Séquence 7. Travail, emploi, chômage. Sommaire
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- Adeline Gervais
- il y a 10 ans
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1 Séquence 7 Travail, emploi, chômage Sommaire Introduction 1. Comment s articulent marché du travail et organisation dans la gestion de la main-d œuvre. 2. Quelles politiques pour l emploi? Auto-évaluation Corrigé des activités 1
2 Introduction En ce début d année, 55 % des personnes interrogées se déclarent pessimistes pour 2012, et surtout, 9 sur 10 placent le chômage en tête de leurs préoccupations. Il faut dire que le chômage est à nouveau en hausse. Fin 2011, on comptabilisait demandeurs d emploi (catégorie A), et 4,2 millions si l on prend en compte l ensemble des personnes recherchant activement un emploi : un tel niveau n avait plus été atteint depuis Cette dégradation du marché de l emploi, tendance lourde de la fin 2011, devrait s accentuer au cours de l année qui vient. Favorisée en cela, au moins à court terme, par la politique d austérité mise en place pour contrecarrer la dégradation des comptes publics. Alors que faire face à ce qui semble inéluctable? Les théories économiques (présentées dans le premier chapitre) sont riches mais contradictoires. Pour les économistes néoclassiques, il faut supprimer les rigidités du marché du travail, alors que les keynésiens préconisent une relance de la demande. Ces grilles de lecture vont définir les politiques mises en place dans le domaine de l emploi (chapitre 2). le chômage est un phénomène économique mais aussi social. Régler le problème du chômage et de la précarité s avère primordial dans une société où l emploi et le travail occupent une place centrale dans l intégration des individus. C est pourquoi ce thème s inscrit dans la partie sur les «regards croisés», intéressant tout autant les économistes que les sociologues. 3
3 1 Comment s articulent marché du travail et organisation dans la gestion de la main-d œuvre. Pré-requis Introduction Comme toute analyse économique de marché (étudiée en classe de première SE11, séquence 3), celle du marché du travail présente conjointement deux aspects : le prix et la quantité. «Le prix» concerne la détermination du salaire (ou relation salariale) et «la quantité» se rapporte au volume de l emploi et du chômage. L organisation de la gestion de la main-d œuvre concerne également l aspect qualitatif : quels types d emploi occupent les travailleurs? Si les questions du salaire et de l emploi sont au cœur de l actualité économique et sociale, elles ont toujours été au cœur des problématiques de la pensée économique. Le modèle théorique néoclassique de base (A) incontournable a été récemment amendé par les nouvelles théories du marché du travail (D). Cependant dès la première moitié du XX e siècle, l économiste britannique, J.M. Keynes avait remis en cause l analyse néoclassique (B). Une dernière partie (D) sera consacrée à la présentation d analyses «croisées» prenant en compte différents aspects, notamment institutionnels et organisationnels. Salaire, marché, productivité, offre et demande, prix et quantité d équilibre, preneur de prix, rationnement, asymétrie d information, hiérarchie, coopération, conflit, institutionnalisations marchandes. Notions à acquérir Taux de salaire réel, coût salarial unitaire, salaire d efficience, salaire minimum, contrat de travail, segmentation du marché du travail, normes d emploi, conventions collectives, partenaires sociaux. Activité 1 Sensibilisation : Existe-il un marché du travail? Document 1 : Voici quelques annonces fictives de demande et de recherche d emploi : 1. Je suis à la recherche d un emploi de cuisinier, chef de partie ou second, j ai dix ans d expérience dans ce domaine, je suis titulaire 4
4 d un BEP restauration et d un bac professionnel restauration cuisine. Je recherche un CDI de 35h minimum et suis libre dès le 1er janvier.» 2. Nous recherchons pour des missions intérim pour l un de nos clients à Marseille, (secteur d activité : industrie agroalimentaire) des CARISTES. Missions : Chargement et déchargement de camion Alimentation de chaîne de production Rangement de palette, divers travaux de manutention Salaire mensuel : 1393 brut + majoration des heures supplémentaires + 10% indemnité de fin de mission + 10% indemnité de congés payés. 3. Professionnel confirmé et expérimenté comme magasinier-cariste, manutentionnaire, agent de quai, préparateur de commandes, chauffeur-livreur recherche un emploi similaire sur LYON. Je recherche un CDI de préférence, mais étudierais toute proposition de CDD. Salaire souhaité Recherche cuisinier H/F, Préparation des entrées, plats et desserts au sein de restaurants collectifs (restaurants d entreprises, écoles, maisons de retraites ). Expérience exigée. Contrat de travail temporaire. Questions Pourquoi peut-on dire qu il existe un marché du travail? Ce marché est-il à l équilibre en France aujourd hui? Qui sont les offreurs de travail? les demandeurs de travail (de maind œuvre)? Quels sont les différents types de contrat de travail que vous pouvez recenser (document et connaissances), précisez en les caractéristiques? Quels sont les déterminants du salaire? Si le marché du travail fonctionnait comme les autres marchés, comment serait déterminé le niveau des salaires? Problématique Le marché du travail est-il un marché comme les autres? De quoi dépend la relation salariale? Comment expliquer la persistance du chômage de masse? Existe t-il un ou plusieurs marchés du travail? Autant de questions auxquelles ce chapitre s intéresse. Nous allons nous appuyer sur les analyses théoriques qui apportent différentes clés de lecture permettant de comprendre les problèmes de l emploi et des salaires. 5
5 A Le modèle économique de base : l analyse néoclassique du fonctionnement du marché du travail 1. Le marché du travail selon les néoclassiques Pour les économistes néoclassiques (A C Pigou ), le travail est une marchandise comme une autre qui s échange sur un marché de concurrence pure et parfaite et dont le prix (le taux de salaire réel) fluctue en fonction de l offre et de la demande. L analyse est microéconomique, le raisonnement marginaliste et les agents économiques rationnels. Activité 2 Questions Rappelez les caractéristiques du marché concurrentiel (cours de première). Comment fonctionne le marché du travail selon les néoclassiques? Qu y échange t-on? À quel prix? A retenir Taux de salaire réel : salaire nominal déflaté de l inflation, il correspond au pouvoir d achat du salaire et calcule en divisant le salaire nominal par l indice des prix. Selon, les néoclassiques, le marché du travail est un marché ou se rencontrent l offre globale de travail (somme des offres individuelles) qui émanent des actifs et la demande globale de travail (somme des demandes individuelles) qui émanent des employeurs (entreprises ou administrations). 2. Les déterminants de l offre et de la demande de travail a) L offre de travail Document 2 L offre de travail émanent des actifs qui avant de se présenter sur le marché du travail, comparent l utilité apportée par le loisir (c est-à-dire le non travail» et l utilité apportée par le salaire réel, rémunération du travail. 6
6 En effet, le fait de travailler diminue d autant le temps de loisir des individus : c est donc un «effort» qui doit être récompensé. Acteur économique rationnel, les individus vont chercher à maximiser leur satisfaction en faisant un arbitrage entre le coût de l effort (résultat de la diminution du temps de loisirs) et le revenu que leur procure le fait de travailler. Selon l analyse néoclassique, le coût de l effort est appelé «désutilité du travail» et la rémunération du travail correspond au taux de salaire réel c est-à-dire le pouvoir d achat du salaire (les salariés n étant pas victime de l illusion monétaire selon les néoclassiques). Plus le salaire réel sera élevé, plus les travailleurs accepteront de substituer du temps de travail au temps de loisirs. L offre de travail est donc une fonction croissante du salaire réel. Activité 3 Questions Pourquoi l offre de travail est-elle une fonction croissante du salaire? Recopiez le graphique cidessous en complétant : salaire réel (w/p) ; quantité de travail (T), offre de travail Représentation graphique de l offre de travail b) La demande de travail Document 4 La demande de travail émane des employeurs qui cherchent à maximiser leur profit en comparant le coût du travail à la productivité des salariés. Les néoclassiques raisonnant à la marge, considèrent qu un employeur embauchera un travailleur supplémentaire tant qu il lui rapporte plus qu il ne coûte. Cette recette supplémentaire correspond à la productivité marginale. Dans le cadre de l hypothèse des rendements décroissants (programme de première), toutes choses égales par ailleurs, la productivité marginale diminue au fur et à mesure sur la production augmente. Par conséquent, les effectifs des entreprises s établissent au niveau où ce que rapporte le dernier travailleur embauché est égal à son coût (salaire réel). La demande de travail est une fonction décroissante du salaire réel. 7
7 Productivité marginale : production supplémentaire d une entreprise liée à l utilisation d une unité supplémentaire d un facteur de production (une machine, un salarié). Activité 4 Questions Rappeler «la loi des rendements décroissants» Pourquoi la demande de travail est-elle une fonction décroissante du salaire réel? Recopiez le graphique cidessous en complétant : salaire réel (w/p) ; quantité de travail (T), demande de travail Représentation graphique de la demande de travail 3. L ajustement sur la marché du travail a) les mécanismes d ajustement Salaire réel w p w p 1 w p * chômage offre Comme sur les autres marchés, la confrontation entre l offre et la demande détermine le prix et la quantité d équilibre, Le marché du travail selon les néoclassiques demande D T1 T* O T1 Quantité de travail 8
8 A retenir Au salaire d équilibre (w/p)*, toute personne offreuse de travail à ce prix est assurée de trouver un emploi et toutes les offres d embauche sont satisfaites. Si les conditions de concurrence pure et parfaite sont satisfaites, ce modèle interdit tout chômage involontaire. En effet, imaginons que des contraintes institutionnelles (par exemple la fixation d un salaire minimum) amène le salaire en vigueur au dessus du salaire d équilibre, au niveau de (w/p) 1, l offre de travail se situe au niveau (OT1) alors que a demande se situe au niveau de (DT1). On se trouve alors dans une situation de où l offre de travail (OT1) est supérieure à la demande de travail (DT1) : c est-à-dire une situation de chômage. Conformément à la loi de l offre et de la demande, la flexibilité des prix devrait permettre le retour à l équilibre. Dans ce cas, la levée de la contrainte institutionnelle devrait permettre au salaire en vigueur de s établir au niveau de (w/p)* et résorber ainsi le chômage. En effet si le salaire réel baisse : l embauche augmente alors que l offre de travail diminue (certains travailleurs considérant la rémunération du travail trop faible). Salaire minimum : montant de rémunération minimale qu un salarié doit percevoir en échange de son travail. En France le salaire minimum légal est le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance). Activité 5 Question Que se passe t-il dans une situation de pénurie de main-d œuvre? b) Origines du chômage et solutions libérales Dans les conditions de concurrence parfaite, le chômage ne peut donc qu être volontaire ; les travailleurs jugeant le niveau de salaire trop faible préféreront ne pas travailler. L existence du chômage (autre que volontaire ou frictionnel) peut provenir du non-respect des règles de concurrence qui nuiraient au bon fonctionnement du marché. (existence d un salaire minimum supérieur au salaire d équilibre, les syndicats et les négociations salariales qui empêcheraient le retour à l équilibre par la flexibilité des salaires). 9
