Position et vitesse d une particule quantique. L équation de Schrödinger générale

Documents pareils
Amphi 3: Espaces complets - Applications linéaires continues

La fonction d onde et l équation de Schrödinger

TD 9 Problème à deux corps

I - Quelques propriétés des étoiles à neutrons

TSTI 2D CH X : Exemples de lois à densité 1

Commun à tous les candidats

Précision d un résultat et calculs d incertitudes

DYNAMIQUE DE FORMATION DES ÉTOILES

Erratum de MÉCANIQUE, 6ème édition. Introduction Page xxi (milieu de page) G = 6, m 3 kg 1 s 2

Etrangeté et paradoxe du monde quantique

TD1 PROPAGATION DANS UN MILIEU PRESENTANT UN GRADIENT D'INDICE

= b j a i φ ai,b j. = ˆBa i φ ai,b j. = a i b j φ ai,b j. Par conséquent = 0 (6.3)

Exercices - Fonctions de plusieurs variables : corrigé. Pour commencer

Chapitre 1. Une particule quantique sans spin, à 1 dimension (I) 1.1 Espace des états : les fonctions d'ondes

NOTICE DOUBLE DIPLÔME

Chapitre 0 Introduction à la cinématique

Puissance et étrangeté du quantique Serge Haroche Collège de France et Ecole Normale Supérieure (Paris)

Circuits RL et RC. Chapitre Inductance

Interaction milieux dilués rayonnement Travaux dirigés n 2. Résonance magnétique : approche classique

POLY-PREPAS Centre de Préparation aux Concours Paramédicaux. - Section Orthoptiste / stage i-prépa intensif -

Dualité dans les espaces de Lebesgue et mesures de Radon finies

Souad EL Bernoussi. Groupe d Analyse Numérique et Optimisation Rabat http ://

Travaux dirigés d introduction aux Probabilités

Professeur Eva PEBAY-PEYROULA

Physique quantique et physique statistique

Contenu pédagogique des unités d enseignement Semestre 1(1 ère année) Domaine : Sciences et techniques et Sciences de la matière

Méthodes de quadrature. Polytech Paris-UPMC. - p. 1/48

M1107 : Initiation à la mesure du signal. T_MesSig

Approximations variationelles des EDP Notes du Cours de M2

Les équations différentielles

Chapitre 2 Le problème de l unicité des solutions

Exercice autour de densité, fonction de répatition, espérance et variance de variables quelconques.

SUJET ZÉRO Epreuve d'informatique et modélisation de systèmes physiques

La Licence Mathématiques et Economie-MASS Université de Sciences Sociales de Toulouse 1

Fonctions de plusieurs variables, intégrales multiples, et intégrales dépendant d un paramètre

MATHS FINANCIERES. Projet OMEGA

Mécanique Quantique EL OUARDI EL MOKHTAR LABORATOIRE MÉCANIQUE & ÉNERGÉTIQUE SPÉCIALITÉ : PROCÈDES & ÉNERGÉTIQUE. dataelouardi@yahoo.

Modèles à Événements Discrets. Réseaux de Petri Stochastiques

Quantité de mouvement et moment cinétique

Développements limités, équivalents et calculs de limites

Chapitre 2 Les ondes progressives périodiques

Aucune frontière entre. Jean-Louis Aimar

SYSTEME DE PARTICULES. DYNAMIQUE DU SOLIDE (suite) Table des matières

Simulation de variables aléatoires

Calculs de probabilités avec la loi normale

LE PHYSICIEN FRANCAIS SERGE HAROCHE RECOIT CONJOINTEMENT LE PRIX NOBEL DE PHYSIQUE 2012 AVEC LE PHYSICIEN AMERCAIN DAVID WINELAND

Les correcteurs accorderont une importance particulière à la rigueur des raisonnements et aux représentations graphiques demandées.

