Un dépistage précoce. est-il possible ou envisageable. pour le cancer primitif du poumon?



Documents pareils
Cancer bronchique primitif: données épidémiologiques récentes

Actualités s cancérologiques : pneumologie

Pierre OLIVIER - Médecine Nucléaire

Les différents types de cancers et leurs stades. Dr Richard V Oncologie MédicaleM RHMS Baudour et Erasme La Hulpe 1/12/07

Coordinateur scientifique: Prof. Univ. Dr. Emil PLEŞEA. Doctorant: Camelia MICU (DEMETRIAN)

ALK et cancers broncho-pulmonaires. Laurence Bigay-Gamé Unité d oncologie thoracique Hôpital Larrey, Toulouse

LES CIGARETTES LÉGÈRES SONT-ELLES MOINS NOCIVES?

Les soins infirmiers en oncologie : une carrière faite pour vous! Nom de la Présentatrice et section de l'acio

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

Métastase unique d un NPC: Une question singulière? Jean Louis Pujol - Xavier Quantin Mohammad Chakra Fabrice Barlési

L'œsophage L'œsophage est un tube musculaire qui traverse de la bouche à l'estomac. Causes

Programme «maladie» - Partie II «Objectifs / Résultats» Objectif n 2 : développer la prévention

Statistiques Canadiennes sur le Cancer, et HMR sur le poumon

Le dépistage du cancer de la prostate. une décision qui VOUS appartient!

ARTICLE IN PRESS. G. Cadelis a,, S. Kaddah a, B. Bhakkan b, M. Quellery b, J. Deloumeaux b ARTICLE ORIGINAL

PLACE DE L IRM DANS LE BILAN D EXTENSION DU CANCER DU RECTUM. Professeur Paul LEGMANN Radiologie A - Cochin Paris

Patho Med Cours 5. Maladie Pulmonaires Obstructives BPCO Asthme

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

Quel apport de l imagerie dans les traitements anti-angiogéniques?

INFORMATION & PRÉVENTION. Les dangers de l amiante

La nouvelle classification TNM en pratique

Étude des nouveaux cas de maladies professionnelles pulmonaires reliées à l exposition à l amiante au Québec :

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 4 novembre 2009

Recommandations Prise en charge des patients adultes atteints d un mélanome cutané MO

Qu est-ce qu un sarcome?

Épidémiologie des maladies interstitielles diffuses

Suivi post-professionnel après exposition à l amiante

INTERFERON Traitement adjuvant du mélanome à haut risque de récidive. Dr Ingrid KUPFER-BESSAGUET Dermatologue CH de quimper


GUIDE PATIENT - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. La prise en charge du cancer du rein

INFORMATION & PRÉVENTION. Le cancer de la vessie

Compte-rendu d examen anatomo-pathologique - hépatite chronique

Radiologie Interven/onnelle sur les nodules pulmonaires. J. Palussière, X. Buy Département imagerie

ENQUÊTE AUPRÈS DES UTILISATEURS DU SITE : «STOP-TABAC.CH» Anne-Françoise WORRETH / Année / Faculté de médecine Lyon 1

UE2 CANCEROLOGIE Place de la Médecine Nucléaire

Dr Bertrand Michy Département de Pneumologie CHU de Nancy 25 octobre 2013

Traitements néoadjuvants des cancers du rectum. Pr. G. Portier CHU Purpan - Toulouse

Cancer du sein. Du CA15-3 à la tomographie à émission de positons.

SITES DE LUTTE CONTRE LE TABAGISME

Docteur José LABARERE

Maladie de Hodgkin ou lymphome de Hodgkin

Cas clinique 2. Florence JOLY, Caen François IBORRA, Montpellier

CHIMIOTHERAPIE DES CANCERS DU POUMON DES SUJETS AGES

Transgene accorde une option de licence exclusive pour le développement et la commercialisation de son produit d immunothérapie TG4010

Quels sont les facteurs qui font augmenter les risques de cancer du rein?

Les grands syndromes. Endoscopie trachéo-bronchique. Professeur D. ANTHOINE CHU de NANCY

CANCERS ET RAYONNEMENTS IONISANTS Fortes doses: seconds cancers après radiothérapie

Dépistage du cancer colorectal :

Le dépistage des cancers

Le cancer dans le canton de Fribourg

Recommandations pour le troisième Plan Cancer

Découvrez L INSTITUT UNIVERSITAIRE DU CANCER DE TOULOUSE

Document d information dans le cadre de l installation d un cyclotron. à Saint-Louis

Le donneur en vue d une transplantation pulmonaire

Pemetrexed, pionnier de la chimiothérapie histoguidée. Dr Olivier CASTELNAU Institut Arnault TZANCK ST Laurent du Var

