SCHEMA DIRECTEUR POUR LE DEVELOPPEMENT DES FILIERES DE L ELEVAGE AU CAMEROUN
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- Marie-Anne Robert
- il y a 9 ans
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1 République du Cameroun Paix Ŕ travail - Patrie Ministère de l Elevage, des Pêches et des Industries Animales SCHEMA DIRECTEUR POUR LE DEVELOPPEMENT DES FILIERES DE L ELEVAGE AU CAMEROUN VOLUME II: CARTOGRAPHIE DES FILIERES Novembre
2 LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS Carte du Cameroun Résumé exécutif Chapitre 1 : Introduction Chapitre II: Cartographie de la filière avicole I. Résumé analytique II. Situation de la demande III. Offre et coûts de production IV. Contraintes et perspectives Chapitre 1 : Cartographie de la filière lait I. Résumé analytique II. Situation de la demande III. Offre et coûts de production IV. Contraintes et perspectives Chapitre 1 : Cartographie de la filière porcine I. Résumé analytique II. Situation de la demande III. Offre et coûts de production IV. Contraintes et perspectives Table des matières Chapitre 1 : Cartographie de la filière bovins/viande petits ruminants I. Résumé analytique II. Situation de la demande III. Offre et coûts de production IV. Contraintes et perspectives Chapitre 1 : Cartographie de la filière Elevage Non conventionnel I. Résumé analytique II. Situation de la demande III. Offre et coûts de production IV. Contraintes et perspectives Chapitre 1 : Conclusions Annexes 2
3 Liste des abréviations et des acronymes AFD AGROCOM APICA AsA ASPPA CAMCCUL CAMRAIL CAMSUCO CEMAC CENEEMA CFR CICC CNRCIP COOPEC CRA CVECA DEPA DSCN DSDSR DSRP ECAM ENIR ENSA FAO FASA FIMAC FONDAOR GIC GICA HEVECAM IITA IMF INADES IRAD LANAVET MC² MIDENO MIDEVIV MINADER MINCOMMERCE MINEE MINTP MINEFI MINEP MINEPIA MINFOF MINIMIDT MINPLAPDAT MINPMEESA MINPROFF MINRESI ONCC ONG ONVC Agence Française de Développement Agriculture Agro-Industrie et Communication Association pour la Promotion des Initiatives Communautaire Accord sur l agriculture Appui aux Stratégies Paysannes et à la Professionnalisation de l Agriculture Cameroon Cooperative Credit Union League Société des chemins de fer du Cameroun Cameroon Sugar Compagny Communauté Economique et Monétaire de l Afrique Centrale Centre d Etude et d Expérimentation du Machinisme Agricole Centre de Formation Rurale Comité Interprofessionnel café cacao Cameroon National Root Crops Improvement Program Coopératives d'epargne et de Crédit Collège Régional d Agriculture Caisses Villageoises d Epargne et de Crédit Autogérées Division des Etudes et des Projets Agricoles Direction de la Statistique et de la Comptabilité Nationale. Document de Stratégie de Développement du Secteur Rural Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté Enquête Camerounaise Auprès des Ménages Ecole Nationale des Instituteurs Ruraux Ecole Nationale Supérieure Agronomique Organisation des Nations Unies pour l Alimentation et l Agriculture Faculté d Agronomie et des Sciences Agricoles Fonds d Investissement de Micro-Réalisations Agricoles et Communautaire Fonds national d Appui aux Organisations Rurales Groupe d Initiative Commune Groupe d Initiative Commune Agricole Hévéa du Cameroun International Institute for Tropical Agriculture Institution de Micro-Finance Institut Africain pour le Développement Economique et Social Institut de Recherche Agronomique et du Développement Laboratoire National Vétérinaire Mutuelle Communautaire de Croissance Mission de Développement du Nord-Ouest Mission de Développement des Cultures Vivrières Ministère de l Agriculture et du Développement Rural Ministère du Commerce Ministère de l Eau et Energie Ministère des Travaux publics Ministère de l Economie et des Finances Ministère de l Environnement et de la Protection de la Nature Ministère de l Elevage des Pêches et des Industries Animales Ministère des Forêts et de la Faune Ministère de l Industrie, des Mines et du Développement Technologique Ministère de la Planification, de la Programmation du Développement et de l Aménagement du Territoire Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l Economie Sociale et de l Artisanat Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille Ministère de la Recherche Scientifique et de l Innovation Office National de Café Cacao Organisation non Gouvernementale Ordre National des Vétérinaires Camerounais 3
4 OPA OPCC OTC PDHCA Organisation Professionnelle Agricole Organisation des Producteurs de Coton du Cameroun Obstacles Techniques au Commerce (Accord sur les) Projet de Développement Halieutique Communautaire de l Atlantique PFNL PIB PME PNVRA PNGE PPTE PR PRASAC PST SBM SEMRY SFD SIFAC SOCAPALM SODECOTON SODEPA SOWEDA SNRA SNV SPNP SPS UFA UNVDA. UPAC Produits forestiers non ligneux Produit Intérieur Brut Petites et Moyennes Entreprises Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole Programme National de Gestion de l Environnement Pays Pauvres Très Endettés Petit Ruminant Pôle de Recherche Appliquée au Développement des Savanes d'afrique Centrale Plan Sectoriel des Transports Société Bananeraie de la Mbomé Société d Expansion de Modernisation de la Riziculture de Yagoua Systèmes Financiers Décentralisés Syndicat Interprofessionnel de la Filière Avicole Camerounaise. Société Camerounaise des Palmeraies Société de Développement du Coton. Société de Développement et d Exploitation des Productions Animales South West Development Authority Système National de la Recherche Agricole Service Néerlandais de Volontariat Société des Plantations Nouvelles de Penja Accord sur l application des mesures sanitaires et phytosanitaires. Unités Forestières d Aménagement Upper Noun Valley Development Authority Union phytosanitaire d'afrique Centrale 4
5 Carte du Cameroun BASSIN D INTENSIFICATION DE LA PRODUCTION PORCINE 5
6 PRÉFACE Avec la flambée des prix des denrées alimentaires de base, (blé, sucre, lait et viande notamment), la balance commerciale du Cameroun est soumise à rude épreuve avec des hémorragies de devises pour importer, bien que de moins en moins, des produits toujours plus chers. Au delà de ces impacts économiques négatifs, les importations comportent parfois aussi des menaces graves pour la santé publique à travers la consommation de produits ailleurs prohibés, mais frauduleusement déversés dans les pays démunis de systèmes de contrôle adéquats : viande à dioxine, lait frelaté, etc. De plus, le secteur des productions animales se retrouve aussi accablé par des épizooties diverses et redoutables : hier la peste et la péripneumonie bovines, la peste porcine africaine, et tout dernièrement la grippe aviaire avec à présent le spectre de la grippe porcine rebaptisée grippe A. Des sources proches de l Institut National de la Statistique, en 2007, le Cameroun a importé plus de 2 millions de tonnes de produits alimentaires pour un montant de plus de 782 milliards de F CFA dont 80 milliards pour les produits animaux pour tonnes importées. De même dans le contexte actuel de changement climatique qui menace toutes les agricultures du monde, avec des réorientations stratégiques qui se dessinent notamment la production de biocarburant, il convient d adopter et de mettre en œuvre des politiques résolues de souveraineté alimentaire. Il est en effet inacceptable de se maintenir dans un schéma de dépendance alimentaire en continuant d importer ce que l on est en mesure de produire soi-même! Cela est du reste aberrant quand, au demeurant, l on peut même être compétitif! Cependant, les Politiques et Stratégies sectorielles menées pendant plusieurs années pour promouvoir le développement de l élevage en vue de satisfaire les besoins nationaux en produits animaux et améliorer les revenus des producteurs, n ont pas donné tous les résultats escomptés à la hauteur des espérances. Malheureusement, c est même le contraire qui s est produit. Les productions animales connaissent une chute drastique. Le déficit en produits animaux est devenu encore plus important. Le sous-secteur demeure encore peu connu et sous exploité. Des solutions pratiques et opérationnelles restent toujours attendues pour répondre, de façon précise, aux besoins des acteurs y intervenant. Cette situation préoccupante mobilise aussi bien le Gouvernement que ses partenaires au développement et nécessite des mesures adaptées, synergétiques et surtout de consensus pour mieux orienter, planifier et coordonner la mise en œuvre concrète des actions définis. L élaboration d un Schéma Directeur de développement des filières d élevage au Cameroun, s inscrit ainsi dans la volonté du gouvernement de faire jouer au sous secteur de l élevage un rôle de premier plan dans la lutte contre la pauvreté, la croissance économique et l atteinte des objectifs de développement du millénaire (ODM). Il s agit à travers un processus concerté mis en place, de réconcilier les politiques, les acteurs du secteur de l élevage et les consommateurs, dans une dynamique authentique, à la recherche du bien être de la population toute entière. Au-delà d un processus purement interne au pays, il est question d une quête de positionnement international. A ce titre, le Schéma directeur des filières d élevage s inscrit bien dans le cadre de la vision du pays à l horizon 2035 «faire du Cameroun un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité» Le processus mis en place pour élaborer le présent Schéma Directeur, se devait donc de faire appel à la participation active de tous les acteurs concernés notamment les Associations d éleveurs, les associations de consommateurs, les services techniques d encadrement, les autres départements ministériels concernés par l élevage. Il s agira ensemble de mettre en évidence les points forts et les points faibles de chacune de ces filières animales, afin d identifier non seulement des mesures à prendre dans les domaines des politiques et des stratégies, mais aussi des programmes pertinents capables de renforcer les aspects positifs, faire disparaître les contraintes, développer des synergies entre intervenants et rendre possible le développement local souhaité par les plus hautes autorités du pays. Ce Schéma Directeur, fruit de la concertation entre tous les acteurs concernés, va constituer un véritable outil d orientation, de coordination et de négociation entre les mains des différents acteurs (éleveurs, commerçants, prestataires de service, consommateurs, Collectivités décentralisées, État et partenaires au développement) qui disposent ainsi d un cadre de référence et d actions au niveau national pour impulser les initiatives de développement et les interventions futures dans le domaine de l élevage. 6
7 Il s agira maintenant de prendre toutes les dispositions utiles pour la mise en œuvre effective du Schéma Directeur. Dans cette perspective, la mise en place imminente d un mécanisme de mise œuvre qui sera dotée d une cellule légère, souple et efficace, va constituer pour mon département une des premières priorités pour bien marquer notre volonté politique inébranlable pour promouvoir le développement des filières de l élevage au Cameroun. Le Ministère de l Elevage de la Pêche et des Industries animales remercie particulièrement la FAO pour son assistance technique et financière et l ensemble des partenaires techniques et financiers qui ont soutenu activement le processus d élaboration de ce Schéma Directeur pour le développement des filières de l élevage mis en place par mon Département ministériel. Dr ABOUBAKAR Sarki Ministre de l Elevage, des Pêches et des Industries animale 7
8 Résumé exécutif Les filières de l élevage et des industries animales sont confrontées aux principales contraintes majeures suivantes : 1. Contraintes communes à chacune des cinq filières (5) Les contraintes sanitaires insuffisance de la couverture sanitaire et persistance des maladies infectieuses et parasitaires à fortes incidences économiques ; système peu efficient de surveillance des maladies animales (séro-épidémiosurveillance ; Existence des menaces des épizooties aux frontières à cause des problèmes persistants dans les pays voisins ; insuffisance des réseaux de distribution des médicaments et des produits à usage vétérinaire ; introduction de faux produits vétérinaires à partir des frontières ; absence d un laboratoire de contrôle des médicaments vétérinaires ; insuffisance d un personnel technique pouvant suivre les évolutions technologiques autant que les risques sanitaires émergeants ; retard dans la mise en œuvre du mandat sanitaire et l installation des vétérinaires en clientèle privée ; absence de crédits appropriés pour l installation de nouveaux vétérinaires. Les contraintes liées à la conduite des animaux (alimentation, abreuvement, ) dégradation des parcours ; précarité du statut foncier des éleveurs ; sécheresses successives ; prix prohibitifs des sous-produits agro-industriels ; réseaux des points d abreuvement insuffisants et facilement tarissables ; déficit en produits céréaliers (maïs) pour l alimentation animale. Les contraintes organisationnelles et managériales exploitation et gestion traditionnelles des troupeaux inadaptées aux mutations ; faible productivité des animaux ; pléthore d animaux dans les troupeaux ; thésaurisation des animaux ; taux de consanguinité élevé dans les élevages ; difficultés de mise en place des groupements et associations d éleveurs ; systèmes d élevage et facteurs socio culturels pas toujours favorables à la structuration ; Les contraintes de financement absence de mécanismes appropriés de financement ; absence de banques spécialisées au financement de l élevage ; taux d intérêt élevé des banques commerciales ; Les contraintes liées au cadre global de la production et à l environnement des affaires dans le secteur Absence de textes législatifs et réglementaires protégeant de manière spécifique les différents acteurs du secteur ; Existence d une pléthore de tracasseries s exerçant sur les acteurs et les activités du secteur ; Cadre des affaires peu sécurisant en termes techniques (aléas) et spécifiquement sécuritaires. 2. Les contraintes spécifiques à chacune des filières Les problématiques de la filière avicole 8
9 Le principal handicap reste l envahissement du pays par des coupes de poulets importées à l état congelé, conséquence des coûts de production domestique élevés, en l occurrence ceux afférents aux intrants. D un autre côté, les besoins en céréales, notamment en maïs sont également importants quand ont sait que pour produire tonnes de viande de poulet dans les cinq années à venir il faudrait au moins tonnes de maïs en élevage intensif, pour produire 100 Kg de chair de poulet, il faut environ 250 Kg d aliments (essentiellement du maïs). Les problématiques de la filière laitière Une faible performance du matériel génétique local et une dégénérescence du matériel existant ; Une dégradation progressive et dangereuse des parcours naturels ; Des initiatives gouvernementales généralement régionalisées ; Une faible adoption des innovations malgré une recherche agronomique et zootechnique dynamique ; Un état sanitaire peu maîtrisé ; Les problématiques de la filière porcine La Peste Porcine Africaine sévit à l état endémique ; Existence d une pléthore d autres maladies non contrôlées telles que : o la grippe de porc, o la maladie d Aujezky, o la gastro-entérite transmissible, o la stomatite vésiculeuse, o l encéphalomyélite virale, o l éperythrozoonose (causée par une rickettsie), o la dysenterie, o la pasteurellose, o la tuberculose, o les salmonelloses Caractère sommaire des élevages et les conditions d hygiène déplorables ; L élevage se pratique encore et majoritairement comme une activité de survie avec des investissements insignifiants ; Absence de formation des éleveurs. Les problématiques de la filière viande bovine et petits ruminants Accès difficile au foncier pastoral ; absence d un plan concerté de l espace agro-sylvo-pastoral et d une législation foncière appropriée ; Gestion déficiente de la transhumance et recours persistants aux feux de brousse ; Infestation des pâturages par les mauvaises plantes et les parasites ; Conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs ; Recrudescence du phénomène des coupeurs des routes. on note des difficultés d accès aux grands marchés du sud situés à quelques 1 000km des centres de production. Ceci est due aux tracasseries policière et douanières (de l Administration) pour les transporteurs par camions, il y a un nombre insuffisant des wagons mis à la disposition des commerçants par le CAMRAIL ; pour ce qui est des marchés à bétail, il manque des infrastructures sur les marchés : clôtures pour contenir les animaux et favoriser la constitution des lots, des infrastructures de contrôle des entrées et des sorties, les points d abreuvement, les points d embarquement, et les aires de pâture ; on note une insuffisance de contrôle sanitaire et l observation des marchés, cette fonction n est pas bien assurée par les agents du MINEPIA ; le mode de paiement au comptant des animaux au marché n est pas très adapté : le paiement à crédit fait courir aux producteurs ou aux intermédiaires un risque évident. Ce risque est le plus souvent couvert par une différence de prix considérable entre le paiement comptant et le paiement à crédit ; il ya une présence d un grand nombre d intermédiaires de vente sur les marchés : bien qu interdits par la réglementation, les intermédiaires, appelés sakaïna, continuent à exercer leur fonction dans les marchés. on note une chute des effectifs abattus dans les grands abattoirs de Yaoundé et de Douala qui fonctionnent très en dessous de leur capacité ; en ce qui concerne les infrastructures d abattage, on note leur vieillissement et cet état constitue une charge importante pour la direction de la SODEPA ; le traitement des déchets n est pas bien assuré malgré un début de valorisation de certains déchets tels que le sang dans l abattoir de Yaoundé. le statut de ces abattoirs ne garantit pas une bonne gestion, car ils sont paraétatiques. 9
10 le transport des carcasses ne garantit pas la bonne qualité des viandes car celui-ci se fait à l aide des camionnettes non spécialisés ; On note une déficience des points de vente qui sont des petits comptoirs dans les quartiers résidentiels en bordure des routes ou dans les différents marchés, ce qui ne garantit pas une bonne qualité des produits. Absence d industries de transformation de la viande et des produits dérivés. Les problématiques de la filière des élevages non conventionnels L analyse de l état actuel du potentiel faunique a révèlé un déclin général et même dans bien des cas, une raréfaction voire la disparition totale de certaines espèces du territoire national. Malgré ce constat de réelle menace qui pèse sur la faune sauvage, plusieurs espèces peuvent encore faire l'objet d une valorisation et contribuer ainsi à combler le déficit alimentaire en termes de protéines animales. Parmi ces espèces certaines offrent des perspectives intéressantes en matière d élevage en captivité (aulacodes, cobayes, escargots, grenouilles, rats, cailles autruches, crocodiles, tortues, entre autres). Il serait donc utile d'approfondir les études qui permettront de les mettre en valeur en s'appuyant sur les principes et exigences d'une utilisation durable des ressources naturelles renouvelables. L élevage en captivité ou en ranch de plusieurs de ces espèces, du reste autorisé, est aujourd hui maîtrisé dans de nombreux pays à travers le monde. Donc bien de technologies peuvent être importées si elles peuvent être appliquées au contexte camerounais. 3. Le coût de production des différentes viandes au Cameroun Type de viande / provenance Coût de production moyen de viande au Kilogramme (Francs CFA) Poulets Elevage de case 465 Poulailler traditionnel 665 Elevage semi intensif à production intermittente 950 Viandes rouges (Bovins et petits ruminants) Elevage semi intensif régulier 835 Bovins 1300 Ovins 1600 Caprins 1600 Porc Elevage traditionnel ND Elevage familial 1100 Elevage semi intensif «moderne» 1500 Viandes non conventionnelles Aulacodes 3000 Cobayes 2500 Escargots 4000 Cailles
11 CHAPITRE UN INTRODUCTION Le Cameroun a connu plusieurs plans, programmes et schémas directeurs. Les stratégies les plus pertinentes pour le développement de l élevage existent. Le problème maintenant est de trouver des solutions pratiques aux questions que se posent aujourd hui les différents acteurs concernés. Il s agit à travers une approche nouvelle de permettre aux différents acteurs concernés (État, partenaires au développement, secteur privé, organisations paysannes, associations de consommateurs) de s entendre sur la situation actuelle de l élevage, ensuite de se mettre d accord sur une vision du secteur et sur des objectifs précis à atteindre à court, moyen et long termes ainsi que sur les moyens à mettre en œuvre afin de concrétiser cette vision commune. Pour mieux traduire cette vision commune dans les faits, le processus d élaboration du Schéma Directeur pour le développement des filières de l élevage s est basé sur la méthode dite de consultation, de concertation et de participation des acteurs concernés sur la base d un diagnostic précis de la situation actuelle de l élevage au Cameroun et à partir des analyses fines effectuées par des consultants nationaux spécialistes sur chacune des cinq principales filières de l élevage retenues à savoir : la filière Avicole, la Filière Lait, la Filière Porc, la Filière Bétail- Viande, la Filière Elevages Non Conventionnels. L analyse des filières utilisée comme méthode dans cet exercice a été associée à des outils de prévision et de planification économiques. La filière retrace ainsi la succession des opérations qui, partant en amont d une matière première (ou d un produit intermédiaire) aboutit en aval, après plusieurs stades de transformation et/ou de valorisation à un ou plusieurs produits finis au niveau du consommateur. Plus précisément, on entend par filière «l ensemble des agents (ou fraction d agents) économiques qui contribuent directement à la production, puis à la transformation et à l acheminement jusqu au marché de réalisation d un même produit agricole (ou d élevage)»1. En effet à travers une filière, il est possible de remonter du plus petit agent à l Etat par le biais d une succession de bilans. L idée directrice de l analyse économique des filières est de «mettre à plat» l ensemble des activités de différents acteurs, de repérer les flux qui relient les agents entre eux, de quantifier les opérations observées, d apprécier les comportements associés à la prise de décision et de pouvoir influencer les stratégies des uns et des autres pour atteindre des objectifs prédéfinis de politique. Le Schéma Directeur a été élaboré en deux volumes : Le premier Volume est le Document principal qui se présente de la manière suivante : 1 G ; Duruflé, P ; Fabre, J. M. Yung. Les effets sociaux et économiques des projets de développement rural : manuel d évaluation, Ministère de la Coopération,
12 1. une première partie qui présente une synthèse du diagnostic de la situation actuelle de l élevage au Cameroun (état des lieux) renforcé par des statistiques actualisées et des études technico-économiques effectuées. 2. une deuxième partie qui propose des orientations stratégiques ainsi que des stratégies opérationnelles tenant compte des leçons tirées des stratégies précédemment utilisées. 3. enfin une troisième partie qui présente des programmes prioritaires à compléter au moment de la mise en œuvre. Quant au Volume II, il présente la cartographie de chacune des 5 filières retenues à savoir : 1. Cartographie de la filière avicole 2. Cartographie de la filière lait 3. Cartographie de la filière lait 4. Cartographie de la filière lait 5. Cartographie de la filière lait 12
13 CHAPITRE DEUX CARTOGRAHIE DE LA FILIERE AVICOLE La filière avicole tout au moins dans sa branche moderne est relativement la mieux structurée des cinq filières retenues comme indiqué dans l encadré. 1. Encadré N 4 : Résumé analytique Pour une contribution totale estimée à moins d 1% du PIB, le secteur de la viande de volaille ne représente pas un pilier de l économie camerounaise. Il demeure cependant une composante de sécurité alimentaire et une source de revenus agricole non négligeable. Le secteur génère un bénéfice net annuel estimé à environ 15 milliards de Francs CFA et couvre 14% des besoins de la population en protéines animales. La filière avicole au Cameroun peut être considérée comme la mieux structurée du sous secteur de l élevage. Il existe en effet des maillons bien identifiés tout au long du circuit économique des produits de la filière. Cependant en dehors de quelques produits dominants (poulets de chair et œufs,) cette filière est très peu diversifiée. L analyse fonctionnelle de la filière révèle deux sous ensembles qui opèrent en parallèle : le volet dit moderne et l élevage des races locales. Dans le volet moderne, on note la présence de quelques regroupements de fonctions majeures au niveau de certains agents, faisant ainsi place à des oligopoles (approvisionnement en matériel génétique et intrants divers). La filière, souffre encore d une forte segmentation du marché et des conditions de mise en marché et de distribution des produits très rudimentaires. Le volet traditionnel quant à lui, demeure peu suivi et exposé aux fléaux basiques tels que la maladie de Newcastle qui décime encore une large proportion de la production. Pour combler le déficit annuel en viande de volaille qui est estimée aujourd hui à tonnes et qui sera de tonnes en 2 015, il faudrait un apport supplémentaire de 24 millions de volailles sur pied, avec un accroissement annuel de 1,2 millions de têtes par an, l objectif étant de ne pas recourir aux importations. Trois axes semblent constituer les orientations majeures pour l avenir dans cette filière : (a)l appui à la production à travers la promotion du matériel génétique de qualité, la diversification des espèces et la promotion des modèles d élevage performants ;(b) L amélioration du cadre partenarial entre les différents acteurs et, (c) La promotion des conditions et des normes de mise en marché des produits pour réduire les coûts de transaction encore très élevés. 1. Situation de la demande en produits avicoles Selon les enquêtes budget/consommation de l INS, chaque camerounais consomme par an 4,1 kg de viande de volaille et 0,95 Kg d œuf. La population étant estimée à habitants, la consommation totale peut être 13
