Rapport de stage PLE RAPPORT DE STAGE PHILLIMORE INVESTISSEMENT L IMPACT DE LA CRISE SUR LES LEVEES DE FONDS DANS LE DOMAINE DES CLEANTECH Mélanie BEAUDOING Analyste financier Juin 2009 à Décembre 2009 Maître de Stage : Cyril TRAMON Tuteur : Philippe BUCHY GRENOBLE ECOLE DE MANAGEMENT Destinataire : Mme Nathalie PEGEON
REMERCIEMENTS Je tiens à remercier tous les membres de l équipe de Phillimore pour la confiance et la disponibilité qu ils ont su m accorder. Je souhaite aussi remercier l ensemble des personnes du fonds qui s efforce de donner un point de vue extérieur à l étude des demandes d investissement et qui contribuent à la bonne ambiance générale. Je remercie tout particulièrement Cyril TRAMON et Frédéric ARNAUD pour leur volonté de m impliquer sur tous les dossiers étudiés, pour l ensemble des connaissances que j ai acquises à leur contact et pour la patience et la gentillesse dont ils ont fait preuve tout au long de mon stage et même après. Je souhaiterais aussi remercier Thibaut DAUDIGEOS et Olivier CATEURA, professeurs à Grenoble Ecole de Management pour l aide qu ils m ont apporté dans ma démarche de recherche et d approfondissement du secteur des cleantech. De plus, je remercie toutes les personnes que j ai interviewées pour ce rapport et pour le temps qu ils m ont accordé, à savoir : Yvan NOBLE d Alpes Développement Durable ; Alessio BEVERINA de Sofinnova, Frédéric MARTIN de CEA Investissement, Pascal MAUBERGER de McPhy Energy, François VESSIERE de Vertaris, Paul DEGUEUSE et Cesare MAIFREDI de 360 Capital Partners, Arnaud DELATTRE de Cleantech Business Angels et Bernard MAITRE d Emertec. Enfin, je remercie mon tuteur Philippe BUCHY pour sa disponibilité et le suivi effectué tout au long de mon année de césure. -2/45-
MISSION COMPETENCES ACQUISES Analyse des demandes d investissement dans le cadre d opérations de LBO et de capitaldéveloppement MISSION Etude et analyse des demandes d investissement : analyse du positionnement de l entreprise, analyse concurrentielle, analyse financière ; Réalisation de présentations pour le comité d investissement ; Accompagnement en rendez-vous avec les dirigeants d entreprises ; Aide lors de la rédaction des lettres d intention ; Rédaction de la lettre d informations aux actionnaires. -3/45-
SOMMAIRE REMERCIEMENTS... 2 MISSION... 3 SOMMAIRE... 4 INDEX DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES... 5 GLOSSAIRE ET TABLE DES ACRONYMES... 6 1. INTRODUCTION... 8 1.1. PRÉSENTATION DE PHILLIMORE... 8 1.3. INTRODUCTION DU RAPPORT... 11 2. DÉFINITIONS ET IDENTIFICATION DES BESOINS EN FINANCEMENT... 13 2.1. CLEANTECH UN CONCEPT GÉNÉRALISTE... 13 2.2. TYPOLOGIE DES ENTREPRISES ET DE LEURS BESOINS EN FINANCEMENT... 14 3. LES CONSÉQUENCES SECONDAIRES DE LA CRISE SUR LES ACTEURS DES LEVÉES DE FONDS... 20 3.1. PRÉSENTATION DES ACTEURS DU SECTEUR... 20 3.2. UN RALENTISSEMENT GÉNÉRAL... 26 4. UN DEAL FLOW CONSTANT MAIS DES OPÉRATIONS PLUS DIFFICILES... 29 4.1. LES OPÉRATIONS CLEANTECH EN QUELQUES CHIFFRES... 29 4.2. LE RESSENTI DES FONDS D INVESTISSEMENT... 30 4.3. UNE FRILOSITÉ GÉNÉRALE DES INVESTISSEURS... 31 5. LES PROBLÉMATIQUES LIÉES AUX FINANCEMENTS INCHANGÉES PAR LA CRISE... 34 5.1. MÉCONNAISSANCE DES SUJETS UN FREIN À L INVESTISSEMENT?... 34 5.2. L EQUITY GAP UNE RÉALITÉ?... 34 5.3. L ATTRAIT D UNE INTRODUCTION EN BOURSE RAPIDE... 35 6. CONCLUSION... 37 6.1. CONCLUSION DU RAPPORT... 37 6.2. RECOMMANDATIONS... 38 7. ANNEXES... 40 7.1. TABLEAUX DES ACTEURS DES LEVÉES DE FONDS CLEANTECH... 40 7.2. QUESTIONNAIRES FONDS ET ENTREPRISES... 42 BIBLIOGRAPHIE... 45-4/45-
INDEX DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES Figure 1 : Organigramme fonctionnel du Groupe Phillimore... 8 Figure 2 : Portefeuille de participations... 10 Figure 3 : Les quatre principaux domaines des cleantech... 13 Figure 4 : Le cycle de vie d une PME et l évolution de ses besoins en financement... 14 Figure 5 : Maturité des marchés des cleantech... 16 Figure 6 : Tableau des principales aides pour les start-up innovantes... 23 Figure 7 : Evolution des deals cleantech en capital-risque depuis mi-2007... 29-5/45-
GLOSSAIRE ET TABLE DES ACRONYMES Définitions Business Angels : Personnes physiques accompagnant le fondateur en investissant leur argent personnel et en apportant leurs avis et conseils (définition AFIC). Deal flow : Flux d affaires - Ce flux comprend toutes les propositions d'investissements d'où qu'elles viennent (définition Edubourse). Start-up : Entreprise qui vient d'être lancée par ses dirigeants et actionnaires. Elle n a pas de passé, ni probablement d actifs corporels importants et elle évolue souvent dans un environnement technologique très mouvant. Enfin, ses flux de trésorerie disponibles sont négatifs pour quelque temps : son niveau de risque spécifique est donc très élevé ce qui explique qu'elle n a pas d autre choix que de se financer par capitaux propres (définition Vernimmen). Ticket : Montant moyen investi pour chaque investissement Acronymes Dans la suite du rapport, on utilisera k pour des milliers d euros, M pour millions d euros et Mds pour milliards d euros. AFIC : CDC : CIR : FCPI : FCPR : FIP : IPO : ISF : JEI : R&D : TEPA : TRI : Association Française des Investisseurs en Capital Caisse des Dépôts et Consignations Crédit Impôt Recherche Fonds Commun de Placement pour l Innovation Fonds Commun de Placement à Risques Fonds d Investissement de Proximité Initial Public Offering Introduction en bourse Impôt de Solidarité sur la Fortune Jeune Entreprise Innovante Recherche et Développement Travail, Emploi, Pouvoir d Achat Taux de Rendement Interne -6/45-
INTRODUCTION -7/45-
1. INTRODUCTION 1.1. PRÉSENTATION DE PHILLIMORE 1.1.1. Présentation du fonds Phillimore Actionnariat : Personnes physiques Management : 3 associés : Cyril TRAMON, Frédéric ARNAUD, Anne-Sophie VINET Métiers : Capital-développement, LBO, Mezzanine Secteurs : Tous secteurs avec une préférence pour les services Fonds gérés : 21 M via 2 véhicules : Phillimore Investissement : 12 M et PH2 : 9 M Logique d investissement : Minoritaire Ticket moyen : Entre 0,5 et 2 M Taille d entreprise : Valeur d entreprise inférieure à 15 M Structure et fonctionnement Créé en 2003, le fonds Phillimore Investissement a été clôturé en 2005 avec un montant levé de 12 M. Le second fonds PH2 a été clôturé en 2007 avec 9 M de fonds levés. Aujourd hui, la structure Phillimore Conseil gère les 2 véhicules d investissement, Phillimore Investissement et PH2. Au total 31 opérations d investissement ont été réalisées sur les 2 fonds. Figure 1 : Organigramme fonctionnel du Groupe Phillimore Source : Phillimore -8/45-
Stratégie d investissement Rapport de stage PLE Mélanie Beaudoing Phillimore prend des participations minoritaires dans le capital de PME situées en France ou en Europe (et de manière opportuniste également sur les marchés émergents, notamment en Chine) avec un horizon maximum de détention de 5 ans. Généralement, le fonds investit des tickets compris entre 0,5 et 2 M pour des valorisations de la cible inférieure à 15 M. Phillimore est présent sur de nombreux métiers : LBO, Mezzanine, Développement et parfois Amorçage. Les services sont un des secteurs privilégiés d investissement du fonds notamment le domaine du marketing-direct et du tourisme. Les associés du fonds possèdent une bonne expérience de ce secteur et peuvent ainsi apporter plus de valeur ajoutée à ce genre d investissements. Les associés accordent une grande importance à la personnalité des entrepreneurs et en font un des principaux critères d investissement. Le second critère d investissement est la bonne visibilité en termes d exécution. 1.1.2. L équipe Cyril TRAMON Né le 17 avril 1971, diplômé de Sup de Co Rouen (95). Il a commencé sa carrière chez Ernst&Young Corporate Finance à Paris et à Londres. En 1997, il rejoint le département Fusions- Acquisitions de J.P. Morgan (Londres) en tant qu analyste, puis est promu Associate au sein des équipes High Yield & Loan Capital Markets, et Financement d Acquisitions. En avril 2000, il est recruté par Consodata, en tant que responsable des Fusions-Acquisitions, puis est nommé responsable de la Communication Financière. En 2003, il a créé Phillimore avec le soutien des membres du Comité de Pilotage. Frédéric ARNAUD Né le 5 octobre 1973, diplômé de Sup de Co Rouen (95), programme mastère en finance de l'essec. Il débute en tant que coopérant auprès du Consulat de France à Shanghai de 1996 à 1998, puis devient analyste financier chez Citibank et auditeur chez KPMG (1999-2000). En septembre 2000, il rejoint la direction financière d IBM Global Services Europe où il s est occupé notamment du suivi des performances des contrats «Outsourcing». En 2003, il rejoint finalement Phillimore. Frédéric supervise spécifiquement les dossiers technologiques, immobiliers et les dossiers liés à la Chine. Anne-Sophie VINET Née le 15 juin 1973, diplômée de la Faculté de droit de Poitiers (96) et d'audencia, ex-esc Nantes (Audencia MBA-2001). Après avoir débuté au Crédit Mutuel en qualité de juriste (1999-2001), elle rejoint en 2001 la direction générale de Consodata à Londres comme analyste financier. En 2003, elle est promue responsable de la Communication Financière de Consodata (Paris), jusqu en juillet 2004. En novembre 2005, elle rejoint l équipe de Phillimore. Anne- Sophie assure le Secrétariat Général de Phillimore, en particulier juridique et administratif. -9/45-
1.1.3. Le Portefeuille Le fonds a une stratégie d investissement opportuniste et est présent dans de nombreux secteurs. Le schéma suivant illustre cette stratégie ; les cases en rouge représentent les sociétés sorties du portefeuille. Figure 2 : Portefeuille de participations Source : Phillimore Source : Phillimore -10/45-