Lycée Galilée Gennevilliers. chap. 6. JALLU Laurent. I. Introduction... 2 La source d énergie nucléaire... 2

3. Conditionnement P (B)

Cours d électricité. Introduction. Mathieu Bardoux. 1 re année. IUT Saint-Omer / Dunkerque Département Génie Thermique et Énergie

Cours IV Mise en orbite

Optimisation non linéaire Irène Charon, Olivier Hudry École nationale supérieure des télécommunications

Introduction à l analyse numérique : exemple du cloud computing

* très facile ** facile *** difficulté moyenne **** difficile ***** très difficile I : Incontournable T : pour travailler et mémoriser le cours

Examen optimisation Centrale Marseille (2008) et SupGalilee (2008)

Projet de Traitement du Signal Segmentation d images SAR

TABLE DES MATIÈRES CHAPITRE I. Les quanta s invitent

Interactions des rayonnements avec la matière

Chapitre 1 : Introduction aux bases de données

ANALYSE NUMERIQUE ET OPTIMISATION. Une introduction à la modélisation mathématique et à la simulation numérique

Qu est-ce qu un ordinateur quantique et à quoi pourrait-il servir?

Étude des Corrélations entre Paramètres Statiques et Dynamiques des Convertisseurs Analogique-Numérique en vue d optimiser leur Flot de Test

Sur certaines séries entières particulières

Exo7. Matrice d une application linéaire. Corrections d Arnaud Bodin.

Chapitre 3. Mesures stationnaires. et théorèmes de convergence

Q6 : Comment calcule t-on l intensité sonore à partir du niveau d intensité?

9 Septembre Déclaration de soutien au Pacte Mondial

Système de sécurité de périmètre INTREPID

SEANCE 4 : MECANIQUE THEOREMES FONDAMENTAUX

Repérage d un point - Vitesse et

Probabilités. Rappel : trois exemples. Exemple 2 : On dispose d un dé truqué. On sait que : p(1) = p(2) =1/6 ; p(3) = 1/3 p(4) = p(5) =1/12

Chapitre 7. Statistique des échantillons gaussiens. 7.1 Projection de vecteurs gaussiens

POLY-PREPAS Centre de Préparation aux Concours Paramédicaux. - Section Audioprothésiste / stage i-prépa intensif -

Quantification Scalaire et Prédictive

DM n o 8 TS Physique 10 (satellites) + Chimie 12 (catalyse) Exercice 1 Lancement d un satellite météorologique

Programmes des classes préparatoires aux Grandes Ecoles

Une fréquence peut-elle être instantanée?

Correction du Baccalauréat S Amérique du Nord mai 2007

Comprendre l Univers grâce aux messages de la lumière

Dynamique des protéines, simulation moléculaire et physique statistique

M6 MOMENT CINÉTIQUE D UN POINT MATÉRIEL

Chapitre 11: Réactions nucléaires, radioactivité et fission

Chapitre 1 Cinématique du point matériel

PHYSIQUE Discipline fondamentale

OM 1 Outils mathématiques : fonction de plusieurs variables

Cours d Analyse. Fonctions de plusieurs variables

Compétence 3-1 S EXPRIMER A L ECRIT Fiche professeur

10 leçon 2. Leçon n 2 : Contact entre deux solides. Frottement de glissement. Exemples. (PC ou 1 er CU)

Oscillations libres des systèmes à deux degrés de liberté

Première partie. Préliminaires : noyaux itérés. MPSI B 6 juin 2015

PHYSIQUE-CHIMIE. Partie I - Spectrophotomètre à réseau

Panorama de l astronomie. 7. Spectroscopie et applications astrophysiques

Fiche PanaMaths Calculs avec les fonctions sous Xcas

3 Approximation de solutions d équations

Corrigé du baccalauréat S Asie 21 juin 2010

Systèmes de communications numériques 2

FICHE 1 Fiche à destination des enseignants 1S 16 Y a-t-il quelqu un pour sauver le principe de conservation de l énergie?

Probabilités et Statistiques. Feuille 2 : variables aléatoires discrètes

Molécules et Liaison chimique

Transcription:

Position et vitesse d une particule quantique L équation de Schrödinger générale Chapitre 2 Joseph Fourier 1768-1830 William R. Hamilton 1805-1865

La particule libre en mécanique quantique En mécanique quantique, l état d une particule ponctuelle est décrit par une fonction d onde (x, t) (on se limitera ici au cas à une dimension) Description probabiliste : Une mesure de position donnera le résultat x à dx près avec la probabilité dp = (x, t) 2 dx densité de probabilité : P(x, t) = (x, t) 2 Evolution dans le temps : Si la particule est libre, c est-à-dire n est soumise à aucune force, ni aucune mesure, l évolution de (x, t) est donnée par i t = 2 2m 2 x 2

Questions centrales du cours d aujourd hui Que trouve-t-on quand on mesure la vitesse ou l impulsion d une particule? Il s agit également d un résultat probabiliste, avec une densité de probabilité reliée à la transformée de Fourier de (x, t) Notion d opérateur position et d opérateur impulsion Equation de Schrödinger en présence d un potentiel V (x) Peut-on connaître à la fois la position et l impulsion d une particule? Les relations d'incertitude de Heisenberg.