14 estimée à tonnes de viande de volaille et tonnes pour les œufs. Selon la FAO et la Banque Mondiale, il faut s attendre à une augmentation de la demande de 4,7% d ici En considérant une hypothèse pessimiste de stagnation de la production nationale, on obtiendrait les résultats ci-après : (Tableau No 7) Tableau N Tendances évolutives de la consommation de viande de volaille et d œufs de 2008 à 2015 Années Population Production nationale (tonnes) Niveau demande nationale (tonnes) de Viande Œuf Viande Œufs Viande Œuf Viande Œuf Viande Œuf Viande Œuf Viande Œuf Viande Œuf Viande Œuf Déficit (tonnes) Excédent (T) Viande Œufs N.B : Les estimations de la demande ont été faites en prenant en compte deux hypothèses : les mesures de protection et de régulation actuelles sont maintenues ; une évolution des prix sur le marché national équivalente aux projections faites par la FAO et l Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCED) sur l évolution des prix internationaux des deux facteurs les plus déterminants dans le prix du poulet au Cameroun. Les prix du maïs et du poussin d un jour seront en corrélation avec l évolution de l offre et de la demande internationale en viande de volaille qui influence le prix des poussins parentaux sur le marché international. La figure ci-après montre l évolution des importations de viandes de volaille entre 2001 et 2008 N.B A partir de 2004, les importations ont été quasiment interdites. Auparavant, elles étaient en progression constante traduisant l expression d une très forte demande nationale La production locale du poulet de chair est déficitaire de tonnes et si rien n est fait, ce déficit sera de tonnes en si l on considère un accroissement annuel de 4,7%. La sous filière «ponte» couvre les besoins à 99%. 2. L offre et le coût de production des produits avicoles 14
15 Les effectifs de poulets se situeraient autour de dont de poulets traditionnels, de poulets de chair, de pondeuses, de sujets parentaux chair et de parentaux pontes2. Les petites exploitations traditionnelles et commerciales assurent à près de 80% le ravitaillement des marchés. La production avicole au Cameroun reste dominée par le secteur traditionnel qui représente plus de 70% de la production répartie sur toute l'étendue du territoire national, alors que l'élevage industriel est concentré dans les zones périurbaines de Douala, Yaoundé et Bafoussam. Une douzaine de couvoirs existent et produisent annuellement environ 10 millions de poussins pour une capacité estimée à 20 millions. La production d œufs est estimée à T et devrait atteindre T en 2020 (Tableau No.). Tableau No. : Système d élevage et répartition des effectifs en 2006 Effectifs Millions de têtes % 24,8 55 Systèmes commerciaux semi-intensifs 20,3 45 Petites exploitations commerciales Chair Ponte 4,3 21 Système Chair 4,3 Moyennes et grandes exploitations commerciales traditionnel Ponte 1,8 9 TOTAL 45 Sources : Consultants Les systèmes d élevage avicole Les systèmes d élevage sont subdivisés en deux grands volets : le volet traditionnel qui regroupe trois maillons (la production, la collecte et le conditionnement et la distribution) et le volet moderne ou commercial qui regroupe quatre types d acteurs : les accouveurs, les importateurs de poussins d un jour, les fabricants d aliments et les vétérinaires en clientèle privée généralement organisés en société pharmaceutique. Ces différentes fonctions cidessus inventoriées ne sont pas exercées de manière exclusive. Selon les chiffres fournis par la FAO et La BM dans leur étude réalisée en 2007 sur la compétitivité de la filière volaille (poulet de chair), il y aurait au Cameroun petites exploitations familiales semi-intensive et commerciale dont les effectifs vont de 200 à 500 têtes, avec deux bandes par an. Quant aux moyennes et grandes exploitations semi-intensives dont les effectifs sont de ou plus, (avec 4 à 5 bandes par an), le nombre d exploitations serait de 349 d après la même étude Tableau No ). Tableau N : Principaux types d élevages de poulet de chair rencontrés au Cameroun Dénomination Taille Rendement (nombre) A. Elevage de case B. Poulailler traditionnel C. Semi intensif à production intermittente D. Semi intensif régulier 5 poules et 1 coq 15 poules et 2 coqs 500 sujets/bande 2500 sujets/bande Produit Coût de production moyen Coût de production au Kg Remarques 36 Poulet 1,5 kg Souches locales Cycle annuel Sans intrants améliorés 365 Poulet 1,8 kg Cycle : annuel Utilisation de quelques intrants améliorés 490 Poulet 2.0 kg Cycle : 70 jours incluant le vide sanitaire Poussins améliorés Vaccins Alimentation à la provende 2450 Poulet 2,4 kg Cycle : 56 jours incluant le vide sanitaire Poussins améliorés Vaccins Alimentation à la provende Source Etude de la compétitivité des filières agricoles au Cameroun, François Ngatchou et calculs de l auteur. 2 Source : MINEPIA 15
16 Encadré N Type d élevage : Extensif ou Traditionnelle : effectif moyen de 15 poules et 2 coqs. Localisations. Zones rurales Améliorations à apporter. Vaccination contre la Maladie de Newcastle (Vaccin thermostable) et vermifugation (comprimé de vermifuge polyvalent) deux fois par an ; amélioration des bâtiments par utilisation des matériaux locaux (meilleure hygiène et protection contre les prédateurs) ; distribution d eau. Gestion du troupeau. Les oiseaux divaguent (aucun apport complémentaire d aliment en dehors des déchets des récoltes) le jour et rentrent dans le poulailler la nuit ; aucune main d œuvre salariée. Investissement. Les animaux sont considérés comme investissement amortis sur deux ans. Coûts du vaccin et du vermifuge. 230 FCFA/sujet Résultats attendus. Pour un taux de couverture sanitaire de 80% la première année les effectifs vont augmenter de 65% et passeront de 24,8 millions à 41 millions. Prix de vente du poulet au consommateur : 1 000FCFA Stratégie de mise en œuvre. Afin de faciliter l appropriation par les paysans, l Etat prend en charge en première année 50% des coûts du vaccin et du vermifuge, étant entendu que des vaccinateurs villageois sont formés et seront rétribués à l acte. L intervention de l Etat va permettre aux producteurs regroupés de constituer un fond de roulement à gérer par eux pour les campagnes futures. Concernant la vulgarisation de l élevage des pintades, les techniques d amélioration sont les mêmes. Seule la stratégie de mise en œuvre change : l intervention de l Etat consisterait a mettre à la disposition des producteurs identifiés, en plus de sa participation au coût de protection sanitaire, un effectif minimal de départ (2 à 3 sujets) et un minimum d œufs è couver par la poule. Les populations pauvres des zones rurales consommeraient les œufs de pintades et réserveraient la grande partie d œufs de poules pour la reproduction. Tableau No. : Répartition des marges et contributions des agents économiques à la formation de la valeur ajoutée au sein des filières en %. Filière poulet importé Filière poulet chair, petite exploitation Filière poulet chair, moyenne et grande exploitation 16 Filière poulet traditionnel Filière poulet traditionnel amélioré Importateur Elevage parentaux Producteur Collecteur Intermédiaire Grossiste Détaillant Abatteur L aviculture traditionnelle de souches locales est pratiquée sur l ensemble du territoire national. Les coûts de production estimés pour les poulets en provenance des exploitations traditionnelles de race locales est évalué à respectivement 700 et 1200 francs CFA pour les exploitations sans intrants améliorés (poulaillers de case) et pour celles avec un minimum d intrants (exploitations traditionnelles). Les poulets sont en général collectés vivants sur un rayon allant très souvent au-delà de 300 km pour alimenter les marchés de Douala et de Yaoundé. Ils sont vendus sur les marchés urbains de vente en gros. Aucune distinction n est faite entre les produits en fonction de leur provenance (type d exploitation. Les frais de collecte sont généralement fixés à 15 francs CFA par poulet. Les poulets sont acheminés par petits camions en lots allant de 600 à 1200 oiseaux. Les oiseaux sont triés et répartis selon la taille. On estime à 13% le différentiel de compétitivité entre les sujets issus des grandes exploitations par rapport à ceux des exploitations de petite taille. Cette différence est essentiellement due à la taille des poulets présentés sur le marché. De ce qui précède, il découle que l amélioration des performances dans ce maillon de la filière pourrait être obtenue à travers la recherche d économies d échelles. Une pléthore d intermédiaires vit aux dépens de la production qui n opère déjà pas à l optimum. Des mécanismes efficaces de groupage de conditionnement et d abattage devront être mis sur pied afin de systématiser la nature des activités menées et rendre plus efficace la collecte, le conditionnement et la distribution des produits
17 Encadré No.. Type d élevage intensif : effectifs de plus de par poulailler ; bâtiments fonctionnels ; Indice de conversion de 2 à 2,2 permettant d obtenir un poulet de 2 kilogrammes en jours. Localisations. Zones périurbaines des villes de 2 à 3 millions d habitants (Douala et Yaoundé). Alimentation et santé animale. Normes optimales. Prix de vente du poulet au consommateur FCFA. Présuppositions. Poussins d un jour à 300FCFA (défiscalisation à l importation des parentaux) ; Kilogramme de maïs à 120 CFA ; le pouvoir d achat des camerounais est augmenté Type d élevage semi intensif : effectifs de 250 à 500 têtes ; utilisation des techniques de production adaptées des secteurs I et II ; Indice de conversion de 2,5 ; temps de séjour au poulailler : 55 jours. Localisations. Villes de 50 à habitants voire ; la multiplication de ce type d élevage permet de ravitailler le marché à 80% Infrastructures. Poulaillers avec matériaux de fabrication locale ; mangeoires et abreuvoirs artisanaux. Alimentation. Substituer le tourteau de soja à celui de palmiste et aux coquillages avec les déchets d écrevisses. Protection sanitaire. Même programme de prophylaxie sanitaire et médicale que celui utilisé dans les secteurs I et II. Prix de vente du poulet au consommateur FCFA. Présuppositions. Prix de vente unitaire du poussin d un jour doit être égal à 300FCFA (défiscalisation à l importation des parentaux) ; le prix du maïs ne devrait pas dépasser 120 FCFA/kilogramme : subvention à la production locale (machinisme agricole ou exonération de la TVA à l importation. Le maillon des importateurs comporte globalement quatre types d acteurs : les accouveurs, les importateurs de poussins d un jour, les fabricants d aliments et les vétérinaires en clientèle privée généralement organisés en société pharmaceutique. Ces différentes fonctions ci-dessus inventoriées ne sont pas exercées de manière exclusive. Le maillon de l accouvage au Cameroun est dominé par un oligopole d une dizaine de sociétés avicoles qui se partagent 90 à 95% du marché de poussins d un jour. Les souches de volaille mise en œuvre dans les élevages du volet dit moderne sont importées à plus de 95%. L Le développement de ce volet de la filière est essentiellement dépendant des technologies étrangères, des disponibilités sur le marché international et des fluctuations des cours. Pour une demande exprimée à ce jour dans ce volet du secteur avicole qui s avère insignifiante sur le marché mondial, le Cameroun ne pourrait influencer les prix. Il fait partie de la catégorie dite «des preneurs de prix» sur le marché. Autant le matériel d élevage, d accouvage, les produits vétérinaires que les matières premières pour aliments, bien que produits localement pour la majorité, ils subissent tous une rude concurrence de ceux importés. Les accouveurs sont assujettis au paiement : (i) des impôts sur le chiffre d affaire ; (ii) des taxes d Inspection Sanitaire Vétérinaire (ISV) à l importation des poussins parentaux ou des Œufs à couver (OAC) : 2 FCFA/tête ou par unité/oac ; (iii) des taxes d ISV sur le commerce local : 1 FCFA/tête de poussins. Une analyse fine du marché des intrants révèle que leur niveau de compétitivité demeure faible. L indisponibilité temporaire en poussins d un jour est facteur de déstabilisation de certains producteurs qui finissent par abandonner la profession : la commande généralement payée à l avance n est pas honorée par les différents accouveurs. Les échéanciers des producteurs sont déstabilisés du fait des charges supplémentaires de gestion supportées et les producteurs en l absence de recours se résignent parfois jusqu à l abandon de l activité. En plus des problèmes liés à l approvisionnement en poussins d un jour, les producteurs se plaignent généralement de la qualité des sujets et de duperie diverses : nombre de poussins annoncé différent par défaut à celui indiqué sur les cartons ; Forte mortalité due à la pullorose (salmonellose des poussins) les quatre premiers jours ; Anomalie de croissance comparative observée sur l ensemble des sujets. Taux de ponte en dessous de la moyenne ; GMQ faible et IC élevé ; d une manière générale. Il est ici indispensable de noter qu aucun texte réglementant la production et la distribution des poussins d un jour, encore moins celle des produits terminaux (œuf et poulet de chair) n est disponible au Cameroun. Globalement les producteurs (petits) s en trouvent livrés «à la merci» des gros opérateurs du maillon de l accouvage et de 17
18 l importation des sujets. Cette impression est confirmée à travers le fait que l inefficience de production des accouveurs (50% en dessous des capacités installées) est transférée par le biais des charges fixes aux petits producteurs. Les intermédiaires de la mise en marché regroupent une pléthore d acteurs qui se recrutent dans les activités de collecte, d acheminement de conditionnement et de transformation des produits de l élevage. C est à ce niveau de la filière que se recrutent la plus grande partie des acteurs. Ces acteurs représentent trois à quatre fois le nombre de fermiers en activité. L évaluation du prix de revient des poulets bord champ varie actuellement entre 1750 et 2000 francs CFA selon les types d exploitations et les performances des fermiers. Les poulets sont livrés bord champ avec des marges aux producteurs qui varient considérablement en fonction des périodes et des mécanismes récents de régulation entrepris dans la filière. Le marché de la volaille apparaît très segmenté, bien que l on note encore la prédominance de la commercialisation des animaux sur pied (75 à 85%). Les différentes enquêtes réalisées dans la filière permettent d estimer la part des marges rétrocédées aux fermiers entre 30 et 40% du différentiel des prix réalisés. Les fermiers ont récemment souffert du plafonnement des prix de vente à 2200 francs CFA, préconisé par l IPAVIC. Les fermiers qui ont le plus souffert étaient ceux de la frange produisant des poulets d un poids moyens de 2 Kg. Le coût de production d un poussin d un jour évalué à F CFA, pourrait être sensiblement revu à la baisse si les capacités de production étaient relevées. (Tableau No..) Tableau N Evolution de la structure du coût de production du poulet de chair COUTS EN FCFA, ANNEES ET POURCENTAGES (%) Avant % 2000 % 2005 % 2006 % 2007 % 1994 Poussins Aliments Produits vétérinaires 84 7, Amortissements MO/eau/électricité/ 68 5, Transport TOTAL Tableau N Evolution de la structure du coût de production d un œuf Avant 1994 % 2000 % 2005 % 2006 % 2007 % Poulette Aliments Produits vétérinaires 0, 3 0,3 0,3 1,0 0,3 0,9 0,3 0,8 0,2 0,5 Chauffage/eau /litière 0,1 0,1 0,34 0,01 0,33 0,1 0,05 0,1 0,08 0,2 MO /divers 0,3 1,2 0, 1,0 0,3 0,9 0,09 0,2 0,08 0,2 Amortissements 0,7 2,4 0,7 2,0 0,7 1,7 0,7 2 0,7 1,8 TOTAL I I00 Sources : Consultants L évolution de la structure du coût de production du poulet de chair apparaît relativement stable entre 1994 et Il faudrait néanmoins noter le quasi doublement des prix en valeur absolue sur la période. L aliment se démarque cependant des autres intrants. Cette tendance va d ailleurs s accélérer avec la crise alimentaire récente et l accroissement des prix des denrées alimentaires. A la différence de l évolution de la structure du coût de production des œufs, le coût des poulettes et l alimentation se démarquent radicalement de celui des autres intrants. Si l augmentation de la proportion des coûts de l aliment peut être attribuée au renchérissement des prix des denrées alimentaires, celui des poulettes est essentiellement du aux circuits d importation. Les intermédiaires de la mise en marché regroupent une pléthore d acteurs qui se recrutent dans les activités de collecte, d acheminement de conditionnement et de transformation des produits de l élevage. C est à ce niveau de la filière que se recrutent la plus grande partie des acteurs. Ces acteurs représentent trois à quatre fois le nombre de 18
19 fermiers en activité. L évaluation du prix de revient des poulets bord champ varie actuellement entre 1750 et 2000 francs CFA selon les types d exploitations et les performances des fermiers. Les poulets sont livrés bord champ avec des marges aux producteurs qui varient considérablement en fonction des périodes et des mécanismes récents de régulation entrepris dans la filière. Figure. : Comparaison du coût de production du kilogramme de poulet vif dans les différents types d élevages Coût de p roduction au Kg Elevage de case 665 Poulailler traditionnel 950 Semi intensif à production intermittente 835 Semi intensif régulier Aussi pour protéger son industrie avicole, les services compétents du Cameroun calculent-ils tous les frais d importation des poulets sur une base mercuriale d une valeur de 1000 CFA par Kg de marchandise importée. Cette procédure permet ainsi d assurer un niveau de compétitivité certain à l industrie locale face à la concurrence des découpes de poulets issus de l étranger. L écart moyen de compétitivité observé est de 30% avec les petites exploitations et 50% pour les grandes. 4. Contraintes et perspectives Sur la base de ce qui précède, il apparaît que le coût moyen de production du poulet de chair au Cameroun oscille autour de 1800 francs CFA quel que soit le système mis en œuvre, faisant ainsi varier le coût de production bord champ (poulet vif) entre 835 et 1000 francs CFA. Le compte d exploitation d une unité de production avicole révèle quatre postes importants dans le coût de production des poussins d un jour (a) l alimentation (50%) ; les salaires et profits divers (17%) ; Investissements fixes (12%) et Eleveurs (11,5%). Sur le plan de l analyse de la chaîne de valeur ajoutée, les coûts domestiques (50%), les coûts extérieurs (26%) et les charges et taxes diverses (19%). Les leviers sur lesquels il est possible d opérer d emblée sont les coûts domestiques avec en premier l alimentation et les investissements fixes. Dans un second temps il sera question de s attaquer à la problématique des charges et taxes s exerçant sur ce maillon. Face à la demande croissante des villes, l intensification des élevages s avère un impératif. Tout n est qu une question d échelle. Pour promouvoir les disponibilités en viandes de poulet, à la lumière des résultats présentés cidessus, l on serait tenté de préconiser le développement des élevages de case au regard du coût de production relativement faible. A l échelle du village et sans appuis extérieurs ce choix se justifierait. Cependant dans le cadre d une politique globale qui se donne pour objectifs de promouvoir les quantités au-delà du village pour approvisionner les villes, il serait souhaitable d évaluer l opportunité de suppléer au différentiel de coût de production entre les élevages semi intensifs réguliers et les poulaillers traditionnels (170 F Cfa par Kg de poulet). Cet effort peut consister en diverses actions spécifiques visant à faire passer les éleveurs d un stade à l autre. Ainsi au stade de la production, le seul levier dont disposent les pouvoirs publics pour agir dans la filière avicole se situe au niveau de la réduction des coûts de l aliment et la lutte contre la Maladie de Newcastle. 19
20 CHAPITRE TROIS CARTOGRAHIE DE LA FILIERE LAIT 1. Résumé analytique de la filière Lait La filière lait au Cameroun bien que disposant d un potentiel important, reste léthargique. La production laitière totale est actuellement estimée à tonnes Elle varie de 0,5l (en saison sèche) à 3 litres par jour (en saison sèche) et par vache, sur une période moyenne de lactation d environ 180 jours. La population d éleveurs de bovins au Cameroun a été estimée entre et personnes en 2006 par l Association pour la Promotion de l Elevage au Sahel et en Savane (APESS). Ce chiffre est certainement en dessous de la réalité si l on prend en compte la répartition du cheptel au sein des familles. La production est réalisée essentiellement de manière traditionnelle. Le volet moderne représente à peine 2% de la production. La production laitière bien que pouvant être réalisée sur l ensemble du territoire, n est localisée que dans trois des cinq zones agro écologiques que compte le pays. Elle est encore considérée majoritairement comme un sous produit de l élevage bovin pour la viande. Les performances des races locales demeurent faibles, mais sont susceptibles d être améliorées par le biais de croisements avec différentes races étrangères (Montbeliard, Holstein). Il existe sur le terrain des initiatives en ce sens qui bien qu encore très localisées et menées sous l impulsion de sociétés privées et des ONG, mériteraient d être appuyées et démultipliées pour le passage à une échelle significative. La collecte du lait est rendue difficile, du fait de la dispersion et de l éloignement des élevages, souvent d accès difficile en saison des pluies. Les infrastructures de collecte, de conservation et d acheminement sont quasi inexistantes. Le développement de petites unités de collecte et de transformation à proximité des zones de production, pourrait constituer une solution alternative de développement qui ne saurait cependant être envisagé en marge des infrastructures. Si globalement l état sanitaire du cheptel bovin peut être considéré comme satisfaisant, d autres épizooties majeures persistent et sont pour la plupart endémiques. En dehors du lait frais, du yaourt et du beurre qui sont produits localement, toutes les autres formes et présentations proviennent des importations. Trois orientations majeures semblent se dégager pour l avenir dans cette filière : (a) l appui à la production à travers la promotion du matériel génétique de qualité adapté aux conditions du milieu, la promotion de la santé du cheptel à travers des systèmes de production conséquents, (b) l amélioration du cadre partenarial entre les différents acteurs (production, collecte, acheminement et transformation) et (c) la promotion des conditions et des normes de mise en marché des produits pour réduire les coûts de transaction encore très élevés. 2. Situation de la demande en lait et produits laitiers Le Ministère en charge de l élevage estime la consommation totale de lait et produits laitiers autour de tonnes par an soit une consommation par habitant et par an de 19,8 kg. Pour la FAO, la moyenne de consommation de lait frais au Cameroun se situe plutôt autour de 14,5 kg/habitant/an, ce qui est inférieur au besoin minimum 20
21 estimé à 22 Kg/an/hbt. Même dans l hypothèse la plus optimiste (19,8 kg/hbt/an), ces chiffres se situent très en dessous de la consommation moyenne mondiale qui est de 45 kg/habitant/an, et sont très nettement inférieurs à la consommation moyenne des pays européens (environ 93 kg/habitant/an). Le tableau No ci-dessus montre un déficit croissant de la couverture des besoins de consommation nationaux donne une idée des pertes en devises qu occasionneraient les importations qui s imposent sur la période Sur la période , le taux de couverture globale des besoins de consommation en lait et produits laitiers s est situé autour de 77% soit un déficit annuel moyen d un peu moins de tonnes. Tableau No.: Consommation de lait et produits laitiers de 2000 à 2006 Années Production nationale (tonnes) Niveau demande nationale (tonnes) Taux de couverture (%) 82,6 78,9 80,2 75, ,3 72,5 Déficit (tonnes) Le lait et produits laitiers vendus sur les marchés sont de nature diverse. Dans les plus grandes agglomérations Camerounaises, ces produits sont surtout importés. Les importations sont passées de ,9 tonnes en 2002 à ,7 tonnes en Quant aux coûts, les prix des produits ont connu des fluctuations importantes au cours des années. Ainsi, pour des quantités presqu identiques en 2001, 2004 et 2006, la valeur en devises est passée respectivement de 17 à 14 puis à 16 milliards de FCFA. Les principaux produits importés se retrouvent dans la gamme de la poudre de lait, du lait stérilisé, pasteurisé, écrémé et demi écrémé, du lait concentré sucré et non sucré, des yaourts et fromages, du beurre et des crèmes. A lui seul, la poudre de lait représente ,8 tonnes sur la période 2001 à 2006, pour une valeur globale en devises équivalent à environ 80 milliards de FCFA dont plus de 14 milliards en Suivent après les fromages et le beurre. En 2007, le Cameroun a importé tonnes de lait et dérivés et tonnes de lait en poudre ou concentré pour une valeur totale de presque 30 milliards de francs (données des Services de Douanes, 2008). Tableau 16 : Tendances évolutives de la consommation de lait et produits laitiers de 2008 à 2015 Années Population Production nationale (tonnes) Niveau de demande nationale (tonnes) Taux de couverture (%) 80,4 74,8 77,5 71,7 73,2 73,1 68,7 67,6 Déficit (tonnes) L évolution de la consommation paraît encore plus alarmante car le déficit moyen s accroît passant de 77% à 73% et certainement plus encore à l horizon Le cumul des déficits de s élève à tonnes (Tableau No ). 21
22 Selon les calculs de Letenneur et al (2008), la différence entre l offre et la demande nationale s élève à tonnes en Si l on prend en compte trois principaux critères que sont l évolution de la population, du taux d urbanisation et du revenu des ménages, la consommation sera d environ tonnes en 2015 et atteindra tonnes en Il faudra donc accroître la production de tonnes de lait de plus au cours de cette période (2025) si l on bloque le déficit au niveau actuel et de tonnes si l on veut résorber le déficit. Si l on souhaite se rapprocher du niveau de consommation de l Afrique sub-saharienne, les mêmes auteurs estiment que la consommation totale atteindra tonnes en Il faudrait alors que la production actuelle augmente de tonnes, ce qui reviendrait au minimum à presque tripler la production. En calculant le cumul du déficit entre 2009 et 2015 on trouve tonnes. Si ce lait était importé, les pertes en devises s élèveraient à milliards de francs CFA. Si l on souhaite couvrir ce déficit, la première hypothèse devra prendre en compte trois éléments qui sont les suivantes : l évolution de la population, l évolution du taux d urbanisation, l évolution du revenu des ménages. Le taux retenu pour la croissance du revenu est de 0,5%. Ce qui correspond à une croissance du PIB de 3% mais avec un effet «déflateur» de 2,5%. Dans ces conditions qui économiquement sont vraisemblables à échéance, la consommation atteindra tonnes en 2025 (cette mission estime la consommation actuelle à tonnes). Il faudra donc accroître la production de tonnes de lait de plus au cours de cette période si l on bloque le déficit au niveau actuel et de tonnes si l on veut résorber le déficit. Si l on considère une consommation urbaine moyenne de 15 kg/hbt/an, la demande urbaine annuelle en lait et produits laitiers serait de tonnes (40% de la demande nationale). Si l on souhaite pendant le même temps se rapprocher du niveau de consommation de l Afrique subsaharienne, la mission estime que la consommation totale atteindra tonnes en Il faudrait alors que la production actuelle augmente de tonnes, ce qui reviendrait au minimum à presque tripler la production ; Si l on pose par contre l hypothèse pessimiste d une stagnation de la production locale et d une importation raisonnée des produits laitiers (fonction d un taux constant de la croissance démographique), le taux de couverture des besoins restera toujours déficitaire: En restant dans l optique de 2015, le déficit cumulé est de tonnes. Il peut être couvert selon les trois (3) hypothèses théoriques suivantes : Hypothèse A : le déficit est couvert par des importations systématiques. En 2007, les importations des produits laitiers étaient de l ordre de tonnes pour une valeur totale d environ 30 milliards de Francs CFA. Si l on considère les prix constants, la valeur des importations cumulées jusqu en 2015 ( tonnes) serait de milliards de Francs CFA. Cette hypothèse constitue une hémorragie nette en devises difficilement soutenable. Hypothèse B : elle se situe à l opposé de l hypothèse précédente en considérant un accroissement massif des investissements productifs à la hauteur de la valeur de ce GAP, soit 1596 milliards de Francs CFA. Cet investissement peut être réalisé selon différentes options ou combinaisons d options impliquant différentes unités types de production (extensif amélioré, semi-intensif moderne ou intensif). Hypothèse C : accroissement maximum des investissements productifs à hauteur nécessaire pour atteindre un niveau d importation zéro, voire dégager une marge d exportation. Le cumul du déficit entre 2009 et 2015 est de tonnes. Si ce lait était importé, les pertes en devises s élèveraient à milliards de francs CFA. 3. Offre et coût de production du lait et des produits laitiers Au Cameroun, la production laitière est surtout pratiquée dans trois des cinq zones agro écologiques bien que le potentiel existe dans les deux autres. Il s agit de la zone soudano sahélienne (régions du Nord et de l Extrême Nord du pays), la zone des hautes savanes guinéennes (Adamaoua et Mbam au Centre, et Djerem à l Est, ces deux 22
