CIRCONSCRIPTION Castelnau-le-lez N 000 Affaire suivie par Patrick Biau Téléphone 04 67 52 48 62 Télécopie 04 67 72 91 46 courriel ce.0340865f @ac-montpellier.fr Direction des services départementaux de l éducation nationale de l Hérault Inspection Education Nationale 8, chemin des Chênes 34170 Castelnau-le-lez Texte adressé aux directeurs d écoles, aux enseignants et aux membres du RASED de la circonscription de Castelnau le Lez Circulaire de circonscription relative aux enseignements dans les classes et les écoles maternelles. Le texte suivant constitue un outil de référence pour notre circonscription. Il aborde à la fois les aspects pédagogiques et organisationnels en apportant des pistes de réflexion et en questionnant les pratiques, voire les habitudes. Il est fortement inspiré des nouvelles préconisations de l inspection générale afin de donner un nouvel élan à l école maternelle. Parce qu il doit prendre en compte le contexte de chaque école, le projet d école reste le document de référence des équipes enseignantes pour une déclinaison adaptée de ces recommandations. L approche des enseignements en école maternelle est à la fois globale mais aussi spécifique. La GS n est pas la seule classe importante. Il est nécessaire de refonder la progressivité des apprentissages de la PS vers la GS et non l inverse. La différenciation entre les sections (PS, MS, GS), la progressivité de l offre éducative et pédagogique doivent être un axe central de la pédagogie. Il faut aujourd hui être vigilant à ce que l école maternelle ne soit pas trop vite englobée dans une forme scolaire trop rigide. Les exigences, de fait, doivent être moins normées au risque de perdre le rôle de prévention. La forme scolaire de l école élémentaire est devenue parfois envahissante. Un certain nombre d enfants tire un profit immédiat de cette scolarisation et va très loin dans les apprentissages. Cela ne saurait être une norme pour tous. Si nous n y prenons pas garde certains enfants ayant des besoins spécifiques naturels seront déjà regardés comme des enfants en difficulté. L ambition poursuivie serait de passer peu à peu de l égalité des chances à l égalité des acquis. Plusieurs études et rapports d experts confirment le rôle déterminant de la maternelle dans le système éducatif français, mais pointent aussi que son efficacité pourrait être remise en cause par une «naturalisation» de ses pratiques en ce qui concerne son fonctionnement ou une primarisation de ses contenus d enseignements.
Dans ce cadre : - les missions de l école maternelle s opèrent dans une approche progressive globale et cependant spécifique pour chaque section, - l école maternelle doit prendre en compte la diversité des enfants pour compenser les inégalités par une méthodologie de l apprentissage adapté, - l école maternelle doit interroger son organisation pédagogique, questionner l organisation des espaces et des temps éducatifs qui doivent répondre aux attentes institutionnelles et aux besoins des enfants. Vous êtes invités à consulter régulièrement le site dédié à l école maternelle sur http://www.ac-montpellier.fr/ia34/ ainsi que les nombreux accompagnements pédagogiques sur le site ministériel EDUSCOL. 1- Enseigner en école maternelle Le référentiel de compétences 1 des enseignants exerçants dans les classes maternelles met en évidence des gestes professionnels spécifiques. Il est utile de le relire afin de renforcer les compétences des maîtres dans les classes. Cette école doit avant tout conduire chaque enfant à «devenir élève». Il convient de respecter chaque enfant en n imposant pas prématurément une organisation et des activités qui traitent l enfant comme un élève qu il n est pas encore. 2 Tout engagement professionnel doit pouvoir répondre aux besoins des enfants : Pour les comprendre il faut les connaître. Besoins physiologiques : repos, isolement, propreté, nourriture, besoins en eau. Besoins psychomoteurs : regard sur les cours de récréation. Besoins de jeu : gratuité, rêverie, création. Besoins de découverte et de connaissances : l enfant veut grandir, veut apprendre. Besoin de parler 3 : l acquisition du langage est le premier objectif de l école maternelle et essentiellement pour ceux qui ne le maîtrisent pas. La place du vocabulaire en situation active doit aussi ne pas être oubliée : le «langage à l école maternelle» et «l enseignement du vocabulaire» sont des ressources mises en ligne sur le site EDUSCOL. L espace classe doit être pensé en fonction de l âge des enfants. Si la classe est un milieu d apprentissage, elle doit aussi rester un lieu de vie. Les coins jeux ne doivent pas constituer uniquement un élément de décor mais de réels espaces de découverte et d apprentissages. 1 Référentiel de compétences du PE en école maternelle BO n 32 du 3 septembre 2009, circulaire n 2009-098 du 17-8-2009 2 Rapport n 2011-108 octobre 2011 sur l école maternelle 3 DVD «apprendre à parler» MEN SCEREN 2
