Contribution du Syndicat national des pharmaciens praticiens hospitaliers (SNPHPU)



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Transcription:

Contribution du Syndicat national des pharmaciens praticiens hospitaliers (SNPHPU) pour un cahier des charges des bases de données des produits de santé exigeant Rappelons pour mémoire que le législateur avait anticipé le risque d'accident thérapeutique lié à l information, puisque il avait, dès 1992, défini l'information thérapeutique comme l'un des trois grands axes de la Pharmacie hospitalière ("la Pharmacie à Usage Intérieur (PUI) est chargée de mener ou de participer à toute action d'information sur les médicaments, de contribuer à leur évaluation et de concourir à la pharmacovigilance" CSP Art. L 5126). Ceci n était pas lié au hasard! Depuis la fin des années 70, non satisfaits par l information thérapeutique existante essentiellement produite par les industries du médicament et par une société liée à ces dernières, des pharmaciens hospitaliers s étaient investis dans des centres hospitaliers d information (Limoges, Lyon, Marseille, Paris, Rennes,..), couplés avec un Comité du médicament, un bulletin d information, un livret thérapeutique,. Leurs syndicats créèrent une association non lucrative et exclusivement financée par ses clients hospitaliers, dénommée le Centre National Hospitalier d'information sur le Médicament (CNHIM). Le CNHIM fut, chargé de mutualiser les moyens pour réaliser une revue (Dossier du CNHIM ) publiant depuis cette époque des articles review sur les grandes classes de médicaments rédigés par les experts de la spécialité ainsi qu une base de données (Thériaque ) couvrant tous les médicaments hospitalier et de ville, les ATU ainsi que les préparations hospitalières, que ces produits soient disponibles sur le marché ou qu ils en soient retirés (NSFP). Afin d ouvrir le plus largement possible l accès à cette information indépendante, Thériaque fut le premier site web mis gratuitement à disposition des professionnels de santé, mais surtout accessible aux nombreux étudiants en médecine, en pharmacie et en soin infirmier. Notre cahier des charges a été le suivant : La base de données sur le médicament doit être complète et exhaustive, toutes les informations contenues doivent être «codées», c est-à-dire référencée quant à leur origine et permettant des requêtes, mise à jour fréquemment, téléchargeable hebdomadairement, voire quotidiennement, intégrant non seulement les données du RCP mais aussi les avis de la transparence et les dernières données validées de la science médicale, toutes les interactions,.. soit près de 600 items pour chaque médicament. Sur le plan informatique, nous souhaitons disposer de bases de données sous les différents formats existants, accessibles via des outils sécurisés type API ou WEB services sur les différents supports existants ou à venir, permettant une diffusion individuelle ou collective (intranet), intégrable dans tous les logiciels d aide à la prescription, à la dispensation et à l administration (problème des génériques). La nature de l information doit recouvrir tous les aspects, tant scientifique qu administratif : pharmaceutique, clinique, thérapeutique, toxicologique, codifications, économique,.. mais aussi enrichie par les différents référentiels produits par les sociétés savantes ou les institutions nationales et internationales. Le contenu de la base de données doit être soumis à une instance interne (Comité d orientation, de développement et d évaluation) qui est le gage d une entreprise éthique et de qualité. groupe4.assmed@sante.gouv.fr Page 1 sur 6

L'histoire récente du Médiator rappelle l'importance d'un accès à une information exhaustive et indépendante. A titre d'exemple les utilisateurs de la Base Thériaque peuvent hier comme aujourd'hui, consulter les avis de la commission de transparence du 19 novembre 1999, du 07 juin 2001 et du 10 mai 2006 sur le Médiator qui précisent "SMR insuffisant". La lecture de ces avis pouvant les inciter à ne pas prescrire ou dispenser ce médicament. (annexe 1) Enfin, Ils peuvent là aussi sur cette base, hier comme aujourd'hui s'apercevoir que le Médiator Benfluorex Chlorhydrate appartient à la classe chimique de la PHENYLETHYLAMINE dont les amphétamines sont une sous famille... (annexe 2) Un professionnel de santé s'interrogeant sur l'origine de cette molécule mais n'ayant pas les connaissances suffisantes pour faire le lien entre la structure chimique, la classe et l'action pharmacologique trouvera même sur Wikipédia les réponses à ses questions. (annexe 3) "Les amphétamines sont des substances psychotropes, de structure dérivé des phényléthylamines qui portent un groupe alpha-methyl. Elles exercent un effet psychostimulant majeur et un effet anorexigène." Sur le plan du modèle économique, nous avions souhaité qu une telle base de données relève de la Haute Autorité de Santé. La Cour des Comptes et l IGASS ont appuyé cette proposition. N ayant pas été entendus, nous exigeons, en revanche, qu elle dispose d un financement propre, indépendant des entreprises du médicament et des organismes payeurs (organismes de sécurité sociale, mutuelles et assurances), et donc commanditée par ses seules utilisateurs (comme la revue Prescrire). Il est en effet essentiel que la base de données sur le médicament dispose d une totale liberté éditoriale et que son contenu ne soit pas dicté par un risque de conflits d intérêt. Nous pensons qu'une société proposant une base de données sur les produits de santé à destination des professionnels de santé ne doit pas être rémunérée par l'industrie du médicament : - pour le référencement des médicaments dans sa base - ou par la vente aux industriels de prestations annexes tels que des études de marchés... En effet les risques liés à des conflits d'intérêt sont majeurs et peuvent être à l'origine : - d'une omission volontaire de certains médicaments ou d'une partie de l'information d'un médicament appartenant à un laboratoire ne souhaitant pas payer pour le référencement de ses médicaments dans la base de données de la société. - d'un affichage préférentiel favorisant les médicaments appartenant aux industriels "partenaires" au détriment des autres médicaments de la même classe pharmacologique et utilisables dans la même indication. Ces pratiques condamnables sont favorisées par l'intégration des bases de données aux logiciels d'aide à la prescription qui facilite des affichages préférentiels. Reste un dernier point, celui de la liberté de choix de la base par les professionnels de santé. Les pressions sont multiples : elles proviennent de certains éditeurs de logiciels qui parfois imposent une base pour des raisons inavouables, des certaines directions informatiques hospitalières, des modèles économiques des producteurs de bases de données, La certification des bases de données sur le médicament par l HAS a constitué un grand progrès pour homogénéiser, par le haut, les produits actuellement disponibles, mais certaines bases ne correspondent pas encore à notre cahier des charges, comportant un risque pour l utilisateur qui ne dispose pas de toute l information utile pour assurer une sécurité thérapeutique optimale à nos malades. groupe4.assmed@sante.gouv.fr Page 2 sur 6

Annexe 1 : groupe4.assmed@sante.gouv.fr Page 3 sur 6

groupe4.assmed@sante.gouv.fr Page 4 sur 6

Annexe 2 groupe4.assmed@sante.gouv.fr Page 5 sur 6

Annexe 3 groupe4.assmed@sante.gouv.fr Page 6 sur 6