BANQUE n 339 Septembre 2015 ISSN 0762-4077 Mensuel - 70 euros STRATÉGIE cahier de prospective bancaire & financière DOSSIER Révolution digitale Menace ou opportunité pour les banques? Attaqués par les FinTech ( jeunes entreprises innovantes dans le domaine financier) et par les GAAFA (Google, Alibaba, Amazon, Facebook, Apple) sur nombre de leurs métiers (crédit, paiement ), les établissements bancaires traditionnels déploient différentes stratégies : développements d offres innovantes en interne, partenariats avec de nouveaux entrants, acquisition de certaines start-up La banque classique est-elle capable de se réinventer ou entame-t-elle une longue agonie? 4 Sommaire VEILLE STRATÉGIQUE 45 Faillite d entreprise Les procédures collectives au Maroc : une perception juridico-médicale Zakaria Bouabidi, Université de Toulon En partenariat avec
Dossier Révolution digitale Menace ou opportunité pour les banques? Dossier réalisé par Sophie Gauvent Choc des cultures : d un côté se trouvent les établissements bancaires traditionnels dotés d énormes infrastructures informatiques constituées au fil des décennies ressemblant à un pesant legacy (héritage du passé) ; de l autre, de jeunes entreprises imprégnées des derniers développements de la culture digitale, souples, réactives et très innovantes, capables de concevoir de nouveaux services et/ou de nouveaux modes relationnels entre les individus et leurs prestataires de services et même entre les individus eux-mêmes. Par exemple, les platesformes de financement participatif (crowdfunding, crowdlending, equity crowdfunding ), mettent en relation des particuliers et des porteurs de projets pour que les uns octroient des financements aux autres. Autre choc : celui des réglementations. Tandis que les établissements traditionnels se voient inf liger des régulations de plus en plus contraignantes, les nouveaux entrants peuvent adopter des statuts plus souples. Dans son article (page 32), l avocat Hubert de Vauplane signale qu «il existe de plus en plus de statuts au rabais ou, pour être positif, peu contraignants. C est le cas du statut de CIF (conseiller en investissement financier), de celui d IOBSP (intermédiaire en opération de banque et service de paiement) ou encore de celui, plus récent, de CIP (conseiller en investissement participatif ) et IFP (intermédiaire en financement participatif ) en matière de crowdfunding, sans oublier toute la gamme des courtiers et mandataires en matière d assurance.» Comment les banques peuvent-elles répondre à ces assauts? Dans son interview (page 16), Ronan Le Moal explique que la banque qu il dirige, le Crédit Mutuel Arkéa, «est devenu un partenaire de premier choix pour bon nombre d acteurs de l écosystème numérique. À titre d illustration, nous sommes actionnaires de Prêt d Union [ ]. Nos investissements dans les start-up de la finance s inscrivent dans une démarche de co-construction et nous permettent de rester au fait des nouveaux usages de consommation et des technologies d avenir.» Crédit Mutuel Arkéa, tout comme les autres banques, multiplient les initiatives pour capter l énergie des Fintech : acquisition, partenariats, incubation Et les banques n oublient pas de s efforcer à innover également elles-mêmes en interne. Mais selon l économiste Philippe Herlin (page 24), les efforts des banques sont très insuffisants, voire contre-productifs. Ainsi, les partenariats noués dans le domaine des paiements avec de nouveaux entrants pourraient se retourner contre les acteurs traditionnels. Les banques vont-elles surfer sur la vague digitale ou se faire submerger? Les avis demeurent très partagés. Seule certitude : le paysage bancaire vit une révolution. & BANQUE STRATÉGIE 18, rue La Fayette 75009 Paris Fax : 01 48 24 12 97 Avis aux lecteurs. Les articles publiés dans Banque & Stratégie n expriment que le point de vue de leurs auteurs. Le contenu de ces articles n engage pas Revue Banque qui n entend pas prendre position à leur égard. Directeur de la publication : Valérie Ohannessian Secrétaire général : Pierre Coustols Rédacteur en chef : Élisabeth Coulomb Rédacteurs : Sophie Gauvent (54 02) ; Séverine Leboucher (54 15) ; Laure Bergala (54 14). Secrétariat de rédaction : 1 er