Les équipes sont invitées à penser à une réelle rénovation de l espace de vie et d activités afin que la classe constitue un milieu porteur d apprentissages, un point d appui pour une pédagogie qui favorise les initiatives des enfants. Les activités d apprentissage L école maternelle s appuie sur le besoin d agir du jeune enfant, sur le plaisir du jeu, sur la curiosité, multipliant les occasions pour lui de diversifier ses expériences et d enrichir sa compréhension. Elle lui permet de vivre des situations de jeu, de recherches, de productions libres ou guidées, d exercices riches et variés qui contribuent à la formation de sa personnalité et à son éveil culturel. 4 2 - Organisation et usage du temps des apprentissages Contrairement à l école élémentaire, l école maternelle n a pas d horaires affectés aux domaines d activités. Les emplois du temps : Concevoir un emploi du temps est un acte pédagogique essentiel pour organiser les apprentissages en fonction des programmes. Ces derniers nous indiquent les compétences à acquérir en fin de cycle. L organisation du temps doit être repensée car bien souvent elle ne présente qu une journée type ou un canevas répété quatre fois dans la semaine. Les domaines d activités demeurent peu mesurables. Dans une classe multi âge l organisation du temps est nécessairement différenciée par tranche d âge. L emploi du temps doit permettre aussi de repérer les modalités de travail (collectif, individuel, en petits groupes) et cibler les compétences travaillées dans chaque domaine d activité. Cet outil doit évoluer dans le temps sur l année scolaire et sur le cycle. Entrées et sorties des élèves : Les horaires sont identiques à ceux de l école élémentaire avec un accueil des élèves dix minutes avant le début de classe. Dans le cas des écoles maternelles, l âge des enfants impose une organisation rigoureuse des entrées et des sorties sous la responsabilité du directeur afin de garantir la sécurité des élèves. Lors de la sortie de l école qui ne peut être anticipée sur les horaires réglementaires, les enfants doivent être remis directement aux parents et aux personnes nommément désignées par eux et par écrit, présentés au directeur ou à l enseignant. Toute sortie dérogatoire pour répondre à une situation particulière doit être demandée par la famille par écrit. Accueil : Le temps d accueil du matin se déroule en classe. Ce moment de transition entre la famille et l école est organisé pour permettre à l enfant et ses parents de comprendre le fonctionnement de l école. 4 Les nouveaux programmes de l école primaire, M.E.N., mai 2008 3
Il évolue dans sa durée et dans ses contenus de la PS à la GS. Cette programmation fait l objet d une concertation d équipe de cycle. Il doit permettre d aller au-delà du vivre ensemble et du devenir élève afin de montrer aux familles des activités spécifiques à visée d apprentissage. Les accueils en salle de jeu ou dans la cour ne sont pas pertinents. Les rituels : Les rituels ne sauraient se répéter à l identique de la PS à la GS. Ils évoluent dans le courant de l année et au sein du cycle. Bien calibrées dans l emploi du temps, ces activités rituelles se doivent de développer des compétences identifiées et faire l objet d un travail de cycle et d une programmation. Il est important de pouvoir faire la relation entre activité et apprentissage. Les récréations : Temps donné de manière indicative dans l arrêté du 25 janvier 2002, article 4 : «Le temps des récréations est compris entre 15 et 30 minutes par demi-journée», il est à comprendre passage aux toilettes et habillage compris. La récréation est, elle aussi, à repenser dans l organisation du temps scolaire en lien avec l âge des enfants. Ce temps doit se situer entre deux temps d activités et ne peut être placé en fin de matinée ou d après midi. Les récréations placées immédiatement après la sieste ne présentent aucun intérêt pour des enfants (sauf à ce qu elles deviennent un temps de travail en extérieur). La sieste : Le besoin de repos est variable d un enfant à un autre mais aussi évolutif au cours d une année scolaire et ce quel que soit l âge des enfants. Il convient donc d éviter de proposer des siestes systématiques pour tous, surtout si elles ont la même durée pour toute la classe et toute l année. Les plus jeunes ne peuvent supporter la charge d une journée scolaire de six heures, les besoins de repos sont à respecter. Les conditions matérielles de ces moments de repos doivent faire l objet d une attention particulière pour en garantir la qualité. La section des grands doit commencer à offrir aux enfants des rythmes proches de celui de l élémentaire. Il faudra être attentif à ces moments de repos au cours des premières années de scolarisation. Il va sans dire que ces organisations seront modulées au fur et en mesure que l enfant grandit et que son rythme change toujours en relation avec la famille. Pour certaines écoles, il est utile de se rapprocher des collectivités territoriales pour essayer d imaginer un endormissement au plus proche du repas de midi. Le passage aux toilettes : Les conditions d hygiène doivent être assurées dans le coin sanitaire. Une sensibilisation aux questions d hygiène et de santé est nécessaire afin de respecter l intimité de chacun, l intégrité de son corps et de celui des autres. 4