23 dernière apparaissant plus comme le prolongement de l Adamaoua que des zones spécifiques de production) et de la zone des hauts plateaux de l ouest ou Grass Field (Nord-Ouest et Ouest). Le climat et la pluviométrie sont plus favorables dans les deux dernières zones. Quatre régions produisent à elles seules plus de 60% du lait au Cameroun (Adamaoua, Extrême Nord, Nord et Nord Ouest). La province de l Adamaoua abrite environ 35% du cheptel bovin national. Cette activité y occupe plus de 20% de la population rurale avec environ éleveurs 3. C est un élevage essentiellement transhumant. On y trouve néanmoins des ranches (privés et étatiques). Du fait de la forte tradition pastorale de la population et de la clémence du climat, cette zone a bénéficié de nombreux investissements dont le Projet Laitier Camerouno-Canadien, des initiatives de la société civile (ONG) et celles des Organisations des Producteurs (FEKOSSAM, GIC IDOOL de Belel, laiterie de Maïganga, etc.). La production laitière y est estimée à plus de tonnes. Des données obtenues sur le terrain pour quelques petites exploitations laitières sont présentées dans le tableau No ci-après : Tableau 2 : Quantités de lait produit dans certaines exploitations (Adamaoua) Département Siège Villages Nombre de GIC Membres du GIC Production 2007 (l) VINA IDOOL Idool, Tello CHABAL Tchabal, Ngaou Mokong, Dang, Darang MABANGA Gada Mabanga, Ampana, Ngaoundéré MBALANG/ Mbalang, Djalingo, DJALINGO Ngaoussay NYAMBAKA Nyambaka MBANG BOUHARI Mbang Bouhari LIKOK Likok, Beka, LIssey DIBI Dibi FARO & DEO LIBONG Libong, Karédjé TIGNERE Tignère, Doualayel, Sadek, Galim MBERE MEIGANGA Meianga, Garga MAYO BANYO BANYO Banyo MAYO DARLE Mayo Darlé DJEREM NGAOUNDAL Ngaoundal, Danfili, Sabongari TIBATI Tibati TOTAL Source : FEKOSSAM/FEPELAD Dans les provinces du Nord et de l Extrême-Nord (41% du cheptel), l essentiel de la production laitière provient aussi du système d exploitation traditionnelle familiale et quelquefois des élevages semi-intensifs pérurbains. Les hauts plateaux de l Ouest constituent la seconde zone de grande production de lait avec plus de tonnes de lait pour 25% du cheptel bovin et environ éleveurs. Aujourd hui, l impact des activités de l ONG Heifer International et de TADU Dairy Cooperative est sur le point de changer la donne nationale en matière de production laitière. Le réseau dispose aujourd hui d environ 700 producteurs. Les productions moyennes sont de 15 litres de lait par jour pour 250 voire 300 jours de lactation soit environ 3750 litres de lait par vache. De Janvier à Juin 2008, le suivi de 160 génisses a donné une production moyenne de litres de lait (rapport de HPI, 2008) soit 3000 litres par vache La production traditionnelle constitue l essentiel de la production nationale. Elle est difficile à évaluer d autant plus que le cheptel n a pas fait l objet d un recensement depuis de nombreuses années. La production du secteur moderne est ici évaluée à 2% de la production nationale. Au regard de ces chiffres, la production laitière au Cameroun demeure faible. Ces contreperformance s expliqueraient par : Le faible potentiel génétique des races exploitées (1 à 3 litres de lait/jour, voire moins durant la saison sèche) ; 3 Etude de la filière lait au Cameroun (ACDIC, 2006) 23
24 Le faible intérêt des producteurs pour la production et la commercialisation du lait (manque d infrastructures de collecte et de valorisation de la production) ; Le mode d alimentation qui n a que très peu recours à la complémentation et les fourrages ; L inadéquation entre les systèmes de production (essentiellement transhumants et les systèmes de collecte de lait. Le lait produit localement provient essentiellement de l élevage bovin. Le cheptel laitier national est estimé à 2,3 millions de têtes (soit environ 47% de l effectif total bovin) avec de vaches traites. La production laitière totale était estimée en 2005 par la FAO à tonnes, toutes espèces confondues. Elle est actuellement estimée à tonnes4 (Tableau No ). Elle varie de 0,5l en saison sèche à 3 litres par jour et par vache pendant la saison des pluies, sur une période moyenne de lactation d environ 180 jours. Tableau 1 : Estimation de la production laitière en 2008 (0,833kg/vache/jour) Provinces Vaches (x1000) Vaches traites (x1000) Production (en tonnes) Extrême-Nord Nord Adamaoua Est Nord-Ouest Ouest Autres Provinces TOTAL Source : Bourdanne (2009) Etat des lieux de la filière lait au Cameroun A l échelle du village ou de la zone de production, les éleveurs opèrent des choix en fonction des objectifs recherchés à travers leur produit. Ces objectifs se limitaient jusqu à une époque récente à la satisfaction des besoins de la communauté. Les techniques auxquelles ils avaient de ce fait recours s adaptaient bien à leurs modes de fonctionnement. Avec l extension de la sphère de leurs actions et l allongement du circuit des produits, des technologies autant plus exigeantes que compliquées doivent être mise en œuvre. Ces technologies qui sont pour l essentiel relatives à la maîtrise de la température ne sont pas toujours disponibles à l échelle de la zone de production. Le passage des produits d une catégorie d acteurs à l autre requiert une coordination de premier ordre. L absence d infrastructures n est pas de nature à créer la confiance nécessaire entre les intervenants de la filière. Le développement de la filière lait au Cameroun passe par conséquent par la maîtrise des différents procédés de conservation et de transformation des produits par les différents acteurs impliqués. Le matériel génétique est riche au Cameroun : on trouve environ 16 races bovines 5 différentes dont 12 sont de type zébu et 4 de type taurin. Les races laitières sont représentées par les zébus. Ce sont d ailleurs les plus importants par rapport à la population bovine nationale estimée à plus de 5 millions de têtes. Ce sont le zébu mbororo à robe rouge (Red Fulani ou Djafoun ou Rahadji), le zébu mbororo à robe blanche (White Fulani ou Akou), le zébu Goudali de l Adamaoua, avec les sous-types de Ngaoundéré (Peuhl ou Foulbé), de Banyo (Banyolé) et de Yola (Mayné) et les zébus Massa, Arabe Choa et autres zébus sahéliens représentent un ensemble assez hétéroclite. Les zébus Mbororo ont en général un rendement en viande de l ordre de 50%. En ce qui concerne la production laitière, elle varie entre 0,5 à 4 litres par jour pour une durée de lactation variant entre 150 et 200 jours. Une étude conduite par Imele et al. (1999) 6 montre que les vaches White Fulani produisent en moyenne 497 litres de lait soit environ 1,36 litre/jour pour seulement 170 jours de lactation. Le tableau No ci-après présente les performances des races bovines utilisées pour la production laitière au Cameroun. La race taurine Kouri (dans la zone du Lac Tchad Cameroun mais originaire du Tchad) donnerait de meilleures performances (jusqu à 7 litres/vache/jour). Tableau. : Performances répertoriées des races au Cameroun Race Quantité Durée de Quantité/animal/ Taux de Age à la mise Intervalle de % de 4 Source MINEPIA, cité par Bourdanne 5 Rapport National sur les Ressources Zoo génétiques du Cameroun 6 Imele H., Kamga P.B. et Kamga P. (1999). Etude sur le lait des vaches White Fulani au Cameroun Bull. Anim. Hlth. Prod. Ar., 47 :
25 de lait (l) lactation jour (l) reproduction bas (mois) en velage (mois) en mortalité (jours) jours jours Goudali ,9 53,3 4,3 Holstein ,1 95,4 940 (31,3) 383 (12,8) 35,9 HolsteinX Goudali ,9 101,4 811 (27,0) 399 (13,3) 11,8 Montbeiliard X ,7 75, (38,8) 396 (13,2) 12,9 Goudali (F1) Montbeiliard X ,5 Goudali (F2) Source Centre de Recherche Zootechnique et Vétérinaire, Wakwa Parmi les races laitières exotiques jadis importées dans le cadre des efforts d amélioration du matériel génétique local, on peut citer le Jersey, la Holstein, le Montbéliard et la Holstein. Le croisement de ces animaux avec les races locales avait permis d obtenir des performances laitières plus appréciables comme le montre les résultats ci-dessous obtenus à l IRZ de Wakwa. C est l ONG Heifer International qui continue aujourd hui avec l acquisition et la distribution des vaches exotiques aux paysans du Nord-Ouest et de l Ouest (vaches Holstein). Les systèmes de production sont ceux qui suivent : Le système transhumant repose sur la mise en commun par un ensemble d éleveurs à une échelle donnée (village, petite région agricole, terroir, département, ), de la ressource végétale. Les formes d organisation socio économiques et culturelles (chefferies) qui avaient la maîtrise sur les espaces sus évoqués, pouvaient en conséquence, établir les modalités de gestion durable, collective et au bénéfice de tous des ressources disponibles suivant les saisons de l année. Le système transhumant peut de ce fait être considéré comme une collectivisation de la mise en valeur de l espace rural. Par le biais d ententes tacites ou écrites les différents pouvoirs impliqués organisaient les modalités de gestion optimale et rationnelle des ressources. Dans le cadre de la Décentralisation adoptées comme mécanisme de gestion de la chose publique au Cameroun, la gestion des espaces aux échelons décentralisés est désormais confiée aux collectivités locales qui se devraient à travers l élaboration des plans d occupation des sols et des plans de développement, faire place aux différentes activités mises en œuvre dans leur espace de compétence. La mise en œuvre optimale de ce système de gestion des populations passe par une compréhension fine des modes de mise en valeur de l espace par les différents acteurs. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs, les incidents relevés aux abords des zones d intérêt cynégétiques, le non entretien et la non amélioration des pâturages, constituent autant de manifestations de l absence d emprise sur l espace global. L avenir du système transhumant passerait de ce fait par une compréhension des modes de fonctionnement des éleveurs, une délimitation des espaces de parcours et une gestion consensuelle et appropriée du territoire par les divers usagers (Elaboration des plans d occupation des sols et détermination des modalités de leur gestion). En l absence d une évaluation des coûts relatifs à la gestion et l amélioration des pâturages et de leur prise en compte dans les comptes d exploitation des éleveurs, le système transhumant serait considéré plus comme un mode de vie qu une exploitation agricole. Les autres systèmes d élevages présents au Cameroun (système de case, semi sédentaire, ranching) offrent les possibilités de valorisation à divers degrés de l ensemble des intrants et ressources utilisées dans leur fonctionnement. Au-delà des produits vétérinaires, des infrastructures et équipements, de la main d œuvre et de divers autres facteurs de production, l émergence d un marché actif de fourrages et de différents aliments de bétail offre la possibilité d une évaluation fine du coût de production des différents produits de l élevage. Les coûts obtenus à travers ces systèmes permettent d établir des références à partir desquelles les animaux et les produits de diverses provenances sont valorisés. Néanmoins, la prédominance des animaux issus du système transhumant semble de manière générale tirer les prix observés sur le marché à la baisse. Les disponibilités suivant les saisons constituent le principal critère de variabilité des prix sur le marché. La production laitière dans la majorité des élevages au Cameroun est considérée comme une activité secondaire par rapport à la production de viande. Impulser l augmentation de la production reviendrait premièrement à ériger le lait en un produit principal. En l absence d une comptabilité bien tenue et de comptes d exploitations bâtis sur la base d anticipations rationnelles sur les prix des produits, il serait difficile de bâtir un argumentaire solide à des fins de vulgarisation. En tout état de cause, les éleveurs sont suffisamment rationnels dans leurs décisions pour pouvoir effectuer des choix. 25
26 Le diagramme No. Ci-après donne des coûts de production des différents systèmes d élevage fonctionnant dans le pays. Comparaison du coût de production du litre de lait dans les différents systèmes Extensif Extensif amélioré Semi intensif (Kumbo) Intensif (HPI) zero grazing L intensification (amélioration des pâturages, recours au matériel génétique amélioré) bien maîtrisée doit permettre la réduction des coûts unitaires de production de lait (Diagramme No.). Comparaison du niveau de productivité dans les différents systèmes de production ((quantité de litres /vache) Extensif Extensif amélioré Semi intensif (Kumbo) Intensif (HPI) zero grazing Le niveau de productivité augmente de manière très sensible avec l intensification (amélioration des pâturages, recours au matériel génétique amélioré). A la lumière des graphiques présentés ci-dessus, il ressort que la qualité du matériel génétique et les modalités de conduite des animaux constituent les principales contraintes à l amélioration des performances dans les systèmes d élevage au Cameroun. L introduction des races améliorées dans les élevages conduit globalement à une multiplication par six de la productivité laitière, alors que le recours à la stabulation des animaux (zero grazing) fait passer la production moyenne de 3000 à 4500 litres de lait par vache et par an. Les intermédiaires de la collecte Le réseau de collecte du lait est fortement tributaire de l éloignement relatif des centres de production, des infrastructures routières, des équipements de conservation et d acheminement disponibles. Les pâturages étant en général situés sur les hauteurs des collines et des montagnes, la collecte de lait s en trouve handicapé. Si les coûts de production de lait s avèrent relativement bas et voire compétitifs, bord champ, les charges de collecte et d acheminement, les conditions de stockage de conservation et de transformation influent grandement 26
27 sur la qualité et des quantités importantes sont en général perdues. Du fait de la nature du produit de la filière (le lait) et des caractéristiques qui lui sont propres, il est fondamental que des partenariats solides et fonctionnels puissent être établis entre les producteurs, les collecteurs et les transformateurs (7). La nécessité de la mise en place d organisations professionnelles performantes s avère un impératif dans la filière. La complémentarité établie entre les éleveurs Mbororos (producteurs) et la Tadu Dairy Coopérative Society (collecteurs/transformateurs) dans la région de Kumbo, pourrait constituer une alternative de premier ordre aux problèmes de collecte. Il s agit en effet de développer des petites unités de collecte et de transformation à proximité des zones de production. Cependant le développement de la production laitière ne saurait être envisagé en marge de celui des infrastructures. Les services d appui à la filière sont notamment la recherche, la vulgarisation, les services vétérinaires et les structures d appui à l organisation paysanne. Au lendemain de l indépendance, l ensemble de ces services était assuré par des structures étatiques. Les différentes prestations étaient assurées en régie par les services déconcentrés du Ministère de l élevage des Pêches et des industries animales, ainsi que ceux de la Recherche. Depuis la fin des années quatre vingt, les modalités d intervention de l Etat se sont muées en entités de «régulation»8 sans pour autant qu une identification réelle des structures qui pendraient le relais des opérations sur le terrain soit opérée. La réorientation de l action de l Etat a eu des conséquences profondes dans le paysage laitier au Cameroun. 4. Contraintes et perspectives d amélioration de la Filière Lait Pendant longtemps, les initiatives gouvernementales en faveur de la filière lait au Cameroun sont restées focalisées autour des zones à tradition pastorale. Cela explique la non émergence de nouveaux acteurs dans la filière et par conséquent, la non valorisation des énormes potentiels existant dans les autres régions. Les systèmes de production sont restés majoritairement traditionnels et très peu productifs. La pratique des cultures fourragères n a véritablement pas fait tâche d huile. Les résultats obtenus en station manquent de vulgarisation. Ceci peut s expliquer par le manque de cadres de concertation et de partenariat entre la recherche et les ministères en charge de la vulgarisation, notamment le Ministère de l Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) et le Ministère de l Agriculture et du Développement Rural (MINADER). Si globalement l état sanitaire du cheptel bovin peut être considéré comme satisfaisant (reconnaissance formelle du pays par l OIE comme indemne de Peste Bovine depuis 2006), d autres épizooties majeures persistent et sont pour la plupart endémiques. C est le cas, pour le cheptel laitier, des épidémies de fièvre aphteuse (FA), de la tuberculose bovine Ŕ TB (qui est généralement une découverte des abattoirs) et de la brucellose. Les tiques ont aussi un effet très dégradant pour les vaches laitières et sont vecteurs de plusieurs maladies (dermatophilose, cowdriose) même si, les races bovines locales sont généralement plus résistantes. Quant aux trypanosomoses animales, environ d hectares ont été assainis dans le plateau de l Adamaoua et des travaux récents ont montré qu il n y a pas eu ré-infestation de ces zones 9 plus de dix (10) ans après la campagne gouvernementale d éradication des glossines. Un phénomène nouveau de plus en plus fréquent dans le grand Nord du pays : il s agit de l insécurité galopante au sein des campements d éleveurs. Les prises d otages constitués d enfants d éleveurs se multiplient chaque jour. Ces individus sans foi ni loi exigent des rançons importants, payés généralement après vente des animaux. Dans la région du Nord, les services vétérinaires estiment à plus de 40% du cheptel les animaux déplacés vers le Nigéria à cause de cette insécurité galopante. 7 À Ngaoundéré, au Cameroun, une unité semi-industrielle de transformation laitière avait été créée en aval du projet d appui à l élevage laitier. Elle a connu des difficultés d approvisionnement, du fait de son incapacité à nouer des relations "équitables" avec les éleveurs, mais le savoir-faire développé et les créneaux de marché qu elle a ouverts sont aujourd hui exploités par une seconde génération d entrepreneurs privés. 8 Au début des années 90, le Gouvernement sous le conseil des institutions financières internationales a opté pour la libéralisation des activités de production au profit des structures privées. Face aux difficultés de trésorerie et le caractère brusque de ces mutations, la transition n a pas été assurée de manière suivie et systématique. Plusieurs fonctions jadis assurées par l Etat s en sont trouvées délaissées, ou tout au plus réalisées de manière imparfaite (aménagement des pâturages, vaccination du cheptel, aménagement des points d eau, ). 9 Projet VLIR-UDs : Vers uncontrôle durable des trypanosomoses animales et humaines ( ) 27
28 De plus le foncier pastoral couvre plus de 30% du territoire national, soit plus de 14 millions d hectares de parcours pâturables. L on assiste malheureusement chaque jour à une dégradation de ces parcours. Les pratiques actuelles sont : - L augmentation des surfaces cultivables et une occupation souvent égoïste des terres et zones pâturables par les élites ; - Les feux de brousse et les cultures sur brûlis ; - La déforestation ; - La multiplication des aires protégées et réserves fauniques, etc. Dans la province de l Est par exemple, l éleveur pasteur est convaincu que son séjour plus ou moins long sur une terre n est garanti que par un papier signé soit du chef traditionnel de la localité, soit du sous-préfet, soit du chef de Centre Zootechnique et Vétérinaire territorialement compétent. Du fait de son illettrisme, il ne peut s assurer si l attestation d occupation qu il détient est réglementaire ou non. Il s ensuit des abus perpétués par ceux-là mêmes qui sont supposés l emmener à suivre la procédure normale pour se voir attribuer une parcelle du domaine national. A cela, il faut ajouter l importance de l industrie forestière qui incite à l extension des surfaces exploitées au dépend des zones pâturables. Dans le Nord-Ouest et à l Ouest, la transmission patrilinéaire reste le principal mode d accès à la terre mais les transactions en numéraire deviennent de plus en plus importantes (Teyssier, 2002). Ceci est vrai surtout pour les autochtones mais pas souvent pour les pasteurs qui ne peuvent accéder à la terre que sur autorisation du chef traditionnel. La multiplicité des modes d accès à la terre traduit essentiellement la volonté opiniâtre des paysans et des élites de sécuriser leurs parcelles dans une région où la pression sur les terres est énorme à cause d une démographie galopante et l expansion des surfaces cultivables. Ici, le «Grazing permit» est une voie administrative d accès aux terres pastorales. Les conflits agro-pastoraux se multiplient aussi dans cette zone. Dans la partie septentrionale du pays, l existence des hurum et des hardés représentent une forme de code foncier traditionnel accepté depuis fort longtemps et légitimé tacitement par l administration. La rudesse du climat et l extension démesurée des aires protégées constituent les principaux facteurs de conflits. A toutes ces difficultés, il faut ajouter : (i) les feux de brousse (Extrême-Nord, Nord et Nord-Ouest) et ;(ii) l envahissement des pâturages par des fougères, etc. Bref, l impact de la précarité foncière sur les activités de l élevage est une évidence. Elle représente : une menace pour le maintien de la paix sociale, en entretenant les clivages identitaires et la frustration des petits éleveurs ; un danger pour l intégration nationale et l adhésion des pasteurs au projet de nation ; un blocage aux processus d intensification de l élevage et de renouvellement des ressources naturelles. Sans l assurance de pouvoir conserver sa terre, aucun éleveur n investira du travail ou du capital pour la bonification et la durabilité de ses terres ; des coûts parfois considérables pour les producteurs qui essaient de faire reconnaître leurs droits ou d obtenir un arbitrage. Les contraintes d ordre foncier et notamment le partage de l espace entre les aires protégés et les zones cultivables devront trouver leurs solutions dans le cadre de la mise en œuvre d un code pastoral plus équitable et plus incitatif. L amélioration de la performance des races locales soit par insémination soit par croisement avait donc permis d obtenir des performances acceptables (Holstein x white/red Fulani avec en moyenne 10 litres par jour et environ 240 jours de lactation). Mais suite à la crise économique qui à sévi de 1985 à 1995, ces actions se sont arrêtées. Les produits de croisement obtenus n ont pas été pérennisés, d où actuellement une forte dilution et une dégénérescence du matériel génétique existant. Un programme d amélioration génétique Holstein x White/Red Fulani et Holstein x Goudali est aujourd hui entrepris dans la région du Nord-Ouest par Tadu Dairy Cooperative Society (TDCS). Elle bénéficie de l appui du projet «Smallholder Dairy Development Project». La coopérative conduit des inséminations artificielles sur la base des chaleurs synchronisées mais aussi, sur la base des chaleurs naturelles. Les taux de réussite sont meilleurs avec 28
29 l insémination artificielle sur la base des chaleurs naturelles.. Plusieurs éleveurs traditionnels ont pu ainsi acquérir de génisses croisées. De ce qui précède, il peut être constaté que les performances des races locales demeurent faibles, mais sont susceptibles d être améliorée par le biais de croisements avec différentes races étrangères (Montbeliard, Holstein)10. Les éleveurs pour l instant s approvisionnent en matériel végétal par le biais des croisements effectués au sein de leur troupeau, sur les marchés locaux à bétail et bénéficient parfois des animaux mis à leur disposition par différents projets. Les grands éleveurs, quant à eux, procèdent généralement à des importations de nouvelles races. Sur un plan plus global, les efforts d amélioration du matériel génétique demeurent timides. En ce sens, la vulgarisation, la multiplication et mise à disposition des éleveurs de ces hybrides performants devraient être entrepris et soutenus par les pouvoirs publics à travers des partenariats conséquents, établis avec la profession11. Il existe sur le terrain des initiatives encore très localisées, sous l impulsion de sociétés privées à l exemple de la Tadu Dairy Cooperative Society (TDCS)12, et des ONG telles Heifer Project International. Ces projets nécessitent d être appuyés et démultipliés pour le passage à l échelle. Bien que de nombreux exemples nous permettent d'affirmer qu'un petit producteur de lait isolé peut trouver un écoulement pour son lait (vente de lait frais à Ngaoundéré), cette vente est souvent aléatoire car elle passe à travers des collecteurs qui paient en fonction des variations climatiques et du marché. La mise en commun de lait ou de produits laitiers dans une zone de production est un élément déterminant car il permet une réduction du coût du transport et du temps de commercialisation, et offre un pouvoir de négociation dans la transaction. Mais cet aspect associatif est de toute évidence un élément qui, bien souvent, mérite beaucoup de temps et de persuasion. En effet dans de nombreux pays, l'expérience négative des coopératives dirigées par l'etat a créé une aversion pour ce genre de groupements. En comparant avec le prix du lait en poudre reconstitué localement (environ 950 francs CFA), le lait produit localement revient moins cher. Mais pour le retrouver à table, s ajoutent des frais liés: à la collecte ; au transport ; à la conservation ; à la transformation ; au conditionnement ; au marketing. L étude de faisabilité du programme de développement de la filière lait au Cameroun (2008) estimait le coût de transport entre 24 à 48 francs CFA voire 100 francs par litre de lait produit pour les zones de production les plus enclavées. Parmi les races laitières exotiques jadis importées dans le cadre des efforts d amélioration du matériel génétique local, on peut citer le Jersey, la Holstein, le Montbéliard et la Holstein. Le croisement de ces animaux avec les races locales avait permis d obtenir des performances laitières plus appréciables comme le montre les résultats cidessous obtenus à l IRZ de Wakwa. C est l ONG Heifer International qui continue aujourd hui avec l acquisition et la distribution des vaches exotiques aux paysans du Nord-Ouest et de l Ouest (vaches Holstein). Il va falloir vulgariser des systèmes intégrés d exploitation ou systèmes agropastoraux mixtes agriculture-élevage voire pêche/aquaculture. Ce sont des élevages semi-intensifs dont la nouvelle configuration des bassins de production privilégiera l aménagement des ceintures laitières autour des grandes agglomérations. Il s agit donc d organiser les exploitations existantes et/ou installer de nouvelles en ceintures périurbaines. 10 Les résultats des travaux de recherche du Centre de Recherche Zootechnique et Vétérinaire de Wakwa sont disponibles. 11 Seule une profession forte et organisée pourrait servir d interlocuteur pour impulser et dynamiser le dialogue avec les pouvoirs publics. 12 Un programme d amélioration génétique Holstein x White/Red Fulani et Holstein x Goudali est aujourd hui entrepris dans la région du Nord-Ouest par Tadu Dairy Cooperative Society (TDCS). Elle bénéficie de l appui du projet «Smallholder Dairy Development Project». La coopérative conduit des inséminations artificielles sur la base des chaleurs synchronisées mais aussi, sur la base des chaleurs naturelles. Les taux de réussite sont meilleurs avec l insémination artificielle sur la base des chaleurs naturelles. 29