1. La transformation de Fourier propagation de la chaleur u(x, t) t = D 2 u(x, t) x 2

Des séries de Fourier à la transformation de Fourier T g(t) t g(t) = Fonction périodique g(t) de classe C 2 + n= Convergence uniforme, f n = 1 T f 0 = 2 n e in 0t T T 0 e in 0t g(t) dt g(t) Peut-on exprimer g(t) comme une somme «continue» d exponentielles oscillantes t? e i t? g(t) = + f( )e i t d Si oui, comment trouver f( ) connaissant g(t)?

La transformation de Fourier, du cours de maths au cours de physique Maths en tronc commun : la TF est définie dans L 1 (fonctions sommables) f ˆf ˆf( ) := R N e i x f(x) dx Physique : la TF est défini dans L 2 (fonctions de carré sommable) 1D : (p) := 1 2 + e ixp/ (x) dx xp/ : sans dimension, x = longueur, = Joule.seconde p = impulsion On utilise aussi l espace S de Schwartz : fonctions C décroissant plus vite que toute puissance de x à l infini

Les propriétés essentielles de la TF pour la physique (I) Connaissant (x), on calcule (p) en utilisant (p) = 1 2 + e ixp/ (x) dx Inversement, peut-on reconstruire (x) si on connaît sa TF (p)? OUI! (x) = 1 2 + e ixp/ (p) dp On dit pour simplifier que (x) et (p) sont TF l une de l autre, même s il faut se souvenir de la valeur du signe dans e ±ixp/ (x) TF (p)

Les propriétés essentielles de la TF pour la physique (II) La TF est une isométrie pour l espace L 2 TF 1(x) 1(p) 2(x) 2(p) TF 1(x) 2(x) dx = 1 (p) 2 (p) dp Notation compacte: 1 2 = 1 2 Si (x) est normée, alors (p) l est également : 1= (x) 2 dx = (p) 2 dp Notation compacte: 1= =

Les propriétés essentielles de la TF pour la physique (III) Dérivation et transformée de Fourier (x) TF (p) On part de (x) = 1 2 e ixp/ (p) dp et on suppose qu on peut dériver sous le signe intégral (OK dans l espace S) On en déduit la TF de la dérivée de par rapport à x : d (x) dx = 1 2 e ixp/ [ ] ip (p) dp d (x) dx TF ip (p) Dérivation par rapport à x dans l espace des positions = multiplication par p dans l espace des impulsions

2. La distribution en impulsion d une particule quantique

Comment faire une mesure de vitesse ou d impulsion? A l instant t =0, la particule a pour fonction d onde (x, 0) (x, 0) 2 x 0 x x 0 Méthode de temps de vol : la particule évolue pendant un temps t suffisamment long de sorte que x t x 0 (on peut montrer que x t t quand t ) L x 0 x t x = x 0 + L x Probabilité pour que la particule parcourt la distance L pendant le temps t? L analyse rigoureuse de ce problème est faite au chapitre 2, 6 (hors programme)

La densité de probabilité pour l impulsion Proposition : si une particule est dans l état probabilité pour son impulsion est : P(p) = (p) 2 (x), alors la distribution de (x) TF (p) Est-ce mathématiquement possible? On a vu que (p) est normée si (x) est normée, donc P(p) dp =1 P(p) peut donc bien être une densité de probabilité Est-ce physiquement réaliste? Classiquement, une fois connue la trajectoire l impulsion de la particule par : p = m dx dt x(t) de la particule, on définit Retrouve-t-on ce résultat au niveau quantique pour les valeurs moyennes?

