Albichir. Points saillants pour Mai Analyse de la disponibilité alimentaire

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Transcription:

Albichir Analyse approfondie des marchés et de la sécurité alimentaire au Niger No. 07 Mai 2010 Points saillants pour Mai 2010 Un tassement des importations de mil en provenance du Nigéria, du Bénin et du Burkina Faso qui se poursuit, avec un différentiel de prix plutôt stable par rapport au mois passé. Des importations légèrement plus actives que le mois passé pour le mais, avec des prix sur les marchés de provenance plutôt en baisse alors que les prix au Niger sont en hausse. Alors que se poursuivent au Burkina, Mali et Bénin, les opérations d achat régionaux dans le cadre des interventions d urgence, les flux d importations ne semblent pas perturbés et continuent à présenter une tendance attendue pour la période. Une demande des céréales plutôt stable sur les marchés, malgré la période, résultant du démarrage des opérations d assistance alimentaire, mais aussi de l érosion du pouvoir d achat des ménages, limités par leurs sources des revenus en cette période. L érosion du pouvoir d achat ayant pour corollaire la détérioration de la situation de sécurité alimentaire des ménages vulnérables. Des prix constants qui continuent leur augmentation ; cependant, une tendance à l amélioration ce mois ci avec des niveaux de prix qui reviennent en deçà des niveaux de 2005 pour la même période. Cette tendance, qui s inverse par rapport au mois dernier pourrait s expliquer par l effet potentiel sur les marchés des distributions d urgence en cours depuis le mois d avril. Des termes de l échange Bouc/Mil qui continuent leur détérioration rapide, avec des niveaux nettement en deçà de la moyenne des cinq ans et, sur certains marchés, en dessous du niveau de 2005. Cette situation ayant pour conséquence immédiate une perte de pouvoir d achat des pastoraux et éleveurs nomades de plus de moitié depuis le début de l année et, sur le moyen à long terme, l appauvrissement de leur capital et principal moyen d existence, avec la vente accrue de bétail. 1 Analyse de la disponibilité alimentaire De manière générale, les flux transfrontaliers sont caractérisés au cours de ce mois par un fléchissement relatif des transactions de céréales de mil et de sorgho. A l exception de Malanville au Bénin et Damassak du côté nord Nigeria où une légère reprise a été observée à la mi mai 2010, les flux des produits céréaliers en provenance de Jibia (Nigeria), d Illéla (Nigeria), Maï Adoua (Nigeria), Maï Gatari et Namouno (Burkina Faso) sont en stagnation depuis Mars 2010. Ainsi, les flux sont comme au cours des deux derniers mois, de faible intensité pour ces céréales occasionnant des replis localisés des importations.

2 Pour le cas du maïs, les flux à partir de Malanville et Damassak se sont, eux, sensiblement améliorés au cours du mois de Mai 2010 comparativement au mois précédent. L analyse basée sur le différentiel des prix par paire de marchés 1 illustrée sur la carte ci dessous montre que des flux de forte intensité persistent de Malanville (Bénin) et Damassak (Nigeria) vers le Niger, et ce principalement pour le maïs. Ceci s explique par la baisse du prix du maïs sur le marché de Malanville ( 9% en moyenne) et une décélération de la hausse de prix à Damassak (+1%) alors que les prix au Niger restent élevés. D après les agents du terrain, l offre du maïs sur le marché de Malanville pourrait encore se renforcer dans les jours à venir avec l installation progressive de la campagne agricole d hivernage 2010 favorisant le déstockage des grains à cause des limitations de stockage rencontrées par les commerçants, au Bénin. Il est à noter que les opérations d achats sous régionaux de large échelle 2 qui sont en cours depuis le mois d Avril n ont à priori pas perturbés le fonctionnement régulier des flux d importations ; en effet, l analyse du différentiel montre que celui ci est resté stable sur presque toutes les paires de marches ce mois ci. Aucun disfonctionnement majeur sur les échanges céréaliers avec les pays fournisseurs du Niger n a jusqu ici été constaté, alors que les importations régulières continuent, au delà des achats régionaux. Les prix dans les marchés de provenance avaient réagi aux annonces d achats lors du mois d Avril où a été constaté une hausse du prix du mais sur le marché de Malanville (Bénin). Ce mois ci, on constate au contraire une diminution du prix du mais sur ce même marché de provenance, suite à l augmentation de l offre. Sur les marchés nationaux, on assiste ce mois ci à une augmentation du niveau des prix des céréales sèches (+3% pour le mil, +6% pour le sorgho et +5% pour le maïs) qui est liée à un accroissement continu de la demande, accrue par le retour des éxodants et le besoin de reconstitution des stocks destinés aux travaux champêtres, au fur et à mesure de l installation de la campagne. Toutefois, cette tendance des prix au Niger à la hausse semble être atténuée par la poursuite des opérations d assistance alimentaire ; L installation de la campagne agricole 2010/2011 sera également importante dans l évolution de l offre sur les marchés et donc sur les prix des mois à venir. En effet, selon les perspectives de la campagne, il est encore probable que des opérations de déstockage des commerçants aient eu, limitant ainsi la hausse des prix.