30 Pour le système extensif, l éleveur gardera autour de son campement (autour des grands villages) un noyau laitier de 5 à 10 vaches sélectionnées (Fulani ou Goudali ou Kouri). Pour les élevages semi-intensifs à intensifs nouveaux, ils s organiseront en ceintures laitières autour des grandes agglomérations. Mais dans tous les cas, pour être plus compétitif (1 er et 2 ème cas), l accent devra être mis sur l amélioration des pâturages par des cultures fourragères ; ce qui réduira considérablement le coût de l alimentation (réduction de la dépendance vis-à-vis des sous produits agro-industriels surtout en saison sèche), et le coût de collecte du lait et du transport. Cette approche encouragera aussi l implication de plus en plus importante des laiteries actuelles (cas de CAMLAIT, NESTLE) dans la transformation locale. Le diagnostic du marché de crédit révèle que le volume de crédit en faveur des PME est limité et leur coût demeure prohibitif. Les crédits bancaires sont de plus en plus orientés vers les grandes entreprises et entreprises du secteur minier et pétrolier à des taux moindres que ceux appliqués aux Petites et Moyennes Entreprises (PME). En effet, le taux d intérêt moyen des crédits accordés aux PME s élève à 16,52%, contre un taux de 10,96% appliqué aux grandes entreprises. En moyenne, le crédit accordé au secteur de production agricole ne représente que de 8,2% du crédit à l économie. Le coût de crédit aux PME est prohibitif parce que les banques estiment que le risque encouru sur ceux-ci est élevé, en raison des garantis à fournir. Un projet de création d une Banque Agricole est actuellement en étude et devrait mettre en place des mécanismes plus adaptés d assurance agricole et de financement des PME au Cameroun. Il s agit de pouvoir disposer de crédits à taux bonifiés. La redynamisation du réseau d épidémio-surveillance est un aspect capital dans la relance des activités de production laitière. A l état actuel, il est bâti sur des postes de contrôle sanitaire installés au niveau des frontières avec les pays voisins (Nigéria, RCA, Tchad). Il a bénéficié de l appui du programme panafricain de lutte contre les épizooties (PACE). Mais, depuis l arrêt du financement des partenaires au développement, le réseau fait face aux problèmes de fonctionnement (missions de contrôle, matériels de collecte et de conservation, équipements de laboratoire et personnel). Un véritable programme de contrôle et d éradication à long terme des maladies et zoonoses majeures (TB, Brucellose, FA) devra être mis en place. Ceci nécessite au préalable : - Des enquêtes épidémiologiques pour mieux cerner la prévalence de ces pathologies ; - L organisation des campagnes annuelles de vaccination contre la FA suivant les procédures officielles de l Organisation Internationale des Epizooties (OIE). Elles doivent être systématiquement suivies des enquêtes sérologiques post-vaccinales pour évaluer le taux de couverture national ; - L éradication complète de la TB et de la Brucellose par abattage systématique des cas cliniques ou des trouvailles d abattoir, destruction et l indemnisation des élevages sinistrés ; - La zonation du territoire (niveau de biosécurité) ; - Le renforcement continu des capacités des services vétérinaires et services d appui conseils publiques et privés ; - L équipement des postes de contrôle vétérinaire au niveau des frontières nationales ; - L opérationnalisation du mandat sanitaire. La mise en place de toutes les mesures ci-dessus mentionnées nécessite un cadre législatif incitatif notamment la protection temporaire du marché local pour permettre le décollage de la filière lait au Cameroun. L Etat doit être garant de la qualité des services à octroyer par les différents opérateurs économiques et des produits issus de la filière mais aussi, mettre en place un système de financement approprié. En conclusion, Il convient de rappeler que l une des contraintes majeures à la filière laitière au Cameroun est l importation massive de poudre du lait et de produits laitiers. Ces produits inondent les marchés entrant de ce fait en compétitivité déloyale avec les produits locaux. Avec les subventions qu accordent les pays exportateurs au secteur agricole, les productions locales ne peuvent émerger. Pire, l absence d un système de contrôle de qualité expose encore plus le continent Africain. Nous vivons le cas aujourd hui avec le lait frelaté d origine chinoise (Groupe SANLU au cœur du scandale), qui contient de la mélamine, produit chimique (azote) de l industrie du plastique, mélangé frauduleusement au lait pour augmenter sa teneur en protéines et qui a été à l origine des décès des bébés suite à la consommation du lait infantile. Certaines firmes implantées en Afrique reconnaissent avoir importé du lait en provenance de la Chine ces derniers mois. C est le cas du Gabon, du Burundi, de la Tanzanie et de la Côte d Ivoire qui viennent d ailleurs de réagir en suspendant toute nouvelle importation en provenance de la Chine. 30
31 Le Cameroun est dans la même situation que les pays précédemment cités; ce qui explique la réaction récente du Gouvernement en suspendant toute importation en provenance de l Asie. On voit toute l importance du laboratoire d analyse et de contrôle des denrées d origine animale de Douala qui demeure inachevé. L on se contentera pour le moment du dispositif mis en place par le Ministère de Commerce (contrôle de qualité suivant la grille d évaluation des produits à consommer respectant les normes internationales). Ce dispositif est relayé en seconde barrière par les services vétérinaires du port de Douala et les services déconcentrés du même ministère dans les provinces limitrophes. La filière laitière semble être très structurante pour le système d élevage. En effet avec un investissement de 270 Milliards constitué en grande partie par le capital bétail déjà existant, plus de unités productives peuvent être lancées dans le pays pouvant générer annuellement près de tonnes de lait soit pour la période plus de tonnes qui résorberait à elle seule plus d un tiers du gap de la période. Une telle production induirait en aval tout un réseau de petites et moyennes unités industrielles de transformation susceptibles de garantir la couverture de la demande urbaine dans des conditions de sécurité sanitaire assurée. En outre, les veaux mâles et les animaux de réforme issus de cette filière pourraient alimenter les réseaux d embouche pour une production de viande de meilleure qualité. 31
32 CHAPITRE QUATRE CARTOGRAHIE DE LA FILIERE PORCINE 1. Résumé analytique de la filière porcine Avec un cheptel de porcs estimé à 1,7 millions têtes, le Cameroun est un des principaux producteurs africains. La filière porcine au Cameroun connaît une importance socio-économique croissante depuis quelques décennies. Elle fait néanmoins face régulièrement à des épisodes de Peste Porcine Africaine (P.P.A), affection virale des suidés, contre laquelle il n existe ni traitement ni vaccin. Malgré le potentiel de production important que présente le pays, la filière porcine ne fournit qu environ tonnes de viande par an. Pour combler la demande en forte croissance, il est fait recours à des importations massives de porcs, principalement à partir du Tchad(42 milliards de F CFA/an. Le développement de la filière locale pourrait en même temps qu il permettrait de résorber cet important déficit, accroître les revenus des populations, développer l emploi en milieu rural et participer au commerce international du pays. La filière porcine apparaît fortement structurée, bien que la quasi totalité des acteurs opèrent dans l informel. Les relations contractuelles entre les agents sont en général bien respectées par les différentes parties. La filière souffre cependant d insuffisance d investissements. Les différents intervenants vivent en permanence dans la hantise des effets de la peste porcine qui sévit à l état endémique sur la majeure partie du pays. L essor et le développement du commerce de porcs entre le Cameroun et le Tchad se présente comme une alternative pour les anciens éleveurs, reconvertis dans la commercialisation. L étroitesse des marges unitaires réalisées par les différents agents impliqués sont compensées par la solidité des accords de partenariat. Trois orientations majeures semblent se dégager pour l avenir dans cette filière : (a) l appui à la production à travers la promotion du matériel génétique de qualité adapté aux conditions du milieu, la promotion de la santé des animaux à travers des systèmes de production conséquents, (b) la promotion de l investissement dans la filière pour soutenir des actions vigoureuses d assainissement de l environnement de la production et (c) la promotion des conditions et des normes de mise en marché des produits pour réduire les coûts de transaction encore très élevés. 2. Situation de la demande en viande de porc Au Cameroun, la population en 2020 devra certainement dépasser 27 millions d habitants contre 15 millions aujourd hui dont 18 à 20 millions seront dans les villes contre 7,5 millions aujourd hui. Il faudra donc opérer deux choix sur les systèmes de production à promouvoir compte tenu des problématiques actuelles de l offre et de la demande (stratégie sectorielle de l Elevage, des pêches et des Industries Animales), et la production porcine doit forcement en faire partie. 32
33 Le porc est consommé par plus de 70% de la population or, dans les zones rurales, les carences en protéine sont les plus accrues ; la promotion de l élevage du porc permettra ainsi de promouvoir la consommation de la viande par les populations productrices qui sont pour la plupart des petits paysans au pouvoir d achat très faible. Cette spéculation compte parmi les trois premières dans les productions animales. La filière porcine ne fournit cependant que tonnes de viande par an pour une prévision de tonnes, soit 2,02 kg de viande par an pour chaque consommateur. Cette faible production est surtout due au système de production porcine qui ne favorise pas son essor. Le Tableau No.ci- dessous donne les besoins en viande de porc sur la période Tableau No. : besoins en viande de porc de la population entre 2000 et 2o15 ANNEE POP DEBUT ANNEE POPULATION FIN D'ANNEE BESOIN EN VIANDE DE PORC KG BESOIN EN PORC EN TONNES BESOIN EN PORC POP PORCINE REQUISE POP PORCINE TRAD POP PORCINE EN INTENSIF PARAMETRES DE CALCUL TAUX D'ACCROISSEMENT ANNUELLE DE LA POPULATION 2,90% RENDEMENT CARCASSE 70% TAUX DE PRELEVEMENT ANNUEL 35% BESOIN EN VIANDE DE PORC / HBT/AN 5 KG POPULATION RELATIVE ELEVAGE TRADITIONNELLE SUR POPULATION TOTALE 60% POPULATION RELATIVE ELEVAGE SEMI INTENSIF SUR POPULATION TOTAL 40% Les négociants sont appelés " faiseurs de ligne" par analogie au trajet nord-sud qu ils effectuent avec leur chargement. Ils achètent les porcs dans le Nord-Cameroun et les revendent sur les différents marchés de Yaoundé. On en dénombre une centaine dont 18 % sont des femmes. Ils se divisent en deux groupes : les "gros porteurs" sont ceux qui ont la capacité financière de remplir seuls un camion ( porcs) et les "petits porteurs" ceux qui se mettent à deux, trois voire quatre pour faire le plein d'un camion. Il faut en moyenne une semaine à un négociant ou groupe de négociants pour faire le plein d'un camion. Les négociants sont aidés dans leur travail par 2 types d'acteurs : les courtiers et les rabatteurs. Les courtiers sont nombreux sur les marchés et s'imposent comme des intermédiaires incontournables entre les négociants, les 33
34 éleveurs et les rabatteurs. Ils jouent plusieurs rôles dans la transmission de l'information sur les prix et sur la qualité des produits : ils informent les négociants sur les animaux disponibles sur le marché et hors-marché; ils négocient en langue locale le prix avec le ou la vendeuse pour le compte du négociant (les vendeurs de porcs ne parlent généralement ni français ni bamiléké); ils procèdent à l'examen de la langue pour voir si l'animal n'est pas porteur de cysticerques ou "grains de riz". Chaque négociant possède un réseau de courtiers originaires de la zone, avec lesquels ils travaillent de manière régulière. Leur rémunération journalière est laissée à l'appréciation du "patron" est fonction du nombre d'animaux négociés mais aussi de la qualité des négociations. Les rabatteurs assurent les fonctions de regroupement, de stockage sur pied et de mise en contact entre producteur et acheteur. La distribution s opère à partir des différents marchés de porcs de Yaoundé et empruntent trois circuits principaux : Les bouchers vendent de la viande fraîche sur les différents marchés et carrefours de la capitale. Ils arrivent sur les marchés de porc l après-midi et choisissent le ou les animaux à abattre. Les bouchers recherchent les porcs lourds. Le poids est estimé à vue et le prix se discute. La vente se fait à crédit. Le paiement est effectué le lendemain matin avant le choix d un autre animal. L animal est ensuite confié à un abatteur. Chaque boucher a son abatteur. Ce dernier participe à côté du boucher au choix de l animal à abattre. C est lui qui est chargé d abattre le porc, de préparer la carcasse et de l expédier au boucher à son lieu de vente le lendemain matin. Selon la distance, le moyen de transport utilisé peut être une porte-charge ou un taxi. Les bouchers s'installent toujours à côté d'une poissonnerie car ils louent les congélateurs ou les chambres froides de cette dernière pour conserver le reste de leur viande. Ils vendent au kilo et ne gèrent pas plus de deux carcasses par jour. Les bouchers peuvent parfois disposer de plusieurs autres points de vente dans la ville tenus par des gens qu'ils payent. C'est une activité exclusivement entre les mains des hommes. Il n'existe pas de contrat écrit entre boucher et négociant et entre abatteur et boucher. Les "braiseurs" Ils vendent de la viande cuite appelée «viande braisée». Le lieu de vente est toujours situé à proximité d un bar. Ils se présentent sur les marchés le matin et c est l abatteur qui est chargé de choisir l animal à abattre. Ils recherchent des porcs légers. Si l animal choisi par l abatteur se trouve après abattage être très gras, le braiseur changera pour la prochaine fois d abatteur. L animal doit être abattu, nettoyé et envoyé au braiseur en début d après-midi. L'affluence des clients se fait le soir et les terrasses des bars se remplissent très vite. Les morceaux sont vendus pour être consommés sur place ou emportés. En général c'est un couple (mari et femme) qui s'occupe de la vente. Il peut arriver qu'un braiseur se fasse aider par un jeune dans la découpe des morceaux choisis par les clients. Dans ce cas, le "découpeur" est payé 500 francs Cfa la soirée. L'activité de braise est tenue en grande partie par des femmes. Quelques jeunes garçons s'y adonnent également. Il n'y a pas de contrat écrit entre "braiseur" et abatteur. Les vendeurs de boyaux Ils achètent les abats aux bouchers et aux "braiseurs". Ils cuisinent leur viande dans un four monté sur un pousseŕ pousse. A l aide de ce dernier, ils se déplacent d un carrefour à l autre pour vendre leur viande. Ils vont à la recherche des clients à des endroits et à des horaires fixes. Ce sont des jeunes hommes qui pratiquent cette activité. Aucun contrat ne les lie aux bouchers ni aux "braiseurs". Les consommateurs Ce sont des familles qui achètent la viande de porc au kilo directement chez le boucher ou à certaines occasions des porcs sur pied. Dans ce dernier cas, l animal est emporté ou confié à un abatteur sur place. C est les seuls clients qui payent cash aux négociants. Leur affluence sur les marchés de porc est constatée en fin de mois après la paye. Certains recherchent les porcs lourds, ayant une bonne conformation pour la consommation lors des fêtes ou pour la dot lors des mariages chez les Béti et les Bassa. Les consommateurs des produits issus de la viande de porc qui s alimentent par le biais des restaurants, bars et autres gargotes. 34
35 L importation des viandes présente des dangers à savoir le risque d introduction des maladies animales transfrontalières. En effet, la Peste Porcine Africaine selon la Direction des Services Vétérinaires du MINEPIA est entrée dans le pays au début de la décennie 1980 par la même voie et de nos jours le moyen le plus facile de protéger le cheptel animal est la limitation des importations. Les services chargés de l inspection des produits d origine animale importés ne disposent, jusqu à présent, pas des facilités de diagnostic des maladies animales transfrontalières d où la nécessité de limiter les importations. En plus, aux 25 milliards de F CFA de perte annuelle causée aux éleveurs par la mortalité due à la PPA, s ajoutent les devises sorties par l importation de viandes et autres produits dérivés chaque année. Au regard de ce qui précède, nul ne saurait dire qu il n est pas temps de promouvoir la production porcine qui porte tous les espoirs, jouissant d un potentiel très élevé, à travers un programme qui privilégierait le petit éleveur dans le renforcement de ses capacités à s intégrer dans la production de marché, et en mettant l accent sur le contrôle de la PPA, afin de sauvegarder les acquis des porciculteurs et de permettre un développement durable de la filière. 3. Offre et coûts de production Les principales races Plus de 80% des porcs élevés de nos jours au Cameroun sont des hybrides issus des divers croisements entre les races locales et les races améliorées. Ils jouissent de très bonnes performances reproductrices, de bonnes qualités maternelles et d une croissance rapide recommandées en élevage paysan. Poids adulte est de 250 à 350 kg. Le fort taux de métissage observé dans le paysage national, et surtout la multiplicité des races indique une histoire relativement dense en termes d introduction de souches au Cameroun. Les principales races de porcs répertoriées sur le territoire national sont les suivantes (Ttableau No Races locales Bamiléké, Kousséri, Bakossi ; Mankon Long nose Races améliorées Large white ou yorkshire Landrace Duroc Jersey Berkshire Hampshire Description Tableau.: Principales races de porcs disponibles au Cameroun Il existe plusieurs souches selon les régions. Elles sont très rustiques, de petit format, bonne pour l élevage familiale de subsistance. Qualités maternelles bonnes, faible prolificité porc blanc, très robuste d origine anglaise à l oreille dressée, bien adaptée en milieu tropical, bonnes qualités maternelles porc blanc, d origine danoise, au corps allongé et aux oreilles pendantes, grand format, bonnes qualités maternelles, plus sensible au stress que la large white porc marron (rouge brique), d origine américaine, très robuste, très prolifique, qualités maternelles médiocres porc noir, d origine anglaise, caractérisé par 6 points blancs aux extrémités des pattes, au groin et à la queue, petites oreilles bien dressées, prolificité faible, qualités maternelles moyennes porcs noirs, d origine anglaise, caractérisés par une ceinture blanche au niveau de la partie antérieure du corps, oreilles dressées, très excellentes pour les croisements entre les races, qualités maternelles moyennes Source : CDDR/SAILD ; Elevage des porcs Ŕ synthèse technique- Caractéristiques 4 à 6 porcelets à la mise bas 4 à 5 petits au sevrage poids adulte verrat et truie : 40 Ŕ 60 kg 10 à 13 porcelets à la naissance 9 à 10 porcelets au sevrage poids adulte verra et truie : 150 à 250 Kg 8 à 12 porcelets à la naissance 7 à 9 porcelets au sevrage poids adulte : verrat en truie : 150 à 250 kg 10 Ŕ12 porcelets à la naissance 7 à 9 porcelets au sevrage poids adulte : verrat et truite : 250 Ŕ 350 kg 7 Ŕ 9 porcelets à la naissance 5 Ŕ 7 porcelets au sevrage poids adulte verra et truie : 150 Ŕ 250 kg 8 Ŕ 7 porcelets à la naissance 5 Ŕ 6 porcelets au sevrage poids adulte : 150 Ŕ 200 kg A la lumière de la pléthore de races présentes sur le territoire national, et surtout du phénomène d hybridation, on serait en droit de s interroger sur les performances des animaux disponibles. 35
36 3.2 Les systèmes d élevage 13 L élevage des porcs peut être considéré comme une tradition ancienne au Cameroun. Il est encore dominé par des techniques rudimentaires et peu performantes. On distingue globalement trois principaux types d élevage d importance et aux performances différentes. Le système traditionnel Au Cameroun, 70% des exploitations sont du type traditionnel. Ici les animaux sont de race locale, élevés en divagation. Cette forme très ancienne est pratiquée sur toute l étendue du territoire et exclusivement en milieu rural. Ces races autochtones sont de petits formats, et se nourrissent des déchets ménagers et des tubercules des champs, ce qui est très souvent à l origine des conflits entre villageois. La production dans ce type de pratique n est pas contrôlée, la rencontre avec le partenaire se fait au hasard et l accouplement a lieu dans la nature, le plus souvent avec des partenaires du voisinage qui sont presque toujours génétiquement proches (car dans ce mode production, les porcs du village vivent en troupeaux constituant ainsi une même famille), d où un taux de consanguinité très élevé qui finit par aboutir à une baisse de productivité (bon à savoir, chez les truies de races locales du Cameroun, au total trois et au maximum quatre porcelets seront sevrés par an pour chaque mère). De plus, ces porcs dont l épaisseur du lard n encourage presque jamais le consommateur atteignent un poids maximal de 50 kg pour les plus productifs. Au cours de la divagation dans les champs ces porcs sont éventuellement en contact avec les suidés sauvages. Cette proximité entre porcs villageois et porcs sauvages constitue un risque important pour la porciculture du fait du risque de propagation possible du virus de la PPA. A rang des exploitations de type traditionnel, il y a lieu d inclure celles de la partie septentrionale de pays, localisée dans bassin du Logone, situé à cheval sur le grand Nord camerounais et le sud-ouest du Tchad, on y assiste à un essor rapide de l élevage porcin. Cet élevage est pratiqué au sein de certaines exploitations familiales de manière extensive : logement sommaire, divagation des animaux et rareté des soins. Il permet de valoriser les déchets ménagers et les sous-produits issus de la fabrication de la bière artisanale de sorgho (bil-bil) et de l'alcool (arki). Les paramètres de reproduction sont assez bons autant au Nord-Cameroun qu'au Sud du Tchad, avec en moyenne 2 mises-bas par an et une portée de 5 à 6 porcelets sevrés par femelle. Les éleveurs sont chrétiens ou animistes des ethnies Moundang, Guiziga Massa, Toupouri, et Sara. Le système d élevage familial Un autre mode d élevage très pratiqué est l élevage familial en système semi-intensif qui compte pour près de 30% du cheptel national. Ce type d élevage est prédominant dans les régions du centre, du littoral, du Nord-Ouest et de l Ouest ainsi que dans les zones péri urbaines et urbaines. Ici, les enclos qui contiennent en moyenne 10 individus, sont généralement construits en matériaux locaux. Dans certaines régions le sol n est pas crépi et est le plus souvent couvert à moitié de tôle. Les porcs issus de races améliorées sont de très fortes densités. Le système d élevage dit moderne ne compte que pour un peu moins de 10% de la production nationale. Ici tous les paramètres zootechniques sont respectés tant bien que mal. L alimentation est industrielle, les bâtiments modernes et les animaux de races améliorées (Large White et de plus en plus la Landrace) sont très performants aussi bien pour la taille de la portée que pour le gain moyen quotidien. Ce système de production est très propice pour une production soutenue. Les prix font l'objet de longues négociations entre le vendeur et l'acheteur. Il n'y a donc pas de prix fixe. Une enquête menée sur le marché de la carrière à Yaoundé nous a permis de constater que le prix de vente au kilogramme vif varie de 1600 à 2000 francs Cfa. Un kilogramme de poids carcasse est vendu à en moyenne à 1700 F Cfa. Le prix accepté en dernière proposition dépend de la marge que s'est fixée le commerçant. Les derniers animaux d'un lot sont vendus à bas prix, afin de vider l'enclos et de préparer un nouveau voyage. Les bouchers et les «braiseurs» qui sont les clients réguliers achètent à des prix moins élevé que les particuliers. Sur les marchés de Yaoundé, les bouchers vendent à leur tour le kg de viande à 1800 F Cfa. C'est un prix proposé qui peut faire l'objet de négociation. Des réductions peuvent être obtenues si les quantités désirées sont importantes. Le soir, à la tombée de la nuit, plutôt que de remettre de la viande au frais, certains bouchers procèdent parfois à des baisses considérables de prix en fonction de la quantité restante. Après la braise, un morceau de viande d'environ 13 La description faite des systèmes d élevage présents au Cameroun est inspirée du Programme de Développement de la Filière porcine au Cameroun. 36
