évolution de la dette totale des répondants auxquels la dette nuit Diagramme 11 Évolution du revenu des ménages au cours des trois dernières années Diagramme 12 Évolution du revenu des ménages, par répondant et par tranche de revenu Diagramme 13 Évolution des éléments d actif des ménages Diagramme 14 Évolution du niveau de richesse des répondants Diagramme 15 Évolution des éléments d actif et du niveau de richesse des répondants Diagramme 16 Chocs (événements négatifs) auxquels les ménages seraient vulnérables Diagramme 17 Évolution des dépenses des ménages
8 8 Diagramme 18 Raisons de l augmentation des dépenses des ménages Diagramme 19 Manières de régler une dépense imprévue de 500 $ et $ Diagramme 20 Répondants dans l incapacité de faire face à des dépenses imprévues Diagramme 21 Source principale du revenu de retraite Diagramme 22 Niveau de confiance quant à l adéquation de la situation financière à la retraite Diagramme 23 Les répondants ont-ils une idée claire du montant d épargne-retraite qu ils doivent accumuler? Diagramme 24 Fins auxquelles les répondants mettent de l argent de côté Diagramme 25 Participation à des régimes d épargne fiscalement avantageux Diagramme 26 Connaissance du CELI Diagramme 27 Cotisations à un CELI...129
9 Avant-propos Tout au long du vingtième siècle, les Canadiens ont pris l habitude d emprunter pour financer leur consommation, tant pour l achat de biens durables que pour le paiement de leurs frais variables. Le recours à l emprunt est progressivement entré dans la norme, devenant naturel et relativement simple, à tel point qu aujourd hui au Canada, au terme de la première décennie du vingt et unième siècle, la dette des consommateurs atteint des sommets. Plus globalement, tous les Nord-Américains, lourdement endettés, se demandent s ils sont devenus trop dépendants du crédit et s interrogent sur leurs capacités individuelles et collectives d assumer le service de la dette. Parallèlement, nombre de Canadiens saisissent mieux la nature circulaire du crédit personnel et son rôle dans le progrès économique, la croissance du produit intérieur brut (PIB) et le bien-être national. La question est évidemment de savoir où s arrêter. À l heure où les gouvernements sont priés de réduire leurs dépenses, où les entreprises n excluent pas les licenciements, où les marchés boursiers sont extrêmement instables et où certains agents économiques battent en retraite, il faut raisonnablement reconnaître que notre capacité à consommer et à nous endetter est peut-être en train d arriver à saturation. Certains Canadiens se rendent compte qu ils ne peuvent plus emprunter et dépenser comme ils l ont fait au cours des deux dernières décennies, et les jeunes adultes du pays se voient imposer le cours intensif d économie domestique le plus radical jamais donné. En effet, avec les vicissitudes récentes de l économie mondiale, les consommateurs ont eu l occasion de constater et de subir l instabilité qu engendre une économie fragile. Le service de la dette n a cessé d augmenter pendant le vingtième siècle et la première décennie du vingt et unième siècle et il représente aujourd hui une proportion importante du revenu régulier d un salarié moyen. Par ailleurs, et bien que cela ne soit pas l objet du présent rapport, le phénomène de la dette dépasse le cadre des actions individuelles des ménages et concerne aussi les fournisseurs de services publics, aux échelons municipal, provincial ou territorial et fédéral, qui perçoivent des impôts en partie pour payer le service de la dette publique. Consciente des avantages du crédit, de l importance du commerce et de la prudence budgétaire qui s impose, l Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada) surveille, depuis 2007, l attitude collective à l égard des dépenses et de l endettement. CGA-Canada tente en particulier 9
10 d analyser la perception des Canadiens quant à leur bien-être économique et à leurs compétences financières, et à la comparer avec les données et les mesures statistiques publiées concernant la richesse et l endettement des ménages. Il est encourageant de constater qu il y a symétrie entre les perceptions des consommateurs et la réalité économique telle qu elle ressort des indicateurs économiques pertinents. À l aide de sondages réalisés auprès des consommateurs à point nommé, au printemps 2007, à la fin de l automne 2008 et à la fin de l hiver , CGA-Canada a voulu cerner le point de vue des Canadiens sur l évolution de leur endettement et sur leur attitude à l égard des dépenses et de l épargne. Malheureusement, force est de reconnaître que la situation financière des ménages canadiens a continué de se détériorer. Cela dit, les études du type de celle que nous venons de réaliser doivent conscientiser davantage les Canadiens et se traduire par des changements dans les comportements et les politiques susceptibles d optimiser la productivité et le bien-être. C est le but de notre démarche. Entre la croissance des déficits publics, la mondialisation de la concurrence et l anticipation de pressions extrêmes sur la sécurité des retraites, les Canadiens auront tout intérêt à gérer de près leurs ressources individuelles. Il est par ailleurs admis que les actions de la société rejailliront raisonnablement sur la vitalité de la nation. Dans une économie restreinte où les faillites personnelles et les défaillances de cartes de crédit atteignent un sommet, il serait sage que les débiteurs fassent preuve de prudence. De plus, un retour aux dépenses modérées, au remboursement des dettes, à l épargne et à l investissement pourrait être favorable aux particuliers comme au commerce et permettre de mieux soutenir une économie canadienne qui serait moins vulnérable à long terme. Bien que le Canada ait évité une récession longue, l économie mondiale est dans une situation précaire, et il faudra sans doute du temps, ainsi que des mesures responsables, pour contrebalancer les effets de cette dernière crise. Si nous voulons préserver notre système économique traditionnel, c est le moment de faire en sorte que les Canadiens créent une économie moins axée sur la consommation immédiate et un endettement excessif et moins marquée par les difficultés, bref une économie qui exige un changement culturel compatible avec les ressources et les talents dont nous disposons. Anthony Ariganello, CPA (Delaware), FCGA Président et chef de la direction Association des comptables généraux accrédités du Canada 10
11 Introduction Les nouvelles économiques des trois dernières années ont beaucoup attiré l attention même de la part d observateurs généralement indifférents. Plusieurs pays qui traversaient une période de prospérité économique se sont trouvés (souvent très soudainement) en situation difficile. Heureusement, pour d autres pays comme le Canada, la trajectoire de l économie a débouché sur une période intéressante. Au Canada, la «période de prospérité» a consisté en 17 années sans récession, caractérisées par une croissance modeste mais constante du revenu, une forte demande d effectifs et d exportations, une expansion de l activité industrielle et commerciale, et des prix des marchandises avantageusement élevés. La «période difficile» (que certains qualifient de «grande récession») a été marquée par une crise mondiale grave et synchronisée, caractérisée par une montée en flèche du chômage, une chute des prix des marchandises et un risque réel d effondrement du système financier mondial. La «période intéressante», qui est d ores et déjà amorcée, correspond à la formation d un ordre économique mondial dans le contexte duquel la réponse des pouvoirs publics est coordonnée à l échelle internationale, les délais d intervention sont limités, la nécessité d une réglementation plus stricte et plus efficace est avérée et le pouvoir économique commence à passer des pays développés aux pays en développement. On s attend aussi beaucoup à ce que la «période intéressante» se distingue par deux autres éléments essentiels, soient le désendettement et le retour à l épargne au détriment de la consommation. Bien que la correction ait tardé et que l on puisse supposer qu elle s inscrit dans le cycle économique normal, elle peut également signifier que la croissance économique mondiale sera plus instable et moins intense. Même si le système financier canadien est sain et que la stratégie macroéconomique du pays est bien équilibrée, le Canada demeure une «petite» économie et, à ce titre, son bien-être peut dépendre très largement d un vaste éventail de forces économiques mondiales pendant cette «période intéressante». Aussi ironique que cela puisse paraître, la dynamique du recours au crédit par les ménages canadiens est l un des rares éléments qui était resté, du moins à la fin de 2009, pratiquement imperméable à la nouvelle réalité économique. On constate que la hausse de la dette des ménages est forte en «période de prospérité», qu elle résiste remarquablement bien dans les «périodes difficiles» et qu elle semble en voie de se poursuivre dans la «période intéressante» qui se dessine aujourd hui. 11
12 La hausse de la dette des ménages est forte en «période de prospérité», résiste remarquablement bien dans les «périodes difficiles» et semble en voie de se poursuivre dans la «période intéressante» qui se dessine aujourd hui. La culture de la consommation (ou l habitude bien enracinée de dépenser sans compter) constitue probablement l une des variables déterminantes pour expliquer la tendance ininterrompue de l emprunt des ménages. Cependant, les politiques publiques pourraient aussi y contribuer nettement. À l instar de la transformation globale qui s est opérée dans le monde économique, l approche adoptée par les pouvoirs publics à l égard de l endettement des ménages a considérablement évolué. Les années précédant la crise financière ont été caractérisées avant tout par une «non intervention», qui s est accompagnée d une étroite surveillance de la santé financière du secteur des ménages par la Banque du Canada. À mesure que se déployaient la crise financière et le ralentissement économique, les dépenses de consommation sont devenues l une des dernières armes pour stopper la récession et couper court à toute déflation ou dépression. Fin 2008 et début 2009, les mesures de relance extraordinaires mises en place par le gouvernement fédéral visaient très largement à maintenir l accès des ménages (et des entreprises) au crédit. Fin 2009, la Banque du Canada et d autres, notamment l Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada), ont fait part de leurs craintes concernant l endettement excessif des ménages canadiens, et le gouvernement fédéral a annoncé des dispositions visant le resserrement des conditions des prêts hypothécaires. La question de l endettement des ménages peut être examinée sous divers angles. Les autorités monétaires peuvent être plus enclines à faire valoir que le secteur bancaire est susceptible d essuyer des pertes d actif importantes en raison de la vulnérabilité croissante du secteur des ménages. Les établissements de crédit pourraient être plus préoccupés par le recul de leur rentabilité découlant des pertes subies sur les portefeuilles de prêts. Par ailleurs, les ménages peuvent s inquiéter davantage de l accumulation des dettes et de la difficulté à effectuer les remboursements prévus. Cependant, les tensions financières liées à ce dernier point ne se reflètent pas nécessairement dans les ratios financiers calculés à partir de statistiques globales sur l endettement des ménages. Un autre paramètre sensible de l analyse de l endettement des Canadiens est le degré d agrégation des données. La santé financière du secteur des ménages à l échelle nationale est couramment évaluée à un niveau global. Cette approche peut dissimuler le poids de la dette de chaque ménage, diminuant de ce fait la fiabilité des totalisations et des moyennes. Au début de 2007, CGA-Canada a entrepris d analyser le niveau d endettement des Canadiens et les risques associés au fardeau croissant de la dette. Pour ce faire, nous avons intégré les résultats d un sondage d opinion commandé par CGA-Canada à une analyse de l information statistique disponible. CGA-Canada s est à nouveau penchée sur cette question, au printemps 2009, pour comprendre les répercussions de la crise de 2008 sur les finances des 12
13 Canadiens déjà aux prises avec des difficultés financières 1. La conclusion dominante de nos analyses de 2007 et 2009 était que la détérioration rapide du bilan du secteur des ménages devait être considérée comme étant alarmante et que les perspectives d amélioration de la situation financière des ménages étaient peu encourageantes à court terme. CGA-Canada s est à nouveau intéressée à cette question à l hiver 2010 pour comprendre les répercussions du ralentissement économique sur les finances des Canadiens ayant déjà des difficultés financières. La méthode de recherche utilisée au début de 2010 est la même que celle employée en 2007 et en Elle avait pour objectif de comparer les perceptions des Canadiens concernant l évolution de leurs finances avec l information sur la situation réelle que l analyse des données statistiques publiées permettait d obtenir. La détérioration rapide du bilan du secteur des ménages doit être considérée comme étant alarmante. Le sondage d opinion intégré aux projets de recherche mentionnés visait à nous renseigner sur le point de vue des Canadiens concernant l évolution de leur niveau d endettement et leur attitude à l égard des dépenses et de l épargne. Dans le cadre de ce sondage qui reposait sur la perception des répondants, et non sur des chiffres absolus, nous avons demandé aux Canadiens de donner leur opinion sur l évolution des finances de leur ménage au cours des trois dernières années. Le questionnaire a conservé sa structure et son contenu d origine à des fins de comparaison, et la méthode est aussi restée la même pour assurer l uniformité de l analyse, d un cycle d enquête à l autre. Le présent rapport, qui donne suite aux études réalisées en 2007 et en 2008, respectivement, met en lumière l expérience la plus récente des ménages canadiens. Nous devons malheureusement constater que leur situation a continué de se détériorer. On qualifie parfois le repli économique de de «grande récession»; cependant, au moment d écrire ces lignes, il semble que cette «grande récession» n a pas et c est tant mieux duré très longtemps. Au Canada, la récession a officiellement pris fin au troisième trimestre de 2009 et, selon les prévisions, le PIB devait renouer, dès 2010, avec son rythme de croissance d avant la récession 2. Certains observateurs croient toutefois que la reprise économique canadienne, de même que le retour à l expansion de l économie mondiale, demeurent tributaires des éléments suivants : i) la capacité des Américains d accroître leur épargne et de reconstituer la richesse du secteur des ménages, tout en favorisant plus la hausse des exportations et moins la demande des consommateurs pour soutenir la croissance économique; et ii) la capacité de la Chine de s appuyer davantage sur la demande intérieure pour Nous devons malheureusement constater que la situation financière des ménages canadiens a continué de se détériorer. 1 Pour une description détaillée des constatations découlant des études et des résultats des sondages, consultez le rapport de 2007 de CGA-Canada intitulé Où va l argent? La croissance de l endettement des ménages au Canada et le rapport de 2009 intitulé Où va l argent? L endettement des ménages canadiens dans une économie en déroute ( 2 Banque du Canada. Rapport sur la politique monétaire, avril 2010, tableau 4, p
14 alimenter sa croissance 3. Ces objectifs ne sont pas faciles à atteindre compte tenu du point de départ actuel et de l urgence de la situation. La question centrale du rapport de 2007 de CGA-Canada sur l endettement des ménages était la suivante : «Les Canadiens ont-ils trop emprunté?». Compte tenu de l incertitude qui demeure quant à la persistance de la reprise économique et au rythme auquel celle-ci se réalisera au Canada et à l échelle mondiale, ainsi que de l expansion rapide et ininterrompue de la dette des ménages, cette question pourrait rester d actualité très longtemps. En conséquence, CGA-Canada a jugé pertinent d examiner comment les Canadiens voient leur situation financière et s adaptent à la réalité économique qui se fait jour dans le sillage de la «grande récession». Dans le texte qui suit, nous commençons par présenter les principales constatations du sondage d opinion commandé par CGA-Canada en À partir de ces constatations, nous analysons l ampleur des changements économiques intervenus en 2008 et 2009, ainsi que les principaux indicateurs de l endettement des ménages. Ensuite, nous présentons les incidences des chocs économiques actuels sur les ménages endettés. Nous concluons en mettant en évidence les aspects les plus fondamentaux de nos constatations et en proposant certaines recommandations pratiques. L Annexe A décrit la méthode du sondage d opinion réalisé pendant l hiver et fournit les résultats détaillés de celui-ci. L Annexe B contient le questionnaire utilisé pour mener ce sondage d opinion. 3 Au-delà de la reprise : pour une croissance économique soutenue, discours prononcé par le premier sous-gouverneur de la Banque du Canada, Paul Jenkins, devant l Economic Club of Canada, Toronto (Ontario), le 29 mars Sauf indications contraires, les constatations exposées ci-après sont celles qui découlent du sondage effectué en Une comparaison avec les résultats du sondage de 2007 n est fournie que dans le cas où les perceptions des répondants ont présenté une tendance (à la baisse ou à la hausse) notable entre 2007 et Une comparaison avec les résultats du sondage de 2008 est faite lorsque aucune tendance à la hausse ou à la baisse notable n a été observée entre les résultats des trois cycles d enquête. 14
15 Résumé 1 En 2007, puis en 2009, l Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada) a entrepris d analyser le niveau d endettement des Canadiens, les risques associés au poids croissant de la dette et la mesure dans laquelle les crises financières et économiques récentes avaient aggravé la situation financière des Canadiens. Pour ce faire, on a intégré les résultats d un sondage d opinion commandé par CGA-Canada à une analyse de l information statistique disponible. À la fin de l hiver et au printemps de 2010, CGA-Canada s est de nouveau penchée sur la question de l endettement des ménages. Malgré les signes favorables de reprise économique, l incertitude qui demeure quant à la persistance de cette reprise et au rythme auquel celle-ci se réalisera nous pousse à évaluer l évolution des bilans des ménages pendant la période de récession. Le but premier de la recherche a été de cerner le point de vue des Canadiens sur l évolution de leur endettement et de leur patrimoine et d examiner ces constatations dans le contexte de faits et de chiffres publiquement accessibles. Les paragraphes qui suivent présentent les principales constatations faites dans le cadre de l étude en établissant un lien entre les tendances inquiétantes révélées par les Canadiens et celles qui ressortent des statistiques accessibles au public. Première préoccupation : L endettement des ménages continue de s accroître Résultats du sondage En 2007, le nombre de répondants dont l endettement diminuait était supérieur à celui dont l endettement augmentait. La situation est inversée en 2010, 38 % des répondants ayant indiqué que leur dette avait augmenté, tandis que seulement 33 % affirmaient que leur dette avait diminué. La majorité des répondants ayant signalé une hausse de la dette du ménage se disent très préoccupés (40 %) ou assez préoccupés (46 %) à l égard de leur dette croissante. La proportion des répondants très préoccupés a nettement augmenté comparativement à 2007, où elle était de 36 %. En 2010, environ 20 % des répondants ayant des dettes affirment qu ils sont trop endettés et qu ils ont de la difficulté à gérer leur dette, contre 17 % en Des faits et des chiffres La dette des ménages corrigée pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique a progressé sans interruption au cours des deux dernières décennies, de même qu en Si l on répartissait l endettement des ménages également entre tous les Canadiens, chaque 15
16 personne aurait une dette active de quelque $, un montant 2,5 fois supérieur à celui de À compter de 2003, la dynamique de la dette des ménages a changé considérablement, avec l accélération de son taux de croissance. Pendant plus de six ans, le taux d expansion du crédit a dépassé sa moyenne à long terme de 4,5 %. Cependant, au milieu et à la fin des années 2000, l accélération de l endettement des ménages n a pas été soutenue par une croissance économique aussi forte que dans les années La récession récente n a eu qu un effet limité sur le rythme auquel les ménages ont continué de s endetter. Il importe de noter qu en dépit du fait que les taux de croissance des prêts hypothécaires (crédit garanti) ont ralenti en 2008 et 2009, l expansion du crédit à la consommation (crédit généralement non garanti par des actifs dont la valeur est susceptible d augmenter) s est accélérée pendant la majeure partie de cette période. Les ménages substituent le crédit à leur revenu pour consommer. En 2008 et 2009, les Canadiens ont recouru beaucoup plus à l emprunt pour acheter une voiture ou rénover leur maison que lors des années précédentes. À la fin de 2009, par exemple, on empruntait environ 0,75 $ pour chaque dollar payé à l achat d un véhicule motorisé neuf ou d occasion, alors que peu de temps avant, au milieu de 2008, l emprunt des ménages pour chaque dollar payé à cet effet n était encore que de 0,39 $. La part du crédit renouvelable (marges de crédit personnelles et cartes de crédit) par rapport à l ensemble du crédit à la consommation est passée de 21,1 % en 1989 à 77,7 % en Les emprunts par marges de crédit personnelles ont été multipliés par 25 au cours de cette période. Le soutien que procure la valeur nette aux ménages qui empruntent pour consommer a diminué. La valeur nette des propriétaires a chuté, passant d un sommet de 70,8 % au début de 2007 à 67,8 % à la fin de Le Canada occupe le premier rang parmi 20 pays de l OCDE étudiés, pour ce qui est du ratio dette à la consommation-actifs financiers. Cette «première place» correspond à une tendance à long terme. Deuxième préoccupation : Le bilan des ménages continue de se détériorer Résultats du sondage En 2007, très peu de répondants estimaient que la valeur de leurs actifs avait diminué au cours des trois années précédentes. En 2010, environ 37 % des répondants détenant des parts de fonds communs de placement, des actions et des obligations à l extérieur d un REER, et 31 % des répondants ayant des actifs de retraite privés pensent que la valeur de leurs actifs a diminué. Plus d un quart (27 %) des répondants estiment que l accroissement des paiements visant le remboursement de leurs prêts autres que leurs prêts hypothécaires a contribué à l augmentation de leurs dépenses. Plus de la moitié (56 %) des 16
17 répondants jugent que leur revenu est resté le même ou a diminué, tandis que la majorité (85 %) de ceux dont le revenu a augmenté indiquent qu il s agit d une modeste amélioration. Des faits et des chiffres Le ratio dette-revenu a atteint un nouveau sommet de 144,4 % à la fin de Le ratio dette-actifs a atteint 19,4 % à la fin de 2009, comparativement à une moyenne de 15,2 % pour la période comprise entre 1990 et Bien que le ratio dette-actifs ne se soit pas détérioré davantage en 2009, sa stabilité est principalement attribuable à la hausse de la valeur de marché des actifs financiers aux deuxième et troisième trimestres de La mesure dans laquelle les prêts hypothécaires résidentiels sont garantis par des actifs résidentiels a continué de se détériorer au cours des deux dernières années. Cette détérioration a fait passer le ratio prêts hypothécaires-actifs résidentiels à 65,4 % à la fin de 2009, niveau beaucoup plus élevé que la moyenne de 55,0 % observée entre 1990 et Le montant du solde impayé des prêts à la consommation pour chaque dollar d actifs financiers des ménages s est stabilisé à 11,1 % en 2009, après un bond marqué en Les biens de consommation durables n ont pu soutenir l accumulation du crédit à la consommation que dans une mesure deux fois moins importante qu au début des années La baisse des taux d emprunt et de l intérêt effectif payé (exprimé comme un rapport de l intérêt payé à la dette active) n a pas aidé les ménages à réduire la part de leur revenu qu ils consacrent au service de la dette. Les ratios du service de la dette pour les prêts hypothécaires et le crédit à la consommation n ont pas changé en 2009 et ont même été légèrement supérieurs à ce qu ils étaient au milieu des années Le coût réel des prêts hypothécaires pourrait être nettement sous-estimé, car les ratios du service de la dette pour ces prêts ne tiennent pas compte des paiements obligatoires tels que les remboursements de capital, les taxes foncières, les primes d assurance hypothécaire et les charges de copropriété. Par exemple, en Alberta, les taxes foncières et les charges de copropriété ont accru d environ 27 % le ratio du service de la dette moyen pour les prêts hypothécaires en Le solde impayé des prêts à la consommation pour chaque dollar de biens consommés a augmenté considérablement au cours des dernières années, ce qui donne à penser que les ménages ont recours à des prêts de plus en plus considérables pour acheter la même quantité de biens durables ou qu ils ont de plus en plus tendance à utiliser le crédit à la consommation pour acheter des biens non durables. 17
18 Troisième préoccupation : L ampleur des répercussions des chocs économiques récents sur les finances des ménages est encore incertaine Résultats du sondage La moitié (50 %) des répondants croient qu une réduction de salaire de l ordre de 10 % se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier. Quelque 27 % des répondants se sont dits vulnérables à une hausse des taux d intérêt, tandis qu une proportion croissante (43 %) des répondants se disent inquiets quant à leur situation financière prévue à la retraite; cependant, un nombre croissant de non-retraités (32 %) ne mettent pas d argent de côté de façon régulière, ni même en prévision de la retraite. Des faits et des chiffres Le Canada a perdu emplois entre juin 2008 et décembre 2009, ce qui a miné quelque six années de création d emplois. Le chômage caché, représenté par les travailleurs découragés et l emploi à temps partiel imposé, a nettement augmenté en On ne peut pas encore vérifier si le revenu total des ménages a reculé pendant la récession de , car les statistiques sur le revenu global des ménages provenant de différentes sources ne sont généralement disponibles qu environ deux ans après la période de référence. Quelque 79 % des actifs des ménages peuvent être touchés par les fluctuations des marchés des capitaux et de l immobilier. Au fil du temps, la composition des actifs des ménages est devenue plus risquée, moins diversifiée et un peu moins liquide. Les actions et les parts de fonds communs de placement représentaient 19,2 % de l ensemble des actifs des ménages en 2009, soit plus du double du pourcentage enregistré en En revanche, les liquidités et les dépôts, moins risqués, occupent une place moindre dans les actifs des ménages, avec une proportion de 12,3 % en 2009 contre 18,0 % en On peut s attendre à ce que le portefeuille d un ménage moyen génère en moyenne un rendement de 6 %, soit beaucoup moins que le rendement annuel de 11 % enregistré dans les cinq années précédant la récession. Le risque lié aux hausses de taux d intérêt s est accru pour les ménages. La proportion de ménages titulaires de prêts à taux variable est passée de 14 % en 1997 à 25 % en Cette proportion est même plus élevée pour les prêts hypothécaires : en 2009, environ 27 % des prêts hypothécaires étaient des prêts à taux variable et 6 %, des prêts combinant taux variable et taux fixe. Si les taux d intérêt hypothécaires augmentent de deux points de pourcentage, les familles ayant un revenu moyen à élevé pourraient se trouver dans l obligation de resserrer leurs budgets en réduisant leurs «autres dépenses» de 9 % à 11 %, selon des estimations, si elles souhaitent maintenir au même niveau leurs dépenses de nourriture et de transport. Ces «autres dépenses» 18
19 comprennent les meubles et les appareils ménagers, les vêtements, les soins de santé et les soins personnels, les études, les loisirs, les assurances individuelles et les cotisations de retraite. Le nombre de cas d insolvabilité chez les consommateurs a presque doublé au cours des deux dernières décennies, passant de 20,5 pour adultes canadiens en 1990 à 39,0 en Cette tendance à la hausse n a pas ralenti pendant la récession récente, le taux d insolvabilité de consommateurs ayant monté en flèche pour atteindre 56,6 pour La taille moyenne des faillites de consommateurs, correspondant au montant du passif déclaré par faillite (corrigé pour tenir compte de l inflation), a atteint $ en 2009, son niveau le plus élevé en 30 ans. Les montants nets des passifs des consommateurs faillis ont été plus élevés (parfois largement) en 2009 que ceux enregistrés pour toute autre année des deux dernières décennies. Selon des estimations, les mesures de relance budgétaire mises en œuvre par le Groupe des 20 (G20) ont accru l incidence sur le PIB des mesures intérieures prises par le Canada de 3,4 fois en 2009 et de 3,8 fois en Cet effet multiplicateur des mesures du G20 devrait s estomper nettement après 2010 et devenir presque nul en Quatrième préoccupation : La perspective pancanadienne ne révèle pas de différences régionales importantes Résultats du sondage À peine 35 % des résidents du Québec, mais jusqu à 47 % de ceux de la Colombie-Britannique, nous ont dit que leur endettement s intensifiait, comparativement à une moyenne canadienne de 38 %. Environ 41 % de tous les répondants ont indiqué qu ils étaient plus riches aujourd hui qu il y a trois ans. À ce chapitre, les résidents de la Colombie-Britannique ont été les moins enthousiastes, avec seulement 37 % des répondants faisant état d une hausse de leur richesse. Les plus enthousiastes ont été les résidents de l Alberta, qui ont été 46 % environ à se déclarer plus riches aujourd hui. Des faits et des chiffres On a constaté des différences notables dans le ratio du service de la dette entre les provinces en La Colombie-Britannique s est distinguée comme l une des provinces où le poids du service de la dette des ménages est le plus élevé (9,9 % du revenu disponible). L Ontario, le Québec, l Alberta et la Nouvelle-Écosse affichent aussi un ratio du service de la dette plus important qu ailleurs. C est à Terre-Neuve-et-Labrador que ce ratio était le plus faible (6,1 %) en Les pertes d emploi enregistrées au Canada ont été inégalement réparties entre les provinces. Si le nombre d employés a légèrement augmenté dans les provinces de l Atlantique en 2009, on a signalé une baisse de 3 % à 4 % en Colombie-Britannique et en Alberta entre décembre 2008 et la fin de
20 De même, si le taux de chômage a monté de deux tiers en Colombie- Britannique et a presque doublé en Alberta, il ne s est détérioré que très légèrement en Saskatchewan. Les résidents de la Saskatchewan ont vu leur revenu disponible croître de 14,4 % en 2008, alors que le revenu des ménages de Terre-Neuve-et- Labrador a baissé de 0,8 % par rapport à son niveau de Au Manitoba et en Saskatchewan, le nombre des faillites de consommateurs a très peu augmenté entre 2007 et En revanche, la probabilité qu un Albertain fasse faillite a crû deux fois plus vite que la moyenne canadienne. Par ailleurs, l ampleur des pertes financières dues à des faillites de consommateurs diffère selon les provinces. En 2008, les Albertains épargnaient 13,7 % de leur revenu disponible plusieurs fois le taux d épargne des ménages des autres provinces. À l inverse, l épargne des résidents de la Colombie-Britannique était fortement négative puisque, en moyenne, leurs dépenses excédaient leur revenu disponible de 3,4 %. Lorsqu on les examine en parallèle avec les attitudes et les perceptions des Canadiens, les faits et les chiffres présentés ci-dessus permettent de formuler avec une certaine assurance les cinq conclusions suivantes. Premièrement, la rapide détérioration du bilan du secteur des ménages doit être considérée comme étant alarmante. Deuxièmement, les perspectives d amélioration à brève échéance de la situation financière des ménages demeurent incertaines. Troisièmement, la tolérance au risque des établissements financiers ne doit pas être considérée comme un substitut à la sagesse ou au jugement des particuliers en matière de finances personnelles. Quatrièmement, une gestion équilibrée des dépenses, de l épargne et du remboursement de la dette pourrait être une caractéristique souhaitable du comportement des ménages à court terme. Cinquièmement, les perspectives régionales sont essentielles à notre compréhension de la situation financière des ménages. 20
