Olivier GARNIER. Conférence de l Observatoire de l Epargne Européenne 19 janvier 2010



Documents pareils
Epargner à long terme et maîtriser les risques financiers

Les actions : la nouvelle «valeur sûre» des portefeuilles?

Pourquoi et comment investir dans les unités de compte?

Placements sur longue période à fin 2011

Régimes publics de retraite État de la situation. Perspectives des différents régimes publics de retraite. Plan

Perspectives économiques

Le RMB chinois comme monnaie de mesure internationale : causes, conditions

GENERALI INVESTMENTS EUROPE GF FIDELITE FR juin 2015

Action quote-part d'une valeur patrimoniale; participation au capital-actions d'une société.

DORVAL FLEXIBLE MONDE

Comprendre les produits structurés

COMPOSITION DE L ALLOCATION COMPOSITION & RÉPARTITION

L Épargne des chinois

La situation en matière de pension privées et de fonds de pension dans les pays de l OCDE

OBSERVATOIRE DE L EPARGNE EUROPEENNE

Exercice du cours Gestion Financière à Court Terme : «Analyse d un reverse convertible»

CAMPAGNE ANNUELLE DES EPARGNES ACQUISES

Investir. Notre indépendance vous garantit un choix objectif

Le point sur les marchés des pensions. des pays de l OCDE OCDE

Membre du Groupe AG2R LA MONDIALE

Mardi 23 octobre Séminaire. Schumann-bourse

Les chiffres essentiels des retraites Mis en ligne en mars 2011

Introduction des. comptes d épargne libre d impôt

L économie ouverte. Un modèle de petite économie ouverte. V2.0 Adaptépar JFB des notes de Germain Belzile. Quelques définitions

Questionnaire Identificateur de Profil d investisseuse ou D investisseur. vie Universelle. L'Équitable, compagnie d'assurance vie du Canada

PARTIE A STATUTAIRE PRESENTATION SUCCINCTE : INFORMATIONS CONCERNANT LES PLACEMENTS ET LA GESTION : OPCVM conforme aux normes européennes

Chapitre X : Monnaie et financement de l'économie

Investir à long terme

Des dividendes élevés, synonymes d une forte croissance des bénéfices futurs

PROSPECTUS SIMPLIFIE

Fonds Assurance Retraite du contrat BNP Paribas Avenir Retraite Données au 31 décembre Communication à caractère publicitaire

Le prix des logements sur le long terme

EPARGNE, INVESTISSEMENT, SYSTEME FINANCIER

RAPPORT TECHNIQUE CCE

Stratégie de vente d options d achat couvertes

Le produit diversifié comme nouvelle solution d Epargne

Table des matières. Le long terme Partie II. Introduction Liste des figures... Liste des tableaux...

Le taux d'actualisation en assurance

10. L épargne, l investissement et le système financier

Le développement de l épargne longue

Exchange Traded Funds (ETF) Mécanismes et principales utilisations. 12 Mai 2011

CONSOLIDER LES DETTES PUBLIQUES ET RÉGÉNÉRER LA CROISSANCE. Michel Aglietta Université Paris Nanterre et Cepii

Une approche rationnelle Investir dans un monde où la psychologie affecte les décisions financières

Présentation Macro-économique. Mai 2013

Rapport S 1.5 «Taux d'intérêt en EUR»

BASE DE DONNEES - MONDE

La monnaie, les banques et les taux d intérêt

Éligible PEA. La recherche de la performance passe par une approche différente

Enjeux - Gestion de patrimoine CFA-Québec 4 février Denis Preston, CPA, CGA, FRM, Pl. fin.

AFIM MELANION DIVIDENDES RAPPORT ANNUEL. Exercice clos le 31 décembre 2014

LES SIIC. Pierre Schoeffler Président S&Partners Senior Advisor IEIF. Étude réalisée par. Les SIIC et la retraite 1

Secure Advantage Revenus Garantis

Boussole. Divergence des indicateurs avancés. Actions - bon marché ou trop chères? Marchés boursiers - tout dépend du point de vue!

couverture du risque de change sur les obligations étrangères

Vous ne voulez faire confiance à personne, la doctrine d investissement de Marie Quantier vous assure performance et tranquillité

Intérêts. Administration Économique et Sociale. Mathématiques XA100M

75 ANS D HISTOIRE EN CHIFFRES :

RÉSUMÉ. Le siège social de Credit Suisse AG est situé à Paradeplatz 8, CH-8001, Zurich, Suisse.