Impulsion moyenne d une particule libre quantique Au niveau quantique, on sait calculer l évolution de la position moyenne de la particule en fonction du temps : (x, 0) 2 (x, t) 2 x x x 0 x t x 0 = x (x, 0) 2 dx x t = x (x, t) 2 dx Trouve-t-on p t = m d x t dt si on définit par p t = p (p, t) 2 dp? p t

Un résultat utile pour la suite du cours (p) TF (x) Comment s exprime p = p (p) 2 dp en fonction de (x)? On réécrit cette valeur moyenne sous la forme : p = (p) p (p) dp isométrie : 1 (p) 2 (p) dp = 1(x) 2(x) dx TF ' 1 ( p )='( p ) 1 (x) = (x) dérivation : 2(p) =p (p) TF 2(x) = i d (x) dx d où le résultat: p = (x) i d (x) dx dx

Retour à la question : p t = m d x t? dt L évolution de la position moyenne de la particule est donnée par d x t dt = d dt x (x, t) (x, t) dx = x t dx + x t dx On injecte alors l évolution donnée par l équation de Schrödinger i t = 2 2m 2 x 2 i t = 2 2m 2 x 2 Intégrations par parties en supposant que m d x t dt = i x dx tend vers 0 quand x à vérifier en exercice = p t (cf. diapo précédente) Question résolue!

3. Opérateurs position, impulsion, énergie et l équation de Schrödinger générale

Position et impulsion en mécanique quantique Valeur moyenne de la position : x = x (x) 2 dx = (x) x (x) dx Valeur moyenne de l impulsion : p = p (p) 2 dp = (x) i d dx dx Structure commune en terme d opérateur : x = (x) [ˆx (x)] dx (x) ˆx x (x) multiplication par x p = (x) [ˆp (x)] dx (x) ˆp i d (x) dx dérivation par rapport à x (à près) Nous généraliserons plus tard cette structure à toute quantité physique

Retour sur l équation de Schrödinger pour une particule libre Nous avons que l évolution de la fonction d onde était régie à une dimension par l équation : i t = 2 2m 2 x 2 (x, t) d une particule libre Cette équation peut se réécrire en utilisant l opérateur impulsion i t = ˆp2 2m avec (x) ˆp i (x) x ou encore i t = Ĥ avec Ĥ = ˆp2 2m Ĥ est l opérateur «énergie cinétique», qui coïncide ici avec l énergie totale car aucun potentiel n est pris en compte Equation de Schrödinger = lien temps - énergie

L équation de Schrödinger en présence d un potentiel V(x) Nous allons garder la structure i t = Ĥ x en incluant dans Ĥ toutes les contributions à l énergie de la particule : cinétique et potentielle Ĥ : opérateur énergie totale ou «Hamiltonien» Principe 2 (cas général) L équation de Schrödinger qui régit l évolution de la fonction d onde d une particule de masse m en mouvement dans le potentiel V(x) s écrit : Ecriture explicite : i t = Ĥ Ĥ (x, t) = avec 2 2m Ĥ = ˆp2 2m + V (ˆx) 2 (x, t) x 2 + V (x) (x, t) Equivalent quantique du principe fondamental de la dynamique (Newton) (x, t)

4. Paquets d ondes et inégalité de Heisenberg

Interprétation «physique» de la TF Premier amphi : on a vu l onde de de Broglie (x) =e ixp 0/ associée à une particule d impulsion, mais cette onde n est pas normalisée p 0 Aujourd hui : toute fonction d onde normalisée peut s écrire (x) = 1 2 e ixp/ (p) dp (x) est une superposition d ondes de de Broglie (p) représente l amplitude de l onde e ixp/ e ixp/ dans ce développement + + = paquet d ondes

La TF est similaire au développement sur une base Développement d un vecteur A sur une base orthonormée { u n } A = n n u n à relier à (x) = 1 2 e ixp/ (p) dp Élément à développer vecteur A fonction (x) Type de somme somme discrète intégrale Vecteurs de base «poids» d un vecteur de base normalisation n u n u p (x) =e ixp/ / 2 n 2 (p) 2 n 2 =1 (p) 2 dp =1 On peut formaliser cette analogie en introduisant la notion de base continue. Hors programme pour ce cours (bases hilbertiennes dans l amphi 5)

L exemple d un paquet d ondes «gaussien» Les calculs de TF peuvent être menés analytiquement avec les gaussiennes P(p) (p) e (p p 0) 2 /(4q 2 ) P(p) e (p p 0) 2 /(2q 2 ) 2 p p moyenne : écart-type : p = p 0 p = q p 0 Quelle est la fonction d onde (x) correspondante? Re( ) h/p 0 x moyenne : écart-type : (x) e ip 0x/ e q2 x 2 / 2 P(x) e 2q2 x 2 / 2 x =0 x = 2q 2 x Pour ce paquet d ondes gaussien, on a toujours : x p = 2

