République du SENEGAL Un Peuple -Un But -Une Foi Ministère de la Santé et de la Prévention Médicale (MSPM) Service National de l Information Sanitaire (SNIS) RESEAU DE METROLOGIE SANITAIRE RAPPORT D'ÉVALUATION DU SYSTÈME D'INFORMATION SANITAIRE DU SÉNÉGAL Octobre 2007 Par Moustapha SAKHO avec la collaboration de l Agence National de la Statistique et de la Démographie et du Service National de l Information Sanitaire
PREAMBULE Une mission composée du responsable des statistiques sanitaires au Bureau régional de l OMS à Brazzaville et d un représentant du Réseau de Métrologie sanitaire au siège de l OMS à Genève a séjourné au Sénégal du 08 au 11 Août 2005. La mission a rencontré les responsables au Ministère de la Santé et de la Prévention Médicale, à la Direction de la Prévision et de la Statistique (MEF) et des Partenaires au développement qui sont l OMS, l UNICEF, l USAID, la BM, l UNFPA, la Coopération Belge. Le but de la mission était d appuyer le Sénégal pour formuler une proposition au Réseau de Métrologie Sanitaire Health Metrics Network (HMN)- pour l évaluation rapide du SIS. La mission a identifié comme principales forces, la création du SNIS, nouvelle structure rattachée au Cabinet du MSPM ; la création de l Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie ; la création d un observatoire national des conditions de vie des ménages et de la pauvreté (OCV) ; la production et diffusion régulière de l annuaire statistique. Comme principales faiblesses la mission a noté: l absence de textes législatifs régissant la collecte, le traitement et la diffusion des informations sanitaires à travers le pays ; l inexistence de plan directeur pour articuler au mieux les stratégies de développement de l information sanitaire ; la multiplicité des sous systèmes d information sanitaire et l absence de coordination effective du système statistique national. A la suite de cette mission le Sénégal a bénéficié de l appui technique et financier du Réseau de Métrologie Sanitaire pour l élaboration de sa stratégie sectorielle de développement de la statistique. Le montant de l appui financier du Sénégal s élève à 91.000 dollars US et est disponible depuis le mois de mars 2007. Pour la mise en œuvre du plan d action de l évaluation du système d information sanitaire et l élaboration de la Stratégie Sectorielle de développement de statistiques sanitaires, un comité restreint composé par le Responsable du Service National de l Information Sanitaire (Ministère de la Santé) et le Chef du Bureau de Suivi des Conditions de Vie des Ménages (Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie = ex DPS) et le Point Focal OMS pour piloter les activités. Le lancement des activités du plan d action a eu lieu à l hôtel Ngor Diarama en présence des partenaires et du représentant du Réseau de Métrologie Sanitaire à Brazza. Par ailleurs, un atelier inter-pays sur le Réseau de Métrologie sanitaire s est tenu du 8 novembre au 10 novembre au CESAG, Dakar et les représentants de 20 Pays africains francophones et 2 observateurs des Pays lusophones y ont participé. L outil d analyse de situation et le cadre d intervention du Réseau de métrologie ont fait l objet de présentation durant cet atelier. En outre il avait été porté à la connaissance des participants que les projets d appui du Sénégal, du Cameroun, du Bénin, des Comores et du Rwanda ont été acceptés par le Réseau de Métrologie sanitaire. Tout cet historique démontre à souhait la disponibilité et l engagement des institutions parrainantes du réseau à soutenir les pays pour mettre en place des systèmes d information sanitaire performants. - 2 -
SOMMAIRE PREAMBULE...- 2 - SOMMAIRE...- 3 - ABREVIATIONS...- 4 - I CONTEXTE ET JUSTIFICATION...- 5 - II. SYSTEME DE SANTE...- 7 - III. EVOLUTION DU SYSTEME D INFORMATION SANITAIRE AU SENEGAL.- 9 - III 1 Généralité...- 9 - III 2 Principales phases d évolution du cadre infra sectoriel du sis...- 11 - IV. MISSION DU SNIS...- 13 - V. OBJECTIFS ET METHODOLOGIE DE L ETUDE...- 14 - V.1. Objectifs...- 14 - V.2 Méthodologie...- 14 - VI. RESULTATS DE L ETUDE...- 17 - VI.1. Ressources...- 17 - VI.2. Indicateurs...- 18 - VI.3. Sources des données...- 18 - VI.4. Gestion des données...- 20 - VI.5. Produits d information...- 21 - VII. PRINCIPALES RECOMMANDATIONS...- 27 - - 3 -
ABREVIATIONS - ANSD : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie - ASC : Agent de Santé Communautaire - BM : Banque Mondiale - CDSMT : Cadre des Dépenses Sectoriel à Moyen Terme - CESAG : Centre Africain D Etudes Supérieurs en Gestion - CNS : Conseil National de la Statistique - CTPS : Comité Technique des Programmes Statistiques - DPS : Direction de la Prévention et des Statistiques - HMN: Health Metric Network - OMS : Organisation Mondiale de la Santé - PEV : Programme Elargi de Vaccination - PNDS : Plan National de Développement Sanitaire - QDS : Quartz Data System - RMS : Réseau de Métrologie Sanitaire» - SIG : Système d Information à des fins de Gestion - SIS : Système d Information Sanitaire - SNIS : Service National de l Information Sanitaire - 4 -
I CONTEXTE ET JUSTIFICATION Le Sénégal est situé à l extrême Ouest du continent africain, entre 12,5 et 16,5 degrés de latitude Nord. Il couvre une superficie de 196 722 Km².Il est limité au Nord par la République Islamique de Mauritanie et à l Est par le Mali, au Sud par la Guinée et la Guinée Bissau, à l Ouest par l Océan Atlantique. La population est estimée à 11077484 d habitants en 2006, soit une densité moyenne de 57 habitants au Km². Toutefois, la dégradation des conditions de vie dans les zones rurales a favorisé d importants flux migratoires vers les grandes villes, entraînant une grande disparité dans les niveaux d urbanisation. L économie est basée essentiellement sur l agriculture où 54 % de la population tirent leurs revenus. Le pays est malheureusement encore loin de l auto suffisance alimentaire. L'agriculture comme l élevage souffrent des aléas climatiques. La pêche par contre subit une forte expansion. C est d ailleurs le seul sous secteur où le Sénégal est auto suffisant sur le plan alimentaire. LIMITES SANITAIRES,REGIONS ET DISTRICTS AU SENEGAL 2006 Sources: Service National de l Information Sanitaire - 5 -