21 L attitude des ménages face à la dette, aux dépenses et à l épargne : une comparaison entre 2007 et Le sondage réalisé à l hiver 2010 reprenait, dans une large mesure, des sondages précédents commandés par CGA-Canada en 2007 et en Se fondant sur la perception des répondants plutôt que sur les montants figurant au bilan, le sondage invitait les Canadiens à réfléchir sur l évolution de leur ménage au cours des trois dernières années. Quatre grands thèmes étaient abordés : i) le niveau d endettement du ménage, ii) la situation quant au revenu, à l actif et au patrimoine, iii) la nature des dépenses et iv) les perspectives en matière d épargne et de retraite. Dans le présent chapitre, nous exposons les constatations clés découlant du sondage et faisons ressortir les principales évolutions des perceptions des Canadiens. L Annexe A décrit plus en détail les résultats du sondage. De plus en plus de Canadiens jugent que leur endettement augmente. Bien que la proportion globale des Canadiens endettés n ait pas changé de façon significative entre 2007 et 2010, un plus grand nombre de Canadiens indiquent maintenant que leur dette augmente. Alors qu en 2007, le nombre de répondants dont l endettement diminuait était supérieur à celui dont l endettement augmentait, la situation est inversée en 2010, 38 % ayant affirmé que leur dette s accroissait, comparativement à seulement 33 % des répondants qui ont indiqué qu elle avait diminué. Le nombre de répondants ayant signalé une forte progression de leur endettement est également plus élevé. Certains groupes socioéconomiques sont particulièrement vulnérables à l accroissement de l endettement. Les ménages ayant un revenu annuel de moins de $, ceux avec des enfants ainsi que les jeunes répondants sont beaucoup plus susceptibles de reconnaître que leur endettement a considérablement augmenté. Le niveau de préoccupation engendré par l accroissement de l endettement des ménages augmente. La consommation plutôt que la constitution du patrimoine demeure la première cause de la hausse de l endettement. Le nombre de Canadiens qui se sont dits plus préoccupés par l accroissement de leur endettement a augmenté (86 % en 2010 contre 81 % en 2007), la 21
22 hausse la plus remarquable ayant trait à ceux qui s inquiètent beaucoup du fait que leur endettement a énormément augmenté. Le nombre de personnes qui ont estimé être trop endettées et avoir de la difficulté à gérer leur dette a aussi pris de l ampleur, particulièrement chez les répondants dont l endettement a augmenté. Cependant, la très grande majorité des ménages (80 %) demeurent convaincus qu ils peuvent soit gérer efficacement leur dette actuelle, soit accroître leur niveau d endettement. L augmentation de l endettement demeure principalement motivée par la consommation plutôt que par la constitution du patrimoine. Quelque 56 % des répondants ont affirmé que les frais de subsistance courants étaient la cause première de l accroissement de leur endettement, soit une hausse de 4 % par rapport à 2007 (52 %). Par contre, les dépenses pouvant s avérer profitables, notamment celles consacrées à l achat d une maison, à des études ou à des soins de santé, figurent parmi les causes d accroissement de l endettement les moins probables. En dépit du fait que la plupart des répondants ont déclaré qu ils se jugeaient capables de gérer leur dette, la majorité d entre eux (63 %) estiment que leur endettement restreint leur capacité d atteindre leurs objectifs financiers dans au moins un des domaines importants que sont la retraite, les études, les loisirs et les voyages, et la sécurité financière en cas de circonstances imprévues. Moins de Canadiens font état d une évolution positive de leur revenu et de leur patrimoine, et peu sont conscients du fait que des chocs économiques peuvent avoir des conséquences défavorables sur leur bien-être financier. Si les Canadiens ayant répondu au sondage en 2007 étaient peu nombreux à se montrer optimistes quant à la croissance de leur revenu, ils étaient susceptibles d être encore moins nombreux à faire état de changements positifs en Plus de la moitié (56 %) des répondants ont en effet indiqué que leur revenu était resté stable ou avait diminué au cours des trois dernières années, tandis que la majorité (85 %) de ceux dont le revenu a augmenté ont indiqué qu il s agissait d une modeste augmentation. L évolution de la valeur des actifs semble refléter les conditions du marché. Au moins trois répondants sur dix ont indiqué une baisse de la valeur de leurs placements dans des fonds communs, des actions, des obligations et des régimes de retraite privés; cependant, quelque 57 % des répondants ayant des actifs immobiliers ont jugé que la valeur de ceux-ci avait augmenté. Ces résultats contrastent avec le sondage de 2007, alors que très peu de répondants avaient 22
23 estimé que la valeur de leurs actifs, toutes catégories confondues, avait diminué au cours des trois dernières années. À l instar de leurs perceptions quant au revenu et aux actifs, la perception des répondants à l égard du patrimoine a évolué. En 2010, quelque 41% de tous les répondants ont jugé qu ils étaient plus riches qu il y a trois ans; cela représente une nette diminution par rapport aux 57 % qui s étaient dits plus riches en Comparativement au sondage de 2007, une proportion plus importante de répondants au sondage de 2010 se sont dits vulnérables aux variations du marché boursier et du marché de l habitation. Par contre, cette proportion est inférieure à celle enregistrée en Par ailleurs, plus du quart (26 %) des répondants ne croient pas qu une baisse modérée du marché de l habitation ou du marché boursier, une hausse des taux d intérêt ou une réduction du salaire ou de l accès au crédit se répercuteraient de façon marquée sur leur bien-être financier. Le quart des Canadiens seraient incapables de faire face à des dépenses imprévues; pourtant, les Canadiens épargnent encore moins qu avant. Même en pouvant compter sur l assistance temporaire que leur procure une carte de crédit ou une marge de crédit, le quart des Canadiens seraient incapables d assumer une dépense imprévue de $ et 10 % auraient de la difficulté à faire face à une dépense inattendue de 500 $. Les répondants endettés et ceux qui ne mettent pas régulièrement de l argent de côté se sont révélés beaucoup plus susceptibles d indiquer qu ils seraient incapables de régler une dépense imprévue de 500 $ ou $. La difficulté croissante à faire face aux dépenses imprévues ne semble pas être une raison suffisante pour inciter les ménages à épargner davantage. Le tiers (32 %) des Canadiens non retraités n affectent aucune ressource à une formule d épargne régulière quelle qu elle soit, même pas en vue de la retraite. Il s agit d une augmentation marquée par rapport au chiffre de 25 % enregistré en L épargne en prévision des vacances et des divertissements est davantage prioritaire aux yeux des jeunes ménages que l épargne destinée aux études ou au versement initial pour l achat d une maison. La détérioration de la conjoncture économique ne semble avoir eu aucune incidence sur les habitudes d épargne des répondants non plus. La majorité (78 %) des répondants ont indiqué qu ils ne modifieraient pas leurs habitudes d épargne pour se faire ou se refaire un «coussin de sécurité» financier de la taille qu ils croient juste pour eux, tandis que 14 % ont indiqué avoir réduit leur taux d épargne habituel en raison d une perte de confiance à l égard des marchés de capitaux et des possibilités de 23
24 croissance. La proportion de répondants ayant réduit leur épargne est deux fois plus importante qu en La mise en place de nouvelles mesures fiscales d incitation à l épargne (sous la forme des comptes d épargne libres d impôt CELI) n a eu qu un effet limité. Un peu plus d un an après le lancement de cet instrument d épargne, près du tiers (31 %) des Canadiens affirment mal le connaître. Parmi ceux qui en avaient au moins une connaissance générale, plus de la moitié (55 %) n y ont pas eu recours. Ce pourcentage marque un contraste saisissant avec les résultats du sondage de 2008, où 62 % des répondants ayant une connaissance très générale des CELI prévoyaient y cotiser. Quatre Canadiens sur dix ne sont pas certains que leur situation financière à la retraite sera adéquate Quelque 43 % des répondants ne sont pas certains que leur situation financière répondra à leurs besoins à la retraite. La confiance des répondants s est même affaiblie par rapport à Les répondants plus jeunes (et non plus vieux) étaient davantage susceptibles d être anxieux au sujet de leur retraite. Ainsi que l on pouvait s y attendre, le niveau de confiance tendait à s accroître chez les répondants dont le revenu et la richesse augmentaient ou dont la dette diminuait. Moins de la moitié (44 %) des répondants non retraités avaient une bonne idée de l épargne personnelle et des ressources qu ils doivent accumuler pour pouvoir bénéficier d une situation financière adéquate à la retraite. Par rapport au sondage de 2007, ce chiffre témoigne d une incertitude beaucoup plus grande quant à la somme à épargner. Quatre répondants non retraités sur dix qui s attendent à tirer leur revenu de retraite des REER n ont pas une idée claire de la somme qu ils doivent accumuler pour assurer leur bien-être financier à la retraite. Fait intéressant à noter, quelque 8 % des répondants non retraités qui estiment qu un REER sera leur principale source de revenu à la retraite n en ont pas. Les résultats du sondage font ressortir plusieurs tendances inquiétantes, notamment : i) les perspectives d amélioration des habitudes d épargne demeurent faibles, ii) les dépenses des ménages restent axées sur les biens de consommation courante, iii) la prise de conscience de la vulnérabilité aux chocs économiques survient principalement lorsqu ils se produisent, mais pas avant ni après et iv) les ménages moins nantis, qui sont particulièrement vulnérables à l accroissement de leur dette, ne peuvent compter sur une amélioration du revenu ou de la richesse. Ces tendances ne sont pas nouvelles, mais leur importance a évolué dans le contexte actuel d incertitude financière et économique. Dans les pages 24
25 qui suivent, nous tenterons de comprendre les faits et les chiffres empiriques que nous avons recueillis au sujet de l endettement des ménages ainsi que les incidences des chocs économiques sur les ménages toujours plus endettés. 25
26 26
27 L endettement des ménages 3 canadiens : la situation actuelle L analyse présentée dans ce chapitre porte sur l endettement des ménages à la fin de 2009, soit la période la plus récente pour laquelle nous détenons des renseignements pertinents au moment de rédiger ces lignes. En outre, notre analyse s attache à examiner l évolution de l endettement des ménages pendant la période d instabilité financière et de récession de 2008 et 2009 dans une perspective à plus long terme s échelonnant sur les deux décennies précédentes. D une part, l analyse des deux dernières années permet de saisir les caractéristiques des turbulences financières découlant du ralentissement économique, à partir du moment où la crise a commencé à affecter l économie canadienne de façon marquée 5 jusqu à la fin de la récession. D autre part, l analyse dans une perspective à long terme permet d observer la dynamique du crédit des ménages pendant la récession du début des années 1990 et la période , qui englobe quatre années (2004 à 2007) de croissance économique et financière stable, mais également le dérapage des marchés des capitaux au début des années 2000 qui a fait suite à l éclatement de la bulle spéculative des titres technologiques, dite «bulle technologique». Le bouleversement des perspectives économiques ajoute une nouvelle dimension à l analyse de l endettement des ménages. Les paragraphes suivants mettent l accent sur le niveau et la composition de la dette des ménages ainsi que sur l examen des mesures de l endettement des ménages. Nous commencerons notre analyse par un bref aperçu des bouleversements qui ont transformé le paysage économique Aperçu des principaux indicateurs économiques en période de prospérité et de difficulté Les perspectives de l économie canadienne et mondiale se révèlent extrêmement variables depuis quelques années et sont passées d une forte croissance économique aux craintes d un repli pire que la Grande Crise, pour finir par des signes de reprise. Ce bouleversement des perspectives économiques ajoute une nouvelle dimension à l analyse de l endettement des ménages. Il faut déterminer non seulement comment le niveau d endettement a évolué avec le temps, mais également quelle incidence ont sur ce niveau les nouvelles conditions économiques et l incertitude quant à l avenir. 5 Plus particulièrement, la décision annoncée en décembre 2007 par la Banque du Canada d abaisser son taux cible du financement à un jour a été motivée par le resserrement des conditions de crédit et par l exacerbation des pressions de la concurrence sur les exportations canadiennes en raison des perspectives d affaiblissement de l économie américaine. Avant ces événements, cela faisait trois années consécutives que la Banque du Canada haussait son taux cible, à la faveur de la robuste expansion économique canadienne et des pressions accrues sur la capacité de production. 27
28 Conscients de l importance de ce virage, nous jugeons raisonnable d entreprendre notre analyse du niveau d endettement des ménages canadiens par un bref examen de certains indicateurs économiques, tels qu ils s établissaient avant et pendant la récession économique. Parmi le large éventail d indicateurs utilisés habituellement pour jauger la santé de l économie, nous nous concentrons sur ceux qui sont pertinents quant à la capacité des ménages de constituer un patrimoine, de gagner un revenu et de consommer. Trois périodes sont prises en compte : , soit les quatre années les plus récentes de forte croissance économique; 2008, qui a marqué la transition d une économie en forte croissance à long terme à une économie en récession; et 2009, soit la période où les pressions récessionnistes ont été endiguées de même que la période la plus récente à l égard de laquelle des statistiques sont disponibles pour tous les indicateurs. Certains indicateurs liés à la richesse se sont nettement améliorés en 2009, alors que d autres n ont pas affiché une dynamique aussi positive. Comme le montre le tableau 1, certains indicateurs liés à la richesse se sont nettement améliorés en Plus précisément, les marchés boursiers canadiens et américains ont affiché une croissance annuelle supérieure à 10 % en 2009, contribuant ainsi de façon importante à renverser le repli spectaculaire observé sur ces marchés en En effet, cette remontée est plus de deux fois supérieure au taux de croissance annuel moyen enregistré au cours de la période Cependant, ces développements favorables ne se sont pas répercutés sur le marché immobilier canadien, qui s est contenté d une légère croissance en 2008 et a subi une baisse de croissance en Tableau 1 Quelques indicateurs économiques (taux de croissance annuel moyen, à moins d indication contraire) * Corrigés pour tenir compte de l inflation Indicateurs liés à la richesse S&P/TSX 13,9 % -35,0 % 30,7 % S&P 500 É.-U. 7,2 % -38,5 % 23,5 % Indice des prix des maisons neuves 7,0 % 0,4 % -0,9 % Indicateurs liés au revenu Taux de chômage (moyenne de la période) 6,6 % 6,1 % 8,3 % Total des heures réellement travaillées 2,0 % 0,6 % -4,1 % Bénéfices des sociétés avant impôts* 3,6 % 1,6 % -31,8 % Indicateurs liés au comportement des consommateurs Indice de confiance des consommateurs (moyenne de la période) 102,75 98,73 97,64 Consommation des particuliers 2,6 % 2,4 % 0,3 % Commerce de détail* 4,7 % 2,6 % -1,2 % PIB réel 2,8 % 0,4 % -2,6 % Sources : Tableaux CANSIM , , , , , , , , et ; portail des statistiques de l OCDE; calculs de CGA-Canada. 28
29 Certains indicateurs n ont pas affiché une évolution aussi positive, notamment les indicateurs liés au revenu, qui se sont dégradés. Si le taux de chômage a été relativement faible pendant les années de forte croissance économique et a même continué de baisser en 2008, il a enregistré une hausse de plus de deux points de pourcentage en Le total des heures réellement travaillées a également diminué, témoignant du nombre considérable de mises à pied dans les entreprises. Bien qu ils ne représentent pas une source directe de revenu des ménages, les bénéfices des entreprises sont liés de deux façons importantes au secteur des ménages : ils influent sur les revenus d emploi et de placement touchés par les particuliers et annoncent l évolution à venir de la demande de main-d œuvre. Comme le montre le tableau 1, les bénéfices des entreprises ont diminué considérablement en Il s agit d un des plus importants reculs annuels des dernières décennies. Les indicateurs relatifs au comportement des consommateurs témoignent de la disposition des ménages à dépenser et de la perception des gens quant aux conditions économiques actuelles et futures. Les trois indicateurs consommation des particuliers, confiance des consommateurs et ventes au détail ont nettement reculé en 2009 par rapport à 2008 et aux quatre années précédentes. Le produit intérieur brut (PIB) réel ne témoigne pas directement de la capacité des ménages à constituer un patrimoine, à gagner un revenu et à consommer, mais il est l indicateur du bien-être de la nation le plus couramment utilisé. Comme les autres indicateurs mentionnés précédemment, le PIB réel s est sensiblement dégradé en Chaque Canadien s est appauvri de $ par rapport à 2008, le PIB réel par personne ayant fléchi de $ en 2008 à $ en Il convient de noter que la majorité des indicateurs liés au revenu et au comportement des consommateurs, y compris le PIB réel, se sont améliorés à la fin de 2009 comparativement à la première moitié de l année, dégageant même une tendance positive au début de Cependant, nous constaterons mieux la pleine mesure de cette amélioration, si elle persiste, à la lumière des données statistiques recueillies pour 2010 et les années suivantes. 6 D après les tableaux CANSIM et Le PIB réel est exprimé en dollars de 2002; calculs de CGA-Canada. 29
30 3.2. Niveau et composition de la dette des ménages Résultats du sondage La proportion de répondants dont la dette a augmenté est passée de 35 % en 2007 à 38 % en La dette des ménages mesurée en chiffres absolus a culminé à un nouveau record de 1,41 billion de dollars en décembre Si on répartissait également la dette des ménages entre tous les Canadiens, chaque personne aurait une dette active de plus de $ en date de La dette des ménages 7 mesurée en chiffres absolus a culminé à un nouveau record de 1,41 billion de dollars en décembre 2009, ce qui ne devrait pas nous surprendre. La supposée extravagance dont les ménages canadiens font preuve dans leurs habitudes de dépenses, de même que des facteurs plus systématiques comme l accroissement constant de la population et les tendances positives de l inflation, créent des conditions préalables naturelles à la croissance de l endettement en chiffres absolus. Cependant, même lorsque le niveau d endettement est corrigé pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique, la dette des ménages affiche une tendance haussière continue sur les vingt dernières années. De fait, si on répartissait également cette dette entre tous les Canadiens, chaque personne aurait une dette active de plus de $ en date de 2009, montant 2,5 fois supérieur à celui de 1989 (graphique supérieur de la figure 1). Même si le niveau d endettement des ménages affiche une tendance haussière depuis la plupart des vingt dernières années, la vitesse de cette croissance varie. Les années 1990 et le début des années 2000 sont caractérisés par des variations fréquentes et marquées du taux de croissance du crédit des ménages. Par exemple, le taux de croissance d une année sur l autre (corrigé pour tenir compte de l inflation et de la croissance démographique), qui était presque nul au milieu de 1995, a atteint près de 5 % à la fin de 1997 et est devenu négatif au milieu de En revanche, à compter de 2003, la dynamique de la dette des ménages a changé considérablement, affichant un taux de croissance nettement plus élevé qui n a jamais fléchi sous la moyenne à long terme des 4,5 %, même pendant la période de récession de Fait intéressant, les fluctuations du PIB indicateur qui témoigne du rythme global de l expansion économique et du bien-être des Canadiens s apparentaient beaucoup à celles de la dette des ménages, particulièrement dans les années À l époque, l expansion de l endettement des ménages reflétait assez bien l évolution de la situation économique dans son ensemble. 7 La dette des ménages est définie comme étant le solde impayé des prêts aux ménages consentis aux clients des institutions financières qui font partie du système financier canadien (banques à charte, sociétés de fiducie et de prêts hypothécaires, coopératives d'épargne et de crédit et caisses populaires, compagnies d'assurance-vie, caisses de retraite, sociétés à but spécial et établissements de crédit ne recevant pas de dépôts, et autres institutions financières). Le solde impayé des prêts aux ménages correspond quant à lui aux soldes impayés des prêts à la consommation et des prêts hypothécaires à l habitation. 30
31 À partir de 2003, toutefois, l accélération de l endettement des ménages n a pas été soutenue par une croissance économique aussi forte que dans les années 1990 (graphique inférieur de la figure 1). Figure 1 Dette des ménages canadiens, Dette totale des ménages Milliards de dollars Dollars constants de 2009 À partir de 2003, l accélération de l endettement des ménages n a pas été soutenue par une croissance économique forte Dette totale des ménages (G) Dette des ménages, par personne (D) Dette des ménages et croissance économique (variation annualisée) 10 % 9 % 8 % 7 % 6 % 5 % 4 % 3 % 2 % 1 % 0 % -1 % -2 % % -4 % -5 % Mois de récession Dette totale des ménages PIB réel Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. 31
32 Contrairement au dernier ralentissement économique, la récession de n a eu qu un effet très modeste sur l expansion du crédit aux ménages Crédit hypothécaire à l habitation et crédit à la consommation La dette des ménages regroupe le crédit hypothécaire à l habitation et le crédit à la consommation. Pendant des années, la croyance populaire voulait que la croissance du crédit hypothécaire soit moins préoccupante que la hausse du crédit à la consommation, puisque l emprunt hypothécaire est garanti par des actifs résidentiels tandis que le crédit à la consommation ne s appuie pas sur des actifs qui peuvent prendre de la valeur. Pour certains, cela revient à dire qu il y a des «bonnes dettes» et des «mauvaises dettes» 8. De récents développements sur le marché américain de l immobilier résidentiel, entre autres, ont remis cette idée en question. Par exemple, les prix des biens immeubles ont chuté d au moins 80 % dans une grande partie de Detroit au cours des trois dernières années, le prix moyen d une maison vendue dans cette ville s étant établi à $ en Même si, contrairement aux crédits à la consommation, les crédits hypothécaires conservent leur statut de prêts «garantis» sur les marchés plus efficients, l exemple américain pourrait signifier que la polarisation habituelle «bonne dette»-«mauvaise dette» est peut-être un peu trop simpliste dans le contexte financier actuel. L expansion rapide du crédit à la consommation au cours des années 1990 a fait craindre que la composition de la dette des ménages marque une tendance trop prononcée en faveur du crédit non garanti. Par contre, depuis le tournant du vingt et unième siècle, seuls des changements très subtils ont été observés : la proportion représentée par le crédit à la consommation est passée de 30 % au début de 2000, soit le niveau le plus bas de la décennie, à 31,7 % à la fin de Lorsqu on compare deux périodes distinctes des vingt dernières années, des différences notables apparaissent en ce qui concerne la dynamique de l endettement des ménages. Comme on pourrait s y attendre, les années de forte croissance économique ( ) sont caractérisées par un accroissement beaucoup plus rapide du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation par rapport à la moyenne à long terme, tandis que les années de récession de la décennie 1990 se traduisent par un taux de croissance négatif du crédit à la consommation et par un ralentissement marqué du recours au crédit hypothécaire. Contrairement au dernier ralentissement économique, la récession de n a eu qu un effet très modeste sur l expansion du crédit aux ménages. Le crédit hypothécaire et le crédit à la consommation ont continué d afficher un taux de croissance annuel moyen comparable à celui qu on a pu relever pendant les périodes de croissance économique, et nettement plus élevé que la moyenne à long terme (graphique supérieur de la figure 2). 8 Consulter l article de Tom McFeat, «Buy now, pay later: Canadians and debt» (CBC NewsOnline, 12 septembre 2006) sur le site CBC.ca. 9 McGreal, C. «Detroit Homes Sell for $1 Amid Mortgage and Car Industry Crisis», Guardian.co.uk. (Article accessible à l adresse 32
33 Figure 2 Croissance des composantes de la dette des ménages 9 % 8 % 7 % 6 % 5 % 4 % 3 % 2 % 1 % 0 % -1 % -2 % -3 % -4 % -5 % Croissance moyenne annuelle (corrigée en fonction de l inflation et de la croissance démographique) 3,7 % -2,6 % Récession précédente ( ) 7,4 % 8,0 % Période de croissance économique ( ) 5,9 % 5,8 % Récession actuelle ( ) 4,3 % 4,7 % Moyenne à long terme ( ) La croissance du crédit hypothécaire était plus globalement sensible aux fluctuations de l économie que celle du crédit à la consommation. Prêts hypothécaires Crédit à la consommation 12 % Variation annualisée (corrigée en fonction de l inflation et de la croissance démographique) 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % -2 % Prêts hypothécaires Crédit à la consommation Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. En examinant plus attentivement la dynamique du crédit pendant les périodes de récession, on relève d autres dimensions intéressantes. Même si la croissance du crédit hypothécaire et du crédit à la consommation a connu un net ralentissement entre juin et septembre 2008, le taux d expansion du crédit à la consommation a rapidement rebondi dans les mois qui ont suivi, pour finalement augmenter en Le taux de croissance du crédit hypothécaire, 33
34 quant à lui, est demeuré à la traîne pour le reste de 2008 et en 2009 (graphique inférieur de la figure 2). Cette dynamique est intéressante, car elle montre que la croissance du crédit hypothécaire était plus globalement sensible aux fluctuations de l économie que celle du crédit à la consommation. En revanche, le ralentissement qui a caractérisé le crédit hypothécaire et le crédit à la consommation ne présente aucune similitude avec celui du début des années 2000, et la «grande récession» n a eu qu un effet très modeste sur le rythme auquel les ménages ont continué de s endetter. Les emprunts par marges de crédit personnelles ont été multipliés par 25 entre 1989 et Un examen plus attentif du crédit à la consommation 10 Résultats du sondage 56 % des répondants affirment que les frais de subsistance courants sont la cause première de l accroissement de leur endettement. Le crédit à la consommation comprend les programmes de prêts personnels, les prêts sur cartes de crédit, les marges de crédit personnelles et les autres prêts personnels. Au cours des vingt dernières années, les ménages canadiens ont manifesté de nouvelles préférences pour certains types de crédit à la consommation. À la fin des années 1980, les consommateurs avaient principalement recours aux programmes de prêts personnels et aux autres prêts personnels. En 1989, ces derniers représentaient pour les banques à charte plus des trois quarts de l ensemble des prêts à la consommation existants. À la fin de 2009, toutefois, les marges de crédit personnelles remportaient la palme avec environ 60 % du crédit à la consommation consenti par les banques à charte, loin devant les prêts sur cartes de crédit. Chose intéressante, cette transition est principalement attribuable à la hausse considérable des emprunts par marges de crédit personnelles, qui ont été multipliés par 25 entre 1989 et Le recours accru aux cartes de crédit a également joué un rôle dans la pondération des diverses composantes du crédit à la consommation, mais dans une bien moindre mesure que les marges de crédit (figure 3). La hausse constante du recours à ces formes de crédit n a pas fléchi pendant la dernière récession. 10 Il faut noter que les statistiques recueillies par la Banque du Canada sur les composantes du crédit à la consommation portent uniquement sur le crédit consenti par les banques à charte. L'analyse s'en trouve limitée, car elle ne tient pas compte des autres établissements financiers. Néanmoins, en décembre 2009, les banques à charte détenaient 75 % du solde impayé du crédit à la consommation des Canadiens et, en l absence de données empiriques plus complètes, il est raisonnable de supposer que la dynamique des différentes catégories de crédit à la consommation accordé par les banques à charte trace un portrait relativement fiable de la situation générale. 34
35 Figure 3 Composition du crédit à la consommation Banques à charte Marges de crédit personnelles Prêts sur cartes de crédit Programmes de prêts personnels Autres prêts personnels Crédit à la consommation par personne (corrigé en fonction de l inflation) % de l ensemble du crédit à la consommation consenti par les banques à charte 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 7,3 % Composantes du crédit à la consommation 60,4 % 54,0 % 24,9 % 16,6 % 13,9 % 15,5 % ,4 % Dollars constants de 2009 Programmes de prêts personnels (D) Prêts sur cartes de crédit (D) Marges de crédit personnelles (G) Autres prêts personnels (D) Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. 35
36 L utilisation croissante des marges de crédit et des cartes de crédit a ceci d inquiétant qu il s agit dans les deux cas d une forme de crédit renouvelable aux termes duquel seul un versement minimal (ou le paiement des intérêts uniquement) est exigé périodiquement. Sur fond de morosité économique et de tensions financières croissantes, les ménages peuvent être de plus en plus tentés de reporter le remboursement du capital, d où le danger croissant d une spirale d endettement. Cela sans compter que les consommateurs qui effectuent les versements minimaux requis sur le crédit renouvelable conservent une bonne cote de crédit et se voient ainsi encouragés à emprunter davantage. À part les cartes de crédit, qui font figure d exceptions, les autres formes de crédit à la consommation servent habituellement à l achat de biens de consommation durables tels que voitures, meubles et électroménagers. En 2009, cependant, les consommateurs ont été moins portés vers les achats traditionnels qu au cours des années précédentes. Par exemple, les dépenses personnelles en véhicules neufs et d occasion ont diminué de 3,0 %, tandis que les ventes de meubles et de revêtements de plancher se sont repliées de 6,5 % en 2009 par rapport à 2008 (corrigées pour tenir compte de l inflation) 11. Parallèlement, la croissance des ventes d électroménagers et de matériel électronique, ainsi que la consommation personnelle dans son ensemble, n ont pas changé essentiellement. Pourtant, l expansion des marges de crédit et des programmes de prêts personnels s est accélérée. Le fait d emprunter davantage pour acheter moins de biens demeure relativement constant d une catégorie de crédit à la consommation à l autre. Statistique Canada présente les renseignements relatifs aux prêts à la consommation accordés par les banques à charte en fonction du motif de l emprunt, en indiquant par exemple les prêts consentis aux particuliers pour des motifs non commerciaux, comme l achat d une voiture ou d une maison mobile et la rénovation résidentielle. Comme le montre le graphique supérieur de la figure 4, en 2008 et en 2009, les Canadiens ont recouru beaucoup plus à l emprunt pour acheter une voiture ou rénover leur maison que lors des années précédentes. En ce qui concerne les voitures, la hausse est particulièrement marquée. À la fin de 2009, on empruntait environ 0,75 $ pour chaque dollar payé à l achat d un véhicule neuf ou d occasion, alors que peu de temps avant, au milieu de 2008, l emprunt des ménages pour chaque dollar payé à cet effet n était encore que de 0,39 $. Il en va de même pour l achat de meubles, d électroménagers et d autres biens semi-durables (non illustré à la figure 4). De fait, le solde impayé au titre du crédit à la consommation pour chaque dollar de biens consommés fait état d une nette tendance haussière depuis ces dix dernières années. Par exemple, sur la période , le recours au crédit à la consommation a progressé 11 D après les tableaux CANSIM et ; calculs de CGA-Canada. 36
37 trois fois plus rapidement (en moyenne) que les dépenses des ménages consacrées à l achat de biens durables et semi-durables 12. Une telle dépendance à des fonds empruntés pourrait être l indication que l accroissement des contraintes financières subies par les ménages les oblige à recourir au crédit pour la consommation courante plutôt qu à leur revenu. Figure 4 Crédit à la consommation et biens consommés 0,8 $ 0,7 $ 0,6 $ 0,5 $ 0,4 $ 0,3 $ 0,2 $ 0,1 $ 0,0 $ 75 % 70 % 0,57 $ 69,2 % Véhicules motorisés neufs et d occasion et rénovations résidentielles Valeur nette domiciliaire des propriétaires (en pourcentage) 70,8 % 0,75 $ 0,45 $ 0,47 $ 65 % 60 % 65,6 % 67,8 % 55 % 50 % 45 % 40 % Prêts consacrés à l achat de voitures Prêts consacrés aux rénovations résidentielles Sur la période , le recours au crédit à la consommation a progressé trois fois plus rapidement (en moyenne) que les dépenses des ménages consacrées à l achat de biens durables et semi-durables. Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. 12 Statistique Canada définit trois catégories de biens consommés par les individus : i) les biens non durables qui peuvent servir une seule fois, par exemple les aliments, les boissons et certains articles domestiques nécessaires, ii) les biens semi-durables qui peuvent être utilisés à plusieurs reprises et ont une durée de vie prévue utile anticipée d un an environ, par exemple les vêtements et les chaussures, et iii) les biens durables qui peuvent être utilisés de façon répétée durant plus d un an, par exemple les véhicules et les gros appareils ménagers. 37
