«L activité physique est un facteur stimulant de la croissance chez l enfant. Cette activité lui est donc profitable physiquement, mais aussi intellectuellement et socialement. Tous les sports méritent donc d être encouragés à la condition qu ils soient pratiqués raisonnablement mais il n y a pas de sport qui fasse grandir plus que d autre». L enfant en croissance est doté de capacités physiologiques surprenantes qui encouragent à la performance. Cependant ce corps en croissance peut souffrir irréversiblement à la suite d un surmenage ou d un surentraînement et la responsabilité en incombe aux entraîneurs, aux parents et aux médecins. Le surentraînement est une véritable "maltraitance " de l enfant et les médecins doivent être vigilants pour dépister et prévenir les lésions qui en découlent et qui peuvent être à l origine de séquelles graves et définitives. Le sport est à l origine de près de 20 à 25 % des fractures. Mais le sport n est pas seulement à l origine de traumatismes aigus même si ce sont les plus fréquents. Les traumatismes chroniques, les lésions de surmenage sont en fait les problèmes les plus redoutables. Le sport est à la mode et c est profitable à nos enfants, mais les pathologies liées au sport sont en augmentation car l'entraînement débute de plus en plus tôt, la charge d'entraînement est souvent excessive, l environnement technique est mal adapté et l encadrement humain souvent mal informé. La règle de base doit être la prévention, par un échauffement approprié, par un aménagement des équipements, par l utilisation de protections chaque fois que possible et par l écoute de l enfant qui souffre. La souffrance n endurcit pas, et le sport n est pas fait pour faire souffrir. La douleur est forcement le symptôme d un effort excessif, d un matériel mal adapté. Entraînement des jeunes La transposition des procédés d entraînement de l adulte à l enfant nécessite la connaissance des caractéristiques physiologiques de chaque phase de la croissance. Il a été établit qu un entraînement sportif général, a un effet sur le développement physiologique, psychologique et social de l enfant. 1
A l inverse de nombreux exemples ont mis en évidence l effet négatif d un entraînement inadapté et trop précoce. Dans tous les cas de figure, le travail chez l enfant repose sur la connaissance de l âge biologique. Phase de développement 1 : dont l objectif principal est le développement de la psychomotricité, travail de la coordination agilité, entre 6 et 10 ans. Phase de développement 2 : dont l objectif est un travail technique spécifique, travail de perfectionnement spécifique du geste sportif, 8-10 à 13-15 ans. Phase de spécialisation : Le début de cette phase dépend du nombre d années de pratique, de la maturation biologique de l enfant, et de l activité pratiquée. Son objectif est l augmentation progressive de la charge d entraînement, et du développement systématique des qualités de la performance. Tout ceci dépend aussi de l âge optimal pour la performance de haut niveau, qui est variable suivant l activité. Période optimale des aptitudes chez l enfant La plupart des aptitudes connaissent un développement parallèle à la croissance et à la maturation. Aptitudes aérobies : Elles sont déterminées généralement par la V02 max, dont les variations déterminées en grande partie par les facteurs héréditaires (47%), un entraînement permet d augmenter la V02 max de 25% au plus, les 25% restants dépendent de l activité spontanée et des facteurs culturels. L âge optimal pour augmenter la V02 max se situe entre 12 et 18 ans, pendant la phase de développement pubertaire, de plus c est à ce moment là qu on peut soutenir une grande quantité de travail. Le déplacement exprime la V02 max en L/mn ; la V02 max augmente nécessairement pendant la phase de croissance avec l augmentation de la masse musculaire? Par contre en ml/mn/kg la V02 max se stabilise chez le garçon, mais il diminue chez les filles en raison de l augmentation de la masse grasse. 2
Le déplacement du seuil anaérobie est lié à la capacité à consommer plus de lactates, ce qui implique au niveau de l entraînement qu il faut d abord augmenter la V02 max puis travailler ensuite au seuil. Aptitudes Anaérobie : puissance et capacité Puissance et capacité sont plus faibles chez l enfant prépubert que chez l adolescent, après la puberté on apprend à produire plus de lactates. Les effets d un travail en anaérobie chez un enfant prébubert, sont négligeables par rapport à la quantité que cela demande. Entraînement de la force musculaire : En dehors des adaptations nerveuses, la force max absolue est définit par le volume musculaire, donc la Fmax augmente avec l âge ; à 12 ans la masse musculaire est de 32 % du poids corporel, à 18 ans 