Diagnostic des parasitoses intestinales de l immunodéprimé



Documents pareils
Apport de la biologie moléculaire au diagnostic des parasitoses

Dracunculose Association Française des Enseignants de Parasitologie et Mycologie (ANOFEL)

Conduite à tenir devant des troubles digestifs au retour du voyage. Laurent Beaugerie Hôpital Saint-Antoine, Paris

Infestation par Dipylidium caninum,

Charges virales basses sous traitement: définition impact virologique. Laurence Bocket Virologie CHRU de Lille

Diagnostic des Hépatites virales B et C. P. Trimoulet Laboratoire de Virologie, CHU de Bordeaux

Hépatite B. Le virus Structure et caractéristiques 07/02/2013

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

Annales du Contrôle National de Qualité des Analyses de Biologie Médicale

Orientation diagnostique devant une éosinophilie 1

Les maladies parasitaires du porc. GMV1 Les maladies parasitaires du porc

Dr E. CHEVRET UE Aperçu général sur l architecture et les fonctions cellulaires

HEPATITES VIRALES 22/09/09. Infectieux. Mme Daumas

Unité d enseignement 4 : Perception/système nerveux/revêtement cutané

Détection et prise en charge de la résistance aux antirétroviraux

Parasites externes du chat et du chien

Les parasites externes du chien

Notice d utilisation M Epigenomics AG, Berlin, Allemangne

TEST ELISA (ENZYME-LINKED IMMUNOSORBENT ASSEY)

La lutte contre la tuberculose est régie par l arrêté royal du 17 octobre 2002.

Les charges virales basses: constat et gestion

TD de Biochimie 4 : Coloration.

LA PERITONITE INFECTIEUSE FELINE

Hépatite C une maladie silencieuse..

Innovations thérapeutiques en transplantation

Les vers de nos compagnons

évaluation des risques professionnels

Arthralgies persistantes après une infection à chikungunya: évolution après plus d un an chez 88 patients adultes

Un laboratoire d auto-immunité paperless : mythe ou réalité? L.Lutteri Laboratoire d auto-immunité Service de Chimie Clinique CHU Liège

Symposium des Société Française d Angéiologie (SFA) et Société Francophone de Médecine Sexuelle (SFMS), Paris, Journées internationales Francophones

ÉLEVEURS DE VEAUX SOUS LA MÈRE, DANS LE SOUCI DE PRÉSERVER VOTRE REVENU, VOUS DEVEZ PROTÉGER VOS VACHES ET VOS VEAUX CONTRE LES PARASITES INTERNES

PARTIE II : RISQUE INFECTIEUX ET PROTECTION DE L ORGANISME. Chapitre 1 : L Homme confronté aux microbes de son environnement

AGRÉGATION DE SCIENCES DE LA VIE - SCIENCES DE LA TERRE ET DE L UNIVERS

Il est bien établi que le réseau d eau hospitalier peut

Tests rapides de dépistage

Les parasites externes

LES ACCIDENTS D EXPOSITION AU RISQUE VIRAL Prise en charge & Prévention

CONTROVERSE : IDR OU QUANTIFERON LORS D'UN CONTAGE EN EHPAD?

altona altona RealStar CMV PCR Kit 1.0 always a drop ahead. 04/2015 altona Diagnostics GmbH Mörkenstr Hamburg Germany

Item 127 : Transplantation d'organes

Tuberculose bovine. Situation actuelle

TEST DE DÉTECTION DE LA PRODUCTION D INTERFÉRON γ POUR LE DIAGNOSTIC DES INFECTIONS TUBERCULEUSES

GASTRO-ENTEROLOGIE. Variabilité. A des entrées. B des sites anatomiques. C inter-individuelle. D intra-individuelle

Dépistage du cancer colorectal :

Présentation des intervenants et modérateurs

Infiltrats pulmonaires chez l immunodéprimé. Stanislas FAGUER DESC Réanimation médicale septembre 2009

L hôpital dans la société. L expérience du CHU de Paris, l AP HP. Pierre Lombrail, Jean-Yves Fagon

L hépatite C pas compliqué! Véronique Lussier, M.D., F.R.C.P.C. Gastroentérologue Hôpital Honoré-Mercier 16 avril 2015

Pierre OLIVIER - Médecine Nucléaire

Infection à CMV et allogreffe de cellules souches hématopoïétiques : Expérience du Centre National de Greffe de Moelle Osseuse, Tunis.