Les niveaux des indicateurs de santé restent préoccupants, malgré le maintien de la croissance économique, au cours du nouveau millénaire, sur une pente positive avec une moyenne annuelle d environ 5%. Or, depuis l indépendance, les constitutions successives ont reconnu le droit de chaque citoyen à la santé. Les Gouvernements qui se sont succédé ont défini des politiques de santé qui ont visé à garantir, dans la mesure des moyens disponibles, ce droit constitutionnel. A la fin des années 90, le Ministère de la santé a élaboré en collaboration avec les partenaires un plan National de Développement Sanitaire (PNDS 1998 2007) qui est actuellement dans sa deuxième phase (2004 2008). Au cours de la première phase du PNDS, la production et la gestion de l information sanitaire a été un sujet de préoccupations majeures. Le Ministère de la santé s est engagé dans un processus d amélioration et de rationalisation de cette information sanitaire. C est ainsi qu une uniformisation des supports de collecte et des rapports d activité a été réalisée au niveau des structures du secteur public. L utilisation de ces instruments a été accompagnée par une formation et une supervision des prestataires. Par ailleurs dans un souci d assurer une remontée rapide et sécurisée des informations et une rétro information instantanée, le Ministère a choisi d informatiser le SIG en se procurant un logiciel dénommé «Application santé». Cette Application basée sur les acquis du SIG et mis au point par QDS devait permettre, à partir d une saisie des données au niveau des districts, de générer automatiquement des rapports et de faire la rétro- information. Malheureusement l Application n est toujours pas fonctionnelle. L évaluation du système d informations sanitaires rentre dans le cadre du mouvement de réforme du système statistique national enclenché depuis 2004 avec la loi n 2004-21 du 06 juillet 2004 et ses décrets d application, qui intègrent entre autres la création de l Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), du Conseil National de la Statistique (CNS) et du Comité Technique des Programmes Statistiques (CTPS). A ce titre, il peut être constaté que ce processus d évaluation des statistiques sanitaires se déroule dans un contexte d élaboration du premier Schéma Directeur de la Statistique du Sénégal (SDS, 2008-2013) dont le début de la mise en œuvre est prévue en 2008. Parmi les recommandations majeures de ce nouveau cadre de référence se trouve la mise en place d un plan de développement statistique au niveau sectoriel cohérent avec les stratégies nationales qui repose sur un système d informations efficaces et apte à satisfaire les besoins des utilisateurs. L implication de l Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) se justifie par le souci de mettre en adéquation les produits de l évaluation du système d informations sanitaires avec les stratégies du Schéma Directeur de la Statistique qui se veut fédérateur. - 6 -
II. SYSTEME DE SANTE Le système de santé du Sénégal est organisé selon une structure pyramidale qui comprenant le niveau périphérique appelé District sanitaire constitué de centre de santé et englobant un réseau de poste de santé eux mêmes supervisant les cases de santé et les maternités rurales ; le niveau stratégique appelé région médicale et le niveau politique comprenant le cabinet du Ministre, les directions et les services nationaux. Le Sénégal compte 63 districts sanitaires qui constituent une subdivision sanitaire proche des populations. Il est placé sous la responsabilité d un Médecin Chef. Il s agit du niveau opérationnel de la pyramide sanitaire où s applique la médecine dans son aspect quadridimensionnel : curatif, préventif, social et éducatif. Il occupe une place importante dans la pyramide sanitaire car s y exécutent de façon intégrée beaucoup de programmes de santé. Le district renferme entre 10 à 25 postes urbains et/ou ruraux, dirigés par un Infirmier Chef de poste et constituant la structure sanitaire de base qui couvre une population de 5000 à 10000 habitants. Le poste de santé rural polarise un réseau de cases de santé et maternités rurales gérées par des ASC et des matrones. La région médicale, dont l aire d intervention correspond à celle de la région administrative, assure l inspection et le contrôle des structures sanitaires publiques et privées de la région ; organise la collaboration technique entre toutes les structures régionales de santé ; assiste les structures régionales de santé dans leurs tâches d administration, de gestion et de planification ; organise la formation continue des personnels sanitaires de la région, y compris le personnel communautaire ; assure l appui des activités des districts sanitaires et assiste le traitement statistique des données sanitaires de la région. Le niveau central regroupe, outre le Cabinet du Ministère, les directions et les Services rattachés dont les régions Médicales. Bien que celles-ci soient administrativement rattachées au cabinet du Ministre, l appui technique leur est assuré par la Direction de la Santé à travers les programmes de Santé pilotés par ses services et divisions. En plus des structures du secteur public le secteur privé, largement concentré à Dakar et à Thiès, joue un rôle important dans l offre de service. A cela se greffent des structures confessionnelles et des structures de l armée. Bien évidemment, une certaine partie de la population continue encore à recourir à la médecine traditionnelle, d où la pertinence de continuer à organiser ce sous secteur. Dans le domaine du financement, le Sénégal a accompli des efforts le conduisant à dépasser la norme de l OMS ; et, la part de la santé dans le budget global a atteint 9,5% en 2003 et a augmenté régulièrement jusqu en 2007. Le fonctionnement courant y compris les dépenses de personnel, est le principal bénéficiaire du budget (plus de 80 %), au détriment de l investissement, ce qui pourrait, à terme, constituer un danger pour la couverture sanitaire et pour la qualité des prestations sanitaires. - 7 -