45 %. Donc naturellement au cours de la croissance et en dehors de tout entraînement spécifique, la Fmax augmente. Cette augmentation de la force durant la croissance est surtout marquée chez le garçon entre 12-13 ans. Cela est lié à la modification du style de vie, ce qui renforce l idée qu un travail de force en musculation peut être utile avant et pendant la spécialisation. Mais durant l enfance, le os et les cartilages sont plus fragiles et déformables, ce qui implique qu ils ne doivent pas être soumis à des contraintes mécaniques trop importantes, on recommande donc à ce moment là l utilisation de charges légères avec un grand nombre de répétitions. On a constaté une meilleure ossification et une meilleure densité osseuse, avec un niveau de force plus élevé, car cela favorise la calcification durant la phase de croissance et d entretien de cette calcification durant l âge adulte. Il existe une différence entre les 2 bras d un tennisman au niveau de la densité osseuse, mais pas de différence au niveau de la masse grasse. Jusqu à 10-11 ans, l effet d un entraînement en force est surtout efficace au niveau des muscles du gainage, progrès plus importants en % de force. Après 10 ans, l amélioration se fait d une manière similaire au niveau de tous les muscles. Avant 15 ans, on évite de travailler avec des charges lourdes, on attend la fin de la croissance accélérée, donc de 10 à 15 ans, on utilise des charges légères à moyennes. 3
Après 15 ans, on peut commencer à utiliser des charges lourdes et donc travailler la Fmax. D une manière générale, il semble préférable de débuter un travail de la Fmax vers 16-17 ans car les gains par la suite, semblent être plus importants que si le travail a débuté à 20 ans. La qualité du mouvement technique, et le placement du corps durant l exécution ont une grande importance à cet âge, car ils limitent l apprentissage de mauvaises attitudes corporelles préjudiciables à la performance. Il est aussi nécessaire d induire des assouplissements après un entraînement en force. Entraînement de la vitesse : Plusieurs facteurs entrent en jeu dans la capacité de vitesse : La coordination motrice : capacité à contracter et à relâcher rapidement les muscles mis en jeu dans le mouvement. La fréquence gestuelle : la coordination influe sur cette fréquence. Activation nerveuse : au cours de la contraction musculaire, durant la 1 ère phase augmentation de la fréquence de décharge ; ensuite il existe un délai entre l activation électrique et l activation mécanique. Temps de réaction : il est de 0,5 s à 7 ans et de 0,125 s à 10 ans. Entre 6 et 10 ans, phase prépondérante pour le travail et donc l augmentation de la fréquence gestuelle, de la coordination motrice et du temps de réaction. Relation Force / vitesse : La capacité du muscle à maintenir une certaine vitesse de contraction, avec un certain niveau de force ; est liée au % de fibres rapides. Ce % est fixé génétiquement, et le travail spécifique de la F/V, implique un travail en musculation, ce qui pose le problème d un entraînement trop précoce en musculation. Donc, entre 10 et 15 ans, travail de vitesse pure en essayant de développer les fibres rapides sans travail de al force. Après 15 ans, travail en musculation afin d augmenter la puissance donc F/V. Souplesse : Souplesse active et passive : Passive : amplitude articulaire atteinte sous l effet d une force externe telle que son propre poids ou celui d un autre individu, ou d une machine. Active : à l opposé, l amplitude articulaire est générée par al contraction des muscles agonistes et le relâchement des muscles antagonistes. 4
Souplesse articulaire et musculaire : Articulaire : facile à développer avant la croissance. Musculaire : on peut la développer toute la vie. De 6 à 9 ans, la souplesse de la hanche, des épaules et du dos augmente naturellement. Travail de souplesse active. De 9 à 12 ans, la souplesse se stabilise voir diminue. Travail de souplesse active. De 12 à 16 ans, la souplesse diminue de façon rapide, ceci est lié à la croissance osseuse ce qui génère des tensions musculaires. De plus, le volume d entraînement augmente et la souplesse est laissée de côté. Travail de souplesse passive comme le stretching. Coordination motrice : Selon Winter, une coordination imparfaite est le résultat d une coordination insuffisante durant l enfance. Il est donc nécessaire d effectuer un travail d éveil en coordination dès 6 ans. On a remarqué que pour des activités artistiques ou de glisses, les facteurs émotionnels étaient déterminants. Ces facteurs étaient dépendants du travail d éveil effectuer dans l enfance entre 0 et 6 ans. Travail de la coordination générale entre 6 et 10 ans. Travail de la coordination spécifique, durant la puberté. 5