RAPPORT D EVALUATION DE LA SITUATION HUMANITAIRE EN GUINEE FORESTIERE, AVRIL 2003



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Transcription:

BUREAU DE LA REPRESENTATION DE L OMS EN GUINEE SOUS BUREAU DE N ZEREKORE RAPPORT D EVALUATION DE LA SITUATION HUMANITAIRE EN GUINEE FORESTIERE, AVRIL 2003 1. PRESENTATION DE LA REGION DE N ZEREKORE (voir carte en annexe) Située à environ 100 km de la capitale, la région administrative de N Zérékoré est l une des sept régions administratives de la République de Guinée. Elle est limitée au nord par les préfectures de Kissidougou, de Kankan et de Kérouamé, au sud par la république du Libéria, à l est par la république de Côte d Ivoire, à l ouest par la République de Sierra Leone. Elle a une population estimée en 2002 à 1.603.485 habitants pour une superficie de 37 653 Km2, soit une densité moyenne de 43 habitants au Km2. La région compte six préfectures qui sont : Gueckédou, Macenta, Beyla, Yomou, Lola et N Zérékoré. Ces préfectures sont divisées en six communes urbaines et 66 Communautés Rurales de Développement (CRD). 2. CONTEXTE GENERAL La Guinée forestière depuis plusieurs années fait face à une multitude de défis humanitaires résultant des crises libériennes et ivoiriennes. Ces conflits entraînent d importants mouvements de populations (personnes déplacées internes, réfugiés, immigrants de la sous région de l Afrique de l Ouest). De nombreux camps de transit et réfugiés sont installés sur le territoire national le long des frontières. Depuis le déclenchement de ces crises, le Gouvernement de la république de Guinée a privilégié le facteur sécurité dans tous les aspects de la vie nationale. Craignant une aggravation de l insécurité à ses frontières, le gouvernement guinéen a rappelé au Système des Nations Unies (SNU) que la frontière était officiellement fermée. Cependant, pour des raisons humanitaires, les autorités ont permis l entrée des réfugiés, des évacués guinéens et des ressortissants de pays tiers. Face aux rumeurs de déstabilisation de la région forestière (région de N Zérékoré) à partir de Lola, la présence des militaires guinéens a été renforcée le long de la frontière. L inquiétude des habitants des villages environnants est grande. La 1

cohabitation des combattants avec la population locale et les militaires guinéens représente un risque majeur d insécurité. Cette situation est exacerbée par les conséquences des attaques rebelles de 2000-2001 qui avaient détruit plusieurs infrastructures socio économiques et entraîné environ 80.000 personnes déplacées à l intérieur de la Guinée. Environ 44% de ces déplacés vivent encore dans des conditions précaires dans les préfectures frontalières de la région de N Zérékoré. Dans la réponse humanitaire, une attention particulière doit être accordée aux populations hôtes, qui durant ces dernières années, ont consenti beaucoup de sacrifices pour faire de la Guinée une véritable terre d asile. 3. SITUATION SECURITAIRE La situation sécuritaire reste très volatile et est contrôlée par les autorités dans le maximum de tous leurs moyens. Des Combats sont signalés le long des frontières libériennes et ivoiriennes. Cette situation exacerbe l inquiétude des populations de la Guinée forestière, surtout des réfugiés à partir des Camps de Nonah et Kouankan. Dans la ville de N Zérékoré, il persiste un regain de grand banditisme et des coups de feu sont entendus dans les quartiers périphériques de la ville. Exceptée la préfecture de Macenta en phase IV du système de sécurité des Nations Unies, les autres localités de la région sont en phase III. 4. PRINCIPAUX EVENEMENTS DANS LA REGION Ouverture effective du Sous Bureau OMS de N Zérékoré le 09 avril 2003. Le bureau est domicilié dans les locaux de la Direction Régionale de la santé. Visite de Madame le Représentant de l OMS/Guinée à N Zérékoré les 14 et 15 avril 2003. Cette visite avait pour objectif principal d introduire le Coordinateur du Sous-bureau auprès des autorités régionales (administratives, sanitaires et partenaires). Une visite de terrain a été également conduite dans les sites de transit de Bossou et Thuo à la frontière libérienne. Madame le Représentant était accompagnée par le chargé de l information du Bureau de la Représentation OMS. Mission des membres du conseil d Administration du PAM à Rome. L objectif de cette mission était d évaluer les conséquences de la crise ivoirienne et de sensibiliser les Bailleurs de fonds sur les défis Humanitaires en Guinée forestière. Visite du Secrétaire Général du Ministère de l Administration Territoriale et de la Décentralisation (MATD), du Coordinateur Humanitaire, du délégué du HCR. Cette mission, après les visites des centres de transit et des camps de réfugiés, a permis de faire un tour d Horizon sur tous les problèmes issus des crises ivoiriennes et libériennes avec les autorités régionales et les représentants du Système des Nations Unies (SNU) de N Zérékoré. 2