9 En cas de chômage, les néoclassiques préconisent donc de supprimer toutes les entraves au bon fonctionnement du marché du travail : En rendant plus flexibles les conditions d embauche, de licenciement et de rémunération ; En déréglementant le marché du travail (diminution du poids des syndicats) ; En diminuant le coût du travail des salariés les moins qualifiés. Ainsi si les économistes néoclassiques assimilent ce coût au salaire réel, les économistes retiennent aujourd hui les notions suivantes : coût salarial et coût salarial unitaire qui prend en compte la productivité Le coût du travail (ou coût salarial) est constitué de toutes les dépenses induites par l utilisation du facteur travail dans l entreprise. Il comprend le salaire brut (avec les primes, les congés payés et les cotisations sociales à la charge des salariés) et les cotisations sociales patronales. le coût du travail qui est la dépense totale supportée par l employeur le salaire brut qui est le montant du salaire net augmenté des cotisations sociales supportées par le salarié le salaire net qui est le salaire perçu par le salarié. Les comparaisons internationales de coût du travail n ont aucun sens si le salaire n est pas corrigé par la productivité. Un salarié du pays A dont le salaire est Le coût salarial unitaire = coût de 1000 euros par mois et qui produit 200 unités par salarial par unité de valeur ajoutée produite. mois du produit considéré coûte moins cher qu un salarié d un pays B dont le salaire est de 500 euros pour une production de 50 unités. On définit ainsi le coût salarial unitaire (coût salarial par unité produite) qui se calcule de la manière suivante : Coût salarial/quantité produite Le chapitre 2 qui traite des politiques de l emploi reprendra de manière plus détaillée ces éléments. Activité 6 Complétez le schéma ci-après en intégrant dans les étiquettes : chômage, baisse des salaires, Embauche, plein emploi, salaire réel, productivité marginale, 10
10 Suppression des rigidités Suppression du salaire minimum... La théorie néoclassique va dominer la pensée économique jusqu au moment où la grande dépression des années trente va remettre en cause le retour automatique à l équilibre sur les marchés : le chômage atteint des sommets alors même que les salaires baissent. J M Keynes ( ), économiste britannique, élabore alors une théorie économique alternative qui constitue une véritable «révolution keynésienne». B La révolution keynésienne 1. Présentation de l analyse keynésienne Document 5 Pour les néoclassiques, la persistance sous emploi révèle une défaillance de flexibilité salariale localisée dans le périmètre du marché du travail. Pour Keynes, la rigidité des salaires n est pas excessive, elle est au contraire souhaitable parce qu elle est économiquement vertueuse. Il considère qu au niveau macroéconomique, le niveau de l emploi est déterminé non pas par le niveau de salaire mais par le niveau de la demande effective, c est-à-dire la demande globale anticipée par les entrepreneurs : les employeurs embauchent en fonction des débouchés qu ils prévoient pour leurs produits. La baisse des salaires ayant un effet 11
11 dépressif sur la demande, elle ne fait qu aggraver le problème en temps de crise. Soutenir les salaires est donc un moyen de soutenir la demande agrégée. Plus généralement, l activisme des politiques économiques, qu elles soient monétaires ou budgétaires, doit être préféré au laissezfaire des marchés. Cahiers français, n 345. Activité 7 Questions (document 5) Quelles sont les conséquences d une baisse des salaires, en période de chômage pour les néoclassiques? pour Keynes? Qu est-ce qui détermine le niveau de l emploi pour les néoclassiques? pour Keynes? Donnez des exemples de mesures de politiques économiques de relance de la demande monétaire et budgétaire ; A retenir Constatant les ravages de la crise des années trente en termes de chômage durable, le célèbre économiste J M Keynes se lance dans une critique de l analyse néoclassique et présente ses thèses dans son œuvre majeure «Théorie générale de l emploi, de l intérêt et de la monnaie». Contrairement à la thèse néoclassique, qui s appuyant sur la rationalité des acteurs se situe au niveau microconique, Keynes opte pour une analyse macroéconomique, s intéressant ainsi aux indicateurs globaux de l économie et à leurs interdépendances. Ainsi, selon lui, le salaire n est pas uniquement un coût pour l entreprise, mais un revenu dont la diminution entraîne des conséquences macroéconomiques négatives sur la demande globale, la production et in fine l emploi. Pour Keynes, c est la demande effective (ou anticipée) qui détermine le niveau de la production et donc les besoins en main-d œuvre. Les ressources en main-d œuvre dépendent elles de facteurs démographiques, politiques et sociaux qui ne correspondront pas forcément aux besoins des entreprises. Selon lui, il peut exister un équilibre de sous-emploi, c est-à-dire une situation où l offre globale de biens et services est égale à la demande globale de biens et de services mais où les besoins en main-d œuvre soient insuffisants par rapport aux ressources. En cas de sous-emploi, l État doit intervenir pour relancer la demande effective et permettre le retour au pleinemploi. 12
12 Consommation Investissement Demande effective (anticipée) Niveau de la production Niveau de l emploi L État dispose de différents instruments de politique économique pour agir sur la demande effective La politique monétaire avec l action sur les taux d intérêt (aujourd hui, cette prérogative n appartient plus aux Etats dans la zone Euro mais à la BCE (banque centrale européenne) indépendante. La politique budgétaire : augmentation des investissements publics, augmentation des prestations sociales.. 2. Dans les faits Document 6 Taux de chômage depuis 1975 en France Taux de chômage en % , , , , , , , , ,7 13
13 Lecture : Champ : Activité 8 en moyenne en 2009, 9,1 % de la population active est au chômage au sens du BIT. France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus (âge au 31 décembre). Insee, enquêtes Emploi, données corrigées de la rupture de série en Questions Intégrez les données de 1975 et 2011 dans une phrase. Comment a évolué le chômage de France sur la période? A retenir Dans les faits le chômage de type «keynésien» lié à l insuffisance de la demande, aurait dominé en France dans les années 60, où les politiques de relance de types keynésiennes mises en place en cas de dégradation ponctuelle du marché du travail se sont révélées efficaces. Le chômage est alors frictionnel et /ou conjoncturel. Dans les années 1970, la situation macroéconomique change pour laisser place à un chômage structurel. Dans le même temps, l inflation s installe partout. Dans ce contexte, la politique de relance mise en place en France en 1981 s est traduite par une dégradation des comptes publics, du commerce extérieur et une hausse des prix. Les thérapies keynésiennes ne semblent plus adaptées et sont remises en cause. C est le retour des politiques libérales qui tentent de maîtriser l inflation pas des politiques de rigueur. Si l inflation arrive à être maîtrisée, le chômage s installe et malgré quelques améliorations ponctuelles, il persiste à des niveaux très élevés notamment en Europe. On distingue différents types de chômage Chômage conjoncturel : chômage dû aux fluctuations macro-économiques à court terme (insuffisance de la croissance, économique notamment). Chômage frictionnel : lié aux délais d ajustement de la main-d œuvre, d un emploi à l autre. Chômage structurel : lié aux changements de longue période intervenus dans les structures technologiques, démographiques, économiques, sociales et institutionnelles. Chômage de conversion : chômage des personnes qui étaient auparavant intégrées dans le monde du travail et que le déclin de certaines industries a mises au chômage (mines, sidérurgie, chantiers navals. ) Chômage de longue durée : chômage d une durée de plus d un an au cours des dix-huit derniers mois. Le chômage de très longue durée excède trois années. 14
14 Partant de ces constats, la situation de chômage en Europe devient un sujet préoccupant. Les nouvelles théories du marché du travail vont alors tenter d expliquer cette persistance du chômage par la présence de nouvelles sources de rigidités des salaires. Certaines hypothèses de base du modèle de base ont ainsi été assouplies. C Les nouvelles théories du marché du travail Ces nouvelles théories sans remettre en cause les fondements microéconomiques de l analyse néoclassique (efficience des marchés, rationalité des agents économiques, démarche individualiste) insistent sur l imperfection des marchés. Ils rendent compte de la rigidité des prix et des salaires qui empêchent le retour au plein-emploi. 1. La théorie de capital humain (remise en cause de l homogénéité du facteur travail) Document 8 Pour Gary Becker, la formation accroît la productivité de la personne : par conséquent, plus on se forme, plus le revenu que l on en tirera ultérieurement sera élevé. Mais les élèves sont inégalement doués. Pour certains, la formation nécessitera beaucoup de temps, ce qui en limite l intérêt : les gains ultérieurs cumulés ne compensent pas la dépense de formation (en incluant dans cette dernière la renonciation à un revenu d activité durant la période de formation). Ceux-ci ne poursuivront donc pas leurs études. Au contraire, les plus doués apprennent vite, ils n échouent pas et poursuivent donc plus loin leurs études. Les premiers investissent peu en éducation, puisque la rentabilité qu ils peuvent en tirer est insuffisante. Les seconds investissent beaucoup, puisque c est rentable. Poursuivre ou non ses études est donc strictement une question de rationalité individuelle : chacun investit jusqu au point où l investissement cesse d être rentable. Denis Clerc, mars 1993, la théorie du capital humain. Alternatives Economiques n 105, Activité 9 Questions Qu est-ce que le capital humain? Pourquoi certains individus ont intérêt à poursuivre leurs études et d autres pas? 15
15 Quelle hypothèse de concurrence pure et parfaite du marché du travail cette théorie remet-elle en cause? A retenir La théorie du capital humain de G. Becker prend en compte la dimension qualitative de l offre de travail et remet en cause l hypothèse d homogénéité du facteur travail de la théorie néoclassique de base. Elle permet de comprendre comment les individus arbitrent entre le prolongement des études et l entrée sur le marché du travail, en fonction des gains salariaux anticipés. Elle apporte également une explication des différences de salaires liées aux qualifications. Employeurs et salariés peuvent avoir intérêt à établir des relations de longue durée qui s écartent de l hypothèse néoclassique de rémunération à la productivité marginale. En effet, les salariés récemment embauchés et n ayant pas encore acquis les qualifications spécifiques ont un taux de salaire supérieur à leur productivité marginale car l entreprise est obligée pour les attirer, de les payer aux taux du marché avant même qu ils ne soient opérationnels. Elles investissent dans leur formation. Par contre, plus les salariés acquièrent de l expérience dans l entreprise, plus leur productivité marginale augmente. Cependant l entreprise peut continuer à leur verser le taux de salaire du marché, ce qui leur permet de récupérer le rendement de son investissement. Dans ce contexte, un ralentissement de l activité n incite pas les entreprises à réduire le salaire des plus expérimentés, et ce tant que leur productivité marginale reste supérieure au salaire. Si la récession s aggrave, l entreprise peut décider de ne pas baisser le salaire et ce tant que le coût subi reste inférieur au rendement anticipé de son investissement en capital humain. Dans ce cadre théorique, on considère que l individu investit en capital humain afin d accroître sa productivité et son salaire. Le salaire est toujours déterminé par la productivité marginale mais il est aussi fonction du capital humain accumulé par l individu. Cette théorie permet d expliquer des comportements de formation qui auraient pu paraître irrationnels dans le cadre néoclassique d homogénéité des facteurs. Le capital humain désigne le stock de connaissances et de compétences économiques valorisables : c est l ensemble des capacités productives des individus Le capital humain renvoie à l éducation, la formation continue, la mobilité professionnelle, et l investissement des individus dans leur santé. Quand un individu prolonge sa formation, il augmente son stock de capital humain, et peut de cette manière augmenter les salaires reçus à la suite de son existence. 16
