ACTUALISATION DU PANORAMA DE L OFFRE DE REPARATION EN FRANCE Synthèse Septembre 2010 Etude réalisée pour le compte de l ADEME par ERNST & YOUNG (Contrat n 0902C0072) Coordination technique : Claire Boujard Service Filières REP et recyclage (SFRR) Direction Consommation Durable et Déchets (DCDD) ADEME Angers
REMERCIEMENTS Nous remercions les membres du comité de pilotage de l étude : Alain GELDRON, Claire BOUJARD, ADEME Julien FORTIN, réseau des ressourceries Brigitte LUCAS, MEEDDM Elisabeth BARTARES, GIFAM Eric MUGNIER, Marion HENRIET, Anne-Claire IMPERIALE, ERNST & YOUNG Et l ensemble des personnes sollicitées dans le cadre de l étude. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite selon le Code de la propriété intellectuelle (art. L 122-4) et constitue une contrefaçon réprimée par le Code pénal. Seules sont autorisées (art. 122-5) les copies ou reproductions strictement réservées à l usage privé de copiste et non destinées à une utilisation collective, ainsi que les analyses et courtes citations justifiées par la caractère critique, pédagogique ou d information de l œuvre à laquelle elles sont incorporées, sous réserve, toutefois, du respect des dispositions des articles L 122-10 à L 122-12 du même Code, relatives à la reproduction par reprographie. L ADEME en bref : L Agence de l Environnement et de la Maîtrise de l Energie (ADEME) est un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle conjointe des ministères en charge de l'ecologie, de l'energie, du Développement durable et de la Mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le Climat et de l'enseignement Supérieur et de la Recherche. L'Agence participe à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l'environnement, de l'énergie et du développement durable. Afin de leur permettre de progresser dans leur démarche environnementale, l'agence met à disposition des entreprises, des collectivités locales, des pouvoirs publics et du grand public, ses capacités d'expertise et de conseil. Elle aide en outre au financement de projets, de la recherche à la mise en œuvre et ce, dans les domaines suivants : la gestion des déchets, la préservation des sols, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, la qualité de l'air et la lutte contre le bruit. http://www.ademe.fr Agence de l Environnement et de la Maîtrise de l Energie Siège social : 20, avenue du Grésillé BP 90406 49004 Angers Cedex 01 Téléphone : 02 41 20 41 20 Télécopie : 02 41 87 23 50 www.ademe.fr ADEME 2/8
L étude «Actualisation du panorama de l offre de la réparation en France» fait suite au panorama de l offre de la réparation établi par le Département Environnement et Développement Durable d Ernst & Young en 2007 pour le compte de l Agence de l Environnement et de la Maîtrise de l Energie (ADEME). Cette première étude avait permis de dresser un tableau de bord de la réparation par secteur d activités et d identifier les principaux freins à la réparation à chaque étape du cycle de vie des appareils. Le suivi de l offre de la réparation assuré par l ADEME s inscrit dans la mise en œuvre du plan national de prévention des déchets annoncé en 2004 par le Ministère en charge de l Environnement (le Ministère de l Ecologie, de l Energie, du Développement Durable et de la Mer - MEEDDM) qui soutient les pratiques écoresponsables à domicile, telles que la réutilisation, le réemploi ou la réparation. Depuis 2007, le contexte national a évolué. En particulier, la mise en place du Grenelle de l environnement vient renforcer la politique nationale de réduction des impacts sur l environnement : en matière de déchets, un objectif de réduction de 7 % de la production de déchets par habitant sur les 5 ans à venir a été fixé par la loi Grenelle I en 2009. La réparation est un levier d action en réponse à cet objectif. Dans ce contexte, l étude vise à mettre à jour le tableau de bord du marché de la réparation, à présenter l évolution de l offre de la réparation entre 2006 et 2009 et à identifier des facteurs explicatifs de ces évolutions et les perspectives de l offre de réparation. I. Méthodologie L étude s est déroulée en deux phases : Phase 1 : Mise à jour et corrections du tableau de bord de l étude 2007 ; Phase 2 : Exploitation des données et analyse comparative. Tout d abord, les