Violents combats à Ganta, ville frontalière libérienne avec la Sous préfecture de Diécké ( en territoire Guinéen ) qui provoquent un afflux massif de ressortissants guinéens et non-guinéens en territoire guinéen. Un nombre important de victimes a été enregistré suite au passage de la rivière Mani. Séjour d une importante mission Gouvernementale de la République de Côte d Ivoire (RCI), venu apporter un soutien aux réfugiés ivoiriens en Guinée. Début du processus de re localisation du camp de Kouankan vers la préfecture de Kissidougou. Un Coordinateur national est nommé par le Gouvernement pour la gestion du processus. Des séances de sensibilisations ont démarré dans le camp. 5. POPULATIONS VULNERABLES 5.1. Les populations réfugiées dans les camps Camps Familles Individus Kouankan 9 804 33 422 Kola 1913 6867 Nonah 1 205 4 392 Laine 4 882 17 139 Total 17 804 61 720 5.2. Les populations réfugiées par pays d origine Origine Familles Individus Libériens 13 462 46 351 Libériens en provenance de 1 852 6 197 C. Ivoire Libériens en provenance du 1 203 4 462 Libéria Sierra Léonais 81 336 Ivoiriens 1 206 4 374 Total 17 804 61 720 3

5.3. Les réfugiés urbains non assistés Préfectures Réfugiés non assistés Nombres Libériens 14 256 Beyla Sierra léonais 352 Libériens 7 322 Lola Sierra léonais 71 Libériens 20 077 N Zérékoré Sierra léonais 309 Libériens 6 394 Yomou Sierra léonais 136 Total 48 915 NB : La population des réfugiées est estimée à 110 635 personnes dans la région de N Zérékoré 5.4. Les personnes déplacées internes La population déplacée est mal connue en Guinée forestière. Plusieurs déplacements internes de populations ont été constatés depuis la détérioration de la situation sécuritaire aux frontières libériennes et ivoiriennes. Plusieurs sinistrés déplacés ont été répertoriés également suite aux vents violents dans la préfecture de Yomou ayant détruit plusieurs habitations. Les populations déplacées internes sont estimées à 150 000 personnes nécessitant également un appui de la communauté humanitaire. 6. SANTE. 6.1 Infrastructures sanitaires de base Au 31 décembre 2002, la Région compte 76 centres de santé fonctionnels et 111 postes de santé intégrés. La couverture sanitaire de la région est estimée à 100% dans un rayon de 15 km. Parmi les 76 centres de santé, 32% sont en mauvais état et environ 50% des postes de santé intégrés ne sont pas totalement fonctionnels en 4