Deux cas limites intéressants du paquet gaussien Le paquet quasi-monocinétique : Re( ) p p 0 Il y a alors beaucoup d oscillations de (x) avec une amplitude similaire car x = h x = p 0 2 p x On retrouve une onde plane dans la limite p 0 Le paquet bien localisé : x Re( ) L impulsion est alors mal définie : p p 0 x x p = 2 : un paquet ne peut pas être à la fois bien localisé et quasi-monocinétique

L inégalité de Heisenberg dans le cas général On se donne une fonction d onde normalisée (x), de TF (p) Distribution de probabilité pour la position de la particule : P(x) = (x) 2 x = x (x) 2 dx x = x 2 x 2 1/2 Distribution de probabilité pour l impulsion de la particule : P(p) = (p) 2 p = p (p) 2 dp p = p 2 p 2 1/2 On a toujours : x p 2 cf. PC égalité atteinte seulement pour les gaussiennes

Signification physique de l inégalité de Heisenberg Il est impossible de préparer une particule dans un état tel que la position et l impulsion de la particule soient simultanément arbitrairement bien définies On considère 2N particules toutes préparées dans le même état (x) TF (p) Mesure de la position sur N particules n(x) Mesure de l impulsion sur N particules n(p) x x x x Ces histogrammes ne peuvent pas être simultanément arbitrairement étroits Cette relation d'incertitude n'a rien à voir avec la résolution des appareils de mesure, c'est-à-dire la largeur des canaux des histogrammes p 2 p p p

5. La catastrophe classique de l effondrement de la matière par rayonnement

L instabilité de la matière «classique» (1) La «catastrophe» du rayonnement classique pour un atome : un électron tournant autour d un noyau est accéléré, une charge accélérée rayonne. Dans le modèle planétaire classique, l électron en rotation autour du noyau finit par «tomber» sur ce noyau. Un électron en mouvement circulaire uniforme de rayon r et de pulsation énergie potentielle : V (r) = e 2 /r e 2 = q2 4 " 0 équilibre des forces : m! 2 r = e 2 /r 2! énergie cinétique : E cin = e2 2r énergie totale : E tot = E cin + V (r) = E tot 2r r 0 e2

L instabilité de la matière «classique» (2) Puissance rayonnée par une charge accélérée (cf. cours d électromagnétisme antérieur) : P e2 a 2 a =! 2 r : accélération c 3 c : vitesse de la lumière Perte relative d énergie sur un tour : E e 2 3/2 E tot 4 /r mc 2 Valeur typiques : r =1Å! 2 10 16 s 1 e 2 /r mc 2 3 10 5 La perte relative d énergie par tour est faible ( 10 6 ), mais l électron fait!/(2 ) 3 10 15 tours par seconde En un temps de l ordre de m 2 c 3 r 3 /e 4 0.4 ns, l électron devrait tomber sur le noyau!

La stabilité de la matière «quantique» L classique quantique Les atomes sauvés par l inégalité de Heisenberg Confiner une particule dans une région d étendue L «coûte» de l énergie cinétique : x L p On a ici hpi =0 et donc 2L E cin = Quand la taille L de «l orbite» tend vers 0, ce coût en énergie cinétique / 1/L 2 l emporte sur le gain en énergie potentielle / 1/L p2 2m ~ 2 8mL 2

La taille de «l orbite» de l électron qui minimise son énergie totale E tot = E cin + E pot E tot E cin ~2 8mL 2 E pot V (L) = e2 L L min L Minimum de ~ 2 e 2 8mL 2 L atteint pour L min = ~2 4me 2 Raisonnement non rigoureux, mais qui donne bien (à un facteur numérique près) le rayon de Bohr, c est-à-dire la taille de l état fondamental de l atome d hydrogène Dans cet état fondamental, l atome ne peut pas rayonner d énergie

En résumé Distribution de probabilité pour la position (x) 2 et pour l impulsion (p) 2 TF x p 2 Structure opératorielle : x = (x) [ˆx (x)] dx Opérateur position : (x) ˆx x (x) p = (x) [ˆp (x)] dx Opérateur impulsion : (x) ˆp i (x) x Equation de Schrödinger générale : i t = Ĥ Opérateur énergie ou «Hamiltonien» Ĥ = ˆp2 2m + V (ˆx)