HOCKEY SUR GLACE ET PREPARATION PHYSIQUE



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Transcription:

Et Adrien GAYAUD Présente : HOCKEY SUR GLACE ET PREPARATION PHYSIQUE PRESERVATION DE L INTEGRITE PHYSIQUE DU JOUEUR DE HOCKEY SUR GLACE adrien.gayaud@gmdp-prepaphysique.com 1

1. HOCKEY SUR GLACE : PREPARATION PHYSIQUE ET PREVENTION Un sportif performant et compétitif est avant tout un sportif en pleine possession de ses moyens physiques. C est par la prévention que commence la préparation physique et elle doit être une préoccupation constante du préparateur physique et de l athlète. Elle doit se voir attribuer une part plus ou moins importante suivant le calendrier des compétitions et suivant le moment de l année. Il est évident que les athlètes sont, en général, plus sensibles lors des périodes plus froides et plus humides. Le travail de prévention prend alors toute son importance entre le mois d octobre et le mois de mars, période qui comprend la quasi-totalité de la saison professionnelle de hockey sur glace. Toute activité physique à haut niveau engendre des déséquilibres musculaires plus ou moins important qui sont à l origine de zone de faiblesses et de mises en tension et/ou pression des articulations concernées. Ce phénomène est fréquent pour tous les sports dits asymétriques. Le hockey sur glace fait partie de cette catégorie. Le travail de prévention doit donc permettre de minimiser au maximum les blessures afin de permettre à tout athlète de rester en bonne santé physique au cours de la saison mais également au cours de sa carrière de joueur professionnel. L organisation de la prévention doit donc être envisagée à court, moyen et long terme. Le suivi d un sportif par un préparateur physique sera donc bénéfique en toutes circonstances mais prend tout son sens sur le long terme. C est pour cette raison que la préparation physique, que ce soit avant, pendant ou après la saison sportive doit être réalisée de façon réfléchie, précise et organisée méthodiquement par un préparateur physique compétent et soucieux de la préservation de l intégrité physique de chaque joueur. Il est bien évident que le travail d équipe entre le corps médical et le préparateur physique sera la clef d un résultat de qualité. Il va de l intérêt de chaque joueur, entraineur et dirigeant de considérer la préparation physique comme une des composantes principales de la performance et de la longévité de chaque athlète. 2

2. LES CAUSES INTERNES DE BLESSURES 2.1 LA BIOMECANIQUE DE DEPLACEMENT Il est à noter que la grande majorité des blessures tendineuses, musculaires ou ligamentaires inhérentes à la pratique d un sport sont liées à la contraction excentrique des muscles antagonistes du mouvement. Cette mise en tension correspond à la phase de ralentissement d un mouvement réalisé à grande vitesse, qu il soit initié volontairement ou involontairement. En ce qui concerne le hockey sur glace, les déplacements spécifiques sont régis par la biomécanique du patinage. Le mouvement permettant de se déplacer sur la glace s appelle le pas de patineur mais les directions de déplacement complètement aléatoires dues au palet et aux autres joueurs (coéquipiers et adversaires) rendent la définition d un mécanisme de déplacement type impossible. De façon invariable, le joueur de hockey sur glace peut créer un déplacement par un pas alternatif. Le pied gauche et le pied droit ne pourront en aucun cas se déplacer simultanément. L un sert de point d appui et de propulsion alors que l autre permet de transformer cette poussée en vitesse par glissement équilibré et orienté. La jambe d appui est propulsive. Ce mouvement de propulsion est initié et préparé par une flexion de la hanche, du genou et de la cheville. La position basse est caractérisée par la projection à l aplomb du centre de gravité au niveau du pied de la jambe propulsive. La qualité du déplacement du centre de gravité détermine l efficacité de la poussée. Cette dernière s effectue par extension de la hanche, du genou et de la cheville. La synchronisation de l extension de ces différents étages articulaires est également un des critères d une propulsion efficace. Le pied qui se déplace n est limité que par le degré de liberté et l amplitude articulaire des articulations des membres inférieurs. L orientation de ce dernier conditionne la direction mais également l efficacité de l accélération. Les qualités d équilibre, de coordination et de représentation spatiale et temporelle du corps du joueur de hockey sur glace conditionnent également le placement des patins sur la glace. Les déplacements sont réalisés dans toutes les directions suivant la situation de jeu. Les accélérations seront, suivant le contexte, alternées de phase de glisse et de freinage. Les phases de glisses sur deux pieds interviennent fréquemment lorsque le joueur n a pas le besoin d accélérer. Cette phase de glisse peut avoir une trajectoire rectiligne ou curviligne suivant le jeu. Elle peut également se produire en marche avant et en marche arrière. Ces différentes composantes définiront la direction de déplacement. La dissociation et la coordination quasi permanente entre la jambe droite et la jambe gauche vont être à l origine de l efficacité propulsive du joueur de hockey sur glace. C est alors la mauvaise réalisation de ce mouvement de patinage qui entrainera une grande partie des traumatismes du hockeyeur. Les raisons de cet échec sont toujours inhérentes à l activité mais peuvent avoir des causes internes et des causes externes au joueur. Le fait de vouloir éviter une chute conséquente d une charge ou d une perte d équilibre peut également être à l origine d une blessure. 3