données publiées en 2007 ont été corrigées. En effet, les données de l Enquête Annuelle d Entreprises (EAE) INSEE 2006 sont désormais disponibles ce qui n était pas le cas lors de la précédente étude. A l aide d une comparaison entre ces données «entreprises» EAE INSEE 2006 et les données «établissements» Pages Jaunes 2006 extraites lors de l étude réalisée en 2007, un facteur correctif moyen des données «établissements» Pages Jaunes de 1,9 a pu être calculé et utilisé pour ajuster les données Pages Jaunes. Sur le nombre d emplois, le même facteur correctif a été utilisé, le nombre d emplois étant calculé à partir du nombre d entreprises et du nombre d emplois moyen. Ainsi, l étude a permis d améliorer la fiabilité du tableau de bord de l étude 2007, une nouvelle version du tableau de bord 2006 est donc proposée dans l étude. Les chiffres publiés dans l étude 2007 sont dorénavant considérés comme non valables. Par la suite, la mise à jour du tableau de bord avec les données 2009 s est déroulée en utilisant les mêmes sources de données que lors de la précédente étude. Ainsi, une approche par codes NAF a été privilégiée et les sources de données utilisées sont les résultats de la dernière de l INSEE 2006 et la base de données Pages Jaunes des professionnels de Pages Jaunes Marketing Services actualisée en temps réel (extraction mars 2010). Pour 2009, seules les données Pages Jaunes sont disponibles. C est pourquoi une estimation des données INSEE 2009 a été réalisée : en connaissant l évolution du nombre d établissements et du nombre d emplois entre début 2007 et début 2010 à l aide des données Pages Jaunes, une tendance a pu être appliquée aux données de l EAE de 2006 pour estimer les données correspondantes 2009. Il a été supposé que l évolution relative du nombre d entreprises entre 2006 et 2009 étaient la même que l évolution relative du nombre d établissements entre début 2007 et début 2010. Ainsi, cette méthodologie a permis de compléter les données 2009 relatives au nombre d entreprises et au nombre d emplois. Il est à noter que cette méthodologie n a pu être appliquée aux chiffres d affaires, ceux-ci ne suivant pas nécessairement les mêmes tendances que le nombre d établissements et le nombre d emplois. Dans la suite du rapport, les données Pages Jaunes corrigées du facteur correctif défini plus haut sont notées «Pages Jaunes corrigées» pour 2006 et 2009 et les données INSEE estimées pour 2009 sont notées «INSEE estimées». De plus, il a été considéré que peuvent être assimilés «nombre d entreprises» et «nombre d établissements» compte tenu de la caractéristique des entreprises de ce secteur. Enfin, cette étude a permis, à l aide des différentes conclusions de l étude 2007 et des entretiens réalisés avec les acteurs clés du marché, d expliquer les évolutions majeures du secteur et de formuler des perspectives pour les années à venir. ADEME 3/8
II. L offre de la réparation en 2009 Cette partie présente le tableau de bord de la réparation pour les années 2006 et 2009. II.1 Tableau de bord de l offre de réparation Le tableau de bord de la réparation en 2006 et 2009 est présenté ci-dessous pour les différents secteurs de la réparation. Nombre d entreprises Nombre d emplois Secteur 2006 (INSEE et PJ corrigées) 2009 (INSEE estimées et PJ corrigées) 2006 (INSEE et PJ corrigées) 2009 (INSEE estimées et PJ corrigées) Automobile et Motocycles & cycles 65 854 57 182 327 259 261 866 Automobile 57 639 50 355 297 314 240 232 Motocycles & cycles 8 215 6 827 29 945 21 635 Plomberie / Chauffage 38 435 31 310 144 431 127 057 Appareils électriques, électroniques et informatique grand public 16 790 13 111 89 123 69 700 Electroménager (produits blancs) 4 081 3 309 15 200 10 795 Electronique : TV - hifi - radio (produits bruns) 4 888 3 610 14 804 12 468 Informatique 4 701 3 688 48 608 37 886 Antennes 2 134 1 778 9 162 6 821 Machine à coudre, à repasser, à tricoter 986 726 1 349 1 728 Cordonnerie 4 940 3 668 7 509 4 975 Vêtements 6 644 4 761 12 307 8 218 Ameublement 4 568 3 340 9 608 7 391 Horlogerie et bijouterie 3 512 3 096 8 782 7 080 Motoculture de plaisance 3 205 2 755 16 250 12 170 Dépannages et réparations urgentes à domicile 2 989 2 223 11 609 10 183 Serrurerie dépannage 2 651 2 487 13 027 11 003 Pianos + instruments