Revue du marché hypothécaire canadien les risques sont faibles et maîtrisés

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Transcription:

Revue du marché hypothécaire canadien les risques sont faibles et maîtrisés Janvier 2010 Préparé pour : Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Par : Will Dunning Économiste en chef de l ACCHA

Revue du marché hypothécaire canadien les risques sont faibles et maîtrisés En octobre 2008, l Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités ( «ACCHA») a publié un rapport qui concluait que «les risques sont contrôlés dans le marché hypothécaire canadien». Ce rapport répondait aux inquiétudes sur les risques potentiels pour les marchés canadiens de l habitation et du crédit hypothécaire, y compris les allégations voulant que les consommateurs canadiens soient «surendettés», et que les marchés puissent tomber dans une spirale à la baisse similaires à celle des États-Unis. Plus d un an plus tard, le ciel n est certainement pas tombé. Entre-temps, on continue d entendre les mêmes commentaires concernant le surendettement des consommateurs. Cela inclut même la «Revue du système financier» (parue en décembre 2009), dans laquelle la Banque du Canada exprimait ainsi son inquiétude : «la croissance soutenue de l endettement des ménages dans le contexte d un environnement de hausse des taux va augmenter la vulnérabilité des ménages à un choc négatif sur le moyen terme». Les simulations de la Banque du Canada ont indiqué que le pourcentage de ménages canadiens ayant un ratio de remboursement élevé (supérieur à 40 %) pourrait atteindre jusqu à 9,6 % d ici le milieu de 2012, alors que la moyenne était de 6,1 % au cours des dix dernières années. La principale menace identifiée par les simulations de la Banque du Canada est qu un nombre accru de Canadiens deviennent incapables d honorer leurs obligations financières, avec des conséquences négatives pour les institutions financières canadiennes. L analyse de la Banque du Canada conclut : «Lorsqu ils empruntent des fonds, en particulier sous la forme de prêts hypothécaires, les ménages doivent estimer leur capacité à rembourser cette dette jusqu à son échéance, en tenant compte des variations possibles de leur revenu et des taux d intérêt, ainsi que des risques entachant leurs hypothèses.» Cette conclusion de la Banque du Canada est le point de départ du présent rapport de recherche de l ACCHA. Cette nouvelle recherche trouve que les Canadiens sont effectivement en train d évaluer leurs capacités (et vulnérabilités). Ils sont prudents et la grande majorité des emprunteurs hypothécaires canadiens ne prennent pas de risques indus. Ils sont préparés à l éventualité d une hausse des taux. Une montagne grandissante de dettes hypothécaires En octobre 2009, le solde des prêts hypothécaires résidentiels canadiens était de 952 G$. 1 Cela représentait environ 60 % de plus que cinq ans plus tôt, ce qui fait un taux de croissance de 10 % par an. Ce taux de croissance était nettement supérieur à la croissance des revenus et donc la dette hypothécaire est devenue un fardeau croissant pour les ménages canadiens. 1 Ce total, publié par la Banque du Canada, comprend les prêts hypothécaires aux propriétaires-occupants de même qu'aux propriétaires investisseurs et aux logements vacants. Le rapport d'automne 2009 de l'accha, intitulé «L État annuel du marché hypothécaire résidentiel» indique que les prêts hypothécaires couvrant des logements habités par leur propriétaire s'élevaient à un peu plus de 700 G$.. Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Page 1