SR, Alain de Seze (54 17) ; Christine Hauvette (54 10). Maquette : 1 er maquettiste, Emmanuel Gonzalez (54 12) ; Alexandra Démétriadis (54 18) Directrice marketing et commercial : Valérie Dumas-Paoli (54 19) Publicité : Isabelle Conroux (54 20) Conception graphique : Rampazzo & Associés Pour nous contacter, devant chaque numéro, ajouter l indicatif 01 48 00. SERVICE ABONNEMENTS : REVUE BANQUE Pauline Étienne, 18 rue La Fayette 75009 Paris Tél. : 33(0)1 48 00 54 26 Fax : 33(0)1 48 00 54 25 E-mail : service.abonnement@ ISSN 0762-4077/CPPAP 0616 I 84975 - Imprimé à Nancy (54) par BIALEC - Dépôt légal 3 e trimestre 2015. La reproduction totale ou partielle des articles publiés dans Banque & Stratégie, sans accord écrit de la société Revue Banque SARL, est interdite conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. Banque & Stratégie n 339 septembre 2015 3
Sommaire Révolution digitale Menace ou opportunité pour les banques? 5 Panorama FinTech : les clés de la réussite Julien Maldonato, Deloitte 8 France Quel avenir pour la FinTech française? Alain Clot, France FinTech 12 Banque publique Comment Bpifrance soutient les FinTech Paul François Fournier, Bpifrance 16 La parole au banquier «Les banques ont tout intérêt à nouer des partenariats» INTERVIEW Ronan Le Moal, Crédit Mutuel Arkéa 20 Connaissance du client Ces innovations qui vont permettre aux banques de se repositionner Stéphane Berger, Sopra Banking Software 26 Stratégies bancaires Banques et FinTech : combat à mort ou coopération nécessaire? Jean-Luc Strauss, Altran Research 32 Juridique Les FinTech et la réglementation bancaire et financière Hubert de Vauplane, Kramer Levin Naftalis & Frankel LLP 38 Sécurisation des données bancaires Anonymisation des informations et authentification biométrique Olivier Perrin, Sopra Banking Software 42 Gestion patrimoniale La banque privée n échappera pas à la digitalisation Guillaume Andreu, Groupe Julhiet SterWen 24 Confrontation Les banques sous la menace de l uberisation Philippe Herlin, CNAM 4 Banque & Stratégie n 339 septembre 2015
SÉMINAIRES Atelier Mardi 29 septembre 2015 9h00-12h00 MIF2 : DE LA BANQUE DE DÉTAIL AUX MARCHÉS FINANCIERS QUELS IMPACTS POUR LES ACTEURS DU SECTEUR FINANCIER EN EUROPE ET EN FRANCE? Inscription sur 8h30 9h00 12h00 Accueil des participants et petit-déjeuner Introduction de la séance Valérie HAUSER, Directeur Associée, Audisoft Oxéa, Cabinet Solucom Panorama de la nouvelle directive MiFID & ses enjeux au niveau européen Malo CARTON, Adjoint au Chef du bureau Epargne et Marché financier, Direction générale du Trésor Protection de la clientèle : Quelles interactions entre MiFID II, Prip s et IMD2? Olivier FLICHE, Directeur du contrôle des pratiques commerciales, ACPR Banque de détail : quels sont les impacts potentiels en termes de distribution et de business modèles? Nicolas HENAULT, Conformité et sécurité Groupe, Responsable filière RCSI, BPCE Bertrand BREHIER, Responsable adjoint du département Réglementation bancaire et financière, Société Générale Entre pression concurrentielle et exigences accrues en matière de transparence, quels impacts pour les acteurs des marchés financiers? Stéphane GIORDANO, Président, AMAFI Jean-Pierre PINATTON, président du Conseil de surveillance, Oddo & Cie Jean-Marc GUITEAU, responsable de la conformité, du contrôle permanent et du risque opérationnel, BNP Paribas Securities Services Clôture de la séance Lieu Auditorium de la FBF 18, rue La fayette 75009 Paris Tarifs Tarif : 480 euros TTC (400 euros HT) Contact Magali Marchal Tél.: 01 48 00 54 04 marchal@ Pour plus d infos : En partenariat avec