Les dépenses de santé ont atteint un niveau tel qu il n est pas imaginable qu elles soient uniquement à la charge de l Etat. L appui des partenaires (extérieurs et privé national), la participation des populations depuis 1980 et les ressources provenant des collectivités locales sont des sources complémentaires de financement de la santé1. Pour l atteinte des objectifs de la deuxième phase du plan national de développement sanitaire, le renforcement du système de santé s avère une nécessité absolue. Ce renforcement visera principalement à assurer aux différents niveaux des effectifs en quantité et en qualité suffisantes. Il s agira surtout de veiller à la disponibilité locale des compétences pour assurer une bonne marche des diverses institutions de santé. A court terme, parmi les principaux cadres de référence on note le CDSMT Santé et la carte sanitaire qui indique notamment les éléments de planification ainsi que les bases de dotation des services en ressources de diverses natures, conformément à la politique nationale 2. Indicateurs-clé de la santé en 2006 INDICATEURS NIVEAU/2005 NIVEAU/2006 OBSERVATIONS Population totale 11.113.795 hbts 11 380 524 hbts Superficie 196.021 km2 196.021 km2 Densité 57 hbts/km2 58 hbts / km2 Ratio population / poste de santé 11874 hbts 11992 hbts Ratio population / centre de santé 165.878 hbts 167.361 hbts Ratio population / hôpital 505.172 hbts 517.297 hbts Budget de la santé 89.274.635.000 FCFA 80.537.670.000 FCFA Proportion de médecin 14% 7% Proportion d Infirmier 16% 15%* Proportion de sage-femme 10% 7% Taux de couverture vaccinale 96%* DTC3 /PENTA 3 chez les enfants 77,6% 89%** de 0 à 11 mois Proportion d accouchements assistés par du personnel formé 53,8% 59% CPN1 taux de couverture 59% 84% * IDE, agents sanitaires et assistants infirmiers * Données du DSRP ** Données DPM Accouchements effectués dans les structures de santé Taux de consultation primaire curative 26% 41* 54** *ne prend en compte que les soins primaires curatifs **CPG (consultation primaire globale) 1 OMD version finale 2005 2 PNDS phase 2-8 -
Distribution des infrastructures selon la région en 2006 REGION POSTES DE SANTE Ratio Population par PS CENTRES DE SANTE Ratio Population par CS HOPITAUX Ratio Population par hôpital DAKAR 105 22896 16 150258 8 300515 DIOURBEL 79 15185 6 199930 2 599790 FATICK 82 8265 6 112951 1 677704 KAOLACK 89 12883 5 229317 1 1146587 KOLDA 75 13191 4 247336 1 989343 LOUGA 62 12088 6 124908 1 749448 MATAM 59 8321 3 163652 1 490955 ST-LOUIS 101 8816 4 222599 2 445199 TAMBA 87 7839 6 113666 2 340997 THIES 126 13128 9 183793 2 827071 ZIGUINCHOR 84 5572 4 117002 1 468007 TOTAL 949 11992 68 167361 22 517297 III. EVOLUTION DU SYSTEME D INFORMATION SANITAIRE AU SENEGAL III 1 Généralité Le système de santé a hérité du dispositif sanitaire colonial qui avait comme principale préoccupation la lutte contre les maladies endémiques et la couverture des citadins. L information sanitaire était axée sur le suivi des épidémies et la prise en charge sanitaire des usagers qui sont principalement des citadins. Les sous systèmes d information sont ceux orientés vers la remontée et l analyse des données ayant trait à la lutte contre la tuberculose, la lèpre et à la vaccination de masse au travers du Service National des Grandes Endémies. Ce dispositif a évolué et d autres sous systèmes ont vu le jour avec le regroupement des activités de santé en programmes. Ensuite sont apparus et ou sont renforcés les sous systèmes d information sanitaire du programme national de lutte contre le paludisme, du programme élargi de vaccination, du programme national de lutte contre le VIH/SIDA. - 9 -
Toutefois certains programmes malgré une demande croissante en information n ont pas mis en place un sous système d information sanitaire. Il s agit essentiellement des programmes orientés vers la lutte contre la mortalité maternelle et la survie de l enfant. D autres sous systèmes d information sanitaire sont soit mis en place et ou sont en voie de se réaliser dans le domaines des ressources humaines, des ressources financières et des infrastructures. L organisation actuelle du système d information sanitaire n assure pas une collaboration soutenue des sous systèmes, seule garante de l exhaustivité et de la cohérence des données. Toutes les données ne sont pas disponibles au niveau du Service National de l Information Sanitaire et aucun dispositif pour le stockage de l ensemble des données n y est pas encore prévu. (cf. ; Organigramme de structure du SNIS) En plus, il n existe pas de mécanisme formel et cohérent de collaboration avec les autres secteurs pour disposer de leur information, nécessaire pour le calcul des indicateurs. Le Ministère de la Santé s est attelé pendant près de deux (2) décennies à la construction et à l amélioration progressive du système d information sanitaire avec comme stratégie, l implication de tous les acteurs. Si la dimension multisectorielle du SIS reste une question en chantier, des résultats encourageants ont été obtenus pour ce qui concerne le fonctionnement de son volet infra - sectoriel. Le SNIS qui en est «l épine dorsale», se situe au centre d un dispositif institutionnel dans lequel ses démembrements aux divers niveaux du système de santé devraient être plus spécifiques. Cette situation, bien que moyennement satisfaisant, est le fruit d une évolution sur plus d une dizaine d années. ORGANIGRAMME DE STRUCTURE DU SNIS Cabinet MSPM Cellule informatique Région médicale SSP/ BRISE SNIS Bureau statistique sanitaire Directions et et Services Centraux Chargé suivi/évaluation District sanitaire SSP/ SSP/ équivalent Structures Privées et et Parapublique Responsables Programmes prioritaires Chargé Chargé suivi/évaluation Etablissements publics de de Santé Bureau suivi évaluation - 10 -