Au cours de la récession, le marché de l habitation a ralenti et il y a eu une décélération correspondante du taux de croissance pour le marché hypothécaire. En octobre 2009, le taux de croissance annuel était de 7,1 % (soit une expansion de 63 G$). La croissance du crédit hypothécaire a diminué par rapport aux années précédentes, mais reste assez robuste. La croissance rapide du crédit hypothécaire a deux causes principales : L augmentation du prix des habitations. Au cours des cinq dernières années, le prix de vente moyen au Canada a augmenté en moyenne de 7,8 % par an, et les montants d hypothèque moyenne ont augmenté aussi. Depuis la fin des années 1990, un grand nombre de ménages canadiens sont devenus propriétaires. En 1996, le recensement a révélé que 63,6 % des ménages canadiens étaient propriétaires de leur habitation. En 2006, la part était passée à 68,4 %. Aujourd hui, la part est proche de 70 %. La plupart des nouveaux propriétaires ont besoin de prêts hypothécaires et donc le nombre de détenteurs d hypothèques a augmenté très rapidement, de 3,54 millions en 1996 à environ 5,425 millions aujourd hui, soit une augmentation de près de 2 millions. Le passage de la location à la propriété représente au moins la moitié de la croissance du crédit hypothécaire au Canada. Ces données donnent certainement lieu à une question à savoir si les Canadiens contractent trop de dettes Quelques nouvelles données sur les prêts hypothécaires au hypothécaires. Mais, les Canada données déjà publiées selon lesquelles une part importante de la croissance de la dette est due à un mouvement massif d accession à la propriété tempèrent notre inquiétude, à condition que les Canadiens se montrent prudents. Et, les données présentées ci-dessous nous montrent qu ils le sont. Prudence des prêteurs et des emprunteurs L une des préoccupations exprimées suggère qu une part importante des acheteurs contractent des hypothèques à taux variable, pour lesquelles les taux d intérêt sont maintenant à des niveaux Toute personne qui étudie le marché hypothécaire canadien a appris qu'il y a un grave manque de données. Ce projet de recherche a compilé un «microfichier» de données qui a été utilisé pour profiler les caractéristiques des prêts récents et simuler les effets des taux d'intérêt futurs. Les données, fournies par les entreprises membres de l'accha, comprennent plus de 40 000 prêts hypothécaires, totalisant 10 G$, qui ont été financés en 2009, pour les achats d'habitation (excluant les renouvellements ou les refinancements de crédits hypothécaires existants). Sur la même période, l'activité hypothécaire totale pour les achats d'habitation était de l'ordre de 60 G$. Cet ensemble de données représente donc environ un sixième de l'activité totale. Il n'y a aucune garantie que cet ensemble de données représente exactement les caractéristiques de tous les nouveaux prêts hypothécaires, mais il est fort probable qu'il constitue une bonne approximation. La grande majorité des prêts hypothécaires dans l'ensemble de données sont des hypothèques assurées à ratio élevé. Par conséquent, dans la mesure où le «vrai» profil de risque du marché hypothécaire canadien diffère des conclusions de ce rapport, le niveau de risque est encore plus faible que dépeint ici. Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Page 2

exceptionnellement bas (généralement de 2,25 %, comparativement aux 5 % et plus d avant la récession en 2007, le taux moyen des prêts hypothécaires variables était d environ 5,25 %). On suppose également que ces consommateurs empruntent le maximum auquel ils ont droit aux taux actuels. Si cela était exact, il y aurait matière à inquiétude, parce que les taux d intérêt finiront par revenir à des niveaux plus normaux et les versements hypothécaires mensuels augmenteront brusquement. Ces observations ne sont pas basées sur des données réelles, et elles sont mal informées. Le sondage de l automne 2009 mené par l ACCHA parmi les emprunteurs hypothécaires a montré que les taux variables et ajustables étaient les plus couramment utilisés par les personnes cherchant à renouveler leur hypothèque. Leur taux d intérêt actuels sont bien en deçà de ce qu ils étaient en mesure de se permettre auparavant, et même dans l éventualité d une augmentation importante des taux, leurs paiements obligatoires ne seraient pas plus élevés que ce qu ils pouvaient auparavant se permettre. Parmi ceux qui ont renouvelé leur prêt hypothécaire dans la dernière année, 30 % ont pris une hypothèque à taux variable. Dans le sondage d automne 2009, parmi ceux qui avaient acheté une maison au cours de l année écoulée, 20 % avaient contracté une hypothèque à taux variable et 80 %, une hypothèque à taux fixe. Les recherches menées pour ce rapport montrent qu en 2009, 86 % des prêts hypothécaires résidentiels étaient à taux fixe. La part a diminué à la fin de l année, alors qu un écart accru entre les taux variables (généralement 2,25 %) et les taux fixes (autour de 4,0 %) a encouragé un plus grand recours aux prêts hypothécaires à taux variable. Même ainsi, la part des hypothèques à taux fixe est restée très élevée. Comme on l explique plus loin, cette orientation vers les prêts hypothécaires à taux variable n a pas abouti à un risque accru. Parmi les emprunteurs qui ont choisi des hypothèques à taux fixe, une part énorme a opté pour la sécurité des durées plus longues. Moins de 5 % ont choisi un terme de deux ans ou moins. Par ailleurs, 20 % ont pris trois ans. Environ 5 % ont pris quatre ans. Il restait donc 70 % qui ont choisi des termes de cinq ans ou plus. Ces emprunteurs se sont donné amplement l occasion de se préparer à toute augmentation future des paiements, en laissant le temps de réduire leurs prêts hypothécaires en effectuant leurs paiements réguliers et en faisant potentiellement des précomptes, ainsi qu en enregistrant des gains de revenus. En combinant ces facteurs (86 % des hypothèques étaient à taux fixes et de ce nombre 95 % avaient Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Page 3