Les plateformes de génétique

CNR Toxoplasmose Rapport d Activités 2008

La PCR quantitative (qpcr) et le guide de bonnes pratiques MIQE : adaptation et pertinence dans le contexte de la biologie clinique

Tuberculose Pr. Jean-Louis Herrmann Service de Microbiologie, Hôpital R. Poincaré, Garches

POURQUOI L HYGIENE HYGIENE = PROPRETE HYGIENE = PREVENTION DES INFECTIONS COMMUNAUTAIRES ET DES INFECTIONS ASSOCIEES AUX SOINS

LES BIOTECHNOLOGIES DANS LE DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES ET LE DÉVELOPPEMENT DES VACCINS

Vaccination et tuberculose en Gériatrie. Unité de Prévention et de Dépistage: Centre de vaccination et centre de lutte anti tuberculeuse CH Montauban

INAUGURATION LABORATOIRE DE THERAPIE CELLULAIRE 16 FEVRIER 2012 DOSSIER DE PRESSE

Avis 29 mai XYZALL 5 mg, comprimé B/14 (CIP : ) B/28 (CIP : ) Laboratoire UCB PHARMA SA.

Evaluation d un nouveau vidéo endoscope bronchique à usage unique avec canal opérateur en réanimation

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE

Y a-t-il une place pour un vaccin thérapeutique contre l hépatite B? H. Fontaine, Unité d Hépatologie Médicale, Hôpital Cochin

Diagnostic et suivi virologique des hépatites virales B et C. Marie-Laure Chaix Virologie Necker

Profil médico-économique de plerixafor en remobilisation dans le myélome multiple

RAPID Salmonella/Gélose

La réalisation d essais en réacteur pilote en vue d une demande d homologation de digestat

Test d immunofluorescence (IF)

Nous avons augmenté de manière significative notre productivité avec le même effectif

PROFIL DE POSTE PRATICIEN ANATOMIE ET CYTOLOGIE PATHOLOGIQUES

DÉFICITS IMMUNITAIRE COMMUN VARIABLE

L eau dans le corps. Fig. 6 L eau dans le corps. Cerveau 85 % Dents 10 % Cœur 77 % Poumons 80 % Foie 73 % Reins 80 % Peau 71 % Muscles 73 %

Place de l interféron dans le traitement de l hépatite B chez le patient co-infecté VIH

DIARRHEE PERSISTANTE APRÉS UN VOYAGE

Résistance du virus de l hépatite C aux nouveaux traitements anti-viraux

1 Culture Cellulaire Microplaques 2 HTS- 3 Immunologie/ HLA 4 Microbiologie/ Bactériologie Containers 5 Tubes/ 6 Pipetage

Les Infections Associées aux Soins

Restitution de l 'atelier 1 Protocoles thérapeutiques et aspects médicaux de la PTME

ACTUALITES THERAPEUTIQUES. Dr Sophie PITTION (CHU Nancy) Metz, le 2 Juin 2012

Mettre la puce à l oreille mais pas de poux! français. Guide anti-poux

CONNAISSANCES, ATTITUDES ET PRATIQUES DE L HYGIENE EN RESTAURATION SCOLAIRE A ABIDJAN RESUME

Vaccination des voyageurs dont la sérologie VIH est positive.