III 2 Principales phases d évolution du cadre infra sectoriel du sis Au stade actuel, la construction du SIS n excède pas encore la mise en place de «l épine dorsale» que constitue le SNIS. Trois phases peuvent être distinguées : PHASE I (1986-1992): Cette phase correspond à la mise en place du système à tous les niveaux avec un souci de rationalisation et sur des bases consensuelles. Elle a été caractérisée par la standardisation des outils et l harmonisation des procédures de collecte au niveau des districts. En plus des activités de développement du SIG, l élaboration du rapport de situation a été réalisée compte tenu de la disponibilité des informations des structures. Phase II (1992-1996) Pendant cette période, on a assisté au développement des efforts de formation notamment des ICP, suivi d une évaluation de la phase test et enfin la généralisation de l application du SIG. PHASE III (1996 à ce jour) : Informatisation du système Mise en place d un logiciel dénommé «Application Santé» : Permet à partir d une saisie des données au niveau des districts de générer automatiquement les rapports et de diffuser l information Permet aux différents niveaux du système de disposer des indicateurs de suivi (couverture et finance) en temps réel. Accorde une importance particulière aux données nécessaires pour la surveillance épidémiologique passive. En réalité l «application santé» avait pour objectif de mettre en place un système de surveillance épidémiologique pour la lutte contre la maladie. La vocation première n a donc pas été la production de données de routine. Ainsi, après la première phase, l effort a été tourné vers la finalité du SIG avec l utilisation de données fiables à temps réel pour la prise de décision à tous les niveaux. Avec l «Application Santé», les différents niveaux du système doivent disposer d indicateurs de suivi en temps réel. En plus des indicateurs de couverture et de suivi financier pour les programmes prioritaires, le logiciel fait un traitement spécifique des données à des fins de surveillance épidémiologique passive. - 11 -
Cette Application devrait permettre, à partir d une saisie des données au niveau des structures de santé, de générer automatiquement des rapports et de faire la rétroinformation. Malheureusement l Application n est jamais entrée en production. La mission de supervision du 26 octobre au 6 novembre 2004 de l IDA, dans son aide mémoire a jugé préoccupante le Système d Information à des fins de Gestion en ce sens que le système classique n est pas performant et ne peut fournir des informations dans les délais et avec la qualité requis. La mission avait, entre autres recommandations, le recrutement de personnels additionnels (statisticiens, informaticiens, techniciens supérieurs de santé, épidémiologistes, documentalistes) pour le service central et les services régionaux et de districts3. Ainsi, après deux années d efforts pour faire fonctionner normalement l «application santé», le Service National de l Information Sanitaire (SNIS) est revenu à des méthodes plus classiques, tout en visant à relever d autres défis qui deviennent pressants. Ces défis tels que le SNIS les perçoit concernent : La coordination des sous systèmes Aujourd hui, le suivi évaluation global des programmes prioritaires de santé est gêné par l absence d articulation de l ensemble des sous systèmes d informations sanitaires existants. Au titre de ces sous systèmes on peut citer : - PEV, - Système d information médicalisé - Surveillance épidémiologique - Tuberculose, - Lèpre, - Paludisme, - VIH / Sida, - Onchocercose, - Ver de Guinée, - Renforcement nutritionnel - Etc. Tous ces programmes ont leur système spécifique de remonter de données statistiques. Certains programmes et ou Directions disposent d application informatique qui leur assurent la gestion des données, comme InfoPDIS pour la planification, le SIG-FIP pour la gestion financière, le Tandem pour la gestion des ressources humaines, etc. Toutes ces applications ne sont pas interconnectées, ni complémentaires. 3 Aide mémoire : mission de supervision de l IDA du 26 octobre au 6 novembre 2004-12 -
Le renforcement de la base de données communautaires - Les données de routine ne donnent qu une idée des profils de morbidité / mortalité. - Les dénominateurs des indicateurs ne sont pas toujours bien cernés du fait notamment des problèmes inhérents aux statistiques démographiques. Les données de routine ne sont pas toujours représentatives de l ensemble des populations. Les structures de santé ne donnent en effet qu une idée partielle des profils de morbidité et de mortalité, c'est-à-dire la morbidité diagnostiquée et les décès enregistrés. En plus les indicateurs sont loin d être valablement cernés du fait notamment des problèmes de complétude et de fiabilité des statistiques Le Service national de l Information sanitaire créé récemment en 2004 est la traduction de la volonté du Ministère de la Santé et de la Prévention Médicale de mieux gérer les statistiques sanitaires. Ce Service doit trouver une meilleure articulation pour l ensemble des sous-systèmes existants afin de renforcer la communication et la cohérence des informations sanitaires produites par le Ministère de la Santé et de la Prévention médicale. IV. MISSION DU SNIS Elle est déclinée comme suit au terme du décret n 2004-1404 du 04 novembre 2004 : Réalisation des études et enquêtes statistiques, Collecte et analyse des informations sanitaires. Elaboration de l annuaire des statistiques sanitaires et démographiques, Participation à la surveillance épidémiologique. Centralisation et mise à jour de la documentation sur l ensemble du système et des services sanitaires Selon les responsables du SNIS ; il se dresse des contraintes majeures voire un problème de vision pour assumer cette mission : - Au plan international et interministériel, le système d information sanitaire ne prend pas en compte les préoccupations des autres départements ministériels et se soucie peu de la demande d information internationale. En effet, les données collectées ne permettent pas toujours de renseigner les indicateurs internationaux (ceux des OMD et ceux d Abuja notamment) - Au niveau central,:l inexistence d appui institutionnel solide se traduit par l absence de leadership fort, de liens fonctionnels et de système de communication entre les structures de ce niveau, entraînant des dysfonctionnements dans la collecte, la transmission et le traitement de l information. L insuffisance de personnel qualifié au sein des services centraux et l absence d un plan directeur de développement de l information sanitaire, sont aussi incriminés. - 13 -