une durée de trois ans ou plus), 81 % de ces emprunteurs hypothécaires ont opté pour une grande sécurité. Il n est pas vrai que les acheteurs qui prennent des prêts hypothécaires à taux variable empruntent aux limites de ce qu ils peuvent actuellement se permettre. Pour les prêts hypothécaires assurés à taux variable, les prêteurs doivent «qualifier» les emprunteurs (calculer l abordabilité) en se basant sur des taux fixes de trois ans, et non sur le taux des contrats réels. Cela donne aux emprunteurs une capacité considérable d absorber les hausses de taux futures. En outre, la grande majorité des emprunteurs empruntent moins que ce qu ils pouvaient se le permettre, même a des taux d intérêt plus élevés. Ces points sont illustrés ci-dessous en utilisant les chiffres de la base de données de l ACCHA. L ensemble de données indique que le coefficient d amortissement brut de la dette (ABD) pour tous les emprunteurs hypothécaires dans cet ensemble de données est de 22,3 % (sur la base des taux admissibles assumés par les prêteurs) et 21,8 % (basé sur les taux d intérêt hypothécaires réellement contractés). C est bien inférieur aux 35 %. De même, le coefficient d amortissement total de la dette (ATD) est de 32,8 % (sur la base des taux admissibles assumés par les bailleurs de fonds) et 32,3 % (basé sur les taux d intérêt réellement contractés). C est bien inférieur au maximum autorisé de 44 % pour les emprunteurs disposant de cotes de crédit élevées et de 42 % autorisé pour les autres. Le tableau suivant résume la répartition des ratios d ABD et d ATD pour les prêts résidentiels de 2009. Il montre que la plupart des emprunteurs (plus de 85 %) ont des ratios d ABD inférieurs à 30 % et des ratios d ATD en dessous de 40 %. Il est vrai que certains acheteurs de maison dépassent un peu les limites de leurs moyens. Mais, il convient de rappeler que les ménages de ce groupe de données, représentant surtout les acheteurs d une première maison, représentent entre 2,5 % et 3 % des ménages canadiens. 2 Si jusqu à 15 % de ce groupe de ménages dépassent les limites, ils représentent moins de la moitié d un pour cent de tous les ménages canadiens. Tableau 1 Distribution des ratios ABD et ATD pour les acheteurs récents Ratios ABD Ratios ATD Calculé d après le... Calculé d après le... Plage Taux d intérêt admissible Taux d intérêt contractuel Plage Taux d intérêt admissible Taux d intérêt contractuel < 20 % 38 % 41 % < 30 % 31 % 34 % 20-24,9 % 26 % 26 % 30-34.9 % 25 % 26 % 25-29,9 % 21 % 20 % 35-39.9 % 30 % 29 % 30-34,9 % 12 % 10 % 40-44.9 % 13 % 11 % 35 % ou plus 4 % 3 % 45 % ou plus <1 % <1 % Total 100 % 100 % Total 100 % 100 % ABD moyen 22.3 % 21.8 % ATD moyen 32.8 % 32.3 % Source : ACCHA 2 Chaque année, environ 5 % des ménages canadiens achètent une habitation. Peut-être la moitié de ceux-ci ou un peu plus achètent leur première habitation. Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Page 4