Annales du Contrôle National de Qualité des Analyses de Biologie Médicale

Définition de l Infectiologie

Devenir des soignants non-répondeurs à la vaccination anti-vhb. Dominique Abiteboul - GERES Jean-François Gehanno Michel Branger

FICHE D INFORMATION AVANT UNE TRANSFUSION

Objet : Critères microbiologiques applicables aux auto-contrôles sur les carcasses d'animaux de boucherie. Destinataires d'exécution

Veraviewepocs 3De Le Panoramique dentaire qui répond à tous vos besoins en imagerie tridimensionnelle (3D)

LASER DOPPLER. Cependant elle n est pas encore utilisée en routine mais reste du domaine de la recherche et de l évaluation.

Intérêt diagnostic du dosage de la CRP et de la leucocyte-estérase dans le liquide articulaire d une prothèse de genou infectée

Cahier de stage. par. Karine Thivierge

Cytokines & Chimiokines

1- Parmi les affirmations suivantes, quelles sont les réponses vraies :

L investigation chez la personne infectée par le VIH

Transmission des maladies infectieuses. «maladies transmissibles»

Développement d un système de monitoring du bien-être des veaux en élevage

dossier de presse nouvelle activité au CHU de Tours p a r t e n a r i a t T o u r s - P o i t i e r s - O r l é a n s

Faut-il encore modifier nos pratiques en 2013?

MISE AU POINT D UNE TECHNIQUE DE QUANTIFICATION DES POPULATIONS BACTERIENNES ET ARCHAEA DE L ECOSYSTEME CAECAL DU LAPIN PAR PCR EN TEMPS REEL

Ouverture d un pavillon médical : Mesures mises en œuvre pour la mise en eau et suivi bactériologique

Introduction. CRA-W- Département Productions et Filières, Unité Mode d élevage, bien être et qualité

Transcription:

Diagnostic des parasitoses intestinales de l immunodéprimé Jean MENOTTI Laboratoire de Parasitologie-Mycologie Hôpital Saint-Louis AP-HP / Université Paris Diderot

Parasites intestinaux de l immunodéprimé Microsporidies (protistes dérivant de Zygomycètes) Protozoaires de la classe des Coccidies : Cryptosporidies Cystoisospora belli Helminthes de la classe des Nématodes : Anguillules Photos CDRom ANOFEL

Microsporidioses humaines 2 principales espèces de microsporidies pathogènes pour l homme : 300 nm 200 nm Enterocytozoon bieneusi (photo. Chalifoux et al., 1998) Encephalitozoon intestinalis (photo. C. Sarfati) Facteurs de risque : immunodépression infection par le VIH transplantations (Rabodonirina et al., 1996 ; Cotte et al., 1999 ; Lanternier et al., 2009 ; Talabani et al., 2010) traitements par corticoïdes (Silverstein et al., 1997)

Microsporidioses : aspects cliniques et physiopathologiques (photo. C. Sarfati) Microsporidiose due à E. bieneusi : Signes cliniques : diarrhées chroniques inappétence malabsorption intestinale perte de poids ± déshydratation Physiopathologie : duodenum et jejunum cytoplasme apical des entérocytes parfois atrophie villositaire ± atteinte des voies biliaires Microsporidiose due à E. intestinalis : infections intestinales et bronchopulmonaires dissémination à d autres organes

Diagnostic des microsporidioses Diagnostic classique : Photos ANOFEL Coloration à l Uvitex 2B Coloration au Trichrome de Weber modifié Microscopie électronique Anticorps monoclonaux Diagnostic par PCR diagnostic d espèce (indispensable pour orienter le traitement)

Diagnostic des microsporidioses Coloration au Trichrome de Weber modifié Spores d Enterocytozoon bieneusi Microscopiste expérimenté car lecture difficile! Confusion possible avec certaines bactéries Photo ANOFEL Weber et al., NEJM 1992

Diagnostic des microsporidioses Coloration à l Uvitex 2B Spores d Enterocytozoon bieneusi Spores d Encephalitozoon intestinalis Photos ANOFEL Van Gool et al., J Clin Pathol 1993