- Au niveau décentralisé : Les données collectées sont souvent incomplètes et manquent de qualité et d exhaustivité. Il existe une multiplicité de supports de collecte. Les prestataires et les acteurs ne sont pas prompts à remplir et transmettre les rapports d activité par manque de formation, de motivation ou pour manifester un mécontentement syndical. V. OBJECTIFS ET METHODOLOGIE DE L ETUDE Quatre objectifs spécifiques ont été visés par les autorités sanitaires avec l évaluation du SIS en utilisant l outil de métrologie sanitaire : V.1. Objectifs Les objectifs classiques retenus par le Réseau de Métrologie Sanitaire, que l équipe d évaluation a repris à son compte, sont les suivants : Déterminer la base de l évaluation et de son suivi, Informer les parties prenantes sur les aspects du SIS auxquels ils ne sont pas familiers, Arriver à un consensus, et Mobiliser l appui technique et financier commun pour la mise en œuvre d un plan stratégique. Ces objectifs, tout en restant entièrement valables pour l exercice en cours, s inscrit dans le cas du Sénégal dans un contexte de réorganisation et de renforcement des institutions et des approches concernant les statistiques. Aussi, quelques objectifs additionnels peuvent-ils être retenus : Renforcer le processus du diagnostic et de la réorganisation du système national des statistiques, Positionner le Système d Information Sanitaire au cœur du dispositif national, compte tenu de sa nature multisectorielle et fédératrice. V.2 Méthodologie Par rapport aux résultats obtenus, en plus des performances de l outil utilisé, le processus global du travail a constitué une base importante de fiabilisation des résultats. - 14 -
PHASES DE DEVELOPPEMENT DU TRAVAIL L étude d évaluation du Système d Information Sanitaire (SIS) a été développée sur plusieurs phases : 1- Il a été question dans un premier temps d organiser une journée d information des partenaires concernant l importance de l étude et de l outil qui a été conçu par l OMS à cet effet. La journée d information a réuni une quinzaine de partenaires autour des représentants du Ministère de la santé et du consultant venu du Bureau Régional de l OMS. L outil HMN a été présenté puis discuté pour une meilleure appropriation de l exercice par les acteurs nationaux. 2- En second lieu un atelier a été organisé avec l ensemble des personnes ressources devant être impliqué dans l utilisation de l outil sur le terrain, notamment le consultant et les personnes chargés administrer les questionnaires. Au cours de cet atelier il a été question d un partage sur les termes de références des différents acteurs, d un examen de l outil d évaluation, de l identification des informateurs clés par composante, et enfin de l élaboration d un plan de travail. 3- La troisième activité a été l administration du questionnaire sur le terrain par le consultant national et les personnes ressources sélectionnées. 4- En quatrième lieu : les résultats ressortant de l évaluation du SIS par les informateurs clés a été présentée puis discutée dans des travaux de groupe au cours d un atelier où les informateurs clés et d autres acteurs ont pris part. 5- En cinquième lieu : Une synthèse globale a été par la suite réalisée par le consultant national qui a procédé à une intégration des divers modes d évaluations (par les informateurs clés et par les groupes de travail) et la prise en compte des commentaires effectués tout au long du processus. Enfin, il a été organisé un atelier de partage des résultats et de recueil des observations des divers acteurs, notamment les partenaires techniques et financiers du secteur. L OUTIL UTILISE ET LA DEMARCHE - Utilisation d un outil de collecte mis sur Excel permettant de faire des synthèses rapides par item et traduites sur forme de graphiques. Il s agit la plupart du temps d informations qualitatives transformées en données quantitatives afin de faciliter les comparaisons internationales Cet outil de collecte a été initié par le «Réseau de Métrologie Sanitaire» (RMS) qui est une institution appuyée par d importants partenaires techniques comme l OMS. L outil comporte 6 composantes : - Ressources - Indicateurs - Sources des données - Gestion des données - Produits d information - Dissémination et utilisation - 15 -
L emploi de l outil consiste à administrer tout ou partout d un important questionnaire comptant plus de deux cent items, structurés autour des composantes indiqués cidessus. Chaque item indique, sur un état ou sur une préoccupation particulière, différents avis équivalant à des scores. La synthèse des scores d une composante ou d un volet d une composante donne une appréciation globale de la qualité du SIS sur la composante ou le volet considéré. Développement d une démarche participative pour procéder à l évaluation En réalité, la démarche du SNIS, appuyée par le bureau de l OMS, a été autant inclusive que participative. Le comité de pilotage restreint composé du responsable du SNIS, du représentant de l OMS et de l ANDS a suivi et supervisé tout le processus de collecte et d analyse des données. En effet, plusieurs réunions d information et de sensibilisation ont été tenues avec divers acteurs du secteur de la santé ainsi qu avec ceux qui sont chargés du développement de la statistique dans les secteurs apparentés à la santé. Les personnes assurant la collecte des données auprès des informateurs clé sont des agents des deux structures impliquées directement dans l élaboration du plan stratégique sectoriel de développement des statistiques. Il s agit de trois agents du SNIS et de trois agents de l ANSD. Une liste des informateurs clé, de profils divers, a été élaborée à la suite d une réunion, avant d entamer la collecte des données. Ces informateurs clé sont tous issus des sous secteurs contribuant à la production ou à l utilisation des données sanitaires. La base de l ANSD des données d identification des personnes travaillant dans les statistiques au plan national, a également été utilisée pour la sélection. L adaptation de l outil d évaluation au contexte du Sénégal et son partage entre le consultant, les personnes ressources et les membres du Comité Restreint a duré toute une journée. Les partenaires au développement ont été informés et certains ont été intégrés parmi les informateurs clés. Suite aux réunions techniques des personnes ressources engager pour mener l étude, les conclusions importantes suivantes ont été retenues : mettre en œuvre les deux méthodes différentes de collecte de données : cotation des questions par des enquêteurs clés d une part et par un groupe de personnes ressources au cours d un atelier d autre part ; Organiser des réunions d information/restitution régulières pour les différents acteurs du SIS et du secteur de la santé. - 16 -