38 L expansion du crédit à la consommation, en particulier les marges de crédit personnelles, ne s accompagne pas d une hausse connexe de la valeur nette des actifs des consommateurs L expansion du crédit à la consommation, en particulier les marges de crédit personnelles, ne s accompagne pas non plus d une hausse de la valeur nette des actifs des consommateurs. La valeur nette des actifs, qui représente la portion des actifs non empruntée, témoigne habituellement de la capacité du secteur des ménages à s endetter à des fins de consommation. La proportion des actifs des ménages consacrée aux structures résidentielles et aux terrains n a que très peu changé depuis les vingt dernières années, passant de 69,2 % au début de 1990 à un sommet de 70,8 % au début de Cependant, à la fin de 2009, ce pourcentage a chuté à 67,8 %, ce qui a eu pour effet de détériorer encore plus la capacité des ménages d utiliser la valeur nette de leurs actifs comme garantie pour soutenir leurs marges de crédit à la consommation Mesure de l endettement des ménages Les spécialistes mettent en application habituellement une ou plusieurs des trois mesures suivantes pour évaluer l endettement des ménages : i) le ratio dette-revenu, ii) le ratio dette-actif et iii) le ratio du service de la dette. Aux fins de notre analyse, nous examinons d abord l endettement par rapport au revenu et à l actif, puis nous passons au ratio du service de la dette L endettement par rapport au revenu et à l actif Résultats du sondage Les répondants dont le revenu a augmenté et qui ont indiqué être plus riches aujourd hui sont davantage portés à faire état d une diminution de leur dette. Comme on pouvait s y attendre dans un contexte de récession, les deux principaux indicateurs de l endettement des ménages, soit le ratio dette-revenu et le ratio dette-actif, se sont beaucoup détériorés au cours des deux dernières années, particulièrement en 2008, mais la dynamique a été quelque peu différente dans chaque cas. Comme on peut le voir sur le graphique supérieur de la figure 5, le ratio dette-revenu a atteint un nouveau sommet de 144,4 % à la fin de 2009, ce qui constitue une preuve supplémentaire que les particuliers sont prêts à consommer aujourd hui et à payer plus tard. Si cette évolution est le simple prolongement d une tendance à long terme, elle indique également une vulnérabilité à court terme accrue pour les ménages, qui sont maintenant exposés à un risque plus élevé de prendre du retard dans leurs remboursements, surtout si leur portefeuille d actifs privilégie des actifs illiquides ou des actifs dont le prix est très instable. 38
39 Figure 5 Mesure de la dette des ménages 150 % Dette totale des ménages 144,4 % 25 % 120 % 19,4 % 20 % 14,7 % 90 % 73,9 % 60 % 30 % 0 % 15 % 10 % 5 % 0 % Le ratio dette-revenu a atteint un nouveau sommet de 144,4 % à la fin de Ratio dette-revenu (G) Ratio dette-actif (D) Rapport entre les composantes de la dette et l actif 70 % 60 % 50 % 47,0 % 65,4% 11,1% 13 % 12 % 11 % 10 % 9 % 40 % 8,2 % 8 % 7 % 30 % 6 % 5 % 20 % 4 % 3 % 10 % 2 % 1 % 0 % 0 % Prêts hypothécaires-actifs résidentiels (G) Crédit à la consommation-actifs financiers (D) Sources : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. Par ailleurs, les mesures de l endettement des ménages par rapport à l actif sont passées d une croissance graduelle ou inexistante dans les années 1990 et au début des années 2000 à une forte poussée en Plus précisément, le ratio dette-actif a atteint 19,1 % à la fin de 2008, comparativement à une moyenne de 15,2 % entre 1990 et 2007 (graphique supérieur de la figure 5). Si la nouvelle détérioration du ratio dette-actif enregistrée en 2009 a été plutôt 39
40 modeste, le niveau déjà élevé de ce ratio laisse penser que davantage d actifs devront être liquidés pour rembourser les dettes, ce qui revient à accentuer la vulnérabilité à long terme des ménages. En 2008, il est devenu évident que l accroissement de la dette des ménages n est pas le seul facteur expliquant la détérioration de la composition du bilan du secteur des ménages. De même, la stabilisation du ratio dette-actif en 2009 ne doit pas être accueillie avec trop d optimisme. Elle est en effet principalement attribuable à la hausse de la valeur marchande des actifs financiers aux deuxième et troisième trimestres de En outre, le ratio dette-actif n a jamais diminué de façon notable entre 1990 et Par conséquent, la richesse relative des ménages canadiens n a pas enregistré d augmentation particulière au cours des deux dernières décennies. La richesse relative des ménages canadiens n a pas enregistré d augmentation particulière au cours des deux dernières décennies. L évolution des actifs des ménages a également eu une incidence sur la mesure dans laquelle les différentes composantes de la dette sont garanties par les actifs correspondants. Bien que la hausse du crédit hypothécaire ait quelque peu ralenti depuis le début de 2008, la mesure dans laquelle les prêts hypothécaires résidentiels sont garantis par des actifs résidentiels a continué de se détériorer au cours des deux dernières années. Cette détérioration a fait passer le ratio prêt hypothécaire-actifs résidentiels à 65,4 % à la fin de 2009, un niveau beaucoup plus élevé que la moyenne de 55,0 % observée entre 1990 et 2007 (graphique inférieur de la figure 5). La situation est quelque peu différente pour le crédit à la consommation. Le montant du solde impayé des prêts à la consommation pour chaque dollar d actifs financiers des ménages s est stabilisé à 11,1 % en 2009, après un bond marqué en Cela dit, la dynamique générale du ratio crédit à la consommation-actifs financiers se détériore continuellement depuis la fin des années 1990 (graphique inférieur de la figure 5). L érosion de la situation financière des ménages est corroborée par le ratio du crédit à la consommation par rapport aux biens durables. Les biens durables ne s apprécient pas avec le temps et les fluctuations du marché ont une influence très limitée sur la valeur des biens durables détenus par les ménages. Néanmoins, à la fin de 2009, les biens de consommation durables ne pouvaient soutenir l accumulation du crédit à la consommation que dans une mesure deux fois moins importante qu au début des années Concrètement, si le ratio du crédit à la consommation par rapport aux biens durables s établissait à 48,8 % en 1990, il a bondi à 109,9 % à la fin de Ce déclin relatif de l accumulation de biens durables peut s expliquer par la combinaison de deux facteurs : premièrement, la consommation des ménages est de plus en plus axée sur les services, qui constituent maintenant plus de la 40
41 moitié de la consommation des particuliers; deuxièmement, les ménages consomment de plus en plus de biens non durables. Dans un cas comme dans l autre toutefois, cela confirme que les fonds empruntés par les Canadiens sont de plus en plus destinés à la consommation plutôt qu à la constitution du patrimoine Ratio du service de la dette Résultats du sondage 28 % des répondants faisant état d une augmentation de leur dette ont indiqué que les frais d intérêts en étaient la cause principale. Le ratio du service de la dette indique le coût actuel du service de la dette et évalue la capacité d un particulier d honorer ses obligations d emprunt. Ce ratio correspond habituellement à la proportion du revenu disponible des ménages qui doit être affectée aux paiements des intérêts sur la dette existante (ou des intérêts et du capital). On suppose généralement qu une baisse des taux d intérêt permet aux ménages de réduire le poids du service de la dette, soit en bénéficiant directement de cette baisse dans le cas de prêts à taux variable, soit en renégociant des contrats à taux fixe. Les fonds empruntés par les Canadiens sont de plus en plus destinés à la consommation plutôt qu à la constitution du patrimoine. Au Canada, les taux d intérêt sur le crédit des ménages, notamment les prêts hypothécaires, sont en baisse depuis deux décennies. Ainsi, le taux d intérêt sur les prêts à la consommation accordés par les banques à charte est passé de 17,0 % en 1990 à 9,5 % à la fin de 2009, tandis qu un recul encore plus prononcé a été observé pour le taux des prêts hypothécaires résidentiels, qui est passé de 13,2 % à 5,0 % sur la même période. Il n est donc pas surprenant que le taux d intérêt effectif payé par les ménages (exprimé comme un ratio des intérêts payés sur la dette active) ait nettement diminué. Comme on le voit à la figure 6, les paiements d intérêts des ménages sur des prêts hypothécaires et des prêts à la consommation à la fin de 2009 représentaient la plus faible proportion de la dette active de ces 20 dernières années. Cette tendance ne s est toutefois pas entièrement répercutée sur le ratio du service de la dette : si le ratio du service de la dette hypothécaire a quelque peu diminué entre 1990 et 2009, le poids du service attribuable au crédit à la consommation a à peine changé en 20 ans. En outre, pour le crédit hypothécaire comme pour le crédit à la consommation, les ratios du service de la dette ont même légèrement augmenté depuis leurs récents creux au milieu des années 2000 (figure 6). Par conséquent, la baisse des taux d emprunt et de l intérêt effectif payé n a pas aidé les ménages à réduire la part de leur revenu qu ils consacrent au service de la dette. Et si les Canadiens ont considérablement accru 41
42 leur dette par rapport à leur revenu (comme en témoigne le ratio dette-revenu), l allégement des coûts du service de la dette a été bien loin de faire contrepoids. Figure 6 Ratio du service de la dette des ménages Prêts hypothécaires La baisse des taux d emprunt et de l intérêt effectif payé n a pas aidé les ménages à réduire la part de leur revenu qu ils consacrent au service de la dette. 14 % 12 % 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % 11,5 % 6,0 % 4,1 % 4,0 % Ratio du service de la dette Taux d intérêt effectif payé 20 % 18 % 16 % 14 % 12 % 16,9 % Crédit à la consommation 10 % 8 % 7,1 % 6 % 4 % 2 % 3,6 % 3,2 % 0 % Ratio du service de la dette Taux d intérêt effectif payé Note : Le taux d intérêt effectif payé correspond au ratio des intérêts payés par rapport au crédit actif. Sources : Tableaux CANSIM et CGA-Canada computation. La diversité culturelle et géographique, qui est une caractéristique fondamentale du Canada, peut influer sur les attitudes et les habitudes de chacun à l égard des finances. Comme les revenus et la croissance économique ne sont pas 42
43 également répartis entre les différentes régions du pays, et que les différences s accentuent selon qu on est en zone urbaine ou en zone rurale, il est raisonnable de penser que les ménages affichent des niveaux d endettement différents d une province à l autre. Bien que les données sur la répartition de la dette des ménages entre les provinces ne soient pas accessibles facilement, les variations régionales dans le poids du service de la dette sont observables. Des différences notables dans le ratio du service de la dette entre les provinces ont été relevées en 2008 tout comme il y a 20 ans (soit en 1990). Par exemple, pour ces deux années, la Colombie-Britannique s est distinguée comme la province où le poids du service de la dette des ménages est l un des plus élevés au pays, montrant du même coup une tolérance remarquable au changement. À l inverse, certaines provinces ont largement réduit le poids du service de la dette, bien que dans des proportions différentes. Plus précisément, l Ontario, le Québec, l Alberta et la Nouvelle-Écosse ont affiché des ratios du service de la dette nettement plus élevés que les autres provinces en 2008 (graphique supérieur de la figure 7). Des différences notables dans le ratio du service de la dette entre les provinces ont été relevées en 2008 et il y a environ 20 ans. En ne se penchant que sur les paiements d intérêts, on risque de ne pas tenir compte de l intégralité des obligations et des coûts que les ménages doivent supporter au titre du service de la dette. Surtout, ces paiements ne reflètent pas l incidence du remboursement du capital qui (particulièrement dans le cas des prêts hypothécaires) peut constituer l un des remboursements réguliers les plus importants pour un ménage. Les taxes foncières (et, le cas échéant, l assurance hypothécaire et les charges de copropriété) sont d autres exemples de coûts qui deviennent des paiements obligatoires pour les titulaires d un prêt hypothécaire. Pour prendre en compte ces obligations additionnelles, on a établi un ratio des coûts liés à un prêt hypothécaire. Il montre le revenu disponible des ménages en proportion des paiements hypothécaires réguliers (intérêts et capital) et des primes d assurance hypothécaire. Une version étendue de ce ratio visant à inclure les taxes foncières et les charges de copropriété a également été utilisée. Comme on le voit sur le graphique inférieur de la figure 7, le ratio des coûts liés à un prêt hypothécaire varie considérablement d une province à l autre. Si les paiements hypothécaires et l assurance hypothécaire représentent 8 % du revenu disponible des ménages en Colombie-Britannique, ils ne représentent que 5,4 % du revenu disponible des ménages québécois. Des différences régionales subsistent avec la version étendue du ratio, qui tient compte des taxes foncières et des charges de copropriété, mais deux points retiennent l attention. Premièrement, même dans le cas de l Alberta, où la différence entre les deux ratios est la plus petite, la prise en compte des taxes foncières et des charges de copropriété accroît les paiements liés au prêt hypothécaire d un ménage de quelque 27 %. Deuxièmement, les divergences de taxes foncières et de charges 43
44 de copropriété peuvent masquer des différences régionales importantes (ou leur absence) dans le poids du service de la dette des ménages. Figure 7 Poids du service de la dette par province 12 % Ratio du service de la dette 10 % En ne se penchant que sur les paiements d intérêts, on risque de ne pas tenir compte de l intégralité des obligations et des coûts que les ménages doivent supporter au titre du service de la dette. % du revenu disponible des ménages 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % Ont. C.-B. N.-É. Qc Alb. N.-B. Sask. Î.-P.-É. Man. T.-N.-L Ratio des coûts liés à un prêt hypothécaire pour certaines provinces (2008) 12 % 10,5 % 10,4 % 10 % 8,0 % 8,1 % 8 % 7,4 % 7,6 % 7,9 % 6,4 % 5,9 % 6 % 5,4 % 4 % 2 % 0 % C.-B. Ont. Alb. N.-É. Qc Ratio des coûts liés à un prêt hypothécaire Ratio étendu des coûts liés à un prêt hypothécaire (tient compte des taxes foncières et des charges de copropriété) Sources : Graphique supérieur : Statistique Canada, données reçues sur demande. Graphique inférieur : Tableaux CANSIM et ; calculs de CGA-Canada. 44
45 3.4. Comparaison internationale Dans l économie très intégrée et très mondialisée d aujourd hui, il est difficile de parler d un domaine de l activité économique ou d un secteur sans en faire une comparaison internationale. Évaluer les résultats canadiens par rapport à ceux des pays du G7 ou d un groupe plus large de membres de l OCDE est devenu systématique dans de nombreuses études analytiques. Et comme la hausse de l endettement des ménages est une préoccupation majeure pour beaucoup de pays industrialisés, nous complétons notre examen de la situation au Canada par une analyse comparative à l échelle internationale. Dans l ensemble, les ménages canadiens ne sont pas les plus endettés parmi les ménages d autres pays de l OCDE, et leur capacité à gérer leur dette est plutôt bonne quand on l évalue en fonction du ratio dette-revenu. Par exemple, parmi 19 pays de l OCDE pour lesquels de l information est disponible, le ratio dette-revenu du Canada se classe au septième rang et est deux fois moins élevé que celui du Danemark, premier du classement en Cependant, au moins 12 autres pays de l OCDE ont des ratios dette-revenu inférieurs à celui du Canada : le plus faible est de seulement 46 %, contre 139 % pour le Canada (graphique supérieur de la figure 8). Une analyse à plus long terme (1995 à 2008) montre que l endettement des ménages s accroît plus lentement au Canada que dans des pays où l endettement des ménages est plus élevé. L information sur le ratio dette-actif n est disponible que pour 10 pays de l OCDE et ne permet pas une comparaison objective. Cela dit, lorsqu on mesure l endettement des ménages en fonction du ratio dette-actifs financiers des consommateurs, on constate clairement que les ménages canadiens recourent beaucoup plus au crédit à la consommation que leurs homologues d autres pays. En fait, le Canada occupe le premier rang pour ce qui est du ratio dette à la consommation-actifs financiers, parmi 20 pays de l OCDE pour lesquels de l information est disponible (graphique inférieur de la figure 8). Contrairement au ratio dette-revenu, qui augmentait à un rythme un peu plus lent que celui des autres pays, le crédit à la consommation a crû au Canada au même rythme que dans ces pays, ce qui explique bien pourquoi cette «première place» correspond à une tendance à long terme. Les ménages canadiens ne sont pas les plus endettés parmi les ménages d autres pays de l OCDE, et leur capacité à gérer leur dette est plutôt bonne quand on l évalue en fonction du ratio dette-revenu. Une comparaison de l endettement des ménages entre le Canada et les États-Unis peut aussi être intéressante à plus d un titre. Les deux pays présentent un revenu par habitant et un niveau de vie relativement élevés, sont proches l un de l autre du point de vue géographique et ont des liens historiques et commerciaux étroits. Leurs taux d inflation ont été similaires au cours de la dernière décennie, et leurs caractéristiques démographiques sont analogues en ce qui concerne le vieillissement de la population, le niveau de participation au marché du travail et le rôle essentiel que joue l immigration. 45
46 Figure 8 Comparaison internationale du niveau d endettement des ménages en 2008 En termes de ratio dette-actifs financiers, le Canada occupe le premier rang parmi une vingtaine de pays de l OCDE. 320 % 280 % 240 % 200 % 160 % 120 % 80 % 40 % 0 % Ratio dette-revenu 11 % 10 % 9 % 8 % 7 % 6 % 5 % 4 % 3 % 2 % 1 % 0 % Danemark Pays-Bas Norvège Ratio dette-actifs financiers Canada Slovaquie Grèce États-Unis Pologne Royaume-Uni Irlande Danemark République tchèque Suisse Autriche Suède Portugal Corée Norvège Finlande Espagne Pays-Bas Hongrie Allemagne Italie France Belgique Canada États-Unis Japon Finlande Allemagne Autriche Belgique France Hongrie Italie République tchèque Slovaquie Pologne Sources : OECD.Stat, sélection de données : Bilans financiers non consolidés (graphique supérieur : SAF4LINC prêts; graphique inférieur : SAF41LINC prêts à court terme des ménages, SAFASNC actifs financiers des ménages). Extraction du 15 janvier Comme leurs homologues canadiens, les ménages américains ont vu leur endettement croître rapidement au cours des deux dernières décennies, la dette des ménages dépassant les dépenses de consommation et le revenu disponible 13. Cependant, pendant la toute dernière période de récession, certaines différences notables sont apparues dans l évolution de l endettement au nord et au sud de la frontière. Au Canada, les prêts hypothécaires, et surtout le crédit à la consommation, ont continué d augmenter en 2008 et en 2009, à des taux annuels très analogues à ceux enregistrés avant le repli économique. Aux 13 Statistique Canada. «La dette des particuliers», L emploi et le revenu en perspective, n o XIF au catalogue, janvier
47 États-Unis, en revanche, les deux composantes de la dette des ménages ont nettement reculé (tableau 2). Quant à la baisse marquée des taux d intérêt intervenue dans les deux pays à la fin de 2008, elle n a pas beaucoup modifié le poids du service de la dette des ménages, ni au Canada ni aux États-Unis : il est en 2009 à peu près au même niveau qu en Tableau 2 Croissance de la dette des ménages au Canada et aux États-Unis (variation d une année à l autre) Crédit à la consommation Canada 9,1 % 10,4 % 7,5 % 9,5 % États-Unis 4,1 % 5,8 % 1,5 % -4,3 % Pendant la toute dernière période de récession, certaines différences notables sont apparues dans l évolution de l endettement au nord et au sud de la frontière. Prêts hypothécaires Canada 10,6 % 12,3 % 10,2 % 6,9 % États-Unis 11,3 % 6,7 % -1,0 % -2,1 % Ratio du service de la dette Canada 7,4 % 8,1 % 8,1 % 7,5 % États-Unis 13,8 % 13,9 % 13,6 % 13,0 % Note : Les taux de croissance sont basés sur les montants nominaux, non corrigés pour tenir compte des variations saisonnières, de la dette active exprimée dans la devise du pays. Sources : Tableau CANSIM (Canada) et statistiques de la Réserve fédérale (États-Unis); calculs de CGA-Canada. Les résultats de la comparaison internationale doivent être étudiés avec précaution. Le secteur des ménages est défini différemment d un pays à l autre. Ainsi, au Canada, au Japon et en France, ce secteur comprend les entreprises non constituées en personne morale, tandis qu aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne, les dettes et les actifs de ces entreprises sont pris en compte séparément du secteur des ménages. De même, des différences de méthodologie peuvent expliquer une bonne partie des écarts entre les ratios du service de la dette au Canada et aux États-Unis 14. Les différences dans le traitement fiscal des prêts hypothécaires peuvent aussi expliquer des divergences d approche pour le secteur des ménages, en ce qui concerne le rythme auquel les dettes sont accumulées ou éteintes. Aux États-Unis, par exemple, les paiements d intérêts sur les prêts hypothécaires sont déductibles du revenu personnel imposable, ce qui crée un incitatif supplémentaire à l emprunt. Pour leur part, les ménages néerlandais ont tendance à ne pas rembourser le capital sur la durée de leur prêt pour réduire le plus possible leurs paiements d impôt; plutôt, ils utilisent les fonds ainsi libérés pour accumuler d autres actifs O Neill, T. Canada vs. US Debt Service Payments: Standardizing the Measure. BMO Groupe financier, Commentaire, 20 juin Reserve Bank of Australia. «Household Debt: What the Data Show», Bank Bulletin, mars
48 Il ressort de ce que nous venons de dire que l année 2008 et encore plus l année 2009 ont été marquées par une détérioration notable des indicateurs économiques qui reflètent la capacité des ménages de gagner un revenu, de créer de la richesse et de consommer. La dette des ménages a crû plus rapidement qu elle ne l avait fait, en moyenne, au cours des deux dernières décennies, bien que cette accélération ne soit plus soutenue par une croissance économique proportionnelle. Le crédit renouvelable domine maintenant le crédit à la consommation et fait peser le danger croissant d une spirale d endettement. La hausse exponentielle du recours aux marges de crédit personnelles n a pas été accompagnée par une augmentation de la valeur nette des actifs et elle est d autant plus alarmante que ces formules de crédit servent de plus en plus à la consommation et de moins en moins à la constitution du patrimoine. CGA-Canada juge que le niveau d endettement actuel des ménages canadiens est très troublant. Les indicateurs du bien-être financier du secteur des ménages se sont nettement détériorés en 2008 et Il est donc clair que les tensions financières au sein des ménages ont augmenté. Cette augmentation des tensions est corroborée par le poids du service de la dette, qui n a pas diminué malgré la baisse marquée des taux d intérêt et des niveaux relatifs des paiements d intérêts assumés par les ménages. Les divergences régionales ainsi que les obligations non prises en compte (l assurance hypothécaire et les taxes foncières, notamment) peuvent masquer le degré réel des tensions financières subies par les ménages. Ainsi, les faits et les chiffres présentés dans ce chapitre montrent que le bilan du secteur des ménages s est détérioré davantage et qu aucun signe de renversement de tendance n est apparu en dépit de la reprise économique qui s amorce. Nous en concluons que le niveau d endettement actuel des ménages canadiens est très troublant, surtout compte tenu de l ampleur des chocs économiques dont il est question dans le présent document. 48
49 Est-ce la fin des chocs économiques? 4 De toute évidence, le niveau nominal de l endettement des ménages nous en dit peu sur la fragilité de ceux-ci sur le plan financier. L élément qui importe vraiment est la capacité de l emprunteur de rembourser sa dette lorsque les conditions économiques ou sociales ou encore sa situation personnelle changent. L emprunt soutenu rend les ménages plus vulnérables aux développements économiques défavorables, notamment l instabilité croissante du marché de l emploi, l affaiblissement de la valeur des biens et la montée des taux d intérêt. Dans notre rapport de 2007, nous avons expliqué comment l augmentation de l endettement peut amplifier la vulnérabilité des ménages aux chocs économiques et mettre en péril leur capacité future de consommer. Il y a trois ans, cette explication revêtait un caractère largement théorique mais, depuis, les chocs hypothétiques sont devenus une réalité dans la foulée de la crise financière et de la récession de Par conséquent, notre rapport de 2009 visait à examiner l incidence potentielle des trois types de chocs économiques les chocs liés aux revenus, les chocs liés aux prix des actifs et les chocs liés aux taux d intérêt à la lumière des périodes de récession précédentes (soit et ) et des derniers replis boursiers importants. La conclusion principale de cette analyse était que la stagnation ou même la baisse des revenus, le processus lent et long de reconstruction des patrimoines financiers et l alourdissement du fardeau du service de la dette sont probablement les principales caractéristiques des perspectives financières à court terme pour le secteur des ménages. L augmentation de l endettement amplifie la vulnérabilité des ménages aux chocs économiques et met en péril leur capacité future de consommer. Lorsque la récession de battait son plein, elle s annonçait comme la plus grave et la plus profonde depuis la Grande Dépression. Le fait qu elle ait affecté simultanément les pays développés et les pays en développement constituait un de ses traits les plus alarmants. Pourtant, après trois trimestres consécutifs de morosité économique, la récession tirait déjà à sa fin au Canada, le PIB réel affichant une croissance positive au deuxième semestre de Comme les chocs économiques semblent s être résorbés, le présent rapport vise à approfondir les analyses des rapports précédents en cherchant à déterminer l incidence des chocs, le cas échéant, sur les ménages canadiens et leurs finances. 49
50 4.1. Chocs liés aux revenus Résultats du sondage La moitié des répondants estiment qu une réduction de salaire de l ordre de 10 % se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier. En tout, emplois ont été perdus au Canada entre juin 2008 et décembre Bien que les actifs des ménages puissent servir au nantissement des dettes, les paiements destinés à assurer le service de ces dettes sont tirés en grande partie des revenus des ménages. Par conséquent, la réduction des revenus augmente le risque que les ménages ne s acquittent pas de leurs dettes et, éventuellement, qu ils se déclarent insolvables. Au Canada, les principales sources de revenus des particuliers sont peu diversifiées. Les revenus d emploi ont toujours constitué la première source de revenu des ménages et ils comptent pour environ 71 % du revenu total des particuliers. Il n est donc pas surprenant de constater que la perte d emploi est la cause première de la faillite des débiteurs insolvables 16. En général, on distingue deux types de chocs liés aux revenus : l interruption des revenus pour cause de chômage et la baisse des revenus réels pour cause de ralentissement global de l économie Interruption des revenus Comme on peut s y attendre en période de récession, le taux de chômage a nettement augmenté pendant le dernier ralentissement économique, culminant à un sommet de 9 % en août Cependant, l affaiblissement du marché de l emploi s est avéré beaucoup moins important que lors des récessions précédentes; déjà, à la fin de 2009, le taux de chômage chutait sous les 8 %. La plus récente Enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada 17 offre également une lecture encourageante. Les résultats de l enquête indiquent que la proportion des entreprises qui s attendent à une hausse du taux d emploi d ici les douze prochains mois dépasse nettement celle des entreprises qui croient que le taux d emploi continuera à fléchir. Même si ces résultats s annoncent positifs, l enquête fait néanmoins ressortir plusieurs tendances inquiétantes. En tout, emplois ont été perdus au Canada entre juin 2008 et décembre 2009; toutefois, ces chiffres à eux seuls ne brossent pas un portrait complet de la situation. Même si la tendance démographique au vieillissement de la population est abondamment documentée au Canada, la population continue de croître. Par conséquent, chaque année, un nombre grandissant de personnes 16 Meh, C. et Terajima, Y. Unsecured Debt, Consumer Bankruptcy, and Entrepreneurship, Banque du Canada, document de travail , 2008, p Banque du Canada. Enquête sur les perspectives des entreprises, vol. 7.1, 12 avril D après le tableau CANSIM ; calculs de CGA-Canada. 50
51 atteignent l âge actif (15 ans) et peuvent ainsi entrer sur le marché du travail. Par exemple, en 2009 seulement, le nombre de Canadiens en âge de travailler a augmenté de quelque personnes. Certains décident délibérément de ne pas participer au marché de l emploi, notamment les gens qui retournent aux études, qui s occupent à temps plein de leurs enfants ou qui sont à la retraite. (Selon Statistique Canada, ces gens ne sont «pas dans la population active».) Par contre, ces départs ne sont pas toujours définitifs, et bon nombre de personnes passent d un statut à l autre plusieurs fois au cours de leur vie. Compte tenu du repli économique actuel, il serait raisonnable de supposer que davantage de personnes sont disposées à participer de façon active au marché de l emploi, notamment ceux qui s approchent de la retraite et qui décident de continuer à travailler, ou encore les étudiants qui recevaient un soutien financier de leurs parents en période de forte croissance économique mais qui doivent désormais trouver une source de revenu supplémentaire en raison de la dégradation de la situation financière de leurs parents. Si cette supposition s avère exacte, le seul fait de combler les postes perdus pendant la récession ne suffira pas à ramener le taux de chômage au niveau qui prévalait avant la crise. La détérioration marquée du marché de l emploi a eu pour effet de ramener le nombre relatif d emplois au niveau de Comme le montre la figure 9, le taux de création d emplois au Canada a été supérieur à la croissance de la population active jusqu en juin 2008, lorsque la détérioration marquée du marché de l emploi a eu pour effet de ramener le nombre relatif d emplois au niveau de Les données accessibles ne permettent pas d évaluer à quelle vitesse les postes perdus ont été comblés par rapport aux récessions précédentes; cependant, étant donné la lenteur anticipée de la reprise économique, il est concevable d imaginer qu il faudra un bon moment avant que l économie canadienne ne se remette de ces pertes, particulièrement après six ans de création d emplois soutenue. 51
52 Figure 9 Nombre d emplois par tranche de personnes de la population active ,2 Le taux de chômage a monté de deux tiers en Colombie-Britannique Indice, mars 1994 = ,4 et a presque doublé 100 en Alberta Source : Tableaux CANSIM et ; calculs de CGA-Canada. Les disparités régionales constituent une autre tendance inquiétante. Les pertes d emplois enregistrées ont été inégalement réparties entre les provinces. Si le nombre d employés a légèrement augmenté dans les provinces de l Atlantique en 2009, il a baissé de 3 % à 4 % en Colombie-Britannique et en Alberta entre décembre 2008 et la fin de 2009 (diagramme supérieur de la figure 9). Naturellement, ces pertes se traduisent par une dégradation marquée des statistiques d emploi dans les provinces de l Ouest. De fait, le taux de chômage a monté de deux tiers en Colombie-Britannique et a presque doublé en Alberta, atteignant 6,6 % en 2009 contre 3,6 % en 2008 le taux le plus bas du pays à l époque. Les marchés de l emploi d autres provinces, en comparaison, se sont beaucoup mieux comportés en Par exemple, le repli économique n a eu qu un effet négligeable sur la situation de l emploi en Saskatchewan, qui a affiché le taux de chômage le plus bas au Canada en
53 Figure 10 Pertes d emploi et travailleurs découragés ( ) Emplois perdus en % 1 % 0,9 % % des emplois qui existaient en décembre 2008 % de la main-d œuvre 0 % -1 % -2 % -3 % -4 % -5 % 5 % 4 % 3 % 2 % 1 % AB BC ON MB SK QC Provinces de -0,5 % -0,3 % l Atlantique -1,0 % -3,9 % 4,5 % 4,4 % -3,0 % 2,8 % 3,6 % -1,7 % Chercheurs d emploi découragés, personnes en attente d un emploi et travailleurs forcés d'accepter un emploi à temps partiel 2,7 % 2,6 % 2,5 % 3,3 % 1,4 % 2,2 % 2,6 % 2,5 % 2,3 % 2,2 % En 2009, le chômage caché a connu une forte augmentation au Canada; cette hausse est principalement attribuable à trois provinces : l Alberta, la Colombie-Britannique et l Ontario. 0 % Provinces de l Atlantique ON QC BC AB MB SK Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. Ni le nombre d emplois perdus ni le taux de chômage ne rendent compte adéquatement du «chômage caché». Facteur omniprésent de l économie, le chômage caché existe du fait que certains travailleurs, malgré leur désir de travailler, cessent d être activement à la recherche d un emploi en raison de leur découragement face au manque de possibilités. Les travailleurs qui ont un emploi mais qui sont insatisfaits de leur nombre d heures de travail autrement dit, les employés qui travaillent à temps partiel contre leur gré contribuent également au chômage caché. En 2009, cette forme de chômage a connu une forte augmentation au Canada; cependant, cette hausse est principalement attribuable à trois provinces : l Alberta, la Colombie- Britannique et l Ontario (diagramme inférieur de la figure 10). 53