Typage moléculaire d Enterocytozoon bieneusi par PCR- RFLP (Liguory et al., 1998) PCR spécifique de l ITS d E. bieneusi (Velasquez et al., 1996) type I NlaIII Fnu4HI type II NlaIII type III type IV NlaIII Fnu4HI NlaIII Fnu4HI Fnu4HI

PCR en temps réel avec sonde d hydrolyse (TaqMan)

PCR en temps réel pour Encephalitozoon intestinalis PCR avec sonde TaqMan sur le gène codant pour l ARN de la petite sous-unité ribosomique (Menotti et al., JCM 2003) : Des dilutions sérielles d une suspension de spores d E. intestinalis obtenues par culture sur la lignée cellulaire humaine U-373- MG ont été utilisées comme standards externes. Une corrélation entre les valeurs de cycles seuils d amplification obtenues et les numérations de spores a été établie au cours de 5 expérimentations indépendantes de PCR en temps réel et a permis d obtenir la droite standard représentée ci-contre threshold cycle (Ct) 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 1 2 3 4 5 6 7 log 10 spore number per ml

PCR en temps réel pour Encephalitozoon intestinalis L analyse d échantillons cliniques provenant de 8 patients immunodéprimés atteints de microsporidiose à E. intestinalis a montré : la dissémination de l infection par voie hématogène, avec la présence d ADN d E. intestinalis dans le sang de certains patients le tropisme tissulaire d E. intestinalis vers certains organes, avec la présence de fortes charges parasitaires dans des selles, des urines ou des prélèvements bronchopulmonaires

PCR en temps réel pour Enterocytozoon bieneusi PCR avec sonde TaqMan sur le gène codant pour l ARN de la petite sous-unité ribosomique (Menotti et al., JID 2003) : Des dilutions sérielles de l ADN d un plasmide portant le gène codant pour l ARN de la petite sous-unité ribosomale d E. bieneusi ont été utilisées comme standards externes La droite standard représentée ci-contre a été obtenue à partir de la relation établie entre les cycles seuils d amplification et les nombres de copies du plasmide au cours de 10 expérimentations indépendantes de PCR en temps réel threshold cycle 40 30 20 10 0 0 1 2 3 4 5 6 7 log 10 plasmid copy number

PCR en temps réel pour Enterocytozoon bieneusi L analyse d échantillons de selles itératifs provenant de 6 patients atteints de microsporidiose à E. bieneusi a permis l étude de l excrétion parasitaire au cours de l infection log copy number/µl stool suspension 7 6 5 4 3 2 1-7 1 8 15 19 Il n a pas été noté de variation significative dans l excrétion d ADN parasitaire au cours du temps (p=0,46). Day

PCR en temps réel pour Enterocytozoon bieneusi L analyse d échantillons de selles itératifs provenant de 6 patients traités par fumagilline au cours de l essai thérapeutique ANRS 090 a permis l étude de l efficacité de la fumagilline dans le traitement de la microsporidiose intestinale à E. bieneusi log copy number/µl stool suspension 7 6 5 4 3 2 1 Treatment -7 1 8 15 19 Day L excrétion d ADN parasitaire est devenue indétectable dans les selles de 5 patients dès le jour 8. Chez un patient, l ADN d E. bieneusi est resté détectable au jour 8, mais à un niveau plus bas. Cependant, l excrétion d ADN parasitaire est aussi devenu indétectable aux jours 15 et 19 pour ce patient. Au total, la fumagilline a induit une réduction moyenne de 4,7 log de l ADN d E. bieneusi dans les selles après 2 semaines de traitement

Cryptosporidiose Protozoaire intestinal (classe des Coccidies) Multiplication intracellulaire asexuée et sexuée à la surface des entérocytes. Emission d oocystes directement contaminants Contamination : par ingestion d oocystes. Espèces : Cryptosporidium parvum (zoonose) C. hominis (~ strictement humain) Autres espèces : C. felis, C. canis, C. meleagridis, C. muris Parasitisme des entérocytes par C. parvum. Photo A. Bonnin. ANOFEL