VI. RESULTATS DE L ETUDE VI.1. Ressources Il est vrai que le SIS va bien au-delà des actions classiques du SNIS, toutefois, deux observations sont à cet égard importantes à retenir : 1 ) En définissant les missions du SNIS, l autorité sanitaire a campé son action dans le domaine très vaste du système de santé, ce qui rapproche son champ d action de celui couvert par le SIS ; 2 ) Dans tous les cas, le SNIS est le «bras séculi er», l entité opératoire centrale du SIS. Par rapport aux ressources le SNIS montre le profil d une institution peu dotée. En effet, si les principales préoccupations ne sont pas ignorées par les autorités nationales qui ont défini le cadre institutionnel, mis en place une politique, des infrastructures, ainsi que des ressources humaine et financières, il apparaît tout de même que seul le niveau des infrastructures est jugé satisfaisant. Tableau 1 : Ressources Résumé des résultats Maximum Score % A Politique et planification 24 11 47% B Institutions, ressources humaines et financement du SIS 27 14 52% C Infrastructures du SIS 18 11 60% Total 69 36 52% En fait le SNIS dispose de l effectif suivant : - Médecins : 3 médecins de santé publique - Informaticiens : 1 BTS - Statisticien : 1 technicien supérieur en statistique - Agents d hygiène : 3 (dont 1 gestionnaire et 1 Spécialisé dans la gestion des bases de données) - Technicien supérieur de santé : 1 - Il en ressort, en particulier, une insuffisance notoire de cadres statisticiens, démographes et autres profil comme sociologues voire économistes, etc. - 17 -
En terme de local, le SNIS est installé dans une aile du rez de chassée du building du Ministère de la Santé et compte : 2 bureaux, 1 pour le chef de service et 1 pour l adjoint, 1 espace pour la formation en informatique et la consultation des données, et 5 box (1 box pour le secrétariat, 1 pour le gestionnaire et les 3 autres pour 6 agents à raison de 2 par box). La situation des effectifs décrite ci-dessus se retrouve également au niveau des sous systèmes d informations sanitaires ou les données sont collectées et gérées par des personnels de santé (et non par des statisticiens médicaux) qui en font une activité subsidiaire. Au demeurant, ce personnel ne dispose ni d équipements appropriés ni de cadre de travail adéquat. VI.2. Indicateurs De manière générale il se dégage un sentiment général de satisfaction par rapport aux indicateurs, tant en ce qui concerne leur pertinence par rapport aux objectifs et enjeux du moment ; qu en ce qui concerne le processus de leur sélection. Au Sénégal, une liste de 130 indicateurs couvrant une grande partie des domaines d activité des structures sanitaires et périodiquement mise à jour est construite à partir des données collectées par le système d information sanitaire. Le système d information ne permet d obtenir qu une partie des informations dont ont besoin les différents programmes et établissements sanitaires mis en place dans le pays. Tableau 2 : Indicateurs Résumé des résultats Maximum Score %. Indicateurs 15 10 67% VI.3. Sources des données Il existe plusieurs sources de données sur lesquelles le SIS peut s appuyer. Cependant ces sources de données donnent des appréciations diverses par rapport à certains critères de qualités. Ainsi les enquêtes dans la population, le recensement et les registres / rapports des services de santé sont globalement appropriés à très appropriés. Les registres administratifs et les rapports sanitaires ainsi que les registres des maladies font ressortir des appréciations d insatisfactions malgré quelques points positifs en matière de contenu, capacité et pratiques concernant les rapports sanitaires. Il faudra noter l appréciation très négative de l état civil autant pour son manque total de fiabilité (contenu, capacité et pratiques) que pour son inadéquation au contexte et aux challenges actuels du SIS. - 18 -
Tableau 3 : résultats sources des données Source des données Recensement Statistiques de l'état civil Enquêtes dans la population Rapports sanitaires et registres des maladies (y compris les syst. de surveillance des maladies) Registres / rapports des services de santé Registres administratifs Contenu Appropriée Non pratique Capacité et Pratiques Présente mais in Dissémination Intégration et utilisation Total Appropriée Appropriée Appropriée Non pratique Appropriée Appropriée Non pratique Non pratique Présente mais in Non pratique Présente mais in Appropriée Appropriée Appropriée Appropriée Appropriée Présente mais in Présente mais in In Présente mais in Le niveau de satisfaction par rapport aux enquêtes dans la population atteint 98 %, et il est de 75 % pour les recensements ou pour les registres /rapports des services de santé. Toutefois, il importe de préciser que la faible régularité des enquêtes auprès des ménages et du recensement de la population constitue un handicap majeur qui empêche les acteurs du secteur de la santé de disposer à temps réel d indicateurs de santé fiables. Dans l absence d un programme global de développement des statistiques soutenu par une politique de financement fiable et stable explique en majorité cette faible régularité. L état civil obtient un très faible score, car il s agit d un système lacunaire et assez méconnu au plan du dispositif juridique qui le met en place. En effet, il est probable que des responsables d établissement de santé ne sachent pas l obligation légale qui pèse sur eux de noter dans un registre d état civil toutes les naissances et tous les décès ainsi que leurs causes, intervenus dans leurs structures. Au demeurant, les services d état civil sont généralement pauvres en effectif et il n y existe pratiquement pas de personnel cadre notamment les statisticiens et les démographes. Par ailleurs, comme indiqué plus haut, les responsables du SNIS constatent, pour le déplorer, le fait que les principaux programmes de santé ont des systèmes parallèles de collecte de données qui ne sont pas intégrés pour constituer une base du SIS. - 19 -