1.3. INTRODUCTION DU RAPPORT 1.3.1. Démarche Lors de mon stage chez Phillimore, j ai été amenée à étudier des dossiers d investissement concernant des entreprises à vocation durable. Bien que ce sujet m intéressait avant mon année de césure, je n avais jamais eu l occasion d étudier des cas concrets de demandes de financement dans ce secteur. Cependant, Phillimore étant un fonds «généraliste», l équipe n avait pas de réelle expertise dans ce secteur précis et nous avons été confrontés à ces dossiers sans posséder les clés de compréhension nécessaires. C est pourquoi j ai décidé d approfondir le sujet au travers de ce rapport, qui n a pas la prétention de fournir un guide exhaustif des levées de fonds dans les projets cleantech mais seulement d en donner un bref aperçu. Je m attacherai à parler notamment des différents acteurs du financement et de la façon dont ils ont traversé la crise, en utilisant pour cela les connaissances que j ai acquises lors de mon année de césure. Concernant la méthodologie utilisée, les sources des informations sont précisées au fur et à mesure du document. Les limites de cette méthodologie concernent encore une fois l exhaustivité de ces informations. 1.3.2. Introduction Green-tech could be the largest economic opportunity of the 21 st Century. John Doerr, associé chez Kleiner Perkins Caufield & Byers (KPCB) un des principaux fonds de capital-risque de la Silicon Valley. Il ne s agit pas dans cette introduction de faire un plaidoyer en faveur du développement durable, ni de sermon sur l urgence climatique de la planète. Devant le nombre incalculable de définitions, concepts et rapports traitant de ce sujet, un seul aspect concret nous intéresse ici : l émergence du green business et la forme que ce phénomène revêt dans notre système économique traditionnel. Le schéma que suivent les entreprises dites «de cleantech» est assez similaire à celui des start-up innovantes. Elles semblent toutefois bénéficier d autres opportunités de financement, à replacer dans un contexte économique particulier, celui de la crise. C est ce que nous allons étudier tout au long de ce rapport : En quoi la crise a-t-elle eu un impact sur les levées de fonds des start-up cleantech en France? Pour cela, il sera tout d abord nécessaire de définir le concept de cleantech ainsi que les besoins en financement de ce genre d entreprises. Puis, nous étudierons l impact de la crise sur les différents acteurs du financement de ce domaine pour ensuite s intéresser aux opérations du secteur qui ont eu lieu ces deux dernières années. Enfin, nous étudierons les problématiques liées au financement des cleantech qui n ont pas changé avec la crise. -11/45-
DEFINITIONS ET IDENTIFICATION DES BESOINS EN FINANCEMENT -12/45-
2. DEFINITIONS ET IDENTIFICATION DES BESOINS EN FINANCEMENT 2.1. CLEANTECH UN CONCEPT GÉNÉRALISTE Le concept de cleantech est assez récent puisqu il a été défini pour la première fois en 2001 par Clean Edge, un des premiers cabinets d études spécialisés dans les cleantech. Le mot «cleantech» a été formé à partir de la contraction des mots «clean» et «technologies» - technologies propres. Les équivalents français comme «éco-tech» et «éco-entreprises» ne seront pas utilisés dans ce document. De façon générale, les cleantech regroupent des technologies «ayant une forte valeur ajoutée environnementale». Sans les restreindre à une poignée de domaines en particulier, ce phénomène peut toucher la quasi-totalité des technologies et des activités. D après Clean Edge, les cleantech regroupent une large gamme de produits, services et procédés utilisant des matériaux recyclables et des énergies renouvelables ; qui réduisent de façon significative l utilisation de ressources naturelles et qui diminuent ou suppriment complètement les rejets et les déchets. Les cleantech peuvent être regroupées sous quatre grands domaines interdépendants (Cf. Figure 3). Figure 3 : Les quatre principaux domaines des cleantech Source : Clean Edge, Clean Tech, Profit and Potential, 2001 Du fait de la médiatisation du phénomène, on parle souvent de «révolution cleantech». Mais il ne touche pas seulement les technologies, il concerne aussi les procédés et les business models tout en influençant dans son ensemble l environnement social des consommateurs. -13/45-
2.2. TYPOLOGIE DES ENTREPRISES ET DE LEURS BESOINS EN FINANCEMENT 2.2.1. Des similitudes avec les start-up innovantes En fonction de la maturité des projets, les besoins en financement sont différents et ne font pas appel aux mêmes acteurs. Les entreprises cleantech ressemblent pour cela en tous points aux start-up innovantes dont le cycle de vie suit à peu près le schéma suivant : Figure 4 : Le cycle de vie d une PME et l évolution de ses besoins en financement Source : Jean Lachmann, Financer l innovation des PME, Economica, 1996 Les jeunes entreprises ont besoin de financement pour soutenir leur croissance, notamment dans le cadre des sociétés innovantes pour couvrir les frais liés à la R&D (Recherche et Développement), ce qui les obligent à anticiper leurs besoins et lever des fonds régulièrement, spécifiquement lorsqu elles n ont pas encore de revenus. Comme nous pouvons le voir sur le graphique, plus le besoin en financement est grand, plus le niveau de risque est élevé. Cela explique les réticences de certains fonds à investir à des stades si peu avancés du business. Néanmoins, les start-up sont amenées à lever des fonds avant d avoir leurs premiers clients, simplement pour concevoir un prototype de démonstration de leur technologie et apporter les preuves de concept nécessaires à la levée d autres fonds plus importants. Cependant à la différence des start-up classiques, les start-up cleantech ont besoin de plus de financements «car fabriquer un démonstrateur technique nécessite en moyenne 1 M d investissement», selon Stéphane Parpinelli, de Cleantech Republic. (Eco-tech : Moteurs de la croissance verte en Californie et en France, d Anne Sengès). Réussir à réunir ces montants à des stades si peu avancés du développement de l entreprise est assez difficile à trouver en France où, à l inverse de la Silicon Valley, les business angels n investissent pas des sommes de cette nature et préfèrent se contenter de ticket inférieur à 500 k. -14/45-
2.2.2. Des besoins différents selon les degrés de maturité des entreprises 1) En fonction de la maturité des projets Avant que l entreprise ait ses premiers clients, elle a besoin de financements et au fur et à mesure de son développement, ces besoins ne font pas appel aux mêmes types d acteurs du financement. Pour ces acteurs, il s agit de financer des entreprises qui n ont pas accès aux financements traditionnels (notamment bancaires) en prenant des participations en fonds propres ou quasifonds propres dans le capital de ces sociétés. Ceci permet de renforcer leur structure capitalistique et de faciliter la mobilité des actionnaires en prévision de prochains tours de financement. Voici les trois grandes formes de capital-investissement dans les start-up : Il peut être intéressant d expliquer ces différentes étapes de financement en prenant l exemple de la société McPhy Energy société innovante dans le stockage solide de l hydrogène créée en 2008: Le Capital Amorçage ou Seed stage se caractérise par un investissement requis pour démontrer la viabilité du projet avant la création d une entreprise dédiée. Ce stade est généralement assuré par des business angels. L entreprise McPhy Energy a levé en amorçage un montant de 1,7 M auprès d Emertec, d Areva et de business angels début 2009. A ce moment, la société avait seulement déposé les brevets de ses réservoirs d hydrogène. La technologie étant suffisamment mature pour créer une société, McPhy Energy a décidé de lever les fonds nécessaires pour tenir jusqu à mi-2010. Le Capital Risque intervient à un stade intermédiaire, la start-up déjà créée a besoin de fonds pour financer le développement du produit, les premiers efforts commerciaux et la mise en place du processus d industrialisation. A partir de Janvier 2010, l équipe de McPhy Energy a débuté son road show pour leur premier tour de financement en capital-risque. Le processus ayant été incroyablement rapide, la levée de fonds a été finalisée en Juillet 2010. McPhy Energy a réussi à lever 13,7 M auprès des actionnaires déjà présents au capital, c est-à-dire Emertec et Areva, et de deux autres fonds de capital-risque Sofinnova et GIMV. Grâce à ce montant, la société possède 2 à 3 ans de fonds propres pour finir le développement de son produit (utilisation des fonds pour le financement du BFR et des outils de production). -15/45-
Le Capital Création intervient au moment où l entreprise possède déjà ses premiers clients et nécessite des capitaux pour passer à une autre étape de son développement : celle de la croissance, comme l indique le schéma Le cycle de vie d une PME. La finalisation de son premier tour de financement ayant eu lieu il y a moins de 6 mois, McPhy Energy n a pas encore besoin d un second tour. On peut imaginer qu à moyen terme, la société aura besoin de passer à l étape d industrialisation de ses réservoirs d hydrogène et réalisera d autres tours de financement. La société sera en phase de croissance et aura obtenu de premiers résultats. A l occasion d un nouveau tour, les investisseurs historiques décideront éventuellement de sortir du capital de la société. Bien que le Capital Développement soit généralement pour des sociétés matures, il peut être parfois difficile à identifier et on entend plus souvent parler de «Capital Développement 1 er tour» pour désigner des opérations de Capital Création. C est pourquoi, dans la cartographie des fonds présentée à la page 21, les fonds de capital-développement apparaissent aussi. 2) En fonction de la maturité des marchés Bien que les cleantech soient un concept relativement jeune, les marchés de certaines technologies ne sont pas au même degré de maturité que les autres. En effet, certaines technologies propres comme les panneaux photovoltaïques dans les maisons sont apparus dès les années 70 à l occasion de l augmentation du prix du pétrole, alors que le développement de véhicules électriques n a débuté que dans les années 2000. Voici une typologie des marchés des cleantech établis par le BCG à l occasion de l étude «Filières Vertes» commandée en 2009 par le Ministère de l'écologie, de l'énergie, du Développement durable et de la Mer. : Figure 5 : Maturité des marchés des cleantech Source : BCG Etude Filières Vertes Octobre 2009-16/45-