de musique 1 083 899 2 222 1 841 Clés reproduction - service minute 395 314 1 007 1 007 Appareils de photo et cinéma 108 70 366 284 Autres réparations d'articles personnels et domestiques (selon PJ) 887 680 2 760 2 189 Autres réparations de biens domestiques (selon INSEE) 5 765 ND 10 198 ND TOTAL 152 062 125 897 646 259 524 963 TOTAL hors automobile et plomberie/chauffage 55 988 44 232 204 515 157 674 Les totaux présentés correspondent à la somme des lignes en caractères gras. NB : La catégorie «Autres réparations de biens domestiques (selon INSEE)» correspond au code NAF 527H. Ce code NAF regroupe tous les «Autres réparations» inclus dans les secteurs tels que la cordonnerie, les vêtements, l ameublement ou la serrurerie, le code NAF 527H étant une des composantes de tous ces secteurs. Pour ces secteurs, des données Pages Jaunes sont disponibles et présentées dans le tableau de bord. Ainsi, le total du tableau n inclut pas cette donnée. En outre, aucune catégorie «Autres réparations de biens domestiques» équivalente à la donnée INSEE n existe dans la base de données Pages Jaunes. C est pourquoi, les données relatives à cette catégorie n ont pu être estimées à 2009. ADEME 4/8
II.2 Panorama des acteurs de la réparation en France en 2009 Le secteur de la réparation compte plus de 125 000 entreprises tous secteurs confondus, employant près de 525 000 personnes en 2009. La réparation automobile est le secteur le plus important, représentant 40 % des entreprises et plus de 45 % des emplois du secteur de la réparation en France. La plomberie représente le deuxième secteur de la réparation en 2009 avec 25 % du nombre d entreprises et 24 % du nombre d emplois. 2% 3% 3% 9% Automobile Plomberie / Chauffage Motocycles & cycles 2% 1% 7% 9% 4% 40% Cordonnerie 2% 3% 3% 3% Electronique : TV -hifi -radio (produits bruns) Electroménager (produits blancs) Vêtements 2% 2% 1% 4% 46% 5% Informatique Horlogerie et bijouterie 25% Ameublement Autres 24% Nombre d entreprises Nombre d emplois Figure 1 Répartition du nombre d entreprises et du nombre d emplois des acteurs de la réparation en France en 2009 (source : données INSEE 2009 estimées et PJ 2009 corrigées) Cordonnerie Vêtements Pianos + instruments de musique Ameublement Horlogerie et bijouterie Machine à coudre, à repasser, à tricoter Motocycles & cycles Clés reproduction -service minute Autres réparations d'articles personnels et domestiques (selon PJ) Electroménager (produits blancs) Electronique : TV -hifi -radio (produits bruns) Antennes Appareils de photo et cinéma Motoculture de plaisance Serrurerie dépannage Dépannages et réparations urgentes à domicile Informatique 0 2 4 6 8 10 12 Nombre d emplois moyen par entreprise Figure 2 Nombre d emplois moyen par entreprise de la réparation hors automobile et plomberie en 2009 (source : données INSEE 2009 estimées et PJ 2009 corrigées) Les entreprises de la réparation sont caractérisées par un nombre moyen d emplois par entreprise assez faible comme l indique la figure ci-dessus. En particulier, la cordonnerie compte plus de 3 600 entreprises pour seulement 5 000 salariés, soit 1,4 salariés par entreprise en moyenne. En revanche, le secteur de la réparation informatique compte près de 38 000 salariés pour près de 3 700 entreprises, soit 10,3 salariés par entreprise en moyenne. ADEME 5/8
II.3 Evolution de l offre de la réparation entre 2006 et 2009 La comparaison des données 2006 et 2009 permet d observer une baisse généralisée de l activité de réparation. Voici un tableau récapitulatif indiquant les niveaux de baisses observés pour le nombre d entreprises et le nombre d emplois pour les principaux secteurs : Evolution du nombre Evolution du nombre Activité d entreprises d emplois Automobiles, motocycles et cycles -13 % -20 % Plomberie, chauffage -19 % -12 % Appareils électriques, électroniques -22 % -22 % et informatique grand public Cordonnerie -26 % -34 % Vêtement -28 % -33 % Ameublement -27 % -23 % Horlogerie Bijouterie -12 % -19 % Autres -17 % -18 % Total -17 % -19 % On constate une baisse globale du nombre d entreprises de la réparation de 17 % entre 2006 et 2009. Les secteurs les plus touchés sont les secteurs de la réparation de biens domestiques où des baisses supérieures à 25 % sont constatées en particulier sur la