Tableau 4 : Sources de données du SIS Registres administratifs 48% Registres / rapports des services de santé 75% Rapports sanitaires et registres des maladies (y compris les syst. de surveillance des maladies) 48% Enquêtes dans la population 98% Statistiques de l'état civil 13% Recensement 75% Figure : Sources de données du SIS Sources de données du SIS 120% 100% 80% 60% Série1 40% 20% 0% Registres administratifs Registres / rapports des services de santé Registros de salud y enfermedad Enquêtes dans la population Statistiques de l'etat civil Recensement VI.4. Gestion des données Les résultats montrent le caractère incomplet et insatisfaisant de la gestion des données du SIS. Ce qui est la conséquence d un SIS embryonnaire dont les sous systèmes (notamment ceux des secteurs apparentés comme l habitat, l hygiène et l assainissement ou l alimentation) sont loin de connaître un début d intégration. - 20 -
Tableau 5 : Gestion des données Résumé des résultats Maximum Score %. Gestion des données 15 8 53% En fait, Il n y a pas, en ce moment, des procédures écrites de gestion des données et encore moins un «entrepôt de données» intégré (contenant les données de toutes les sources) au niveau du SNIS. En ce moment il n existe au SNIS qu un guide de remplissage des supports de collecte des données. Il faut également noter l inexistence de méta données pour la plupart des indicateurs. VI.5. Produits d information De manière générale, les indicateurs retenus pour cerner les produits de l information laissent apparaître un jugement très favorable quant à la qualité des informations sur l état de santé (aussi bien les indicateurs de morbidité que ceux de mortalité), sur le système de santé et dans une moindre mesure, sur les facteurs de risque. En effet, si l on tient compte de tous les indicateurs spécifiques tenus par les différents programmes de santé, on liste au MSPM plus de deux cent indicateurs, suivis à divers niveaux, portant essentiellement sur les questions de morbidité, de mortalité et de prestations de services de santé. On constate que pour les facteurs de risque, seuls les critères relatifs à la représentativité et à la désagrégation sont considérés comme appropriés, les autres critères étant présents mais.inappropriés. Tableau 6 : Résultat Produits de l information Indicateurs Critères d évaluation de la qualité des indicateurs sélectionnés Méthode de collecte des données Ponctualité ou actualité ou délai Périodicité Cohérence Représentativité Désagrégation Méthodes d estimation / Transparence Evaluation générale des résultats Indicateurs de l état de santé Mortalité Présente mais in Appropriée Morbidité Dans l'ensemble Appropriée Indicateurs du système de santé Appropriée Appropriée Appropriée Appropriée Indicateurs des facteurs de risque Présente mais in Présente mais in Présente mais in Présente mais in Total qualite de l'information sanitaire Appropriée Appropriée Appropriée Appropriée Appropriée Appropriée Appropriée Appropriée Appropriée Appropriée Présente mais in Appropriée - 21 -
Le score le plus important en terme de jugement favorable est obtenu au niveau du critère «méthodes d estimation/transparence» considéré comme respecté dans la quasi-totalité des cas. Au cours du processus de l étude, on a pu constater une quasi identité entre l appréciation des informateurs clés et celle ressortie des groupes de travail. Ainsi, compte tenu des scores sur la qualité des produits de l information, on peut conclure à la sensibilité et à l adéquation des critères d évaluation des indicateurs du SIS. Toutefois le SNIS reste préoccupé par les insuffisances en matière de complétude et de promptitude. TAUX DE COMPLETUDE DES RAPPORTS PAR REGION EN 2006, SENEGAL MSPM/SNIS SOURCE:annuaire statistique 2006 Tableau 7 : Qualité des produits de l information Méthodes d estimation / Transparence 93% Désagrégation 76% Représentativité 81% Cohérence 70% Périodicité 73% Ponctualité ou actualité ou délai 77% Méthode de collecte des données 70% - 22 -
Figure : Qualité des produits de l information Qualité des produits de l'information 100% 90% 80% 70% 60% 50% Série1 40% 30% 20% 10% 0% Méthodes d estimation / Transparence Désagrégation Représentativité Cohérence Periodicité Ponctualité ou actualité ou délai Méthode de collecte des données L information produite par le SIS est globalement de bonne qualité, et plus particulièrement celle concernant la morbidité et la mortalité. Toutefois, l information sur les facteurs de risque (tabagisme, utilisation du préservatif ou usage d un système amélioré d adduction d eau ) est présente mais in. Tableau 8 : Qualité de l information sanitaire Qualité générale des indicateurs de santé 77% Facteurs de risque 59% Système de santé 74% Etat de santé morbidité 95% Etat de santé mortalité 85% - 23 -
Figure : Qualité de l information sanitaire Qualité de l'information sanitaire 100% 90% 80% 70% 60% 50% Série1 40% 30% 20% 10% 0% Qualité générale des indicateurs de santé Facteurs de risque Système de santé Etat de santé - morbidité Etat de santé - mortalité 6. DISSEMINATION ET UTILISATION Tableau 9 : Résultats Dissémination et utilisation Résumé Analyse et utilisation des informations Politique et plaidoyer Planification et définition des priorités Allocation des ressources Mise en oeuvre et actions Total Résultats Présente mais in Présente mais in Présente mais in Présente mais in Présente mais in Présente mais in En ce qui concerne la dissémination et l utilisation, le constat est alarmant pour un service d appui dont la raison d être est principalement dans la dissémination et l utilisation de ses produits. Les insuffisances semblent liées aux questions de moyens mais également aux compétences des agents du SNIS. - 24 -