Cette typologie des marchés cleantech découle en partie de «cycles» comme certains acteurs du secteur les qualifie. Ce phénomène de cycles se manifeste principalement par une concentration des investissements sur certaines technologies et peut être initié par une réglementation spécifique concernant un secteur (ex : un tarif de rachat de l électricité avantageux) et/ ou la présence de grands groupes nationaux sur ce même secteur. L exemple de cycle le plus flagrant a été celui du photovoltaïque. Artificiellement sponsorisé par des tarifs de rachat obligatoire, le secteur a connu un envol dès 2007. Les acteurs du photovoltaïque, aussi bien fabricants de panneaux qu exploitants de centrales, se sont multipliés en partie grâce aux nombreux investissements de la part de fonds disposant alors des sommes collectées par la mise en place de la loi TEPA d août 2007. De même, l inverse se vérifie : ce soudain attrait pour le secteur a déclenché un réflexe d imitation chez certains fonds d investissement qui voulaient eux-aussi prendre part à cette manne financière. Avec des rentabilités assurées, les valorisations de ces entreprises ont explosé et les fonds ayant identifié à temps ce cycle ont pu vendre leurs participations et réaliser des TRI (Taux de Rendement Interne) intéressants. Aujourd hui, les panneaux les moins chers sont produits en Chine et l Etat a diminué les tarifs de rachat à compter du 1 er Septembre 2010, ainsi le secteur se consolide et fait son entrée dans sa phase de maturité. Il reste toutefois des opportunités dans le photovoltaïque pour des sociétés comme Soitec ou Solfocus travaillant sur des systèmes photovoltaïques à concentration (cellules de petites surfaces à haut rendement). Bien que la vague du photovoltaïque ait été facilement identifiable, l éolien a lui aussi été victime d un phénomène de vague et il s est depuis largement consolidé autour de grands acteurs d envergure internationale. Les professionnels du secteur estiment que les prochaines vagues en France concerneront les secteurs suivants : A COURT TERME Avec des technologies existantes : A MOYEN TERME Besoin de technologies innovantes : Eolien off-shore (en cours?) Biomasse Eau Efficacité énergétique et gestion des réseaux Matériaux (bâtiments) Stockage de l énergie Recyclage et valorisation des déchets Révolution écologique de l industrie lourde (procédés propres) Pour un fonds de capital-risque souhaitant investir dans des technologies de rupture, il est important de se positionner sur des marchés en décollage avec très peu d acteurs afin de pouvoir revendre sa participation une fois l entreprise en position de leader sur ce marché et générer des plus-values maximales. -17/45-
Du point de vue d un fonds de capital-création voire capital-développement, la stratégie d investissement s oriente vers des acteurs établis d un marché mature, possédant toutefois plusieurs avantages concurrentiels. En fonction de la maturité de certains marchés cleantech, l investissement fait appel à différentes catégories d acteurs. Qui sont-ils et comment ont-ils subi l impact de la crise? C est ce que nous allons étudier dans la suite du rapport. -18/45-
LES CONSEQUENCES SECONDAIRES DE LA CRISE SUR LES ACTEURS DES LEVEES DE FONDS CLEANTECH -19/45-
3. LES CONSEQUENCES SECONDAIRES DE LA CRISE SUR LES ACTEURS DES LEVEES DE FONDS CLEANTECH 3.1. PRÉSENTATION DES ACTEURS DU SECTEUR 3.1.1. Petit rappel sur les véhicules d investissement Avant de débuter la partie concernant les acteurs des levées de fonds cleantech, il est important de faire un rappel sur les différentes formes de véhicules d investissement existants en France : Les SUIR (Sociétés Unipersonnelles d Investissement à Risque) : SAS constituées d une seule personne physique, elles sont les véhicules privilégiés des business angels ; Les SCR (Sociétés de Capital-Risque) : sociétés par actions bénéficiant d un statut fiscal privilégié ; Les FCPR (Fonds Communs de Placement à Risque) : provenant de la même famille que les OPCVM, le FCPR est une copropriété de valeurs mobilières qui émet des parts. Il n a pas de personnalité morale et doit être géré par une société de gestion agréée par l AMF. Parmi les FCPR, on distingue les FCPI (Fonds Communs de Placement dans l Innovation), qui doivent être investis à hauteur de 60% dans des sociétés innovantes, et les FIP (Fonds d Investissement de Proximité) qui doivent être investis dans des PME non cotées d un territoire donné, dont la taille maximale ne pourra excéder trois régions limitrophes. Les FCPI et les FIP sont particulièrement adaptés aux particuliers qui bénéficient d abattements fiscaux privilégiés. Il existe d autres formes de véhicules d investissement en France, notamment au sein des régions. L État français a mis en place à la fin des années 70 des IRP Instituts Régionaux de Participationsayant pour but de faciliter l investissement au sein d une région donnée. On retrouve des vestiges de ces véhicules d investissement avec l IRPAC pour la région Champagne Ardenne. La raison pour laquelle les fonds choisissent un statut particulier dépend des avantages fiscaux qu ils peuvent obtenir grâce à ce statut et de la stratégie d approche d investisseurs institutionnels recherchée. 3.1.2. Cartographie des acteurs du secteur Le capital-risque s est développé en France dans les années 80 à l occasion de la mise en place du dispositif législatif permettant le développement de l activité à grande échelle. Bien que les fonds de capital-risque en France représentent un nombre très faible des fonds français, voici une cartographie des fonds investissant dans les cleantech, aussi bien en capital-risque qu en capitaldéveloppement. Cette cartographie a été établie à partir de la base de données CF News et de l annuaire des membres de l AFIC. Apparaissent par la suite : Les fonds ayant fait un deal dans les cleantech entre fin 2008 et nos jours; Les fonds portant un intérêt spécifique aux secteurs de l énergie et des cleantech. Dans le graphique suivant, les cercles verts représentent des fonds spécialisés dans les cleantech tandis que les cercles orange représentent des fonds généralistes. -20/45-
Les différentes tailles de cercles représentent le nombre de participations que ces fonds possèdent dans les cleantech : 2 10 0 ou 1 5 15 On remarque la forte présence de fonds spécialisés en capital-risque. Tandis qu en capital-développement pur, on observe un large nombre de fonds généralistes possédant une participation dans les cleantech mais sans que ce secteur soit une dominante dans leur portefeuille. Plusieurs hypothèses sont envisageables. La première est que le phénomène des cleantech est suffisamment récent pour que les sociétés ne soient pas assez matures pour faire appel à des fonds de capitaldéveloppement. Cette première explication n est pas valable puisqu il existe en France un grand nombre de sociétés bien implantées qui ont largement dépassé le stade de start-up. Une autre hypothèse serait la suivante : les fonds de capital-développement, en recherche de projet à forte rentabilité et faible niveau de risque, se sont désintéressés des secteurs liés à l industrie lourde et l énergie. Une dernière hypothèse peut être émise : les FCPI devant investir beaucoup d argent, ils ont peut-être privilégié l investissement dans des sociétés jeunes. En effet, les dépenses de R&D sont plus importantes que des sociétés avec des produits matures bien établis sur un marché (comme on peut en rencontrer en capital-développement). -21/45-
3.1.3. Une typologie claire 1) Les fonds spécialisés Rapport de stage PLE Mélanie Beaudoing Comme pour tout secteur innovant, il existe des fonds qui choisissent de dédier leur stratégie d investissement à un domaine particulier : soit ces fonds en possèdent une bonne connaissance grâce à des personnes qualifiées dans leur équipe, soit ils possèdent un bon réseau qui peuvent les aider lors de l analyse du dossier, soit ils possèdent un certain nombre de participations dans ce secteur qui leur permettent d appréhender plus facilement les principaux acteurs, drivers et indicateurs de ce domaine. Les fonds spécialisés sont plutôt positionnés sur l amont de la chaîne de financement, sur du capital-risque et du début de capital-développement (que l on peut assimiler à du capitalcréation). Ces fonds sont pour la plupart bien implantés dans le paysage du capital-investissement français et ont clôturé leurs fonds avant la crise. Par exemple : Crédit Agricole Private Equity a clôturé son premier FCPR dédié aux énergies renouvelables en juillet 2007 avec un montant total de fonds collectés de 109 M. 2) Des fonds généralistes qui ont profité de l effet de mode Il existe au total plus de 280 fonds d investissement adhérant à l AFIC Association Française des Investisseurs en Capital. Sans stratégie d investissement définie, ils ont une démarche opportuniste et investissent dans des secteurs variés. Un certain nombre d opportunités se sont présentées dans les cleantech notamment dans le photovoltaïque entre 2007 et 2010, c est donc par cet intermédiaire que les fonds ont investi dans le secteur. Une des raisons principales pour lesquelles les fonds généralistes se sont intéressés aux entreprises cleantech est, comme évoqué au-dessus, la défiscalisation de l ISF permise grâce à l investissement dans les entreprises innovantes par le biais des FIP et FCPI ISF. Les secteurs ayant attrait au Développement Durable comme les cleantech se retrouvent au cœur de la stratégie marketing des financiers des fonds ISF. Focus sur la loi TEPA défiscalisation de l ISF La loi TEPA du 21 août 2007 a instauré la possibilité de réduire de 75% l ISF dans la limite de 50 000 euros pour l investissement dans des PME non cotées. Cet investissement peut être effectué dans le cadre des FIP, soit une déduction de 50% des sommes investies dans la limite de 20 000 euros. La loi de Finances rectificative pour 2007 a étendu aux FCPI la réduction d ISF instituée par la Loi TEPA. En 2008, 28 véhicules ISF ont été créés soit un montant total levé de 570 M ; en 2009, la collecte a été moins importante : 322 M levés pour un total de 44 véhicules créés. -22/45-