16 2. La théorie du job search (prise en compte de l imperfection de l information) Document 8 Les analyses de «job search» ont cherché à modéliser le comportement de chômeurs dans un environnement où l information sur les emplois disponibles et les salaires correspondants est imparfaite. Le but était de déterminer la durée du chômage, et par conséquent, le niveau de chômage de prospection. La durée du chômage est notamment selon cette approche d autant plus longue que l indemnisation du chômage est généreuse, cette dernière rendant les chômeurs plus «exigeants» en termes de salaire. Au-delà du chômage frictionnel de prospection, il peut être considéré comme volontaire, car résultant du choix des chômeurs. Jerôme Gautié, causes du chômage et politiques de l emploi, Cahier français n 353. Activité 10 Questions Quelle hypothèse du modèle néoclassique de base est-elle remise en cause ici? Comment cette analyse explique t-elle la dimension frictionnelle du chômage? Pourquoi peut-elle être considérée comme volontaire? La théorie du «job search» ou «recherche d emplois» remet en cause l hypothèse de la transparence de l information sur le marché et permet d expliquer l importance du chômage frictionnel. Selon cette approche, il faut du temps pour trouver un nouvel emploi. L individu à la recherche d un emploi ne connaît ni la totalité des emplois, ni leurs caractéristiques en termes de salaires, de pénibilité Il doit donc développer une activité de recherche d informations sur ces postes : c est «l activité de prospection». Dans cette perspective microéconomique, l individu reste au chômage tant que le coût marginal d une journée de recherche supplémentaire ( assimilé à une perte de salaire journalier) est inférieur au bénéfice marginal d une journée de recherche supplémentaire (chance de retrouver un emploi mieux rémunéré). L imperfection du marché donne une explication au chômage frictionnel constitué des personnes qui changent de travail et prennent le temps d en trouver un autre. Dans ce cadre, toute amélioration de la situation d un chômeur a pour effet d accroître la part volontaire du chômage frictionnel (puisque l individu perdra moins d argent à chercher plus longtemps). 17
17 3. L introduction des apports de la théorie de l incitation Document 9 Les modèles de salaire d efficience ont introduit l hypothèse d une information asymétrique et débouché sur la conclusion suivante : le comportement rationnel des agents peut, dans cet univers, provoquer des situations non concurrentielles, source de rigidités réelles influençant le niveau de chômage. Dans le cas de la sélection adverse, l employeur ne connaît pas la productivité des travailleurs qu il veut recruter. il propose alors un salaire supérieur au salaire concurrentiel, le salaire d efficience, dans le but de provoquer une auto-sélection des travailleurs : seuls les travailleurs les plus productifs sont supposés présenter leur candidature. Dans le modèle du tire-au-flanc, traitant de l aléa moral, le salaire d efficience est un mécanisme d incitation à l effort des travailleurs à double titre. D une part, les travailleurs qui ne maximisaient pas leur effort risquent de perdre l avantage de ce salaire supérieur au salaire concurrentiel. D autre part, le salaire d efficience est source de chômage, puisqu il est supérieur au salaire assurant le plein-emploi ; le chômage agit alors comme une menace de perdre sa rente, pour tout travailleur ne maximisant pas son effort. Ce modèle repose sur l existence d une fonction d effort, reliant l effort fourni par les travailleurs au salaire perçu. Les modèles de salaire d efficience veulent expliquer pourquoi les employeurs rationnels n ont eux-mêmes pas intérêt à la flexibilité des salaires : si les salaires baissent, rien ne garantit que le niveau d effort des travailleurs permettent aux entreprises de maximiser leur profit. Lien Hoang-Ngoc, le fabuleux destin de la courbe de Phillips, édition septentrion, Activité 11 Questions Qu est-ce que le salaire d efficience? Pourquoi les employeurs peuvent avoir intérêt à payer leurs salariés à un niveau supérieur au salaire du marché? La théorie du salaire d efficience remet en cause quelle hypothèse du modèle néoclassique de base? Salaire d efficience : salaire supérieur au salaire concurrentiel. Niveau de salaire nécessaire pour motiver un travailleur à fournir sa productivité du travail maximale. Salaires d efficience (théorie des) : théorie d inspiration libérale qui inverse le sens de la relation néo-classique entre productivité et salaire, Le salaire détermine ainsi la productivité. 18
18 A retenir Les théories du salaire d efficience permettent d expliquer pourquoi les entreprises peuvent avoir intérêt à verser des salaires supérieurs au salaire d équilibre. Ces théories proposent une justification de la rigidité des salaires du fait d une asymétrie de l information. Selon ces analyses, ce n est pas la productivité qui détermine les salaires mais l inverse. L employeur subit un risque ou «aléa moral» car le salarié embauché peut de pas fournir l effort maximum et adopter une attitude de «tire-au-flanc». En augmentant les salaires, les employeurs poussent les employés à augmenter leurs productivité. Le modèle de sélection adverse montre que les entreprises ne connaissant pas parfaitement les compétences des candidats à l embauche sélectionnent les meilleurs en proposant un salaire supérieur au salaire d équilibre. Dans cette logique, en cas de baisse de l activité, l entreprise n a pas intérêt à baisser les salaires car ce sont les salariés les plus efficaces qui quitteront les premiers l entreprise, et ne resteront alors que les moins performants. Normes d emploi : caractéristiques communes à la plupart des emplois (durée du contrat, protection sociale associée, avancement ). C est le type d emploi qui domine dans une société durant une période. Ex : CDI pendant les trente glorieuses. 4. Les théories de la segmentation Au début des années 70, s est développé un ensemble de travaux à l initiative d un groupe d économistes de tradition «néo- institutionnaliste» PIORE et DOERINGER, regroupé sous l étiquette «théories de la segmentation du marché du travail». Même si la norme d emploi reste le CDI (contrat à durée déterminée, d autres situations d emploi se multiplient (CDD, intérim, contrats aidés ) (cf chapitre 2) Ces théories de la segmentation proposent ainsi de distinguer 2 types de marché. Un marché primaire (à l alimentation et aux fonctions spécifiques, dominés par des firmes qui entretiennent des pratiques d attachement durable à leurs salariés) et un marché secondaire aux caractéristiques opposées résumées dans le tableau ci-dessous : Caractéristiques des emplois Main-d œuvre Marché primaire Niveau du salaire élevé Garanties de carrière et perspectives de promotion Niveau élevé des qualifications Bonnes conditions de travail Ancienneté de leur présence sur le marché du travail Taux de syndicalisation élevé Stabilité des comportements et des aspirations Marché secondaire Faible Absence Faible Mauvaises Faible (jeunes) Faible Immigrés, jeunes, peu qualifiés 19
19 Théorie du marché interne Certaines entreprises constituent des marchés internes du travail (promotions, gestion de carrières, pourvoir d emplois vacants à partir de leurs propres employés), sans passer par le recrutement direct sur le marché du travail. Le marché interne : réunit les postes de travail dont l accès n est possible dans une entreprise qu aux travailleurs qui occupaient auparavant certains postes de travail déterminés dans la même entreprise. (Définition de FREYSSINET en 1979). Segmentation du marché du travail : le marché du travail est segmenté lorsqu il existe plusieurs compartiments nettement séparés. Il y a souvent un marché du travail stable et un marché du travail précaire par exemple. Le second concerne principalement les jeunes et les travailleurs peu qualifiés. Conclusion au cours des 30 dernières années, la théorie a fortement progressé : le mouvement visant à donner «des fondements microéconomiques à la macroéconomie». Ces nouvelles théories du marché du travail ont permis de donner des bases plus rigoureuses aux concepts de chômage conjoncturel, frictionnel et structurel. D La complexité de la relation salariale Document 10 Lorsqu un joueur de football explique qu il aimerait bien jouer dans tel ou tel club, mais qu il ne le fera pas, car ce dernier ne pourrait lui donner que 3 ou 5 millions d euros par an, on voit bien à quel point la puissance de la logique marchande s impose. Le salaire est le prix d une marchandise, mais il n est pas évidemment que cela. Il est le principal moyen de vivre pour la plupart des gens, et aussi la traduction du statut ou de la reconnaissance sociale associés à une profession ou à un individu. En ce sens, la norme sociale. Celle-ci peur être institutionnalisé, comme c est le cas du SMIC. [ ] Comme le remarquait Keynes, les individus sont très sensibles à leur salaire relatif, c est-à-dire à la différence entre ce qu ils gagnent et ce que gagnent les autres. [ ] Mais quelle répartition peut être jugée accep- 20
20 table? Comme l écrivait John Hicks, il est bien difficile de s entendre sur une répartition juste des revenus, mais une fois établie, elle est acceptée parce qu elle correspond à ce que chacun s attend. Elle devient normale. Pour lui, la distribution des salaires est le produit de la coutume, qu on peut aussi appeler convention ou norme. [ ] Cette force de la coutume est certainement variable d un pays à l autre, suivant que la logique du marché influence plus ou moins fortement les comportements. Arnaud Parienty, comment se forment les salaires, Alternatives Economiques, hors série pratique n 46, l économie en questions. Activité 12 Questions Qu est-ce qu une norme sociale? En quoi le salaire est-il une norme sociale? Qu est-ce que le SMIC? Comment évolue t-il? Au-delà de l aspect purement économique, le salaire est une construction sociale et représente une dimension importante du statut social. Il doit être socialement accepté. Cette dernière partie montrera que le taux de salaire dépend également des résultats des négociations salariales, de l intervention de l État (avec notamment la fixation d un salaire minium). Résultant à la fois du conflit et de la coopération, la relation salariale est aussi le fruit des rapports de force. 1. Le résultat des négociations collectives Document 11 Au niveau des branches professionnelles, est fixée une obligation annuelle de négocier (article L du code du travail) : «Les organisations qui sont liées par une convention de branche ou, à défaut, par des accords professionnels, se réunissent, au moins une fois par an, pour négocier sur les salaires» Cette obligation annuelle laisse aux partenaires de la branche la liberté de fixer le calendrier de cette négociation. En France, Il existe environ 700 branches professionnelles On reconnaît traditionnellement à la négociation salariale de branche 3 fonctions : ellle fixe l ordre hiérarchique global (écart entre le salaire minimum du plus haut coefficient d une catégorie et le salaire minimum du coefficient le plus bas); elle établit une structure hiérarchique interne (écart de salaires entre les coefficients successifs); elle donne enfin la valeur du salaire minimum affecté à chaque coefficient. L employeur verse un salaire contractuel encore appelé «salaire réel» : il s agit du salaire négocié de gré à gré entre l employeur et le salarié par le contrat de travail. Il doit au minimum être équivalent 21
21 au SMI ou au minima conventionnel, supérieur au SMIC. L accord de branche est opposable aux seules entreprises adhérentes à un syndicat professionnel signataire, avant extension. L accord devient applicable à toutes les entreprises relevant de la branche après extension par arrêté du Ministre en charge du travail Durée de validité : jusqu à nouvelle négociation ou dénonciation de l accord (ou annulation de l arrêté d extension) Au niveau des entreprises, une obligation est fixée par l article L du code du travail : «Dans les entreprises où sont constituées une ou plusieurs sections syndicales d organisations représentatives au sens de l article L du code du travail, l employeur est tenu d engager chaque année une négociation sur les salaires effectifs» D après la direction générale du travail D après l INSEE, en France, les accords de salaire ont couvert en moyenne près de 75 % des salariés chaque année au cours de la période allant de 1994 à Les accords de branche concernent environ les deux tiers des salariés alors que les accords d entreprise n en couvrent que moins du quart. Contrat de travail : convention fondée sur un lien de subordination de l employé vis à vis de l employeur, dans laquelle sont précisées les tâches de l employé, sa rémunération et la durée de sa mission. Acivité 13 Question Comment sont négociés les salaires dans les entreprises françaises? A retenir En France La négociation salariale se déroule au niveau de la branche et au niveau de l entreprise, conformément au droit du travail. La négociation de branche qui est la plus large a été encouragée par les lois Auroux, qui favorisent l extension de la couverture conventionnelle. ces lois instaurent une obligation annuelle de négocier sur les salaires et une obligation quinquennale de négocier sur les classifications. La négociation d entreprise a été également été stimulée par les lois Auroux de 1982, qui ont institué l obligation annuelle de négocier sur les salaires dans les plus grandes entreprises. Même si les lois Auroux ont impulsé un mouvement de décentralisation, le système français de relations professionnelles ne peut se résumer à la seule négociation de l entreprise. En France, les pouvoirs publics interviennent de façon significative dans le processus de négociation collective. Au-delà de leur rôle dans les procédures d extension, les pouvoirs publics fixent le salaire minimum national et encouragent la négociation des branches. 22