54 Les disparités régionales évoquées précédemment font en sorte que les travailleurs de certaines provinces sont beaucoup plus susceptibles de voir leurs revenus interrompus que leurs homologues d autres provinces. Toutefois, une telle vulnérabilité n est pas représentative du Canada dans son ensemble. Deux facteurs défavorables aggravent en outre la situation. D une part, la proportion des personnes dont le salaire constitue la principale source de revenu est beaucoup plus forte dans le quintile inférieur de revenu que dans toute autre quintile. D autre part, les personnes à faible revenu sont celles dont la dette augmente le plus rapidement 19 ; il s agit par conséquent du groupe le plus sensible à l interruption des revenus Baisse des revenus Résultats du sondage 46 % des répondants qui ont de la difficulté à gérer leurs dettes ont indiqué que cela était principalement attribuable au fait que leur revenu était moins élevé que prévu. En plus des salaires, les revenus des particuliers proviennent également du travail indépendant, de commissions, de placements, de pensions et de paiements de transfert. Comme nous l avons vu dans le rapport de 2009 de CGA-Canada, l évolution des revenus des ménages au cours des trois dernières décennies montre que les revenus provenant des salaires sont particulièrement sensibles aux cycles économiques, ayant notamment affiché une baisse brutale à l occasion des récessions des années 1980 et Qui plus est, les autres sources de revenus ont à peine compensé la baisse des salaires pendant ces périodes. Au moment de rédiger ces lignes, il était impossible de vérifier si la récession de traduit une tendance semblable, étant donné que les statistiques sur le revenu global des ménages provenant de différentes sources ne sont généralement disponibles qu environ deux ans après la période de référence. Pour corriger cette lacune, nous nous reposons sur les estimations mensuelles des revenus des salariés horaires et non horaires ainsi que du total des revenus disponibles des ménages pour étudier la baisse des revenus des ménages. Pour les salariés horaires, la baisse des revenus peut découler de la diminution du nombre d heures travaillées, d un taux horaire moins élevé ou d une combinaison de ces deux facteurs. Le nombre moyen d heures travaillées par semaine affiche effectivement une diminution en 2009 par rapport à 2008 mais, 19 De fait, selon une étude récente de la Banque du Canada, la croissance rapide de la dette des ménages à plus faible revenu constitue l un des principaux faits saillants de l évolution de la dette des ménages pour la période (Source : Meh, C. et coll. Household Debt, Assets, and Income in Canada: A Microdata Study, Banque du Canada, document d analyse ). 54
55 contrairement aux récessions précédentes, cette baisse est négligeable : de 30,3 heures en décembre 2007, ce nombre est passé à 29,7 en décembre De plus, cette baisse s inscrit dans une tendance à long terme amorcée à la fin de 2006; il ne s agit donc pas d un contrecoup direct de la récession. Enfin, l ampleur de la diminution est beaucoup plus faible que la baisse survenue dans la foulée de l éclatement de la bulle technologique au début des années 2000 (graphique supérieur de la figure 11). Figure 11 Revenus des salariés ( ) 22 Salariés horaires 32 Dollars constants de Heures travaillées $ $ $ 900 $ 800 $ 700 $ 600 $ Moyenne des salaires horaires (G) Moyenne des heures hebdomadaires travaillées (D) Revenus des salariés ( ) Dollars constants de 2009 Source : Tableaux CANSIM , , et ; calculs de CGA-Canada. 55
56 Inversement, le taux horaire moyen des salariés horaires s est inscrit en hausse, passant de 20,1 $ l heure en 2007 à 20,5 $ l heure en 2009 (taux corrigé pour tenir compte de l inflation). Ces tendances divergentes ont permis aux salariés de bien résister à la récession et même d enregistrer un surplus de 57 $ en décembre 2009 par rapport à la même période en 2007 (montant corrigé pour tenir compte de l inflation). Autre point positif, les revenus hebdomadaires réels des salariés non horaires se sont accrus de 40,3 $ entre 2008 et 2009 (figure 11). Même si les résultats présentés ci-dessus donnent une impression positive, il est encore trop tôt pour en arriver à des conclusions définitives sur l état de la dette des ménages au sortir de la dernière récession. L accessibilité limitée aux données, dont il a été question précédemment, de même que la nécessité d observer la situation dans une perspective régionale, expliquent pourquoi il faut faire preuve de prudence. Les données de 2008, qui sont les données disponibles les plus récentes, fournissent à ce sujet un bon exemple. En effet, les résidents de la Saskatchewan ont vu leurs revenus disponibles croître de 14,4 % en 2008, alors que les revenus des ménages de Terre-Neuve-et-Labrador ont baissé de 0,8 % par rapport à leur niveau de Cependant, les données regroupées pour l ensemble du pays affichent une solide augmentation de 5,9 % du revenu disponible des ménages 20. La hausse du cours des marchandises, en lien étroit avec la santé des revenus des ménages dans l Ouest, de même que la vigueur du dollar canadien, qui étrangle la capacité d exportation du secteur manufacturier, surtout en Ontario et au Québec, ont très probablement exacerbé les disparités régionales en ce qui concerne les revenus des Canadiens Chocs liés aux prix des actifs Résultats du sondage 19 % des répondants estiment qu une baisse de 10 % du marché boursier se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier. Généralement, les actifs des ménages, comme les actifs de tout autre secteur, sont divisés en deux grandes catégories : les actifs financiers et les actifs non financiers. Les actifs financiers sont notamment les actions, les obligations, les fonds communs de placement et les comptes de dépôt, tandis que les actifs non financiers comprennent les structures résidentielles, les terrains, les véhicules et les objets de collection. Une telle caractérisation des actifs peut toutefois être trompeuse lorsqu on analyse les chocs liés aux prix des actifs. La sensibilité des actifs aux fluctuations des marchés diffère énormément en fonction de 20 D après le tableau CANSIM ; calculs de CGA-Canada. 56
57 l actif et du marché concernés. Des turbulences sur les marchés des capitaux, par exemple, auront peu d incidences sur la valeur des liquidités et des dépôts bancaires, qui appartiennent à la catégorie des actifs financiers. De même, la valeur des véhicules, qui appartiennent à la catégorie des actifs non financiers, sera peu sensible aux fluctuations des marchés, qu il s agisse des marchés de capitaux ou d autres marchés. On peut donc envisager la sensibilité des ménages aux chocs liés aux prix des actifs en groupant les actifs en trois catégories : d abord, les actifs sensibles aux fluctuations des marchés des capitaux, soit les actions, les fonds communs de placement, les actifs des régimes de retraite, les placements étrangers et les placements dans des effets de commerce à court terme; ensuite, les actifs sensibles au marché immobilier, notamment les structures résidentielles et non résidentielles, les terrains et d autres biens immobiliers; enfin, les autres actifs qui ne sont pas sensibles à l évolution des marchés, notamment les dépôts auprès d établissements financiers, les obligations, les biens de consommation durables, l outillage et le matériel, les objets de valeur ou de collection, les droits d auteur et les brevets, etc. En 2009, la majorité des actifs des ménages ont été affectés par la dynamique changeante des marchés : 38,6 % du total des actifs des ménages étaient potentiellement sensibles aux corrections sur le marché immobilier et 40,3 % étaient sensibles aux chocs touchant les marchés des capitaux. Environ 20 % seulement étaient à l abri des fluctuations des marchés (tableau 3) au cours de cette période. Une grande partie de la population canadienne est exposée aux instabilités des marchés des capitaux et de l immobilier. Jusqu à 58,0 % des familles canadiennes pourraient être pénalisées par la baisse des marchés des capitaux, tandis que le bilan de 66,7 % d entre elles pourrait souffrir des variations des prix des logements 21. Lorsqu on étudie l évolution de la composition des actifs des ménages au fil du temps, on remarque clairement qu elle est devenue plus risquée, moins diversifiée et un peu moins liquide. Étonnamment, l appréciation des prix des maisons, l augmentation des taux d accession à la propriété et le boom de la rénovation au cours des dernières années n ont pas beaucoup augmenté la pondération des actifs immobiliers au sein du patrimoine des ménages. Au contraire, les ménages ont considérablement réduit leurs placements dans les actifs qui ne sont pas sensibles à la dynamique des marchés et augmenté leur exposition aux risques des marchés de capitaux. Les actions et les parts de fonds communs de placement, qui sont souvent détenues dans le cadre de régimes de retraite à l abri de l impôt, représentaient 19,2 % de l ensemble des actifs des ménages en 2009, soit plus du double qu en En revanche, les liquidités et les dépôts, moins risqués, occupaient moins de place dans les 21 D'après l'enquête sur la sécurité financière de Statistique Canada, 2005, et le tableau CANSIM
58 actifs des ménages, avec une proportion de 12,3 % en 2009 contre 18,0 % en 1990 (tableau 3). Tableau 3 Exposition des ménages aux chocs liés aux prix des actifs (1990 et 2009) Les actifs des ménages sont devenus plus risqués, moins diversifiés et un peu moins liquides au cours des deux dernières décennies. Actifs sensibles aux marchés des capitaux 29,0 % 40,3 % Régimes de retraite et assurance-vie 17,5 % 20,1 % Actions 8,8 % 19,2 % Placements étrangers 0,7 % 0,8 % Effets de commerce à court terme 1,9 % 0,1 % Actifs sensibles au marché immobilier 36,6 % 38,6 % Structures résidentielles et non résidentielles 22,8 % 20,7 % Terrains 13,8 % 17,9 % Autres actifs (non sensibles à l évolution des marchés)) 34,4 % 21,1 % Dépôts et avoirs en devises canadiennes ou étrangères 18,0 % 12,3 % Biens de consommation durables, outillage et matériel 9,3 % 5,7 % Obligations 3,8 % 1,4 % Autre 3,3 % 1,7 % Source : Tableau CANSIM , calculs de CGA-Canada. Certains analystes soutiennent que les personnes de 50 ans et plus sont les principaux responsables des nouveaux placements dans les actifs liquides comme les dépôts à vue. En effet, 80 % de la hausse des placements enregistrée entre 2001 et 2005 est attribuable à ce groupe d âge 22. Si c est le cas, cela signifie que la liquidité des actifs des ménages ne fait pas que s amenuiser; elle prévaut aussi de plus en plus chez les ménages peu endettés au détriment des ménages dont la dette active est plus élevée. Comme on peut s y attendre, la répartition de la dette et des actifs des ménages au sein des différents groupes d âge est inégale. Les personnes de 35 ans ou moins sont les moins susceptibles de compenser leur dette par des actifs, les Canadiens d âge moyen sont les plus endettés, et les ménages d âge plus mûr se partagent l essentiel des actifs (figure 12). Comme les actifs liquides sont principalement accumulés au sein du groupe dont la dette active est la moins élevée, leur rôle «tampon» contre la hausse de la dette et les créances illiquides sous forme d actifs résidentiels perd en importance. 22 Tal, B. «Taux d'épargne personnelle négatif ; un simple mirage statistique?», Portrait des consommateurs canadiens, Marchés mondiaux CIBC, 13 septembre
59 Figure 12 Répartition de la dette et des actifs des ménages par groupe d âge 100 % % du total des actifs/de la dette 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 32 % 21 % 47 % Les marchés ont enregistré une perte de valeur considérable dans presque toutes les catégories d actifs à la suite de la crise financière de L indice composé S&P/TSX a notamment chuté de près de 29 % entre septembre et octobre 2008, tandis qu en décembre, il s était déprécié de 35 % comparativement à l année précédente. Globalement, le marché boursier canadien s est bien comporté en 2009, contrairement aux marchés mondiaux qui ont continué de perdre de la valeur jusqu en février. En effet, l indice composé S&P/TSX a grimpé d environ 31 % au cours de l année, hausse peu commune depuis le début du millénaire (à l exception de la croissance enregistrée en 2000 juste avant l éclatement de la bulle technologique). De même, le bref repli des prix et des ventes de maisons n a presque pas érodé la valeur des placements immobiliers des ménages (figure 13). Comme nous l avons vu au point 3.3.1, cette dynamique positive a permis aux ménages de stabiliser quelque peu leur situation financière (mesurée en fonction du ratio dette-actifs) après les coups durs encaissés en % 21 % 53 % Moins de 35 ans ans 50 ans ou plus Dette Actifs Note : Données partagées de pour la dette et de pour les actifs. Source : Faruqui, U. Indebtedness and the Household Financial Health: An Examination of the Canadian Debt Service Ratio Distribution, Banque du Canada, document de travail , Tableau 3. La liquidité des actifs des ménages ne fait pas que s amenuiser; elle prévaut aussi de plus en plus chez les ménages peu endettés au détriment des ménages dont la dette active est plus élevée. 59
60 Figure 13 Dynamique du marché boursier et du marché de l habitation au Canada ( ) Il semble que la reconstruction du patrimoine des ménages s annonce comme une entreprise de longue haleine Indice composé S&P/TSX, à la fermeture (D) Indice des prix des logements neufs (G) Source : Tableaux CANSIM et Malgré tout, les perspectives d amélioration demeurent incertaines. Certains observateurs indiquent qu on peut désormais s attendre à ce que le portefeuille d actifs des ménages produise un rendement moyen de 6 %, soit un résultat nettement inférieur au rendement annuel de 11 % enregistré au cours des cinq années qui ont précédé la récession 23. La dynamique du marché de l habitation est également sujette à interprétation (voir le point 5.1 pour en savoir plus). Par conséquent, il semble que la reconstruction du patrimoine des ménages s annonce comme une entreprise de longue haleine Chocs liés aux taux d intérêt Ces dernières années, notre interprétation des chocs liés aux taux d intérêt a changé plus d une fois. En 2007, de même qu au cours des quelques années qui ont précédé, les pressions inflationnistes accrues ont alimenté les craintes de hausse des taux d intérêt. La situation s est complètement renversée en 2008, lorsque la Banque du Canada a entrepris d abaisser son taux d intérêt cible comme principale contre-mesure à la crise financière et au ralentissement économique. Le fait que la Banque du Canada ait réduit son taux de financement à un jour de 4,25 % à 0,5 %, de même que les perspectives réelles d inflation faible ou négative, ont balayé les craintes de hausse des taux d intérêt pour 23 Groupe Financier Banque TD. «Household Balance Sheet Improves, but Debt Growth Constrains Net Worth», Observation, 15 mars
61 faire place à une incertitude relativement aux répercussions des faibles taux et de l inflation négative. Au printemps 2010, on en est revenu à la première interprétation des chocs liés aux taux d intérêt, à savoir qu il y a une très forte probabilité que les taux d intérêt remontent, car les prévisions générales indiquent que la Banque du Canada s apprête à relever son taux de financement à un jour en réaction aux perspectives d inflation ascendante. Les modifications du taux de financement à un jour soit le taux auquel les grands établissements financiers se prêtent entre eux des fonds pour une journée sont censées se répercuter sur les autres taux d intérêt, y compris les taux d intérêt préférentiels des institutions financières. Cet effet de transmission rejaillit directement sur les taux hypothécaires et les autres taux flottants sur les prêts, notamment les marges de crédit et les prêts aux particuliers. Les taux hypothécaires fixes peuvent également être touchés, mais ils le sont par le biais d un mécanisme beaucoup plus complexe de variation de taux sur les marchés obligataires. Quoi qu il en soit, la tendance à plus long terme illustrée à la figure 14 confirme que les intérêts payés par les ménages sur leur dette active tendent à augmenter dans les périodes où la Banque du Canada hausse son taux de financement à un jour. Les intérêts payés par les ménages sur leur dette active tendent à augmenter dans les périodes où la Banque du Canada hausse son taux de financement à un jour. Figure 14 Taux d intérêt effectif des ménages et cible du taux de financement à un jour de la Banque du Canada 11 % 10 % 9 % 8 % 7 % 6 % 5 % 4 % 3 % 2 % 1 % 0 % Taux d intérêt effectif sur la dette des ménages Cible du taux de financement à un jour de la Banque du Canada Note : Le taux d intérêt effectif sur la dette des ménages est calculé en fonction du ratio des intérêts payés sur les prêts hypothécaires et les crédits à la consommation par rapport au total du solde impayé des prêts aux ménages. Les données relatives à la cible du taux de financement à un jour sont prélevées à la fin de chaque trimestre. Source : Tableaux CANSIM , et ; calculs de CGA-Canada. 61
62 À maintes reprises, la Banque du Canada a exprimé des inquiétudes à l égard de la qualité du crédit des prêts consentis aux ménages canadiens, qui pourrait se dégrader avec la hausse des taux d intérêt. Elle a notamment conclu en 2007 que «davantage de ménages pourraient devenir vulnérables aux chocs négatifs si les taux d intérêt affichaient une hausse importante» 24. En décembre 2009, elle a ajouté que «l augmentation soutenue de l endettement des ménages dans un contexte de taux d intérêt en hausse rende [ ] les ménages plus vulnérables 25». Selon les résultats d une simulation de crise effectuée par la Banque du Canada, une hausse forte mais relativement graduelle des taux d intérêt au cours des deux prochaines années pourrait augmenter des deux tiers la proportion des ménages dont le ratio du service de la dette se situe au-delà du seuil de vulnérabilité comparativement aux niveaux observés en La proportion de ménages titulaires de prêts à taux variable est passée de 14 % en 1997 à 25 % en Les conséquences de la hausse des taux d intérêt seront-elles favorables ou défavorables pour les ménages? Cela sera déterminé en grande partie par la durée de la dette et par le ratio dette-actifs de chacun. Par exemple, les taux qui montent peuvent se traduire par un meilleur rendement des actifs financiers des ménages; cependant, ils peuvent entraîner aussi une augmentation des coûts du service de la dette pour les prêts à taux variable. Les ménages qui en sont au début du remboursement de leur emprunt à taux variable sont généralement encore plus vulnérables à la hausse des taux d intérêt, la partie des paiements affectée aux intérêts étant plus élevée au début de la période de remboursement. En ce qui concerne les prêts hypothécaires, il peut en résulter que les paiements mensuels seront plus élevés et que la valeur de la maison sera acquise plus lentement. Même si un emprunt à taux fixe protège les ménages contre le risque d accroissement des frais de service de la dette, la proportion globale des ménages susceptibles de bénéficier d une telle protection a nettement chuté au cours des dernières années. La tendance globale à la baisse des taux d intérêt observée au début des années 2000 a fait baisser le nombre d emprunts à taux fixe, et la proportion de ménages titulaires de prêts à taux variable est passée de 14 % en 1997 à 25 % en Cette proportion est même plus élevée pour les prêts hypothécaires : en 2009, environ 27 % des prêts hypothécaires étaient des prêts à taux variable et 6 %, des prêts combinant taux variable et taux fixe 28. L incertitude liée au rythme et à l amplitude de la hausse des taux d intérêt, ainsi que les grandes variations au niveau de la composition dette-actifs, nuisent à notre capacité d évaluer avec justesse les répercussions de la hausse des taux d intérêt sur les ménages. Toutefois, nous pouvons recourir à un exemple simple 24 Banque du Canada. Revue du système financier, décembre 2007, p Banque du Canada. Revue du système financier, décembre 2009, p Banque du Canada. Revue du système financier, décembre 2009, p et Tableau Faruqui, U. Indebtedness and the Household Financial Health: An Examination of the Canadian Debt Service Ratio Distribution, Banque du Canada, document de travail , décembre 2008, p Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités. Rapport annuel sur l état du marché hypothécaire résidentiel au Canada, 2009, p
63 pour illustrer l ampleur des changements susceptibles d affecter les habitudes de dépense des propriétaires de maison dans un contexte de hausse des taux d intérêt. Dans le cadre de cet exemple, supposons que le taux d intérêt d un prêt hypothécaire sur cinq ans augmente de deux points de pourcentage, soit de 4,5 % à 6,5 %. Dans ce contexte, une famille qui souhaiterait prendre une hypothèque de $ assortie d une période d amortissement de 25 ans devrait payer quelque $ de plus par année en versements hypothécaires. Pour un prêt hypothécaire de $, ce montant grimperait à $. Sur une période de cinq ans, la différence s établirait à $ et à $, respectivement. Si le montant de l emprunt hypothécaire était de $, on parlerait plutôt d une somme de près de $ sur cinq ans (tableau 4). Tableau 4 Incidence d une hausse des taux d intérêt sur les versements hypothécaires Hypothèque $ $ $ Versements hypothécaires mensuels Taux d intérêt de 4,5 % 834 $ $ $ Taux d intérêt de 6,5 % $ $ $ Certains ménages pourraient devoir réduire leurs dépenses de 9 % à 11 % pour pallier la hausse des taux d intérêt. Augmentation des versements hypothécaires attribuable à la hausse du taux d intérêt Annuelle $ $ $ Sur cinq ans $ $ $ Source : Calculs de CGA-Canada au moyen du Calculateur de versements hypothécaires de la Banque Scotia (accessible en ligne à l adresse Pour faire face à l augmentation de leurs versements hypothécaires, les propriétaires de maison devront réduire leurs dépenses courantes. Il est raisonnable de supposer que le prêt hypothécaire de $ a été accordé à une famille à revenu moyen (troisième quintile de revenu), et celui de $, à une famille à revenu moyen à élevé (quatrième quintile de revenu). D après les données de Statistique Canada 29, une famille à revenu moyen dépense typiquement (au total) quelque $ par année, et une famille à revenu moyen à élevé, $ par année. Un pourcentage de 63 % de l ensemble des dépenses de ces deux types de famille est attribué à quatre catégories : logement, nourriture, transport et impôts des particuliers. Si le taux hypothécaire passe de 4,5 % à 6,5 %, comme nous l avons vu précédemment, et que les familles entendent maintenir au même niveau leurs dépenses de nourriture et de transport (supposons que les coûts associés au logement et aux 29 Statistique Canada. Les habitudes de dépenses au Canada, n o X au catalogue, 2009, p. 11, Tableau 2. 63
64 impôts sont fixes), une famille à revenu moyen devrait réduire de 9 % ses «autres dépenses», tandis qu une famille à revenu moyen à élevé devrait resserrer son budget de 11 % pour pallier la hausse des taux d intérêt. Ces «autres dépenses» comprennent les meubles et les appareils ménagers, les vêtements, les soins de santé et les soins personnels, les études, les loisirs, les assurances individuelles et les cotisations de retraite. La faillite personnelle peut être un bon indicateur de l augmentation des problèmes sociaux et financiers résultant de l accroissement des dettes. À l heure actuelle, il est difficile d évaluer avec certitude si une hausse de deux points de pourcentage des taux d intérêt est réaliste ou non. La hausse de 65 points de base des taux hypothécaires résidentiels, annoncée par l ensemble des grandes banques canadiennes en l espace de deux semaines en avril , semble toutefois indiquer que des hausses rapides et importantes des taux d intérêt sont probables Aperçu de l insolvabilité des consommateurs Résultats du sondage La proportion des répondants endettés qui affirment avoir du mal à gérer leur dette est passée de 17 % en 2007 à 20 % en Au Canada, l insolvabilité des consommateurs est une situation qui regroupe les faillites et les propositions de consommateurs. La faillite est un processus juridique permettant aux particuliers qui connaissent des difficultés financières de liquider leurs actifs afin de radier leurs obligations de crédit non garanti. La proposition de consommateur permet, quant à elle, aux débiteurs de réaménager leurs dettes pour éviter la saisie de leurs actifs sous-jacents. La faillite personnelle est généralement considérée comme une solution de dernier recours pour composer avec les difficultés financières. Elle peut donc être un bon indicateur de l augmentation des problèmes sociaux et financiers résultant de l accroissement des dettes. Il s agit d un indicateur conjoncturel qui suit de près les variations du cycle économique, c est-à-dire qu il augmente en période de récession et qu il diminue le plus souvent en période de reprise économique. Par conséquent, il est normal d observer des pics et des creux lorsqu on étudie le niveau des faillites. Les chercheurs estiment en outre que l évolution conjoncturelle est loin d être le seul élément qui influe sur le niveau des faillites de consommateurs. Par 30 Consulter par exemple l article RBC Hikes Fixed Mortgage rate du 13 avril 2010 sur le site CBC.ca (accessible à l adresse et l article de E. Lam intitulé CIBC, TD, Laurentian Latest Hike Mortgage Rates, paru dans le Financial Post le 14 avril 2010 (accessible à l adresse 64
65 exemple, l augmentation du ratio dette-revenu est l un des déterminants largement reconnus de l insolvabilité des consommateurs. Le nombre des faillites est également influencé par d autres éléments comme la variation des revenus permanents et temporaires, le niveau des dépenses obligatoires, les dettes de cartes de crédit d une ampleur disproportionnée, la propension générale des gens à se déclarer en faillite lorsque leur situation financière se dégrade, et peutêtre même, des considérations stratégiques de la part des consommateurs 31. Dans une étude portant sur l insolvabilité des consommateurs dans le contexte canadien 32, on constate que, parmi les facteurs non conjoncturels (c.-à-d. ceux qui ne réagissent pas directement aux soubresauts de l économie), le ratio de la dette totale au revenu est celui qui a les répercussions à long terme les plus importantes sur le nombre de faillites de consommateurs. Il s agit peut-être d une des raisons pour lesquelles, au Canada, l aspect conjoncturel des faillites personnelles s accompagne depuis plusieurs décennies d une tendance globale à la hausse au chapitre de l insolvabilité des consommateurs. Le nombre de cas d insolvabilité chez les consommateurs a presque doublé au cours des deux dernières décennies, passant de 20,5 pour adultes canadiens en 1990 à 39,0 en Cette tendance à la hausse s est confirmée pendant la récession récente, le taux d insolvabilité de consommateurs ayant monté en flèche pour atteindre 56,6 pour Des hausses de 56,6 % et de 53,4 % du nombre de faillites ont en outre été enregistrées en mars et en juin 2009, respectivement, par rapport à Ces chiffres contrastent grandement avec les taux de croissance beaucoup plus faibles observés au début de 2008 et au cours des années précédentes. Des changements positifs ont toutefois été relevés au quatrième trimestre de 2009, le taux d augmentation du nombre de faillites étant notamment descendu sous la barre des 10 % (graphique supérieur de la figure 15). Les cas d insolvabilité des consommateurs, sur un échantillon de adultes canadiens, ont presque doublé au cours des deux dernières décennies, et cette tendance à la hausse s est confirmée pendant la dernière récession. Certains observateurs 33 attribuent ces changements aux modifications qui ont été apportées à la Loi sur la faillite et l insolvabilité en septembre Ces modifications, qui prévoyaient notamment l augmentation des frais associés à la libération de faillite, ont été annoncées avant l entrée en vigueur de la Loi, ce qui a pu conduire les débiteurs insolvables à se déclarer en faillite avant la prise d effet des modifications. 31 D après l analyse documentaire présentée par R. Archambault et D. Laverdière dans Un modèle macroéconomique d'analyse et de prévision de l'insolvabilité commerciale et des consommateurs au Canada, Bureau du surintendant des faillites, Industrie Canada, Archambault, R. et D. Laverdière. Un modèle macroéconomique d'analyse et de prévision de l'insolvabilité commerciale et des consommateurs au Canada, Bureau du surintendant des faillites, Industrie Canada, Consulter, par exemple, l article «An Update on Consumer Insolvency»du Groupe Financier Banque TD (Observation, 20 novembre 2009) ainsi que l article «Bankruptcy Rate in Canada Falling? Good News, or Is There More to the Story?» accessible sur le site Bankruptcy.ca à l adresse canada.ca/trustees-talk/bankruptcy-canada/ /will-the-bankruptcy-rate-in-canada-plummet-in a-sign-of-economic-recovery-or-something-else-completely.html. 65
66 Figure 15 Faillites personnelles et taille des faillites 60 % Insolvabilité des consommateurs (variation d une année à l autre) 50 % 40 % 30 % 20 % 10 % 0 % % % Taille moyenne des faillites des consommateurs Dollars constants de 2009 (en milliers) 110 $ 100 $ 90 $ 80 $ 70 $ 60 $ 50 $ 40 $ 30 $ 20 $ 10 $ 0 $ 59,4 $ 31,8 $ 104,0 $ 44,0 $ Passif par faillite Passif net par faillite Source : Tableaux CANSIM , et , Bureau du surintendant des faillites, statistiques sur l insolvabilité au Canada; calculs de CGA-Canada. La taille absolue des faillites s est également accrue pendant la récession. La taille moyenne des faillites de consommateurs, correspondant au montant du passif déclaré par faillite (corrigé pour tenir compte de l inflation), a atteint quelque $ en 2009, son niveau le plus élevé en 30 ans. L augmentation des coûts pour l économie qui sont associés aux faillites personnelles a toutefois été plus modeste. Par exemple, la valeur des passifs des consommateurs faillis qui n ont pas été compensés par la liquidation des actifs des débiteurs s est établie à moins des deux tiers de la valeur nette des passifs des faillites enregistrée dans la foulée de la récession du début des années Inversement, si on tient compte d une période plus courte (comme le montre le graphique inférieur de 66
67 la figure 15), les montants nets des passifs des consommateurs faillis en 2009 ont été plus élevés (parfois largement) que ceux enregistrés pour toute autre année des deux dernières décennies. Par conséquent, non seulement la proportion des Canadiens qui connaissent d importantes difficultés financières a augmenté, mais l ampleur de leurs difficultés est aussi beaucoup plus grande que par le passé. Comme on peut s y attendre, les perspectives pancanadiennes masquent certaines disparités régionales importantes. Par exemple, au Manitoba et en Saskatchewan, les faillites de consommateurs ont très peu augmenté entre 2007 et En revanche, la probabilité qu un Albertain fasse faillite a crû deux fois plus vite que la moyenne canadienne. De même, le montant des pertes financières dues à des faillites de consommateurs était différent d une province à l autre, les régions les plus à l Ouest affichant le montant le plus élevé. Plus particulièrement, une faillite personnelle a entraîné des pertes financières moyennes pour l économie de $ en Alberta, mais de $ de moins en Saskatchewan (figure 16). Entre autres disparités régionales susceptibles d influencer la capacité des ménages d encaisser les chocs économiques, relevons le taux de croissance des passifs nets par faillite. En 2009, le montant moyen des pertes financières associées aux faillites de consommateurs était non seulement parmi les plus élevés en Alberta, mais également celui dont la croissance a été la plus rapide par rapport à l ensemble des autres provinces. En Alberta, la valeur nette des passifs par faillite a affiché un taux de croissance annuel moyen de 23 % entre 2007 et 2009, tandis qu au Québec, le taux de croissance annuel a été le moins élevé au pays, s établissant à 4,3 % au cours de la même période. Par ailleurs, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique ont enregistré une forte croissance des pertes financières associées aux faillites de consommateurs. Les montants nets des passifs des faillites de consommateurs en 2009 ont été plus élevés que ceux enregistrés pour toute autre année des deux dernières décennies. 67
68 Figure 16 Croissance des faillites de consommateurs dans une perspective régionale ( ) 50 % 45 % 40 % Croissance annuelle moyenne des faillites des consommateurs ( ) 40,7 % Le montant moyen des pertes financières associées aux faillites de consommateurs était non seulement parmi les plus élevés en Alberta, mais également celui dont la croissance a été la plus rapide. 35 % 30 % 25 % 20 % 15 % 10 % 5 % 0 % 70 $ 60 $ 50 $ 58,8 23,8 % 53,1 19,9 % 47,4 15,0 % 13,6 % AB BC ON QC Provinces de l Atlantique Passif net par faillite (2009) 8,8 % 7,9 % 18,8 % SK MB Canada 44,0 Milliers de dollars 40 $ 30 $ 20 $ 10 $ 37,3 36,0 35,4 29,9 0 $ BC AB ON MB QC Provinces de l Atlantique SK Canada Note : Dans le graphique supérieur, le pourcentage de faillites est exprimé en fonction d un échantillon de adultes. Source : Tableaux CANSIM et ; calculs de CGA-Canada. Pour conclure, il importe de revenir sur quelques points. En premier lieu, l analyse de la précarité financière du secteur canadien des ménages et de sa vulnérabilité aux chocs économiques peut conduire à tirer des conclusions trompeuses. Malgré la hausse modeste des salaires qui a permis aux travailleurs canadiens de mieux affronter la récession, les pertes d emplois considérables enregistrées pendant la crise ont exposé les ménages à un risque accru d interruption des revenus. En deuxième lieu, la dynamique positive des marchés de capitaux et immobilier a permis aux ménages d améliorer leur situation financière dans une certaine mesure; cependant, la composition des 68