Perspectives Le risque, qui a été bien souligné par le commentaire récent, est que les hausses futures des taux hypothécaires se traduiront par des versements hypothécaires plus élevés, et pourraient pousser les emprunteurs en difficulté financière. Pour ceux qui ont des hypothèques à taux fixe, l augmentation des paiements pourrait se produire aux prochaines dates de renouvellement. Pour ceux qui ont des hypothèques à taux variable, les impacts sur les paiements seraient soudains 3 comme on le verra ci-dessous, ces paiements accrus seraient gérables pour la plupart de ces emprunteurs, puisque leur capacité à effectuer des paiements a été testée à des taux d intérêt plus élevés que leurs taux réels. Cette section du rapport utilise la base de données de l ACCHA pour simuler l impact de la hausse des taux d intérêt. Les hypothèses utilisées dans le développement des simulations sont décrites dans l encadré à droite. Cette série d hypothèses doit être considérée comme conservatrice et par conséquent les impacts réels des taux d intérêt accrus seront moindres que ce qui est estimé ici. L essentiel de ces simulations est que, même si les versements hypothécaires augmenteront probablement pour la plupart des emprunteurs, la hausse des revenus (même avec l hypothèse prudente que les revenus augmenteront de 2,5 % par an) Hypothèses pour les simulations Les taux hypothécaires sont censés augmenter à 5,25% pour les taux fixes et variables. Pour les hypothèques à taux courants au-dessus de 5,25%, les taux sont supposés rester inchangés à l'avenir. Pour les prêts hypothécaires à taux ajustables et variables, il est supposé que le changement de taux d'intérêt prend effet dans deux ans; pour les hypothèques à taux fixe, les augmentations sont appliquées au bout des termes prévus. o Pour les hypothèques à taux variable, cela suppose des hausses de taux d'intérêt de 3 points par rapport aux taux courants typiques de 2,15% à 2,25%. Cela permettrait de retourner les tarifs aux niveaux d'avant la récession (la moyenne de 2007 était d'environ 5,25 o %). Pour les hypothèques à taux fixe, le taux présumé de 5,25% est légèrement plus élevé que le taux moyen des prêts hypothécaires à 5 ans (après remises typiques) entre janvier 2003 et décembre 2007, que l'auteur estime à environ 5,15%. Le taux hypothécaire présumé de 5,25% est conforme aux prévisions pour les rendements obligataires publiés par les grandes banques: en moyenne, celles-ci prévoient que les rendements obligataires vont augmenter de 1,25 point d'ici la fin de 2011, la même augmentation que l'on assume ici pour les taux hypothécaires. Les revenus augmentent de 2,5 % par an. Il s'agit d'une hypothèse prudente, car la plupart de ces emprunteurs récents sont au début de leur carrière et peuvent s'attendre à des promotions, en plus des rajustements de vie chère. Les autres frais de logement et de service de la dette qui sont inclus dans le calcul des ratios ABD et ATD sont de 2,5% par an. Aucun remboursement anticipé n'est effectué; la réduction du principal du prêt hypothécaire est calculée sur la base d'amortissement prévue. Dans la mesure où les emprunteurs font des remboursements anticipés, le principal sera inférieur aux hypothèses et donc les impacts des fluctuations des taux d'intérêt seront moins importants que prévu. Au moment où les taux d'intérêt sont modifiés, les paiements révisés sont calculés en prenant en compte les changements dans le revenu, la réduction du principal, et le raccourcissement des périodes d'amortissement restantes. 3 Pour être plus précis, les augmentations devraient être soudaines pour la plupart des détenteurs de prêts hypothécaires à taux ajustables et variables. Une petite proportion de ces prêts hypothécaires ont des niveaux de paiement qui sont fixés : les variations de taux d'intérêt ont des répercussions sur le taux auquel le capital est amorti et les paiements ne sont pas ajustés jusqu'à la date de renouvellement prévue. Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Page 5