22 Partenaires sociaux : ensemble des syndicats, employeurs et salariés Conventions collectives : accords signés entre les partenaires sociaux d une branche d activités concernant essentiellement l évolution des salaires et des conditions de travail. 2. Le rôle de l État dans la fixation du salaire Document 12 L intervention de l État peut prendre trois voies. En premier lieu, l action de l État consiste à borner la négociation en fixant un salaire minimum. Si la formation des bas salaires n est pas laissée au face à face entre l employeur et le salarié et au seul jeu du marché, la détermination des rémunérations minimales peut incomber, soit aux partenaires sociaux (au niveau interprofessionnel ou de la branche) soit aux pouvoirs publics. L intervention publique est ainsi une alternative à la négociation. Les pouvoirs publics peuvent intervenir, en deuxième lieu, en tentant d influencer la négociation collective, soit pour faciliter un accord les pouvoirs publics jouent un rôle d arbitre entre deux parties aux contradictoires soit en tant que troisième joueur poursuivant des objectifs, macro-économiques, non pris en compte par les deux autres joueurs. En troisième lieu, l État peut influencer plus directement le contenu de la négociation en définissant des règles, en particulier en matière d indexation ou de désindexation. Activité 14 Question Comment l État peut-il intervient-il dans la fixation des salaires? En juillet de chaque année le gouvernement décide de l augmentation du salaire minimum national, le Smic. De fait, celui-ci est exclu de la négociation avec les partenaires sociaux Le Smic s impose à tous et aucun salarié ne peut être payé en dessous de ce seuil. Le salaire minimum augmente suivant la règle légale suivante : la progression annuelle du pouvoir d achat du Smic ne peut pas être inférieure à la moitié de l augmentation du pouvoir d achat des salaires horaires des ouvriers (articles L et L du Code du Travail). En plus de 23
23 cette indexation, le gouvernement peut décider un «coup de pouce», c est-à-dire une hausse supplémentaire, soit en cours d année (article L du Code du Travail), soit à l occasion de la revalorisation du Smic au 1er juillet (article L du Code du Travail). Par ailleurs, lorsque l indice national des prix à la consommation (hors tabac) des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, croît à un rythme supérieur à 2 %, le Smic est revalorisé dans la même proportion le 1er jour du mois suivant (article L du Code du Travail). Les pouvoirs publics favorisent aussi la négociation au niveau des branches en participant à des Commissions Mixtes Paritaires qui rassemblent les salariés et les employeurs. Ces commissions sont destinées à faciliter la négociation de branche. Leur mise en place se fait soit à la demande des syndicats, soit à l initiative du gouvernement en cas de difficultés dans la conduite des négociations. Salaire minimum : salaire minimum à verser à tout salarié (âgé de plus de 18 ans) fixé par l État. en France, En 1969 le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) a remplacé le SMIG (salaire minimum garanti) créé en Entre conflit et coopération Document 13 La «grève du Nutella», symbole de négociations salariales qui achoppent en France ÉCONOMIE - Plusieurs mouvements de grève sont lancés en France où les entreprises rechignent à augmenter les salaires, malgré l inflation et les résultats en hausse Depuis mardi, l usine française de Ferrero à Villers-Ecalle (Seine-Maritime) est à l arrêt. Plus aucun produit chocolaté ne sort de l établissement, qui produit normalement pots de Nutella et 1,2 million de barres Kinder Bueno. Pour l instant, «il n y a pas de risque de rupture de stocks», assure Christophe Bordin, responsable des relations extérieures de Ferrero France. La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution souligne qu aucune crainte de pénurie n émerge dans les centrales d achat de la grande distribution. Ce sont des produits faciles à stocker, contrairement aux produits frais, et les distributeurs ne fonctionnent pas en flux tendus. Première grève depuis trente-sept ans 24
24 Néanmoins, bloquer les lignes de production n est pas anodin. D autant plus qu il s agit là de la première grève depuis trente-sept ans chez Ferrero, de mémoire de syndicaliste. «Au départ, nous n avions pas prévu un mouvement dans la durée. Mais la plupart des salariés nous ont soutenus, parce qu ils ont vraiment besoin d une augmentation, alors on poursuit le mouvement», concède Fabien Lacabanne, délégué syndical de Forces Ouvrières. Les salariés demandent principalement une augmentation de 90 euros par mois et par personne, ce que l entreprise a, pour l instant, refusé. Après avoir proposé une augmentation d 1,2 %, elle a avancé une hausse de 2 % pour ceux qui gagnent plus de euros par an, et une hausse de 50 euros brut pour ceux qui gagnent moins. Mais les syndicats tiennent à voir les salaires augmenter plus que les prix à la consommation, qui croissent de 2% en France à cause notamment de la flambée du prix du pétrole. Ils poursuivent donc ce mouvement, radical, de blocage de la production, pour obtenir gain de cause. Thibaut Schepman, journal «20 minutes», 14 avril Activité 15 Question Montrez, à travers cet exemple (document 13) que les négociations salariales sont le résultat de rapports de force. A retenir Certains pays (Suède, Allemagne par exemple) connaissent peu de grèves, mais organisent des négociations à date fixe de telle sorte qu un accord étant conclu, il ne peut être remis en cause avant le prochain rendez-vous, la grève pouvant même être interdite dans cet intervalle. En France, le dialogue social tend à s institutionnaliser, ce qui traduit une notable évolution dans dans le sens d une «pacification» des relations professionnelles. Cependant, l actualité économique et sociale française reste riche en conflits et montre que les rapports de force jouent un rôle important dans la fixation des salaires. Relations professionnelles : les relations professionnelles sont les relations qui s établissent entre les salariés et leurs représentants, d une part, les employeurs et leurs représentants de l autre. Dans le système français, l État est également un acteur à part entière puisqu il encadre le dialogue social. Les relations professionnelles s inscrivent au niveau interprofessionnel, au niveau de la branche et au niveau de l entreprise. 25
25 Conclusion Le champ des théories économiques du marché du travail et du chômage a longtemps été structuré par l opposition entre l analyse néoclassique et l analyse keynésienne. Le modèle néoclassique de base à démontré que le taux de salaire, dans le cadre de la concurrence pure et parfaite se fixe sur le marché du travail en fonction de l offre et la demande. Ainsi, la flexibilité des salaires devrait permettre de rétablir l équilibre. Ces auteurs préconisaient donc de baisser les salaires pour encourager l embauche et diminuer le chômage. Dans les années trente, Keynes a totalement remis en cause cette analyse en montrant les conséquences négatives engendrées par une baisse des salaires sur la demande effective et donc l emploi. Depuis les années 70, les nouvelles théories du marché du travail tentent de dépasser ce clivage en prenant en compte les imperfections du marché. Enfin, des études récentes insistent sur le rôle de l État et des négociations dans la relation salariale. Ces différentes grilles de lecture ont inspiré et inspirent les politiques de l emploi aussi variées que débattues. 26
26 2 Quelles politiques pour l emploi? Introduction Les politiques de l emploi constituent un enjeu important dans un contexte de chômage persistant, générant des débats entre conceptions politiques différentes. S interroger sur la manière de corriger les déséquilibres du marché du travail, c est d abord s interroger sur les origines de ces dysfonctionnements. Selon, les grilles de lecture privilégiées, les remèdes proposés divergent. L histoire récente des politiques de l emploi est une histoire très mouvementée : mise en place puis critique des 35 heures, tentative de réforme du contrat de travail, incitations à l emploi., exonérations de charges sociales sur les bas salaires, défiscalisation des heures supplémentaires Les leviers principaux sont cependant toujours les mêmes : la protection des chômeurs d un côté (indemnisation, aide à la recherche d emploi) et création d emplois ou changement d ordre dans la file d attente (notamment par l abaissement du coût des travailleurs les moins qualifiés). Ces politiques ont un rôle central dans une société où l emploi et le travail restent un vecteur central d intégration sociale : c est que nous verrons après une présentation du marché du travail. Pré-requis Chômage, productivité, demande globale, politique monétaire, politique budgétaire. Notions à acquérir Flexibilité du marché du travail, taux de chômage, taux d emploi, qualification, demande anticipée, équilibre de sous-emploi, salariat, précarité, pauvreté. A Présentation générale du marché du travail 1. Définitions et mesure a) Classification définie dans le cadre du BIT (Bureau international du travail) L emploi : ceux qui exercent un emploi salarié quels que soient le taux de rémunération et la durée du travail, y compris chômage technique. 27
27 Le chômage : PSERE (Population Sans Emploi à la Recherche d un Emploi) Les inactifs : catégorie résiduelle La notion de sous-emploi : regroupe les personnes qui ne sont pas occupées à plein-temps et qui cherchent à travailler davantage et sont disponibles pour. La notion «d emploi inadéquat» : «situations qui diminuent les aptitudes et le bien être des travailleurs» mauvaise utilisation des qualifications, insuffisance des revenus et nombre d heures de travail excessif. b) Situation de chômage au sens du BIT : INSEE : enquête trimestrielle Réalisée par l Insee, depuis 1950, l enquête Emploi est la source statistique qui permet de mesurer le chômage au sens du BIT. Elle fournit aussi des données sur les professions, l activité des femmes ou des jeunes, la durée du travail, les emplois précaires. Elle permet de mieux cerner la situation des chômeurs et les changements de situation vis-à-vis du travail. Depuis 2003, l enquête Emploi est trimestrielle et sa collecte auprès d un échantillon de ménages, (75000 personnes interrogées) est réalisée en continu sur toutes les semaines de chaque trimestre. En application de la définition internationale adoptée en 1982 par le Bureau international du travail (BIT), un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions : être sans emploi, c est-à-dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu une heure, durant une semaine de référence ; être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ; avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois. c) Le chômage au sens du pôle emploi Les demandeurs d emploi inscrits à Pôle emploi sont regroupés en différentes catégories. Conformément aux recommandations du rapport du Cnis sur la définition d indicateurs en matière d emploi, de chômage, de sousemploi et de précarité de l emploi (juin 2008) la Dares et Pôle emploi présentent à des fins d analyse statistique les données sur les demandeurs d emploi inscrits à Pôle emploi en fonction des catégories suivantes : catégorie A : demandeurs d emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d emploi, sans emploi ; catégorie B : demandeurs d emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois) ; catégorie C : demandeurs d emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. de plus de 78 heures au cours du mois) ; 28
28 catégorie D : demandeurs d emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d emploi (en raison d un stage, d une formation, d une maladie ), sans emploi ; catégorie E : demandeurs d emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés). 2. Emploi et chômage en perspective Document 14 Taux de chômage en 2011 (en %) Hommes Femmes Total ans 21,4 23,7 22, ans 8,2 9,6 8,9 Plus de 49 ans 6,4 7,1 6,7 Total 9,1 10,3 9,7 D après l INSEE Activité 16 Questions Donnez la signification précise des données soulignées (en gras) Pourquoi peut-on affirmer que le chômage est un phénomène inégalitaire? a) Le taux d emploi Taux de chômage : part de chômeurs dans la population active (en %). Document T4 2005T4 2007T4 2009T4 2011T3 (p) Taux d'emploi des ans 63,8 63,5 64,6 63,7 63,8 Dont : Taux d'emploi en CDI 49,6 49,1 49,8 49,5 48,8 Taux d'emploi en CDD ou intérim 6,3 6,5 7,0 6,2 6,7 D après l INSEE Note 2 : Le taux d emploi en CDI est le rapport entre le nombre d actifs occupés en CDI et la population totale ; le taux d emploi en CDD ou intérim est le rapport entre le nombre d actifs occupés en CDD ou intérim et la population totale. Note 3 : Ne sont pas détaillés ici les autres types d emplois (non-salariés, apprentis) Source : Insee, enquête Emploi Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 à 64 ans 29