FCPE AG2R LA MONDIALE ES CARMIGNAC INVESTISSEMENT. Notice d Information

Note TDTE N 44 bis. Didier Folus, Profession de gestion à l Université Paris-Ouest Nanterre la Défense et chercheur associé à la Chaire TDTE

COMPTE DU RÉGIME DE PENSION DE LA GENDARMERIE ROYALE DU CANADA. Comptables agréés Toronto (Ontario) Le 29 avril 2005

Best Styles ou comment capturer au mieux les primes de risque sur les marchés d actions

Fintro Green Invest. Émetteur : BNP Paribas Fortis Funding, filiale de Fortis Banque SA Garant : Fortis Banque SA (A1/AA/AA-)

QUELLE DOIT ÊTRE L AMPLEUR DE LA CONSOLIDATION BUDGÉTAIRE POUR RAMENER LA DETTE À UN NIVEAU PRUDENT?

Les perspectives mondiales, les déséquilibres internationaux et le Canada : un point de vue du FMI

Info Finance. et Prévoyance. En 2013 aussi, les clients profitent d une rémunération globale attractive!

REER/CRI et CELI collectifs des employés de Loto-Québec et ses autres filiales

Note TDTE N 44. Philippe Foulquier, Directeur du pôle «Analyse Financière et Comptabilité» de l EDHEC.

Arbitrage de titres convertibles

Investir dans la volatilité :

NOTICE D INFORMATION du Fonds Commun de Placement d Entreprise

Table des matières. l a r c i e r

Épargne et investissement. L épargne...

LA GESTION DU RISQUE DE CHANGE. Finance internationale, 9 ème édition Y. Simon et D. Lautier

L activité financière des sociétes d assurances

Épargne et investissement. L épargne...

Nouvelle Classification Europerformance. Règles de mapping - Ancien schéma versus nouveau schéma

L épreuve se compose de quatre exercices indépendants.

mai COMMENTAIRE DE MARCHÉ

Les opérations et autres flux

Avis fiscal important à l intention des investisseurs américains

EXCEL: Les fonctions financières

QUEL EST L INTÉRÊT D INVESTIR EN BOURSE?

afférent au projet de décret relatif aux obligations indexées sur le niveau général des prix

Nature et risques des instruments financiers

Du résultat social au résultat consolidé Novembre 2011

DISCOUNTED CASH-FLOW

SECTION 1 - REGIME D'ASSURANCE MALADIE DES PERSONNES RETRAITÉES

Ressources pour le lycée général et technologique

Les questions relatives aux finances publiques, longtemps réservées aux spécialistes, sont

Koris International. Historique

«Le pilotage en période de taux bas»!!! Patrick ARTUS! Directeur de la Recherche et des Etudes de Natixis!

Le système de retraite québécois : constats et grands enjeux

Pour fins d'illustration seulement. Rapport préparé pour M. Albert Client et Mme Louise Client

CONTRAT D ASSURANCE VIE ASSURANCE

Les perspectives économiques

Éléments de calcul actuariel

TURBOS WARRANTS CERTIFICATS. Les Turbos Produits à effet de levier avec barrière désactivante. Produits non garantis en capital.

Papiers et factures Combien de temps faut-il les conserver?

Transcription:

Olivier GARNIER Conférence de l Observatoire de l Epargne Européenne 19 janvier 2010

20.0% Etats-Unis: rentabilités réelles annuelles moyennes en 2008 selon l'année d'investissement 15.0% 10.0% 5.0% 0.0% -5.0% -10.0% -15.0% Actions -20.0% -25.0% Obligations (10 ans) -30.0% -35.0% -40.0% 1948 1949 1950 1951 1952 1953 1954 1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 1

Le discours traditionnel à propos des actions sur le long terme : «Sur le long terme, les actions sont non seulement plus rentables mais aussi moins risquées». «L investisseur à long terme doit rester toujours investi au maximum en actions ( buy and hold )». Notre point de vue : La crise remet en cause non pas l intérêt des actions comme véhicule d investissement à long terme mais certaines idées fausses sous-jacentes au discours cidessus. 2

Ne pas négliger les risques extrêmes (faible probabilité, mais fort impact) Risque de perte vs. Montant de la perte maximale Ne pas confondre risque absolu et risque relatif 3

Etats-Unis : 1872-2008* Fréquence des pertes ou des sous-performances selon la durée d'investissement (en % du nombre total de sous-périodes de la durée considérée) 1 an 5 ans 10 ans 15 ans 20 ans Rentabilité réelle négative sur les actions 31% 20% 10% 5% 0% Rentabilité réelle négative sur les obligations 34% 28% 28% 28% 30% Rentabilité réelle négative sur le monétaire 25% 26% 26% 20% 18% Sous-performance des actions vs. obligations 38% 29% 16% 7% 1% Sous-performance des actions vs. monétaire 34% 32% 20% 11% 0% 4

Plus longue période de rentabilité réelle cumulée négative des actions (entre 1900 et 2008) Etats-Unis Royaume-Uni Allemagne France Italie Japon Monde Monde hors E-U Période 1905-20 1900-21 1900-54 1900-52 1906-78 1900-50 1901-20 1928-50 Durée (en années) 16 22 55 53 73 51 20 23 Source: Dimson & alii (2008) France (1854-2008) : fréquence de surperformance des actions Durée de Détention 1 an 52% 2 ans 53% 5 ans 58% 10 ans 72% 20 ans 79% 30 ans 92% 50 ans 96% Actions battent les emprunts d'etat Source: Le Bris (2009) 5