69 actifs des ménages est devenue plus risquée, moins diversifiée et un peu moins liquide, l essentiel des actifs liquides étant concentré du côté des ménages plus âgés, dont le niveau d endettement est réputé moins élevé que dans les autres groupes d âge. En troisième lieu, la forte probabilité que les taux d intérêt augmentent peut se traduire par des chocs économiques réels, particulièrement pour les titulaires de prêts à taux variable et les personnes qui souhaitent prendre en charge une hypothèque ou renouveler leur prêt hypothécaire. En quatrième lieu, non seulement la proportion des Canadiens aux prises avec des difficultés financières augmente parallèlement au risque d insolvabilité, mais l ampleur de ces difficultés est également beaucoup plus grande que par le passé. Finalement, il importe d analyser la vulnérabilité des ménages aux chocs économiques dans une perspective régionale, compte tenu du fait que la stabilité des revenus et le niveau de difficultés financières des ménages varient considérablement d une région à l autre. À cet égard, notons que les statistiques nationales et globales peuvent involontairement masquer ou aplanir les disparités régionales en ce qui concerne la vulnérabilité des ménages aux chocs économiques. Il importe d analyser la vulnérabilité des ménages aux chocs économiques dans une perspective régionale, compte tenu du fait que la stabilité des revenus et le niveau de difficultés financières des ménages varient considérablement d une région à l autre. 69
70 70
71 Tendances inquiétantes 5 Des tendances inquiétantes apparaissent constamment dans l économie. En période d expansion économique, elles sont souvent liées aux pressions inflationnistes, au risque croissant d un «atterrissage brutal» et à la distribution inégale des bénéfices de la croissance économique entre les différents groupes de la société. Dans les périodes plus difficiles, les inquiétudes tournent habituellement autour des perspectives de détérioration. En outre, les tendances inquiétantes diffèrent généralement d un agent économique à l autre, et celles qui éveillent des craintes chez les uns peuvent susciter des espoirs chez les autres. La vigueur du dollar canadien, qui nuit aux exportateurs mais accroît le pouvoir d achat des ménages, en est un excellent exemple. L évaluation exhaustive des tendances inquiétantes auxquelles sont confrontés les ménages canadiens est une tâche difficile qui dépasse le cadre du présent document. Cela dit, nous nous devons d analyser deux tendances inquiétantes en particulier, à savoir le marché immobilier et les habitudes d épargne des ménages, car elles peuvent avoir une incidence directe sur les actifs les plus représentatifs des ménages et sur la capacité de prospérer de chacun. Pas moins de 66,7 % de tous les ménages canadiens peuvent être considérés comme sensibles aux fluctuations du marché immobilier Le marché immobilier Résultats du sondage Seulement 9 % de tous les répondants estiment qu une baisse de 10 % du prix des maisons nuirait nettement à leur bien-être financier. L appréciation des prix des maisons, l augmentation des taux d accession à la propriété et le boom de la rénovation observés pendant une bonne partie des années 2000 ont accru le risque des ménages lié aux actifs résidentiels, qui représentaient 20,3 % 34 de l actif total des ménages en En 2008, pas moins de 66,7 % 35 de tous les ménages canadiens ont engagé des dépenses liées au logement dont ils sont propriétaires, et on peut donc les considérer comme étant (plus ou moins) sensibles aux fluctuations du marché immobilier. Preuve de l importance des actifs immobiliers pour les ménages canadiens, le marché immobilier résidentiel représente une partie considérable de l ensemble de l activité économique au Canada. Au cours des cinq dernières 34 D après le tableau CANSIM ; calculs de CGA-Canada. 35 Tableau CANSIM
72 années, quelque 2,4 millions de maisons ont été achetées et vendues, pour un total impressionnant de 696 milliards de dollars 36. Nombreux sont ceux qui ont attiré l attention sur le fait que la relation entre le prix des maisons et les revenus des ménages est à l extrémité supérieure de ce qui peut être considéré comme tenable. Dans les années 1990, le marché de l habitation canadien a connu une période prolongée de ralentissement, l une des plus longues de ces 30 dernières années dans les pays de l OCDE 37 ; cependant, il a affiché une croissance rapide pendant une bonne partie des années 2000, faisant craindre à beaucoup qu une bulle (une hausse non viable des prix des maisons qui finit par déboucher sur une chute brutale des prix des actifs résidentiels) soit en train de se former. Bien que les prix des logements aient commencé à redescendre (dans certaines provinces) à la fin de 2007 et en 2008, l appréhension d une bulle a demeuré. Nombreux sont ceux qui, à l instar de personnalités reconnues, ont attiré l attention sur le fait que la relation entre le prix des maisons et les revenus des ménages est à l extrémité supérieure de ce qui peut être considéré comme tenable 38. Néanmoins, la position officielle du gouvernement fédéral reste la suivante : «le marché canadien du logement est vigoureux et stable, et il se comporte de façon appropriée compte tenu de la situation économique solide de notre pays» et «il n existe aucune indication claire de la formation d une bulle immobilière» 39. Un certain nombre d études récentes pourraient remettre en question cet optimisme. En octobre 2009, le Fonds monétaire international (FMI) concluait 40 qu au sommet du boom de l immobilier en 2007, les prix des maisons étaient nettement surévalués dans les provinces de l Ouest du Canada. Bien que le recul des prix observé en 2008 ait atténué la surévaluation, l analyse du FMI a également établi que les prix des maisons en Alberta et en Colombie- Britannique restaient surévalués à la fin du deuxième trimestre de Une autre étude récente 41 s est penchée sur les marchés immobiliers de certaines zones métropolitaines et a constaté qu à la fin du deuxième trimestre de 2008, les prix des maisons étaient considérablement surévalués par rapport aux loyers à Halifax, Ottawa, Regina, Montréal et Winnipeg, et qu il faudrait une chute des prix d au moins 20 % pour ramener les marchés à un équilibre conforme aux moyennes historiques. On a également observé que les prix des maisons étaient surévalués à Calgary et à Vancouver, de 7 % et 11 % respectivement. Une analyse menée par Merrill Lynch à l automne de 2008 a débouché sur des conclusions à peu près semblables Calculé d après les données de la Société canadienne d hypothèques et de logement (2009). L Observateur du logement au Canada 2009, Tableau 1, p. B Tsounta, E. Is the Canadian Housing Market Overvalued? A Post-Crisis Assessment, Fonds monétaire international, document de travail WP/09/235, 2009, p Perkins, T. «Feds Should Cool House Market; But former Bank of Canada Governor David Dodge Also Expects House Prices to Fall», The Globe and Mail, 15 février Ministère des Finances Canada. Le gouvernement du Canada prend des mesures pour renforcer le financement de l habitation, communiqué de presse , 16 février Tsounta, E. Is the Canadian Housing Market Overvalued? A Post-Crisis Assessment, Fonds monétaire international, document de travail WP/09/235, 2009, pp. 3 et Somerville, T. et K. Swann. Are Canadian Housing Markets Over-priced? University of British Columbia, Centre for Urban Economics and Real Estate, document de travail , 2008, p D après l analyse bibliographique présentée dans Tsounta, E. Is the Canadian Housing Market Overvalued? A Post-Crisis Assessment. Fonds monétaire international, document de travail WP/09/235, 2009, p
73 Le point faible commun à toutes ces études est que, à ce jour (printemps 2010), elles ne sont probablement plus valables compte tenu de l évolution rapide des perspectives économiques à laquelle on a assisté ces deux dernières années. Un simple test pourrait cependant être révélateur. On considère que les fondamentaux des prix des logements comprennent des facteurs de demande (accessibilité, croissance du revenu disponible réel, taux d intérêt réels et rythme de formation des ménages) et des facteurs d offre (parc de logements, rareté des terrains et disponibilité de la main-d œuvre qualifiée) 43. Il est probable qu une hausse des prix des logements qui n est pas soutenue ou expliquée par les fondamentaux laisse place à une correction importante à un moment donné. En 2009, les fondamentaux des prix des logements ont au mieux été contrastés. Du côté de la demande, l accessibilité s est quelque peu améliorée, le revenu disponible réel est demeuré presque inchangé et les taux d intérêt réels ont baissé. Du côté de l offre, le parc de logements a grossi, la rareté des terrains est restée la même et la disponibilité de la main-d œuvre qualifiée s est accrue en raison de la hausse du chômage. Il semble logique de conclure que si les prix étaient surévalués en 2008 et qu ils n ont pas baissé depuis, ils sont toujours surévalués. Malgré ces contrastes, le prix de revente moyen des structures résidentielles a été plus élevé que celui observé lors du sommet précédent de 2007 (graphique supérieur de la figure 17). Par ailleurs, sur les cinq provinces canadiennes représentant 89 % de la population totale, une seule (l Alberta) a enregistré un recul des prix des logements, tandis que les prix ont continué leur ascension dans les quatre autres en 2008 comme en 2009 (graphique inférieur de la figure 17). Les résultats demeurent les mêmes lorsque les prix sont corrigés pour tenir compte de l inflation. Il semble donc logique de conclure que si les prix étaient surévalués en 2008 et qu ils n ont pas baissé depuis, ils sont toujours surévalués. En outre, le dernier rapport de la Banque du Canada (au moment où on écrit ces lignes) laisse entendre que la tendance pour les investissements dans le secteur résidentiel pourrait même être plus forte que prévu initialement 44, ce qui pourrait contribuer davantage à la surévaluation de certains marchés immobiliers. La profondeur de notre analyse ne permet pas de conclure de façon absolue sur l évolution future des prix des maisons. Il peut toutefois être utile de se rappeler que des baisses de valeur des logements supérieures à 10 % sont possibles. Par exemple, au cours des 35 dernières années, trois des principaux marchés urbains du Canada (Vancouver, Calgary et Toronto) ont enregistré des baisses de valeur de l ordre de 25 % à 28 % Flood, K. et S. Morin, S. «Prix des logements et dépenses de consommation», Revue de la Banque du Canada, Banque du Canada, été Banque du Canada. Rapport sur la politique monétaire, avril 2010, p DBRS. Residential Mortgages and Securitization in Canada: Overview of the Mortgage Market, 2007.(Accessible à l adresse 73
74 Figure 17 Prix de vente moyen des résidences SIA/MLS ( ) $ $ Canada $ $ $ $ $ $ $ En 2009, le prix de revente moyen des structures résidentielles a été plus élevé que celui observé lors du sommet précédent de $ 0 $ $ $ $ $ $ Provinces sélectionnées $ $ $ $ $ 0 $ Nouvelle-Écosse Alberta Québec Ontario Colombie-Britannique Source : Société canadienne d hypothèques et de logement (2009). L observateur du logement au Canada 2009, Tableau 1, p. B-5. Le fait que les transactions immobilières soient des transactions à long terme (longévité résidentielle) peut masquer les conséquences négatives d un recul des prix des logements pour ceux qui ne participent pas activement au marché immobilier résidentiel lors d un tel recul. Mais un certain nombre de raisons expliquent pourquoi un repli du marché immobilier peut avoir une incidence sur beaucoup plus de propriétaires que ceux qui achètent et vendent leur maison. 74
75 Il y a d abord l effet de richesse. Les travaux universitaires ont établi un lien entre la consommation et la richesse, qui suggère que la propension à consommer s accroît avec l appréciation du niveau des richesses. Cette propension peut donc décroître si la valeur nette des maisons recule, et ce d autant plus qu au Canada, l effet de richesse lié à l immobilier est beaucoup plus fort que l effet de richesse lié aux variations des marchés boursiers 46. Il y a ensuite l effet de garantie. Les emprunts sur la valeur nette des maisons contribuent beaucoup à la croissance des dépenses de consommation depuis Or, les baisses de prix des logements peuvent réduire les bilans des ménages, et donc leurs garanties, et nuire à la capacité des ménages d emprunter davantage sur la valeur nette de leur maison. De plus, une baisse des prix de l immobilier fait diminuer la valeur nette des maisons pour les propriétaires, ce qui annihile tout incitatif à rembourser les prêts hypothécaires et réduit la capacité de refinancement. Enfin et surtout, il semble qu il y ait une relation inverse entre l appréciation des actifs immobiliers et la hausse du nombre de prêts hypothécaires en souffrance. Lorsque la valeur d une propriété augmente, les propriétaires aux prises avec des difficultés financières peuvent vendre leur maison ou libérer du capital pour éviter une défaillance de leurs remboursements. À l inverse, une baisse de la valeur des actifs immobiliers fait diminuer cette flexibilité. Comme on le voit sur le graphique supérieur de la figure 18, cette relation est relativement constante depuis 20 ans. Les défauts de remboursement de prêts hypothécaires et les faillites ont également tendance à évoluer ensemble. La faillite peut donner à un propriétaire défaillant plus de temps pour sauver sa maison, voire lui offrir un logement sans frais si la propriété de la maison ne peut pas être récupérée. Dans d autres cas, la faillite peut réduire les coûts des prêts hypothécaires car le failli peut parfois être dispensé du remboursement des prêts hypothécaires de deuxième rang et des frais hypothécaires 48. Le graphique inférieur de la figure 18 montre que, depuis 20 ans, les hauts et les bas dans l évolution des faillites des consommateurs sont étroitement liés à ceux des prêts hypothécaires en souffrance. Il semble qu il y ait une relation inverse entre l appréciation des actifs immobiliers et la hausse du nombre de prêts hypothécaires en souffrance; les hauts et les bas dans l évolution des faillites des consommateurs sont étroitement liés à ceux des prêts hypothécaires en souffrance. 46 Pichette, L. Les effets de richesse sont-ils importants au Canada? Banque du Canada, document de travail , Banque du Canada, Rapport sur la politique monétaire, avril 2007, p Li, W. and White, M. J. (2009). Mortgage Default, Foreclosure, and Bankruptcy, National Bureau of Economic Research, NBER Working Paper No
76 Figure 18 Variation de la valeur des actifs résidentiels par rapport aux prêts hypothécaires en souffrance et aux faillites de consommateurs Valeur des structures résidentielles et prêts hypothécaires en souffrance Variation d une année à l autre 14 % 12 % 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % ,7 % 0,6 % 0,5 % 0,4 % 0,3 % 0,2 % 0,1 % 0,0 % % de l ensemble des prêts hypothécaires Variation de la valeur de marché des structures résidentielles (G) Prêts hypothécaires en souffrance (D) Faillites et prêts hypothécaires en souffrance ,7 % 0,6 % 0,5 % 0,4 % 0,3 % 0,2 % 0,1 % 0,0 % Nombre pour adultes canadiens % de l ensemble des prêts hypothécaires Faillites des consommateurs (G) Prêts hypothécaires en souffrance (D) Moyenne mobile sur 6 périodes (faillites des consommateurs (G)) Sources : Tableau CANSIM , Association des banquiers canadiens; calculs de CGA-Canada 76
77 5.2. Détérioration des habitudes d épargne Résultats du sondage 78 % des répondants n'ont pas changé leurs habitudes d'épargne en raison de l'instabilité financière et économique; 14 % ont indiqué avoir réduit leur taux d'épargne habituel. En tout temps, le principal objectif d un ménage est de satisfaire ses besoins courants en affectant une partie de son revenu disponible aux dépenses. La partie qui n est pas dépensée est épargnée et servira à consommer ultérieurement. L une des fonctions importantes de l épargne est de permettre aux particuliers de répartir leur consommation dans le temps. Une épargne insuffisante risque donc de mettre en péril la situation financière des ménages tout au long de leur vie et, à la retraite, de mener à une diminution du niveau de vie optimal. Inversement, la partie du revenu du ménage qui n est pas épargnée est dépensée. En plus de combler les besoins quotidiens des personnes, la consommation des ménages joue un rôle extrêmement important dans le développement économique global. Au Canada, la consommation des ménages est en effet l un des moteurs de l économie depuis des années. En 2009, plus de la moitié (58,7 %) du PIB canadien a découlé de la consommation des ménages, ce qui représente beaucoup plus que la part des dépenses publiques (21,7 %) et celle de la formation brute de capital fixe des entreprises (17,8 %) 49. Par conséquent, il y a toujours une certaine concurrence entre le désir de consommation des ménages, la responsabilité qui leur incombe d épargner pour disposer de fonds suffisants afin de consommer dans l avenir et les intérêts de la croissance économique, qui profite grandement de la consommation. Une épargne insuffisante risque de mettre en péril la situation financière des ménages tout au long de leur vie et, à la retraite; la consommation des ménages joue par ailleurs un rôle extrêmement important dans le développement économique global. La pérennité des habitudes de consommation dépend toutefois largement de la réalisation des attentes qui ont présidé à la décision d emprunter, notamment en ce qui concerne la croissance future des revenus et du patrimoine. Le rapport de CGA-Canada publié en 2007 indiquait que l épargne des Canadiens diminuait, et que cette diminution constituait une tendance inquiétante; elle était d autant plus inquiétante que le nombre de Canadiens qui arrivaient à l étape de leur vie au cours de laquelle ils sont censés épargner en prévision de leur retraite (45-64 ans) allait croissant. Bien que, cette année-là, la faiblesse de l épargne active (c.-à-d. la part du revenu disponible mise de côté) ait été nettement compensée par l épargne passive attribuable à l appréciation des actifs immobiliers, cette accumulation de richesse n était pas répartie également entre les ménages. 49 D après le tableau CANSIM ; calculs de CGA-Canada. 77
78 Le rapport de 2009 a de nouveau souligné que la situation économique d alors ainsi que la tendance démographique au vieillissement de la population ne s étaient pas améliorées, tandis que toutes les autres conditions économiques préalables s étaient nettement détériorées, laissant peu d autres moyens efficaces d épargner que l épargne active. Nous y reconnaissions l importance des dépenses de consommation pour l essor des entreprises et la croissance économique, mais il nous semblait plus souhaitable et plus durable d adopter une approche équilibrée des dépenses, de l épargne et du remboursement des dettes pour sortir du marasme économique, que d essayer de promouvoir les dépenses de consommation. Durant les récessions précédentes, on a constaté que les ménages ont tendance à accroître leur épargne conventionnelle pendant les replis économiques. Un autre élément inquiétant concernait le fait que le ralentissement économique était bien positionné pour amplifier encore davantage certains des facteurs qui sont le plus souvent cités pour expliquer la diminution de l épargne. La faiblesse des taux d intérêt rend l épargne moins attrayante et les coûts d emprunt plus faciles à assumer initialement. La croissance moins rapide des revenus des particuliers risque de réduire les sommes disponibles après que les besoins de consommation de base auront été satisfaits. Enfin, si les paiements de transfert du gouvernement représentent un atout pour la société canadienne et un fondement important de la stabilité économique, ils peuvent aussi décourager l épargne. Durant les récessions précédentes, on a constaté que les ménages ont tendance à accroître leur épargne conventionnelle pendant les replis économiques. Ce fut particulièrement le cas durant la récession des années 1980 au cours de laquelle le taux d épargne des ménages a augmenté de près de 6 points de pourcentage. On a aussi observé des hausses, certes moins marquées, pendant la récession du début des années 1990 et le ralentissement économique causé par l éclatement de la bulle technologique au début des années Une légère amélioration du taux d épargne personnelle a également été constatée lors de la dernière récession, ce taux étant passé de 3,7 % en 2008 à 5,0 % en Il semble cependant important de faire ressortir un certain nombre de mises en garde. L évolution du taux d épargne des ménages diffère d une province à l autre. Bien que les données pour 2009 ne soient pas encore disponibles, celles de 2008 ont montré que certaines provinces suivaient de près la moyenne canadienne (la Saskatchewan et l Ontario, par exemple), tandis qu en Alberta, le taux d épargne des ménages était plusieurs fois supérieur à celui de toutes les autres provinces. À l inverse, les ménages de la Colombie-Britannique affichaient une épargne négative, puisque, en moyenne, leurs dépenses dépassaient leur revenu disponible de 3,4 % (graphique supérieur de la figure 19). 78
79 Figure 19 Épargne des ménages 16 % 14 % 12 % 13,7 % Taux d épargne des ménages (2008) 10 % 8 % 6 % 4 % 2 % 0 % -2 % 3,8 % 3,7 % 2,7 % 2,2 % -0,8 % AB SK ON MB QC Provinces de l Atlantique BC 3,7 % Canada L évolution du taux d épargne diffère d une province à l autre. -4 % -3,4 % -6 % Taux d épargne des ménages (Canada) 21 % 18 % % du revenu disponible 15 % 12 % 9 % 6 % 3 % 0 % Données téléchargées en avril 2010 Données téléchargées en mars 2007 Sources : Tableau CANSIM et ; calculs de CGA-Canada. Les révisions des statistiques publiées font partie intégrante du processus de collecte et de traitement des données sociales et économiques. Ces révisions s expliquent notamment par l incorporation de facteurs saisonniers mis à jour, par des changements apportés aux méthodes, concepts et définitions statistiques, par la correction d erreurs dans les données sources ou par l intégration de données sources meilleures ou plus complètes. Cela dit, ces révisions peuvent 79
80 Il serait prudent d avoir à l esprit que la poursuite de la reprise économique est incertaine. aussi modifier les conclusions d une analyse, surtout si cette analyse est faite sur le moment ou dans une optique de court terme. Le graphique inférieur de la figure 19 en est un bon exemple. Il présente des données sur le taux d épargne de personnes et d entreprises non constituées en société qui ont été téléchargées à partir de la base de données CANSIM de Statistique Canada en mars 2007 et en avril Il y a deux ans, les données suggéraient que les ménages épargnaient seulement 1,2 % de leur revenu disponible en Les données d aujourd hui montrent en fait que les Canadiens épargnaient deux fois plus en Même si la différence est positive (les ménages ayant épargné plus que ce que l on pensait initialement), on peut se demander si l épargne des ménages s est vraiment redressée pendant la récession de 2008 et dans quelle mesure. Il serait également prudent d avoir à l esprit que la poursuite de la reprise économique est incertaine et qu un nouveau ralentissement est possible, surtout avec la fin des mesures de relance budgétaires et l imminence d un nouveau cycle haussier des taux d intérêt, qui vont freiner les emprunts et la consommation des ménages. En décembre 2009, la Banque du Canada (qui surveille étroitement les résultats économiques et mène des analyses approfondies) a indiqué que «le risque d un nouveau ralentissement de l activité économique mondiale demeure une source importante de vulnérabilité pour le système financier» 50. Dans des communiqués de presse plus récents, la Banque du Canada cite, parmi les facteurs qui façonnent la reprise du Canada, le soutien des mesures de politique, la hausse des niveaux de confiance des entreprises et des ménages, l amélioration des conditions financières et le renforcement des termes de l échange 51. Si ces facteurs sont importants, aucun n entre dans la catégorie des «fondamentaux économiques forts» qui doivent être réunis pour permettre une croissance économique durable. Une autre analyse récente effectuée par la Banque du Canada 52 a montré que le Canada profite beaucoup des mesures de relance budgétaire importantes mises en œuvre par les pays du G-20 pendant la récession de En fait, la relance budgétaire mondiale aurait (il s agit d estimations) amplifié l incidence du programme de relance canadien sur le PIB de 3,4 fois en 2009 et 3,8 fois en D après cette étude, les principaux avantages pour le Canada ont découlé de l accélération de la croissance aux États-Unis et de l amélioration des termes de l échange par suite de la hausse des prix du pétrole et des marchandises dans le sillage de cette relance. Par contre, l effet amplificateur des mesures du G-20 va sans doute s estomper nettement après 2010 et devenir pratiquement nul en Ainsi, la persistance de la reprise 50 Banque du Canada. Revue du système financier, décembre 2009, p Banque du Canada. La Banque du Canada laisse inchangé le taux cible du financement à un jour à 1/4 % et réitère son engagement conditionnel à le maintenir à ce niveau jusqu'à la fin du deuxième trimestre de 2010, communiqué de presse, 2 mars 2010; et Déclaration préliminaire de Mark Carney, conférence de presse suivant la publication du Rapport sur la politique monétaire, 22 avril Resende, C. et coll. The Power of Many: Assessing the Economic Impact of the Global Fiscal Stimulus, Banque du Canada, Document d analyse ,
81 canadienne pourrait être remise en question par le simple fait que des pays vont arrêter leur programme de relance. En résumé, quelques faits saillants doivent retenir l attention. Premièrement, malgré une légère correction des prix des logements au Canada à la mi-2008, les marchés immobiliers d un certain nombre de grandes zones métropolitaines pourraient toujours être nettement surévalués. Deuxièmement, l expérience passée montre qu il est possible que la valeur des logements baisse de façon marquée, ce qui diminuerait la propension des ménages à consommer, à emprunter sur la valeur nette de leur maison et à rembourser leur prêt hypothécaire. Troisièmement, la relation inverse entre l appréciation des actifs immobiliers et la croissance du nombre de prêts hypothécaires en souffrance pourrait déboucher sur une nouvelle hausse des cas d insolvabilité des consommateurs si les prix des logements reculent. Quatrièmement, avec ou sans recul des prix des logements, l absence ou la faiblesse de l épargne active et l ambiguïté qui persiste à l égard du rythme de la reprise économique risquent de réduire la capacité des particuliers de répartir leur consommation dans le temps. La persistance de la reprise canadienne pourrait être remise en question par le simple fait que des pays vont arrêter leur programme de relance. 81
82 82
83 Conclusions 6 Les analyses des chapitres précédents avaient pour but de fournir des éléments d information pertinents concernant les changements récents du niveau d endettement des ménages canadiens et les incidences des chocs économiques sur les personnes qui risquent de pâtir du double effet de l accumulation soutenue des dettes et de l incertitude des perspectives économiques. En examinant ensemble les perceptions des Canadiens et l information statistique disponible à propos de l endettement des ménages au Canada, nous avons pu déduire un certain nombre de conclusions. La détérioration rapide du bilan du secteur des ménages devrait être considérée comme étant alarmante L année 2008 et encore plus l année 2009 ont été marquées par une détérioration notable des indicateurs économiques qui reflètent la capacité des ménages de gagner un revenu, de créer de la richesse et de consommer. Le rythme de la croissance économique n a plus soutenu l accroissement rapide de la dette des ménages, qui a été supérieur à sa moyenne à long terme. Les indicateurs utilisés pour évaluer la santé financière des ménages se sont beaucoup détériorés en 2008 et 2009, établissant clairement que les tensions financières au sein des ménages ont augmenté. Même dans un contexte de baisse des taux d intérêt, l accélération de la hausse de la dette des ménages ne permet pas vraiment la diminution du poids du service de la dette. Si l on tient compte des obligations habituellement exclues des statistiques, notamment l assurance hypothécaire et les taxes foncières, on constate que le fardeau financier supporté par les ménages est encore plus lourd. Il est presque certain que les contraintes financières des ménages se sont accrues et qu une nouvelle hausse de leur endettement, sans croissance correspondante de leurs actifs ou de leurs revenus, continuera à exercer des pressions circulaires sur l économie et les systèmes financiers. Les perspectives d amélioration à brève échéance de la situation financière des ménages sont incertaines L évolution des salaires, les résultats des marchés boursiers, l appréciation rapide des prix des maisons et la faiblesse des taux d intérêt peuvent avoir créé l impression que les ménages sont moins exposés aux chocs économiques. 83
84 Toutefois, les pertes d emplois enregistrées pendant la récession leur font courir un risque élevé d interruption des revenus. La composition des actifs des ménages est devenue plus risquée, moins diversifiée et un peu moins liquide, et des hausses des taux d intérêt sont maintenant de plus en plus probables, au moins pour juguler l inflation. Prises individuellement ou collectivement, ces caractéristiques de la structure de l économie canadienne peuvent s avérer particulièrement préjudiciables à ceux qui sont très endettés ainsi qu à la reprise globale à long terme. Les marchés de l habitation dans un certain nombre de grandes zones métropolitaines sont sans doute encore considérablement surévalués. Des corrections des prix sur ces marchés feront diminuer la propension des ménages à consommer, leur capacité d emprunter sur la valeur nette de leur maison et leur motivation à rembourser leur prêt hypothécaire. Elles pourraient aussi favoriser l augmentation du nombre de prêts hypothécaires en souffrance et de consommateurs insolvables. Comme les perspectives concernant le revenu et la richesse des ménages sont toujours incertaines, il n est pas réaliste de poursuivre le stratagème qui consiste à laisser la consommation croître plus vite que les revenus réels et la richesse. La tolérance au risque des établissements financiers ne doit pas être considérée comme un substitut au jugement des particuliers Le fait que le crédit renouvelable soit devenu un élément essentiel du crédit à la consommation présente un risque élevé de contribuer à une spirale de l endettement. C est d autant plus le cas que les perspectives économiques sont toujours incertaines et que les pressions financières qui pèsent sur les ménages augmentent, comme en témoigne le nombre croissant de consommateurs insolvables. Le recours de plus en plus fréquent au crédit renouvelable est accentué par l utilisation accrue du crédit dans le but de consommer et non de constituer un patrimoine. En réalité, nous finançons notre consommation et alimentons la croissance du produit intérieur brut avec de l argent non gagné. Par conséquent, les consommateurs ne devraient pas confier la responsabilité des décisions concernant leur argent uniquement aux banques et aux établissements financiers, ni à leurs intermédiaires, lorsqu il s agit de déterminer les niveaux d endettement raisonnables ou les avantages nets des services offerts. En d autres termes, bien que ces établissements soient utiles pour fournir des services, des produits et des conseils, chaque particulier doit jouer un rôle important et ne devrait jamais laisser le jugement d autrui remplacer son propre jugement. Quel que soit leur niveau de revenu ou leur situation financière, les particuliers 84
85 doivent faire preuve de discipline et de jugement en matière de finances lorsqu ils utilisent le crédit renouvelable. Ils ne doivent surtout pas chercher, sans discernement, à maximiser les différentes options financières associées à ce type de crédit. Une approche équilibrée des dépenses, de l épargne et du remboursement des dettes pourrait être une caractéristique souhaitable du comportement financier des ménages dans un proche avenir Il est aujourd hui évident que les hypothèses concernant les revenus et le patrimoine sur lesquelles ont été fondées les décisions d emprunt avant 2008 ne se réaliseront pas, en tout cas pas dans un avenir proche. Parallèlement, les hypothèses utilisées pour prendre les décisions d emprunt actuellement doivent être corrigées pour tenir compte des chocs économiques auxquels le secteur des ménages fait face en ce moment. La situation concernant l accumulation de l épargne n a pas beaucoup changé, mais les options d épargne ont considérablement diminué et l accent est remis sur la bonne vieille épargne active. Bien que l importance des dépenses de consommation soit bien réelle pour l essor des entreprises et la croissance économique, il nous semble plus souhaitable d adopter une approche équilibrée des dépenses, de l épargne et du remboursement des dettes comme stratégie principale en vue de la reprise économique, que de s aventurer dans les dépenses de consommation. Cela paraît particulièrement important, compte tenu de la tendance croissante des ménages à utiliser le crédit pour la consommation courante et non pour constituer leur patrimoine. Une analyse régionale est essentielle pour comprendre la situation financière des ménages L information sur la répartition de la dette, des actifs et du patrimoine des ménages entre les différentes provinces n est pas facile à obtenir. Cependant, les écarts régionaux importants sur le plan des coûts du service de la dette, de la dynamique du marché du travail, du revenu des ménages, du nombre de consommateurs insolvables, du taux d épargne et des prix des maisons montrent que les conclusions sur la santé financière des ménages canadiens sont incomplètes (voire inexactes) si on ne tient pas compte des réalités régionales. Malheureusement, l accessibilité aux faits et aux chiffres portant sur la répartition régionale de la dette des ménages ainsi qu à d autres indicateurs pertinents est limitée. 85
86 86 Si l analyse régionale partielle présentée dans ce rapport donne une indication de la situation financière générale des ménages dans différentes provinces, il apparaît qu en moyenne, les ménages qui résident en Colombie-Britannique et en Alberta sont susceptibles de subir des pressions financières plus élevées, au moins de façon temporaire, que ceux vivant dans d autres provinces.