29 Le taux d emploi = Le taux d emploi d une classe d individus est calculé en rapportant le nombre d individus de la classe ayant un emploi au nombre total d individus dans la classe. Il peut être calculé sur l ensemble de la population d un pays, mais on se limite le plus souvent à la population en âge de travailler (généralement définie, en comparaison internationale, comme les personnes âgées de 15 à 64 ans), ou à une sous-catégorie de la population en âge de travailler (femmes de 25 à 29 ans par exemple). Activité 17 Questions Donnez la signification du nombre souligné b) Les emplois précaires Document 16 (en %) Non salariés 11,0 13 Salariés 89,0 87 dont : Intérimaires 1,6 1 Apprentis 1,4 1 Contrats à durée déterminée (1) 8,2 3,8 Contrats à durée indéterminée (2) 77,9 81,2 Ensemble des emplois Effectif (en milliers) D a près l INSEE Lecture : en moyenne en 2009, 16,1 % des personnes de 50 ans ou plus ayant un emploi sont non salariées. (1) Y compris les emplois aidés. (2) Y compris les emplois aidés, les salariés sans contrat, ainsi que les fonctionnaires stagiaires et les titulaires du secteur public. Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes en emploi de 15 ans ou plus (âge au 31 décembre). Précarité : Les emplois précaires sont des emplois salariés dont la durée n est pas garantie par exemple les contrats de durée déterminée (CDD), stages, emplois aidés (contrats emplois solidarité, contrats initiative emploi, emplois jeunes, sles emplois intérimaires. Salariat : Le salariat ou le régime salarial, est une organisation des relations professionnelles dans laquelle il y a un lien de subordination du salarié à l égard de l employeur, le versement d un salaire et le financement des droits sociaux (protection sociale). Utilisé aussi pour désigner l ensemble des salaires 30
30 Activité 18 Questions Donnez la signification précise des données soulignées. Comment a évolué la précarité de l emploi entre 1990 et 2009? Conclusion : Le halo du chômage C est dans les années quatre-vingt que la notion «d halo du chômage est apparue» pour désigner les situations des personnes qui n étaient pas comptabilisées comme chômeurs au sens du BIT mais alors que de fait leur situation s apparentaient à celle du chômage. La précarité augmente le nombre de travailleurs pauvres. Ainsi, d après l observatoire des inégalités «3,7 millions de travailleurs - soit 15 % des actifs - disposent de revenus individuels d activité (de leur travail, on ne tient pas compte là des revenus du ménage et des prestations sociales perçues par ailleurs) inférieurs à 60 % du revenu médian et peuvent donc être considérés comme pauvres. Parmi eux, 2,5 millions ont été en emploi tout au long de l année, ont connu des périodes de chômage et une alternance entre emploi et inactivité.» La pauvreté c est la situation d individus ou de groupes, démunis de ressources jugées essentielles. La pauvreté n est pas l exclusion mais la pauvreté peut conduire à l exclusion. Pour mesurer la pauvreté on utilise un critère monétaire relatif en considérant que les pauvres sont les personnes ayant un revenu inférieur à 60 % ou 50 % du revenu médian de la population à laquelle ils appartiennent. En 2009, le seuil de pauvreté situé à 60 % du revenu médian, pour une personne seule, est de 954 euros mensuels, celui à 50 % de 795 euros. 3. La dynamique de l emploi A retenir Selon Pierre Cahuc et René Zylberberg (Le chômage, fatalité ou necessité?), chaque jour, en France, emplois sont détruits et emplois sont créés. Cela signifie-t-il que le chômage est indispensable à la croissance? Même si ces chiffres ont pu être contesté, ils montrent le caractère dynamique du marché du travail. 31
31 Les flux d emploi et de main-d œuvre sont au cœur des analyses récentes du marché du travail. L ampleur des flux bruts d emploi (créations + destructions), au regard des flux nets (créations - destructions), a contribué au renouveau des analyses schumpetériennes en termes de destruction créatrice. Il était jusqu à présent admis que les flux bruts d emploi sont du même ordre de grandeur dans des pays aussi différents que la France et les États-Unis, ce qui va à l encontre du lien attendu entre protection de l emploi et réallocations. Selon, Cahuc et Zylberberg (2004) et Cahuc et Kramarz (2004), une entreprise au cours d une année embauche cinq personnes et se sépare de quatre autres (Cahuc et Kramarz, 2005) durant la même année et la perte d un poste de travail se traduit par trois embauches et quatre départs. B Les politiques de l emploi De quoi parle t-on? Document 17 Les Cahiers Français. Activité 19 Questions Quels sont les objectifs des politiques de l emploi? 32
32 Recensez les différents dispositifs des politiques de l emploi mises en place en France. Quels dispositifs privilégient les nouvelles politiques de l emploi en France? On distingue : Les politiques de l emploi concernent les interventions publiques qui ont pour objectif explicite et premier d augmenter le niveau de l emploi et/ou de réduire le chômage en agissant directement sur le marché du travail. Les politiques du marché du travail : interventions directes sur le marché du travail en ciblant les catégories d agents (travailleurs, chômeurs, entreprises). Les politiques plus transversales quant au niveau des publics concernés, qui essaient de stimuler de façon générale la création d emplois (action du côte de l offre de travail et/ou de la demande de travail. A retenir Dans le cadre des politiques de l emploi, on distingue les mesures actives et les mesures passives : 1. Les mesures actives concernent les dispositifs qui visent à favoriser l accès des chômeurs à l emploi. Mesures d accompagnement et d aide à la recherche d emploi mise en place par le service public de l emploi (pôle emploi en France). Mesures d aides à l emploi au sens large (aides aux chômeurs créateurs d entreprises, emplois aidés ) Ces mesures sont généralement ciblées vers les chômeurs les plus en difficulté. Mesure de formation 2. Les mesures passives concernent les mesures de «garantie de revenu» Il s agit d assurer une certaine sécurité de revenus aux personnes dépourvues d emploi. (indemnisation du chômage, dispositifs de pré retraite ) 1. Les politiques d allégement du coût du travail pour lutter contre le chômage classique Document 18 La réduction des cotisations patronales de sécurité sociale sur les bas salaires a démarré en Aujourd hui, le coût du travail est abaissé 33
33 de près de 20 % au niveau du SMIC. Le coût salarial des emplois peu ou pas qualifiés est ainsi diminué pour l employeur, sans toucher au salaire net perçu, afin d encourager la création de tels emplois. En 1993, le taux de chômage des actifs ayant de tels diplômes était en effet particulièrement élevé : 15,3 %, soit 4,2 points de plus que le taux de chômage d ensemble à la même date (ou si l on préfère, un taux de chômage 38 % plus élevé pour cette catégorie d actifs que pour l ensemble). Résultat ; le nombre d emplois de faible qualification, qui tendait à reculer significativement depuis le début des années quatre-vingt (-9 % entre 1984 et 1993 inclus, contre =7% pour les emplois qualifiés), s est sensiblement redressé. Il a progressé deux fois plus vite que celui des emplois qualifiés entre 1994 et 2002 : +16,2 % contre +8,2 %. Succès donc. Lais le taux de chômage des actifs peu ou pas qualifié est désormais de 50 % plus élevé que celui de l ensemble des actifs. L essor de l emploi peu ou pas qualifié n a pas eu pour résultat de réduire le taux de chômage des actifs concernés, mais de provoquer des déclassements chez les travailleurs diplômés, qui ont été nombreux à être recrutés pour occuper ces emplois. Denis Clerc, Place aux jeunes, Alternatives Economiques, janvier Activité 20 Questions À quoi correspond le coût du travail? Pourquoi la baisse des cotisations patronales n a pas d impact sur le pouvoir d achat des salariés. Pourquoi ces politiques d allégement des cotisations sociales concernent-elles les moins qualifiés? Qualification : On distingue la qualification individuelle qui renvoie aux capacités acquises par la formation ou/et l expérience, la qualification de l emploi qui désigne le profil de l emploi proposé (capacités attendues) généralement énoncé dans l offre d emploi. A retenir Quel est l effet attendu d une baisse des cotisations sociales sur les emplois Peu qualifiés? L emploi a-t-il évolué comme prévu suite à ces mesures? Pourquoi les travailleurs les moins qualifiés n ont-ils pas profité pleinement de ces mesures? En France, les politiques de réduction du coût du travail ont débuté en 1993 puis maintenue avec des modifications. Depuis 2005, toutes les entreprises bénéficient d une réduction dégressive de cotisations patronales qui atteint son maximum de 20 points de % du salaire réel au niveau du SMIC dégressif jusqu à 1,6 fois le SMIC 34
34 A retenir Depuis 2007 : maximum est de 22,1 % du SMIC brut pour les entreprises de moins de 20 salariés. En 2006, le coût de cette mesure était estimé à 1,1 % du PIB (14 milliards d euros). La logique est de diminuer le coût du travail des moins qualifiés très touchés par le chômage pour en favoriser l embauche conformément à l analyse néoclassique. En effet, les économistes considèrent que la productivité marginale des travailleurs les moins qualifiés est inférieure au taux de salaire. Depuis 1993, la baisse de l emploi non qualifié est enrayée et ce type d emploi a recommencé à croître à partir de Cependant le taux de chômage des moins qualifiés reste toujours très élevé car la progression des emplois moins qualifiés rendus moins coûteux pour les employeurs a d abord profité aux plus qualifiés ; c est l effet de substitution Cela a entraîné le déclassement des travailleurs plus diplômés qui acceptent faute de mieux des emplois peu qualifiés. Cette stratégie est à long terme moins porteuse qu une stratégie fondée sur l innovation et les emplois qualifiés. Enfin, la baisse du chômage qui en a tout de même résulté s est faite au détriment d une hausse du nombre de travailleurs pauvres. 2. Les politiques macroéconomiques de soutien de la demande pour lutter contre le chômage keynésien Document 19 L équilibre de sous-emploi (défini par Keynes) : situation dans laquelle il y a un équilibre entre l offre et la demande globales, mais où le niveau de production qui en découle n est pas suffisant pour absorber la main-d œuvre disponible. Dans ce cas, l Etat doit intervenir pour relancer la demande. La Cour des comptes estime que le plan de relance a coûté bien plus aux finances publiques qu il n a rapporté de croissance. Il a cependant atténué les effets de la crise. Bilan de l efficacité des mesures. Annoncé dans ses grandes lignes par Nicolas Sarkozy en décembre 2008, le plan de relance de l économie française se voulait «audacieux» et «ambitieux», selon les termes du chef de l Etat. Ce qui a marché Les mesures fiscales en faveur des entreprises. [ ] Ont-elles eu une incidence immédiate sur l activité? C est peu probable, mais elles ont certainement permis «d éviter un grand nombre de faillites d entreprises», a commenté le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud. La prime à la casse. Plus besoin de le rappeler : la prime de euros versée pour l achat d un 35