3) Des acteurs publics Il existe un certain nombre d acteurs publics du financement des start-up cleantech, le plus important est sans doute Oséo établissement public à caractère industriel et commercial créé en 2005. Il est chargé de soutenir l innovation et les PME françaises. Pour cela son principal moyen d action est de se porter garant de prêts bancaires accordés aux start-up. Oséo est une holding chapeautant 3 filiales : Oséo Innovation, détenue à 100% par Oséo ; Oséo Financement, détenue à 53,35% par Oséo et à 42,75% par la CDC ; Oséo Garantie, détenue à 60% par Oséo Financement et à 40% par les banques et assureurs. La branche la plus utile aux start-up est Oséo Innovation, elle soutient l innovation et la R&D par le biais de 2 moyens : Des subventions ; Des avances à taux 0 (180 à 200 M par an). Oséo a financé en 2007 449 projets pour un montant total de 38,8 M dans le domaine des cleantech, contre 372 en 2006 pour un montant total de 36 M (Eco-tech : Moteurs de la croissance verte en Californie et en France, d Anne Sengès). Bien que l on ne puisse pas qualifier cet organisme de réel acteur du financement cleantech, l Etat subventionne largement l innovation dans son ensemble par le biais de subventions diverses dont en voici quelques-unes. Figure 6 : Tableau des principales aides pour les start-up innovantes Aide à la création Dispositif Nature et Montant Organisme Permet de bénéficier soit d'un capital de Aide de Pôle-emploi aux chômeurs départ soit d'allocations chômage tout Pôle-emploi créateurs d'entreprise en créant une société Concours ministère de la recherche pour la création d'entreprises innovantes Subvention maximale de 450 K Aide aux chômeurs créateurs et repreneurs d'entreprise (ACCRE) Exonération de charges sociales Prêts d'honneur Dispositifs régionaux. Prêts de 15 à 90 k Prêts à la création Emprunt de 2 à 7 K en cofinancement d'entreprise (PCE) d'un emprunt bancaire Emprunt de 30 à 80 k en Contrat développement création cofinancement de 50 % d'un emprunt bancaire Garantie OSEO Garantie des emprunts bancaires à hauteur de 50 à 70% Aide à la création d'entreprise Avance à taux zéro, remboursable en cas innovante de succès (subvention dans certains cas) Prêt jusqu'à 75 K (150 K avec le Prêt participatif d'amorçage soutien de la Région) conditionné à une aide à l'innovation - Ministère de la Recherche - ANR - OSEO DDTEFP OSEO OSEO OSEO OSEO OSEO -23/45-
Aide à l innovation Dispositif Nature et Montant Organisme Avance à taux zéro, remboursable an Aide au projet innovant (y compris cas de succès, soutien jusqu'à 50% des OSEO transfert de technologie) dépenses retenues Aide au montage de partenariat technologique Prestation technologique réseau (PTR) Caution sur projet innovant Contrat de développement innovation Garantie innovation OSEO Aide régionale à l'innovation et au transfert de technologie (ARITT) Agence Nationale de la Recherche (ANR) Agence pour l'innovation industrielle (AII) Pôles de compétitivité Programme Cadre de Recherche et développement (PCRD) Subvention ou avance à taux zéro remboursable en cas de succès Dispositif régional. Financement jusqu'à 75 % des prestations (faisabilité, essais, PI) Subvention plafonnée à 5 K Garantie de la caution bancaire sur marchés d'ordre Prêt de 40 à 400 K en cofinancement avec une banque Garantie des interventions des banques et organismes de fonds propres Dispositif comportant 4 volets : faisabilité, réalisation, recrutement, faisabilité laboratoires. - Faisabilité et réalisation : financement de 75 % des études, subvention plafonnée à 15 et 50 K - Recrutement : subvention de 50 % des salaires et charges plafonnée à 13 K pour un Bac+2 et à 35 K pour un ingénieur Appels à projets thématiques (RNRT, biotech,..). Collaboration PME /grands groupes/ recherche publique Soutien de projets collaboratifs industriels de grande ampleur nécessitant un important effort de R&D Projets collaboratifs à fort contenu en valeur ajoutée et innovation. Subvention et exonérations fiscales Subventions européennes. Programmes CRAFT, STREP, REX ou PI OSEO Réseau de développement technologique (RDT) OSEO OSEO OSEO Critt / Biocritt ANR AII DGE - Commission européenne et PCN pme - OSEO Source : Extrait du Guide de la Jeune Entreprise Innovante Lison Chouraki Editions Delmas 2ème édition : 03/10/2007 Ce tableau ne fait pas mention du Crédit Impôt Recherche ni du statut de JEI Jeune Entreprise Innovante. Ces deux avantages régulièrement cités comme les meilleurs atouts des start-up françaises ne représentent pas de financements en tant que tels mais contribuent très largement à favoriser la R&D en France, voici brièvement en quoi ils consistent : Le Crédit Impôt Recherche CIR : il s agit d un crédit d impôt égal à 10% des montants de R&D engagées auquel on ajoute 40% de la variation des dépenses comparées à la moyenne des années précédentes. Cependant seules les dépenses liées à la Recherche Fondamentale, à la Recherche Appliquée et aux Opérations de développement expérimental (prototypes ) sont intégrées dans l assiette de calcul. Les entreprises nouvelles et les JEI bénéficient du remboursement immédiat de la créance d impôt pendant 5 ans. -24/45-
Rapport de stage PLE Mélanie Beaudoing Le statut de Jeune Entreprise Innovante JEI : il s agit d un statut privilégié donnant droit à l exonération de charges sociales pour le personnel lié à la R&D et à des allégements fiscaux notables (exonération d IS pendant 3 ans puis exonération de 50% d IS pendant 2 ans). Ces aides sont primordiales pour les start-up car elles permettent «de réduire le risque supporté par les entrepreneurs et les investisseurs, d augmenter leurs moyens financiers et donc leur ambition et leur vitesse de croissance» d après Philippe Pouletty, directeur général de Truffle Capital. Un autre dispositif favorisant l essor des start-up cleantech en France est la mise en place des pôles de compétitivité. Sur les 71 pôles de compétitivité que compte la France depuis 2005, un sur quatre est actif dans les cleantech, selon Greenunivers. Parmi eux, on dénombre 5 pôles à vocation mondiale : Axelera, Industrie & Agro-ressources, Mov'eo, Mer Bretagne et Mer PACA. Leur mission est de favoriser les projets collaboratifs entre les acteurs de l éco-innovation (grands groupes, centres de recherche et start-up). Au total, ils ont reçu plus de 292 M d aides de la part du Fonds Unique Interministériel (FUI) et des collectivités locales sur la période 2006-2008. Plus de la moitié de ces fonds a été captée par les pôles Tenerrdis (énergies renouvelables et nouvelles énergies), Mov'eo (mobilité durable) et Axelera (chimie et environnement). La région Rhône-Alpes est la région la plus dynamique en France puisqu elle concentre 2 des 3 plus gros pôles français : Tenerrdis et Axelera. Le gouvernement semble enclin à favoriser le développement de ces pôles, il a labellisé en mai 2010 6 nouveaux de pôles de compétitivité spécialisés dans la gestion des déchets, l éco-construction, l eau et l énergie. -25/45-
3.2. UN RALENTISSEMENT GÉNÉRAL Nous n aborderons pas dans cette partie les conséquences de la crise sur le deal flow et les opérations réalisées par les fonds, mais nous allons étudier les autres manières dont la crise a impacté les fonds d investissement. 3.2.1. Des baisses de performances des participations Dans les interviews réalisées dans le cadre de ce mémoire, à la question «Avez-vous constaté un impact de la crise sur votre activité?», tous les fonds d investissement interrogés ont répondu que la crise s est surtout fait ressentir sur les performances de leurs participations. Bien que l étude des dossiers de financement soit toujours une part importante du travail des fonds, ils ont dû gérer les difficultés de leurs sociétés en portefeuille. Les performances des participations directement liées aux cleantech travaillant avec des grands groupes ont connu un ralentissement de leur activité. En effet, les budgets de ces grands groupes ayant été gelés du fait de la crise, les start-up en aval ont directement subi les conséquences. Pour les sociétés matures, aucune généralité ne peut être établie, ceci dépendant de leur domaine d activité. 3.2.2. Des levées de fonds ralenties Les levées de fonds ont été aussi très impactées pendant cette période. D après Greenunivers, seuls les fonds suivants ont clôturé des fonds spécialisés : A Plus Finance en Septembre 2010 ; CDC Climat en Juin 2010 pour un montant de 100 M dédié à l investissement dans les crédits carbone ; Platina Partners en Mars 2010 pour un montant de 209 M dans le cadre de son fonds European Renewable Energy Fund ; Atlante Gestion en Décembre 2009 ; Oddo Private Equity en Octobre 2009 avec le FIP Ecosolaire clôturé à 60 M. Cependant il est important de distinguer les levées de fonds institutionnelles et les levées de fonds ISF. Bien que les levées de fonds ISF ont largement diminué en 2009, on constate que 2 des levées citées ci-dessus (Oddo et A Plus Finance) sont des levées ISF. Le fonds CDC Climat dépend directement de la CDC et n a pas nécessité de rechercher d autres institutionnels. On peut en déduire que les levées de fonds auprès des institutionnels ont largement été freinées en période de crise. Ce phénomène a été confirmé par Sofinnova qui a rencontré des difficultés pour lever son dernier fonds auprès d institutionnels et l a clôturé à un montant inférieur à celui espéré. 3.2.3. Des acteurs publics subissant des feux contradictoires L actualité budgétaire a mis en péril un certain nombre d avantages dédiés aux entreprises innovantes : Le Crédit Impôt Recherche est souvent menacé de réduction. Il coûte environ 5 Mds par an selon Libération. Le gouvernement a donc décidé de le réduire de 7% dans la nouvelle loi de Finances 2011. -26/45-