cordonnerie, le vêtement et l ameublement. De même, les secteurs de la réparation subissent une nette diminution du nombre d emplois, de 19 % entre 2006 et 2009. Dans la plupart des cas, cette baisse est plus importante que pour le nombre d entreprises. On note en particulier que les secteurs de la cordonnerie et des vêtements ont connu une diminution de leur nombre d emplois particulièrement marquée, respectivement de -34 % et -33 %. Si la crise économique de 2008-2009 a probablement eu un impact important sur la santé du marché de la réparation, d autres facteurs peuvent expliquer cette baisse d activité. III. Facteurs explicatifs de l évolution de l offre de réparation Secteur de la réparation d appareils personnels et de biens domestiques De façon générale, le secteur de la réparation des appareils personnels et biens domestiques a connu une baisse d activité ces 3 dernières années, impactant tant le nombre d emplois que le nombre d entreprises avec une baisse de 22 % entre 2006 et 2009. En particulier, selon les acteurs interrogés, la baisse d activité de réparation des produits blancs s explique par plusieurs facteurs. Tout d abord, la fiabilité des produits blancs a considérablement progressé ces dernières années. De plus, alors qu il y a 20 ans les produits blancs nécessitaient des réparations dites d entretien (nettoyage d une pièce, changement d une pièce), les produits blancs actuels sont de plus en plus performants et l activité d entretien disparaît pour l électroménager. Enfin, la complexité croissante des produits blancs les rend de moins en moins réparables. Ainsi, la panne d un appareil est de plus en plus synonyme de fin de vie de l appareil. En ce qui concerne les produits bruns, une augmentation du chiffre d affaires avait été observée entre 2004 et 2006, cette évolution s expliquait par l augmentation du coût de la réparation liée aux évolutions technologiques, exigeant un niveau de compétences croissant pour les réparer et donc un coût de main d œuvre plus élevé. La baisse d activité du secteur n a toutefois pas épargné le secteur de produits bruns en ce qui concerne le nombre d emplois et le nombre d entreprises puisque le secteur connaît une diminution de 16% du nombre d emplois et 26% du nombre d entreprises entre 2006 et 2009. La réparation des autres produits domestiques (tels que les chaussures, le textile ou le mobilier) connaît une baisse importante d activité (-22 % en nombre d entreprises et en nombre d emplois entre 2006 et 2009). Si, selon les acteurs interrogés, la crise économique a peu impacté les métiers de l artisanat en général, les activités de réparation ont pourtant été touchées. ADEME 6/8
Cette baisse d activité est également liée à la désertion de ce type d emplois par les nouvelles générations. Selon un article du Nouvel Observateur 1, en 2008, 28 % des artisans éprouvaient des difficultés pour trouver de la main-d œuvre qualifiée malgré les efforts menés par les groupements de professionnels pour le maintien de l offre de formation. Secteur automobile Le secteur de la réparation automobile a lui aussi connu une baisse d activité ces dernières années en termes de nombre d emplois et de nombre d entreprises (resp. -19 % et -13 % entre 2006 et 2009). En revanche, le chiffre d affaires de ce secteur connaît une légère croissance, estimée à environ 2 % entre 2006 et 2009 selon l étude Xerfi 2 parue en février 2010. Selon cette étude, la baisse d activité de la réparation automobile peut s expliquer par plusieurs facteurs : la mise en place en France de la prime à la casse en 2009, la stabilité du nombre de véhicules ayant passé un contrôle technique (et donc susceptibles d avoir subi des réparations à cette occasion) et la conjoncture économique en 2009 sont des facteurs qui n ont pas été favorables à l activité d entretien et de réparation automobile. La stabilité du chiffre d affaires du secteur entre 2006 et 2009 s explique par une compensation de la baisse d activité par une hausse des prix pratiqués par les acteurs de l entretien et de la réparation automobile. En effet, selon l étude Xerfi, le prix de la réparation et de l entretien a augmenté de 4,3 % en 2009, chiffre est cohérent avec le «Budget de l Automobiliste» pour 2009, publié par les Automobile Clubs de