35 véhicule neuf a rencontré un vif succès au cours de l année 2009, à tel point qu elle a été prorogée en 2010, même si son montant a été réduit à 700 euros en janvier et à 500 euros en juin. Un million de primes à la casse ont été payées fin août 2010, représentant un montant de 940 millions d euros depuis la mise en place du dispositif, alors que sa dotation initiale était de 220 millions. La prime à la casse à notamment tiré à la hausse la consommation des ménages en dépit du contexte économique morose en 2009 (+0,6%), et surtout maintenu à un niveau élevé les ventes des constructeurs automobiles. [ ] Ce qui a échoué [ ] L investissement des entreprises publiques et des collectivités locales. Pour inciter les collectivités locales à accroître leurs dépenses d investissement, donc à participer à la relance, l État s est engagé à leur reverser avec un an d avance les dotations du fonds de compensation de la TVA. Mais au final, les sommes versées à ce titre (3,85 milliards d euros en 2009) ont surtout servi à améliorer la situation financière des collectivités et non à relancer l investissement, note la Cour. Du côté des grandes entreprises publiques (EDF, GDF-Suez, La Poste, la RATP, la SNCF), elles aussi appelées à contribuer au plan de relance à hauteur de 4 milliards d euros, le bilan n est pas plus glorieux : le montant de leurs investissements exceptionnels s est limité à un milliard d euros en Bilan Le plan a-t-il relancé l économie française? Le verdict semble sans appel : l impact sur la croissance du plan de relance serait d environ 0,5 point de PIB sur 2009 et 2010, selon la Cour des comptes, très en deçà de son coût pour les finances publiques (1,4 % du PIB). Toutefois, a tenu à souligner l institution de la rue Cambon, cet écart s explique par le fait que ce plan était essentiellement centré le soutien à la trésorerie des agents économiques - ce qu avait critiqué la gauche qui plaidait pour un soutien plus massif à la consommation. Ses effets «sont donc diffus», note Didier Migaud. «Mais il a sans conteste permis d atténuer les effets de la crise», conclut le premier président de la Cour des comptes. «Le vrai bilan du plan de relance français» par Emilie Lévêque Emilie Lévêque/Lexpansion.com/14/09/2010. Activité 21 Questions Quelles sont les mesures de relance de la consommation que vous pouvez recenser? Même question concernant l investissement? Quels ont été les effets positifs sur l emploi? Les limites? 36
36 A retenir Comme nous l avons vu dans le chapitre 1, Keynes réfute la solution néoclassique de baisse des salaires car elle aurait des effets macroéconomiques négatifs sur la demande, l activité économique et donc l emploi. En cas d insuffisance de la demande anticipée (chômage keynésien), seule une politique de relance par la consommation ou l investissement peut permettre de baisser le chômage. Pour les défenseurs de cette thèse, le salaire n est pas uniquement un coût pour l entreprise, c est aussi un revenu pour les salariés déterminant de la consommation et de la croissance. Demande anticipée : Demande globale (consommation, investissement et exportations) anticipée par les entreprises. 3. Les politiques de formation et de flexibilisation pour réduire la composante structurelle du chômage a) De la flexibilité La flexibilité est d inspiration néoclassique, elle consiste à supprimer les rigidités qui entravent le bon fonctionnement du marché du travail. Flexibiliser le marché du travail, c est adapter à tout moment la main-d œuvre disponible aux évolutions de l activité économique. Il existe cependant différentes formes de flexibilité aux modalités et aux objectifs différents présentés dans le tableau ci-après : 37
37 Flexibilité quantitative : faire varier la quantité de travail en fonction des besoins de l entreprise Flexibilité salariale : Les différentes formes de flexibilité Externe Ajuster la quantité de travail aux besoins de l entreprise en ayant recours à une maind œuvre extérieure à l entreprise pour une durée limitée Exemples Externalisation Transférer sur d autres activités certaines tâches ou activités productives moduler les rémunérations en fonction de la rentabilité des entreprises ou des performances individuelles Interne Ajuster le nombre d heures de travail aux variations de la conjoncture Exemples Exemples : Exemples : Flexibilité fonctionnelle : adapter la main-d œuvre aux évolutions économiques et sociales Mobilité professionnelle Améliorer la polyvalence par une politique de formation et une adaptation aux équipements eux-mêmes plus flexibles. La mobilité du travail est organisée au sein de l entreprise ou du groupe. Exemples Stage de formation Activité 22 Question Replacer ces exemples dans le tableau ci-dessus. CDD, Heures supplémentaires, Diminution du coût du travail des employés les moins qualifiés, sous- traitance, prime au rendement et/ ou aux résultats.intérim, Stage de formation, travail saisonnier, temps partiel, annualisation. La flexibilité apparaît dans les pays développés comme un moyen de redonner de la souplesse à un marché du travail considéré comme trop rigide et par conséquent incapable de résoudre le chômage. La flexibilité quantitative a beaucoup inspiré les politiques de l emploi depuis la fin des années quatre-vingt en Europe et notamment en France sans avoir les résultats escomptés. En effet elle accentue la précarisation, participe à l augmentation du nombre de «travailleurs pauvres» et finit par peser sur le pouvoir d achat et donc sur la croissance. Face à ses effets pervers, un nouveau concept domine le débat européen sur le marché du travail «la flexicurité» ou «flexisécurité» à la «danoise». 38
38 b) à la «flexisécurité» Ce modèle inspiré du modèle danois ( (Taux de chômage : 12 % en 1994, 4,2 en 200, 6 % en 2010, ) )associe La flexibilité (facteur de compétitivité) et la sécurité ( avantages sociaux) Document 20 Le Danemark est érigé au rang de modèle et notamment en France. En effet, ce pays a réussi à combiner ce qui semble impossible en Europe aujourd hui : un pays ouvert à la concurrence internationale, dynamique, avec un niveau de vie élevé, un taux de chômage faible et une protection sociale élevée. Cela ressemble à une vraie martingale. En fait, la flexsécurité danoise est née de façon progressive et très empirique. La réglementation du marché du travail danois est proche du modèle anglo-saxon, c est-à-dire une protection faible des salariés en poste et une mobilité élevée. Ceci est d autant plus dans l «ADN du pays» que le tissu économique danois comprend peu de grands groupes et beaucoup de PME (ce qui est assez logique étant donné la taille du pays qui compte à peine plus de 5 millions d habitants). Là ou le modèle danois diffère de l anglo-saxon est que l indemnisation du chômage est très généreuse. Le système en place au début des années 1990 permettait aux chômeurs de bénéficier d une indemnisation pendant 4 ans. Le taux de remplacement atteint 90 % pour les bas salaires (un chômeur touche donc 9/10e de ce qu il touchait en travaillant!) et n est pas dégressif dans le temps. Il est par contre plus faible pour les salaires moyens et élevés et plafonné (montant maximal de nets par mois environ). Un salarié danois avait donc peu de chance de conserver son emploi toute sa vie (un salarié danois changeait alors de poste tous les 3 à 4 ans en moyenne) et des chances élevées de subir une perte d emploi au cours de sa carrière. Cependant, les salariés danois se sentaient en sécurité d un point de vue professionnel, bien plus que ceux des pays comme la France où le contrat de travail (CDI) assure une haute protection. En étant assuré de conserver la presque-intégralité de leur revenu en cas d accident de parcours, le travailleur danois était beaucoup plus serein que le français qui, lui, avait bien moins de chance de perdre son travail mais pour qui cette perte était une catastrophe. Nicolas QUINT Libération, novembre 2010 Activité 23 Questions Dans le modèle Danois des années quatre-vingt-dix, précisez ce qui relève de «la flexibilité» Dans le modèle Danois des années 90, précisez ce qui relève de «la sécurité» Au Danemark : Formation professionnelle = 0,67% PIB (contre 0,21 % en France) La formation tout au long de la vie peut faire évoluer les qualifications. 39
39 En France : la thèse de «sécurisation des parcours» va dans ce sens. Il s agit de protéger les individus tout au long de leur existence en favorisant les transitions d une activité à une autre plutôt que de protéger les emplois. Cependant pour l instant, les discussions entre les partenaires sociaux n ont pas abouti à un véritable compromis. C Le risque d exclusion et les politiques d insertion Suivant les recommandations du rapport Schwartz paru en 1981, l objectif d intégration dans l emploi sera au cœur des mesures et des dispositifs d insertion qui vont se succéder à partir de 1982 notamment pour les jeunes peu qualifiés et les chômeurs longue durée. En effet dans notre société, le chômage et la précarité font basculer un nombre important d individus dans l exclusion sociale. Le volet intégration dans les politiques de l emploi doit donc être une préoccupation constante. 1. L intégration sociale mise à mal par le chômage et la précarité. Reprenez dans le chapitre 1 de la séquence 7, la partie 3 (Le travail : vers une perte d intégration?) du B (B- L intégration sociale en péril?) A retenir Le chômage est directement et indirectement facteur d exclusion sociale. Être privé d emploi, c est connaître une diminution de revenus, une disparition des relations professionnelles, un sentiment d inutilité sociale. Le chômage peut aussi fragiliser d autres dimensions de l intégration sociale ; il est souvent synomyme de perte de statut social et d isolement social. Le développement des emplois précaires fragilise la société salariale. Au sein même d une entreprise, on assiste à une différenciation des statuts. Les employés précaires se sentent alors moins bien intégrés et bénéficient de garanties sociales moindres. Les chômeurs et les précaires ont des difficultés à trouver un logement, ne peuvent obtenir un prêt bancaire et ont beaucoup de difficultés à se projeter dans l avenir. Le problème du chômage et de la précarité dépassent donc largement la sphère économique. La société d aujourd hui reste basée sur le travail : en être privé, c est être exclu de l essentiel des relations sociales. En cela, l accès à l emploi n est pas qu un droit économique, c est aussi un droit politique. 40
40 2. Favoriser l accès à l emploi : les politiques d insertion Document 21 : les politiques d insertion en France ( ) L accès ou le retour à l emploi sont considérés comme les premiers moyens de la lutte contre la pauvreté et les véritables garants d une insertion sociale. Les revenus d activité représentent en moyenne près de 70 % du revenu d un ménage et l emploi intègre les personnes dans un cadre social. En outre, avoir un emploi aide à trouver un logement et donne parfois accès à d autres droits comme l accès à des régimes complémentaires de santé et de retraite. Les politiques publiques privilégient donc l insertion professionnelle à une situation de non-emploi qui pourrait fournir à la personne le même niveau de ressource mais qui ne l intégrerait pas dans la société. Les dispositifs de lutte contre la pauvreté - notamment les minima sociaux - sont ainsi limités pour ne pas concurrencer l accès à l emploi. Dans la période dite des Trente Glorieuses, la politique de l emploi est une politique du «plein-emploi». C est l emploi qui garantit les revenus et l accès à la protection sociale. Avec la montée du chômage dans les années 70, apparaissent des politiques spécifiques d emploi qui tentent d accompagner les transformations du travail (les restructurations industrielles par exemple) mais aussi d octroyer un revenu et des droits sociaux à des personnes jusqu alors exclues du marché du travail. La politique en faveur de l accès à l emploi mobilise ainsi des instruments de soutien, de formation et de mise en activité ; elle recompose la politique de l emploi autour des contrats aidés qui en constituent les instruments dominants. Les dispositifs mis en place s articulent autour de trois logiques principales : améliorer les capacités d insertion par des stages de formation, favoriser l embauche par des contrats aidés avec allègement du coût salarial, créer des emplois d intérêt général et d insertion. [ ] Depuis 2001, c est la stratégie qui valorise le travail et qui vise à faire en sorte que l emploi rapporte effectivement aux bénéficiaires des minima sociaux qui est privilégiée. Le Grenelle de l insertion, centré sur la dimension professionnelle de l insertion, a élaboré une stratégie de réforme fondée sur deux axes principaux : simplifier et décloisonner les dispositifs et les politiques d insertion, prévenir l exclusion par la formation et par la valorisation de l activité. La mise en place du revenu de solidarité active (RSA) doit répondre à ces objectifs. [ ] Le RSA vise à garantir que tout retour au travail, même minime, donne lieu à une augmentation du revenu effectivement disponible, ce qui devrait permettre d éviter les effets de seuil qui entretiennent souvent les trappes à inactivité. 41