Sujets présentés par le Professeur Olivier CUSSENOT

INFORMATION À DESTINATION DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ LE DON DU VIVANT

COMPLICATIONS THROMBOTIQUES DES SYNDROMES MYÉLOPROLIFÉRATIFS: ÉVALUATION ET GESTION DU RISQUE

CORRELATION RADIO-ANATOMIQUE DANS LE CARCINOME HEPATOCELLULAIRE TRAITE PAR TRANSPLANTATION HEPATIQUE : IMPACT SUR LA RECIDIVE

Votre guide des définitions des maladies graves de l Assurance maladies graves express

Factsheet Maladies professionnelles causées par l amiante

L axe 5 du Cancéropole Nord Ouest

Assurance maladie grave

F-FLUORODÉOXYGLUCOSE EN ONCOLOGIE Expérience en Ile de France

LA QUESTION DE LA PRISE DE POIDS CHEZ LE FUMEUR EN SEVRAGE TABAGIQUE

UNIVERSITÉ DE GENÈVE Antenne santé 4, rue De-Candolle Arrêter, c est possible!

Projet «Pharmacie vivre sans tabac»

METHODOLOGIE POUR ACCROITRE LE POOL DE DONNEURS PULMONAIRES

Cancer broncho-pulmonaire du sujet âgé. Mathilde Gisselbrecht Capacité de gériatrie- Février 2009

TUMEURS DU BAS APPAREIL URINAIRE

Développement d'une nouvelle interface utilisateur multi-modalité en scanner interventionnel

Programme d actions en faveur de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) «Connaître, prévenir et mieux prendre en charge la BPCO»

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la scintigraphie osseuse et le TEP-SCAN

Vous voulez. vous libérer. du tabac? Parlez-en avec un membre de notre équipe dentaire.

VOLUMES-CIBLES Cancer Bronchique Non-à-Petites Cellules

NAVELBINE voie orale

Validation clinique des marqueurs prédictifs le point de vue du méthodologiste. Michel Cucherat UMR CNRS Lyon

IRM du Cancer du Rectum

Evaluation de critères res de substitution de la survie globale dans les cancers bronchiques localement avancés

Pourtant, la preuve est faite, de manière scientifique, que le tabagisme passif comporte des risques réels pour la santé.

Cancers de l hypopharynx

Leucémies de l enfant et de l adolescent

Les tumeurs bénignes ne sont pas cancéreuses. Elles ne se propagent pas à d autres parties du corps.

iuropaisches Patentamt iuropean Patent Office )ffice européen des brevets y Numéro de publication: J 4Z/ bjj Al S) DEMANDE DE BREVET EUROPEEN

Qu est-ce que le cancer du sein?

Lymphome non hodgkinien

Un test Pap pourrait vous sauver la vie

N o de contrat : Je demande par la présente une révision de la surprime concernant le numéro de contrat susmentionné. Signé à ce jour de 20

Ligue Algérienne pour la Défense des droits de l Homme الرابطة الجزائرية للدفاع عن حقوق السنسان. Le calvaire sans fin des malades du cancer

DON DE SANG. Label Don de Soi

DOSSIER DE PRÉSENTATION

Synergie MD. Pour que la vie suive son cours

GROUPE CLINIQUE DU MAIL

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Définitions. MALADIES GRAVES Protection de base Protection de luxe. PROTECTION MULTIPLE pour enfant

Ce n de «La Revue de Respir» est publié en partenariat avec HOLYVAC

F JABNOUN, H BERMENT, R KHAYAT, M MOHALLEM, Y BARUKH, P CHEREL Institut Curie Hôpital René Huguenin, Saint Cloud JFR 2010

Trajectoire de la clientèle MPOC Trois-Rivières métro. Dr François Corbeil Pneumologue CSSSTR-CHAUR-CHR

G U I D E - A F F E C T I O N D E L O N G U E D U R É E. La prise en charge de votre mélanome cutané

Transcription:

Un dépistage précoce est-il possible ou envisageable pour le cancer primitif du poumon?

Cancer primitif du poumon une fréquence majeure 40 000 nouveaux cas / an en France 2e cancer chez l'homme (après le kc prostate) en 2010 : 52 cas /100 000 habitants relative stabilité depuis 10 ans 4ème cancer chez la femme (après sein, colon, thyroïde) Forte progression ces dernières années En 2000 : 9 cas / 100 000 habitants En 2010 : 18 cas / 100 000 habitants Le cancer du poumon chez la femme est de tous les cancers, celui dont la fréquence augmente le plus depuis 10 ans 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 2

Cancer primitif du poumon une gravité extrême Survie globale à 10 ans (en 2012) 10% chez l'homme / 17% chez la femme 1ère cause de décès par cancer chez l'homme 2ème cause de décès par cancer chez la femme (après le sein mais devant le colon) Projection pour 2020 1ère cause de décès par cancer chez la femme (devant les kc du colon et du sein) 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 3