fera plus que compenser l augmentation des versements hypothécaires : Les ratios d ABD et d ATD augmenteraient pour 41 % des emprunteurs dans la base de données et pour 59 % d entre eux les ratios baisseraient ou resteraient les mêmes. Le ratio d ABD moyen (actuellement de 21,8 % selon les taux d intérêt réellement contractés) serait en très légère hausse (à 21,9 %) tandis que le ratio d ATD moyen passerait du niveau actuel de 32,3 % à 32,4 %. Pour les emprunteurs ayant une hypothèque à taux fixe, le ratio d ABD moyen devrait légèrement diminuer, passant de l actuel 22,0 % à 21,6 %. De même, le ratio d ATD moyen tomberait de la moyenne actuelle de 32,5 % à 32,0 %. Pour les emprunteurs ayant une hypothèque à taux variable, l ABD moyen passerait de 20,8 % à 23,5 %. Leur ATD moyen passerait de 31,2 % à 33,9 %. Bien entendu, les moyennes ne disent pas toute l histoire. Le tableau suivant continue de développer les résultats en montrant les distributions des ratios d ABD et d ATD aux taux d intérêt en vigueur et après les hausses de taux présumées. Dans l ensemble, comme cela est illustré dans ce tableau, en combinant les deux groupes de prêts hypothécaires, il y a très peu de changements dans les ratios d ABD et d ATD. Voici ce qui émane des simulations détaillées : Pour les emprunteurs ayant des prêts hypothécaires à taux fixe, il y a une petite amélioration dans les ratios d ABD et d ATD. Par exemple, le pourcentage ayant des ratios d ABD faibles (moins de 20 %) augmente à 43 %, au lieu des 40 % actuels. Pour les emprunteurs ayant des prêts hypothécaires à taux variables, il y a un déplacement vers le haut des ratios d ABD et d ATD. La part ayant des ratios d ABD élevés (35 % ou plus) augmente de 2 % (basé sur les taux d intérêt contractés) à 6 % (basé sur les taux d intérêt futurs présumés). Bien qu il s agisse d un changement important, il représente également un très petit nombre de ménages. Rappelons que chaque année environ 2,5 % à 3 % des ménages accèdent à la propriété. De ce nombre, seulement 14 % ont pris des prêts hypothécaires à taux variable en 2009. Si potentiellement 6 % d entre eux font face à l intensification de ces difficultés financières, en combinant les facteurs, ils ne représentent que 0,025 % et 0,03 % des ménages canadiens. Il y a actuellement environ 13,25 millions de foyers au Canada, et les ménages à risque ne seraient que 4000. Lorsque l on regarde les ratios d ATD, il y en a très peu (avant ou après le changement prévisible des taux d intérêt) de ratios d ATD de 45 % et plus dans le groupe a risque. Dans la base de données, les ménages avec des ratios d ATD de 45 % ou plus représentent moins de 1000 ménages canadiens. Lorsqu on élargit à 40 % ou plus, après l augmentation des taux d intérêt, environ 18 % des personnes ayant des prêts hypothécaires à taux variable font face à des risques élevés. En appliquant le même calcul que précédemment, elles représentent quelque 0,08 % des ménages canadiens, soit environ 10 000 ménages. Un autre facteur d atténuation des risques pour ces ménages est qu ils ont des degrés divers d avoir net dans leurs propriétés. Parmi les ménages ayant une hypothèque à taux variable, qui peuvent faire face à des ratios d ATD de 40 % ou plus, environ 40 % ont 10 % ou plus d avoir net dans leurs foyers. En cas de difficulté financière future, leur valeur nette leur donne des options pour résoudre leur problème, le dernier recours étant de vendre leur maison. Cela laisse environ 6 000 ménages canadiens ayant une hypothèque à taux variable qui ont moins de 10 % de valeur nette. Certains de ces ménages pourraient face à de grandes difficultés en cas de hausse significative des taux hypothécaires, mais par rapport à 13,25 millions de ménages canadiens, le risque global est très faible. Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Page 6

Dans l ensemble, ces données confirment que les prêts hypothécaires récents, dans un environnement de taux d intérêt très faible, entraînent un certain risque de difficultés financières si et quand les taux d intérêt augmentent à l avenir. Toutefois, le degré de risque demeure très faible. Tableau 2 Distribution des ratios ABD et ATD aux taux d intérêt actuels et en simulant des variations Hypothèques à taux fixe Au taux d intérêt actuel Taux Combinés variables Au taux d intérêt futur présumé Taux Combinés variables Hypothèques à taux fixe Ratios ABD < 20 % 40 % 45 % 41 % 43 % 33 % 42 % 20-24,9 % 26 % 28 % 26 % 26 % 23 % 25 % 25-29,9 % 20 % 19 % 20 % 19 % 22 % 20 % 30-34,9 % 11 % 7 % 10 % 9 % 15 % 10 % 35 % ou 3 % 2 % 3 % 3 % 6 % 3 % plus Total 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % Ratios ATD < 30 % 33 % 40 % 34 % 35 % 26 % 34 % 30-34,9 % 26 % 30 % 26 % 27 % 24 % 27 % 35-39,9 % 29 % 24 % 29 % 28 % 31 % 28 % 40-44,9 % 12 % 6 % 11 % 10 % 17 % 11 % 45 % ou < 1 % < 1 % < 1 % < 1 % 1 % < 1 % plus Total 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % 100 % Source : ACCHA Certains emprunteurs hypothécaires ont des difficultés Les données de l Association des banquiers canadiens qui couvrent sept grandes banques montrent qu il y a eu une augmentation des arriérés d hypothèque au cours de la récession. Avant la récession (entre le milieu de 2004 et le milieu de 2008), le taux d arriérés a été très faible, avec moins de 0,30 % de prêts hypothécaires en retard (pour trois mois ou plus). Pendant l hiver de 2008-2009, cependant, le taux d arriérés a augmenté rapidement. Les données les plus récentes (octobre 2009) montrent un taux d arriérés de 0,44 %. Alors que l augmentation est révélatrice de difficultés financières accrues, elle reste inférieure à ce que l on a vu pendant la majeure partie des années 1990 (alors que la moyenne des arriérés taux était de 0,50 %). Dans le contexte canadien, la plupart des défauts de paiement sont dus à la capacité réduite de payer, y compris notamment la perte d emploi, mais aussi des réductions de revenu attribuables à un horaire réduit ou à une baisse du taux de rémunération horaire. La rupture conjugale est aussi une cause de difficultés financières (ce qui peut habituellement se classer dans la catégorie de réduction de la capacité de payer). Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Page 7