raison du manque d équipements et d insuffisance de personnel. S agissant des infrastructures hospitalières de référence, la région dispose de : - un hôpital régional - 5 hôpitaux préfectoraux - un centre médico-chirurgical à Sinko. - un centre régional d ophtalmologie intégré à l hôpital préfectoral de Macenta. Il faut souligner un sous-équipement de ces structures, la vétusté du matériel existant et la faiblesse du plateau technique. Dans le domaine de l administration de la politique sanitaire nationale, il existe une Direction Régionale de la Santé (DRS) à N Zérékoré et 6 Directions Préfectorales de la Santé (DPS). La faiblesse des moyens à ce niveau et le sous-équipement également sont des facteurs qui handicapent la bonne conduite des activités de coordination, de supervision, de formation, d évaluation et de rétro-information. Le secteur privé est moins présent dans la région. Il est répertorié deux dispensaires de l Eglise catholique à NZérékoré et à Lola, un cabinet médical de soins ophtalmologique, un laboratoire de production de réactifs de laboratoire, un dispensaire d entreprise SOGUIPAH, 12 pharmacies privées et le centre médical international. 6.2 Situation épidémiologique Morbidité dans les centres de santé Le profil épidémiologique général des principales affections dans l ordre décroissant est le suivant : - Paludisme 38% - Maladies diarrhéiques 25% - Helminthiase 19% - Infections respiratoires aiguës 18% Morbidité parmi les populations déplacées et les réfugiées - Paludisme 50% - Infections respiratoires aiguës 25% - Maladies diarrhéiques 15% - Infections cutanées 5% - IST 3% - Parasitoses intestinales 2% 5

6.3 Autres problèmes de santé Santé mentale Les problèmes liés à la santé mentale ont été répertoriés comme important parmi les populations réfugiées et déplacées. Environ 1159 patients sont suivis par l ONG Action by Churches Together/Lutheran World Fédération (ACT/LWF) depuis le début de la crise. Un centre de référence est ouvert à N Zérékoré. Abus sexuels et violence Les conflits sociaux et armés sont des situations propices à la violence et aux abus sexuels de toutes sortes. En situation de déplacé, les femmes et les enfants sont les premières victimes de violence et abus sexuels basés sur le genre (SGBV). Il est estimé que pendant les conflits, environ 10% de femmes/enfants qui constituent 80% de cette population de déplacés subissent une SGBV. La situation dans les camps de la région de N Zérékoré semble préoccupante. Une évaluation rapide dans les camps visités a fait ressortir une vingtaine d enfants victimes d abus divers, 80% de la centaine de violence domestique étaient des femmes, 10 cas d agression sexuelle étaient des adolescentes de moins de 18 ans. Les conséquences les plus enregistrées sont les taux élevés des Infections sexuellement Transmissibles (IST), les grossesses à risques chez les adolescentes et le nombres important de stress post-traumatique. 7. CONTRIBUTION DE L OMS Mission d évaluation sanitaire du Coordinateur du Sous-bureau dans les centres de transit de Lola, Bossou et de Baala et les camps de Lainé, Kouankan, Kola, et Nonah. Séances de travail avec les responsables des structures de santé à proximité des différents camps et des recommandations formulées à l endroit des autorités compétentes. Investigation dans le camp de Nonah suite à la persistance de rumeurs sur la prolifération de vermines dans une partie du camp. Cette demande a été formulée par la Sous délégation du HCR/N Zérékoré. Un état des lieux a été fait et des recommandations formulées à l endroit du HCR. Il s agit entre autre de: - Informer les populations du camp des mesures pour éliminer les lieux de prolifération et se protéger contre les maladies transmises par les vecteurs, - Eliminer autant que possible les lieux de prolifération à l intérieur du camp (aires cultivées, végétation, etc. ) - Envisager la re installation des réfugiés en dehors des zones incriminées. Appui à Direction Régionale de la Santé (DRS) pour l organisation de la première réunion de coordination des partenaires du secteur santé dans la région prévue le 08 mai 2003. Cette réunion sera présidée par le Directeur Régionale de la Santé. Les mécanismes de la coordination sectorielle santé seront discutés lors de cette réunion. 6