Le statut de JEI : l article 78 du projet de loi de Finances 2011 met en péril le statut de JEI car il prévoit de réduire progressivement l exonération de charges sociales dès la 4 e année. «Leur masse salariale leur coûtant 20 % plus cher, elles réduiront l'emploi et leur potentiel de croissance. En ajoutant à la mesure «anti-jei» le plafonnement à 1,5 M par PME du bénéfice de la réduction d'isf, le gouvernement semble ne pas comprendre que notre déficit de croissance et notre désindustrialisation sont le résultat direct du manque de nouvelles entreprises technologiques à fort potentiel» selon Philippe Pouletty dans un article des Echos du 26 Octobre 2010. Le budget Oséo est sans cesse menacé de coupe, par exemple, les aides aux entreprises innovantes seraient limitées aux entreprises de taille moyenne ayant démontré une certaine viabilité. Nous venons de présenter les différents acteurs du secteur et nous avons abordé toutes les conséquences de la crise à l exception d un aspect majeur des fonds: le deal flow et les investissements réalisés. C est ce que nous allons aborder dans la prochaine partie. -27/45-
UN DEAL FLOW CONSTANT MAIS DES OPERATIONS PLUS DIFFICILES -28/45-
4. UN DEAL FLOW CONSTANT MAIS DES OPERATIONS PLUS DIFFICILES 4.1. LES OPÉRATIONS CLEANTECH EN QUELQUES CHIFFRES Bien que les cleantech n apparaissent que depuis mi-2007 dans les indicateurs Chausson Finance, on remarque que le secteur a connu une forte percée en 2007/ 2008 avec des montants investis record et une part de plus en plus importante dans les deals de capital-risque en France. On observe clairement, avec le CAC 40 comme indice de référence, une corrélation entre conjoncture et nombre de deals dans les cleantech. Figure 7 : Evolution des deals cleantech en capital-risque depuis mi-2007 Source : D après les données de l indicateur Chausson Finance et Yahoo Finance Au plus fort de la crise début 2009, les montants investis dans les cleantech avaient chuté de plus de 40%. Cette tendance est surement extrapolable au capital-investissement en général mais on remarque que la part des deals cleantech a aussi baissé lors de cette période, d où un désintéressement volontaire des investisseurs au profit d autres secteurs notamment celui de la santé. Le graphique nous montre aussi que l investissement dans les cleantech avant la crise se portait bien et que les investissements en 2010 n ont pas retrouvé leur niveau de 2007 / 2008 alors que la conjoncture semble plus favorable. S agit-il d un désintéressement du secteur ou d un durcissement dans le choix des dossiers dans les cleantech après la crise? C est ce que nous allons voir avec le ressenti des fonds interrogés. -29/45-
4.2. LE RESSENTI DES FONDS D INVESTISSEMENT Bien que la crise ait pu avoir des conséquences sur l économie en général, son impact a été différent pour les acteurs du financement des cleantech. Même pour des fonds investissant sur des marchés similaires, les conséquences ont été différentes. La majorité des fonds interrogés n a pas ressenti l impact de la crise en termes de nombre de demandes de financement, le deal flow est resté identique. La raison principale est que les fonds TEPA possèdent toujours des sommes à investir, ce qui a maintenu le niveau des investissements dans le secteur et les valorisations. Les fonds spécialisés tel que Sofinnova n ont pas connu de baisse en termes de nombre de dossiers mais ont toutefois réalisé moins d investissements. Les fonds ont remarqué une tendance à l investissement sur des segments peu risqués des cleantech et un désintéressement partiel des dossiers de technologies cleantech particulièrement disruptives. Cette tendance à investir dans des valeurs refuges tels que le photovoltaïque et l éolien a contribué à l effet de cycle cleantech que l on a évoqué précédemment. Selon les professionnels du secteur, certaines start-up en recherche de fonds ont pu connaitre des difficultés à trouver des financements du fait de la contraction des marchés et d une certaine aversion au risque, un peu exacerbée par la crise. On parle même d une «génération perdue» de start-up qui n ont pas réussi à trouver les financements nécessaires pour passer le cap de la crise. -30/45-
4.3. UNE FRILOSITÉ GÉNÉRALE DES INVESTISSEURS Comme nous l avons constaté avec le graphique en page 29, le nombre d opérations a nettement diminué en période de crise. Ceci peut s expliquer par la frilosité des fonds d investissement à s engager sur des secteurs risqués. Toutefois les fonds de capital-risque ont continué à investir mais ont durci leur méthode de sélection des dossiers. 4.3.1. Renforcement des critères d investissement Lors des interviews réalisées dans le cadre de ce rapport, les fonds interrogés ont cité leurs critères d investissement lors de l analyse d un dossier. Tous ont cité les critères suivants dans le même ordre : L équipe ou l entrepreneur : «Mieux vaut un projet moyen avec une super équipe, qu un super projet avec une équipe moyenne.» Les fonds accordent une grande importance à la personnalité du porteur de projet. Outre l expérience de l entrepreneur, les fonds ont besoin d une personne en qui ils peuvent avoir confiance pour faire les meilleurs choix pour le développement de l entreprise. Certains font même appel à des cabinets d intelligence RH pour passer au crible le dirigeant de la société. En outre l entrepreneur doit faire preuve d une parfaite connaissance technique et du marché visé. Si l entrepreneur a déjà constitué une équipe, il s agira d évaluer la cohérence de cette dernière, notamment en termes de répartition des compétences. Une stratégie de développement définie et ambitieuse : Le porteur de projet doit faire preuve d une vision stratégique claire et cohérente. Les fonds de capital-risque supportant un fort risque de défaillance souhaitent investir dans des projets capables de réaliser des multiples d investissement élevés et ne souhaitent pas prendre de participation dans une société où l objectif de chiffre d affaires est inférieur à 50 M à 5 ans. Un potentiel de marché suffisamment grand : Toujours dans une démarche de compensation des pertes passées par un succès, les fonds de capital-risque visent exclusivement des marchés internationaux ou au minimum des entreprises ayant la capacité de capter 80% du marché national. Idéalement, il s agit de marchés de très grandes tailles avec de fortes barrières à l entrée pour garantir à la société le maintien de ses marges. Une technologie de rupture : (Essentiellement recherchée par les fonds de capital-risque) Cela correspond à des produits ou des services novateurs. Il s agit d investir dans des projets en avance sur la R&D des grands groupes. Cette technologie doit toutefois rester facilement industrialisable. Ceci permet en effet d arriver en position de monopole sur un marché et d améliorer de façon significative les marges. Toutefois dans une logique de gestion de portefeuille, les fonds doivent équilibrer les différents niveaux de risque afin d assurer un rendement positif du portefeuille. Possibilités de sorties : Il est nécessaire d imaginer avant même d investir les différents scénarios possibles de sorties et d identifier des catégories d acteurs susceptibles d être intéressés par le rachat de l entreprise. -31/45-
Le plus difficile est d être capable d anticiper l impact d une technologie qui n existe pas encore sur le marché. Il est nécessaire de définir ce qui est réellement innovant dans la technologie ou le service. La crise a renforcé plusieurs de ces critères, notamment l aspect lié à l équipe et à la personnalité de l entrepreneur. Certains fonds déjà en difficultés sur leurs participations ont besoin d être convaincu de la capacité de l équipe à gérer des situations de crise de façon autonome. Investir dans une société, c est avant tout accorder sa confiance au management. 4.3.2. Baisse des valorisations et retardement de sorties de portefeuilles En 2007, certains professionnels ont avancé l idée d une éventuelle «bulle verte», c est-à-dire un phénomène de décorrélation des prix par rapport à la réalité qui se traduit ici par une hausse des valorisations dans les cleantech. Cette «bulle verte» a peu duré (si, toutefois, elle a réellement existé) et a disparu dès le début de la récession, provoquant ainsi une baisse significative des valorisations. Les fonds d investissement spécialisés s accordent à dire que la crise a engendré une baisse des valorisations, ce qui à la fois, peut permettre de profiter de bonnes opportunités et d investir à moindre coût, mais aussi rendre peu propices les sorties de portefeuille. Toutefois Sofinnova a investi dans moins de sociétés l année dernière qu à son habitude, ce qui prouve que ce phénomène de baisse des valorisations n a pas forcément engendré une hausse des investissements. Tous les fonds ont constaté qu il était difficile de sortir des participations dans de bonnes conditions en cette période de crise notamment du fait d une certaine réticence des acheteurs et d une entente impossible sur les valorisations avec ces derniers. Pour le fonds, la valorisation de sortie doit tenir compte de la valorisation d entrée, de la somme totale investie et du temps qu il a passé au capital de la société afin de calculer le TRI de cet investissement. Quant à l acquéreur, sa valorisation dépend des performances de la société. Or dans un contexte de crise où les sociétés ont connu une baisse de leurs résultats, les valorisations proposées par les acquéreurs sont dégradées. Ainsi, pour ne pas prendre le risque de voir leurs valorisations s effondrer du fait d un contexte conjoncturel défavorable, certaines sociétés ont préféré repousser leurs sorties et attendre la reprise. Il s agit uniquement d un décalage dans le temps, plus que de conséquences irréparables de la crise. Certains fonds affirment toutefois que les valorisations, tout comme le nombre de dossiers, se sont maintenues du fait des investissements des fonds ISF, «moins regardant sur les prix même en temps de crise». Bien que la crise ait changé des aspects du financement cleantech, elle n a eu aucune incidence sur un certain nombre de problématiques propres aux cleantech que nous allons étudier dans la prochaine partie. -32/45-
LES PROBLEMATIQUES LIEES AUX FINANCEMENTS CLEANTECH QUI RESTENT INCHANGEES PAR LA CRISE -33/45-