Épidémiologie Kc poumon Sexe féminin = + de 25% des cas Age moyen = 63 ans chez la femme 65 ans chez l'homme Tabagisme = 95% des hommes 75% des femmes Parmi les fumeurs, 45% des patients ont arrêté de fumer depuis 10 ans ou plus 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 4

Cancer du poumon en 2010 Histologie Forte augmentation du type adénome-carcinome depuis 20 ans 2000 : 28% chez et 45% chez la 2010 : 48% et 64% (Etude KBP 2010 sur 7610 patients / 120 CHG) Autres histologies : Epidermoïde (30% chez et 15% chez ) Indifférencié (10% chez et 15% chez ) Petites cellules (13% chez et la ) 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 5

Pronostic en fonction du stade Stades I (A et B), II (A) = 14% des cas Stades II B, III (A et B) = 28% des cas Stades IV (métastatiques) = 58% des cas Survie globale à 5 ans : Stade I A et I B opérés = 80% survie Stade IV = 5% à 8% survie 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 6

Le cancer broncho-pulmonaire primitif = candidat «idéal» pour un dépistage précoce Fréquence, gravité Connaissance des sujets à «haut risque» (tabagisme > 30 paquets/année, amiante,...) Pronostic favorable des cancers stade I opérés (> 65% de guérison complète) POURTANT, RIEN N'EST FAIT POUR LE DEPISTAGE EN 2015!!! 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 7

Dépistage par radiographie pulmonaire Très nombreuses études depuis 30 ans Etudes de cohortes (simples et cas-témoins) Etudes randomisées (Mayo Lung Project 1984) Résultats «Paradoxaux» Critiques : meilleur dépistage de Kc stade précoce meilleur pronostic des Kc détectés mais amélioration de la survie globale non démontrée dans plusieurs études portant sur de grandes séries Beaucoup de «faux négatifs» Zones non explorées par la radio? Tumeurs de moins de 1,2 cm peu visibles 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 8

Dépistage par scanner doses faibles Premières études «ouvertes»initiales (Cohorte étude ELCAP : 1999) => découverte de nombreux nodules (surtout «micro nodules» = 25% à 40%) => surveillance d'évolutivité (6 mois, 1an) Mais Découverte de cancers à un stade précoce absence de spécificité du scanner (nombreux nodules = bénins) 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 9

Définition de la «stratégie» de surveillance des micro-nodules pulmonaires (Année 2001-2015) < 4 mm = pas de surveillance 4 à 6 mm = scanner à 6 ou 12 mois 6 à 8 mm = scanner entre 3 et 6 mois (puis à répéter ensuite si doute) > 8 mm = TEP Scanner + Ponction -biopsie ou nouveau scanner à 3 mois 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 10

Etude NLST (National Lung Screeming Trial) N. ENGL J. MED ( 2011) 53 000 patients! 55 à 74 ans fumeurs ou anciens fumeurs (30 PA) (Arrêt de consommation < 15 ans) Comparaison de 2 groupes (randomisés) : Radio-pulm. simple (26 722) Scanner faiblement dosé (26732) Puis 1 scanner / an 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 11

Etude NLST (National Lung Screeming Trial) suite Dépistage = «positif» si nodule > 4 mm Si scanner «positif» : = en fait 25% des cas! Nodule de 4 à 6 mm = surveillance rapprochée Nodule de 6 à 8 mm = idem (+ ponction?) Nodule > à 8mm = biopsie / exérèse Résultat Global : Cancer = 1,6 % (90 / 6780 ) => Chirurgie (ou thoracoscopie exérèse ) 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 12

Etude NLST (National Lung Screeming Trial ) suite Résultats du dépistage considérés «positifs» car : Réduction de mortalité de 20% du Kc pulm dans le groupe scanner / groupe radio-pulm Réduction de 6,7% de la mortalité globale Recommandations des Sociétés Savantes Américaines (ACCP, ASCO, AATS,...) Autres études similaires en cours (Europe) 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 13

Propositions Françaises récentes pour le dépistage du cancer pulmonaire (IFCT, GOLF) = dépistage à l'échelon individuel Sur proposition du médecin traitant ou à la demande du patient à conditions de respecter certaines conditions 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 14

Population «éligible» pour le dépistage Age : 55 à 75 ans Tabagisme supérieur à 30 paquets/ année Soit fumeur «actif» soit «sevré» depuis < 15 ans Pas de contre-indication à la chirurgie thoracique Inscription volontaire dans la démarche Accepter la démarche d'aide au sevrage tabagique => fiche d'information délivrée 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 15

Donc, dépistage du cancer pulmonaire possible Si le fumeur (ou ex-fumeur) le veut Si le médecin traitant s'y investit Si les finances de la sécu / mutuelles le permettent Autre intérêt : Sensibilisation de tous aux méfaits du TABAC!! Prévention primaire = ARRET DU TABAC Rappel : en 2015 : 30% de la population fume!!! => Tabagisme = 1ère cause de mortalité précoce 15/10/15 Docteur Jacques Boyer 16