Cryptosporidiose : épidémiologie et clinique Epidémiologie : Contamination de l environnement par des oocystes Rôle des animaux d élevage +++ Épidémies dues à la contamination des ressources d eau Clinique : Sujet immunocompétent : Diarrhée spontanément résolutive en 2 à 3 semaines Durée et gravité des symptômes plus marquées chez l enfant et personne âgée Rares localisations extra digestives Sujet immunodéprimé (VIH+, greffé rénal ) : Diarrhée chronique, malabsorption, cachexie Localisations biliaires Prévalence : 0,3% dans la population française. 3% chez sujets VIH+

Cryptosporidiose : diagnostic Diagnostic : Examen des selles par microscopie optique (coloration de Ziehl-Neelsen modifiée) : mise en évidence des oocystes Penser à demander cette recherche sur la prescription!!!! car elle n est pas faite systématiquement Histologie PCR Identification spécifique : PCR-RFLP PCR + séquençage PCR en temps réel Photos A. Bonnin, J.F. Pays. ANOFEL

Tests immunochromatographiques pour la détection d antigènes de Cryptosporidium X/pect ImmunoCard STAT! Sensibilité acceptable pour Cryptosporidium parvum et Cryptosporidium hominis (73 à 87%) Sensibilité très faible pour les autres espèces de Cryptosporidium (30 à 33%) Agnamey et al., 2011

Cryptodiag : PCR-ELISA Cryptosporidium Extraction à l aide du kit fourni, à partir de 200 µl de selles diluées au 1/10 dans du PBS PCR avec 1 des 2 amorces marquée ELISA avec sondes marquées spécifiques de Cryptosporidium spp., C. hominis et C. parvum Savin et al., 2007

PCR en temps réel pour Cryptosporidium spp. PCR avec sonde TaqMan pour C. hominis, C. parvum et C. meleagridis (Fontaine et Guillot, 2002 et 2003) 3 PCR avec sondes TaqMan spécifiques du gène de la SSU rrna de Cryptosporidium spp. et des gènes LIB13 de C. hominis et C. parvum (Hadfield et al., 2011) PCR avec sondes d hybridation permettant la détection quantitative et l identification de C. hominis, C. parvum, C. meleagridis, C. canis et C. felis (Limor et al., 2002) C. hominis

PCR en temps réel pour la quantification de Cryptosporidium spp. et l identification de C. parvum et C. hominis Evaluation multicentrique dans 4 laboratoires de Parasitologie de CHU et 1 laboratoire vétérinaire de l ANSES Quantification par qpcr avec sonde générique et identification d espèce par qpcr avec sondes spécifiques testées sur 100 ADN dans chaque laboratoire 9 techniques d extraction d ADN testées sur 20 échantillons de selles Résultats : Reproductibilité de la qpcr entre laboratoires : satisfaisante Importance de la technique d extraction utilisée Conclusion : Nouvel outil permettant le diagnostic de cryptosporidiose avec quantification des charges parasitaires et identification des 2 principales espèces de Cryptosporidium Technique bien adaptée à une utilisation en routine Etude soutenue par le Réseau Crypto ANOFEL Mary et al., JCM soumis

PCR en temps réel multiplex pour la détection simultanée de 4 protozoaires dans les selles Etude sur 397 prélèvements de selles : 2 réactions par échantillon Contrôle interne Meilleure sensibilité Bruijnesteijn et al., 2009

Isosporose à Cystoisospora belli Coccidiose intestinale Multiplication intracellulaire Emission d oocystes immatures Clinique: Diarrhée aiguë et chronique Epidémiologie: Endémique (zones tropicales) Zoonose: non Diagnostic Microscopie optique Oocyste immature (G) et sporulé (D) de C. belli Photo P. Marty, Poitiers. ANOFEL