37 150 g est vendu à 500 F Cfa soit 2800 F Cfa le kilogramme. Ici les prix sont fixes et ne sont pas négociables. Chez les vendeurs de boyaux, les prix sont variables suivant le morceau choisi et la quantité demandée. Le tableau No.. : ci-après donne une idée de la nature des coûts de la viande dans les différents types d élevage. Tableau : Comparaison de la structure des coûts dans les différents types d élevages de porc Rubriques Porc charcutier de 100 kg (nourri à l aliment composé du commerce) Coûts unitaires Structure de coût Porc charcutier de 100 kg nourri à l aliment fabriqué à la ferme incluant drèche de brasserie, déchets divers, résidus de cuisine Coûts unitaires Structure de coût Elevage traditionnel, porcs en divagation Coûts unitaires Structure de coût Porcelets (10-12 kg PV) % % % Aliments % % % Soins vétérinaires % % % Main d œuvre % % % Charges diverses % % % Amortissements % % % Total % % % Rendement carcasse (70%) Coût de production au Kg Source : Calculs des auteurs A la lumière de la structure des coûts calculée dans les différents types d élevages, il apparaît clairement que la majeure partie des porcs commercialisés dans les grandes villes du pays sont issus des élevages traditionnels. En effet, les coûts de production dans les élevages semi intensifs semblent encore prohibitifs. Les diagrammes ci-après établissent des comparaisons de prix et de coûts de production des différents systèmes d élevage. Diagramme No.. : Coût de production de la viande porcine 37
38 Ceci expliquerait en grande partie le manque d engouement pour l investissement dans la filière, en particulier dans les volets intensifs. La qualité : le choix d un animal à acheter repose sur de nombreux critères : le poids, la couleur de la robe, la conformation, l'état d'engraissement et l'état d'infestation de l'animal. Le poids est estimé à vue d œil. Les négociants possèdent une bonne expérience en la matière et peuvent estimer le poids d un animal avec une précision de plus ou moins 2 kg. En règle générale, ils recherchent les porcs d un poids compris entre 30 et 70 kg pour tenir compte des conditions de transport. Il semble que les porcs de couleur grise présente moins de graisse sous-cutanée et sont de ce fait les plus recherchés. Ensuite viennent les porcs bicolores (noir et gris). Les porcs noirs sont eux moins côtés et ne sont achetés qu'en dernier ressort. Les animaux ayant une bonne conformation sont recherchés. Les animaux qui présentent des blessures ne sont pas admis à l'achat. Pour apprécier l état d engraissement de l animal, le commerçant ou son intermédiaire pince la peau de ce dernier au niveau des vertèbres lombaires entre le pouce et l index. Si l animal est gras, la peau ne se retient pas, sinon elle reste coincée entre le pouce et l index. C est le critère le plus déterminant pour l'achat. Enfin, l'évaluation de l état d infestation parasitaire de l animal se fait par examen de la langue ou «langueyage». C est une technique ancienne de détection de la cysticercose porcine sur des animaux vivants. Elle consiste à palper et à explorer la face inférieure de la langue de l animal à la recherche de cysticerques appelés localement "grains de riz". Cette technique souvent employée par les villageois est sensible à 70 % et présente une spécificité de 100 %. Toutes fois, le langueyage bien que sans coût ne permet dans la plupart des cas que la détection des animaux massivement infestés. L'examen des pratiques commerciales d'appréciation de la qualité permet de souligner le fait que les porcs du nord sont appréciés pour leur faible teneur en graisse. L'usage "à la braise" des viandes du nord explique ce recours à des viandes de porc plus maigres que les viandes importées ou produites dans le sud du Cameroun. Toutefois, le porc du Logone présente certains risques d'infestation qui limitent sa qualité et donc sa compétitivité. Analyse de la compétitivité de la filière Finalement, il apparaît que la compétitivité du porc du Logone repose à la fois : 1. Sur des coûts de production relativement faibles en comparaison des élevages intensifs du sud du pays 2. Sur des réseaux commerçants particulièrement bien structurés autour de liens hiérarchiques et de solidarités intra-familiales ou intra-ethniques 3. Sur une qualité spécifique du porc du Logone liée aux conditions de production : la maigreur de la viande. La structure de la filière semble relativement efficace pour garantir ces facteurs de compétitivité : les liens "marchands" en amont et en aval de la filière garantissent une flexibilité maximale sur les quantités vendues et sur les prix, tandis que les liens à l'intérieur des réseaux permettent de réduire les risques liés au transport et au commerce. Cette structure a aussi pour effet de reporter les risques les plus importants sur le secteur de la production : c'est à la première mise en marché que le taux de mévente est le plus élevé. Il est parfois dû à une mauvaise qualité du produit qui peut se traduire par un déclassement définitif de l'animal. D'autre part, les risques liés à la traversée de la frontière sont la plupart du temps pris par les producteurs eux-mêmes. Ainsi, l'essor du bassin de production du Logone semble s'appuyer sur un système de négoce "classique", qui valorise bien la spécificité du produit et la "réputation" du porc du Logone. L'innovation agro-alimentaire semble issue beaucoup plus de "signaux de marchés" que d'institutions collectives. En dehors des rabatteurs qui sont en nombre très réduits, il ne semble pas exister de dynamique locale de création d'avantages compétitifs ou d'institutions collectives autres que de simples marchés physiques. Finalement, on est en présence d'un réseau de négociants presque "déconnecté" de la production et des réseaux locaux susceptibles de faire émerger un système agro-alimentaire localisé. La situation est assez comparable à 38
39 certains réseaux de commercialisation de la viande bovine ou des céréales qui peuvent véhiculer des "réputations" particulières sans véritablement générer de systèmes agro-alimentaires localisés. Il n'est pas sûr que ce type de filières résiste à des perturbations du marché. De ce point de vue, la compétitivité de la viande porcine du Logone apparaît relativement fragile, et essentiellement liée à la performance des réseaux de commerce ainsi qu'aux évolutions des modes de consommation et des préférences des consommateurs. Le secteur de la production apparaît finalement assez passif. Il n'existe pas véritablement d'organisation de producteurs orientée vers la défense et le renforcement de la spécificité du bassin de production de viande porcine du Logone. Il ressort de ce diagnostic que la filière porcine a un grand potentiel de production, mais l amélioration des systèmes de production et le contrôle efficace de la peste porcine africaine sont les conditions si ne qua non pour optimiser les résultats. De plus, la filière ne joue pas pleinement son rôle dans la contribution à la sécurité alimentaire où seuls 2,02 kg de viande sont produits. 4. Les contraintes et perspectives d amélioration de la filière porcine Les principales contrainte à la production de porc au Cameroun peuvent être regroupées sous quatre volets, parmi lesquels la santé des animaux occupe une place de premier plan, suivie des conditions d élevage, de l alimentation et de la non maîtrise des pratiques d élevage. La dernière enquête épidémiologique sur la Peste Porcine Africaine, conduite par la Direction des Services Vétérinaires du MINEPIA fait état d une incidence assez élevée (12% des prélèvements effectués ont révélé la présence du virus de la PPA chez les sujets testés). Les systèmes de production porcine au Cameroun contribuent grandement à la dissémination du virus de la PPA dans le pays. Depuis l apparition de la PPA au Cameroun en 1982 jusqu à ce jour, aucun foyer n a été décelé dans les régions du Nord et de l Extrême Nord du pays. Cette observation est aujourd hui corroborée par les résultats du contrôle sérologique qui ne font état d aucune suspicion de foyer de PPA. La Peste Porcine Africaine (PPA) qui s est enracinée de façon endémique dans le pays constitue un véritable danger pour cette filière d où tirent leurs moyens de subsistance, de nombreuses familles, principalement les couches sociales les plus démunies des villes et des zones rurales. Elle constitue la principale contrainte au développement de la porciculture au Cameroun et est à l origine du découragement de nombreux éleveurs Les autres maladies des porcs sont désignés sous le terme «maladies rouges» qui indiquent un ensemble de conditions cliniques qui se manifestent par des lésions cutanées rougeâtres ou tendant à la rougeur. C est un terme ambiguë du point de vue épidemiologique car ce terme confond ce qu il faut absolument différencier au laboratoire pour des raisons thérapeutiques : rouget du porc, peste porcine classique, salmonellose et Peste Porcine Africaine. Le rouget est à côté de la PPA la maladie la plus importante de part sa prévalence et la mortalité qu il cause. C est une affection bactérienne causée par une bactérie appelée Erysipelothrix rhusiopathie. D autres maladies de porcs existent mais pour les mêmes raisons que celles déjà évoquées, aucun diagnostic de confirmation n a été posé. On se limite très souvent au traitement aveugle, aussi aléatoire que cela puisse être. Toutefois, la certitude de l absence des maladies porcines n est pas acquise, et l état génétique des pathogènes connus est tout aussi incertain à cause des importations dont la qualité est très difficile à garantir par les services chargés de l inspection sanitaire vétérinaire, démunis de laboratoire de contrôle de qualité. Les maladies exotiques ou celles supposées endémiques sont : la grippe de porc, la maladie d Aujezky, la gastro-entérite transmissible, la stomatite vésiculeuse, l encéphalomyélite virale, l éperythrozoonose (causée par une rickettsie), la dysenterie, la pasteurellose, la tuberculose, les salmonelloses 39
40 Elles sont autant d infections bactériennes et virales dont il faut vérifier le statut épidémiologique, car pour la plupart, le contrôle est possible soit par l effectivité des traitements, soit par l existence d un vaccin. Les maladies parasitaires telles que l ascaridiose, la trichinellose, la cysticercoses, la coccidiose, la sarcocystose, la cryptosporidiose, la strongyloidiose, la trichinose, etc. sont présentes mais peu dangereuses car répondant très bien au traitement. Parmi ces maladies, bon nombre sont des zoonoses, donc pouvant être transmises à l homme, et l ingestion par l alimentation est le mode de transmission le plus courrant. Ainsi, afin de protéger une population déjà assez pauvre et vulnérable, qui ne peut, dans la plupart des cas supporter un traitement très onéreux, il faut s assurer que les viandes produites sont dépourvues de ces germes dangereux pour le consommateur par une couverture sanitaire effective du cheptel. Le potentiel de la filière porcine au Cameroun est énorme du point de vue (i) économique : forte utilisation de la main d œuvre rurale et urbaine tels que les éleveurs, les marchands de porcs, les provendiers, les vétérinaires et les techniciens d élevage, les charcutiers et gargotiers etc. (ii) social : activité génératrice de revenus pour les couches sociales les plus vulnérables à l instar des femmes rurales, des jeunes, des retraités etc. (iii) sécurité alimentaire : le potentiel de production du porc en terme de quantité de viande est capable de réduire considérablement le déficit en protéines d origine animale au Cameroun, qui de nos jours oblige les autorités à permettre l importation de grandes quantités de protéines animales à l exemple des 42 milliards de francs de produits de cette nature importés pour la seule année 2002,(toutes viandes confondues) et de limiter l importation de viande. L importance de la proportion des populations consommant les produits issus des élevages de porc ne laisse pas les pouvoirs publics insensibles, particulièrement à la protection du consommateur. On peut évaluer le nombre de braiseurs de porcs à plus de 250 dans la seule ville de Yaoundé et plus encore à Douala, Bafoussam et Bamenda, ce qui fait plus de 250 porcs braisés par jour dans la seule ville de Yaoundé pour un chiffre d affaire journalier de 25 millions de F.CFA environ. Au Cameroun, 70% des exploitations sont du type traditionnel. Ici les animaux sont issus de races locales, élevés en divagation. Cette forme très ancienne d élevage est pratiquée sur toute l étendue du territoire et exclusivement en milieu rural. Ces races autochtones sont de petits formats, et se nourrissent des déchets ménagers et des tubercules des champs, ce qui est très souvent à l origine des conflits entre villageois. Un autre mode d élevage très pratiqué est l élevage familial en système semi-intensif qui compte pour près de 30% du cheptel national. Quant au système d élevage dit moderne, il ne compte que pour un peu moins de 10% de la production nationale. Il ressort de ce diagnostic que la filière porcine a un grand potentiel de production, mais l amélioration des systèmes de production et le contrôle efficace de la peste porcine africaine sont les conditions si ne qua non pour optimiser les résultats. De plus, la filière ne joue pas pleinement son rôle dans la contribution à la sécurité alimentaire où seuls 2,02 kg de viande sont produits. Par ailleurs de nouvelles professions de la filière sont de plus en plus exercées par les jeunes en quête d emplois dans les grandes métropoles du Cameroun et leur émergence, très remarquable dans d autres activités du secteur informel, mérite une attention particulière car, ces métiers constituent une composante avec laquelle il faut absolument compter dans la lutte contre le chômage et le sous- emplois. Les principales contraintes à la production de porc au Cameroun peuvent être regroupées sous quatre volets, parmi lesquels la santé des animaux occupe une place de premier plan, suivie des conditions d élevage, de l alimentation et de la non maîtrise des pratiques d élevage. 40
41 CHAPITRE CINQ CARTOGRAHIE DE LA FILIERE BOVINS/VIANDE ET PETITS RUMINANTS 1. Résumé analytique de la filière viandes rouges Le cheptel bovin au Cameroun est estimé à 5,3 millions de têtes, les ovins et les caprins quant à eux sont environ 7,7 millions. On distingue environ 16 espèces bovines, une dizaine d espèces ovines et une demi-douzaine d espèces caprines. Ces animaux présentent des performances en viande très variables. L'alternance des saisons sèche et humide, ainsi que le caractère erratique de la pluviométrie façonnent profondément les systèmes de production. On distingue trois systèmes dans la partie septentrionale, auxquels il faudrait adjoindre celui pratiqué dans le Nord ouest et l Adamaoua. Dans la partie septentrionale, les troupeaux sont conduits en formation mixte et en élevage transhumant (70 %). On note l émergence d autres types d élevage, parmi lesquels : le semi sédentaire (20 %), l élevage semi intensif (5 %) et les ranchs (5 %). Plusieurs contraintes entravent l'accroissement de la productivité du cheptel. Elles sont liées pour la plupart à l'eau et à l'alimentation, à la santé, aux pratiques d'élevage et à l'écoulement des produits. La filière des viandes rouges dépasse largement le cadre du territoire national et s étend sur l ensemble des pays de la région. Pour une meilleure appréciation de l activité, l échelle régionale constitue un espace pertinent. Les acteurs qui y sont impliqués, sont organisés en familles, clans et tribus et opèrent sur plusieurs pays. Ils s approvisionnent dans les grandes zones de production et régulent l orientation des animaux vers les marchés en fonction des saisons et de la demande anticipée et des caractéristiques spécifiques des principaux marchés terminaux (consentement à payer des consommateurs suivant les évènements). Le processus de formation de prix de la viande est surtout fonction des disponibilités en herbes sur les parcours dans les zones de production, de l éloignement des centres de consommation et des coûts de transactions supportés. Les marges des différents acteurs s ajustent en fonction des saisons. En fonction de l émergence de pôles de productions nouveaux, des marchés de niche peuvent se développer, leur espace d influence étant fonction des volumes et de la régularité des approvisionnements. Le développement de cette filière peut être envisagé suivant : (a)une gestion concertée des espaces de parcours et de l état sanitaire des animaux ; (b) l émergence de nouveaux systèmes de production sédentarisés et plus intensifs, à travers l intégration agriculture élevage ; et (c) la rationalisation des modalités de mise en marché des produits et le développement des industries de transformation des produits et sous produits. 2. Situation de la demande en viandes rouges En 1986/87, le VI plan quinquennal avait évalué la consommation annuelle de viande par habitat à kg pour le bovin et petits ruminants (10.05 et 2.03 respectivement) pour un total de kg/hab/an pour toutes les 41
42 viandes, ce qui représentait 78.49%. Aujourd hui, la consommation moyenne de la viande bovine est d environ 7.1 kg/hab/an avec des pointes de 21.3kg/hab/an et 14.5kg/hab/an respectivement à Yaoundé et à Douala. Les statistiques ont montré une baisse de consommation. Cette baisse se sent sur l ensemble du pays et notamment dans les grandes villes, et cela depuis 1987, ce qui témoigne de la forte baisse du pouvoir d achat des ménages (Lunel, 2000). En 2000 sur les villes de Douala, Yaoundé, Bamenda et Ngaoundéré la consommation individuelle de viande bovine se situe en ville autour de 6,5 à 7,5 kg/hab/an, alors qu elle se situait entre 17 et 23 kg/hab/an en 1987 (Lunel, 2000). Ce constat est confirmé par des études menées à Garoua et Maroua où la consommation serait de l ordre de 6,5 à 7,5 kg/ha/an ces dernières années, contre près de 30 kg dans les années 80 (GESEP, 2002). Malgré l importance du cheptel de ruminants (6 million de bovins et 7 million de petits ruminants), le Cameroun fait appel à de fortes importations et ne participe que faiblement aux exportations vers le Nigeria. Au vu de la croissance démographique (2,8 % par an) et de l urbanisation (5,5 % par an), le Cameroun aura à faire face, dans un futur proche, à des problèmes de pénurie et de hausse des prix des produits animaux. L étude du secteur élevage du CIRADEMVT/ BDPA-SCETagri 1995) estimait qu en 2010 l offre locale de viande bovine et de petits ruminants ne couvrirait respectivement que de 65 % et 75 % de la demande. (Tableau No. et No..) 42
43 Consommation des viandes de bœufs et de petits ruminants (Demande et offre) Tableau No..: Evolution du taux de couverture de la demande en viande de Boeuf de 2008 à 2015 Années Population(Habitants) Production nationale (tonnes) Demande nationale (tonnes) Taux de couverture (%) Déficit (tonnes) Sources : Consultants Tableau No. : Evolution du taux de couverture de la demande en viande de petits ruminants 2008 à 2015 Années Population(Habitants) Production nationale(tonnes) Demande nationale (tonnes) Taux de couverture (%) Déficit (tonnes) Sources : Consultants
44 3. Situation de l offre et coûts de production des viandes rouges En dehors des échanges frontaliers observés aux frontières de la partie septentrionale du pays, les viandes de ce type sont pour de 90% produites localement. On dénombre environ 16 espèces bovines exploitées au Cameroun. (Tableau No.) Les espèces bovines exploitées au Cameroun Espèces Bovines Bakossi Bakweri Bamileke Banyo ou Adamawa Gudali Caractéristiques principales Corne courte, dans la région de Mont Manengouba dans la province du Sud Ouest Pied du Mont Cameroun Espèce composite du Gudali de L Adamaoua et Bororo à robe rouge, Province de l Adamaoua Shuwa ou Arab Choa Kapsiki ou Kidri Province de l Extrême Nord à Mokolo, Mandara Kuri Corne longue, Basin du Lac Tchad Mbororo à robe blanche (white fulani, Provinces du Nord Ouest et Adamaoua dans les parties ouest, Akou, Bonanji) Mbororo à robe rouge (red Mbororo, Corne longue, nord Cameroun Djafoun) Doayo (Namchi) Poli, Nord Cameroun Ndama (Futa, Fouta jallon) Palmeraies du Littoral, Sud Ouest, sans corne Ngaoundéré, Foulbé, Peuhl Préwakwa Brahman x Adamawa, originaire de Wakwa, Toupouri (bovin du Logone) Yola (Foulbé de Yola) Sang Gudali de l Adamaoua et Muturu Source : Chili p., Etat des lieux de la filière viande au Cameroun, Document FAO (2009) Les petits ruminants «appelés vaches des pauvres» sont constitués par les ovins et les caprins. Ils sont élevés sur toute l étendue du territoire camerounais avec cependant un développement variable selon les régions. Les régions du Nord et Extrême-Nord totalisent à elles seules près 75% du cheptel ovin et caprin du pays. L élevage de ces animaux constitue une épargne ou l argent peut être obtenu pour subvenir aux besoins de la famille. Les tableaux No. Et No. Donnent l origine des petits ruminants élevés dans le pays. Tableau : Les espèces ovines mises en œuvre au cameroun. r Espèces ovines Bornu (balani) Dorset Katahdin Kirdi/Massa Le nain de l Ouest Africain ou Djallonké Peuhl ou foulbé (fulan) Suffolk Uda ou felleta ou louda Woila Source : Chili p., Etat des lieux de la filière viande au Cameroun, Document FAO (2009) Tableau..: Les espèces caprines élevées au Cameroun Espèces caprines Chèvre du désert ou du Sahel Chèvre de Kirdi Chèvre rouge de Sokoto ou de Maradi Nain de l Ouest africain ou Djallonké Nubian Saanen Caractéristiques principales Variété de fulani, dans le nord Cameroun, production de la viande Importée des USA à la station de Mankon, Bamenda, pour la production de la laine Importée des USA à la station de Mankon, Bamenda, pour la production de la laine Variété de la naine de l Afrique de l Ouest, dans les provinces du Nord pour la production de la viande Espèce indigène dans la zone de la savane pour la production de la viande Espèce indigène dans le nord et l Adamaoua pour la production de la viande Importée des USA à la station de Mankon, Bamenda, pour la production de la laine Variété fulani pour la production de la viande Vaariété de fulani Caractéristiques principales Importée du Tchad au Nord Cameroun Variété du nain de l Ouest africain, se trouve dans le nord du Cameroun Importée pour le lait Importée pour le lait 44
45 Toggenburg Importée pour le lait Source : Chili p., Etat des lieux de la filière viande au Cameroun, Document FAO (2009) Les systèmes d élevage 14 L'alternance des saisons sèche et humide, ainsi que le caractère erratique de la pluviométrie déterminent les systèmes de production. On distingue trois systèmes dans la partie septentrionale, auquel il faudrait adjoindre celui pratiqué dans le Nord ouest et l Adamaoua. Le système transhumant Ce système est caractérisé par des déplacements des troupeaux en saison sèche à la recherche de pâturages restés humides. La distance moyenne de leur déplacement est de 30 à 90 km et les départs s'échelonnent d'octobre à décembre. Une vague tardive transhume vers les mois de janvier ou février. Les éleveurs concernés par ce système sont nombreux dans le Nord et ils se déplacent avec tout leur troupeau, toute leur famille et ne pratiquent pas l'agriculture. La diversification des revenus se fait à travers la composition de troupeaux mixtes de bovins et d'ovins. Ils complémentent souvent la ration alimentaire de leurs animaux avec du sel gemme et du sel et les vermifugent régulièrement. Le gardiennage des troupeaux est de type familial. Le système semi-sédentaire Ce système est pratiqué par des éleveurs-agriculteurs. La plupart d'entre eux produisent du mil, du sorgho mouskouari et du maïs pour leur propre consommation. Ils attendent la récolte du mouskouari pour faire paître les chaumes. Après ce pacage, ils vont vers les plaines inondables (yaérés) dans l'extrême-nord et vers les points d'eau dans les autres zones. La distance moyenne de leur déplacement est de 10 à 30 km. L'élevage est leur principale activité, et ils exercent à un moindre degré une activité agricole essentiellement vivrière. Nombreux dans le centre-nord, les éleveursagriculteurs utilisent une main-d'œuvre en partie familiale pour le gardiennage des troupeaux et une main-d'œuvre salariée pour les cultures. Ils complémentent la ration alimentaire leurs animaux par des résidus de récolte et du sel. Le système sédentaire Dans le système sédentaire, l'agriculture et l'élevage sont pratiqués sur les mêmes exploitations. On retrouve ce type d'éleveurs dans toute la région; ce sont des agro-éleveurs très diversifiés qui produisent et vendent du coton, du maïs, du sorgho, du niébé et parfois des fruits et légumes. Leur déplacement est d'environ 10 km. Le gardiennage se fait par un membre de la famille ou un salarié. Les résidus de récolte disponibles et les sous-produits agricoles et agro-industriels, comme le tourteau de coton, sont très utilisés. Ils pratiquent la culture attelée et complémentent la ration alimentaire de leurs animaux avec du sel de cuisine et du sel gemme. Le développement de ce type d'élevage est principalement dû au revenu provenant du coton, des cultures d'oignon ou du riz. Le cheptel bovin par propriétaire est généralement faible, allant d'une paire de bœufs de trait à un petit troupeau de 10 à 20 têtes. Le système semi-intensif Le système semi intensif se fonde sur l introduction du matériel végétal amélioré, l amélioration des pâturages et la complémentation alimentaires des animaux. Le suivi vétérinaire des bêtes est réalisé avec plus de régularité. Les animaux sont vaccinés contre les principales maladies. Ce système est développé dans les régions de l Adamaoua et du Nord-ouest. On pourrait également y inclure les initiatives encore isolées d élevage sous palmeraies qui se développent dans les régions du Centre et du Sud. 14 Njoya A. et al (1995): Systèmes d'élevage et productivité des bovins en milieu paysan au Nord-Cameroun. 45