France, qui témoigne d une augmentation du coût de main d œuvre de 4,2%. IV. Perspectives d évolution de l offre de réparation en France Les principaux freins identifiés lors de l étude de 2007 ont été confirmés, accentués par la crise économique, en particulier pour le secteur automobile où les réparations non indispensables (carrosserie notamment) ont été reportées autant que possible. Ainsi, on observe une forte baisse du recours à la réparation par les consommateurs. Ces freins se révèlent tout au long du cycle de vie des produits : Lors de l achat, le manque d information sur la durée d utilisation des produits et sur leur réparabilité dirige le consommateur vers les produits les moins chers et souvent les moins facilement réparables. Lors de la panne, plusieurs facteurs freinent le choix de faire réparer un produit. Tout d abord, l attractivité des produits neufs et le rapport souvent trop faible du coût du neuf sur le coût de la réparation favorisent l achat d un produit neuf. Ensuite, le manque de visibilité des professionnels de la réparation et le manque d information du consommateur sur le coût de la réparation n incitent pas le consommateur à se tourner vers le marché de la réparation. Lors de la réparation, des freins subsistent, rendant impossible la réparation des produits : du fait de leur conception, certains produits ne sont pas réparables (produits scellés, moulés, ), les pièces détachées de plus en plus diversifiées ne sont pas toujours disponibles et la complexité croissante des produits exige un niveau de compétences de plus en plus élevé pour réparer certains produits. Par ailleurs, la pérennité de l offre de réparation est menacée, certains artisans de la filière ne trouvant pas de repreneur. Pour faire face à cette baisse d activité, des initiatives locales de promotion de la réparation et du réemploi fleurissent. Des évènements comme «la journée de la réparation» ou encore la création d annuaires locaux de la réparation et du réemploi contribueront probablement à limiter la baisse d activité de ce secteur. D autre part, on observe une implication grandissante des fabricants sur le marché de la réparation. Par exemple, le projet STAR (Stations Techniques de Réparateurs Agréés) est un projet développé en juin 2009 par certains fabricants de l électroménager pour soutenir les réparateurs d électroménager via une labellisation et la création d une centrale d achat. Au-delà de la persistance des freins à la réparation, de nouveaux comportements de consommation émergent, accompagnés par des politiques publiques qui guident le consommateur vers un remplacement par des produits plus écologiques plutôt que vers la réparation de leurs produits plus anciens dont les performances environnementales sont limitées. On peut citer en particulier, la prime à la casse, l instauration du bonus/malus ou encore le projet d affichage environnemental sur les produits de consommation courante à terme. 1 Source : Nouvel Observateur Février 2010 - Boulanger, plombier ou coiffeur. Le secteur, dont l'image s'améliore, s'ouvre à des cadres déboussolés par la crise - Stéphane Arteta 2 Source : Etude Xerfi 700 Entretien, réparation et distribution d équipements automobiles Février 2010 ADEME 7/8
Enfin, on observe ces dernières années de nouvelles tendances dans la façon de consommer avec un moindre attachement à la possession, les études sociologiques et de marché indiquant que l achat de l usage du produit plutôt que du produit lui-même devrait prendre de l ampleur. Ces nouveaux modèles économiques («économie de l usage») devraient amener les fabricants à évoluer : rapprochement avec les clients finaux, optimisation des produits en fonction de l usage qu en fait chaque catégorie de client, intégration d activités pour apporter un service global, etc. A travers la dématérialisation du distributeur (plateformes de vente à distance, etc.) et avec le passage d une économie du produit à une économie de l usage, on pourrait également observer une professionnalisation des réparateurs qui travailleraient directement avec les fabricants et non plus avec les consommateurs. Ce modèle émergeant reste à confirmer, sa pérennité dépendant de la rentabilité de ce modèle et du retour d expériences de ce type de réparation. ADEME 8/8