Panorama FinTech : les clés de la réussite JULIEN MALDONATO Directeur Conseil Industrie Financière Deloitte S'il n est pas encore certain que les FinTech vont véritablement ébranler les banques traditionnelles, cette révolution est à leur portée. Quelques exemples d initiatives «disruptives» à travers le monde. Ces dix-huit derniers mois, les institutions financières ont traversé toutes les phases d un changement de posture face à l innovation : le déni, la peur, la remise en question, l acceptation, jusqu à se demander comment travailler avec elle, voire même comment en tirer profit. Pour quelles raisons en sontelles arrivées là si rapidement? Si pendant des décennies les institutions financières ont employé les mêmes business models, plutôt stables et rentables, elles se trouvent aujourd hui confrontées à des innovateurs qui cherchent à créer des «ruptures» dans ces modèles traditionnels. Crowdfunding, prêts P2P, assurances P2P, paiements sur mobile, bitcoin, roboconseillers il semble ne pas y avoir de limite à la diversité et aux valorisations exorbitantes de ces innovateurs de la finance que sont les FinTech. Certes, ce genre de remise en question n est pas inédit. Dans les années 1990 déjà, les banques directes avaient capté l attention des médias et des investisseurs d'une manière assez similaire, mais elles n avaient eu au final que peu d'impact sur le marché des services financiers. À ce jour, le secteur est resté remarquablement imperméable aux attaques des précédents innovateurs, en raison notamment de solides barrières à l entrée : taille, confiance et contraintes réglementaires. Cependant, gardons à l esprit un principe clé en matière d investissements : «les performances passées ne préjugent pas des performances futures» ; ainsi, les Fin- Tech pourraient apporter l innovation de rupture dans les services financiers, notamment grâce aux caractéristiques présentées ci-après. Offrir des produits et services très ciblés Les précédentes générations d innovateurs ont essayé de reproduire le modèle d une banque dans son ensemble, impliquant un modèle économique étiré entre prix bas et investissements technologiques élevés. Aujourd hui, les FinTech procèdent de manière plus ciblée, en se positionnant à l intersection entre les zones de forte frustration pour les clients et de rentabilité élevée pour les opérateurs. Ainsi, elles réalisent une forme d «écrémage» dans les produits et services les plus précieux des opérateurs historiques. Un excellent exemple est celui du trans- fert de fonds : les banques ont traditionnellement imposé des frais élevés pour les virements transfrontaliers et ont offert une expérience client plutôt pauvre, avec des transferts prenant jusqu'à trois jours pour arriver à leur destination. La société anglaise Transferwise réinvente ce processus en utilisant un réseau innovant de comptes bancaires et une interface web simple pour réaliser des transferts internationaux plus rapides, plus faciles et beaucoup moins chers. La société gère désormais plus de 500 millions de transferts chaque mois et étend ses activités en Europe et aux États-Unis. Automatiser et transformer en «commodités» des processus à forte marge Les FinTech s appuient sur des expertises technologiques élevées pour automatiser des processus actuellement manuels et fortement consommateurs en ressources chez les opérateurs historiques. Cela leur permet de démocratiser auprès de nouveaux ensembles de clients des services autrefois réservés à une élite. Les «robo-conseillers» comme Wealthfront, FutureAdvisor ou Nutmeg ont automatisé et proposé via un portail web un ensemble de services de gestion patrimoniale, incluant l'allocation d'actifs, des conseils en investissement et des stratégies d optimisation fiscale, même complexes. Bien que les clients doivent renoncer à l'attention d'un conseiller humain, ils reçoivent Banque & Stratégie n 339 septembre 2015 5
Nouveauté Une référence qui compte dans le corpus scientifique du Droit des paiements Pour la première fois, un ouvrage est consacré au droit nouveau de la monnaie électronique, issu de la directive européenne du 16 septembre 2009 (dite «DME 2»), transposée dans le Code monétaire et financier par une loi du 28 janvier 2013. Droit de la monnaie électronique qui participe plus largement de celui des services de paiement (créé par la «DSP») et du projet SEPA (Single Euro Payments Area). Après avoir traité de la notion de monnaie électronique et des règles juridiques, tant européennes que nationales, qui la gouvernent, l auteur analyse de manière originale et selon une approche résolument pratique et didactique les différents acteurs de la «chaîne économique» du paiement en monnaie électronique : émetteurs, distributeurs, consommateurs et accepteurs. Au sein d une réglementation complexe, une place de