Eviter toutes les fois que cela est possible les «transhumances collectives». Le passage collectif aux toilettes ne saurait être une réponse éducative adaptée. Les ATSEM et l équipe enseignante doivent contribuer à la découverte et l usage de ce lieu afin que l enfant puisse très vite y accéder en fonction de ses besoins et de son autonomie. La collation : Toute offre alimentaire en dehors des repas a une incidence sur les rythmes alimentaires des enfants et peut être à l origine d un déséquilibre qui favorise le surpoids et l obésité. La note n 2004-0095 du 25 mars 2004 relative à la collation matinale définit les principes généraux de cette prise alimentaire. Il convient donc de s y référer et de retenir que la collation matinale ne doit être ni systématique, ni obligatoire. Pour des élèves n ayant pas pris de petit déjeuner à la maison, il peut être envisagé de leur proposer une collation dès leur arrivée. Dans tous les cas toujours deux heures avant le déjeuner. Le choix des aliments doit être réfléchi et ne pas apporter de sucres en grande quantité. Remarque : un besoin d eau dans des classes parfois surchauffées est important pour beaucoup d élèves, il est important de pouvoir y répondre et parfois d anticiper. 3 - Construire les relations avec les familles La scolarisation en école maternelle : Après l inscription en mairie, l admission auprès du directeur d école est un moment privilégié ; ce moment particulier où le parent découvre pour la première fois l école avec un nouveau statut, celui de parent d élève. Les échanges doivent contribuer à prévenir ou à atténuer un effet de rupture trop marqué. Si l école maternelle n est pas une école obligatoire, l inscription implique pour la famille un engagement et une fréquentation régulière et assidue. A défaut d une fréquentation régulière, l enfant sera rayé des listes des inscrits après avoir réuni l équipe éducative prévue à l article 21 du décret n 90-788 du 6 septembre 1990. La scolarisation à mi-temps en PS pour des parents ne travaillant pas ne doit pas être le modèle ordinaire, même si la sieste leur est nécessaire, une organisation adaptée de ce moment peut largement préserver une moitié de l après-midi pour des activités éducatives. On voit bien le risque de pénalisation des enfants qui ont le plus besoin d école. Toutefois en cas d absentéisme régulier l après-midi, prévoir un travail dans de bonnes conditions d encadrement avec les présents et privilégier le travail de sollicitation le matin pour les enfants fréquentant l école à mi-temps. La possibilité de revenir à l école en cours d après-midi pour ceux qui ont dormi à la maison pourrait être une solution pertinente après avis du conseil d école et de l IEN de la circonscription. 5
La première rentrée : Toutes les solutions localement pertinentes sont à encourager pour une organisation de rentrée des petits (PS, TPS) qui garantisse les conditions de séparation en toute sécurité avec leur famille. Ce temps important est à penser dans le cadre le plus large du conseil des maîtres et des ATSEM. Il doit être inscrit dans le projet d école et présenté à l ensemble des partenaires en conseil d école. L organisation est à soumettre à l inspecteur de la circonscription pour avis. Les aménagements des deux premiers jours de classe facilitent cette première scolarisation, l information est donnée aux familles à l inscription mais ne peut en aucun cas être imposée. 4- La collaboration avec les ATSEM Les ATSEM sont des membres privilégiés de la communauté éducative. Ils sont placés sous la responsabilité du directeur sur le temps scolaire. La communication doit être facilitée entre les enseignants et les ATSEM. Il est conseillé de consacrer du temps pour échanger et partager avec ces agents. L élaboration d une charte des ATSEM permet de préciser la répartition des rôles et des tâches dans le respect des missions de chacun. Le début d année scolaire doit permettre de lire et commenter en équipe d école (directeurs, professeurs des écoles, ATSEM) la présente circulaire afin de construire ensemble des organisations pédagogiques fondées sur ces quelques principes. L équipe de circonscription est prête à vous accompagner dans cette voie. L inspecteur de l éducation nationale, Patrick Biau 6