46 La conduite des troupeaux 15 La taille moyenne des troupeaux est en général de 45 à 50 bovins, auxquels sont très souvent associés des ovins et des caprins. Certains propriétaires possèdent plusieurs troupeaux. Les troupeaux dans la majorité des cas ne sont pas spécialisés. Selon Njoya et al (1995) les troupeaux se composent de zébus Akou (39 pour cent), Goudali (28 pour cent), Mbororo (18 pour cent), et Arabes chouas. Sur l'ensemble des troupeaux, les mâles représentent 39,2 pour cent du cheptel, se décomposant en 36,9 pour cent de mâles entiers et en 2,3 pour cent de castrés utilisés surtout comme animaux de trait. On note un certain nombre de femelles âgées dans les troupeaux (figure.). Même si elles ne sont pas toujours très fécondes, les vieilles vaches, plus rustiques, sont conservées car elles ont acquis une certaine rusticité en ayant échappé aux multiples aléas de l'élevage (peste bovine de 1982 et disettes de 1984, 1985 et 1987). Elles constituent le capital de confiance de l'éleveur. La répartition des naissances en fonction des saisons indique les proportions suivantes: 34,3 pour cent en saison sèche froide (octobre à janvier), 45,6 pour cent en saison sèche chaude (février à mai) et 20,1 pour cent en saison des pluies (juin à septembre). Près de 80 pour cent de naissances surviennent pendant la saison sèche, d'octobre à mai. Cela correspond à des saillies de la saison des pluies lorsque les pâturages sont abondants et de bonne qualité. Le taux de fertilité apparent moyen dans les élevages est de l ordre de 53,7 pour cent et le taux de fécondité de 52,1 pour cent. Dans ces élevages, le taux de fertilité évolue en dents de scie d'une année sur l'autre. Le quotient de mortalité est relativement élevé, (11,4 pour cent) en moyenne. Il est très variable d'un élevage à l'autre. La mortalité des bovins est beaucoup plus faible:(2,3 pour cent). Elle varie en fonction des années et des régions. L'Extrême-Nord enregistre des taux plus élevés, (3 pour cent contre 1,7 pour cent dans le Nord), en raison de l'insuffisance des disponibilités fourragères et des problèmes d'infestations parasitaires. D'autres élevages ont connu des taux de mortalité plus élevés, pouvant atteindre 14,6 pour cent. Les principales causes de mortalité ont été répertoriées. Ainsi, en dehors des causes accidentelles, le parasitisme digestif et la malnutrition constituent les causes majeures de mortalité chez les bovins. On note la recrudescence de certaines maladies dans la région, telles que la tuberculose, la pasteurellose, la cowdriose, le charbon symptomatique et bactéridien. Le poids à âge-type des bovins en milieu paysan est résumé dans le tableau ci-après. A la naissance, les mâles sont légèrement plus lourds (0,8 kg) que les femelles. Après le sevrage qui survient naturellement entre huit et 10 mois, les mâles ont une croissance plus rapide que les femelles. Ils atteignent leur poids adulte à partir de cinq ans, soit environ 350 à 400 kg. Le poids adulte des femelles est atteint à partir de quatre ans, environ 270 kg. Pendant la saison sèche, les animaux accusent une chute de poids considérable. Elle est beaucoup plus importante chez les femelles dont les adultes perdent près de 15 kg en un mois, entre avril et mai, avec le retour des pluies. On note une grande variabilité de poids attribuable à plusieurs facteurs dont les plus importants sont la race, la saison de naissance, la complémentation alimentaire de saison sèche, les disponibilités fourragères et les soins aux animaux. Table : Poids par âge-type des bovins en milieu paysan au Nord-Cameroun Mâle Femelle Age (ans) Nombre de mesures Poids (kg) Ecart-type de la moyenne Nombre de mesures Poids (kg) Ecart-type de la moyenne Naissance ,3 5, ,5 6,0 0, Source : Njoya et al (1995) : Systèmes d'élevage et productivité des bovins en milieu paysan au Nord-Cameroun. 15 La conduite des troupeaux fait ici référence au système transhumant dominant pour la production de viande. 46
47 L'exploitation concerne les animaux sortis par la volonté de l'éleveur et sans retour possible dans le troupeau, pour des raisons telles que la vente, l'abattage, la dot ou le don. Même si l'effectif du troupeau demeure pour beaucoup trop d'éleveurs le symbole du prestige social, ils n'hésitent plus à commercialiser leurs animaux en cas de besoin. L'exploitation des animaux est très précoce, intervenant parfois dès l'âge de deux ans; celle des femelles est plus faible. Elles sont retenues le plus longtemps possible comme reproductrices. Le taux d'exploitation est 19,6 pour cent. Il est de 25 pour cent dans l'extrême-nord et de 13,8 pour cent dans la région du Nord. Les éleveurs de l'extrême-nord pourraient être obligés de déstocker beaucoup plus d'animaux avant la transhumance en raison de la précarité des ressources fourragères. Les ventes constituent la principale forme d'exploitation des troupeaux: chaque année 15,2 pour cent des bovins sont vendus dans les élevages suivis. Les jeunes mâles d un à quatre ans constituent la tranche d'âge la plus vendue. Le prix de vente varie en fonction des types d'animaux, des années, des saisons et des régions. Les circuits économiques de la filière viande Les circuits économiques de la viande sont à quelques différences près identiques à ceux de la filière lait. Les produits sont en effet issus des mêmes systèmes d élevages, mais suivent des itinéraires différents au stade de communication. Les marchés La caractéristique principale des marchés à bétail est la commercialisation des bovins et des petits ruminants (ovins et caprins). On distingue en général trois types de marchés: les marchés de collecte, les marchés terminaux ou de consommation et les marchés frontaliers. Les marchés de collecte sont localisés dans les zones de production ou à leur proximité. Ils assurent le ravitaillement des autres types de marchés (consommation et frontaliers). Ces marchés permettent aux éleveurs d écouler leur bétail et aux commerçants de s en approvisionner. C est également le lieu pour les éleveurs d acquérir du matériel animal (veaux, taurins, ). Estimation du prix au kilogramme de la viande Dans les zones de production, le prix de cession des animaux mâtures fluctue énormément avec les saisons. On estime en moyenne entre 200 et Francs CFA le prix d un bœuf bien conformé de 350Kg. Ceci revient à dire que le kilogramme de poids vif varie entre 575 et 800 Francs CFA. Le marché ne fait pas d appréciation selon la provenance de l animal. Cette pratique n encourage pas du tout les éleveurs à recourir aux intrants améliorés pour nourrir leurs bêtes, du fait que le coût marginal induit par ceux-ci, n est pas rémunéré de manière spécifique. Les compléments alimentaires ont pourtant l avantage de permettre aux animaux de traverser les périodes sèches sans accuser de pertes majeures de poids. Les marchés de consommation sont localisés à proximité des grands centres urbains. Ils permettent d approvisionner les abattoirs. Les bouchers et autres transformateurs de viande s approvisionnent sur ces marchés. Ce sont des lieux où les opérations sont bien codifiées. Les acteurs se connaissent bien entre eux et les prix s y établissent à l issue d un marchandage âpre. Les marchés frontaliers sont localisés aux confins des frontières avec les pays voisins : (Tchad, République Centrafricaine, Nigeria). La plupart des transactions sur ces marchés, se réalisent avec des animaux sur pied. Les acteurs sont en général regroupés dans des organisations bien structurées. Les principales contraintes à la commercialisation des animaux l insécurité (action des «coupeurs de route»), les tracasseries administratives,l insuffisance de l inadéquation des moyens de transport, les systèmes d information sur les marchés peu performants et les difficultés saisonnières de transport (mauvais état des routes). Les intermédiaires de la commercialisation Les intermédiaires de la commercialisation opèrent sur un large éventail de marchés (marchés de collecte, marchés frontaliers) dans la sous région. Ils achètent généralement les animaux sur pied, les 47
48 convoient vers des zones de regroupement et les font transporter vers les marchés de consommation par le biais de divers moyens (camions, trains, ). Ils s organisent par famille et par tribu suivant les grands axes et les types de bovins commercialisés. Ils maîtrisent l ensemble des maillons de la filière et jouent un rôle essentiel dans la fixation des prix. En l absence de systèmes d information sur les marchés performants, les prix s ajustent à la lumière des informations qu ils acceptent de partager. Ils jouent le rôle de régulateurs de tendance en fonction des saisons. Le tableau No.. ci-après donne des précisions sur le mécanisme de formation des prix Table 1 : Mécanisme de formation du prix de la viande tout au long de la filière (Animaux transportés par train au départ du marché à bétail de Likop Ŕ Ngaoundéré-Yaoundé) Opérations Coût par convoi Coût par tête Prix d achat à Likop Intermédiaire de négociation Convoi à la gare à pieds 1000 Inspection vétérinaire 100 Impôt à la gare Taxe de marché 1000 Frais à la gare (gardiennage) Herbe Chargement train Frais CAMRAIL Convoyeur Décharge train et convoie au marché Frais Association des commerçants Gardiennage 400 Herbe, eau et gardiennage au marché par jour 1300 Taxe mairie Prix de revient à Yaoundé Prix de vente Marge bénéficiaire Source : Chili Peter (2008) Le prix au kilogramme de viande de bœuf peut parfois varier du simple au triple tout au long de la filière en fonction des zones d approvisionnement. Les intermédiaires de la commercialisation, constituent le maillon à travers lequel se définit le prix de la viande. Le Tableau No.indique les différentes marges encaissées par les opérateurs des filières. Les commerçants et les bouchers sont les plus grands bénéficiaires Table.: Répartition de la valeur ajoutée par type d opérateurs (Francs CFA/animal) Opérateurs Prix pratiqué Différentiel de Taxes Autres Marges prix charges Eleveurs Commerçants locaux Bouchers Commerçants exportateurs ( ) ( ) NB : les valeurs entre parenthèses correspondent au cas où les exportateurs s approvisionnent directement auprès des éleveurs Source : KADEKO-TIGAGUE ; Rentabilité et dynamique du commerce de bovins sur pied en République Centrafricaine. Les établissement d abattage et de vente de la viande Les abattoirs : au niveau des abattoirs, plusieurs acteurs sont présents et permettent les uns les autres de valoriser l ensemble des produits et sous produits de la filière. Leur impact sur les prix est en général négligeable. Ils sont payés à la commission. Ils sont cependant très organisés et constituent un maillon important de la filière. La demande issue des abattoirs industriels mis en place au Nigeria, induit graduellement sur les marchés, une segmentation par la conformation des animaux. Les 48
49 animaux les plus volumineux sont désormais très prisés pour ce créneau, alors que l abattage manuel s oriente vers les animaux moins volumineux. L industrialisation de l abattage pourrait par conséquent être considéré comme un des moteurs probables de l intensification des systèmes d élevage bovins. Les boucheries : Les boucheries sont les lieux de vente de la viande aux consommateurs finaux. Les bouchers s approvisionnent au niveau des grossîtes à l abattoir et se font livrer le produit au marché. Les moyens de transports sont en général de vielle voitures usagées qui ne présentent pas toujours des conditions d hygiènes optimales. Au niveau des boucheries, la viande est vendue en kilogrammes. Autour de ces structures plusieurs acteurs s affairent tous les jours : qui peut pour hacher la viande des ménagères, qui pour la désosser, ou encore pour aider les consommateurs à transporter leurs marchandises jusques dans les voitures. De plus en plus on assiste à l émergence de boucheries qui fournissent l ensemble de ces services dans des conditions d hygiènes meilleures. Il est à noter que seules les grandes agglomérations et villes disposent de boucheries. Dans la majorité des villes, la viande est encore vendue à l étal. Le prix élevé de la viande qui peut s expliquer par des frais ferroviaires élevés (de 9060 frs en 1992 à F CFA la bête moyenne en 2008, soit une augmentation de 90 % en 16 ans) et approvisionnement faible du marché de Yaoundé en bétail qui est aussi un marché de transit vers le Gabon. Les intervenants au niveau de la commercialisation sont nombreux. Les intermédiaires de vente sont interdits par la loi mais ils continuent à exercer leur fonction dans la clandestinité. En plus ils ne paient pas d impôt. Souvent les commerçants créent des pénuries artificielles en limitant les ventes. L alimentation complémentaire en saison sèche représente un poste de dépense importante en cette saison et de ce fait n est pas à la portée de tous. Il en résulte d énorme perte de poids pendant cette période pour ceux qui n en font pas recours. En définitive, on pourrait conclure que le prix relatif de la viande dépend surtout de la disponibilité en herbes. Les différentes marges des acteurs s ajustent en fonction des saisons et du consentement à payer des consommateurs. Le système d élevage transhumant, encore dominant dans la sous région est celui qui détermine les prix. 4. Les contraintes et perspectives de la filière Viandes rouges Celles-ci sont pour la plupart relatives à l'eau et à l'alimentation, à la santé, aux pratiques d'élevage et à l'écoulement des produits (multiples intermédiaires dans la commercialisation du bétail. De plus, l'extension des cultures et des zones cynégétiques réduit considérablement les parcours, et parfois les pistes à bétail. De nombreux conflits entre agriculteurs, éleveurs et gardes-chasse sont régulièrement signalés. Un surpâturage important est constaté dans l'extrême-nord. Les pratiques de récupération des résidus de récolte et de complémentation ne sont pas encore très développées, sauf dans les zones les plus peuplées de l'extrême-nord et autour de Garoua au sein des organisations des éleveurs regroupés au sein de grandes fédérations telles que la Fédération des éleveurs de la Bénoué, La FEPELAD et la FUGINORD. Ces pratiques mériteraient d être vulgarisées et passées à échelle. Il convient aussi de noter une insuffisance des points d'eau dans la région. Face à l'extension des cultures et des zones de chasse, l'intégration de l'agriculture et de l'élevage est un processus irréversible. Des mutations dans les systèmes de production doivent s'opérer. L'élevage bovin devra s'intensifier, notamment en se sédentarisant de plus en plus et en valorisant au mieux les ressources alimentaires (sous-produits agro-industriels, sous-produits de culture, pâturages naturels et cultures fourragères). L'élevage transhumant, de type «cueillette», grand consommateur d'espace, aura du mal à se maintenir sans aménagement particulier. L'évolution la plus vraisemblable est une intensification des systèmes de production, une meilleure intégration agriculture-élevage et une meilleure maîtrise du foncier par les éleveurs, qui ont intérêt à s'organiser en associations professionnelles pour mieux prendre en charge leurs intérêts. Une diversification des productions animales augmenterait davantage leurs revenus. Les principaux problèmes relevés au niveau de la filière bovine sont les suivants : 49
50 L alimentation complémentaire en saison sèche représente un poste de dépense importante en saison sèche et de ce fait n est pas à la portée de tous. Il en résulte d énorme perte de poids pendant cette période. La production nationale depuis l indépendance repose sur des races locales qui sont peu productives en termes de viande. La race Wakwa à viande développée à Ngaoundéré n a pas eu de succès. L absence de structures de production autour des grandes villes répondant aux besoins de consommation des citadins. Un fort courant d exportation et la rareté de l offre suite aux exportations vers le Nigeria. Selon le Délégué Provincial du MINEPIA du Nord, en 2001, 70 à 80% de bétail de boucherie dans le Grand Nord sont en transit. Les exportations se font aussi à partir du sud vers le Gabon, Congo, et Guinée Equatoriale. L absence d un cadre institutionnel pour développer et diffuser une race à viande. Les travaux de la station de recherche de wakwa se sont soldés par un échec (en recherche et en vulgarisation) Un cadre réglementaire pour le développement de l élevage urbain et péri urbain inexistant ; Accès difficile au foncier pastoral pour les pastoralistes qui sont les principaux producteurs. On note l absence d un plan concerté de gestion de l espace agro-sylvo-pastoral et d une législation foncière appropriée, la création d aires protégées interdisant l entrée des bovins, feux de brousse non contrôlés, gestion déficiente de la transhumance, la présence des plantes sans valeur fourragère dans les pâturages et les mouches tse tse. L utilisation optimale des parcours est compromise causant parfois des conflits agriculteurs-éleveurs, éleveursenvironnementaux et parfois éleveurs-éleveurs. Et récemment l insécurité due au phénomène des coupeurs des routes. Au plan sanitaire, l on note des difficultés d accès aux médicaments vétérinaires de qualité, l absence de laboratoire de contrôle des produits, une défaillance dans la mise en œuvre du mandat sanitaire et l installation des vétérinaires en clientèle privée. Des espoirs reposent néanmoins sur la construction du Laboratoire national de Contrôle des produits d élevage et des pêches à Douala à travers un TCP de la FAO et la mise en œuvre du Décret n 2008/2909/PM du 5 Décembre 2008 portant sur les conditions de fabrication, de conditionnement, d importation et de distribution en gros et au détail des médicaments vétérinaires. Au niveau de la commercialisation, la méconnaissance des flux de bétail vif entre le Cameroun et les pays voisins. Il n existe pas un système de traçabilité des animaux. Cette situation fausse les données sur la commercialisation du bétail dans le pays. Difficultés d accès aux grands marchés du sud situés à quelques 1000km des centres de production. Ceci est due aux tracasseries policière et douanière (de l Administration) pour les transporteur par camions au nombre insuffisant des wagons mis à la disposition des commerçants par le CAMRAIL (en avril 2008, sur un effectif de 2878 animaux arrivés au marché d Etoudi à Yaoundé, le train a transporté 2539 (88%), le camion 250 (9%) et à pieds 89 animaux (3%) Un manque d infrastructures sur les marchés notamment les clôtures pour contenir les animaux et favoriser la constitution des lots, infrastructures de contrôle des entrées et des sorties, de points d abreuvement, de points d embarquement, et des aires de pâture. Absence de contrôle sanitaire et l observation des marchés. Cette fonction n est pas bien assurée par les agents du MINEPIA. Le non paiement au comptant des animaux (le paiement à crédit fait courir aux producteurs ou aux intermédiaires un risque évident, le plus souvent couvert par une différence de prix considérable entre le paiement comptant et le paiement à crédit. La présence d un grand nombre d intermédiaires de vente sur les marchés. Quoique interdit par la réglementation, ces intermédiaires appelés sakina continuent à exercer leur fonction dans les marchés mais dans la clandestinité. Chute des effectifs abattus dans les grands abattoirs de Yaoundé et de Douala. Avec une capacité d abattage de 400 bovins par jour, 200 petits ruminants et 100 porcs, l abattoir de Yaoundé n a pu abattre le jour de no tre visite que 113 animaux. Il faut signaler qu entre 1984 et 1988, l abattoir fonctionnait au dessus de sa capacité avec souvent 600 animaux abattus par 50
51 jour. L entretien des équipements est une charge importante car les équipements sont très vieux Le traitement des déchets n est pas bien assuré car souvent canalisés dans les marigots. On note un début de valorisation de certains déchets tels que le sang dans l abattoir de Yaoundé. Le statut de ces abattoirs ne garantit pas une bonne gestion, car ils sont paraétatiques. Le transport des carcasses ne garantit pas la bonne qualité des viandes. Celui-ci se fait à l aide des camionnettes non spécialisés. Les points de vente sont des petits comptoirs dans les quartiers résidentiels en bordure des routes ou dans les différents marchés. Les deux situations ne garantissent pas la bonne qualité des produits. On note une déficience des infrastructures. Le manque d industries de transformation de la viande. Le pays importe le corned beef de Chine. Le prix élevé de la viande qui peut s expliquer par des frais ferroviaires élevés ainsi que les frais d entretien des animaux. En conclusion, face à l'extension des cultures et des zones de chasse, l'intégration de l'agriculture et de l'élevage est un processus irréversible. Des mutations dans les systèmes de production doivent s'opérer. L'élevage bovin devra s'intensifier, notamment en se sédentarisant de plus en plus et en valorisant au mieux les ressources alimentaires (sous-produits agro-industriels, sous-produits de culture, pâturages naturels et cultures fourragères). L'élevage transhumant, de type «cueillette», grand consommateur d'espace, aura du mal à se maintenir sans aménagement particulier. L'évolution la plus vraisemblable est une intensification des systèmes de production, une meilleure intégration agriculture-élevage et une meilleure maîtrise du foncier par les éleveurs, qui ont intérêt à s'organiser en associations professionnelles pour mieux prendre en charge leurs intérêts. Une diversification des productions animales augmenterait davantage leurs revenus. 51
52 CHAPITRE SIX CARTOGRAHIE DE LA FILIERE DES ELEVAGES NON CONVENTIONNELS 1. Résumé analytique de la filière des élevages non conventionnels La biodiversité camerounaise, l une des plus variées du contient, est menacée par un braconnage intempestif qui n a rien à voir avec le droit que reconnaît la loi aux riverains des forêts de prélever les ressources de celleŕci pour une utilisation familiale (auto consommation, artisanat et autres). La promotion des élevages non conventionnels est une entreprise relativement récente dans le pays (1999). Depuis les premiers contacts avec le projet DABAC (Développement d Alternatives au Braconnage en Afrique Centrale), plusieurs initiatives ont vu le jour. Ces initiatives ont depuis lors connu un succès relatif. En 2006, l on estimait à 600 le nombre d aulacodiculteurs identifiés au Cameroun. Le cheptel était alors estimé à aulacodes. Soit une production en viande (sur pied) estimée entre 40 et 45 tonnes (poids moyen d un aulacode adulte 4,5 Kg). Les essais couronnés de succès sur le développement et la vulgarisation de l élevage des aulacodes au Cameroun a conduit, en 2005, à la maturation des idées de projets basés sur le développement du mini élevage. Ces projets visent ainsi la promotion non seulement de l aulacodiculture, mais aussi d autres espèces animales à savoir : (i) les cobayes ou cochons d inde, (ii) les achatines ou escargots géants d Afrique, (iii) les cailles, (iv) les cricétomes ou rats, (v) les lapins, (vi) les ranatres ou grenouilles géantes, (vii) les autruches, (viii) les biches, entre autres. En 2008 plus de trois mille (3000) producteurs dans les domaines de l aulacodiculture, la caviaculture, l héliciculture, la coturniculture, la cricétoméculture et la cuniculture ont été recensés. Les informations concernant les effectifs des producteurs que les cheptels évoluent rapidement dans le temps et l espace. L analyse de l état actuel du potentiel faunique révèle un déclin général et même dans bien des cas, une raréfaction voire la disparition totale de certaines espèces du territoire national. Malgré ce constat de réelle menace qui pèse sur la faune sauvage, plusieurs espèces peuvent encore faire l'objet d une valorisation et contribuer ainsi à combler le déficit alimentaire en termes de protéines animales. L élevage en captivité ou en ranche de plusieurs de ces espèces, est aujourd hui maîtrisé dans de nombreux pays à travers le monde. Donc un bon nombre de technologies peuvent être importées si elles peuvent être appliquées au contexte camerounais. Les conditions et les pratiques d élevage actuelles ne permettent pas encore à la filière «élevages non conventionnels» de contribuer de façon soutenue et durable à l accroissement national en viande. La vulgarisation des élevages non conventionnels pourrait permettre de développer des sources alternatives de protéines, autant qu elle contribuerait de manière globale à l économie du pays à travers la promotion de l emploi, des échanges et de la préservation de la biodiversité. 2. Situation de la demande en viandes de brousse La population demandeuse des produits comestibles des élevages non conventionnels, qui fait de cette filière une activité lucrative, est concentrée dans les villes riveraines des bassins de production. Ainsi, les principales villes demandeuses des produits sont à l heure actuelle : Yaoundé, Douala, Bafoussam, Limbé, Buea, Ebolowa, Ambam, Kribi, Bamenda, Ngaoundéré. Une demande importante a été décelée ces dernières années au niveau des zones frontalières du Sud Cameroun (frontière avec le Gabon et le Guinée équatoriale). En se basant sur les travaux précédemment effectués dans le domaine, l estimation du nombre de demandeurs actuels de ces produits doit prendre en compte les 52
53 consommateurs urbains représentant 10 à 15% de la population des villes. Il s agit en réalité de l effectif da la population qui consomme normalement ces produits après les avoir achetés. Dans les zones demandeuses, les tabous ont évidemment été levés pour les ménages concernés. Les consommateurs se recrutent parmi les hommes (majoritaires), les femmes et les enfants. Les demandeurs se ravitaillent généralement à la ferme, au marché, dans un commerce, ou en bordure des routes au cours d un voyage. Avec la rareté graduelle du gibier chassé du fait de la pression du braconnage sur la faune sauvage, il y a de bonnes raisons de penser que la contribution du gibier élevé (élevages non conventionnels) dans ce pourcentage ira croissant au fil des prochaines années si de bonnes stratégies sont adoptées à cet effet. Tous les produits comestibles des élevages non conventionnels sont demandés, même si la demande d un même produit peut varier d une localité ou d une région à une autre. Cette variabilité est la conséquence de plusieurs facteurs dont : - La place de l élevage dans la communauté concernée ; - L aptitude (connaissances) à élever des membres de la communauté ; - Les mœurs alimentaires et culinaires ; - La disponibilité (et la qualité) des produits ; - L accès (le coût) des produits. C est ainsi par exemple que l aulacode de consommation (4 kg et plus) est demandé dans toute la partie méridionale du pays où il fait partie des espèces animales élevées. Il est plus demandé en zones forestière et de savane où il est disponible même dans la nature, donc, fait partie des habitudes alimentaires et culinaires. Il est actuellement plus demandé dans la zone du Moungo (région du Littoral) où il est relativement bon marché (8 000 à F CFA), que dans le Mfoundi (région du Centre) où il coûte pas moins de F CFA. L escargot par contre n est demandé qu en zone forestière et côtière du pays. Au Sud-Ouest, il est fortement demandé car il en est disponible et fait partie non seulement des mœurs alimentaires et culinaires mais aussi des espèces élevées. Son élevage en est assez vulgarisé et occupe une place assez importante dans le répertoire des activités agropastorales des populations De plus, il coûte forcement meilleur prix qu au Centre par exemple. Les produits comestibles issus des élevages non conventionnels sont proposés sous diverses formes parmi lesquelles : sur pied, abattu (viande fraîche) ; fumé (boucané). Les produits frais sont à l heure actuelle les demandés. Les œufs de cailles sont en ce moment de plus en plus demandés. Leurs vertus thérapeutiques reconnues (de l avis de certains patients) dans le soulagement des malades et le traitement de plusieurs maladies, notamment celles du système cardio-vasculaire chez l homme, justifieraient cette forte demande. Dans cette optique, ils sont consommés frais (cru). L on peut également les consommés cuits, soit dur (à la coque) ou sous forme d omelette. Certains sous-produits (poils, déjections, plumes, coquilles, pour ne citer que ceux-là) des espèces animales ici concernées font également l objet d une utilisation connue et approuvée dans divers domaines de la vie socio culturelle des populations qui en élèvent. Ces denrées alimentaires sont consommées sous différents types de sauces locales divers, rôtis, bouillons, braisés, fumés, brochettes, «ndomba», etc.) dans différents cadres : le cadre familial, le restaurant, les gargotes (tourne-dos), ou en bordure de route au cours d un voyage. Les budgets consentis pour l acquisition et la consommation des denrées alimentaires issues des élevages non conventionnels ne peuvent pas encore être appréciés avec exactitude à l heure actuelle. Néanmoins, l on constate une réelle affluence vers les points de ravitaillement et de consommation sus-évoqués. Tout cela fait penser que, des sommes d argent, aussi infimes puissent-elles être, sont consenties à l effet de pouvoir consommer les produits issus du mini élevage. Il serait opportun de rappeler ici que la contribution du gibier chassé et élevé constituerait près de 70 % des autres sources de protéines animales en dehors des viandes classiques connus (bœuf, porc, mouton, chèvre, poulet, etc.), du poisson et leurs produits dérivés. 3. Offre et coûts de production des Elevages Non Conventionnels 53