5. LES PROBLEMATIQUES LIEES AUX FINANCEMENTS INCHANGEES PAR LA CRISE 5.1. MÉCONNAISSANCE DES SUJETS UN FREIN À L INVESTISSEMENT? La méconnaissance des sujets ne repousse pas les fonds de capital-risque qui ont l habitude des secteurs innovants. Ils ont acquis au fur et à mesure des investissements une certaine compréhension des cleantech, domaine qui s inspire largement des autres secteurs innovants. Dans la cartographie des fonds cleantech, on observe une grande diversité de fonds dans la catégorie capital-développement possédant une participation dans les cleantech généralement dans le photovoltaïque. Comme expliqué préalablement, le photovoltaïque a fait l objet d investissements massifs de la part de fonds généralistes car il s agit d un secteur assez facile à appréhender par des non-spécialistes. Cet investissement leur a peut-être donné envie d investir davantage dans les cleantech mais certains fonds redoutent les secteurs trop innovants pour lesquels le marché ne serait pas prêt à accueillir ces nouvelles technologies. Les équipes des fonds généralistes ne sont pas toujours composées d ingénieurs spécialisés capables de comprendre toutes les facettes d une technologie propre innovante. Mais on rencontre beaucoup d ingénieurs issus de Polytechnique ou d autres grands écoles d ingénieurs dans les équipes des fonds de private equity. Ce refus d investir dans les cleantech pourrait provenir directement des actionnaires du fonds qui ne veulent pas supporter un tel niveau de risques dans leur portefeuille. L argument de la méconnaissance des sujets est souvent avancé mais n est pas forcément la véritable raison d un désintéressement du secteur des cleantech. 5.2. L EQUITY GAP UNE RÉALITÉ? Certaines start-up et certains fonds ont évoqué l existence d un éventuel «equity gap» pour le financement des start-up tous secteurs confondus. L equity gap représente un trou dans la chaîne de financement se traduisant par un manque d acteurs du capital-risque capables de financer des besoins entre 500 k et 1,5 M, entre les business angels et les premiers fonds de capitaldéveloppement. En parallèle de cet equity gap, on fait souvent référence à la Silicon Valley comme un idéal de capital-risque qui ne déplore pas ce trou de financement puisque leurs business angels investissent des montants nettement supérieurs aux business angels français. Tout comme les Etats-Unis avec la Silicon Valley, la France est un des rares pays à avoir mis en place un véritable capital-risque. Cependant on déplore le faible nombre d acteurs et la faiblesse des montants investis. Par exemple «les fonds de capital-risque français ont investi 134,5 M dans le secteur cleantech en 2008 sur un total de 1 Md tous secteurs confondus, ( ) à titre de comparaison, la même année, les cleantech en Californie ont attiré 3,3 Mds$ d investissement» selon Eco-tech : Moteurs de la croissance verte en Californie et en France, d Anne Sengès. Il serait plus pertinent de comparer des pays de mêmes tailles avec le même nombre d acteurs. La Silicon Valley est un vivier de venture capitalists (capital-risqueurs américains) depuis les années 70 tandis qu en -34/45-
France, le capital-risque est bien moins ancré dans les traditions à cause de l aversion au risque des fonds d investissement français. De plus, les fonds de capital-risque français ne jouent pas dans la même catégorie en termes de ticket moyen : «Alors qu aux Etats-Unis, une start-up va facilement lever 15 M$, en France, la start-up équivalente lèvera 2 M», selon David Dornbusch, fondateur des Clean Tuesdays, dans Eco-tech : Moteurs de la croissance verte en Californie et en France, d Anne Sengès. Lors de mes interviews avec des fonds de capital-risque, tous ont nié l existence d un equity gap : les beaux projets avec une belle équipe trouvent toujours les financements dont ils ont besoin. Ils reconnaissent que le capital-risque français ne compte que très peu d acteurs, à l inverse de celui de la Silicon Valley, mais les start-up françaises bénéficient d une multitude d aides de l Etat qui compensent les faibles montants levés. 5.3. L ATTRAIT D UNE INTRODUCTION EN BOURSE RAPIDE Il est courant pour les sociétés innovantes et notamment les sociétés dans les cleantech de s introduire en bourse à un stade peu avancé de l entreprise pour lever des fonds plus facilement. C est une éventualité de sorties que les fonds de capital-risque envisagent pour leurs participations cleantech, mais les opinions sont partagées à ce sujet. Une IPO Initial Public Offering n est pas la seule façon de sortir de la société pour les capital-risqueurs et elles ne sont à envisager qu au cas par cas. Elles présentent l avantage d offrir une porte de sortie aux actionnaires et de garder l indépendance de la société vis-à-vis d un grand groupe. Selon Emertec, si l entreprise est positionnée sur un secteur en forte croissance, l IPO peut être une solution intéressante car les marchés financiers sont avides de ce type de produits et n ont pas assez d opportunités pour investir (phénomène de surcote). Néanmoins dans un contexte économique houleux, les IPO sont moins nombreuses. D autres fonds préfèrent les sorties industrielles car ils considèrent que le marché peut avoir des difficultés à valoriser correctement des sociétés qui ne sont pas encore implantées sur un marché. Même si les grands groupes approchent directement les sociétés, les opportunités de sortie sont discutées entre les différents actionnaires. Bien que la conjoncture soit peu favorable aux IPO de start-up, certaines sociétés plus matures s y sont risquées et ont fait beaucoup parlé d elles. Une IPO réussie avec succès a été celle de Tesla Motors en juin 2010, qui a levé 226 M$. Une autre IPO récente a été celle du fabricant chinois d éoliennes Goldwind, n 5 mondial, qui s est coté à la Bourse de Hong Kong et a levé 916 M$. Cependant, fin octobre 2010, le développeur éolien américain First Wind a raté son introduction en bourse : il espérait lever plus de 300 M$ et après avoir réduit ses prévisions de prix d émission, a finalement tout annulé en raison d un climat défavorable. -35/45-
CONCLUSION -36/45-
6. CONCLUSION 6.1. CONCLUSION DU RAPPORT Après avoir étudié les levées de fonds des start-up cleantech, nous avons observé que ces levées présentaient de grandes similitudes avec les levées de fonds des start-up innovantes. A la différence près que les cleantech comptent désormais des acteurs spécialisés et bénéficient d un phénomène de mode à la fois sociétal et financier qui a boosté les investissements dans ce secteur hors période de crise. Toutefois en période de crise, le secteur a subi un recul des investissements, notamment dans le capital-risque, au profit d autres secteurs. Les fonds ont rencontré des difficultés pour lever des fonds spécialisés cleantech auprès d institutionnels et ont dû gérer les baisses de performances de leurs participations. La crise a peut-être ralenti le nombre d investissements mais le deal flow est resté constant voire à augmenter. Certains professionnels pensent que la prise de conscience de la cherté de l énergie provoquée par la crise a favorisé l émergence des cleantech en tant que secteur à part entière. Même si ce secteur regroupe un large panel d entreprises (du recyclage à l énergie en passant par le transport), il est en pleine phase d émergence et ne va pas se consolider à court terme, promettant encore plusieurs années de prospérité pour les investissements. Il va cesser de gagner en importance que lorsque tous les procédés industriels seront devenus propres. «L engouement naissant pour les cleantech n est pas «une mode» éphémère : il traduit le besoin de remettre complètement à plat notre consommation énergétique, et donc l ensemble du système de production qu elle nourrit.» Dominique Nora, Les Pionniers de l or vert, Editions Grasset. -37/45-
6.2. RECOMMANDATIONS La stratégie d investissement de Phillimore est très orientée sur les services et le fonds propose quasi exclusivement des montages de capital-développement et de LBO. Il apparait assez paradoxal que Phillimore investisse dans des technologies innovantes de type cleantech. Cependant, du fait d une éventuelle pression de ses actionnaires ou simplement d une opportunité intéressante, Phillimore pourrait être amené à s intéresser à ce secteur. Ce que je conseillerais à l équipe est de s intéresser à un secteur un peu en marge des cleantech «pures» : les «services verts». Il ne s agit pas ici de prestataires pour bilan carbone activité vouée à disparaître mais plutôt de nouvelles façons d aborder le secteur des services comme par exemple l installation et la maintenance des différentes installations produisant de l énergie renouvelable. Le fonds retrouverait les mêmes business models que ceux des services traditionnels avec néanmoins une autre catégorie de clients. De plus, si Phillimore voulait se positionner sur les cleantech, il pourrait être intéressant de reprendre la matrice du BCG page 16 pour identifier les marchés entrant bientôt dans leurs phases de maturité. L idée est de se positionner un peu en avance des autres fonds sur des marchés allant aborder cette phase d ici 2 ans pour profiter de la hausse des valorisations et réaliser une opération intéressante. Le marché, arrivant sur le devant de la scène des investissements, connaitra un fort développement des investissements comme on a pu le voir avec le photovoltaïque et les cycles cleantech. En particulier pour Phillimore, qui n est pas un fonds tourné vers les technologies de rupture, il serait intéressant de se positionner dès maintenant sur du smart metering ou sur de la production de matériaux verts pour le BTP, c est-à-dire des produits assez simples qui ne nécessitent qu une bonne stratégie de distribution. Pour prendre position de façon stratégique sur un secteur, il peut être utile de surveiller les réglementations à venir en rapport avec ce domaine et anticiper les futures orientations du marché. Pour finir, je leur conseillerais d éviter toutes les entreprises ayant basé leurs business model sur des rentes garanties par l Etat comme par exemple les tarifs de rachat de l énergie photovoltaïque ou provenant de la cogénération. En période de crise, le gouvernement n hésitera pas à diminuer ces avantages, comme on a pu le constater en août 2010 avec la baisse annoncée des tarifs de rachat de l énergie photovoltaïque. Toutefois un montage financier innovant permettant de se prémunir contre ce genre de risque peut être une solution avantageuse là où d autres fonds ne voudraient pas financer l opération. -38/45-