choix est faite à la pratique contractuelle, nourrie par la richesse des utilités de la monnaie électronique. Est ainsi révélée la diversité des contrats de la monnaie électronique, contrats de services de paiement mais aussi contrats commerciaux. Le champ du lectorat s étend des banques aux autres prestataires de services de paiement. L ouvrage intéresse également tous les acteurs de l économie numérique, les praticiens, les universitaires et les étudiants, les institutionnels et les organisations professionnelles. DROIT DE LA MONNAIE ÉLECTRONIQUE Pierre Storrer Préface de Myriam Roussille Professeur de Droit à l Université du Mans Membre du laboratoire IRJS Sorbonne Affaires et Finance Avant-propos de Jean-Jacques Daigre Professeur émérite de l École de Droit de la Sorbonne Directeur éditorial de Banque & Droit 32 euros Pierre STORRER est avocat au Barreau de Paris où il pratique le droit des moyens et services de paiement. Il tient une chronique mensuelle consacrée à ce sujet dans la Revue Banque. Commandes, informations, catalogue : contact : librairie@
ISSN 0762-4077 Mensuel - 70 euros Banque & Stratégie ABONNEMENTS 2015 Je choisis l abonnement à BANQUE & STRATÉGIE coché ci-dessous : DÉCOUVERTE 1 MOIS: 1 n o + accès online France (TTC) Étranger Quantité Total Nouveaux abonnés (offre réservée non renouvelable) 70,00 75,00...... 1 AN : 11 n os + accès online France (TTC) Étranger Quantité Total Tous abonnés 655,00 685,00...... COUPLAGE REVUE BANQUE + BANQUE & STRATÉGIE 1 AN : 23 n os + 2 suppléments + accès online France (TTC) Étranger Quantité Total Offre réservée aux non abonnés 790,00 830,00...... LA BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE (1) France (TTC) Quantité Total Abonnement annuel 1 compte 185,00... Abonnement annuel 5 comptes (2) 700,00...... TOTAL (TVA : 2,10 % incluse sur le tarif France) (1) Réservé aux abonnés à une des revues du groupe. (2) Au-delà de 5 comptes, nous consulter (bibliotheque@). Société... Nom... Prénom... n 327 Juillet-août 2014 BANQUE STRATÉGIE cahier de prospective bancaire & financière 3 DOSSIER Union bancaire La résolution, et après? À l heure où l Union européenne est en panne de projet, le club plus restreint de la zone euro a donné naissance à l Union bancaire. Cette construction reste à finaliser (mécanisme de résolution imparfait, fonds de garantie des dépôts manquant ), mais elle pourrait bien propager son élan fédéral à d autres domaines économiques et à l Union européenne dans son ensemble. 4 Sommaire VEILLE STRATÉGIQUE 21 Banque centrale Taux négatif et autres mesures d assouplissement monétaire de la BCE : quelles sont les implications potentielles? Éric Dor, IESEG School of Management 28 Établissement de paiement et de monnaie électronique Le nouveau visage du marché des paiements Bruno Joanides et Tatiana Rozoum, Syrtals BANQUE & STRATÉGIE Le complément stratégique et prospectif de Revue Banque 70,00 le numéro Fonction... Service... Adresse... Code postal/ville...pays... Code TVA (pour les pays de la CEE)... Téléphone...Télécopie... E-mail (indispensable)... En application de la loi du 6 janvier 1978, les informations ci-dessus sont indispensables au traitement de votre commande et sont communiquées aux destinataires aptes à les traiter. Elles peuvent donner lieu à l exercice du droit d accès et de rectification auprès de Revue Banque. Vous pouvez vous opposer à ce que vos nom et adresse soient cédés ultérieurement en le demandant par écrit au secrétariat général de Revue Banque. À retourner au SERVICE ABONNEMENTS REVUE BANQUE 18 rue La Fayette 75009 Paris Tél. : 33(0)1 48 00 54 26 Fax : 33(0)1 48 00 54 25 E-mail : service.abonnement@ Règlement à l ordre de La Revue Banque par chèque par carte bancaire* n Date limite de validité : _ / _ Notez les 3 derniers chiffres du cryptogramme visuel (au verso de votre carte) : _ * Sauf American Express et Diner s Club. Le règlement sur l étranger est à joindre impérativement à la commande et doit être effectué en euros, par chèque payable en France, net de frais. Pour les virements bancaires et CCP, nous consulter. DATE et SIGNATURE BS15 Vos abonnements se poursuivent on line sur Feuilletage, accès illimité aux archives de Banque & Stratégie