Le graphique de droite montre l importance des changements dans la situation de l emploi. Il oppose les taux d arriérés avec le «taux d emploi» (à ne pas confondre avec le taux de chômage cette donnée indique le pourcentage d adultes qui sont au travail). Les données montrent très clairement que des modifications à la hausse ou à la baisse du taux d emploi sont suivies quelques mois plus tard par des changements dans les taux d arriérés (en sens opposé). Les pertes d emplois enregistrées au cours de la récente récession peuvent être considérées comme la principale cause de la hausse récente des arriérés de paiement hypothécaire, car une forte baisse du taux d emploi a été suivie quelques mois plus tard par une hausse des taux d arrérages. Les données les plus récentes montrent que le taux d emploi s est stabilisé, et les augmentations des taux d arriérés se sont atténuées. L évolution future des arriérés sera très influencée par les tendances économiques, et notamment par le taux de création d emplois. Le plus probable est que les taux d arriérés vont plafonner. Une cause distincte de défaut de paiement hypothécaire, qui est le «surendettement» qui est considérablement moins important au Canada les taux d endettement étaient raisonnables au moment de contracter le prêt hypothécaire (comme en témoignent les ratios d ABD et d ATD), mais le crédit s est ajouté après le fait notamment les marges de crédit, les cartes de crédit, et les offres d achat à tempérament. Il n y a aucune raison de croire que le surendettement se répande, surtout lorsque l on voit la prudence montrée par la grande majorité des emprunteurs hypothécaires. En outre, on dit que les prêteurs sont généralement plus prudents quant à l extension du crédit, surtout aux personnes ayant des cotes de crédit inférieures. Une troisième cause est l augmentation excessive des versements hypothécaires. Cela a été une source de difficulté considérable aux États-Unis, où les faibles taux d introduction ont été remplacés par des taux d intérêt du marché, entraînant une hausse des versements hypothécaires mensuels. Au Canada, ce problème était pratiquement inexistant, d autant plus que les taux d intérêt ont connu une tendance à la baisse au cours de la dernière décennie. Mais, cette troisième catégorie de risque est la source de préoccupations récentes au sujet des menaces futures. Comme cette étude a tenté d illustrer, très peu de Canadiens sont à risque de hausse excessive des versements hypothécaires. Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Page 8

Les emprunteurs hypothécaires canadiens restent prudents Il n est pas mauvais de rappeler aux Canadiens de se montrer prudents dans leurs emprunts. Mais... Pratiquement tous les Canadiens qui sont en mesure d acheter une maison et se qualifier pour une hypothèque sont bien informés et capables d évaluer ce qui est dans leur meilleur intérêt, de regarder en avant, et d anticiper les menaces à leur bien-être financier. Le secteur hypothécaire canadien est largement incité à éviter de contracter des créances douteuses et à optimiser l exposition au risque. Cette recherche sur les caractéristiques des transactions hypothécaires récentes suggère très fortement que les règles et pratiques actuelles donnent lieu à un niveau acceptable de risque lié aux prêts hypothécaires au Canada. Will Dunning est l économiste en chef de l ACCHA et président de Will Dunning Inc, une firme de consultation spécialisée dans l analyse économique. Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités Page 9

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