Les articulations de la cheville, du genou et de la hanche sont donc constamment malmenées et le travail de proprioception se révèle alors essentiel. Les déplacements imprévisibles et prévisibles réalisés sur la glace provoquent des organisations motrices spécifiques qui se traduisent par l utilisation d amplitude maximale de l articulation de la hanche et par d importantes contraintes sur l articulation du genou et de la cheville. Les mouvements de la hanche concernés sont la flexion et l extension, l abduction, l adduction et les rotations internes et externes. Les muscles les plus endommagés, lors de la pratique de ce sport restent tout de même les adducteurs et les ischio-jambiers. Tous deux sont muscles antagonistes du mouvement de patinage en avant et en ligne droite et travaillent en synergie avec les quadriceps et les abducteurs qui sont eux muscles agonistes du mouvement. En cas de pas croisés, l adducteur devient un des muscles agonistes du mouvement et l abducteur un des muscles antagonistes. Le rôle du quadriceps reste invariable mais c est l orientation de la poussée qui participe à déterminer le sens du mouvement. Néanmoins, l atteinte traumatique de l abducteur reste plus rare car soumis à des tensions plus modérées et le déséquilibre mettant en tension ce muscle entraine de façon quasi inévitable la chute du joueur de hockey sur glace. L équilibre du hockeyeur sera également fortement influencé par la position de son tronc (inclinaison et angulation) et de ses membres supérieurs Certains déséquilibres peuvent également être causés par le trouble de la coordination entre membres inférieurs et membres supérieurs induit par la préhension de la crosse qu elle soit réalisée par une ou deux mains. Dans certains autres cas cette crosse peut également être stabilisatrice. Il sera donc important et primordial d agir de façon ciblée et spécifique sur ces muscles afin de limiter au maximum le risque de blessure en préparant le système ligamento-musculaire aux situations dites à risque lors de l entrainement et du match. 2.2 LA FRAPPE ET LA PASSE Le maniement de la crosse de hockey sur glace est déterminé par la main dite forte et la main dite faible du joueur de hockey sur glace. La main forte sera placée sur le haut du manche et la main faible sur le bas du manche de la crosse. La prise mixte (main forte en pronation et main faible en supination) et large est un consensus. Cette prise mixte est souvent modifiée lors de la mise en jeu pour une prise en pronation et ce par les 2 joueurs directement concernés. La biomécanique de la passe et de la frappe se caractérise donc par une asymétrie sur l axe rachidien qui va entrainer nombres de déséquilibres musculaires tant au niveau des membres inférieurs que de la ceinture abdominale, de la ceinture scapulaire et des membres supérieurs. Les joueurs de haut niveau pourront parvenir à une aisance quasi similaire en coup droit ou en revers mais la prédominance du coté fort sera toujours présente. 4