87 Des mesures à prendre 7 Pour mettre en œuvre une politique économique efficace et bien équilibrée, il faut intégrer de nombreux éléments et s ajuster constamment aux faits nouveaux. L importance de maintenir les dépenses des ménages à des niveaux élevés, le besoin de reconnaître que l emprunt est un choix personnel juridiquement et légitimement, et la nécessité de veiller à la stabilité et à la viabilité du système financier sont autant d impératifs (souvent contradictoires) liés à l établissement d une politique économique responsable. Par ailleurs, un certain niveau d endettement des ménages est bon pour les particuliers et l économie dans son ensemble. La résistance du système financier canadien à la crise financière et à la récession survenues récemment a montré de manière assez belle que notre secteur financier est bien capitalisé, très élaboré et prudent dans ses choix, et que la réglementation et la surveillance qui l encadrent sont efficaces. En outre, au cours des deux dernières années, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures importantes pour pallier des faiblesses connues du système. Des modifications ont été apportés aux règles applicables aux prêts hypothécaires assurés garantis par le gouvernement ainsi qu à la réglementation des cartes de crédit, et la question de la littératie financière des particuliers fait actuellement l objet de réflexions approfondies. Néanmoins, le problème de l endettement des ménages et de la détérioration de leur situation financière peut, si on ne redresse pas la barre, nuire à l économie canadienne à long terme. Le retour de la croissance économique et l incidence des mesures de politique publique mentionnées ci-dessus, qui visent à soutenir l économie du pays, aideront les ménages à assainir leur bilan. Parallèlement cependant, la hausse de l endettement des ménages s explique par un élément structurel important qui ne disparaîtra pas avec l amélioration des perspectives économiques. Il suffit de savoir que la situation financière des ménages se détériore même pendant les années de forte croissance économique pour comprendre que les dettes que peuvent amasser les particuliers et les gouvernements ne s évaporeront pas du seul fait de la croissance économique qui s annonce. Bref, la société ne peut pas vivre à crédit. Par conséquent, un grand nombre des recommandations que nous avons faites dans nos études précédentes sont toujours aussi valables aujourd hui, et d autres conservent aussi une certaine valeur. Dans les paragraphes qui suivent, nous présentons des recommandations selon quatre grands thèmes qui ont un rapport avec les caractéristiques fondamentales des emprunts des ménages : i) donner aux particuliers les connaissances et les outils nécessaires pour qu ils fassent les bons choix, ii) aider les particuliers à 87
88 faire les bons choix grâce à des politiques incitatives, iii) établir les conditions économiques préalables nécessaires à la hausse des revenus et iv) permettre aux décideurs et à d autres participants aux politiques publiques de prendre des décisions éclairées Capacité financière : donner aux Canadiens les moyens de se prendre en charge Le marché du crédit évolue désormais dans un environnement de plus en plus perfectionné où l on trouve une abondance de nouvelles applications technologiques et d informations complexes ainsi qu une grande diversité de produits. Avec une extrême régularité, les Canadiens sont bombardés de publicité qui font la promotion de nouvelles formules attrayantes de crédit, de placement ou de planification à long terme, dont certaines sont difficiles à comprendre ou à évaluer exhaustivement. Souvent désireux de faire ce qu il faut, nous adhérons à de tels programmes sans comprendre clairement et intégralement leurs avantages réels ou leurs conditions inhérentes. Dans la situation actuelle, où les perspectives économiques demeurent incertaines, les ménages risquent de se retrouver pris entre trois forces concurrentes : des habitudes bien rodées de consommation sans limite, la détérioration rapide des finances familiales et, malgré tout, un accès facile au crédit. Les connaissances et les compétences que possèdent les ménages pour comprendre leur situation financière particulière ainsi que les raisons qui justifient l emprunt, la dépense et l épargne deviennent critiques lorsqu il s agit d assurer la sécurité et le bien-être financiers. Pour survivre et prospérer dans le monde financier moderne, les ménages canadiens doivent avoir une bonne capacité financière. Ils doivent posséder les connaissances qui les rendent aptes à contrôler efficacement leur argent, à gérer les situations prévisibles et imprévisibles, à élaborer et à mettre en œuvre des stratégies de gestion du risque, et à évaluer l impact des décisions financières sur leur situation personnelle. En juin 2009, le gouvernement fédéral a établi le Groupe de travail sur la littératie financière afin de contribuer à créer une stratégie nationale cohérente visant à améliorer l éducation financière des Canadiens. Conscient que les connaissances financières sont importantes dans la vie quotidienne, le Groupe de travail donnera des conseils et fera des recommandations au gouvernement fédéral sur une stratégie nationale visant à renforcer la littératie financière des ménages Ministère des Finances Canada. Le ministre des Finances établit le Groupe de travail sur la littératie financière, communiqué de presse ,
89 L amélioration des niveaux de littératie doit rester un objectif important du gouvernement. Des compétences solides en compréhension de textes et en mathématiques sont également devenues des conditions préalables pour naviguer dans les marchés contemporains complexes. Une étude récente montre qu en 2031, il subsistera quelque 12 millions d adultes canadiens qui auront assez peu de connaissances financières une proportion de la population presque inchangée par rapport aux niveaux actuels 54. Comme le crédit est de plus en plus accessible aux jeunes ménages, il est particulièrement important et souhaitable d améliorer les connaissances des jeunes Nouvelle approche pour faire croître l épargne personnelle : mesures incitatives et motivations Dans le contexte économique actuel, beaucoup de Canadiens doivent faire face aux défis que représentent l insécurité de l emploi, les faibles rendements des placements et les sombres perspectives de croissance des entreprises. Aucune de ces caractéristiques ne soutient ni n encourage vraiment l épargne personnelle. Cependant, l accumulation appréciable d actifs financiers, la constitution d un «coussin de sécurité» financier plus considérable et plus diversifié, et les placements faits en vue de la retraite devraient rester au cœur des objectifs à long terme des Canadiens. Pour être efficaces, ces objectifs doivent avant tout être poursuivis activement. L écart qui existe entre les intentions et les actes dans le comportement économique des particuliers est bien connu. Des études d économie comportementale montrent que les personnes sont souvent exagérément optimistes au sujet de la probabilité future de la réalisation de certains projets, en particulier lorsque ces projets sont perçus comme lointains dans le temps 55. Les résultats du sondage présentés dans ce rapport l illustrent une nouvelle fois : si la majorité des répondants au sondage de 2009 qui connaissaient bien le compte d épargne libre d impôt (CELI) ont indiqué leur intention d y faire des cotisations, moins de la moitié de ces personnes ont déclaré dans le sondage de 2010 avoir effectivement cotisé à un tel compte. Les incitatifs fiscaux, instruments de politique économique sur lesquels on compte beaucoup pour favoriser l épargne des ménages, ont quelque peu perdu de leur attrait. Ainsi, un rapport récent de CGA-Canada 56 montre que les particuliers sont peu sensibles aux incitatifs fiscaux offerts par les régimes enregistrés d épargne-retraite (REER) et que leur attitude vis-à-vis des REER est complexe. Ces dix dernières années, la baisse des cotisations et des taux de 54 Conseil canadien sur l apprentissage. Lire l avenir : Pour répondre aux besoins futurs du Canada en matière de littératie financière, O Donoghue, T. et M. Rabin. «Doing It Now or Later», The American Economic Review, vol. 89, n o 1, 1990, pp CGA-Canada. À 51 ans sonnés, le REER est-il mûr pour un remaniement, (Accessible à 89
90 participation aux REER a persisté malgré la présence de certains facteurs susceptibles d alimenter une expansion de ces régimes (forte croissance des revenus, recul des couvertures prévues par les régimes d employeur, etc.). Parmi les rôles significatifs qu ils assument, les gouvernements pourraient s attacher à mieux faire connaître et faire comprendre l importance de l épargne. Ce sont parfois le manque d information, la méfiance envers le secteur financier ou encore la complexité ou la difficulté perçue à l égard du processus de placement qui empêchent l épargne. Le fait d influencer les comportements grâce à un ensemble plus direct de mesures incitatives est une autre possibilité intéressante. Une meilleure utilisation de la psychologie économique et de l économie comportementale peut déboucher sur des façons nouvelles d accroître l épargne des ménages. L une des constatations les plus constantes de l économie comportementale est que les gens ont tendance à privilégier l option par défaut 57. On constate à l échelle internationale que les sociétés qui font participer automatiquement leurs employés à leur régime d épargne-retraite (avec la possibilité d en sortir) et celles qui donnent à leurs employés l option d affecter une partie de leur hausse de salaire future à l épargne obtiennent des taux plus élevés en matière de participation du personnel et de constitution de l épargne 58. Ces méthodes d encouragement à l épargne privée, notamment en vue de la retraite, pourraient être bénéfiques dans le contexte canadien actuel, où les incitatifs fiscaux à l épargne perdent de leur attrait. Les gouvernements pourraient aussi envisager de mettre en place des cotisations de contrepartie (niveaux à définir) ou d offrir un rendement moyen plus élevé sur l épargne, particulièrement pour les personnes à faible revenu. Ce type de mesures n est pas nouveau et existe déjà, par exemple, dans le cadre du régime enregistré d épargne-études (REEE); elles pourraient toutefois être étendues à d autres formes d épargne. L établissement d objectifs clairs et de restrictions en matière de dépenses pourrait accroître le taux de réussite de ces mesures et contribuer à la promotion d habitudes d épargne à long terme 59. Une hausse de la taxe sur les produits et services (TPS) peut aussi être considérée comme une solution viable si elle est accompagnée d un allégement proportionnel de l impôt sur le revenu. Les taxes à la consommation (dont fait partie la TPS) réduisent en principe le niveau total des dépenses de consommation, puisqu elles découragent le consommateur. Elles sont entièrement supportées par ce dernier, augmentent les prix des biens et rendent la consommation 57 Dixon, M. Rethinking Financial Capability: Lessons from Economic Psychology and Behavioural Finance, Institute for Public Policy Research, Thaler, R.H. et S. Benartzi. «Save More Tomorrow: Using Behavioral Economics to Increase Employee Saving», Journal of Political Economy, vol. 112, n o S1, Dixon, M. Rethinking Financial Capability: Lessons from Economic Psychology and Behavioural Finance, Institute for Public Policy Research,
91 moins intéressante. Par contre, elles favorisent l épargne (comparativement aux impôts sur le revenu, par exemple), puisqu elles imposent la consommation actuelle et future au même taux. Cependant, une telle hausse des taxes à la consommation doit être assortie d un «recyclage du revenu» correspondant, au moyen d une réduction des taxes ayant l effet de distorsion économique le plus important, par exemple l impôt sur le revenu des particuliers. En outre, la structure fiscale fédérale s en trouverait améliorée, elle qui est de plus en plus critiquée pour sa dépendance accrue envers les taxes qui diminuent les incitatifs offerts aux particuliers et aux entreprises à s engager dans des activités productives Hausse des revenus : améliorer la productivité des entreprises canadiennes L emprunt permet aux ménages d étaler leur consommation dans le temps, mais la confiance des consommateurs et leur disposition à payer dépendent surtout des revenus et des perspectives de revenus. S il est essentiel de soutenir les dépenses de consommation et d encourager la demande au sein de l économie, il pourrait être plus approprié, à long terme, de concentrer les efforts sur des éléments fondamentaux comme la demande de main-d œuvre, qui définit en grande partie le niveau de revenu des ménages. L économie canadienne est de plus en plus ouverte et axée sur les exportations. Ainsi, la demande de biens et de services canadiens pourrait être accrue dans de nombreux marchés, nationaux et internationaux. De cette façon, les sources de revenus d emploi des ménages, qui sont beaucoup moins diversifiées sur le plan géographique et sont principalement liées au marché du travail canadien, pourraient être multipliées, ou au moins enrichies. Il sera de plus en plus important d accroître la compétitivité et de favoriser les aptitudes des entreprises canadiennes à être compétitives, car l économie mondiale continuera d évoluer et de se transformer en une course à l efficience. Un certain nombre de mesures pourraient aller dans ce sens, notamment promouvoir l innovation et l évolution technologique, augmenter la diffusion des technologies et la productivité, hausser les investissements infrastructurels et accroître l appui à la formation parrainée par l employeur; bien entendu, assurer l accès au crédit des entreprises ferait aussi partie des mesures prioritaires. Des relations économiques étroites sont extrêmement importantes dans un contexte de mondialisation accrue du commerce; cela dit, le fait de privilégier les relations avec un seul pays peut être préjudiciable pour l autonomie économique, particulièrement dans les secteurs très concentrés. Une écrasante majorité des échanges commerciaux du Canada (82,7 % sur les cinq dernières années) se font avec les États-Unis. Bien que les liens historiques et géographiques 91
92 unissant le Canada et les États-Unis rendent leur partenariat économique mutuellement avantageux, ce manque primaire de diversification rend le Canada trop dépendant de son voisin du sud pour son marché extérieur. La stratégie du gouvernement visant à promouvoir des échanges commerciaux ouverts et justes sur les marchés internationaux en dehors des États-Unis pourrait être intensifiée. Le gouvernement pourrait entre autres négocier des accords de libre-échange multilatéraux, régionaux et bilatéraux qui élimineraient les barrières tarifaires et non tarifaires au commerce sur les marchés internationaux Prise de décisions plus éclairées : améliorer la disponibilité des données sur la situation financière des ménages La surveillance et l analyse régulières des données peuvent accroître considérablement la prise de décisions. En ce qui concerne l endettement des ménages, trois grands ensembles de données statistiques nous permettent de voir la composition des actifs des ménages : i) les Comptes des revenus et dépenses, ii) l Enquête sur la sécurité financière (tous deux produits par Statistique Canada) et iii) l enquête Canadian Financial Monitor effectuée par Ipsos Reid Canada. Ces sources ne sont toutefois pas exemptes de faiblesses. Les données des Comptes des revenus et dépenses regroupent les actifs de personnes et d agents économiques commerciaux dont la structure juridique n est pas celle d une société (c.-à-d. les exploitants d entreprise indépendante, les agriculteurs, pêcheurs et professionnels indépendants, ainsi que les propriétaires bailleurs non constitués en sociétés). Ce regroupement fausse un peu l image des actifs détenus uniquement par les ménages. De plus, ces données ne sont offertes ni par région ni par caractéristiques des ménages (revenu, composition familiale, âge, sexe, etc.). L Enquête sur la sécurité financière comble ces lacunes en mettant l accent sur les actifs et les dettes des familles canadiennes seulement et en donnant une image plus précise en ce qui a trait à la situation financière des ménages ayant des caractéristiques sociales et économiques différentes. Cependant, cette enquête n est réalisée qu occasionnellement, et les données les plus récentes datent de Leur pertinence est donc considérablement amoindrie compte tenu de l environnement actuel où l évolution des marchés financiers est très rapide et où les perspectives économiques sont souvent réévaluées. L enquête Canadian Financial Monitor représente probablement l ensemble de données le plus utile pour nos besoins, car elle contient de l information sur la situation financière des ménages. Cette enquête est réalisée chaque année 92
93 dans toutes les provinces canadiennes et réunit de l information sur les actifs, les dettes, les habitudes bancaires, les attitudes, le recours aux conseillers financiers et la planification de la retraite. L information est donnée pour des ménages ayant des caractéristiques sociales et économiques différentes. La principale limite de cette enquête réside toutefois dans le fait que l accès à ces données est payant. Bien que les coûts ne soient pas nécessairement un obstacle pour les responsables du gouvernement, ils en sont un pour les instituts de recherche non gouvernementaux et les autres ONG qui participent au débat public. Des données complètes, à jour, fiables et facilement accessibles sur la situation financière des Canadiens seraient très utiles pour s assurer de l application des freins et des contrepoids nécessaires dans le cadre de la surveillance et l analyse de la santé du secteur des ménages canadiens. 93
94 94
95 Annexe A : Constatations détaillées découlant du sondage sur l attitude des ménages à l égard de leur endettement et de leur consommation 8 Les perspectives économiques ayant beaucoup changé en 2008 et 2009, CGA-Canada a jugé pertinent de réexaminer comment les Canadiens perçoivent leur situation financière et s adaptent à la nouvelle réalité économique. À cette fin, CGA-Canada a commandité un sondage d opinion qui visait à connaître leur point de vue sur l évolution de leur niveau d endettement et sur leur attitude à l égard des dépenses et de l épargne. Le sondage réalisé à l hiver 2010 reprenait, dans une large mesure, les sondages précédents commandés par CGA-Canada en 2007 et en La méthodologie et les constatations détaillées sont présentées dans cette annexe, et les résultats ont aussi servi pour élaborer le résumé des principales constatations qui figure dans le deuxième chapitre de ce rapport. Méthodologie Le sondage a été administré par la société de recherche Synovate entre le 1 er et le 9 février Ce sondage a été élaboré par CGA-Canada de concert avec la haute direction de Synovate et il a fait l objet d un test préalable. L échantillonnage a été établi de manière à permettre la tenue d entrevues en ligne avec des répondants constituant un échantillon représentatif d adultes canadiens âgés de 25 ans ou plus. L échantillon utilisé aux fins de l enquête a été constitué à partir du panel en ligne de Synovate qui regroupe environ personnes. Au total, entrevues ont été menées en ligne avec des ménages des dix provinces canadiennes. Avec un échantillon de cette taille, l erreur d échantillonnage est de plus ou moins 2,51 % à un niveau de confiance de 95 % (19 fois sur 20). Les données ont été pondérées statistiquement de façon à refléter la répartition exacte de la population canadienne par régions, âges et sexes établie par le Recensement de 2006 de Statistique Canada. Le profil des répondants est présenté au tableau 5. 95
96 Tableau 5 Profil des répondants Nombre Proportion Caractéristiques de répondants de l échantillon total (en %) Sexe Masculin ,0 % Féminin ,0 % Âge ans ,5 % ans ,1 % ans ,8 % ans ,9 % 65 ans ou plus ,7 % Taille du ménage Une personne ,4 % Deux personnes ,5 % Trois personnes ,9 % Quatre personnes ou plus ,2 % Secteur géographique Colombie-Britannique ,2 % Alberta ,8 % Saskatchewan et Manitoba 93 6,1 % Ontario ,7 % Québec ,7 % Provinces de l Atlantique 115 7,5 % Revenu Moins de $ 91 6,0 % $ $ % $ $ ,5 % $ $ ,7 % $ $ ,7 % $ $ ,4 % $ ou plus ,6 % Ne sait pas ,3 % Situation par rapport à l emploi Au travail ,3 % Sans travail 78 5,1 % À la retraite ,7 % Non-actif (active) autre que retraité(e) ,9 % Études Niveau secondaire ou inférieur ,0 % Niveau collégial ,7 % Niveau universitaire sans diplôme 151 9,9 % Diplôme universitaire de 1 er cycle ou plus ,4 % Le sondage de 2010 a conservé la structure et le contenu du sondage de 2007, mais plusieurs questions ont été ajoutées afin de fournir une perspective élargie sur les habitudes d épargne des ménages. Le sondage de 2010 est présenté à l annexe B. Les détails concernant les sondages précédents (y compris la description de la méthodologie, le profil des répondants, le questionnaire et les conclusions clés) sont présentés dans le rapport de 2007 de CGA-Canada intitulé «Où va l argent? La croissance de l endettement des ménages au 96
97 Canada» et dans le rapport de 2009 intitulé «Où va l argent? L endettement des ménages canadiens dans une économie en déroute» (accessibles à Sauf indications contraires, les constatations exposées ci-après sont celles qui découlent du sondage effectué en Une comparaison avec les résultats du sondage de 2007 n est fournie que dans le cas où les perceptions des répondants ont présenté une tendance (à la hausse ou à la baisse) notable en 2007 et Une comparaison avec les résultats du sondage de 2008 est faite lorsque aucune tendance à la hausse ou à la baisse notable n a été observée entre les résultats des trois cycles d enquête. Constatations détaillées On a demandé aux répondants de réfléchir aux changements survenus dans les finances de leur ménage au cours des trois dernières années relativement aux quatre grands thèmes suivants : i) dette du ménage, ii) revenu, actif et richesse, iii) dépenses, et iv) épargne. Les constatations découlant du sondage sont présentées ici selon ces quatre grands thèmes. 38 % des répondants indiquent que leur dette a augmenté, comparativement à seulement 33 % qui indiquent que leur dette a diminué. 1. Dette du ménage Le sondage visait à découvrir de quelle façon l endettement des ménages avait évolué et quelles étaient les raisons de ce changement, quel était le sentiment des ménages face à leur endettement et s ils croyaient que leurs dettes les empêchaient de réaliser certains de leurs objectifs financiers. Évolution du niveau de la dette des ménages au cours des trois dernières années En tout, 84 % des répondants ont déclaré avoir des dettes une proportion presque identique à celle de 2007 et de Cependant, la perception des répondants quant à l évolution de leur dette a changé entre 2007 et En 2007, ceux dont la dette diminuait étaient plus nombreux que ceux dont la dette augmentait. La situation s est inversée en 2010, 38 % des répondants ayant indiqué que leur dette avait augmenté, comparativement à seulement 33 % des répondants qui ont indiqué que leur dette avait diminué. Cela dit, en 2010, la hausse du nombre de ceux dont la dette a augmenté n a pas été aussi marquée qu en 2008 (diagramme 1). La proportion de participants au sondage qui ont indiqué que leur dette avait beaucoup baissé est celle qui s est le plus amenuisée, celle-ci étant passée de 20 % en 2007 à 14 % en
98 Diagramme 1 Évolution du niveau de la dette des ménages au cours des trois dernières années 100 % Les répondants plus jeunes sont plus susceptibles de juger % des répondants ayant fait état d une dette 80 % 60 % 40 % 20 % 42 % 35 % 33 % 23 % 23 % 29 % 35 % 42 % 38 % que leur dette augmente que les répondants 0 % Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu plus âgés Comme on pouvait raisonnablement s y attendre, les répondants plus jeunes sont plus susceptibles de juger que leur dette augmente que les répondants plus âgés. Plus précisément, 44 % des répondants de moins de 35 ans ont déclaré que leur dette avait augmenté. Ce chiffre tombe à 28 % dans le cas des plus de 55 ans qui ont aussi estimé que leur dette avait augmenté. De même, les ménages comptant un ou plusieurs enfants âgés de moins de 18 ans sont beaucoup plus nombreux à croire que leur endettement augmente que les ménages n en comptant pas. L évolution de l endettement s est révélée différente selon la tranche de revenu. Les répondants faisant partie des ménages dont le revenu annuel est inférieur à $ se sont révélés beaucoup plus susceptibles de déclarer que leur endettement s accroissait que les répondants faisant partie des autres groupes. Par contre, une proportion nettement plus importante de répondants issus des ménages dont le revenu atteint au moins $ affirment que leur dette a diminué par rapport aux répondants dont le revenu est plus faible (diagramme 2). 98
99 Diagramme 2 Évolution du niveau de la dette des ménages, selon la tranche de revenu 100 % % des répondants ayant fait état d une dette 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 23 % 32 % 45 % 35 % Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu 37 % 37 % 36 % 28 % 27 % Moins de $ $ $ ou plus L accroissement de l endettement ne s accompagne pas d un accroissement de revenu ou de richesse. Les répondants dont le revenu s est amélioré au cours des trois dernières années et ceux qui se sont dits plus riches aujourd hui qu il y a trois ans se sont révélés plus susceptibles d indiquer que leur dette avait diminué plutôt qu augmenté. L inverse est vrai également : ceux qui ont indiqué que leur revenu avait baissé ou qu ils étaient moins riches aujourd hui se sont révélés plus susceptibles de dire que leur dette avait augmenté (diagramme 3). Cette corrélation se confirme aussi lorsque l on considère uniquement les répondants non retraités. Les répondants faisant partie des ménages dont le revenu annuel est inférieur à $ se sont révélés beaucoup plus susceptibles de déclarer que leur endettement s accroissait que les répondants faisant partie des autres groupes. 99
100 Diagramme 3 Évolution de la dette par rapport à l évolution du revenu et de la richesse Évolution de la dette par rapport à l évolution du revenu 100 % La majorité des répondants ayant signalé une hausse de la dette % des répondants ayant fait état d une dette 80 % 60 % 40 % 20 % 41 % 23 % 36 % 25 % 46 % 30 % 27 % 22 % 51 % du ménage se sont dits très préoccupés (40 %) 0 % Revenu ayant augmenté beaucoup ou un peu Revenu étant resté sensiblement le même Revenu ayant diminué beaucoup ou un peu ou assez préoccupés (46 %) à l égard de 100 % Évolution de la dette par rapport à l évolution de la richesse leur dette croissante. % des répondants ayant fait état d une dette 80 % 60 % 40 % 20 % 48 % 27 % 25 % 23 % 31 % 47 % 0 % Oui, je suis plus riche aujourd hui Non, je ne suis pas plus riche aujourd hui Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu La majorité des répondants ayant signalé une hausse de la dette du ménage se sont dits très préoccupés (40 %) ou assez préoccupés (46 %) à l égard de leur dette croissante. La proportion des répondants très préoccupés a nettement augmenté par rapport au chiffre de 36 % enregistré en Les dépenses de tous les jours sont la raison la plus souvent citée, et de loin, pour expliquer la hausse de la dette, suivie de loin par les frais d intérêts et l achat d une nouvelle voiture. On peut observer certains changements dans le classement des raisons expliquant l augmentation du niveau de la dette par rapport aux années précédentes. Parmi les principaux changements figure le recul du rôle joué par l achat de biens de consommation durables dans la hausse de la dette des ménages. En 2007, quelque 29 % des répondants avaient cité l achat de biens de consommation durables comme la principale raison de cette augmentation, contre seulement 19 % en 2010 (diagramme 4). 100
101 Diagramme 4 Raisons de l augmentation du niveau de la dette Dépenses de tous les jours Frais d intérêts* Achat d une nouvelle voiture Achat de biens de consommation durables Dépenses relatives aux soins de santé Dépenses relatives aux loisirs et divertissements Achat d une nouvelle résidence Inscription à un programme d études Autre 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants dont la dette a augmenté * L option «Frais d intérêts» ne figurait pas dans la liste des réponses offertes aux personnes interrogées en Lorsqu on a regroupé les participants du sondage de 2010 par catégories d âges, à savoir les plus jeunes (moins de 35 ans), ceux d âge moyen (35 à 55 ans) et les plus âgés (55 ans ou plus), tous les groupes d âge ont presque unanimement cité les dépenses de tous les jours, les frais d intérêts et l achat d une nouvelle voiture comme les trois premières raisons de l augmentation de leur dette. Les répondants plus jeunes sont les seuls qui ont été légèrement plus susceptibles d indiquer que leur endettement avait augmenté en raison de l achat d une nouvelle résidence plutôt qu en raison de l achat d une nouvelle voiture. En 2008, les raisons de l augmentation de la dette étaient beaucoup plus diversifiées d un groupe d âge à l autre : pour les répondants plus jeunes, ces raisons étaient d abord l achat de biens de consommation durables et l achat d une résidence, tandis que pour les répondants plus âgés, il s agissait avant tout des dépenses relatives aux soins de santé et des dépenses relatives aux voyages et divertissements. 101
102 Types de dettes Pour établir la composition du portefeuille de dettes des ménages, on a demandé aux répondants de décrire l évolution de leur dette active à l égard des types de dettes suivants : prêt hypothécaire, carte de crédit, prêt automobile, prêt étudiant, marge de crédit sur valeur nette de la maison (valeur domiciliaire), marge de crédit autre que sur la valeur de la maison et prêt bancaire autre qu un prêt automobile ou un prêt étudiant 60. À propos de types de dettes particuliers, les répondants ont plus tendance à indiquer que le niveau de leurs dettes actives baisse. Diagramme 5 Types de dettes des ménages Carte de crédit Prêt hypothécaire Prêt automobile Marge de crédit autre que sur la valeur nette de la maison Marge de crédit sur la valeur nette de la maison Prêt bancaire autre qu un prêt automobile ou étudiant 18 % 34 % 40 % 44 % 53 % 84 % Prêt étudiant 16 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants ayant fait état d une dette Carte de crédit 84 % 86 % Prêt hypothécaire Prêt automobile Marge de crédit autre que sur la valeur nette de la maison Marge de crédit sur la valeur nette de la maison 35 % 46 % 38 % 39 % 43 % 35 % 34 % 57 % Prêt bancaire autre qu un prêt automobile ou étudiant Prêt étudiant 2 % 20 % 12 % 19 % 0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 % % des répondants ayant fait état d une dette dans chaque groupe Non retraités Retraités 60 Bien qu on ait demandé aux répondants de décrire l évolution de leurs dettes actives, le questionnaire ne définissait pas précisément la notion de «dette active» afin que les répondants diagnostiquent eux-mêmes la présence de dettes actives et leur évolution. Par conséquent, l évolution des types de dettes présentée ici reflète les perceptions des répondants, mais pas nécessairement l évolution réelle des dettes actives. De même, dans le cas des cartes de crédit, le sondage n a pas fait de distinction entre un solde reporté et tout autre solde. 102
103 Quelque 84 % de l ensemble des répondants ont déclaré une dette de carte de crédit. Outre les dettes de cartes de crédit, les prêts hypothécaires (53 %) et les prêts automobiles (44 %) sont les deux types de dettes les plus courants (diagramme 5, partie supérieure). Contrairement à ce qu on pouvait penser, la situation de retraité n a pas réellement influencé les types de dettes déclarées par les participants au sondage. Les prêts hypothécaires et les prêts étudiants sont deux exceptions notables : 57 % des non-retraités ont affirmé avoir un prêt hypothécaire, contre 35 % des retraités; de même, 19 % des non-retraités ont un prêt étudiant à rembourser, alors que ce type de prêt est quasi-inexistant chez les retraités (diagramme 5, partie inférieure). Il semble qu il y ait un décalage entre la perception générale de la hausse de l endettement et l évolution de certains types de dettes. Comme nous l avons vu sur le diagramme 1, 38 % des Canadiens ont l impression que leur dette augmente, plutôt que de diminuer ou stagner. D un autre côté, à propos de types de dettes particuliers, les répondants ont plus tendance à indiquer que le niveau de leurs dettes actives baisse. Plus précisément, les répondants ont indiqué que leur dette a diminué, et non augmenté, pour quatre des sept types de dettes mentionnés dans la liste du sondage. Parmi ces quatre types figurent les prêts hypothécaires et les prêts automobiles deux types de dettes qui constituent généralement la plus grande partie de la dette des ménages (diagramme 6). Fait intéressant, pour les marges de crédit, les prêts bancaires et les prêts étudiants, une proportion relativement importante de répondants (entre 5 % et 13 % selon le type de dette) n ont su dire si leur dette avait augmenté, diminué ou stagné. Diagramme 6 Évolution du niveau de la dette selon le type % des répondants ayant fait état des types de dettes sélectionnées 100 % 80 % 60 % 54 % 46 % 41 % 37 % 38 % 37 % 40 % 32 % 35 % 29 % 31 % 28 % 22 % 31 % 27 % 25 % 28 % 27 % 22 % 25 % 21 % 20 % 20 % 11 % 13 % 2 % 2 % 2 % 5 % 7 % 0 % Carte de crédit Prêt hypothécaire Prêt automobile Marge de crédit autre que sur la valeur nette de la maison Marge de crédit sur la valeur nette de la maison Prêt bancaire Prêt étudiant autre qu un prêt automobile ou étudiant Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu Ne savent pas 103