54 Historique La biodiversité camerounaise, l une des plus variées du contient et qui fait du Cameroun une Afrique en miniature, est menacée par un braconnage intempestif qui n a rien à voir avec le droit que reconnaît la loi aux riverains des forêts de prélever les ressources de celleŕci pour une utilisation familiale (auto consommation, artisanat et autres) (article 8, alinéa 1, de la loi 94/ 001 du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche). Les premiers contrats dans le cadre de la promotion des élevages non conventionnels ont été établis au Cameroun en 1999, afin de promouvoir la diffusion des aulacodes. L IRAD, l ONG CERUT implanté à Limbé et le MINEPIA étaient les principaux interlocuteurs du projet de Développement au Gabon de l Elevage du Gibier (DGEG) qui, grâce au financement de l Union Européenne soutenait ces initiatives. Les premiers éleveurs d aulacodes ont été installés au Cameroun dès les années Le Projet DABAC (Développement d Alternatives au Braconnage en Afrique Centrale) a pris le relais en Le Projet d Elevage des aulacodes au Cameroun (PEAC) a continué la promotion de l aulacodiculture en mettant un accent sur l encadrement des éleveurs déjà formés et en activité. Le cheptel était alors estimé à aulacodes. Soit une production en viande (sur pied) estimée entre 40 et 45 tonnes (poids moyen d un aulacode adulte 4,5 Kg). Les essais couronnés de succès sur le développement et la vulgarisation de l élevage des aulacodes au Cameroun a conduit, en 2005, à la maturation des idées de projets basés sur le développement du mini élevage. Ces projets visent ainsi la promotion non seulement de l aulacodiculture, mais aussi d autres espèces animales à savoir : Les cobayes ou cochons d inde ; Les achatines ou escargots géants d Afrique ; Les cailles ; - Les cricétomes ou rats ; Les lapins ; Les ranatres ou grenouilles géantes Les autruches ; Les biches ; entre autres. L on a pu identifier jusqu en 2008 plus de trois mille (3000) producteurs dans les domaines de l aulacodiculture, de la caviaculture, de l héliciculture, de la coturniculture, de la cricétoméculture et de la cuniculture. Ces chiffres évoluent et les informations concernant tant l effectif des producteurs que les cheptels augmentant dans le temps et l espace. En 2007, les cheptels les effectifs sont donnés dans le tableau ci-après dans certaines provinces, tel qu indiqué dans la table ci-après : Table.: Cheptels d aulacodes, de cobayes et d escargots recensés dans les régions du Centre, Est, Ouest et Sud-Ouest en PROVINCES CENTRE EST OUEST SUD- OUEST TOTAL Aulacodes Spéculations Cobayes Escargots Source : PAPENOC (Rapport annuel d activités 2007). Les essais couronnés de succès sur le développement et la vulgarisation de l élevage des aulacodes au Cameroun a conduit, en 2005, à la maturation des idées de projets basés sur le développement du mini élevage. Les principaux bassins de production Actuellement plusieurs bassins de production ont été identifiés à travers le territoire national. La configuration de ces bassins tient compte non seulement des mœurs sociales (habitudes culinaires et alimentaires), mais aussi de plusieurs autres facteurs tels que : 54
55 - L environnement économique local (demande et offre) ; - L appropriation du concept «élevages non conventionnels» dans le répertoire des activités agro pastorales ; - Le niveau de connaissance (formation) en la matière - Etc. Ainsi, dans chacune des dix régions du territoire national, l on a pu identifier les bassins de production par spéculation suivants (Tableau No : Table : Principaux bassins de production des élevages non conventionnels identifiés au Cameroun Régions Spéculations Bassins de production Adamaoua Aulacodes Ngaoundéré, Mayo-Banyo Cobayes Mayo-Banyo Centre Aulacodes Mfoundi, Lékié, Mefou & Akono, Mefou & Afamba, Nyong & So o, Mbam & Kim, Mbam & Inoubou Cobayes Mfoundi,, Mefou & Akono, Nyong & So o, Mbam & Inoubou Cailles Mfoundi, Lékié, Nyong & So o, Mefou & Afamba Escargots Mfoundi, Lékié, Nyong & So o, Mefou & Afamba, Nyong & Kélé Lapins Mfoundi, Lékié, Nyong & So o, Mefou & Afamba Est Aulacodes Lom & Djerem, Haut-Nyong, Kadéi Cobayes Lom & Djerem Cailles Lom & Djerem Escargots Lom & Djerem, Haut-Nyong, Kadéi Extrême-Nord Aulacodes Autour des parcs nationaux Cailles Littoral Aulacodes Wouri, Sanaga-Maritime, Moungo, Nkam Cailles Wouri Escargots Wouri, Sanaga-Maritime Lapins Wouri, Sanaga-Maritime, Moungo Grenouilles Sanaga-Maritime, Moungo Nord Aulacodes Garoua, aoutour des parcs nationaux Cailles Lapins Nord-Ouest Aulacodes Mezam, Mechum, Momo Cobayes Mezam Lapins Mezam, Momo Ouest Aulacodes Mifi, Menoua, Bamboutos Cailles Mifi, Menoua Escargots Hauts-Nkam Lapins Mifi, Menoua, Bamboutos, Ndé Sud Aulacodes Mvilla, Vallée du Ntem, Dja & Lobo, Océan Cobayes Mvilla, Océan Cailles Mvilla, Vallée du Ntem, Dja & Lobo Escargots Mvilla, Vallée du Ntem, Océan Lapins Mvilla, Vallée du Ntem, Océan Grenouilles Vallée du Ntem, Océan Sud-Ouest Aulacodes Fako, Manyu, Meme Cobayes Fako, Manyu, Meme Escargots Fako, Manyu, Meme Les zones péri urbaines et urbaines constituent l essentiel des sites de production dans les bassins de production identifiés. La production en milieu rural demeure jusqu ici marginale, car orientée vers l autoconsommation du fait certainement du niveau très faible de la demande, contrairement aux sites de production précédemment évoqués où, jusqu ici, l offre ne parvient pas encore à satisfaire la demande. Pour rechercher une plus value de leur production, les producteurs des zones rurales font généralement recours aux marchés urbains, lorsque ce n est pas les demandeurs des centres urbains et péri urbains qui vont eux-mêmes se ravitailler en zone rurale. 55
56 Les systèmes de production les plus rencontrés dans la pratique du mini élevage au Cameroun sont à plus de 90 % les systèmes traditionnels purs et les systèmes traditionnels améliorés. Ils sont davantage rencontrés en milieu rural où, ils participent considérablement à l amélioration des menus alimentaires des populations en ce qui concerne les protéines d origine animale. Pour le premier cas, il s agit d un «élevage» où l animal, bien que placé en captivité, ne bénéficie pas toujours de toute l attention de l éleveur. Les infrastructures d élevage est essentiellement rudimentaire, et parfois quasi inexistant. Le suivi de l élevage est facultatif. L animal peut passer un à plusieurs jours sans aliment et/ou abreuvement. Dans les systèmes traditionnels améliorés, l éleveur accorde un peu de son temps aux animaux qu il élève. Il leur aménage un habitat plus ou moins convenable auquel il associe un matériel d élevage précaire plus ou moins adapté. Ici, l élevage fait quand même partie du registre des activités quotidiennes de l éleveur. La production vise à la fois des objectifs d autoconsommation et des objectifs commerciaux même si la part est autoconsommée semble toujours être supérieure à celle commercialisée. La commercialisation des produits comestibles issus des élevages non conventionnels se fait jusqu à l heure actuelle de façon décousue. Aucun véritable circuit de commercialisation n a jusqu ici été identifié. Néanmoins, la plupart de lieux d approvisionnement sont actuellement connus. Il s agit : - des fermes (principaux points de ravitaillement) ; - des marchés ; - des commerces ; - des bordures de route. Il est difficile d établir la structure des prix, du fait que toutes les fonctions sont intégrées au sein d une même entité : le revendeur est en même temps le collecteur par exemple. Pourtant, une action de collecte bien menée par certains acteurs de la filière pourrait permettre non seulement d avoir et de connaitre les points d approvisionnement mais aussi leur garantir un ravitaillement permanent, facilitant ainsi la tâche aux demandeurs. Voici les prix indicatifs de certaines denrées actuellement pratiqués (Tableau No ) : Tableau No Prix indicatif de certaines denrées Aulacodes : de consommation (4 Kg et +) : Ŕ F CFA Reproducteur (à partir de 2 mois d âge) : F CFA Morceau de viande cuisinée (frais ou fumé) : à partir de 500 F CFA Cobayes : de consommation (0,5 kg et +) : 800 Ŕ F CFA Reproducteur (à partir des 3 semaines) : Ŕ F CFA Plat au restaurant : et + Escargots : de consommation frais ou séché (250 grammes) F CFA Plat au restaurant : et + Un tas de 10 à 12 sujets moyens : Ŕ F CFA Reproducteur : 200 F FA et + Cailles : de consommation (400 grammes et +) : Ŕ F CFA Reproducteur : et + Au commerce : la pièce Sources : consultants 4. Les contraintes et perspectives de développement de la filière Viandes Les contraintes majeures L analyse de l état actuel du potentiel faunique révèle un déclin général et même dans bien des cas, une raréfaction voire la disparition totale de certaines espèces du territoire national. Malgré ce constat de réelle menace qui pèse sur la faune sauvage, plusieurs espèces peuvent encore faire l'objet d une valorisation et contribuer ainsi à combler le déficit alimentaire en termes de protéines animales. Parmi ces espèces certaines offrent des perspectives intéressantes en matière d élevage en captivité (aulacodes, cobayes, escargots, grenouilles, rats, cailles autruches, crocodiles, tortues, entre autres). Il 56
57 serait donc utile d'approfondir les études qui permettront de les mettre en valeur en s'appuyant sur les principes et exigences d'une utilisation durable des ressources naturelles renouvelables. L élevage en captivité ou en ranche de plusieurs de ces espèces, du reste autorisé, est aujourd hui maîtrisé dans de nombreux pays à travers le monde. Donc bien de technologies peuvent être importées si elles peuvent être appliquées au contexte camerounais. Contrairement au cas de l élevage classique (bovins, porcins, ovins, caprins, volailles et autres), les données disponibles jusqu ici de la filière «élevages non conventionnels» ne sont pas suffisants et sont par conséquent difficilement appréciables. Néanmoins, des progrès non négligeables ont déjà été réalisés en ce qui concerne la promotion et le développement de l aulacodiculture (élevage des aulacodes). De plus, depuis quelques années (1999 / 2000), plusieurs initiatives sont entreprises en vue de développer effectivement la filière «élevages non conventionnels» au Cameroun. Seulement, malgré tous les efforts déployés dans cette optique, le décollage tant attendu n a pas eu lieu. De plus, l étude du système de production dans le domaine des élevages non conventionnels, révèle que la productivité des exploitations est encore très faible. Cela serait lié à la nature des : - systèmes de production actuels ; - niveau des connaissances des producteurs ; - niveau d encadrement des producteurs ; - niveau d organisation de la filière. Les perspectives d amélioration des élevages non conventionnels De nombreuses espèces animales offrent des perspectives en matière d élevage en captivité (aulacodes, cobayes, escargots, rats, grenouilles, tortues, autruches, cailles de blé, biches, pintades sauvages, canards sauvages entre autres). Les opportunités qu offrent ces espèces et la législation en matière faunique qui du reste autorise ce genre d opérations restent donc à exploiter. Les conditions et les pratiques d élevage actuelles ne permettent pas encore à la filière «élevages non conventionnels» de contribuer de façon soutenue et durable à l accroissement national en viande. De plus, nous savons pertinemment que la faune sauvage est une ressource naturelle, qui si elle est bien gérée, peut jouer un rôle important dans le processus de la recherche de l autosuffisance alimentaire et la lutte contre la pauvreté, notamment par l apport des protéines de qualité aux populations, en complément de ce que le bétail domestique apporte, et des devises à travers le tourisme cynégétique et de vision. En plus, la faune assure des fonctions importantes dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la culture, de la recherche et de la surveillance de la qualité de l'environnement. Il conviendrait donc de prendre la bonne option et les mesures qui sont préconisées pour l élevage de chaque espèce. L élevage du petit gibier bien mené constitue aujourd hui une véritable alternative au braconnage notamment pour les populations riveraines de la forêt, des parcs et autres aires protégées. Cela contribue inéluctablement à la protection de la faune sauvage surtout pour les espèces menacées de disparition, et la conservation de toute la biodiversité. Tableau 2 : Principaux bassins de production des élevages non conventionnels identifiés au Cameroun Régions Spéculations Bassins de production Adamaoua Aulacodes Ngaoundéré, Mayo-Banyo Cobayes Mayo-Banyo Centre Aulacodes Mfoundi, Lékié, Mefou & Akono, Mefou & Afamba, Nyong & So o, Mbam & Kim, Mbam & Inoubou Cobayes Mfoundi,, Mefou & Akono, Nyong & So o, Mbam & Inoubou Cailles Mfoundi, Lékié, Nyong & So o, Mefou & Afamba Escargots Mfoundi, Lékié, Nyong & So o, Mefou & Afamba, Nyong & Kélé Lapins Mfoundi, Lékié, Nyong & So o, Mefou & Afamba Est Aulacodes Lom & Djerem, Haut-Nyong, Kadéi Cobayes Lom & Djerem Cailles Lom & Djerem Escargots Lom & Djerem, Haut-Nyong, Kadéi Extrême-Nord Aulacodes Autour des parcs nationaux Cailles Littoral Aulacodes Wouri, Sanaga-Maritime, Moungo, Nkam 57
58 Cailles Escargots Lapins Grenouilles Wouri Wouri, Sanaga-Maritime Wouri, Sanaga-Maritime, Moungo Sanaga-Maritime, Moungo Nord Aulacodes Garoua, aoutour des parcs nationaux Cailles Lapins Nord-Ouest Aulacodes Mezam, Mechum, Momo Cobayes Mezam Lapins Mezam, Momo Ouest Aulacodes Mifi, Menoua, Bamboutos Cailles Mifi, Menoua Escargots Hauts-Nkam Lapins Mifi, Menoua, Bamboutos, Ndé Sud Aulacodes Mvilla, Vallée du Ntem, Dja & Lobo, Océan Cobayes Mvilla, Océan Cailles Mvilla, Vallée du Ntem, Dja & Lobo Escargots Mvilla, Vallée du Ntem, Océan Lapins Mvilla, Vallée du Ntem, Océan Grenouilles Vallée du Ntem, Océan Sud-Ouest Aulacodes Fako, Manyu, Meme Cobayes Fako, Manyu, Meme Escargots Fako, Manyu, Meme 58
59 CHAPITRE SPT CONCLUSION Les filières de l élevage et des industries animales sont confrontées aux principales contraintes majeures suivantes : 2. Contraintes communes à chacune des cinq filières (5) Les contraintes sanitaires insuffisance de la couverture sanitaire et persistance des maladies infectieuses et parasitaires à fortes incidences économiques ; système peu efficient de surveillance des maladies animales (séro-épidémiosurveillance ; Existence des menaces des épizooties aux frontières à cause des problèmes persistants dans les pays voisins ; insuffisance des réseaux de distribution des médicaments et des produits à usage vétérinaire ; introduction de faux produits vétérinaires à partir des frontières ; absence d un laboratoire de contrôle des médicaments vétérinaires ; insuffisance d un personnel technique pouvant suivre les évolutions technologiques autant que les risques sanitaires émergeants ; retard dans la mise en œuvre du mandat sanitaire et l installation des vétérinaires en clientèle privée ; absence de crédits appropriés pour l installation de nouveaux vétérinaires. Les contraintes liées à la conduite des animaux (alimentation, abreuvement, ) dégradation des parcours ; précarité du statut foncier des éleveurs ; sécheresses successives ; prix prohibitifs des sous-produits agro-industriels ; réseaux des points d abreuvement insuffisants et facilement tarissables ; déficit en produits céréaliers (maïs) pour l alimentation animale. Les contraintes organisationnelles et managériales exploitation et gestion traditionnelles des troupeaux inadaptées aux mutations ; faible productivité des animaux ; pléthore d animaux dans les troupeaux ; thésaurisation des animaux ; taux de consanguinité élevé dans les élevages ; difficultés de mise en place des groupements et associations d éleveurs ; systèmes d élevage et facteurs socio culturels pas toujours favorables à la structuration ; Les contraintes de financement absence de mécanismes appropriés de financement ; absence de banques spécialisées au financement de l élevage ; taux d intérêt élevé des banques commerciales ; 59
60 Les contraintes liées au cadre global de la production et à l environnement des affaires dans le secteur Absence de textes législatifs et réglementaires protégeant de manière spécifique les différents acteurs du secteur ; Existence d une pléthore de tracasseries s exerçant sur les acteurs et les activités du secteur ; Cadre des affaires peu sécurisant en termes techniques (aléas) et spécifiquement sécuritaires. 2. Les contraintes spécifiques à chacune des filières Les problématiques de la filière avicole Le principal handicap reste l envahissement du pays par des coupes de poulets importées à l état congelé, conséquence des coûts de production domestique élevés, en l occurrence ceux afférents aux intrants. D un autre côté, les besoins en céréales, notamment en maïs sont également importants quand ont sait que pour produire tonnes de viande de poulet dans les cinq années à venir il faudrait au moins tonnes de maïs en élevage intensif, pour produire 100 Kg de chair de poulet, il faut environ 250 Kg d aliments (essentiellement du maïs). Les problématiques de la filière laitière Une faible performance du matériel génétique local et une dégénérescence du matériel existant ; Une dégradation progressive et dangereuse des parcours naturels ; Des initiatives gouvernementales généralement régionalisées ; Une faible adoption des innovations malgré une recherche agronomique et zootechnique dynamique ; Un état sanitaire peu maîtrisé ; Les problématiques de la filière porcine La Peste Porcine Africaine sévit à l état endémique ; Existence d une pléthore d autres maladies non contrôlées telles que : o la grippe de porc, o la maladie d Aujezky, o la gastro-entérite transmissible, o la stomatite vésiculeuse, o l encéphalomyélite virale, o l éperythrozoonose (causée par une rickettsie), o la dysenterie, o la pasteurellose, o la tuberculose, o les salmonelloses Caractère sommaire des élevages et les conditions d hygiène déplorables ; L élevage se pratique encore et majoritairement comme une activité de survie avec des investissements insignifiants ; Absence de formation des éleveurs. Les problématiques de la filière viande bovine et petits ruminants Accès difficile au foncier pastoral ; absence d un plan concerté de l espace agro-sylvo-pastoral et d une législation foncière appropriée ; Gestion déficiente de la transhumance et recours persistants aux feux de brousse ; Infestation des pâturages par les mauvaises plantes et les parasites ; Conflits récurrents entre agriculteurs et éleveurs ; Recrudescence du phénomène des coupeurs des routes. 60
61 on note des difficultés d accès aux grands marchés du sud situés à quelques 1 000km des centres de production. Ceci est due aux tracasseries policière et douanières (de l Administration) pour les transporteurs par camions, il y a un nombre insuffisant des wagons mis à la disposition des commerçants par le CAMRAIL ; pour ce qui est des marchés à bétail, il manque des infrastructures sur les marchés : clôtures pour contenir les animaux et favoriser la constitution des lots, des infrastructures de contrôle des entrées et des sorties, les points d abreuvement, les points d embarquement, et les aires de pâture ; on note une insuffisance de contrôle sanitaire et l observation des marchés, cette fonction n est pas bien assurée par les agents du MINEPIA ; le mode de paiement au comptant des animaux au marché n est pas très adapté : le paiement à crédit fait courir aux producteurs ou aux intermédiaires un risque évident. Ce risque est le plus souvent couvert par une différence de prix considérable entre le paiement comptant et le paiement à crédit ; il ya une présence d un grand nombre d intermédiaires de vente sur les marchés : bien qu interdits par la réglementation, les intermédiaires, appelés sakaïna, continuent à exercer leur fonction dans les marchés. on note une chute des effectifs abattus dans les grands abattoirs de Yaoundé et de Douala qui fonctionnent très en dessous de leur capacité ; en ce qui concerne les infrastructures d abattage, on note leur vieillissement et cet état constitue une charge importante pour la direction de la SODEPA ; le traitement des déchets n est pas bien assuré malgré un début de valorisation de certains déchets tels que le sang dans l abattoir de Yaoundé. le statut de ces abattoirs ne garantit pas une bonne gestion, car ils sont paraétatiques. le transport des carcasses ne garantit pas la bonne qualité des viandes car celui-ci se fait à l aide des camionnettes non spécialisés ; On note une déficience des points de vente qui sont des petits comptoirs dans les quartiers résidentiels en bordure des routes ou dans les différents marchés, ce qui ne garantit pas une bonne qualité des produits. Absence d industries de transformation de la viande et des produits dérivés. Les problématiques de la filière des élevages non conventionnels L analyse de l état actuel du potentiel faunique a révèlé un déclin général et même dans bien des cas, une raréfaction voire la disparition totale de certaines espèces du territoire national. Malgré ce constat de réelle menace qui pèse sur la faune sauvage, plusieurs espèces peuvent encore faire l'objet d une valorisation et contribuer ainsi à combler le déficit alimentaire en termes de protéines animales. Parmi ces espèces certaines offrent des perspectives intéressantes en matière d élevage en captivité (aulacodes, cobayes, escargots, grenouilles, rats, cailles autruches, crocodiles, tortues, entre autres). Il serait donc utile d'approfondir les études qui permettront de les mettre en valeur en s'appuyant sur les principes et exigences d'une utilisation durable des ressources naturelles renouvelables. L élevage en captivité ou en ranch de plusieurs de ces espèces, du reste autorisé, est aujourd hui maîtrisé dans de nombreux pays à travers le monde. Donc bien de technologies peuvent être importées si elles peuvent être appliquées au contexte camerounais. 5. Le coût de production des différentes viandes au Cameroun Type de viande / provenance Coût de production moyen de viande au Kilogramme (Francs CFA) Poulets Elevage de case 465 Poulailler traditionnel 665 Elevage semi intensif à production intermittente 950 Viandes rouges (Bovins et petits Elevage semi intensif régulier 835 Bovins 1300 Ovins
62 ruminants) Caprins 1600 Porc Elevage traditionnel ND Elevage familial 1100 Elevage semi intensif «moderne» 1500 Viandes non conventionnelles Aulacodes 3000 Cobayes 2500 Escargots 4000 Cailles
63 ANNEXES 63
64 1. FILIERE AVICOLE 1. Structure des coûts dans les élevages de parentaux RUBRIQUE COUT % Main d œuvre Achat d animaux poussins d un jour) Frais vétérinaires ,4 Alimentation Fonctionnement et entretien des installations Taxes et impôts sur le revenu ,2 Eau Autres frais divers Amortissement des investissements Le maïs joue un rôle prépondérant dans l alourdissement des coûts Structure des coûts de production dans les grandes et moyennes exploitations commerciales semiintensives (2 500 sujets) RUBRIQUE COÜTS % Main d œuvre ,1 Achat poussins d un jour ,04 Frais vétérinaires ,35 Alimentation ,99 Fonctionnement et entretien installations ,45 Eau ,53 Autres frais divers ,02 Amortissement des investissements ,52 Total Le maïs et le poussin occupent les postes les plus chers. Structure des coûts de production dans les petites exploitations commerciales semi-intensives (500 sujets) RUBRIQUE COÜTS % Main d œuvre Achat poussins d un jour ,3 Frais vétérinaires ,15 Alimentation ,45 Fonctionnement et entretien installations ,8 6,25 Eau ,52 Autres frais divers Amortissement des investissements ,42 Total L aliment coûte plus cher chez les petits exploitants. 2. Analyse financière Résultats financiers (FCFA) d une exploitation traditionnelle (5 poules, 1 coq) Paramètre de productivité Production de viande/poule/an (kg) 11,5 Production d œufs/poule/an (kg) 0,6 Résultats nets d exploitation Prix de revient bord champ du poulet 198 Prix de revient bord champ de l œuf 6 Marge nette par poulet Marge nette par œuf 50 Revenu net généré/femelle reproductrice/an L aviculture villageoise intervient dans la lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire. 64
65 3. Résultats financiers d un élevage de parentaux (2 875 sujets dont 375 coqs) Paramètre de productivité Nombre de poussins d un jour produit/poussin parental importé 125 Poids de viande produit/poussin/parental importé (kg) 2,24 Quantité de fumier produite/reproducteur 11 Résultats nets d exploitation (FCFA) Prix de revient d un poussin d un jour 174 Prix de revient d un reproducteur de reforme sur pied Prix de revient d un reproducteur de reforme au kg 346 Prix de revient du fumier bord champ 12 Marge nette totale/poussin d un jour 204 Marge nette totale pour reproductrices (millions) 64 Marge nette totale/an pour reproductrices (millions) 49 La marge est élevée chez les éleveurs de parentaux 4. Résultats financiers d une petite exploitation semi-intensive de poulet de chair (500 sujets par bande) RUBRIQUE COÜT (FCFA) Préparation du poulailler Désinfection-vide sanitaire Litière Poussinière Poussins Chauffage Aliment démarrage Prophylaxie médicale et sanitaire Elevage Aliment finition Prophylaxie médicale et sanitaire Main d œuvre Commercialisation Taxe élevage Transport Autres frais divers imprévus Résultats nets d exploitation Prix de revient bord champ du poulet (FCFA/poulet) 1717 Prix de revient bord champ du poulet (FCFA/kg) 953 Prix de revient du fumier bord champ (FCFA) Marge nette par poulet (FCFA) 283 Marge nette par bande de 500 poussins (FCFA) Les petites exploitations ravitaillent le marché à 80%. 65
66 5. Résultats financiers d une moyenne exploitation semi-intensive de poulet de chair (2 500 sujets par bande) RUBRIQUE COÛTS EN FCFA Préparation du poulailler Désinfection-vide sanitaire Litière Poussinière Poussins Chauffage Aliment démarrage Prophylaxie médicale et sanitaire Elevage Aliment finition Prophylaxie médicale et sanitaire Main d œuvre Commercialisation Taxe élevage Transport Autres frais divers imprévus Résultats nets d exploitation Prix de revient bord champ du poulet (FCFA/poulet) 1724 Prix de revient bord champ du poulet (FCFA/kg) 907 Prix de revient du fumier bord champ (FCFA) Marge nette par poulet (FCFA) 326 Marge nette par bande de 2500 poussins (FCFA) Le grand nombre augmente la marge bénéficiaire. 66