Séance de travail avec le Chef du Bureau Régional de l Action Humanitaire (BRAH) de N Zérékoré. Un projet de collaboration technique est en cours d élaboration avec la participation de l Office pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA). Appui à la formation des techniciens de laboratoire des postes de santé installés dans les camps de la de région. Elaboration d un programme de surveillance nutritionnelle en partenariat avec le PAM et l UNICEF. Initiation d un programme informatique de formation à l analyse des données épidémiologiques. Ce programme est destiné aux cadres de la DRS et de l hôpital régional, à l assistance technique au niveau de la DRS. Elaboration d un plan de travail trimestriel du Sous-bureau OMS de N Zérékoré. Initiation d un bulletin d information du Sous-bureau OMS sur la réponse santé à la crise humanitaire dans la région. 8. CONTRIBUTION DES AUTRES AGENCES PAM Poursuite de la distribution des vivres dans les camps. Durant le mois de mars, le PAM a servi environ 10 tonnes de vivres dans les Centres Nutritionnels Thérapeutique (CNT). Il a été distribué 43 307 rations de base dans les camps de réfugiés, 4 700 repas chaux, 225 enfants ont reçu des rations d urgence et 19 096 élèves ont bénéficié d un repas dans les cantines scolaires. UNICEF Poursuite de la vaccination anti-rougeoleuse au niveau des points d entrée le de la frontière guinéo-ivoirienne.. Campagne de vaccination contre la rougeole dans la préfecture de Lola (enfants de 9 mois à 14 ans) Finalisation de l analyse de la situation des femmes et des enfants victimes d exploitation sexuelle dans la ville de N Zérékoré. Fourniture de 23 kits éducatifs à 17 écoles primaires dans la préfecture de Lola. OCHA HCR Evaluation des situations d urgence et coordination des actions humanitaires concernant les ressortissants guinéens et des pays tiers. Gestion informatique des données relatives aux entrées aux postes frontières. Edition mensuelle de OCHA-Info. Gestion de tous les problèmes relatifs aux réfugiés Processus de re localisation des réfugiés du camp de Kouankan Statistiques des réfugiés aux frontières et dans les camps 7

OMI (Office des Migrations Internationales) Transport de 150 personnes de pays tiers vers leurs pays d origines ( Mali, Burkina, Ghana, et Bénin ) Transfert des Guinéens sans ressources dans leurs localités respectives. 9. PRINCIPALES OBSERVATIONS SUR LA REPONSE SANTE De l implication des services locaux - Les autorités sanitaires locales n ont pas une appréciation réelle de la situation humanitaire qui prévaut en Guinée forestière. Les programmes mis en place dans les camps et parmi les populations déplacées ne sont pas connus des autorités sanitaires locales et un mécanisme de coordination de la réponse santé n existe pas à ce jour. - L information sanitaire récoltée dans les camps échappe à l ensemble du système de surveillance, ce rend qui impossible une appréciation réelle de la situation sanitaire sur l ensemble des localités hôtes. - Les autorités sanitaires locales ne reçoivent pas la synthèse des données générées dans les camps ainsi qu au niveau de la communauté. Il faut noter que les populations réfugiées ou déplacées sont totalement intégrées parmi les populations des localités environnantes. De l organisation de la référence Un grand effort est fait dans ce domaine. Le HCR appuie les hôpitaux de référence (hôpita régional, hôpital préfectoral de Lola et de Macenta) pour une meilleure prise en charge des cas référés à partir des camps (réfection des locaux, appui en matériels, équipements et personnel). Des conditions de vie dans les sites La rapide détérioration de la situation et l afflux massif de déplacés et réfugiés ont nécessité la construction d abris de fortune. Un déficit est constaté dans les camps et sites de transit quant aux normes requises. Le nombre proportionnellement élevé des réfugiés dans les camps est un facteur dégradant de leur état de santé. 10. CONCLUSION Nous avons tenté de faire l état des lieux relatif à la réponse santé de la crise humanitaire en Guinée forestière. Pour favoriser un meilleur investissement, les autorités sanitaires régionales doivent s impliquer davantage en vue de coordonner cette riposte, de créer de nouvelles initiatives dans le cadre d une ré-orientation des stratégies d intervention afin de donner à l assistance humanitaire toute son importance. Adresse de contact: Dr Lamine Diarra, Coordinateur du Sous-Bureau OMS de N Zérékoré, lamdiarrah@oms.gui.gn ou lamdiarrah@yahoo.com 8