41 Le RSA garantit un revenu minimum, dont le montant varie selon la composition du foyer. A ce revenu s ajoute une fraction des revenus d activité du foyer (fraction dont le taux est fixé réglementairement à 62 %) et une allocation complète les ressources propres du ménage. Activité 24 Questions Quel est la limite des minimas sociaux? Avec la montée du chômage dans les années 70, quelles sont les politiques de l emploi qui vont être privilégiées? Quel est l intérêt du RSA? A retenir Pour faciliter l insertion par l emploi, le gouvernement français a mis en place ces dernières années des incitations monétaires au retour à l emploi. Fin des années quatre-vingt : dispositifs «d intéressement» permettant aux titulaires de minimas sociaux de cumuler allocations et revenus d activité sur une période transitoire : prime pour l emploi (crédit d impôt) À partir de 2009 : RSA + Prime pour l emploi et suppressions des dispositifs d intéressement RSA : revenu minimum d activité permet à toute personne titulaire d un RMI à taux plein prenant un emploi de conserver une partie du RMI dégressif (jusqu à RMI = 38% du revenu d activité). Ex : RMI = 500 euros (approximativement) Revenu d activité = euros La personne garde RMI - 38 % du revenu activité Soit =120 euros Les politiques de l emploi s inspirent des théories économiques tout en s adaptant au contexte économique et social. Elles sont aussi variées que débattues. La crise économique commencée en 2008 a fait progresser le chômage à un rythme très rapide, après des années de reflux. Face à cette situation exceptionnelle, les politiques de l emploi, tentent de s adapter. Le 18 janvier prochain, (2012), le gouvernement a prévu d organiser un grand Sommet social avec l ensemble des partenaires sociaux pour trouver des solutions. Elles devront être à la hauteur des espérances de millions de chômeurs! 42
42 Auto-évaluation I Chapitre 1 Exercice 1 Exercice 2 Complétez le texte ci-dessous : moins, emploi, demande, élevé, supplémentaire, productivité marginale (2), salaire réel(3) les auteurs néoclassiques considèrent que la.. de travail des entreprises (c est-à-dire le niveau de l.. résulte de la comparaison entre la.. (c est-à-dire la production additionnelle résultant de l embauche d un travailleur.. ) et le niveau du.. Tant que la.. est supérieure au.., l entreprise a intérêt à embaucher puisque le travailleur additionnel rapporte plus qu il ne coûte. Pour un niveau de productivité donné, l emploi est donc déterminé par le niveau du.. Plus celui-ci est élevé,.. la demande de travail est forte et plus le chômage est.. Complétez le texte ci-dessous : emploi (2), consommation, plein emploi, salaire réel (2), néoclassique, demande effective, investissement, demande. Keynes réfute l analyse.. du marché du travail qui affirme que la baisse du.. va encourager l embauche et automatiquement rétablir le.. Il oppose à cette approche de l offre, une logique de la... La.. (ou anticipée) est son concept clé. Elle est constitué de l anticipation par les entrepreneurs de la.. future et de l.. probable des entreprises. Le volume de l découle automatiquement des calculs de l entrepreneur qui ajuste ses plans de production à ses anticipations de la demande. Bref, le volume de l.. ne dépend pas directement du niveau du.. Chapitre 2 Exercice 1 Choisissez-la ou les bonnes réponses 1. Le niveau de l emploi a) dépend en partie de la croissance économique b) baisse depuis trente ans en France 43
43 c) est identique au niveau de la population active 2. La baisse des charges sociales : a) Entraîne une baisse du coût salarial b) a été mis en œuvre dès 1970 c) n a aucun effet sur les finances de l État 3. Sur le marché du travail a) Les offres d emploi sont égales à la demande de travail b) L offre de travail est fournie par les actifs c) L offre de travail correspond aux offres d emploi 4. La flexibilité a) peut permettre de licencier sans obstacle b) peut permettre d enrichir les qualifications des salariés c) est inexistante en France 5. Le taux de chômage se calcule a) en faisant le rapport entre le nombre de chômeurs et la population totale (x 100) b) en faisant le rapport entre le nombre de chômeurs et la population active (x 100) c) en faisant le rapport entre le nombre d actifs occupés et la population en âge de travailler (x 100) Exercice 2 Document La «Grande récession» de a représenté un «test de résistance» sévère pour le filet de protection sociale des pays de l OCDE. Dans la plupart des pays, elle a entraîné une forte hausse des taux de chômage et une augmentation du nombre de chômeurs ayant une durée du chômage supérieure ou égale à un an. Au sein de la zone OCDE, les systèmes de protection sociale ont répondu en fournissant un soutien des revenus accru aux chômeurs, mais des lacunes potentiellement importantes sont aussi apparues. Le nombre de chômeurs indemnisés a augmenté dans tous les pays de l OCDE, cette hausse ayant représenté près de 60 % de l augmentation du nombre total de chômeurs. Les dispositifs de «dernier recours», comme l aide sociale, peuvent suppléer aux indemnités de chômage, mais le nombre de bénéficiaires de ces programmes n a augmenté que modérément au regard de la hausse du chômage. Une des leçons à tirer de la crise est que, pendant une période de récession profonde, il pourrait être judicieux d allonger temporairement la durée maximale d indemnisation du chômage, surtout dans les pays où la durée d indemnisation est normalement courte et où les chômeurs de longue durée ont difficilement accès aux prestations de dernier recours. Néanmoins, un tel allongement doit être sérieusement évalué au plan de ses conséquences potentiellement négatives sur les incitations à l emploi et le coût implicite des finances publiques. OCDE 44
44 Questions Pourquoi faut-il augmenter et/ou allonger l indemnisation des chômeurs en cas de récession profonde. Expliquez la phrase soulignée. 45
45 Corrigé des activités Activité 1 Pourquoi peut-on dire qu il existe un marché du travail? On constate qu il existe des demandes d emploi (= offre de travail) et des offres d emploi (= demande de travail). La confrontation de l offre globale (somme des offres individuelles) de travail et de la demande globale de travail (somme des demandes individuelles) devraient permettre de déterminer le salaire et la quantité de travail d équilibre. le marché du travail n est pas en équilibre car il existe un taux de chômage élevé en France aujourd hui. Qui sont les offreurs de travail? les demandeurs de travail (de maind œuvre) Les offreurs de travail correspondent aux demandeurs d emploi (cf. population active ) Les demandeurs de travail (de main-d œuvre) correspondent aux offreurs d emploi (cf. entreprises et administrations) Quels sont les différents types de contrat de travail que vous pouvez recenser (document et connaissances), précisez en les caractéristiques? CDI : (contrat à durée indéterminé) : Contrat de travail qui ne fixe pas un terme à la durée du travail d un individu dans l entreprise ou l administration. CDD : contrat à durée déterminée : forme particulière d emploi due au caractère temporaire du contrat (quelques mois.). Contrat à temps partiel : durée hebdomadaire inférieure à la durée légale (35 heures). Mission d Intérim : Un salarié A (travailleur temporaire ou intérimaire) d une société de travail temporaire B est mis à la disposition (pour un temps normalement limité) d une société C. Le travailleur intérimaire peut être en CDD ou en CDI, à plein-temps ou à temps partiel. Contrat d apprentissage : contrat de travail de type particulier, dont la durée dépend du titre ou diplôme préparé. Sa durée est comprise entre 1 et 3 ans, et peut éventuellement être adaptée en fonction du niveau initial du salarié. Un contrat aidé est un contrat de travail dérogatoire au droit commun, pour lequel l employeur bénéficie d aides, qui peuvent prendre la forme de subventions à l embauche, d exonérations de certaines cotisations sociales, d aides à la formation. Le principe général est de diminuer, par des aides directes ou indirectes, les coûts d embauche et/ou de formation pour l employeur. Ces emplois aidés sont, en général, accessibles prioritairement à des «publics cibles», telles les personnes «en difficulté sur le marché du travail» ou les jeunes. 46
46 Quels sont les déterminants du salaire? Le salaire dépend de multiples facteurs : niveau de qualification, secteur d activité, niveau de responsabilité, ancienneté. Il résulte de négociations (patronat, état et syndicats de salariés) et des rapports de force en vigueur. Si le marché du travail fonctionnait comme les autres marchés, comment serait déterminé le niveau des salaires? Le niveau des salaires résulterait de la confrontation de la confrontation entre l offre de travail et la demande de travail, selon la loi de l offre et de la demande. Activité 2 Rappelez les caractéristiques du marché concurrentiel (cours de première). Atomicité : offreurs et demandeurs sont très nombreux et de petite taille, les agents économiques n ont pas d influence sur les prix (ils sont preneurs de prix c est-à-dire «price maker». Homogénéité : les produits sont identiques et substituables, appliqué au marché du travail, cela signifie que les travailleurs sont interchangeables. Transparence : l information est parfaite, appliqué au marché du travail, cela signifie que travailleurs et employeurs ont une parfaite information du marché. Libre entrée : il n existe aucune barrière institutionnelle ou juridique qui ne s oppose à l entrée et à la sortie de nouveaux concurrents. Mobilité des facteurs : Les facteurs se déplacent vers les rémunérations les plus fortes. Comment fonctionne le marché du travail selon les néoclassiques? Le marché du travail fonctionne comme les autres marchés selon la loi de l offre et de la demande. Qu y échange t-on? le travail À quel prix? taux de salaire réel Activité 3 Pourquoi l offre de travail est-elle une fonction croissante du salaire? Car plus le salaire réel sera élevé plus les individus seront prêts à diminuer leurs loisirs pour travailler. salaire réel (w)p) Représentation graphique de l offre de travail offre de travail quantité de travail (T) 47
47 Activité 4 salaire réel (w)p) Rappeler «la loi des rendements décroissants» Loi des rendements décroissants : loi de la théorie classique selon laquelle la production augmente à un rythme plus faible que celui du facteur variable. (Travail par exemple). Ainsi quand on augmente le nombre des personnes qui travaillent sur des terres en quantité limitée, la production supplémentaire devient de plus en plus faible. Car les terres utilisées sont de moins en moins fertiles. demande de travail quantité de travail (T) Pourquoi la demande de travail estelle une fonction décroissante du salaire réel? Car les entreprises n embauchent que si le travailleur supplémentaire rapporte plus qu il ne coûte. Comme la productivité marginale est décroissante, la demande de travail diminue quand le salaire augmente, il devient trop coûteux d embaucher. Représentation graphique de la demande de travail Activité 5 Que se passe t-il dans une situation de pénurie de main-d œuvre? Dans ce cas, le salaire augmente, engendrant une baisse de l embauche et une hausse de l offre de travail (la rémunération étant alors plus attractive), et ce jusqu au retour à l équilibre. Activité 6 Schéma production marginale salaire réel chômage baisse des salaires Suppression des rigidités Suppression du salaire minimum... plein emploi 48
48 Activité 7 (document 5) Quelles sont les conséquences d une baisse des salaires, en période de chômage pour les néoclassiques? pour Keynes? Pour les néoclassiques, une baisse des salaires devrait permettre le retour à l équilibre. En effet, une baisse des salaires à un double effet : elle diminue le coût de l embauche et augmente ainsi la demande de travail ; et à l inverse en elle baisse l offre de travail car certains travailleurs ne souhaitent plus travailler pour un niveau de salaire jugé trop faible. Pour Keynes, la baisse des salaires entraîne une diminution de la demande, une diminution de la production et donc de l emploi. Les entreprises adaptent en effet le niveau de leur activité à leurs débouchés potentiels. Qu est-ce qui détermine le niveau de l emploi? Pour les néoclassiques : le niveau du salaire réel Pour Keynes : le niveau de la demande effective (consommation, investissement), Keynes raisonnant en économie fermée ne prend pas en compte la demande externe (exportations). Donnez des exemples de mesures de politiques économiques de relance de la demande monétaire et budgétaire. Politique monétaire : baisse des taux d intérêt, baisse du coût de l emprunt, hausse de la consommation et de l investissement, hausse de la demande globale, hausse de la production et de l emploi. Politique budgétaire : hausse des investissements publics, hausse de la demande globale, hausse de la production et de l emploi. Activité 8 Intégrez les données de 1975 et 2011 dans une phrase. En 1975, 3,5 % de la population active était au chômage contre 9,7 % en Le taux de chômage a ainsi été multiplié par 2,8 sur la période. Comment a évolué le chômage de France sur la période? Cette forte hausse du chômage est cependant irrégulière. On constate quelques périodes de baisse : fin des années 80, début des années 2000, mais il reste à un niveau élevé et repart à la hausse depuis la crise économique de Activité 9 Qu est-ce que le capital humain? capital humain : ensemble des connaissances et des compétences valorisables sur le marché du travail (formation initiale, continue, expériences ) Pourquoi certains individus ont intérêt à poursuivre leurs études et d autres pas? Seuls les élèves les plus doués ont intérêt à poursuivre leurs études, car ils pourront facilement les rentabiliser sur le marché du travail. Ceux qui ont des difficultés ont intérêt à y rentrer plus vite. 49
