Migraine et mal de tête : des "casse-tête"
Tous concernés! De quoi s agit-il? Les migraines ne doivent pas être confondues avec les céphalées de tension, communément appelées les "maux de tête". En effet, les céphalées de tension donnent l impression de porter un casque sur la tête, alors que les migraines évoluent par crises plus longues avec, entre autres, des pulsations difficilement supportables et des nausées. À qui ça arrive? Presque tout le monde fait tôt ou tard une céphalée de tension car il suffit d être fatigué, stressé, mal installé sur un bureau durant des heures, pour que cela se produise. C est différent pour la migraine qui touche quelques 8 millions de Français (3 fois plus de femmes que d hommes) car elle aurait une composante génétique, impliquant les chromosomes 19, 1 et 2. On peut enfin être migraineux et faire de temps en temps des céphalées de tension. Pourquoi les femmes sont-elles à risques? Une histoire hormonale est peut-être en cause. Deux arguments vont dans ce sens : Chez les enfants migraineux, on trouve une prédominance féminine (65 % de filles pour 35 % de garçons), mais seulement après la puberté, quand les hormones féminines dévoilent des filles migraineuses qui n avaient pas eu de manifestations auparavant. Car avant la puberté, les garçons sont majoritaires (55 %). Certaines crises sont d ailleurs rythmées par les cycles (migraines cataméniales). Le saviez-vous? C est très important de faire la différence entre céphalées et migraines, car seules les premières répondent bien aux antalgiques habituels (paracétamol ou anti-inflammatoires). kurhan
C'est une bonne idée De se demander si on est un vrai migraineux ou pas La réponse est "oui" si on a connu au moins 5 crises ayant duré de 4 à 72 heures (sans traitement) et accompagnées d au moins un des caractères suivants : nausées et/ou vomissements, intolérance à la lumière et au bruit. De plus, les maux de tête doivent avoir au moins deux des caractéristiques suivantes : commencer d un seul côté de la tête, être pulsatiles, modérées ou sévères, et aggravées par les activités physiques de routine, l examen clinique est normal entre deux crises. De se demander si on fait partie des 20 % de migraineux avec aura L'aura se traduit par un trouble de la vision (points lumineux, par exemple), une perte des sensations ou de la parole et elle précède toujours la douleur. Le diagnostic ne fait aucun doute si au moins 3 des 4 caractéristiques suivantes sont retrouvées : réversibilité totale du ou des symptômes de l aura, installation sur plus de 4 minutes, mais moins de 60 minutes, un intervalle entre l aura et le mal de tête inférieur ou égal à 60 minutes. Gare aux formes atypiques! Il n y a pas besoin d examens complémentaires, sauf si la migraine est atypique. En l occurrence, débuter une migraine après 50 ans, ce n est pas habituel et cela peut donc masquer un autre problème neurologique, à rechercher par des investigations complémentaires
Les facteurs déclenchants Ce qui peut jouer Certains facteurs ont la fâcheuse manie de déclencher une crise. Comme ils varient d un migraineux à l autre, à chacun de lister ceux qui sont en cause pour mieux les éviter à l avenir. Parmi les facteurs les plus fréquents, il y a : les alcools, le chocolat, les fromages fermentés, les glaces, le jeûne, le manque de sommeil et le stress. Pour certaines femmes, il y a enfin les règles et l on parle alors de migraines cataméniales. Un agenda de la migraine, pour quoi faire? Lorsque les crises migraineuses sont peu fréquentes et rapidement soulagées, il n y a pas d intérêt à tenir un agenda de la migraine. En revanche, lorsque la migraine est handicapante, qu un traitement de fond est justifié et qu un seul interrogatoire ne suffit pas à dégager les situations à risque, le neurologue peut demander de tenir un agenda des crises pendant plusieurs semaines, en notant ce qu on faisait, ce qu on a mangé ou bu juste avant, si c était bruyant autour de nous, etc. Michael Nivelet Le saviez-vous? 4 millions de migraineux (50%) font plus d une crise par mois. Parmi eux, 800.000 ont une migraine chronique (soit 10%) et 240.000 (3%) ont une surconsommation de médicaments mettant leur santé en danger!
Ça change la vie! D adopter les bons réfl exes En tout début de crise, ça soulage de glisser des glaçons dans un gant et de l appliquer sur la tempe. S allonger dans une pièce au calme, fermer les volets et masser son point d acupuncture situé à la jonction du pouce et de l'index, au niveau du creux, avec le pouce de l'autre main et dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Que ce soit pour la céphalée de tension ou la crise migraineuse, les traitements respectifs sont plus efficaces quand on les prend alors que la douleur débute. De ne plus se tromper de traitement Les céphalées de tension répondent bien au paracétamol et aux anti-inflammatoires non stéroïdiens. Les migraines relèvent d un traitement de la crise (triptans, bientôt les gepans) et en cas de crises fréquentes et/ou invalidantes, d un traitement de fond, sur prescription (bêtabloquant, inhibiteur calcique, antisérotoninergique, antiépileptique, antidépresseur ). Le principal risque, lorsqu on s automédique alors qu on a une authentique migraine, c est l échec : la moitié des migraineux qui ne se soignent pas correctement, en sont quittes pour faire au moins deux crises mensuelles! De plus, en cas d abus des antalgiques, il existe un vrai risque d accoutumance et au final, une aggravation des maux de tête. À ce stade, une hospitalisation avec sevrage des médicaments est la seule solution. Piotr Marcinski
Allo les "pros"? C est quoi, le Centre Urgence Céphalées? Les habitants d Île de France ont de la chance : ils peuvent se rendre au Centre Urgence Céphalées de Lariboisière, qui est unique en Europe. Ce centre est dédié à toutes les céphalées de survenue récente, d installation brutale et/ou d une sévérité inhabituelle. Il permet de repérer les maux de tête révélateurs d une pathologie potentiellement grave (rupture d anévrisme, méningite, etc.) et de soulager les autres maux de tête récalcitrants, mais qui n ont pas de caractère d urgence vitale. La question à se poser Dois-je m inquiéter devant une nouvelle crise? Oui, si elle est atypique, avec des douleurs intenses de survenue brutale ou encore, des maux de tête insupportables, voire des symptômes inhabituels. Dans toutes ces situations, il faut appeler le SAMU au 15. Un avis médical doit également être pris si la céphalée augmente progressivement d intensité au fil des jours, sans rémission et que les traitements habituels ne sont plus efficaces, à plus forte raison si des signes neurologiques s y associent : faiblesse d un membre, vision double ou cécité temporaire d un œil, etc. Non, si la crise cède facilement avec les antalgiques habituels et/ou si elle ressemble en tout point aux précédentes crises. Sources : Urgences pratiques 2008, n 91. Migraine des enfants : www.migraineenfant.org. Informations médicales validées par l expertise du Dr Didier Rougemont, médecin neurologue. 10-2012/ Création : Institut Moncey pour Assureurs Prévention / Source images : Fotolia. Couv. jd-photodesing Plus d'informations sur www.assureurs-prevention.fr