67 2. FILIERE LAIT Structure du prix à la production du lait En système extensif (1 er cas), Structure du prix à la production (2 litres/vache/jour pour 180 jours de lactation) Nature des dépenses Cout (FCFA) Structure du prix de revient d'un litre de lait O5 Vaches locales (Fulani) ,700 88,0 Equipement d'élevage (1/2ha clôture avec fils barbelés, seau pour abreuvement) ,687 7,8 Alimentation ,766 2,0 Produits vétérinaires (vaccination annuelle) ,336 0,4 Main d'œuvre ,047 5,8 Amortissement ,463 12,0 TOTAL , ,0 Éléments de calcul : Vache Fulani : FCFA en moyenne Equipement d élevage (clôture en fils barbelés, seau 20litres) : 100m x 7/ha Alimentation (1 sac sel/2mois) : FCFA Main d œuvre (berger) : 5000 FCFA/mois soit un veau/an Le poste de dépense le plus important est dans ce cas essentiellement l acquisition des animaux (88% du coût du litre de lait). L alimentation est négligeable (2%). Dans une exploitation semi-moderne (2 ème cas, Santa au Nord-Ouest), le coût d un litre de lait revient à 179 fcfa à la ferme (15 litres par jour pour 300 jours de lactation). L activité est rentable, avec un revenu mensuel net d environ fcfa (presque le SMIG). Le lait frais est vendu à 350 voire 400 fcfa le litre. La structure du prix se présente ainsi qu il suit : Structure du prix à la production (vache Hostein Ŕ élevage HPI) Nature des dépenses Coût (FCFA) Structure du prix de revient d un litre de lait Vache ,76 51 Equipement d'élevage ,03 56 Alimentation ,83 43 Produits vétérinaires ,34 2 Main d'œuvre ,50 13 Amortissement ,54 13 TOTAL , Éléments de calcul : Vache gestante Holstein : FCFA en moyenne Equipement d élevage (étable 30m² en matériaux solides, petit équipement exigé par HPI, matériel de traite) : FCFA Alimentation (1ha culture fourragère + compléments alimentaires) : FCFA Main d œuvre (1/2 journée de travail par jour) : 500 FCFA comme dans les chantiers locaux 67
68 Dans cet élevage, l équipement d élevage, l acquisition de l animal et l alimentation constituent respectivement les postes de dépense les plus significatifs. En fait, HPI exige un minimum d investissement dans l étable et l alimentation. Dans ce 3 ème cas L éleveur dépend essentiellement des sous produits agro-industriels (tourteaux de coton, sons de maïs). Il livre son lait chaque jour à Ngaoundéré (ferme située à Idool, environ 90km). Le coût de revient du lait à la ferme est de 624 FCFA et 664 FCFA livré à Ngaoundéré en saison sèche. L éleveur vend son lait entre 350 et 400 FCFA le litre à Ngaoundéré. Il est donc largement perdant dans cette activité. Selon Bia Mamoudou le responsable de l unité laitière, la seule issue pour véritablement rentabiliser l activité reste l acquisition des vaches exotiques tropicalisées de Heifer Project mais surtout les cultures fourragères pour ne pas dépendre des sous produits agroindustriels. Structure du prix à la production (180 jours de lactation, 2 litres/jour/vache) Structure du prix de revient d'un litre de Cout (FCFA) Nature des dépenses lait 07 Vaches Goudali , Equipement d élevage ,21 Alimentation , Produits vétérinaires ,13 21 Main d œuvre ,76 32 Transport ,63 17 Amortissement ,75 51 TOTAL , Races laitières exotiques jadis importées : L on peut citer le Jersey, la Holstein, le Montbéliard et la Holstein. Le croisement de ces animaux avec les races locales avait permis d obtenir des performances laitières plus appréciables comme le montre les résultats ci-dessous obtenus à l IRZ de Wakwa. C est l ONG Heifer International qui continue aujourd hui avec l acquisition et la distribution des vaches exotiques aux paysans du Nord-Ouest et de l Ouest (vaches Holstein). Tableau : Performances des races laitières utilisées au Cameroun Race Quantit é de lait (l) Durée de lactation (jour) Quantité/ animal par jour Taux de reproduction (%) Age à la mise bas (mois) en jour Intervalle de vêlage (mois) en jour White 536/ ,8 76,1 4,6 Fulani (WF) Red Fulani 513/ ,4 76,9 4,7 (RF) Goudali , ,5 Jersey Boran Holstein Holstein x Goudali (31.3) (27.0) 41 % Mortalité 383 (12.8) (13.3) 11.8 Montbéliard x Goudali F (38.8) (13.2) F Source : Centre de recherche zootechnique et vétérinaire, WAKWA Le tableau présente le Compte d exploitation d une unité laitière à Bamemba Tableau : Compte d exploitation d une unité laitière à Bamenda Coût (fcfa) Durée Amortissement Investissements Pâturages
69 Etable (30m²) Equipement d'élevage Vache gestante Matériel de traite Sous total Fonctionnement Compléments alimentaires Produits vétérinaires Amortissement Sous total Coût de production d'un litre de lait Recettes Vente de 15 x 300 litres de lait Résultat Cash flow (trésorerie) Revenu mensuel Il ressort que l activité est bien rentable avec un revenu mensuel net d environ fcfa (supérieur au SMIC). Le coût de production d un litre de lait revient à 138 fcfa (15 litres par jour pour 300 jours de lactation). Le litre de lait est vendu localement à 250 fcfa. Quelques prix de matières premières à Garoua : ils sont en constante variation du fait des niveaux de plus en plus faible de production de coton graine. Désignation Prix Désignation Prix Tourteau de coton (50kg) Sel (sac) Coques de coton (sac 40kg) Drêches de brasserie (sac 40kg) Aliment complet SIFAB (50kg) Son de mais (sac 40kg) Alivet (SODECOTON) sac 50kg Nutrivet (SODECOTON) sac 50kg Vache Goudali Prix des produits laitiers sur les marchés camerounais GAROUA PRODUITS NATURELS PRODUITS INDUSTRIELS 1 litre lait frais Nido 400g Lait caillé (louche de 50g) Nido 900g Yaourt (pot) Nido 2 500g Beurre (petite boule) Nido sachet 385g Top-Milk 365g Cerelac nourrisson 400 (Nestle) NAN 400g (Nestle) GUIGOZ 400g (Nestle) Lucie concentré sucré 390g 3500 Peak concentré sucré 78g 350 Peak concentré sucré sachet 45g 250 Promex 900g Peak 400g Morny concentré sucré 78g 350 NGAOUNDERE PRODUITS NATURELS PRODUITS INDUSTRIELS 1 litre lait frais Nido 400g Lait caillé (louche de 50g) Nido 900g Yaourt (pot) Nido 2 500g Beurre (petite boule) Nido sachet 385g Top-Milk 365g
70 Cerelac nourrisson 400 (Nestle) NAN 400g (Nestle) GUIGOZ 400g (Nestle) Lucie concentré sucré 390g 600 Peak concentré sucré 78g 200 Peak concentré sucré sachet 45g 140 Promex 900g Peak 400g Morny concentré sucré 78g 200 BAMENDA 1 litre fresh milk Nido 400g Yoghurt ¼ litre Nido 900g Yoghurt ½ litre Nido 2 500g Yoghurt 1 litre Nido sachet 385g Yoghurt in sachets Top-Milk 365g Ice cream Cerelac nourrisson 400 (Nestle) Alaska 25 NAN 400g (Nestle) Butter 1500/kg GUIGOZ 400g (Nestle) Peak concentré sucré 78g 175 Peak concentré sucré sachet 45g 125 Promex 900g Peak 400g Morny concentré sucré 78g 175 YAOUNDE PRODUITS PRIX (FCFA) Nido 400g Nido 900g Nido 2 500g Nido sachet 385g Top-Milk 365g Cerelac nourrisson 400 (Nestle) NAN 400g (Nestle) GUIGOZ 400g (Nestle) Lucie concentré sucré 390g 450 Peak concentré sucré 78g 170 Peak concentré sucré sachet 45g 100 Promex 900g Peak 400g Morny concentré sucré 78g 175 Globalement, les prix varient en fonction de la disponibilité des matières premières (lait naturel ou poudre de lait). C est ainsi que les prix pratiqués pour les produits naturels sont généralement accessibles à toutes les bourses dans les bassins de production laitière (Grand Nord et Nord-Ouest). En ce qui concerne les produits importés, les prix sont majorés suivant que l on soit à Douala (prêt du port) ou à Yaoundé qu à Ngaoundéré, Garoua ou Maroua (plus de 1000 km du port). Au prix d achat, il s ajoute le coût du transport (50 à 300 voire 500 FCFA). Les prix de Bamenda sont globalement proches des prix retrouvés sur les marchés de Yaoundé. Ceci s explique par le fait que Bafoussam représente un marché important ; une bonne partie de produits y sont acheminés directement à partir du port de Douala. Mais en règle générale, lorsqu ils sont disponibles, le consommateur préfère toujours les produits naturels. Dans les autres régions du pays, le lait naturel et ses dérivés sont rares. Le yaourt artisanal vendu dans les boutiques et dans les restaurants est généralement fabriqué à partir de la poudre du lait. Celle-ci est importée et coûte de plus en plus chère ; ceci détermine les prix obtenus sur les marchés. 70
71 Echecs, succès, potentialités et menaces de la filière lait au Cameroun ECHECS SUCCES OPPORTUNITES MENACES ACTIONS A CONSOLIDER Absence d une politique de développement de la filière lait au Cameroun Echec général des initiatives gouvernementales (approche top-down, études de faisabilité approximatives, systèmes de production toujours traditionnels, non maîtrise des sources de matières propres : cas de la création tardive de la station d élevage du projet laitier de N Gaoundéré) Absence d une politique de protection du marché local à l origine d une concurrence déloyale des produits importés) Manque d une politique foncière pastorale appropriée Système de sensibilisation et vulgarisation insuffisant Système de financement inapproprié Système de production traditionnel Adoption des initiatives gouvernementales dans les sites des projets étatiques (nombreuses initiatives privées avec la prolifération des unités de transformation laitière dans le Nord-Ouest et l Adamaoua suite aux initiatives de l Etat) Dynamique de groupe (structuration progressive des producteurs) Approche sectorielle (projets et programmes élevageagriculture) Coopération et partenariat plus dynamiques Levée de nombreux tabous (consommation lait, utilisation des races animales exotiques, utilisation des pierres à lécher) Meilleur niveau d hygiène Appropriation des systèmes de production (gènes et itinéraires techniques) Diversification de la transformation ; Sédentarisation progressive Début d intensification et intégration élevageagriculture Activités génératrices de revenu et création d emplois Conditions climatiques très favorables à l élevage bovin dans certaines zones du pays Existence d une culture traditionnelle en élevage bovin Faible densité démographique dans certaines régions Acquis importants de la recherche zootechnique et vétérinaire (gènes, itinéraires techniques) Demande spécifique importante (au niveau national et sous régional) Intérêt manifeste dans la filière bovine Environnement international favorable Manque de statistiques Porosité des frontières pour les maladies Manque de structuration du marché des intrants Concurrence déloyale des produits d importation Introduction et gestion incontrôlée des ressources génétiques animales Insécurité des biens et des personnes Existence de promoteurs issus d autres professions (charlatans, élevages de thésaurisation ou de prestige) Faible disponibilité des sous produits agricoles et agroindustriels (système de quota de la SODECOTON) Réseau interne d épidémiosurveillance peu dynamique Données statistiques et zoo économiques Politique de développement des filières porteuses Dispositif de structuration, de professionnalisatio n et de renforcement des capacités des organisations des producteurs Code pastoral Systèmes intégrés élevage-agriculture Système surveillance maladies de des Recherche des alternatives à l utilisation des sous produits agricoles et agroindustriels
72 3. FILIERE PORCINE Tableau N Compte d exploitation d une opération d engraissement de porcelet PRODUCTION DE PORCELETS ENGRAISSEMENT POSTES DE DEPENSE COUT (EN FCFA) VALEUR RELATIVE (EN %) COUT (EN FCFA) VALEUR RELATIVE (EN %) INFRASTRUCTURE MATERIEL ANIMALE NUTRITION MATERIEL DE TRAVAIL SANTE CHARGE SALARIALE MANUTENTION ET TRANSPORT COUT TOTAL OPERATION MARGE ANNULE ALIMENT PORCELET Tableau N L alimentation du porc COUT TOTAL DES INGREDIET S ALIMENT TRUIES ET VERRATS COUT UNITAIRE DES INGREDIETS (PAR KG) COUT TOTAL DES INGREDIET S TAUX COUT UNITAIRE TAUX MATIERES PREMIERES D'INCORPO RATON DES INGREDIETS (PAR KG) D'INCORPOR ATON MAIS 47, POISSON TX DE SOJA REMOULAGE TX DE PALMISTE SEL 0, ,5 0, ,5 COQUILLAGE , CONC 5% MAIN D'ŒUVRE EMBALLAGE COUT TOTAL 27012, ,5 COUT UNIAIRE 270, ,375 Sources : Consultants NB. Il a été noté une montée vertigineuse de la spéculation depuis 2005 qui a abouti une inflation qui commence à prendre des proportions démesurée. Il ya donc urgence que des mesure institutionnelles soient prise pour régler cet état de choses. 72
73 4. FILIERE BOVIN/VIANDE Coût par convoi Coût par tête Prix d achat à Likop Taxe de marché Bayam sellam Convoi à la gare à pieds Inspection vétérinaire 100 Impôt à la gare Frais à la gare (gardiennage) Herbe Chargement train Frais CAMRAIL convoyeur Décharge train et convoie au marché Frais Association des commerçants Taxe mairie gardiennage 400 Herbe, eau et gardiennage au marché par jour Total frais Prix de revient à Yaoundé Prix de vente Marge bénéficiaire Sources : consultant Les frais d entretien du bétail sur système traditionnel relevé par l étude socio-économique de l élevage traditionnel dans un village entre Pitoa et Adoumri dans la région du Nord Cameroun Pour 200 bovins ont donné le résultat ci-après : Postes de Dépense Côut total Coût par bête Prise en charge de 4 bergers (nourriture, habillement) Tourteaux de coton (300 sacs de 50 kg à différents tarifs) Sel (100 sacs à raison de 1200 frs le sac) Grillage et main d oeuvre pour création d enclos à bétail Achats de médicaments vétérinaires Défraiement pour préjudices aux agriculteurs Total Total pour 4 ans de séjour au ranch Sources : Etude sur la commercialisation du bétail dans les provinces du Nord par SFC Sedes-Cegos, Ce qui ressort ici est le coût élevé de complément alimentaire. Voici les charges de production dans un ranch (Dumbo) de la SODEPA en 2005 Postes de Dépense Côut total Coût par bête Coût du veau à la naissance Coût d entretien (toutes les charges de production) pendant 4 ans Total Prix de vente (animal de 350 kg) Marge bénéficiaire
74 5. FILIERE ELEVAGE NON CONVENTIONNEL Production attendue d'une exploitation standard d'aulacodes 1) Eléments de calcul du croît du cheptel Années Quelques indications sur les paramètres de production A1 A2 A3 A4 A5 Durée d'élevage (mois) 6 Effectif des sujets femelles / exploitation Nombre de mise bas/an 1,7 Effectif des sujets males / exploitation Taille moyenne de la portée 4 Effectif initialement attendu Taux de mortalité 0,05 Effectif des survivants Taux d'accroissement cheptel/an 1E-06 Effectif mobilisable Poids carcasse (kg) 4,5 Production de viande attendue (en kg) Durée de reproduction (ans) 7 Effectif des producteurs pris en charge / an Soit 250 Production attendue d'une exploitation standard de cobayes 1) Eléments de calcul du croît du cheptel Années Quelques indications sur les paramètres de production A1 A2 A3 A4 A5 Durée d'élevage (mois) 3 Effectif des sujets femelles / exploitation Nombre de mise bas/an 4 Effectif des sujets males / exploitation Taille moyenne de la portée 5 Effectif initialement attendu Taux de mortalité 0,1 Effectif des survivants Taux d'accroissement cheptel/an 1E-06 Effectif mobilisable Poids carcasse (kg) 0,6 Durée de reproduction (ans) 2 Production de viande attendue (en kg) Effectif des producteurs pris en charge / an Soit 350
75 Production attendue d'une exploitation standard de cailles 1) Eléments de calcul du croît du cheptel Années Quelques indications sur les paramètres de production A1 A2 A3 A4 A5 Durée d'élevage (mois) 3 Effectif des sujets femelles / exploitation Nombre d'œufs théoriquement attendus/an 200 Effectif des sujets males / exploitation Pourcentage moyen de ponte 0,8 Effectif initialement attendu Pourcentage moyen d'éclosion 0,7 Effectif des survivants Taux de mortalité 0,3 Effectif mobilisable Taux d'accroissement cheptel/an 0, Production de viande attendue (en kg) Poids carcasse (kg) 0,25 Effectif des producteurs pris en charge / an Durée de reproduction (ans) 3 Soit 250 Production attendue d'une exploitation standard de lapins 1) Eléments de calcul du croît du cheptel Années Quelques indications sur les paramètres de production A1 A2 A3 A4 A5 Durée d'élevage (mois) 3 Effectif des sujets femelles / exploitation Nombre de mise bas/an 4 Effectif des sujets males / exploitation Taille moyenne de la portée 5 Effectif initialement attendu Taux de mortalité 0,1 Effectif des survivants Taux d'accroissement cheptel/an 0, Effectif mobilisable Production de viande attendue Poids carcasse (kg) (en kg) Durée de reproduction (ans) 5 Effectif des producteurs pris en charge / an Soit 200
76 Production attendue d'une exploitation standard d'aulacodes 1) Eléments de calcul du croît du cheptel Années Quelques indications sur les paramètres de production A1 A2 A3 A4 A5 Durée d'élevage (mois) 6 Effectif des sujets femelles / exploitation Nombre de mise bas/an 1,7 Effectif des sujets males / exploitation Taille moyenne de la portée 4 Effectif initialement attendu Taux de mortalité 0,05 Effectif des survivants Taux d'accroissement cheptel/an 1E-06 Effectif mobilisable Poids carcasse (kg) 4,5 Production de viande attendue (en kg) Durée de reproduction (ans) 7 Effectif des producteurs pris en charge / an Soit 250 Production attendue d'une exploitation standard de cobayes 1) Eléments de calcul du croît du cheptel Années Quelques indications sur les paramètres de production A1 A2 A3 A4 A5 Durée d'élevage (mois) 3 Effectif des sujets femelles / exploitation Nombre de mise bas/an 4 Effectif des sujets males / exploitation Taille moyenne de la portée 5 Effectif initialement attendu Taux de mortalité 0,1 Effectif des survivants Taux d'accroissement cheptel/an 1E-06 Effectif mobilisable Poids carcasse (kg) 0,6 Durée de reproduction (ans) 2 Production de viande attendue (en kg) Effectif des producteurs pris en charge / an Soit 350 Production attendue d'une exploitation standard de cailles 1) Eléments de calcul du croît du cheptel Années Quelques indications sur les paramètres de production A1 A2 A3 A4 A5
77 Durée d'élevage (mois) 3 Effectif des sujets femelles / exploitation Nombre d'œufs théoriquement attendus/an 200 Effectif des sujets males / exploitation Pourcentage moyen de ponte 0, Effectif initialement attendu Pourcentage moyen d'éclosion 0,7 Effectif des survivants Taux de mortalité 0,3 Effectif mobilisable Taux d'accroissement cheptel/an 0, Production de viande attendue (en kg) Poids carcasse (kg) 0,25 Effectif des producteurs pris en charge / an Durée de reproduction (ans) 3 Soit 250 Production attendue d'une exploitation standard de lapins 1) Eléments de calcul du croît du cheptel Années Quelques indications sur les paramètres de production A1 A2 A3 A4 A5 Durée d'élevage (mois) 3 Effectif des sujets femelles / exploitation Nombre de mise bas/an 4 Effectif des sujets males / exploitation Taille moyenne de la portée 5 Effectif initialement attendu Taux de mortalité 0,1 Effectif des survivants Taux d'accroissement cheptel/an 0, Effectif mobilisable Poids carcasse (kg) 3 Durée de reproduction (ans) 5 Production de viande attendue (en kg) Effectif des producteurs pris en charge / an Soit 200
78 Voici les prix indicatifs de certains produits issus des Elevages Non conventionnels: Aulacodes : de consommation (4 Kg et +) : Ŕ F CFA Reproducteur (à partir de 2 mois d âge) : F CFA Morceau de viande cuisinée (frais ou fumé) : à partir de 500 F CFA Cobayes : de consommation (0,5 kg et +) : 800 Ŕ F CFA Reproducteur (à partir des 3 semaines) : Ŕ F CFA Plat au restaurant : et + Escargots : de consommation frais ou séché (250 grammes) F CFA Plat au restaurant : et + Un tas de 10 à 12 sujets moyens : Ŕ F CFA Reproducteur : 200 F FA et + Cailles : de consommation (400 grammes et +) : Ŕ F CFA Reproducteur : et + Au commerce : la pièce 78
79 Annexe 6 NOTE CONCERNANT LA MISE EN PLACE D UNE CELLULE PERMANENTE POUR LA MISE EN ŒUVRE DU SCHEMA DIRECTEUR 1. Introduction La mise en œuvre concrète du Schéma Directeur pour le développement des filières de l élevage, nécessite: qu une cellule légère, souple, et fonctionnelle soit mise en place pour coordonner, rassembler, et analyser les informations les plus pertinentes, planifier les activités et évaluer les résultats obtenus ; qu un Comité d Orientation regroupant les principaux acteurs soit institué avec un mandat précis et un règlement intérieur approprié ; qu un Comité Technique par produit soit institué pour prendre en charge les questions qui se rapportent aux filières d élevage. Que des instruments de contrôle des normes de qualité soient institués pour mieux répondre aux préoccupations des différents acteurs. Qu un système d arbitrage des conflits soit également institué pour accompagner le processus de mise en œuvre du Schéma Directeur pour le développement des filières de l élevage. 2. Rôle de la Cellule permanente La Cellule permanente pour le suivi de la mise en œuvre du Schéma Directeur pour le développement des filières de l élevage est placée sous la supervision de la Direction des Etudes, des Statistiques et de la Coopération du Ministère de l élevage, de la Pêche et des Industries Animales (MINEPIA) Ses principales tâches seront notamment : De préparer les réunions du Comité de suivi de la mise en œuvre du Schéma Directeur et d en dresser les comptes rendus ; De veiller à la hiérarchisation des priorités d intervention proposées dans le cadre de la mise en œuvre effective du schéma Directeur et à la cohérence entre les opérations qui seront programmées ; D assurer le suivi de la mobilisation effective des financements et des décaissements pour la mise en œuvre des actions concrètes qui seront initiées; De travailler en étroite collaboration avec les structures techniques chargées de la supervision technique des programmes retenus ou à initier; De tenir à jour tous les documents requis par les partenaires, afin de faciliter la mobilisation des financements et des décaissements en faveur des programmes du secteur de l élevage; D assurer la liaison avec les principaux acteurs et intervenants dans les protocoles de partenariat qui seront initiés entre l Etat et les différents groupements d acteurs pour la mise en œuvre des programmes. De s assurer que les conséquences socio économiques d une flambée des prix relatives aux produits animaux prennent en compte pour tenir compte l intérêt aussi bien du producteur que du consommateur et des autres acteurs concernés par le produit. De préparer des rapports trimestriels sur le suivi de la mise en œuvre des programmes et mesures adoptées dans le cadre du Schéma Directeur 3. Composition de la Cellule Permanente La composition de la Cellule permanente sera légère souple et efficace avec un personnel compétent motivé et disponible à toute occasion. A titre d exemple la composition pourrait être la suivante : Un coordonnateur national de la Cellule : Cadre du MINEPIA, dynamique, motivé, disponible ayant le sens de l organisation et des aptitudes au travail en équipe, qui sera nommé par le Ministre de l élevage, de la pêche et des industries animales. Un cadre spécialiste en production animale pour traiter des conséquences socio-économiques 79
80 Un ou une Secrétaire maîtrisant les outils informatiques, Un chauffeur d expérience. 4. Emplacement de la Cellule Permanente La Cellule sera installée dans les locaux de la Division des Etudes, des Statistiques et de la Coopération. Ses activités vont concerner l ensemble du pays et se feront à travers les services techniques compétents concernés : services vétérinaires, services forestiers et faune, services de santé humaine, services de promotion de la Femme et de l Enfant, la Formation Professionnelle ou par d autres partenaires Technique et financiers y compris les ONG, les privés et les associations socioprofessionnelles etc.). Yaoundé le 18 Novembre
81 Annexe 7 6. Conclusions et Recommandations de l Atelier National de présentation et de validation du Schéma directeur Le 17 nov s est tenu à l Hôtel Hilton, l atelier national de présentation et de validation du schéma directeur pour le développement des filières d élevage au Cameroun L atelier était présidé par S.E.M ; le Ministre de l Elevage, des Pêches et des Industries Animales, M. Aboubakar Sarki, en présence du Représentant de la FAO, M. Ousmane Guindo Ont également participé l ensemble des membres du Comité de pilotage du processus, les ministères partenaires, les partenaires techniques et financiers, les plateformes régionales, les organisations non gouvernementales, les représentants des filières, ainsi que les consultants nationaux et internationaux. La liste complète des participants figure en annexe. A l issue de la présentation du Schéma Directeur pour le développement des filières de l élevage, (SD). Il a été relevé la nécessité de développer un cadre de mise en œuvre, point central de la mise en œuvre du SD. Les points suivants ont fait l objet d une attention particulière et donné lieu à des échanges fructueux : Traiter de manière urgente les questions relatives aux fonciers : en effet de la sécurité foncière des acteurs dépend le niveau d investissement de ces derniers ; Promouvoir de nouveaux types d acteurs dans les filières d élevage, caractéristiques, formateurs professionnels, organisateurs ; Identifier les modèles et systèmes de production à développer pour impulser un développement significatif et parvenir à un impact concret et mesurable ; Définir les rôles des différents acteurs de la mise en œuvre du SD afin de développer des synergies conséquentes ; Accorder une priorité aux mécanismes de mise en œuvre du Schéma Directeur car ils constituent l élément capital pour l opérationnalisation du SD : Adopter une approche par partenariat entre l Etat, la profession, les régions et les différents acteurs impliqués pour la mise en œuvre du Schéma Directeur Développer une approche par pôle de production en fonction des opportunités et du potentiel des différentes régions et des terroirs ; Développer et mettre en place un cadre institutionnel propice au développement des filières, notamment en ce qui concerne la régulation, la réglementation et son respect, la définition des normes de qualités ; Rechercher activement et mettre en œuvre des modalités nouvelles de financement et de mobilisation des ressources ; Entreprendre une meilleure orientation de la politique de formation scolaire et professionnelle au bénéfice des filières d élevage ; Développer des cadres de concertation en vue de la finalisation des conventions entre les différents Ministères impliqués. Elaborer en concertation avec les différents départements ministériels sectoriels, impliqués et des partenaires, des plaidoyers pour la mise en œuvre de certaines composantes du Schéma directeur ; eg ; MINFOF, MINAS, MINADER, MINSANTE, MINCOF, MINEP, MINDAF, MINATD, MINCOMERCE, IRAD, MINRESI. Et les collectivités territoriales décentralisées ; Renforcer le cadre sécuritaire pour la protection des biens et des personnes dans les zones à fort potentiel d élevage. RECOMMANDATIONS A L issue des échanges, le Schéma Directeur a été validé par l ensemble des participants. Les recommandations suivantes ont été retenues, au regard des préalables, du mécanisme de mise en œuvre et du suivi et de l évaluation du processus : Compléter le cadre institutionnel et juridique des filières d élevage, en particulier en ce qui concerne les questions foncières et l élaboration d une loi d orientation sur l élevage ; 81
82 Mettre en œuvre les programmes retenus suivant une approche décentralisée qui accorde une attention particulière à la formation, à l organisation des producteurs à la base et à la professionnalisation des acteurs; Développer et mettre en place un cadre de suivi et évaluation participatif et opérationnel. Engager une recherche active des moyens pour la mise en œuvre du Schéma Directeur ; L Atelier 82
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