49 Quelle hypothèse de concurrence pure et parfaite du marché du travail cette théorie remet-elle en cause? L hypothèse d homogénéité du facteur travail. Activité 10 Quelle hypothèse du modèle néoclassique de base est-elle remise en cause ici? La transparence de l information. Les individus à la recherche d un emploi ne disposent pas d une information parfaite des postes disponibles et de leurs caractéristiques Comment cette analyse explique t-elle la dimension frictionnelle du chômage? Les individus doivent prendre du temps pour «prospecter» de manière à obtenir le poste le pus proche de leurs compétences et exigences. Pourquoi peut-elle être considérée comme volontaire? Car les individus pourraient accepter le premier emploi trouvé, mais il préfère prendre du temps dans l espoir d obtenir un «meilleur poste». Activité 11 Qu est-ce que le salaire d efficience? Un salaire supérieur au salaire d équilibre (du marché). Pourquoi les employeurs peuvent avoir intérêt à payer leurs salariés à un niveau supérieur au salaire du marché? Pour attirer les travailleurs les plus productifs et/ou inciter les travailleurs à maximiser leurs efforts. La théorie du salaire d efficience remet en cause quelle hypothèse du modèle néoclassique de base? La transparence de l information. Activité 12 Qu est-ce qu une norme sociale? Une norme sociale est règle implicite ou explicite prescrite par la société. Les normes sociales évoluent avec les mœurs et doivent être acceptées par les membres qui composent la société, elles sont socialement construites. En quoi le salaire est-il une norme sociale? Le salaire définit en partie le statut social, il est la traduction de la reconnaissance sociale. Le salaire est issu de la répartition primaire des revenus qui doit être acceptée car socialement juste. Qu est-ce que le SMIC? Comment évolue t-il? Le SMIC est le salaire minimum interprofessionnel de croissance. Il varie en fonction. Activité 13 Comment sont négociés les salaires dans les entreprises françaises? Les partenaires sociaux [représentants des salariés (syndicats ou délégués du personnel) et employeurs) doivent négocier chaque année 50
50 sur les salaires et les conditions de travail (lois «Auroux», 1982 dans un cadre général défini par le droit du travail. Cette obligation s établit aux Deux niveaux : les accords de branches (75 % des salariés) et les accords d entreprise (25 % des salariés). Activité 14 Comment l État peut-il intervient-il dans la fixation des salaires? - En fixant le salaire minimum (ex SMIC) en France - En influençant les négociations collectives. - En fixant des règles dans le cadre de ces négociations. Activité 15 Montrez, à travers cet exemple (document 13) que les négociations salariales sont le résultat de rapports de force. Cet exemple montre que les partenaires sociaux ont des intérêts divergents concernant la fixation des salaires. Les salariés de l usine française de Ferrero ont lancé un mouvement de grève. Ils revendiquent une augmentation salariale de 90 euros par mois et par personne. L entreprise a fait une contre proposition que les syndicats ont refusée estimant que la hausse salariale proposée ne permettait pas l augmentation du pouvoir d achat. La production est donc à l arrêt. La poursuite du mouvement de grève pourrait déboucher sur une pénurie de produits chocolatés et obliger l employeur à fléchir. Activité 16 Donnez la signification précise des données soulignées (en gras) D après l INSEE, en 2011, 23,7 % des femmes actives de 15 à 24 ans étaient au chômage. D après l INSEE, en 2011, 6,4 % des hommes actifs de plus de 49 ans étaient au chômage. Pourquoi peut-on affirmer que le chômage est un phénomène inégalitaire? On peut affirmer que le chômage est un phénomène inégalitaire car les femmes et les jeunes sont beaucoup plus touchés par le chômage que les autres catégories. Ainsi, en 2007, le taux de chômage des femmes était de plus d un point de pourcentage supérieur à celui des hommes, et le taux de chômage des jeunes était plus de deux fois supérieur à la moyenne. Activité 17 Donnez la signification du nombre souligné D après l INSEE, fin 2009, 63,7 % des personnes âgées entre 15 et 64 ans avaient un emploi en France. Activité 18 Donnez la signification précise des données soulignées. D après l INSEE, en France, en 1990, 3,8 % des emplois étaient de contrats à durée limitée. D après l INSEE, en France, en 2009, 11 % des actifs occupés étaient indépendants. 51
51 Comment a évolué la précarité de l emploi entre 1990 et 2009? La précarité a fortement augmenté, ainsi entre 1990 et 2009, la part des emplois précaires a doublé passant de 5,8 % à 11,2 % de l emploi total. Activité 19 Quels sont les objectifs des politiques de l emploi? Inciter à la création à l emploi et sauvegarder les emplois existants favoriser la rencontre entre les offres et les demandes d emploi Recensez les différents dispositifs des politiques de l emploi mises en place en France. Soutien de la création d emplois (subventions, exonérations, réglementations spécifiques) Rapprochement des offres et demandes d emploi (amélioration de l intermédiation du marché du travail et les modalités d indemnisation) Amélioration de la formation des chômeurs et/ou incitation monétaire pour faciliter le retour à l emploi. Quels dispositifs privilégient les nouvelles politiques de l emploi en France? Dispositifs d activation par des incitations monétaires Dispositifs d accompagnement des demandeurs d emploi. Activité 20 À quoi correspond le coût du travail? Le coût du travail (ou coût salarial) est constitué de toutes les dépenses induites par l utilisation du facteur travail dans l entreprise. Il comprend le salaire brut (avec les primes, les congés payés et les cotisations sociales à la charge des salariés) et les cotisations sociales patronales. Pourquoi la baisse des cotisations patronales n a pas d impact sur le pouvoir d achat des salariés. Car ce sont des charges payées par l employeur et non le salarié. Pourquoi ces politiques d allégement des cotisations sociales concernent-elles les moins qualifiés? Car ce sont les travailleurs qui sont le plus souvent au chômage, notamment longue durée. Quel est l effet attendu d une baisse des cotisations sociales sur les emplois peu qualifiés? Une hausse des emplois non qualifié et in fine une baisse du chômage des travailleurs les moins qualifiés L emploi a-t-il évolué comme prévu suite à ces mesures? Oui, l emploi non qualifié a augmenté depuis 1993 Pourquoi les travailleurs les moins qualifiés n ont-ils pas profité pleinement de ces mesures? Non, ce sont les travailleurs plus qualifiés qui ont profité de ces mesures et de la hausse des emplois non qualifiés en contrepartie d un déclassement. 52
52 Activité 21 Quelles sont les mesures de relance de la consommation que vous pouvez recenser? Prime à la casse Même question concernant l investissement? Mesures fiscales en faveur des entreprises Quels ont été les effets positifs sur l emploi? Ces mesures ont permis une hausse de la demande qui a entraîné un effet positif sur la production et donc l emploi Les limites. Ce plan expliquerait une hausse du PIB de 0,5 point pour un coût pour l État très élevé (1,4 % du PIB). La relance a été insuffisante pour contrecarrer la conjoncture économique. Activité 22 Replacer ces exemples dans le tableau ci-dessus. CDD, Heures supplémentaires, Diminution du coût du travail des employés les moins qualifiés, sous-traitance, prime au rendement et/ou aux résultats.intérim, Stage de formation, travail saisonnier, temps partiel, annualisation. Flexibilité quantitative : faire varier la quantité de travail en fonction des besoins de l entreprise Flexibilité salariale : Flexibilité fonctionnelle : adapter la main-d œuvre aux évolutions économiques et sociales Externe Ajuster la quantité de travail aux besoins de l entreprise en ayant recours à une main-d œuvre extérieure à l entreprise pour une durée limitée Exemples CDD, intérim, travail saisonnier, Externalisation Transférer sur d autres activités certaines tâches ou activités productives Moduler les rémunérations en fonction de la rentabilité des entreprises ou des performances individuelles Mobilité professionnelle Améliorer la polyvalence par une politique de formation et une adaptation aux équipements euxmêmes plus flexibles. La mobilité du travail est organisée au sein de l entreprise ou du groupe. Interne Ajuster le nombre d heures de travail aux variations de la conjoncture Exemples Heures supplémentaires, temps partiel, annualisation Exemples : sous traitance Exemples : Diminution du coût du travail des employés les moins qualifiés Prime au rendement et/ou aux résultats. Exemples Stage de formation 53
53 Activité 23 Dans le modèle Danois des années 90, précisez ce qui relève de «la flexibilité» grande facilité de licenciement (préavis court, pas de modèle unique de contrat de travail, pas de salaire minimum, pas d encadrement du droit de grève) Dans le modèle Danois des années 90, précisez ce qui relève de «la sécurité» Indemnisation longue et généreuse (90 % du salaire sans dégressivité pendant 4 ans) Accompagnement pour le retour à l emploi (aide médicale, psychologique, aide à la recherche d emploi dans laquelle le chômeur doit s engager : ainsi, pendant les 6 premiers mois, un chômeur danois doit obligatoirement suivre un stage en entreprise ou des formations (c est la condition des indemnités) Taux de syndicalisation (80 %) Activité 24 Quel est la limite des minimas sociaux? La «trappe à chômage» : les chômeurs peuvent ne pas avoir d intérêt financier à accepter un travail dont le montant de rémunération est inférieur ou trop proche des aides sociales qu ils reçoivent. Avec la montée du chômage dans les années 70, quelles sont les politiques de l emploi qui vont être privilégiées? Mesures spécifiques d emploi pour accompagner les transformations structurelles Indemnisation des chômeurs Création des contrats aidés et mises en place de mesures d exonérations de charges sociales pour favoriser l embauche Politique de formation pour améliorer la qualification des chômeurs et donc leur employabilité. Quel est l intérêt du RSA? D inciter au retour à l emploi en rendant le travail rentable. 54
54 Exercice d auto-évaluation Chapitre 1 Exercice 1 Exercice 2 Complétez le texte ci-dessous les auteurs néoclassiques considèrent que la demande de travail des entreprises (c est-à-dire le niveau de l emploi), i résulte de la comparaison entre la productivité marginale (c est-à-dire la production additionnelle résultant de l embauche d un travailleur supplémentaire) e et le niveau du salaire réel. Tant que la productivité marginale est supérieure au salaire réel, l entreprise a intérêt à embaucher puisque le travailleur additionnel rapporte plus qu il ne coûte. Pour un niveau de productivité donné, l emploi est donc déterminé par le niveau du salaire réel. Plus celui-ci est élevé, moins la demande de travail est forte et plus le chômage est élevé. Complétez le texte ci-dessous : Keynes réfute l analyse néoclassique du marché du travail qui affirme que la baisse du salaire réel va encourager l embauche et automatiquement rétablir le plein-emploi. Il oppose à cette approche de l offre, une logique de la demande. La demande effective (ou anticipée) est son concept clé. Elle est constituée de l anticipation par les entrepreneurs de la consommation future et de l investissement t probable des entreprises. Le volume de l emploi découle automatiquement des calculs de l entrepreneur qui ajuste ses plans de production à ses anticipations de la demande. Bref, le volume de l emploi ne dépend pas directement du niveau du salaire réel. Chapitre 2 Exercice 1 Exercice 2 1 a, 2 b, 3 b, 4 ab, 5 b Questions Pourquoi faut-il augmenter et/ou allonger l indemnisation des chômeurs en cas de récession profonde. En cas de crise profonde, les difficultés pour trouver ou retrouver un emploi augmentent et la durée du chômage s allonge. Certains chômeurs peuvent se retrouver en fin de droits et le risque de basculer dans l extrême pauvreté et /ou l exclusion devient très important pour un nombre croissant d individus. C est la cohésion sociale qui est alors mise à mal. Expliquez la phrase soulignée. Le fait d augmenter et/ou d allonger l indemnisation des chômeurs a cependant un coût économique important pour l État et peut désinciter certains chômeurs à accepter un emploi qu il trouverait trop peu rémunérateur. 55
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