104 Capacité des ménages de gérer l endettement La majorité des personnes interrogées (62 %) s estiment en mesure de gérer efficacement leurs dettes, et quelque 18 % ont laissé entendre qu elles pourraient s endetter davantage tout en continuant de bien gérer leurs finances. Cependant, un cinquième (20 %) des répondants endettés ont déclaré un niveau d endettement excessif qu ils ont du mal à gérer, soit une légère progression par rapport aux 17 % enregistrés en % des répondants endettés ont déclaré un niveau d endettement excessif qu ils ont du mal à gérer. Les répondants dont la dette a augmenté ont été beaucoup plus nombreux à indiquer qu ils avaient de la difficulté à gérer leur endettement. Parmi les répondants ayant du mal à gérer leurs dettes, près de la moitié (46 %) ont indiqué qu un revenu moins élevé que prévu était la principale raison de la difficulté éprouvée, ce qui est beaucoup plus élevé que le résultat observé au cours des années précédentes. La difficulté à respecter les limites de dépenses planifiées a été la deuxième raison la plus souvent citée pour expliquer la difficulté à gérer la dette; le poids que représente cette raison dans les réponses a toutefois baissé de façon notable avec le temps (diagramme 7). Diagramme 7 Raisons de la difficulté à gérer la dette % des répondants ayant de la difficulté à gérer leur dette 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 46 % 36 % 37 % Revenu moins élevé que prévu 26 % 22 % 24 % 19 % 19 % 15 % Grosses dépenses imprévues Difficulté à respecter les limites de dépenses planifiées 10 % 10 % 10 % 9 % 10 % 6 % Planification financière inadéquate Autre Les répondants dont la dette a augmenté ont été beaucoup plus nombreux à indiquer qu ils avaient de la difficulté à gérer leur endettement. C est le cas, en gros, de 41 % des répondants. Par comparaison, seulement 8 % des répondants dont la dette a diminué ou est restée sensiblement la même depuis trois ans ont indiqué qu ils avaient de la difficulté à gérer leur endettement. La majorité des répondants (59 %) dont les dettes avaient augmenté s estimaient toutefois capables de bien les gérer ou même de s endetter davantage (diagramme 8). Comparativement aux années précédentes, les répondants dont la dette a augmenté sont aujourd hui beaucoup plus susceptibles d avoir de la difficulté à gérer leur endettement. En 2007, un tiers (34 %) des répondants dont la dette avait augmenté étaient dans cette situation, contre 41 % en
105 Diagramme 8 Attitude à l égard de la dette % de l ensemble des répondants dans chaque groupe 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 25 % 67 % 8 % Répondants dont la dette a diminué ou est restée la même 6 % 53 % 41 % Répondants dont la dette a augmenté 63 % des personnes endettées ont répondu qu elles croyaient que Si je devais assumer une dette plus lourde, je serais toujours en mesure de bien gérer mes finances leur endettement les Je peux bien gérer mon niveau de dette J ai un niveau excessif de dette et j ai de la difficulté à le gérer empêchait d atteindre leurs buts. Effet néfaste de l endettement On a demandé aux répondants si le niveau de leurs dettes nuisait à leur capacité de réaliser leurs buts dans des domaines comme la retraite, les études, les loisirs et voyages, et la sécurité financière en cas de circonstances imprévues. Quelque 63 % des personnes endettées ont répondu qu elles croyaient que leur endettement les empêchait d atteindre leurs buts dans au moins un de ces domaines. Elles ont indiqué que la sécurité en cas d imprévus et les loisirs et voyages étaient les principaux domaines touchés (diagramme 9). Comparativement aux années précédentes, les répondants sont aujourd hui plus susceptibles de croire que leur endettement a une incidence négative sur leur capacité d épargner en vue de la retraite. En 2007, 28 % des répondants endettés ont jugé que leur dette nuisait à leur capacité d atteindre leurs objectifs financiers dans le domaine de la retraite; cette proportion est passée à 34 % en
106 Diagramme 9 Le niveau de dette de votre ménage nuit-il à votre capacité de réaliser vos buts dans les domaines suivants? Loisirs et voyages 43 % Sécurité financière en cas de circonstances imprévues 41 % 9 % des répondants ont indiqué que leurs parents ou d autres personnes subvenaient de façon substantielle aux besoins financiers et matériels quotidiens de leur ménage. Retraite Études de vos enfants Vos études Aucun de ces domaines 8 % 7 % Les répondants qui estiment que leur endettement nuit à l atteinte de leurs objectifs se sont révélés beaucoup plus susceptibles d indiquer que leurs dettes avaient augmenté au cours des trois dernières années. Plus de la moitié (52 %) des personnes dont les dettes entravent les objectifs ont affirmé que leur endettement avait augmenté beaucoup ou un peu. La tendance s inverse pour les répondants qui ne subissent aucun effet négatif : près de la moitié d entre eux (46 %) ont en effet indiqué que leur dette avait diminué au cours des trois dernières années (diagramme 10). Les répondants qui estiment que leur endettement nuit à l atteinte de leurs objectifs se sont révélés beaucoup plus susceptibles de déclarer qu ils ont du mal à gérer leurs dettes. Environ 30 % des personnes dont les dettes entravent les objectifs ont eu de la difficulté à les gérer, tandis que seulement 4 % des personnes que les dettes ne gênent pas se trouvaient dans cette situation. 34 % 37 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants ayant fait état d une dette 106
107 Diagramme 10 Évolution de la dette totale des répondants auxquels la dette nuit 100 % % du total dans chaque groupe 80 % 60 % 40 % 20 % 46 % 38 % 15 % 52 % 25 % 24 % Moins de la moitié de l ensemble des répondants (44 %) ont indiqué que le revenu de leur ménage avait augmenté au cours des trois dernières années. 0 % Aucun effet défavorable Dette ayant diminué beaucoup ou un peu Dette étant restée sensiblement la même Dette ayant augmenté beaucoup ou un peu Effet défavorable Répondants soutenus par d autres dans leur vie courante Toutes les personnes ayant participé au sondage avaient au moins 25 ans. Néanmoins, quelque 9 % des répondants ont indiqué que leurs parents ou d autres personnes subvenaient de façon substantielle aux besoins financiers et matériels quotidiens de leur ménage. Ce groupe de répondants est largement constitué de personnes plus jeunes : 30 % étaient âgés de 25 à 34 ans, alors que 35 % étaient âgés de 35 à 44 ans. Les personnes recevant ce type de soutien sont légèrement plus susceptibles d être endettées que les autres; parmi elles, 90 % ont indiqué que leur ménage avait au moins un type de dette, contre 83 % pour l ensemble des autres répondants. Presque tous (78 %) avaient des dettes autres que des dettes de cartes de crédit (le type de dette le plus courant). Les répondants bénéficiant d un tel soutien sont présents dans toutes les tranches de revenu : un tiers (34 %) de ces répondants avaient un revenu annuel de moins de $, et environ 26 % ont indiqué avoir un revenu annuel de $ et plus. Ménages sans dette Quelque 16 % des répondants ont affirmé ne pas avoir de dettes. Les répondants sans dette se sont révélés beaucoup plus susceptibles d être âgés de 65 ans ou plus lorsqu on les a comparés aux répondants qui se sont dits endettés : 43 % 107
108 des répondants sans dette appartiennent au groupe d âge supérieur, mais seulement 15 % des répondants endettés appartiennent à ce groupe. Il n est donc pas surprenant de constater que les répondants sans dette sont beaucoup moins susceptibles d avoir des enfants de moins de 18 ans. L évolution globale des revenus a été nettement plus mauvaise en 2010 qu au cours des années précédentes, plus de personnes ayant déclaré que leur revenu avait diminué ou était resté le même. Les répondants sans dette étaient presque également susceptibles de se trouver dans la tranche de revenu inférieure que dans la tranche de revenu supérieure. Les répondants sans dette dont le ménage a un revenu de moins de $ représentent 26 % de l ensemble des répondants sans dette, contre 29 % pour les répondants dont le ménage a un revenu de $ et plus. De même, les répondants sans dette et les répondants endettés sont aussi susceptibles d épargner régulièrement; cependant, parmi les non-retraités, les personnes sans dette ont tendance à épargner plus régulièrement que les personnes endettées. Le fait de ne pas avoir de dette ne s est pas révélé être lié au fait d être locataire. Vingt-et-un pour cent seulement des répondants sans dette et 30 % des répondants endettés étaient locataires. 2. Revenu, actif et richesse Le sondage de CGA-Canada avait pour deuxième objectif d établir si l augmentation de la dette s accompagnait d une augmentation comparable du revenu et (ou) de la richesse. Pour ce faire, on a demandé aux répondants de décrire l évolution de leur revenu, de leur actif et de leur richesse au cours des trois dernières années, et d indiquer les chocs économiques susceptibles de nuire à leur bien-être financier. Évolution du revenu des ménages au cours des trois dernières années Chez les répondants non retraités, 76 % ont désigné le salaire comme source principale de revenu du ménage, tandis que seulement 8 % ont désigné un revenu tiré d une entreprise, 8 %, les paiements de transfert, et pas plus de 1 %, les revenus de placements. Moins de la moitié de l ensemble des répondants (44 %) ont indiqué que le revenu de leur ménage avait augmenté au cours des trois dernières années; cela dit, une écrasante majorité (85 %) d entre eux a précisé qu il ne s agissait que d une faible augmentation. L évolution globale des revenus a été nettement plus mauvaise en 2010 qu au cours des années précédentes, plus de personnes ayant déclaré que leur revenu avait diminué ou était resté le même, tandis qu un moins grand nombre a indiqué avoir bénéficié d une augmentation (diagramme 11). 108
109 Diagramme 11 Évolution du revenu des ménages au cours des trois dernières années 100 % % de l ensemble des répondants 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 57 % % 44 % Revenu ayant augmenté beaucoup ou un peu % L évolution du revenu varie de façon importante selon le niveau de revenu global des répondants. Dans le cas où le revenu du ménage était plus élevé, les répondants se sont révélés plus susceptibles de constater une évolution favorable de leur revenu, comparativement aux répondants dont le revenu était moyen ou plus modeste. Plus de la moitié (63 %) des répondants issus de ménages dont le revenu était de $ ou plus ont vu leur revenu augmenter au cours des trois dernières années. Par comparaison, ce fut le cas de seulement 34 % des répondants issus de ménages dont le revenu était de moins de $. De même, les répondants se situant dans la tranche de revenu supérieure étaient deux fois moins susceptibles que les ménages à faible revenu d indiquer que leur revenu avait diminué (diagramme 12). Cependant, la détérioration globale de l évolution des revenus entre 2007 et 2010 s est révélée bien réelle pour toutes les tranches de revenus. 31 % 32 % Revenu étant resté sensiblement le même 17 % 21 % 24 % Revenu ayant diminué beaucoup ou un peu Les structures résidentielles des répondants ont été le seul type d actif dont la valeur a eu tendance à augmenter pour la majorité des répondants. 109
110 Diagramme 12 Évolution du revenu des ménages, par répondant et par tranche de revenu % de l ensemble des répondants, par tranche de revenu 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 63 % 40 % 43 % 34 % 34 % 25 % 24 % 23 % 14 % Moins de $ $ $ ou plus Revenu ayant augmenté beaucoup ou un peu Revenu étant resté sensiblement le même Revenu ayant diminué beaucoup ou un peu Évolution de l actif des ménages au cours des trois dernières années Pour établir la composition du portefeuille d actifs des ménages, on a proposé aux répondants une liste de choix mentionnant les principaux types d actifs, à savoir : résidence principale ou autres structures résidentielles, fonds communs de placement, actions ou obligations détenus en dehors d un REER, actifs de retraite ou pension privés (p. ex. REER, FERR), actifs associés à un commerce ou une entreprise, comptes de dépôt et avoirs en monnaie. Dans le sondage, on a demandé aux répondants de rendre compte de l évolution de la valeur de leurs actifs au cours des trois dernières années. Leurs perceptions en 2010 ont été grandement différentes de celles exprimées en En 2007, très peu de répondants croyaient que la valeur de leurs actifs avait baissé au cours des trois années précédentes. Près des trois quarts (73 %) des personnes interrogées estimaient que la valeur de leurs structures résidentielles s était appréciée, et au moins 60 % des répondants considéraient que la valeur de leurs actifs financiers (de retraite ou non) s était accrue. Pour tous les types d actifs, sauf les comptes de dépôts et les avoirs en monnaie, un répondant sur 10 seulement avait indiqué une diminution de la valeur de ses actifs (diagramme 13). En 2008 et en 2010, les personnes interrogées ont eu tendance à être moins optimistes dans l évaluation de l évolution de leurs actifs, surtout les actifs financiers. En 2010, environ 37 % des répondants ayant un portefeuille de fonds communs de placement, d actions et d obligations hors REER, et 31 % des répondants ayant des actifs de retraite privés ont estimé que la valeur de leurs actifs avait diminué au cours des trois dernières années. Il s agit d un résultat 110
111 un peu plus favorable qu en 2008, mais le contraste demeure considérable par rapport à la situation observée en En 2010, les structures résidentielles des répondants ont été le seul type d actif dont la valeur a eu tendance à augmenter pour la majorité des répondants (diagramme 13). Diagramme 13 Évolution des éléments d actif des ménages Actifs ayant augmenté beaucoup ou un peu 100 % % des répondants ayant fait état d actifs 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 100 % 73 % 60 % 57 % Résidence principale ou autres structures résidentielles 61 % 60 % 26 % 17 % Fonds communs de placement, actions ou obligations détenus en dehors d un REER 29 % 22 % Actifs de retraite privés (p. ex. REER, FERR) 25 % 17 % 17 % Actifs associés à un commerce/ une entreprise Actifs ayant diminué beaucoup ou un peu 31 % 21 % 21 % Comptes de dépôts, avoirs en monnaie 41 % de tous les répondants ont estimé qu ils étaient plus riches aujourd hui qu il y a trois ans. % des répondants ayant fait état d actifs 80 % 60 % 40 % 20 % 53 % 37 % 40 % 31 % 11 % 12 % 13 % 11 % 4 % 7 % 5 % 7 % 23 % 22 % 13 % 0 % Résidence principale ou autres structures résidentielles Fonds communs de placement, actions ou obligations détenus en dehors d un REER Actifs de retraite privés (p. ex. REER, FERR) Actifs associés à un commerce/ une entreprise Comptes de dépôts, avoirs en monnaie Il est surprenant de constater qu environ 38 % des répondants qui détiennent des actifs associés à leur commerce ou entreprise n ont pu indiquer si la valeur de leurs actifs avait augmenté, était restée la même ou avait diminué ces dernières années. Quoique moins surprenant, il a été révélateur d apprendre qu une proportion sensible de répondants (un sur dix) ne savaient pas ce qu il était advenu de la valeur de leurs actifs financiers détenus en dehors d un REER et de leurs avoirs en monnaie. 111
112 Évolution de la richesse des ménages au cours des trois dernières années En 2010, quelque 41 % de tous les répondants ont estimé qu ils étaient plus riches aujourd hui qu il y a trois ans. Ce pourcentage est nettement plus faible que les années précédentes, surtout par rapport aux 57 % observés en 2007 (diagramme 14). C est en Colombie-Britannique que l enthousiasme s est révélé le plus faible, seulement 37 % des répondants ayant indiqué une augmentation de leur richesse. À l inverse, c est en Alberta que les ménages ont été les plus enthousiastes, quelque 46 % des répondants s étant déclarés plus riches aujourd hui. 41 % des répondants endettés estiment qu ils sont plus riches aujourd hui, comparativement à 59 % des répondants sans dette. Diagramme 14 Évolution du niveau de richesse des répondants % de l ensemble des répondants 100 % 80 % 60 % 57 % 56 % 59 % 44 % 41 % 43 % 40 % 20 % 0 % Oui, je suis plus riche aujourd hui Non, je ne suis pas plus riche aujourd hui Comme prévu, les répondants retraités se sont révélés généralement moins optimistes à propos de leur richesse. Environ 35 % des répondants actuellement à la retraite ont fait état d une augmentation de leur richesse par rapport à 43 % des répondants non retraités. L évolution du revenu influe grandement sur la perception qu ont les répondants de leur richesse; ainsi, 63 % des répondants non retraités dont le revenu a augmenté se sont dits plus riches, sentiment partagé par seulement 15 % des répondants dont le revenu a diminué. L endettement semble aussi influencer la manière dont les personnes perçoivent leur richesse. Lorsqu on ne tient compte que des non-retraités, 41 % des répondants endettés estiment qu ils sont plus riches aujourd hui, comparativement à 59 % des répondants sans dette. Il n est donc pas surprenant que les répondants dont les dettes ont diminué au cours des trois dernières années aient été beaucoup plus susceptibles de s estimer plus riches que les répondants qui ont indiqué que leurs dettes avaient augmenté. Soixante-deux pour cent des répondants dont les dettes ont diminué ont indiqué être plus riches aujourd hui, mais cette proportion n est que de 28 % pour ceux dont les dettes ont augmenté au cours des trois dernières années. 112
113 Les fluctuations de la valeur des actifs immobiliers semblent jouer dans la perception de la richesse, mais pas dans la mesure où l on pourrait s y attendre. Parmi ceux qui ont indiqué une hausse de la valeur de leurs structures résidentielles au cours des trois dernières années, seulement 52 % ont jugé que leur richesse s était accrue (diagramme 15). En 2007, quelque 66 % des participants au sondage qui avaient indiqué une hausse de la valeur de leurs actifs résidentiels avaient aussi répondu qu ils s estimaient plus riches. Diagramme 15 Évolution des éléments d actif et du niveau de richesse des répondants 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 52 % Tous les répondants ayant des actifs résidentiels 48 % Valeur des actifs résidentiels ayant augmenté Oui, je suis plus riche aujourd hui Non, je ne suis pas plus riche aujourd hui 34 % 66 % Valeur des actifs résidentiels ayant diminué ou étant restée la même 50 % de tous les répondants croient qu une réduction de salaire de l ordre de 10 % se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier. Quelque 27 % des répondants se sont dits vulnérables à une hausse des taux d intérêt. Sensibilité des ménages aux chocs On a demandé aux répondants quelles éventualités parmi les suivantes auraient des répercussions négatives sensibles sur leur bien-être financier : hausse des taux d intérêt de 2 points de pourcentage, baisse des prix des maisons de 10 %, baisse du marché boursier de 10 %, accès réduit au crédit, diminution de salaire de 10 % 61. La diminution de salaire s est avérée la réponse la plus fréquente, la moitié des répondants (50 %) croyant qu une réduction de salaire de l ordre de 10 % se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier. Quelque 27 % des répondants se sont dits vulnérables à une hausse des taux d intérêt, tandis qu un 61 Il faut faire preuve de prudence pour interpréter les résultats du sondage en ce qui concerne la sensibilité aux chocs. Pour permettre une comparaison pertinente, la formulation du sondage de 2010 est restée identique à celle du sondage de Par conséquent, on a demandé aux répondants d indiquer leur sensibilité à des chocs modérés. Parallèlement, certains chocs économiques qui ont eu lieu à la fin de 2008 et pendant une bonne partie de 2009 ont été beaucoup plus intenses que ceux mentionnés dans le sondage. On peut donc se demander si certains répondants n ont pas considéré les chocs modérés mentionnés dans le sondage comme une hypothèse plus favorable que les chocs réels frappant l économie. 113
114 cinquième d entre eux (19 %) ont estimé qu une baisse de 10 % du marché boursier nuirait à leur bien-être financier. Un peu plus du quart de tous les répondants (26 %) ont estimé qu aucune de ces éventualités ne constituait une menace pour leur bien-être financier. Ces réponses sont à peu près semblables à celles de 2007 sauf pour deux exceptions notables. En 2010, une proportion plus importante de répondants au sondage se sont dits vulnérables aux variations du marché boursier et du marché de l habitation (diagramme 16). Diagramme 16 Chocs (événements négatifs) auxquels les ménages seraient vulnérables 40 % des répondants ont estimé que leurs dépenses avaient augmenté ces dernières années. Diminution de salaire de 10 % Hausse des taux d intérêt de 2 % Baisse du marché boursier de 10 % Accès réduit au crédit Baisse des prix des maisons de 10 % Aucune de ces réponses 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de l ensemble des répondants Parmi les répondants propriétaires de structures résidentielles, plus de 89 % n estimaient pas qu un recul modéré du marché de l habitation aurait des conséquences négatives pour eux. Un pourcentage plus faible, mais toujours important, des répondants détenant des actifs de retraite privés ou un portefeuille de fonds communs de placement, d actions et d obligations en dehors d un REER se sont dits insensibles aux évolutions du marché boursier. Quelque 76 % de ceux qui ont des actifs de retraite privés et 74 % de ceux qui ont des fonds communs de placement et des actions ont estimé qu une baisse de 10 % des marchés boursiers n aurait pas d effets défavorables sur leur bien-être financier. 3. Dépenses des ménages Le sondage cherchait ensuite à savoir si la progression de l endettement et de la richesse se traduisait par des changements en ce qui touche les dépenses du ménage. On a sollicité l opinion des répondants sur l évolution de leurs dépenses et sur les raisons qui la motivaient. On a cherché également à 114
115 déterminer si les répondants étaient à l aise avec l idée de devoir faire face à des dépenses imprévues. Évolution des dépenses des ménages au cours des trois dernières années Seule une petite partie des répondants (19 %) ont jugé que leurs dépenses avaient diminué beaucoup ou un peu au cours des trois dernières années. Par contre, 40 % des répondants ont estimé que leurs dépenses avaient augmenté ces dernières années. La tendance est la même pour toutes les tranches de revenu. Une amélioration notable dans l évolution des dépenses est observable avec le temps : l écart entre les répondants dont les dépenses augmentent et ceux dont les dépenses diminuent se réduit (diagramme 17). La très grande majorité des répondants (87 %) ont indiqué que les dépenses de leur ménage étaient habituellement inférieures ou égales au revenu du ménage. Les 13 % restants ont déclaré que leurs dépenses étaient supérieures à leur revenu. Les répondants endettés ont été environ trois fois plus susceptibles de dire que les dépenses du ménage dépassent généralement son revenu. Diagramme 17 Évolution des dépenses des ménages % de l ensemble des répondants 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 50 % 47 % 40 % 41 % 37 % 37 % 13 % 16 % 19 % 76 % des répondants ayant indiqué que leurs dépenses avaient progressé au cours des trois dernières années ont déclaré que cette progression était attribuable aux dépenses de tous les jours. 0 % Dépenses ayant augmenté beaucoup ou un peu Dépenses étant restées sensiblement les mêmes Dépenses ayant diminué beaucoup ou un peu On a proposé aux répondants une liste de neuf éléments représentant autant de raisons pouvant expliquer l augmentation des dépenses du ménage. La majorité (76 %) des répondants ayant indiqué que leurs dépenses avaient progressé au cours des trois dernières années ont déclaré que cette progression était attribuable aux dépenses de tous les jours. Un peu moins d un tiers des répondants ont jugé que l augmentation des paiements visant le remboursement de leurs prêts, à part les versements hypothécaires, et l augmentation des dépenses consacrées aux loisirs avaient contribué au gonflement des dépenses (diagramme 18, partie supérieure). Lorsqu on fait une comparaison avec les années précédentes, on observe une tendance à la baisse de la probabilité que les répondants indiquent 115
116 la hausse de ce type de paiements et de dépenses parmi les principales raisons de l augmentation de leur dette. Diagramme 18 Raisons de l augmentation des dépenses des ménages Augmentation des dépenses de tous les jours Augmentation des paiements de prêt/de crédit, à part les versements hypothécaires Augmentation des dépenses consacrées aux loisirs Changements relatifs au ménage Augmentation des dépenses consacrées aux soins de santé 27 % 26 % 25 % 25 % 76 % Augmentation du loyer Augmentation des versements hypothécaires Augmentation des dépenses consacrées aux études Autre 16 % 16 % 10 % 13 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants dont les dépenses ont augmenté Augmentation des dépenses de tous les jours Augmentation des paiementsde prêt/de crédit, à part les versements hypothécaires Changements relatifs au ménage Augmentation des dépenses consacrées aux loisirs Augmentation des versements hypothécaires Augmentation des dépenses consacrées aux soins de santé Augmentation du loyer Augmentation des dépenses consacrées aux études Autre 30% 20% 35% 7% 24% 30% 19% 10% 20% 36% 16% 16% 13% 5% 12% 15% 72% 83% 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants dont les dépenses ont augmenté dans chaque groupe Moins de 55 ans 55 ans ou plus La répartition des répondants entre deux groupes d âge, soient les moins de 55 ans et les 55 ans ou plus, a révélé des écarts entre les causes de l augmentation des dépenses. Une proportion beaucoup plus grande de jeunes répondants ont indiqué que cette augmentation résultait d une hausse des paiements visant le 116
117 remboursement de leurs prêts hypothécaires et autres, de changements quant aux caractéristiques du ménage et d une augmentation des frais liés aux études. Pour leur part, les répondants plus âgés se sont révélés beaucoup plus susceptibles d indiquer que cette augmentation pouvait être attribuée à la hausse des dépenses consacrées aux soins de santé et aux dépenses de tous les jours (diagramme 18, partie inférieure). Aptitude des répondants à faire face aux dépenses imprévues Pour faire face à des dépenses imprévues, les Canadiens auraient principalement recours à une carte de crédit ou une marge de crédit. C est de cette manière que 38 % des répondants régleraient une dépense imprévue de 500 $ et que 29 % régleraient une dépense imprévue de $. En second lieu, les répondants ont indiqué qu ils privilégieraient le recours à leurs économies pour régler une dépense imprévue. Les autres options proposées, soit «emprunter de l argent à un(e) ami(e)», «vendre un bien ou actif» ou «emprunter sur la valeur de ma maison», ont été peu choisies par les répondants. Cependant, la possibilité d opter pour un emprunt sur la valeur de la maison augmente passablement lorsque les dépenses imprévues se chiffrent à $ plutôt qu à 500 $ (diagramme 19). Les personnes à revenu élevé (membres d un ménage dont le revenu est de $ ou plus) tendent à privilégier le recours aux cartes de crédit et à l épargne pour faire face à des dépenses imprévues davantage que les répondants des autres tranches de revenu. Pour faire face à des dépenses imprévues, les Canadiens auraient principalement recours à une carte de crédit ou une marge de crédit. Diagramme 19 Manières de régler une dépense imprévue de 500 $ et $ Payer au moyen d une carte de crédit ou d une marge de crédit 29 % 38 % Puiser dans les économies 21 % 37 % Emprunter de l argent à un(e) ami(e)/un membre de la parenté Vendre un bien/actif Emprunter sur la valeur de la maison Autre Ne seraient pas en mesure de régler une telle dépense imprévue 7 % 4 % 1 % 5 % 2 % 6 % 6 % 11 % 10 % 25 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de l ensemble des répondants 500 $ $ 117
118 25 % des Canadiens ne pourraient régler une dépense imprévue de $ et 10 % des Canadiens ne pourraient faire face à une dépense imprévue de 500 $. Un Canadien sur quatre ne pourrait régler une dépense imprévue de $ et, plus inquiétant encore, un Canadien sur dix ne pourrait faire face à une dépense imprévue de 500 $ somme que beaucoup de gens ne considéreraient pas comme étant élevée. Comme on pouvait s y attendre, le niveau de revenu du ménage des répondants est un facteur important de la capacité perçue de régler une dépense imprévue. Plus d un cinquième (21%) des personnes de la tranche de revenu inférieure auraient de la difficulté à faire face à une dépense de 500 $; cette proportion tombe à 3 % à peine dans la tranche de revenu supérieure (revenu du ménage de $ ou plus). Près de la moitié (49 %) de tous les répondants à faible revenu ne pourraient pas assumer une dépense imprévue de $ (diagramme 20). Diagramme 20 Répondants dans l incapacité de faire face à des dépenses imprévues 100 % % du total de chaque groupe 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 49 % 21 % 23 % 6 % 10 % 3 % Moins de $ $ $ $ ou plus 500 $ $ L endettement des personnes a un effet sur leur capacité de régler une dépense imprévue. Les répondants faisant état de dettes sont deux fois plus nombreux à dire qu ils ne pourraient pas faire face à une dépense imprévue de 500 $. Pour une dépense imprévue de $, les répondants faisant état de dettes sont presque trois fois plus susceptibles de dire qu ils ne pourraient pas faire face à une telle dépense que les répondants sans dette. 118
119 De plus, les répondants qui se sont dits incapables de faire face à une dépense imprévue se sont révélés beaucoup plus susceptibles d indiquer que leur dette s était accrue au cours des trois dernières années et tendaient à être davantage préoccupés par leur endettement croissant. Ils étaient également au moins deux fois plus susceptibles de croire que leur endettement était trop considérable et qu ils avaient de la difficulté à le gérer. Les habitudes d épargne ont aussi une incidence sur la capacité des répondants de faire face à une dépense imprévue. Ceux qui n épargnent pas régulièrement sont plus susceptibles de dire qu ils sont dans l incapacité de régler une dépense imprévue, qu elle soit de 500 $ ou de $. Pour la dépense la moins élevée, la différence est particulièrement flagrante : 22 % des répondants qui n épargnent pas régulièrement indiquent qu ils auraient de la difficulté à faire face à une dépense imprévue de 500 $, contre à peine 2 % des répondants qui épargnent régulièrement. 4. Épargne et retraite En dernier lieu, le sondage visait à comprendre les attentes des répondants en ce qui touche leur principale source de revenu de retraite, ainsi que leur niveau de confiance quant à leur situation financière une fois retraités. On a aussi demandé aux répondants de réfléchir à leurs habitudes d épargne et leur participation à des régimes d épargne fiscalement avantageux. Ceux qui n épargnent pas régulièrement sont plus susceptibles de dire qu ils sont dans l incapacité de régler une dépense imprévue, qu elle soit de 500 $ ou de $. Sources prévues de revenu de retraite Nous avons constaté des différences évidentes entre le point de vue des retraités et celui des non-retraités quant à la source principale dont ils prévoyaient tirer leur revenu de retraite. À ce chapitre, les deux groupes accordaient de l importance aux paiements de transfert, bien que dans une proportion légèrement moindre pour ce qui est des non-retraités. Environ un retraité sur dix reçoit son revenu de retraite principalement d un REER; cela dit, une proportion beaucoup plus importante (27 %) de ceux qui ne sont pas encore retraités estiment que les REER seront leur principale source de revenu de retraite. À l inverse, les répondants déjà retraités sont généralement beaucoup plus nombreux que les répondants non retraités à compter sur des régimes de retraite à prestations déterminées (diagramme 21). 119