Cystoisospora belli Oocyste immature de C. belli (coloration de Ziehl-Neelsen modifiée) Photo C. Sarfati, hôpital St-Louis, Paris. ANOFEL

PCR en temps réel pour Cystoisospora belli PCR en temps réel avec sonde TaqMan ciblant la région ITS2 Spécificité vérifiée sur 27 ADN d autres parasites et de bactéries 100% sensibilité et spécificité sur 141 selles : 21 positives microscopiquement 120 négatives microscopiquement Charges parasitaires élevées pour les 21 échantillons positifs : Ct entre 22,8 et 30,5 Ten Hove et al., 2008

Anguillulose à Strongyloides stercoralis Contamination: voie transcutanée Migration larvaire Maturation dans l intestin grêle (femelles) Emission de larves non infectantes dans les selles (rhabditoïdes) Maturation des larves (strongyloïdes) et formation d adultes en milieu humide et chaud. Taille : 2 mm. Femelles parthénogénétiques Attention!: Cycle d autoinfestation

Anguillulose Clinique (peut être asymptomatique) : phase de pénétration cutanée : parfois dermatite d invasion phase de migration larvaire : parfois pseudo-syndrome de Loeffler phase d état : signes digestifs manifestations cutanées : prurit, larva currens anguillulose maligne : sujets immunodéprimés, traités par corticoïdes ou autres immunosuppresseurs

Diagnostic : Anguillulose diagnostic d orientation : hyperéosinophilie évoluant en dents de scie diagnostic de certitude : recherche des larves d anguillule dans les selles par la technique de Baermann

Infections intestinales opportunistes diagnostiquées chez 143 patients VIH+ avec <100 CD4/mm 3 Etude prospective sur 3 ans incluant tous les patients VIH+ consécutifs hospitalisés ou consultant en Maladies Infectieuses à l hôpital Saint- Louis et présentant <100 CD4/mm 3 Prévalence globale des parasites intestinaux : 17% 8 patients : cryptosporidies dont 4 C. hominis 6 patients : microsporidies (E. bieneusi avec charge parasitaire élevée) 1 patient : Cystoisospora belli 1 patient : Strongyloides stercoralis Patients avec parasites intestinaux avaient + souvent des diarrhées (76% vs 56%, p=0,025) et étaient + souvent au stade C (84% vs 69%, p=0,024) que patients sans parasite Prévalence des parasitoses intestinales reste assez élevée chez les patients VIH+ avec taux de CD4 bas une recherche systématique de parasites pathogènes dans les selles devrait être effectuée chez ces patients, même en l absence de diarrhées Pavie et al., 2012

Conclusions Microscopie : ne pas oublier de demander la recherche spécifique des parasites opportunistes chez un patient immunodéprimé Oocystes de cryptosporidies : coloration de Ziehl-Neelsen modifiée (permet également la visualisation de C. belli) Spores de microsporidies : coloration au trichrome de Weber ou Uvitex 2B Larves d anguillules : technique de Baermann Diagnostic moléculaire : Gain potentiel de sensibilité, mais conditionné par le choix judicieux des gènes amplifiés et des amorces et sondes utilisées Diagnostic d espèce pour les microorganismes non identifiables morphologiquement : microsporidies ( traitement), cryptosporidies PCR en temps réel : pas de manipulations post-pcr - de risques de contamination Intérêt de la quantification pour évaluer les charges parasitaires ( suivi thérapeutique) Nécessaire évaluation clinique de chaque technique mise au point Commercialisation de kits : standardisation, mais évaluation clinique à réaliser également! Automatisation, multiplexage, diminution du volume réactionnel détection simultanée de plusieurs parasitoses intestinales

Merci à Francis Derouin Claudine Sarfati Samia Hamane Olivier Liguory Cyril Savin Laboratoire de Parasitologie-Mycologie Hôpital Saint-Louis, Paris Jean-Michel Molina Juliette Pavie Matthieu Lafaurie Sébastien Gallien Service de Maladies Infectieuses et Tropicales