Etats-Unis : 1872-2008 Volatilités ajustées des rentabilités réelles selon la durée d'investissement* 1 an 5 ans 10 ans 15 ans 20 ans Actions 19% 17% 15% 15% 13% Obligations 8% 10% 11% 12% 11% Monétaire 5% 7% 9% 9% 9% * L'ajustement est obtenu en multipliant la volatilité annualisée par la racine carrée du nombre d'années 6

30% Actions françaises (1854-2008): volatilités ajustées selon la durée d investissement ) s le e ré 25% s le ta to s ilité b ta n re 20% s e d e p r tṯy a c (é e15% u q is R Emp run ts d'etat Actions 10% 1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 37 39 41 43 45 47 49 Durée de détention en années Source : Le Bris (2009) 7

Rentabilités réelles annuelles moyennes, 1900-2008* (en %) 1900-2008 1900-1950 1950-2008 1950-1980 1980-2008 France Actions 3.2% -0.6% 6.4% 5.2% 7.7% Obligations -0.2% -5.8% 4.7% 2.0% 7.6% Monétaire -2.9% -6.2% 0.0% -2.3% 2.5% Etats-Unis Japon Actions 6.0% 5.3% 6.6% 6.7% 6.5% Obligations 2.0% 1.7% 2.3% -1.7% 6.6% Monétaire 0.9% 0.9% 0.9% 0.0% 1.8% Actions 3.7% -0.1% 7.1% 12.5% 1.7% Obligations -1.2% -6.2% 3.2% 0.7% 5.8% Monétaire -2.0% -5.2% 0.8% 0.0% 1.6% Source : Dimson-Marsh-Staunton-Elgeti (2008) pour 1900-2007, SGAM pour 2008. 8

Etats-Unis: Indices de rentabilité des actions (hors inflation) 1000 Echelle logarithmique, base 1 fin 1899 Rentabilité réelle totale yc dividendes 100 Prix réel 10 1965-1993 1929-1986 1 1905-1983 0 1900 1905 1910 1915 1920 1925 1930 1935 1940 1945 1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 9

1000 Prix réel des actions Etats-Unis: Indices d'évolution, hors inflation (base 1 fin 1899, échelle logarithmique) Dividende réel par action 100 PIB réel PIB réel par habitant Rentabilité réelle des actions yc dividendes 10 1 0 1900 1905 1910 1915 1920 1925 1930 1935 1940 1945 1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 10

La diminution du risque relatif à long terme des actions résulte de forces de rappel ou de répulsion Retour vers la moyenne (actions) et/ou éloignement de la moyenne (obligations) Les perspectives de rendement et les primes de risque sont variables, avec des cycles longs et «prévisibles» L allocation «stratégique» d actifs ne doit donc pas être figée Alternance de périodes de fortes ou faibles expositions aux actions 11

S&P composite : P.E.R corrigé du cycle 45,0 Prix des actions (ajustés de l'inflation) / Moyenne mobile sur 10 ans des bénéfices (ajustés de l'inflation) 40,0 35,0 30,0 25,0 20,0 15,0 10,0 5,0 0,0 Moyenne = 16.3 Mars 2009: 13 Source: Robert J. Shiller et nos calculs 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1916 1921 1926 1931 1936 1941 1946 1951 1956 1961 1966 1971 1976 1981 1986 1991 1996 2001 2006 dec-09 12

Indice S&P: bénéfices/cours et rentabilité réelle future (15 ans) 20% 20% 15% 15% 10% 10% 5% 5% 0% Moyenne mobile sur 10 ans des bénéfices/cours Rentabilité réelle au cours des 15 années suivantes (Ech. D.) 0% -5% 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1916 1921 1926 1931 1936 1941 1946 1951 1956 1961 1966 1971 1976 1981 1986 1991 1996 2001 2006 13

12.0% Etats-Unis : Obligations du Trésor (10 ans) Rentabilité réelle future (15 ans) en fonction du taux d'intérêt nominal initial (1871-1993) 10.0% 8.0% 6.0% 4.0% 2.0% 0.0% -2.0% -4.0% -6.0% 0.0% 2.0% 4.0% 6.0% 8.0% 10.0% 12.0% 14.0% 16.0% 14

De l utilité des mécanismes de mutualisation des risques entre générations: Complémentarité entre régimes de retraite par répartition et épargne-retraite à cotisations définies Fonds de pension «hybrides» (DC/DB) Epargne collective avec constitution de réserves De l utilité d une allocation d actifs «dynamique» Tenir compte des cycles longs de valorisation des actions et des obligations Tenir compte aussi de l horizon d investissement résiduel L approche en termes d allocation stratégique/tactique n est pas la plus pertinente pour un investisseur à long terme 15