120 Diagramme 21 Source principale du revenu de retraite Paiements de transfert du gouvernement 32 % 37 % Économies détenues dans un REER 12 % 27 % 43 % des répondants Régime à prestations déterminées 13 % 29 % ne sont pas certains que leur situation financière répondra à leurs besoins à la retraite. Régime à cotisations déterminées Économies détenues en dehors d un REER Héritage Autre 12 % 13 % 5 % 5 % 4 % 1 % 8 % 4 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de l ensemble des répondants Non-retraités Retraités Par rapport au sondage de 2007, on constate un net changement en ce qui concerne les attentes des répondants quant aux régimes de retraite à prestations déterminées. En 2007, 27 % des répondants pensaient que les régimes à prestations déterminées seraient leur principale source de revenu de retraite; ce pourcentage est tombé à 17 % en On a observé un renversement de tendance pour les régimes à cotisations déterminées. Lorsqu on considère les retraités et les non-retraités séparément, ces différences intertemporelles demeurent. Comme prévu, les répondants non retraités membres d un ménage à faible revenu (moins de $) ont révélé une dépendance beaucoup plus grande aux paiements de transfert comme source principale prévue de revenu de retraite, par rapport aux répondants des autres tranches de revenu. De même, les ménages dont le revenu s établit à $ ou plus sont ceux qui se sont révélés les plus susceptibles de s attendre à ce que leur revenu de retraite provienne principalement de REER. Confiance à l égard de la situation financière à la retraite Quelque 43 % des répondants ne sont pas certains que leur situation financière répondra à leurs besoins à la retraite. Le niveau de confiance des répondants a baissé par rapport à 2007 (diagramme 22), les différences les plus marquées concernant les répondants qui se disent très confiants ou pas du tout confiants à l égard de leur bien-être financier à la retraite. 120
121 Diagramme 22 Niveau de confiance quant à l adéquation de la situation financière à la retraite % de l ensemble des répondants 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 0 % 62 % 57 % 57 % Très ou assez confiants 43 % 43 % 38 % Pas très ou pas du tout confiants Ceux qui sont déjà retraités sont beaucoup plus optimistes : plus des trois quarts (77 %) d entre eux sont très confiants ou assez confiants quant à l adéquation de leur situation financière. Parmi les non-retraités, cette proportion est de 50 %. Pour ces derniers, l âge a une certaine incidence (bien que peu importante) sur la confiance quant à la situation financière à la retraite. Quelque 51 % de ceux qui ont moins de 35 ans se disent confiants quant à leur bien-être financier, contre 56 % des répondants plus âgés (55 à 64 ans). Le revenu, la richesse et l endettement sont des facteurs qui influent beaucoup sur le niveau de confiance. Quelque 70 % des Canadiens non retraités à faible revenu (moins de $) n ont pas confiance dans l adéquation de leur situation financière à la retraite; toutefois, cette proportion n est que de 33 % pour ceux dont le revenu annuel du ménage est de $ ou plus. De même, environ 71 % des répondants non retraités, qui estiment être plus riches aujourd hui, se disent confiants au sujet de leur situation financière à la retraite, contre seulement 34 % de ceux dont la richesse n a pas augmenté. Un peu plus de la moitié (52 %) des répondants non retraités endettés ont indiqué qu ils ne croyaient pas que leur situation financière à la retraite serait adéquate. Pour les répondants sans dette, cette proportion est de seulement 34 %. Les répondants dont la dette a augmenté un peu ou beaucoup au cours des trois dernières années se sentaient encore moins prêts pour la retraite : 67 % des non-retraités dont la dette a augmenté ont indiqué qu ils n étaient pas confiants quant à leur situation financière à la retraite. Idée juste de l épargne nécessaire en prévision de la retraite On a demandé aux répondants s ils avaient une idée claire du montant des économies personnelles qu ils devaient accumuler afin de s assurer d une 121
122 situation financière adéquate à la retraite. Moins de la moitié (44 %) des répondants non retraités ont indiqué qu ils en avaient une idée précise et 56 %, qu ils n en avaient pas. Comparativement au sondage de 2007, on constate une nette augmentation de ceux qui ignorent le montant d épargne dont ils ont besoin. En 2007, plus de la moitié (52 %) des répondants non retraités avaient une idée précise à cet égard. 56 % des répondants non retraités ont indiqué qu ils ne savaient pas combien ils devaient accumuler afin de s assurer d une situation financière adéquate à la retraite. Le montant d épargne-retraite provenant d un régime privé qu il conviendrait d accumuler semble se préciser avec l âge. Environ 38 % des jeunes répondants avaient une idée claire de l épargne-retraite qu ils devaient constituer. Cette proportion augmente à 65 % pour les répondants âgés de 65 ans et plus (diagramme 23). Diagramme 23 Les répondants ont-ils une idée claire du montant d épargne-retraite qu ils doivent accumuler? % des répondants non retraités de chaque groupe 100 % 80 % 60 % 40 % 20 % 38 % 41 % 47 % 50 % 65 % 0 % ans ans ans ans 65 ans ou plus Parmi les répondants non retraités qui prévoyaient que leur principale source de revenu de retraite serait l épargne-retraite privée (REER ou hors REER), quelque 44 % ne savaient pas précisément combien ils devaient mettre de côté pour s assurer une retraite confortable sur le plan financier. Épargne régulière des répondants Près du tiers (32 %) des répondants au sondage de 2010 non retraités ne mettent pas d argent de côté de façon régulière. Ce pourcentage est beaucoup plus élevé que celui de 2007, qui était de 25 %. De plus, un cinquième des répondants (20 %) non retraités pour lesquels les dépenses du ménage sont habituellement inférieures à son revenu n épargnent tout de même pas de façon régulière. Ceux qui épargnent le font principalement en vue de la retraite, pour assurer leur sécurité financière en cas de circonstances imprévues 122
123 ou pour financer leurs vacances et leurs divertissements (diagramme 24, partie supérieure). Le fait d être retraité ou pas influence beaucoup l objectif déclaré de l épargne. Les répondants non retraités sont beaucoup plus susceptibles d épargner régulièrement en vue de la retraite, des études et du remboursement de leur prêt hypothécaire, tandis que les répondants retraités consacrent leur épargne davantage aux vacances et au divertissement (diagramme 24, partie inférieure). Il vaut la peine de noter que 37 % des répondants retraités ont indiqué qu ils continuaient d épargner régulièrement en vue de la retraite. Diagramme 24 Fins auxquelles les répondants mettent de l argent de côté 32 % des répondants non retraités ne mettent pas d argent de côté de façon régulière. Retraite 62 % Circonstances imprévues 41 % Vacances/divertissements 37 % Achat de biens durables 23 % Versement hypothécaire initial 17 % Études 19 % Autre 16 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants mettant régulièrement de l argent de côté Retraite Circonstances imprévues 37 % 41 % 42 % 69 % Vacances/divertissements 35 % 44 % Achat de biens durables Études Versement hypothécaire initial 3 % 4 % 23 % 22 % 24 % 21 % Autre 14 % 23 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants mettant régulièrement de l argent de côté Non-retraités Retraités 123
124 Les répondants qui n ont pas encore pris leur retraite et qui sont locataires de leur résidence principale sont plus susceptibles d épargner régulièrement en vue de leurs vacances que pour faire un versement hypothécaire initial. Quelque 21 % des locataires non retraités ont indiqué qu ils mettent de l argent de côté de manière régulière à des fins de divertissement, comparativement à 12 % qui épargnent pour pouvoir faire un versement initial. 78 % des répondants ont indiqué qu ils n avaient pas l intention de modifier leurs habitudes d épargne en raison de la crise financière mondiale et de la récession. Le sondage de 2010 a été effectué dans le sillage de la crise financière mondiale et de la récession qui s est produite à la fin de 2008 et en Les répondants étaient invités à réfléchir aux incidences de cette instabilité financière et économique sur leurs habitudes d épargne. La majorité (78 %) ont indiqué qu ils n avaient pas l intention de modifier leurs habitudes d épargne afin d établir (ou de rétablir) un coussin de sécurité assez substantiel pour leurs besoins. Quatorze pour cent nous ont dit qu ils ont ralenti leur rythme d épargne habituel parce que leur confiance avait diminué à l égard des marchés des capitaux et des possibilités de croissance. Seul 8 % des répondants ont indiqué qu ils avaient accéléré leur épargne. La situation est la même pour les retraités et les non-retraités. Comparativement aux intentions exprimées en 2008, les répondants au sondage de 2010 se sont révélés deux fois plus susceptibles de dire qu ils avaient réduit leur rythme d épargne habituel et deux fois moins susceptibles de dire qu ils l avaient accéléré. Participation à des régimes d épargne fiscalement avantageux Le sondage comprenait plusieurs questions concernant la participation des répondants à des régimes d épargne fiscalement avantageux. Même si seulement un quart environ des répondants non retraités prévoient que le REER sera leur principale source de revenu de retraite, quelque 62 % ont déclaré qu ils utilisaient ce véhicule d épargne. Plus du quart des répondants non retraités ont indiqué qu ils participaient à un régime de retraite à prestations déterminées ou à cotisations déterminées offert par leur employeur (diagramme 25). 124
125 Diagramme 25 Participation à des régimes d épargne fiscalement avantageux REER 62 % Régimes de retraite à cotisations déterminées Régimes de retraite à prestations déterminées REEE 19 % 29 % 28 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % des répondants non retraités 8 % des répondants non retraités qui prévoient que leur REER constituera leur principale source de revenu de retraite n ont pas de REER. Il est intéressant de noter que 8 % des répondants non retraités qui prévoient que leur REER constituera leur principale source de revenu de retraite n ont pas de REER. Une autre incohérence digne de mention est liée à la proportion importante de répondants indiquant qu ils participent à un régime de retraite à cotisations déterminées. Les statistiques nationales révèlent que seulement 6,1 % des salariés canadiens participaient à des régimes de retraite à cotisations déterminées en , mais quelque 29 % des répondants indiquent qu ils ont ce type de régime. L une des explications possibles est que les Canadiens en général ne sont pas tellement au courant du type de formule de retraite qu offre leur employeur 63. L endettement des répondants a une certaine incidence sur leur propension à participer à des régimes d épargne fiscalement avantageux; cette influence varie cependant en fonction du type de régime. Les personnes endettées sont légèrement moins enclines à participer à un REER. Environ 61 % des personnes non retraitées et endettées cotisent à un REER, contre 70 % pour les personnes non endettées. Une tendance inverse a été observée pour les régimes de retraite d employeur : la proportion de répondants endettés semble plus élevée parmi les personnes qui ont accès à ces régimes. Comme on peut s y attendre, la participation aux REER dépend largement du revenu du répondant. Moins du tiers (30 %) des répondants non retraités à faible revenu (moins de $) cotisent à un REER, tandis qu environ 83 % des Canadiens non retraités dont le revenu est dans une tranche élevée (ceux pour lesquels le revenu du ménage est de $ ou plus) le font. On observe 62 D après l'article «Régimes de pension au Canada», Le Quotidien, Statistique Canada, 8 juin Voir, par exemple, MORISSETTE, R. et X. ZHANG. «Connaissance des régimes de retraite», L emploi et le revenu en perspective, Statistique Canada, vol. 5, n o
126 une situation analogue pour les répondants qui cotisent à un REEE. Seule une faible proportion (7 %) des Canadiens ayant un revenu peu élevé profitent de ce véhicule d épargne, alors que les répondants ayant un revenu plus élevé sont quatre fois plus susceptibles d y participer. 31 % de tous les répondants ne savaient pas ce qu était un CELI ou connaissaient le nom sans savoir à quoi il servait. Attitude à l égard du compte d épargne libre d impôt (CELI) Un nouvel instrument d épargne, le CELI, est à la disposition des Canadiens depuis le 2 janvier Les répondants étaient invités à réfléchir sur leur connaissance de ce nouveau type de compte et sur leur intention d y avoir recours ou non. Un peu moins d un an après le lancement des CELI, près d un tiers (31 %) de tous les répondants ne savaient pas ce dont il s agissait ou connaissaient le nom sans savoir à quoi il servait. Cela dit, une proportion de répondants du même ordre (36 %) ont indiqué qu ils comprenaient bien les conditions requises pour cotiser au CELI ou qu ils comprenaient les avantages de ce type de compte. Comparativement au sondage de 2008, les Canadiens ont une connaissance du CELI nettement accrue (diagramme 26, partie supérieure). Le niveau de revenu des participants au sondage joue un rôle dans leur niveau de connaissance du CELI. Les répondants dont les revenus sont les plus élevés ( $ ou plus) étaient deux fois moins susceptibles de ne pas connaître le CELI que les Canadiens à faible revenu (c est-à-dire les répondants dont le ménage a un revenu inférieur à $). Néanmoins, un cinquième (21 %) des répondants à revenu élevé, dont on pourrait croire qu ils ont les moyens de cotiser à un CELI, ne savaient pas ou n étaient pas sûrs de savoir en quoi consistait le CELI (diagramme 26, partie inférieure). 126
127 Diagramme 26 Connaissance du CELI Je comprends bien les avantages et les inconvénients du CELI 5 % 18 % Je comprends bien les conditions requises pour cotiser au CELI 6 % 18 % Je suis au courant de quelques renseignements généraux sur le CELI 26 % 33 % J en ai entendu parler mais je ne suis pas sûr(e) de ce dont il s agit 17 % 26 % Je ne sais pas ce que c est 14 % 37 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de l ensemble des répondants Je comprends bien les avantages et les inconvénients du CELI 11 % 26 % Je comprends bien les conditions requises pour cotiser au CELI 14 % 18 % Je suis au courant de quelques renseignements généraux sur le CELI 32 % 35 % IJ en ai entendu parler mais je ne suis pas sûr(e) de ce dont il s agit 13 % 21 % Je ne sais pas ce que c est 8 % 22 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % du total dans chaque groupe Moins de $ $ ou plus De la même façon, l âge des participants a une certaine influence sur le niveau de connaissance du CELI. La comparaison entre les jeunes répondants (moins de 35 ans) et ceux de 55 ans ou plus révèle que la proportion de répondants plus jeunes (38 %) qui ne connaissent pas le CELI est beaucoup plus importante que celle des répondants plus âgés (22 %). On a constaté le même déséquilibre parmi ceux qui comprennent bien les avantages et les conditions requises pour cotiser à un CELI, soit 33 % pour ce qui est des plus jeunes et 46 % pour ce qui est des plus âgés. 127
128 Comme prévu, les répondants qui épargnent de manière régulière, qui n ont pas de dettes et dont la richesse a augmenté dans les trois dernières années ont une meilleure connaissance du CELI. 55 % des répondants qui avaient au moins une connaissance générale du CELI ont indiqué qu ils n avaient pas cotisé à ce type de compte. Même si le CELI offre certains avantages fiscaux, les répondants se sont montrés assez timides dans leur intention d y avoir recours. Plus de la moitié (55 %) des répondants qui avaient au moins une connaissance générale du CELI ont indiqué qu ils n avaient pas cotisé à ce type de compte, contre 45 % qui l ont fait. Ces résultats contrastent nettement avec les intentions des répondants exprimées dans le sondage de 2008, où 62 % des répondants ayant une connaissance générale du CELI avaient indiqué qu ils prévoyaient cotiser à un tel compte (diagramme 27, partie supérieure). Les participants au sondage qui ont cotisé à un CELI l ont fait majoritairement sans puiser dans leurs cotisations à un REER. Un quart des répondants (24 %) ayant une connaissance générale du CELI ont déclaré avoir cotisé à un tel compte en plus de leurs cotisations à un REER, et seulement 10 % ont dit l avoir fait en réduisant leurs cotisations à un REER. Le revenu est un facteur important qui influence l attitude individuelle à l égard du CELI. Environ 67 % des Canadiens qui sont membres d un ménage dont le revenu est inférieur à $ et qui avaient au moins une connaissance générale du CELI n ont pas cotisé à un tel compte, contre 50 % pour ce qui est des répondants ayant un revenu élevé ( $ ou plus) (diagramme 27, partie inférieure). 128
129 Diagramme 27 Cotisations à un CELI Je n ai pas cotisé à un CELI 38 % 55 % J ai cotisé à un CELI sans réduire mes cotisations à un REER 35 % 48 % J ai cotisé à un CELI et réduit mes cotisations à un REER 10 % 14 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de répondants qui connaissent le CELI Répondants au sondage de 2010 Je n ai pas cotisé à un CELI 50 % 56 % 67 % J ai cotisé à un CELI sans réduire mes cotisations à un REER 22 % 33 % 44 % J ai cotisé à un CELI et réduit mes cotisations à un REER 7 % 11 % 10 % 0 % 20 % 40 % 60 % 80 % 100 % % de répondants qui connaissent le CELI Moins de $ $ $ $ ou plus Note : Graphique supérieur Pour 2008, le graphique montre les intentions des répondants concernant leurs cotisations à un CELI. 129
130 130
131 Annexe B : Sondage 9 Q.1 En pensant au niveau de dette de votre ménage au cours des trois dernières années, diriez-vous que, dans l ensemble, il... (Veuillez sélectionner une réponse.) a. a beaucoup diminué? b. a diminué un peu? c. est resté sensiblement le même? d. a augmenté un peu? e. a beaucoup augmenté? f. Je n ai pas de dette. [Prog. : Si le répondant a choisi la réponse «Je n ai pas de dette.», passer à la question 8.] [Prog. : Si le répondant a choisi la réponse «a beaucoup diminué», «a diminué un peu» ou «est resté sensiblement le même», passer à la question 4.] Q.2 Lequel de ces énoncés décrit le mieux votre niveau de préoccupation à l égard de cette dette croissante? (Veuillez sélectionner une réponse.) a. Très préoccupé(e) b. Assez préoccupé(e) c. Pas très préoccupé(e) d. Pas du tout préoccupé(e) Q.3 Lesquelles de ces réponses représentent les principales raisons pour lesquelles le niveau de dette de votre ménage a augmenté? (Veuillez sélectionner toutes les réponses pertinentes.) a. Achat d une nouvelle résidence b. Achat d une nouvelle voiture ou d un autre véhicule à moteur c. Inscription à un programme d études (que ce soit pour vous ou tout autre membre de votre ménage) d. Dépenses relatives aux soins de santé e. Dépenses relatives aux voyages, loisirs et divertissements f. Achat de biens de consommation durables (p. ex., appareils 131
132 ménagers, produits électroniques, mobilier, articles de sport ou loisir, etc.) g. Dépenses de tous les jours (p. ex., nourriture, vêtements, transport) h. Frais d intérêts i. Autre Q.4 Veuillez indiquer à quel point, s il y a lieu, la dette impayée pour chacun des types suivants de prêts et de crédits de votre ménage a changé au cours des trois dernières années. (Veuillez sélectionner une réponse pour chaque type.) [Prog. : grille] a. Elle a beaucoup diminué. b. Elle a diminué un peu. c. Elle est restée sensiblement la même. d. Elle a augmenté un peu. e. Elle a beaucoup augmenté. f. Je n en ai pas. g. Je ne sais pas [Prog. : liste] a. Prêt hypothécaire b. Carte de crédit c. Prêt automobile d. Prêt étudiant e. Marge de crédit sur valeur nette de la maison f. Marge de crédit autre que sur la valeur de la maison g. Prêt bancaire autre qu un prêt automobile ou un prêt étudiant Q.5 Lequel de ces énoncés correspond le mieux à votre perception du niveau de dette de votre ménage? (Veuillez sélectionner une réponse.) a. Même si je devais assumer une dette plus lourde, je serais toujours en mesure de bien gérer mes finances. b. Je peux bien gérer mon niveau de dette. c. J ai un niveau excessif de dette et j ai de la difficulté à le gérer. [Prog. : Si le répondant a choisi la réponse «Même si je devais assumer une dette plus lourde» ou «Je peux bien gérer mon niveau de dette.», passer à la question 7.] 132
133 Q.6 Lesquelles de ces réponses correspondent le mieux aux raisons pour lesquelles vous avez de la difficulté à gérer votre niveau de dette? (Veuillez sélectionner une réponse.) a. Revenu moins élevé que prévu b. Grosses dépenses imprévues c. Planification financière inadéquate d. Difficulté à rester dans des limites de dépenses prévues e. Autre Q.7 Diriez-vous que le niveau de dette de votre ménage nuit à votre capacité de réaliser vos buts pour un ou plusieurs des domaines suivants? (Veuillez sélectionner toutes les réponses pertinentes.) a. Vos études b. Les études de vos enfants c. La retraite d. Les loisirs et les voyages e. La sécurité financière en cas de circonstances imprévues f. Aucun de ces domaines Q.8 Laquelle de ces réponses correspond le mieux à la source principale du revenu de votre ménage? (Veuillez sélectionner une réponse.) a. Salaires, commissions b. Revenu tiré d une entreprise c. Revenu de placement d. Paiements de transfert du gouvernement autre que les prestations de retraite (p. ex., assurance-emploi, assistance sociale, indemnité pour accident du travail, prestations fiscales pour enfants, etc.) e. Revenu de retraite f. Autre Q.9 En pensant au niveau de revenu de votre ménage au cours des trois dernières années, diriez-vous qu il... (Veuillez sélectionner une réponse.) a. a beaucoup augmenté? b. a augmenté un peu? c. est resté sensiblement le même? d. a diminué un peu? e. a beaucoup diminué? 133
134 Q.10 Lesquelles de ces éventualités auraient des répercussions négatives sensibles sur votre bien-être financier? (Veuillez sélectionner toutes les réponses pertinentes.) a. Hausse des taux d intérêt de 2 points de pourcentage b. Baisse des prix des maisons de 10 pour cent c. Baisse du marché boursier de 10 pour cent d. Accès réduit au crédit e. Diminution de salaire de 10 pour cent f. Aucune de ces réponses Q.11 Veuillez indiquer à quel point la valeur des actifs suivants que possè de votre ménage a changé au cours des trois dernières années. (Veuillez sélectionner une réponse pour chaque type d actif que possède votre ménage.) [Prog. : grille] a. Elle a beaucoup diminué. b. Elle a diminué un peu. c. Elle est restée sensiblement la même. d. Elle a augmenté un peu. e. Elle a beaucoup augmenté. f. Je ne sais pas. g. Mon ménage ne possède pas ce type d actif. [Prog. : liste] a. Résidence principale ou autres structures résidentielles b. Fonds communs de placement, actions ou obligations détenus en dehors d un REER c. Actifs de retraite privés (p. ex. REER, FERR) d. Actifs associés à votre commerce/entreprise e. Comptes de dépôts, avoirs en monnaie 134
135 Q.12 Veuillez indiquer à quel point les dépenses de votre ménage ont changé au cours des trois dernières années? Diriez-vous que les dépenses de votre ménage (Veuillez sélectionner une réponse.) a. ont beaucoup diminué? b. ont diminué un peu? c. sont restées sensiblement les mêmes? d. ont augmenté un peu? e. ont beaucoup augmenté? [Prog. : Si le répondant a choisi la réponse «ont beaucoup diminué», «ont diminué un peu» ou «sont restées sensiblement les mêmes», passer à la question 14.] Q.13 Pour quelles raisons les dépenses de votre ménage ont-elles augmenté? (Veuillez sélectionner toutes les réponses pertinentes.) a. Augmentation des versements hypothécaires b. Augmentation du loyer c. Augmentation des dépenses consacrées aux soins de santé et aux services médicaux d. Augmentation des dépenses consacrées aux études e. Augmentation des dépenses de tous les jours (p. ex. nourriture, vêtements, transport) f. Augmentation des dépenses consacrées aux loisirs et aux voyages g. Augmentation des paiements de prêt ou de crédit, à part les versements hypothécaires h. Changements relatifs au ménage (p. ex. arrivée d un nouveau membre du ménage, déménagement dans une autre localité) i. Autre Q.14 Diriez-vous que, d habitude, les dépenses de votre ménage sont... (Veuillez sélectionner une réponse.) a. supérieures au revenu de votre ménage? b. équivalentes au revenu de votre ménage? c. inférieures au revenu de votre ménage? 135
136 Q.15 Veuillez indiquer comment vous feriez pour régler une dépense imprévue de... (Veuillez sélectionner une réponse pour chaque somme.) [Prog. : grille] 500 $ $. [Prog. : liste] a. Je paierais par le biais d une carte de crédit ou d une marge de crédit. b. J emprunterais sur la valeur de ma maison. c. J emprunterais de l argent à un(e) ami(e) ou un membre de la parenté. d. Je vendrais un bien ou un actif. e. Je puiserais dans mes économies. f. Autre g. Je ne serais pas en mesure de régler une telle dépense imprévue. Q.16 Selon vos prévisions, quelle sera la source principale de votre revenu de retraite? (Veuillez sélectionner une réponse.) a. Paiements de transfert du gouvernement (p. ex. RPC/RRQ, SV, SRG) b. Régime à prestations déterminées offert par un employeur c. Régime à cotisations déterminées d. Économies détenues dans un REER e. Économies détenues en dehors d un REER f. Héritage g. Autre Q.17 À quel point êtes-vous confiant(e) que votre situation financière sera adéquate à la retraite? (Veuillez sélectionner une réponse.) a. Très confiant(e) b. Assez confiant(e) c. Pas très confiant(e) d. Pas du tout confiant(e) 136
137 Q.18 À quelles fins mettez-vous régulièrement de l argent de côté (p. ex. bimensuellement, mensuellement, lors de chaque paie, etc.)? (Veuillez sélectionner toutes les réponses pertinentes.) a. Retraite b. Études (les vôtres ou celles de vos enfants) c. Versement hypothécaire initial d. Achat de biens de consommation durables (p. ex. mobilier, appareils ménagers, produits électroniques, articles de sport) e. Vacances/divertissements f. Sécurité financière en cas de circonstances imprévues (p. ex. perte de revenu imprévue, dépenses imprévues relatives aux soins de santé) g. Autre(s) fin(s) h. Je ne mets pas d argent de côté sur une base régulière. Q.19 Participez-vous à l un ou l autre des régimes d épargne suivants? (Veuillez sélectionner une réponse pour chaque régime.) [Prog. : grille] Oui Non [Prog. : liste] a. Régime enregistré d épargne-retraite (REER) b. Régime à prestations déterminées offert par un employeur c. Régime à cotisations déterminées offert par un employeur d. Régime enregistré d épargne-études (REEE) [Prog : Si le répondant a répondu «non» à la Q.19 dans le cas du «régime enregistré d épargne-retraite» ou du «régime enregistré d épargne-études», passer à la Q.21] 137
138 Q.20 Laquelle de ces réponses correspond le mieux à votre situation? (Veuillez sélectionner une réponse pour chaque énoncé.) [Prog. : grille] Oui, mais j ai déjà remboursé le montant retiré. Oui, mais je n ai pas encore remboursé le montant retiré. Non. Je ne détiens pas ce genre de régime d épargne. [Prog. : liste] a. J ai retiré de l argent de mon REER pour des raisons autres que l achat d une rente (ou d un FERR), la participation au Régime d accession à la propriété ou la participation au Régime d encouragement à l éducation permanente. b. J ai retiré de l argent d un REEE, que je détiens et auquel je cotise, pour des raisons autres qu un virement de fonds sur mon compte REER. Q.21 Dans quelle mesure connaissez-vous le compte d épargne libre d impôt (CELI)? (Veuillez sélectionner une réponse.) a. Je ne le connais pas/ne sais pas ce que c est. b. J en ai entendu parler, mais je ne suis pas sûr(e) de quoi il s agit. c. Je suis au courant de quelques renseignements généraux au sujet de ce compte. d. Je connais et comprends bien les conditions requises pour cotiser à ce compte. e. Je connais et comprends bien les avantages et les inconvénients de ce compte relativement à mes finances. [Prog. : Si le répondant a choisi la réponse «Je ne le connais pas/je ne sais pas ce que c est» ou «J en ai entendu parler, mais je ne suis pas sûr(e) de quoi il s agit» à la Q.21, passer à la Q.23] 138
139 Q.22 Laquelle de ces réponses correspond le mieux à votre attitude à l égard du compte d épargne libre d impôt (CELI)? (Veuillez sélectionner une réponse.) a. Je cotise à un REER dans la même mesure qu auparavant et j accumule des économies supplémentaires au moyen d un compte d épargne libre d impôt. b. J ai réduit mes cotisations à un REER et j ai commencé à cotiser à un compte d épargne libre d impôt à la place. c. Je ne détiens pas de compte REER mais je cotise à un compte d épargne libre d impôt. d. Je ne cotise pas à un compte d épargne libre d impôt. Q.23 Laquelle de ces réponses décrit le mieux l impact qu a eu l instabilité économique et financière récente sur vos habitudes d épargne? (Veuillez sélectionner une réponse.) a. J ai accéléré mon rythme d épargne habituel afin d établir ou de rétablir un coussin financier assez substantiel pour mes besoins. b. J ai ralenti mon rythme d épargne habituel, car mon niveau de confiance à l égard des marchés financiers et des possibilités de croissance a diminué. c. Je n ai pas changé mes habitudes d épargne. Q.24 Veuillez indiquer lesquels des énoncés suivants s appliquent à votre cas. [Prog. : grille] Oui Non [Prog. : liste] a. J ai une idée claire du montant des économies personnelles que je dois accumuler afin de m assurer d une situation financière adéquate à la retraite. b. Je suis financièrement plus riche aujourd hui qu il y a trois ans. c. Mes parents ou d autres personnes subviennent de façon substantielle aux besoins financiers et matériels quotidiens de mon ménage. 139
140 Voici maintenant quelques dernières questions qui servent uniquement à des fins de classification statistique. Poser les questions suivantes à tous les répondants : Q.25 Veuillez indiquer combien de personnes compte votre ménage, y compris vous-même? (Veuillez sélectionner une réponse seulement.) a. Une b. Deux c. Trois d. Quatre e. Cinq f. Six ou plus [Prog. : Si le répondant a choisi la réponse «Une», passer à la question 28.] Q.26 Et combien de personnes de votre ménage ont moins de 18 ans? (Veuillez sélectionner une réponse seulement.) a. Aucune b. Une c. Deux d. Trois e. Quatre f. Cinq g. Six ou plus Q.27 Laquelle de ces réponses correspond le mieux à votre situation par rapport à l emploi? (Veuillez sélectionner une réponse seulement.) a. J ai un emploi à temps plein. b. J ai un emploi à temps partiel. c. J ai un emploi à mon compte. d. Je suis étudiant(e) à temps plein. e. Je suis un homme/une femme au foyer. f. Je suis retraité(e). g. Je suis temporairement sans emploi. h. Autre 140
141 Q.28 Laquelle des tranches de revenu suivantes correspond le mieux au revenu annuel total de votre ménage en 2009? (Veuillez sélectionner une réponse seulement.) a. Moins de $ b $ à $ c $ à $ d $ à $ e $ à $ f $ à $ g $ ou plus h. Je ne sais pas. Remercier et terminer l entrevue. 141
142 142
143 Bibliographie ARCHAMBAULT, R. et D. LAVERDIÈRE. Un modèle macroéconomique d analyse et de prévision de l insolvabilité commerciale et des consommateurs au Canada, Bureau du surintendant des faillites, Industrie Canada, ASSOCIATION CANADIENNE DES CONSEILLERS HYPOTHÉCAIRES ACCRÉDITÉS. Rapport annuel sur l état du marché hypothécaire résidentiel au Canada, BANQUE DU CANADA. Revue du système financier, décembre BANQUE DU CANADA. Revue du système financier, décembre BANQUE DU CANADA. Rapport sur la politique monétaire, avril BANQUE DU CANADA. La Banque du Canada laisse inchangé le taux cible du financement à un jour à 1/4 % et réitère son engagement conditionnel à le maintenir à ce niveau jusqu à la fin du deuxième trimestre de 2010, communiqué, 2 mars BANQUE DU CANADA. Déclaration préliminaire de Mark Carney, conférence de presse suivant la publication du Rapport sur la politique monétaire, 22 avril BANQUE DU CANADA. Enquête sur les perspectives des entreprises, vol. 7.1, 12 avril BANKRUPTCY CANADA. Bankruptcy Rate in Canada Falling? Good News, or Is There More to the Story?, 11 janvier [Accessible en ligne : CBC.ca. «RBC Hikes Fixed Mortgage rate», CBC News, 13 avril 2010 [Accessible en ligne : CGA-CANADA. Où va l argent? La croissance de l endettement des ménages au Canada, [Accessible en ligne : CGA-CANADA. À 51 ans sonnés, le REER est-il mûr pour un remaniement?, [Accessible en ligne : CGA-CANADA. Où va l argent? L endettement des ménages canadiens dans une économie en déroute, [Accessible en ligne : CONSEIL CANADIEN SUR L APPRENTISSAGE. Lire l avenir : Pour répondre aux besoins futurs du Canada en matière de littératie financière,
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