7. Résumé des implications de l'évaluation du SIS Il apparaît que le MSPM doit renforcer le SIS du pays en développant des efforts aux trois niveaux des intrants du système, du processus interne de gestion des données et de la dissémination et de l utilisation de ces données. Le SNIS lui-même résume ses problèmes aux deux principaux niveaux du système de santé, comme suit : Au niveau central : L absence de liens fonctionnels et d espaces d échange entre les structures de ce niveau (dysfonctionnements dans la collecte, la transmission et le traitement de l information). L insuffisance de personnel qualifié au sein du SNIS (ingénieur informaticien, documentaliste). Défaut de fonctionnement de l Application Santé Au niveau décentralisé : Rapports transmis de façon irrégulière, non exhaustive et pas toujours de qualité. Multiplicité des supports de collecte et ou des supports de rapport au niveau opérationnel. Manque de formation ou de motivation des prestataires pour l élaboration et transmission des rapports. Tableau 10 : Evaluation générale des composantes du SIS Dissémination et utilisation des données 50% Produits d information 77% Gestion des données 53% Sources des données 59% Indicateurs 67% Ressources 52% - 25 -
Figure : Evaluation générale des composantes du SIS Composantes de l'évaluation du SIS 90% 80% 70% 60% 50% 40% Série1 30% 20% 10% 0% Dissémination et Produits d information Gestion des données Sources des données Indicateurrs Ressources utilisation des données En conclusion nous pouvons retenir : Par rapport aux ressources le SNIS montre le profil d une institution peu dotée. En effet, il apparaît que seul le niveau des infrastructures est jugé satisfaisant ; Le système d information ne permet d obtenir qu une partie des informations dont ont besoin les différents programmes et établissements sanitaires mis en place dans le pays malgré les 130 indicateurs pris en compte par le SIS. Les sources de données sur lesquelles le SIS peut s appuyer sont nombreuses. Elles donnent des appréciations diverses par rapport à certains critères de qualités. Les registres administratifs et les rapports sanitaires ainsi que les registres des maladies font ressortir des appréciations d insatisfactions malgré quelques points positifs en matière de contenu, capacité et pratiques concernant les rapports sanitaires. Il faudra noter l appréciation très négative de l état civil autant pour son manque total de fiabilité. Les résultats montrent le caractère incomplet et insatisfaisant de la gestion des données du SIS. Ce qui est la conséquence d un SIS embryonnaire dont les sous systèmes sont loin de connaître un début d intégration. De manière générale, les indicateurs retenus pour cerner les produits de l information laissent apparaître un jugement très favorable quant à la qualité des informations sur l état de santé En ce qui concerne la dissémination et l utilisation, le constat est alarmant pour un service d appui dont la raison d être est principalement dans la dissémination et l utilisation de ses produits. Les insuffisances semblent liées aux questions de moyens mais également aux compétences des agents du SNIS. - 26 -
VII. PRINCIPALES RECOMMANDATIONS Les principales recommandations sont : Définir une politique avec une vision et des objectifs clairs prenant en compte la nécessité d une intégration et d une coordination des sous système du SIS ; Déterminer un cadre juridique permettant d exiger des sous systèmes et du secteur privé leur collaboration au SIS ; Doter le SNIS de moyens adéquats en rapport avec sa mission et les objectifs définis, Renforcer les capacités des sous systèmes d informations sanitaires (personnels chargés des statistiques sanitaires, équipements, locaux etc.) Mettre en œuvre le volet renforcement des statistiques démographiques et sociales Elaborer un plan stratégique et sa déclinaison dans un programme triennal budgétisé afin de faciliter l «arrimage» au CDSMT du Ministère. Bibliographie : Document PowerPoint de présentation du SNIS Annuaire statistique 2005, MSPM/ SNIS, Juillet 2006 Annuaire statistique provisoire 2006, MSPM / SNIS, Juillet 2007 Schéma directeur de la statistique 2008 2013, ANSD, 2007 PNDS phase II 2004-2008, MSPM, 2003 OMD version finale 2005 Aide mémoire : mission de supervision de IDA du 26 octobre au 06 novembre 2004-27 -
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LISTE DES MEMBRES DES COMITES MIS EN PLACE POUR L EVALUATION Consultant : - Mr Moustapha SAKHO : Groupe ISSA ; sakhomous2003@yahoo.fr Comité restreint : - Dr Malang COLY : OMS ; colym@sn.afro.who.int - Dr Moussa DIAKHATE : SNIS ; mdiakhat@tulane.edu - Mr Djibril NDOYE : ANDS ; djindoye@yahoo.fr Groupe personnes ressources : - Dr Siaka COULIBALY: SNIS; siaka91@hotmail.com - Mr Ismaïla MBAYE: SNIS; isombaye@yahoo.fr - Mr Médoune NDIAYE : SNIS ; hadjmet@yahoo.fr - Mme fatou Bintou Niang CAMARA : ANSD ; fabianiang@yahoo.fr - Mr Meïssa NDOUR : ANSD ; meissandour@yahoo.fr - Mr Thierno DIOUF : ANSD ; dthierno2003@yahoo.fr - 29 -
LISTE DES STRUCTURES DES INFORMATEURS CLES ANSD : Agence National de la Statistique et de la Démographie ASSEMBLEE NATIONALE DU SENEGAL BANQUE MONDIALE CAS/PNDS : Cellule d Appui et de Suivi du Plan National de Développement Sanitaire CENTRE NATIONAL DE L ETAT CIVIL CLINIQUE INTERNATIONALE CLINIQUE NIANG CNLS: Comité National de Lutte contre le Sida CRDH: Centre de Recherche en Développement Humain CSE: Centre de Suivi Ecologique DANSE: Division de l Alimentation, de la Nutrition et de la Survie de l Enfant DES : Direction de Etablissements de Santé DISTRICT DE GUEDIAWAYE DPM: Direction de la Prévention Médicale DPRH : Direction de la Prévision et des Ressources Humaines DSR: Division de la Santé de la Reproduction HOPITAL ARISTIDE LE DANTEC HOPITAL PRINCIPAL DE DAKAR IFPDSR IRD: Institut de Recherche de Dakar ISED: Institut de Santé et Développement MINISTERE DE L ECONOMIE ET DES FINANCES MINISTERE DE L INTERIEUR MINISTERE DU PLAN MINISTERE DE LA SANTE ET DE LA PREVENTION MEDICALE/CT OMS: Organisation Mondiale de la Santé PLAN SENEGAL PNL: Programme national de lutte contre la Lépre PNLP: Programme National de Lutte contre le Paludisme PNT: Programme National de lutte contre la Tuberculose POP COUNCIL POSTE DE SANTE GUEDIAWAYE PRN: Programme de Renforcement de la Nutrition REGION MEDICALE DE DAKAR REGION MEDICALE DE THIES UNFPA :United Nation Fund for Population UNICEF : United Nations International Children s Emergency Fund USAID: United States Aid for International Development SNIS : Service National de l Information Sanitaire - 30 -
Journée de lancement de l évaluation du système d information sanitaire à Ngor Diarama (06 avril 2007) 31
Atelier des travaux des groupes thématiques avec les personnes ressources à l Hôtel Indépendance (Du 05 au 06 juin 2007) 32
Des participants au processus 33