Le travail préventif devra, concernant les particularités du mouvement de frappe et de passe, être orienté sur un rééquilibrage des rapports de force agoniste/ antagoniste de la musculature globale du joueur de hockey sur glace afin de soulager les différents étages et complexes ligamento-tendino-articulaires. En ce qui concerne l épaule, le problème est plus complexe. Pour la frappe ou la passe, les abaisseurs et les rotateurs internes de l épaule du bras dit fort et les rotateurs externes de l épaule du bras dit faible sont sollicités de façon excentrique lors du ralentissement du mouvement initié après le moment d impact avec le palet. En effet, c est le ralentissement du bras après le moment de contact entre la crosse et le palais qui cause la majorité des blessures de l épaule lors d une passe ou d une frappe. 3. LES CAUSES EXTERNES DE BLESSURES 3.1 LA MISE EN ECHEC Partie intégrante du jeu, la mise en échec, qu elle soit réussie ou non est une des principales causes de blessures. Les protections (casque, plastron, gants, genouillères) ne sont malheureusement pas un gage de sécurité face à la violence des chocs liée à la pratique de l activité hockey sur glace. Outres les fractures osseuses et les contusions qu il est difficile de prévenir, le rôle de la préparation physique est de minimiser au maximum tous les accidents de types tendinoligamento-musculaires. Une attention particulière devra être accordée au renforcement des différents étages articulaires pour permettre aux joueurs de ne pas se blesser lors de ces situations de déséquilibres. L articulation de l épaule est principalement touchée en cas de blessure suite à une mise en échec. Le renforcement spécifique de cette articulation est donc une priorité. 3.2 LE FROID ET L HUMIDITE Le joueur de hockey sur glace, malgré son équipement spécifique évolue dans un environnement froid et humide de par la surface de jeu constituée de glace. Le froid et l humidité sont par excellence et ce avec la fatigue, la déshydratation et la malnutrition, des facteurs favorisant les blessures de types musculaires. Il est évident que cette particularité environnementale propre à la patinoire doit être prise en considération lors de la conception des séances de préparation physique. De ce fait il faudra insister de façon très particulière sur l hydratation, la nutrition et le repos du joueur de hockey sur glace. Un suivi quotidien est primordial afin de contrôler que chaque joueur respecte son hygiène de vie. Ce suivi devient plus qu essentiel dans les catégories jeunes ou l équilibre physique, mental et social seront considérablement malmenés. 5

4. PREVENTION : LES OUTILS 4.1 Apprentissage Tous mouvements, qu ils soient gestes techniques propre à la pratique du hockey sur glace ou qu ils soient exercices de préparation physique doivent être parfaitement réalisés dans le but de prévenir le risque de blessure. La connaissance experte des mouvements ainsi que de son corps sont à la base de la bonne santé physique du joueur de hockey sur glace. L entraineur a comme mission de rendre le plus efficient et le moins traumatisant possible chaque geste réalisé lors de l entrainement contextualisé. Tous les entrainements hors glace doivent être effectués sous l œil du préparateur physique expert et spécialiste de tous les mouvements réalisés. Toutes les techniques de musculation et de travail en préparation physique sont à inculquer à chaque sportif qui s investit dans une pratique sportive intensive. 4.2 Proprioception : En physiologie, la proprioception désigne l'ensemble des récepteurs, voies et centres nerveux impliqués dans la perception, consciente ou non, de la position relative des parties du corps (Sherrington, 1906 ; Delmas, 1981). C est en modifiant les surfaces de contact et en jouant sur l absence de repères visuels que l on obtiendra de réels bénéfices. Ces situations peuvent être totalement décontextualisées ou complètement intégrées à n importe quel travail de mécanique de déplacement ou de maniement de la crosse. Le travail des membres inférieurs et supérieurs peut alors se présenter sous de nombreuses formes. Le maintien en bonne santé de l articulation de l épaule doit se voir apporter un intérêt tout particulier et faire fonctionner tous les muscles stabilisateurs de l épaule sur une base hebdomadaire est incontournable. Proposer des situations d instabilité relative doit permettre de préparer l épaule à toutes les contraintes qui lui sont appliquées lors du match et de l entrainement. Il en est de même en ce qui concerne l articulation de la hanche. Le travail de proprioception peut être couplé à tous les régimes de contraction musculaire et une multitude d exercices est alors proposée avec comme limite de ne pas risquer d endommager l intégrité physique de l athlète 4.3 Machine Ce type de travail est intéressant pour les athlètes en période de rééducation et/ou réathlétisation. Les charges de travail sont toujours sous maximales. Le caractère guidé de l exercice annihile toute notion de contrôle du mouvement et tous les muscles stabilisateurs du mouvement ne seront que trop peu mis en jeu. Le caractère excentrique d une contraction peut tout de même être observé et l objectif de l exercice de prévention rempli lors de l entrainement d un sportif en bonne santé physique. 6