ANNEXES -39/45-
7. ANNEXES 7.1. TABLEAUX DES ACTEURS DES LEVÉES DE FONDS CLEANTECH Nom Généraliste/ Spécialiste Fonds dédié(s) Actionnariat Fonds sous gestion Type d'investissement Mino/ Majo VE Cible Ticket moyen Nombre de participations dans les cleantech 123 VENTURE Généraliste Plusieurs FIP dédiés ISF 550 M Capital Risque / Développement / ISF Nc Nc Entre 1 et 6 M 6 360 CAPITAL PARTNERS Spécialiste Indépendant 100 M Capital Risque Minoritaire Nc Amorçage: 200 à 500 k 3I Généraliste 3i Group, côté au London Stock Exchange 9,2 Mds Buyout, Capital Développement Minoritaire et Majoritaire entre 50 M et 1Mds en VEentre 10 et 250 M 0 Nc Entre 10 et 40 M 0 4D GLOBAL ENERGY ADVISORS Spécialiste SOCIETE GENERALE ASSET MANAGEMENT 126 M Capital Risque / Capital Développement Nc A PLUS FINANCE Généraliste Planet et Environnement ISF 275 M Capital Risque / ISF Nc Nc Entre 1 et 5 M 1 ADER INVESTISSEMENTS Spécialiste Nc Nc Capital Risque Nc Nc Nc 1 AGREGATOR CAPITAL Généraliste Family Offices 60 M Capital Développement Nc entre 5 et 75 M < 5 M 2 AKUO INVESTMENT MANAGEMENT Spécialiste Akuo Energy Indépendant Nc Capital Risque Nc Nc entre 2 et 15 M 1 Entre 1 et 5 M 3 ALOE PE Spécialiste Nc Nc 175 M Capital Risque Nc Nc Entre 5 et 25 M ALPES DEVELOPPEMENT DURABLE INVESTISSEMENT (A2D INVEST) Spécialiste Banque Populaire des Alpes 10 M Capital Risque Minoritaire Nc Entre 100 et 400 K 2 1 FIP ALTO INVEST Généraliste 3 FCPI Développement Indépendant 300 M Capital Risque Nc Nc Nc 1 (non exhaustif) Durable AMUNDI PRIVATE EQUITY Généraliste Société Générale et Crédit Agricole 3700 M Capital Risque / Capital Développement Nc Nc Nc 10 ANTIN INFRASTRUCTURE PARTNERS Généraliste BNP Paribas 1100 M Capital Risque / Capital Développement / LBO Nc Nc Entre 60 et 100 M Nc APICIL PROXIMITE Généraliste Groupe Apicil, Roche Brune 20 M Capital Développement Nc Nc Nc 1 ARDENS ET ASSOCIES Généraliste Indépendant 55 M Capital Développement Majoritaire entre 5 et 50 M Entre 2 et 10 M 1 ARGOS SODITIC Généraliste Contrôlé par les 8 associés européens. 518 M Capital Développement Majoritaire CA entre 20 et 300 M 5 à 30 M 1 ASTER CAPITAL Généraliste Schneider Electric et Alstom 120 M Capital Risque Nc Nc Maximum 3 M 3 ATLANTE GESTION SAS Spécialiste FCPR Energie SERCIB Nc Capital Développement Nc Nc Entre 1 et 20 M Nc ATLANTIC BUSINESS ANGELS BOOSTER (ABAB) Spécialiste Business Angels Nc Capital Risque Nc Nc Nc 2 AUDACIA Généraliste ISF 80 M Capital Risque Nc Entre 3 et 50 M Entre 1 et 3 M 3 AURINVEST Généraliste Nc 20 M Capital Développement, Amorçage Minoritaire Nc moins de 3 M 1 AVENIR ENTREPRISES Généraliste CDC Entreprises (60%), OSEO (39%), équipe (1%) 350 M Capital Développement, Transmission Minoritaire CA inférieur à 50 M entre 0,3 et 2 M 4 AXA PRIVATE EQUITY Généraliste AXA, investisseurs institutionnels internationaux 26 Mds Capital Risque / Capital Développement Minoritaire/ Majoritaire entre 15 M et 2 Mds de 15 à 250 M 2 BAC PARTENAIRES GESTION 10 M 1 BARCLAYS PE Généraliste Barclays Bank PLC 900 M Capital Développement / Transmission Minoritaire/ Majoritaire entre 30 et 750 M entre 10 et 150 M 2 BNP PARIBAS DEVELOPPEMENT Généraliste BNP Paribas 245 M Capital Développement / Transmission Minoritaire entre 4 et 15 M entre 0,2 et 5M 1 BRETAGNE JEUNES ENTREPRISES (BJE) Spécialiste BANQUE POPULAIRE, CAISSE D'EPARNE, OSEO, CREDIT AGRICOLE, CREDIT MUTUEL, CDC ENTREPRISES, 4 M REGION Capital BRETAGNE Risque Nc Nc Nc 3 CAP DECISIF MANAGEMENT Généraliste CDC ENTREPRISES, REGION ILE DE FRANCE, NATIXIS PRIVATE EQUITY 43 M Capital Risque Nc Nc Maximum 1 M 2 CAPE (Energies Renouvelables) Spécialiste =D33 109 M Capital Risque / Capital Développement Minoritaire/ Majoritaire Nc Entre 1 et 10 M 11 CAPITOLE ANGELS (Toulouse) Généraliste Business Angels Nc Capital Risque Nc Nc Nc 1 CAPZANINE Généraliste Nc 565 M Capital Développement / Mezzanine Minoritaire/ Majoritaire entre 20 et 300 M 15 à 20 M en Equity et 10M à 15M 1 en Mezzanine CARVEST (CA Est de la France) Généraliste Crédit Agricole 100 M Capital Développement / Transmission Minoritaire entre 20 et 30 M de CA jusqu à 3 M 1 CDC CLIMAT Spécialiste 100 M Capital Risque Nc Nc < 1 M Plus de 15 CDC ENTREPRISES Généraliste CDC 1600 M Capital Risque / Capital Développement / Transmission Minoritaire entre 5 et 150 M de CA entre 2 et 15 M 5 CDC INNOVATION Généraliste CDC ENTREPRISES; CAISSE D'EPARGNE 415 M Capital Risque Nc Nc Entre 1 et 9 M 3 CEA INVESTISSEMENT Généraliste CEA 27 M Capital Risque Minoritaire Nc Maximum 1 M 3 CM CIC CAPITAL PRIVE Généraliste CREDIT MUTUEL; CIC; CIC-FINANCE 360 M Capital Risque / Capital Développement / LBO Nc Maximum 50 M Entre 1 et 3 M 3 COBALT CAPITAL Généraliste Indépendant 150 M Capital Développement / Transmission Majoritaire entre 30 et 300 M 10 à 50 M 1 COGERFI Généraliste Société d'investissement privée Nc Nc Nc Nc Env 1 M 1 CREADEV Généraliste Nc 50 M Capital Développement / Transmission Majoritaire Maximum CA 150 M Entre 1 et 40 M 3 CROISSANCE NORD PAS DE CALAIS Généraliste CREDIT DU NORD, Institut Régional de Développement Nord-Pas de Calais, CREDIT AGRICOLE, 47 Caisse M d'epargne, Capital Risque Crédit Coopératif / Développement / LBO Nc Maximim 25 M Maximum 1,5 M 1 CUBE INFRASTRUCTURE Généraliste Natixis Nc PPP Nc Nc Nc 3 DEMETER PARTNERS Spécialiste Equipe de gestion 305 M Capital Risque / Développement / Transmission Majoritaire Nc 6 M en moyenne 26 DEVELOPPEMENT & PARTENARIAT Généraliste Banques (19,7%) Personnes physiques ou Family office (60,6%)CDC Entreprises (19,7%) 150 M Capital Développement / Transmission / Retournement Minoritaire CA entre 5 et 50 M entre 1 et 15 M 0 DIF Spécialiste Nc Nc PPP Nc Nc Nc 3 DOUAISIS EXPANSION Généraliste IRD (54%) et CCI Douai (46 %) Nc Capital Développement Nc Nc Nc 1 DOUGHTY HANSON & CO INVESTMENT ADVISORY LIMITED Généraliste Indépendant 28 000 M Capital Risque Nc Entre 250 et 1000 M Nc 2 ECO MOBILITE PARTENAIRES Généraliste SNCF 15 M Capital Risque Nc Nc Entre 1 et 2 M 5 EDMOND DE ROTHSCHILD CAPITAL PARTNERS Généraliste Groupe Edmond de Rothschild 60 %, management 40 %. Nc Capital Développement / LBO Majoritaire 30 à 200 M 10 à 60 M 1 EMERTEC GESTION Spécialiste Indépendant 120 M Capital Risque Minoritaire Nc Maximum 2 M 9 ENTREPRENEUR VENTURE Généraliste Indépendant 125 M Capital Risque / Développement Nc Nc Entre 1 et 3 M 2 EOLFI ASSET MANAGEMENT Spécialiste 2 FCPR EOLIENSConseil Veolia de fonds solaires et autres 113 M Capital Risque Nc Nc Nc Nc ESFIN GESTION Généraliste ESFIN IDES Nc Capital Risque / Développement Nc Entre 2 et 100 M de CA Maximum 1 M 1 11-40/45-
EVOLEM NTF Energy / Généraliste Nc Nc Capital Développement / LBO / Retournement Nc Maximum 40 M Entre 1 et 6 M 1 FINAQUI (Aquitaine) Généraliste Nc Nc Capital Risque Nc Nc Nc 1 FINAREA Généraliste ISF Nc Capital Risque Nc Nc Entre 500 et 600 k 6 FINORPA (Nord Pas de Calais) Généraliste Conseil Régional Nord Pas de Calais 100 M Capital Développement / LBO / Mezzanine Nc Nc Inférieur à 2,5 M 3 FONDS D'INVEST. BRETAGNE (NESTADIO CAPITAL) Généraliste Indépendant Nc Capital Risque / Développement Nc Nc Maximum 1 M 4 FONDS STRATEGIQUE D'INVESTISSEMENT (FSI) Généraliste CDC et Etat français 20 000 M Capital Développement Nc Nc Nc 4 FRANCHE COMTE PME GESTION Généraliste SIPAREX, CDC ENTREPRISES, BANQUE POPULAIRE, CAISSE D'EPARGNE, CREDIT AGRICOLE 24 M Capital Risque / Développement Nc Nc Nc 1 GAE Généraliste Club d'investisseurs Nc Nc Nc Nc Nc 1 GALIA GESTION Généraliste Caisse d'epargne 100 M Capital Risque / Développement Nc Nc Maximum 2 M 1 GIMV Spécialiste Société indépendante cotée sur Euronext à Bruxelles. 2 Mds Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire / Majoritaire jusqu'à 125 M 5 à 25 M 8 GRAND DELTA ANGELS (Avignon) Généraliste Business Angels Nc Capital Risque Nc Nc Nc 1 GRAND SUD OUEST CAPITAL (GSO CAPITAL) Généraliste 6 caisses régionales de Crédit Agricole 23 M Capital Développement Nc Nc Maximum 2 M 1 GRAVITATION Généraliste Family Office Charles Beigbeder (majoritaire), Groupe Arnault Paris-Orléans, AGF et AXA Talents Nc Capital Risque / Développement Nc Nc Entre 2 et 10 M 1 HANALEI RENOUVELABLES Spécialiste Hanalei Finance 53% Société d'investissement privé Nc Nc Nc 7 I SOURCE GESTION Généraliste Indépendant 185 M Capital Risque Nc Nc Maximum 5 M 1 IDF CAPITAL Généraliste CDC ENTREPRISES, REGION ILE DE FRANCE 17 M Capital Risque / LBO Nc Nc Maximum 1 M 1 IDINVEST PARTNERS Généraliste IDI 2600 M Capital Risque Nc Nc Entre 1 et 10 M 3 IK INVESTMENT PARTNERS Généraliste IK Investment Partners AB (100%) 5,7 Mds Capital Développement / LBO Minoritaire 100 à 500 M 40 à 300 M 3 ILP SADEPAR (LORRAINE) Généraliste CDC ENTREPRISES, CIC EST, BANQUE POPULAIRE, CAISSE D'EPARGNE, REGION LORRAINE, SADIFIE, 30 M SODIE Capital Risque / Développement / LBO Nc Nc Maximum 1 M 1 INITIATIVE & FINANCE GESTION Généraliste Coté sur Euronext et détenu à 92 % par Natixis 200 M Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire / Majoritaire < 75M jusqu à 12 M 1 INNOVAFONDS Spécialiste OBBEDIS 1 Nc Nc Capital Développement Nc Entre 2 et 100 M de CA Nc 0 INNOVEN PARTENAIRES Généraliste Groupe BT&T 210 M Capital Risque / Développement Nc Nc Entre 2 et 4 M 0 INVESTORS IN PRIVATE EQUITY Généraliste Institutions financières, fonds de pension, family offices. 500 M Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire / Majoritaire entre 100 M et 1 Md 10 à 150 M 0 IRD NORD PAS DE CALAIS (INSTITUT REGIONAL DE DEVELOPPEMENT) Généraliste Nc 52 M Capital Risque Nc Nc Maximum 2 M 1 IRPAC (Champagne Ardennes) Généraliste CAISSE D'EPARGNE, REGION CHAMPAGNE-ARDENNES, CDC, CREDIT MUTUEL, CIC, COFINEP, EURFI, 12 M L. RODERER Capital Risque / Développement Nc Nc Maximum 1 M 3 ISIS DEVELOPPEMENT IFP (Institut Français du Pétrole) LA FINANCIERE VIVERIS Spécialiste ISF Viveris Management Nc Capital Risque Nc CA < à 50 M Nc 5 LBO FRANCE Généraliste Actionnariat diversifié et international : investisseurs institutionnels, family office, dirigeants 2 Mds de PME. Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire / Majoritaire entre 10M et 2,5Mds Nc 1 LEBBER FINANCE Généraliste Nc 60 M Société d'investissement privé Nc Nc Nc 1 LMBO Généraliste Nc 85 M Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire / Majoritaire entre 10 et 100 M 1 à 15 M 0 MASSENA CAPITAL PARTNERS Family Office MASSERAN GESTION Généraliste 5 FCPI dont 2 ISF GCE CAPITAL, CAISSE d'epargne 38 M Capital Risque Nc Nc Nc 1 MIDI CAPITAL Généraliste Groupe Caisse d Epargne 65 M Capital Risque / Développement / LBO / TransmissionMinoritaire / Majoritaire entre 1 et 30 M 1 à 3 M 2 MIDI PYRENEES CROISSANCE Généraliste CDC ENTREPRISES, IRDI, REGION MIDI PYRENEES 11 M Capital Risque / Développement Nc Nc 30 à 300 K 1 MONTAGU PRIVATE EQUITY Généraliste Dirigeants et HSBC (minoritaire) 3 Mds Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire / Majoritaire entre 100 M et 1 Md minimum 60 M 2 NATIXIS ENVIRONNEMENT ET INFRASTRUCTURES Généraliste Nc 770 M PPP Nc Nc Nc 1 NAXICAP PARTNERS Généraliste 100 % Natixis PE 740 M Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire entre 5 et 100 M entre 1 et 25 M 1 NCI GESTION (Normandie/ IDF) Généraliste BRED, CAISSE D'EPARGNE, GROUPAMA, CDC, CREDIT AGICOLE 80 M Capital Risque / Développement / LBO Minoritaire Nc Maximum 1 M 3 NEOELECTRA Généraliste Société developpant des projets éoliens et autres NEXTFUND CAPITAL Spécialiste developpeur Indépendant de projets solaires 15 M Capital Risque Nc Entre 2 et 20 M de CA Entre 1 et 2 M 2 NEXTSTAGE Généraliste Associés Gérants (87,2%) et Artémis (12,8%) 240 M Capital Risque / Développement / LBO / TransmissionMinoritaire / Majoritaire entre 1 et 30 M 1 à 10 M 2 NIXEN Généraliste Natixis PE et Axa PE 357 M Capital Risque / Développement Nc 50 à 500 M 10 et 50 M Nc NORD CREATION Généraliste GROUPE IRD 12 M Capital Risque Nc Maximum 5 M Nc 1 OBJECTIF GAZELLES Généraliste ISF Nc Capital Risque Nc Nc Nc 3 ODDO PRIVATE EQUITY Généraliste FIP Ecosolaire Oddo Asset Management 175 M Capital Risque / Développement Nc Nc Entre 1 et 8 M 2 OFI INFRAVIA Spécialiste OFI Nc Capital Risque / Développement Nc Nc Nc 3 OFI PRIVATE EQUITY Généraliste Véhicule coté sur Eurolist C, avec MACIF comme actionnaire majoritaire 150 M Capital Développement Majoritaire entre 15 et 75 M de 10 à 25 M 0 OFIVALMO CAPITAL Généraliste OFI 24 M Capital Risque Nc Nc Nc 1 OSEO OTC AM Généraliste Indépendant 200 M Capital Risque / Développement Nc Nc Maximum 3 M 1 PAI PARTNERS Généraliste société indépendante détenue par ses associés 11 Mds Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire / Majoritaire minimum 500 M 100 et 600 M 1 PARIS ORLEANS Généraliste Indépendant 340 M Capital Développement / LBO Nc Maximum 100 M Entre 3 et 15 M 1 PERFECTIS PRIVATE EQUITY Généraliste Sponsorisé par le groupe Euler Hermes SFAC 200 M Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire / Majoritaire entre 8 et 60 M entre 5 et 15 M 1 PERSPECTIVES ET PARTICIPATIONS Généraliste BRED Nc Capital Développement Nc Nc Nc 1 PICARDIE INVESTISSEMENT Généraliste Nc 23 M Capital Risque / Développement Nc Nc Maximum 2 M 1 PLATINA PARTNERS Spécialiste Indépendant 500 M Capital Développement / Retournement Minoritaire / Majoritaire Entre 20 et 200 M Entre 1 et 50 M 14 PRAXY FINANCES Généraliste Nc Nc Retournement Nc Nc Nc 1 PROMELYS PARTICIPATIONS Généraliste PELICAN VENTURE (80%), GROUPE AVENIR FINANCE (20%) 70 M Capital Risque / Développement Minoritaire / Majoritaire Entre 5 et 50 M Entre 1 et 3 M 1 QUILVEST PE Généraliste QUILVEST BANQUE PRIVEE 2500 M Capital Développement / LBO Nc Nc Entre 10 et 50 M 1 RHONE ALPES CREATION Généraliste REGION RHONE-ALPES, CDC, BANQUE POPULAIRES, CAISSE D'EPARGNE 17 M Capital Risque Minoritaire Nc Entre 30 et 160 k 5 RHONE ALPES PME GESTION Généraliste JV: Siparex; Caisses d'epargne 11 M Capital Risque / Développement / LBO Maximum 7 M Maximum 1 M 1 RHONE DAUPHINE DEVELOPPEMENT Généraliste UDIMEC, SOMUDIMEC, CDC ENTREPRISES 11 M Capital Risque Nc Nc Nc 2 SCIENTIPOLE CAPITAL (IDF) Généraliste Scientipôle initiative, Région Ile de France, CADIF, Banque populaire Val-de-France, CDC entreprises 5 M Capital Risque Nc Nc Entre 50 et 150 k 2 SCR PROVENÇALE ET CORSE Généraliste BANQUE POPULAIRE Provençale et Corse Nc Capital Risque Minoritaire Nc Nc 2 SCRIPT CAPITAL Spécialiste Nc Nc Capital Risque / Développement Nc Nc Nc 1 SIGEFI PE (GROUPE SIPAREX) Généraliste Investisseurs institutionnels internationaux, industriels français et coté sur Euronext. 850 M Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire / Majoritaire CA supérieur à 8 M Jusqu à 15 M 3 SOCADIF Généraliste Crédit Agricole (91%), Groupama Paris Val-de-Loire (9%) 70 M Capital Développement / LBO / Transmission Minoritaire Nc entre 0,5 et 5 M 2 SODERO GESTION Généraliste Caisse d'épargne Bretagne- Pays de la Loire; CDC Entreprises (FSI) 100 M Capital Développement Nc Entre 1 et 50 M Jusqu'à 4 M 1 SODERO PART. Généraliste Sodero Gestion 39 M Capital Développement Nc Maximum 50 M Jusqu'à 1 M 2 SOFINNOVA Spécialiste Indépendant 1100 M Capital Risque Nc Nc Maximum 20 M 4 SOPROMEC Généraliste Groupe Pelican/ Finuchem 25 M Capital Développement Nc Nc < 1 M 1 SORIDEC (Languedoc Roussillon) Généraliste CDC ENTREPRISES, CAISSE D'EPARGNE, REGION LANGUEDOC ROUSSILLON 22 M Capital Risque / Développement Nc Nc < 1 M 2 SUCCES EUROPE Spécialiste ISF Nc Capital Risque / Développement Nc Nc < 1 M 5 TECHFUND EUROPE Spécialiste TECHFUND CAPITAL Nc Capital Risque Nc Nc Nc 8 TOTAL ENERGY VENTURE INTERNATIONAL Généraliste Total Nc Capital Risque Nc Nc Nc 1 TRUFFLE CAPITAL Spécialiste Indépendant 340 M Capital Risque / Développement Nc Nc Nc 10 TURENNE CAPITAL Généraliste François Lombard (45%), Aymard de Lasteyrie (25%), Pierre Michel (25%), Philippe Tardy Joubert 300 M (5%) Capital Développement / Transmission Minoritaire / Majoritaire CA entre 1 et 100 M entre 1 et 10 M 3 UFG PE Généraliste Filiale du Groupe UFG (Crédit Mutuel Nord Europe) 290 M Capital Développement / Transmission Minoritaire / Majoritaire Nc 1 à 7 M 1 VATEL CAPITAL Généraliste Nc Nc Capital Risque / Développement Nc Nc Nc 1 VIVERIS MANAGEMENT Spécialiste CAISSE D'EPARGNE 468 M Capital Risque / Développement Nc Maximum 30 M Maximum 5 M 22 VIZILLE CAPITAL INNOVATION Généraliste CIC Banque de Vizille 55 M Capital Risque Nc Entre 10 et 200 M Maximum 3 M 0 XANGE PE Généraliste Filiale du Groupe La Poste 350 M Capital Risque / Développement / Transmission Minoritaire / Majoritaire entre 5 et 50 M 1 à 5 M 3 XMP BUSINESS ANGELS Généraliste Business Angels Nc Capital Risque Nc Nc Nc 1-41/45-
7.2. QUESTIONNAIRES FONDS ET ENTREPRISES Questionnaire utilisé comme trame pour les interviews de fonds d investissement A propos de vous 1) Présentation du fonds : Type d actionnariat / Ticket moyen /VE cible /Investissement minoritaire ou majoritaire 2) Depuis quand travaillez-vous pour votre fonds? 3) Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser aux cleantech? L investissement cleantech en général 4) Quels sont pour vous les critères d investissement dans un projet cleantech? 5) A quel stade de maturité préférez-vous investir, pour quelles raisons? 6) Est-ce que vous investissez dans des projets de cleantech expérimentales ou dans des projets à rentabilité assurée (ex : photovoltaïque)? pour quelles raisons? L impact de la crise 7) Avez-vous constaté un impact de la crise sur les levées de fonds dans les cleantech? 8) En quels termes? (Valorisation, délais, réticences ou non des fonds à investir?) 9) Ou sur les sorties? En quels termes? (Valorisation, délais, réticences ou non des fonds à investir?) 10) Avez-vous constaté un impact de la crise sur les performances des business cleantech? Quels segments des cleantech en particulier? 11) Avez-vous identifié des cycles dans les cleantech? L avenir des cleantech 12) Comment voyez-vous se consolider le secteur des cleantech? 13) Que voyez-vous prochainement émerger dans le secteur de cleantech? (ex : éolien offshore) 14) Pensez-vous que la France manque de capital-risqueurs/business angels pour favoriser l essor des cleantech en comparaison à la Silicon Valley? Pensez-vous qu il existe un éventuel equity gap en France pour les investissements entre 500 k et 2 M? 15) Que pensez-vous des introductions en bourse rapides des sociétés cleantech? 16) Croyez-vous durable dans le temps le sponsoring des cleantech par l Etat? -42/45-
Questionnaire utilisé comme trame pour les interviews d entreprises cleantech ayant levé des fonds récemment A propos de vous 1) Présentation de l entreprise : 2) Création / Activité / Chiffres clés 2009 : CA, REX, RN 3) Votre parcours 4) Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser aux cleantech? La levée de fonds cleantech 5) Comment s est déroulée votre levée de fonds? 6) Quels sont les critères d investissement des fonds dans des projets cleantech? 7) Quelle(s) méthode(s) de valorisation avez-vous utilisé pour valoriser votre société? 8) Quels sont selon vous les inconvénients des autres méthodes? L impact de la crise 9) Avez-vous constaté un impact de la crise sur les levées de fonds dans les cleantech? 10) En quels termes? (Valorisation, délais, réticences ou non des fonds à investir?) 11) Avez-vous constaté un impact de la crise sur les performances des business cleantech? Quels segments des cleantech en particulier? 12) Avez-vous identifié des cycles dans les cleantech? L avenir des cleantech 13) Comment voyez-vous se consolider le secteur des cleantech? 14) Que voyez-vous prochainement émerger dans le secteur de cleantech? (ex : éolien offshore) 15) Pensez-vous que la France manque de capital-risqueurs/business angels pour favoriser l essor des cleantech en comparaison à la Silicon Valley? 16) Que pensez-vous des introductions en bourse rapides des sociétés cleantech? -43/45-
BIBLIOGRAPHIE -44/45-
BIBLIOGRAPHIE Sites internet : www.greenunivers.com www.cleantechrepublic.com www.afic.asso.fr www.cfnews.com www.zephyr.bvdep.com www.diane.bvdep.com www.apce.fr www.developpement-durable.gouv.fr www.cleanedge.com www.lesechos.fr Livres : Eco-tech : moteurs de la croissance verte en Californie et en France, Anne Sengès, Editions Autrement, 2009 Capital-Risque et financement des entreprises, Joël Bessis, Editions Economica, 1988 Le financement des stratégies de l innovation, Jean Lachmann, Editions Economica, 1993-45/45-