4.4 Elastique Ce travail est à effectuer seul. L athlète gère seul le mouvement et il devra être surveillé lors des premières exécutions et veiller à ce que l exécution soit lente et non douloureuse. Le travail de la phase excentrique est crucial. 4.5 Manuel Ce travail peut être effectué par le kinésithérapeute, par le préparateur physique ou par un partenaire d entrainement une fois que l exécution exacte du mouvement sera assimilée. Ce travail est plus aisé à réaliser par le partenaire si l athlète est en position allongée. Il n aura alors pas de points d appuis et la réalisation du mouvement sera facilitée. La position debout reste une solution pour les muscles de l épaule. 4.6 Médecine Ball: En équilibre sur un ou deux médecines ball, le travail des membres inférieurs et des membres supérieurs est plus qu envisageable et prend de nombreuses formes. 4.7 Fit-bal ball: l: Que ce soit pour le tronc, les membres inférieurs ou supérieurs, le travail préventif sur fit-ball trouve tout son intérêt, notamment dans tout le travail de co-stabilisation articulaire des différents étages, assurés par l association agonistes/ antagonistes. Par ailleurs, le travail sur fit-ball permet de développer efficacement les muscles du tronc notamment dans leur mission de transmission des forces (qualité physique nécessaire à la réalisation de geste technique juste et efficace). 5 Nutrition, hydratation et hygiène de vie. Bien que ces domaines ne soit pas les champs d intervention principaux du préparateur physique, ils conditionnent directement l exposition aux différents traumatismes et blessures inhérents à l activité sportive pratiquée. 5.1 ALIMENTATION Tout d abord, une alimentation variée et équilibrée permet l apport de tous les nutriments nécessaires au bon fonctionnement du corps humain. Toutes les carences occasionnées par une activité sportive intense doivent être compensées par un régime alimentaire adapté. Pour cela, toute collaboration avec un médecin nutritionniste ou un diététicien peut être enrichissant. 7

5.2 HYDRATATION Par ailleurs, une bonne hydratation permet de limiter le risque de blessure. La déshydratation a un impact certain sur la baisse de performance et peut à court, moyen et long terme engendrer des blessures de type musculaires, ligamentaires et tendineuses. 5.3 REPOS De plus, la récupération entre chaque entrainement est un des enjeux principaux de l organisation des entrainements. Un sommeil de qualité est un gage indéniable de la récupération physique et mentale du sportif. Le surentrainement est un phénomène directement lié à un déséquilibre de la balance entrainement/récupération et peut avoir des conséquences préjudiciables à la bonne santé physique et mentale de l athlète. La fracture de fatigue en est l exemple le plus révélateur. 5.4 PRATIQUES ADDICTIVES ET DOPANTES Enfin, la quasi-totalité des pratiques dopantes peuvent avoir des effets secondaires préjudiciables à la santé de l athlète. Il est scientifiquement avéré que les conséquences sur l organisme d une pratique dopante seront inévitables que ce soit pendant ou après la carrière du sportif. Les risques liés à la pratique dopante entrainent souvent des conséquences catastrophiques et irréversibles pour le sportif. L utilisation répétée et systématiques de tous médicaments, antidouleur ou antiinflammatoire, ne peut être que néfaste pour l organisme car elle va entrainer des comportements addictifs et ne fera que masquer les réels problèmes rencontrés par le sportif. Le repos nécessaire non observé ne fera qu aggraver les problèmes existants. Il sera donc du ressort du préparateur physique d orienter et de conseiller les athlètes sur toutes ces lignes de conduites parallèles à l entrainement et à la préservation de l intégrité physique de l athlète. 5. CONCLUSION Nous avons pu voir que la santé physique du sportif de haut niveau est une préoccupation constante et centrale de l intervention de tous les professionnels de l entrainement. Un discours commun doit être mis en place au sein de l équipe d encadrement pour permettre d obtenir de chaque athlète un investissement orienté vers la performance. Ce discours doit être mis en place le plus tôt et le plus fréquemment possible, depuis les catégories jeunes, en passant par les centres de formations et ce jusqu aux équipes professionnelles. La performance de chaque joueur est et sera toujours conditionnée par l état de santé physique du sportif. Préserver l intégrité physique de l athlète est le devoir et le travail quotidien du préparateur physique que ce soit en termes de mise en place de situations spécifiques lors de l entrainement ou en termes de conseil et de lignes directrices de conduite. 8