Analyse de l accessibilité alimentaire 3 Par rapport au mois dernier, la situation des prix nominaux du mil est dominée au mois de mai 2010 par une augmentation des niveaux de prix sur tous les marchés des chefs lieux des régions (variant entre +4% à Dosso et Maradi et +11% à Agadez) à l exception de Diffa et Tillaberi qui ont respectivement enregistré une légère baisse de 1% et une stabilité. Par ailleurs, comme le montre le graphique ci dessous, les prix constants 3 les plus élevés au cours de cette période sont observés à Niamey (240 F CFA/kg), Agadez (231 F CFA/kg), Tahoua (230 F CFA/kg) et Tillabéry (229 F CFA/kg) tandis que les plus bas sont comme le mois précédent relevés sur les marchés de Maradi (200 F CFA/kg) et Zinder (204 F CFA/kg). Sur l ensemble des marchés considérés, les prix constants du mil en mai 2010 restent nettement supérieurs à la moyenne 1991 2010 pour le mois (tableau ci dessous) laissant ainsi entrevoir des difficultés importants d approvisionnement en céréales, particulièrement pour les ménages les plus vulnérables et au pouvoir d achat réduit. La hausse des prix constants de ce mois ci se situe entre 15% au dessus de la moyenne de long terme, pour la hausse la plus limitée (marché de Tillabéry) et 48% pour la hausse la plus importante (marché de Maradi), illustrant la difficulté pour les ménages les plus vulnérables à pouvoir s approvisionner et faire face à leurs besoins alimentaires, cette année. Il faut noter que le marché de Diffa 4 est moins affecté par la hausse des prix nominaux, probablement à cause d une importante capacité de substitution du maïs au mil dans les pratiques alimentaires des ménages. Prix constant du mil sur les marchés des chefs-lieux de régions au cours des mois de Mai 310 Mai. 91-2009 Mai. 2005 Mai. 2010 260 Fcfa / Kg 210 160 110 60 Agadez Diffa Dosso Maradi Tahoua Tillabéry Zinder Niamey Prix SIMA, IPC calculé par l'ins Toutefois, l analyse de Mai montre que les niveaux des prix sont en dessous de ceux de 2005, pour la même période, et ce dans tous les chefs de lieux de régions. Ce constat est important car il vient infirmer la tendance inquiétante du mois précédent où, sur certains marchés, les niveaux de 2010 avaient dépassé ceux de 2005, année de crise alimentaire aigue.

4 Tableau : Evolution du prix constant, Mai. 2009 comparé à la moyenne sur la période Mai. 1991 2010. Agadez Diffa Dosso Maradi Tahoua Tillabéry Zinder Niamey 38% 22% 18% 48% 22% 15% 43% 29% L accessibilité alimentaire des ménages est aussi appréhendée par une analyse des termes de l échange. L indicateur termes de l échange permet de comprendre la capacité d achat en céréales, ici le mil en échange de la vente d un bouc. En cette période, l analyse des termes de l échange bouc contre mil sur le marché d Abalak, situé en zone pastorale, indique qu en mai 2010, un éleveur ne pouvait qu obtenir que 52 kg de mil en vendant un bouc contre 73 kg le mois précédent. Ceci illustre la perte de la capacité des ménages à s approvisionner en céréales. A ce jour, les termes de l échange sont largement en défaveurs des éleveurs et populations pastorales, avec une chute de moitié de leur pouvoir d achat depuis le début de l année. Bien que cette diminution des TDE soient attendues pour la période, sa détérioration est elle rapide et atteint des niveaux inquiétants : en effet, comparé au mois de Avril 2010, les TDE se sont détériorés de l ordre de 22%, restant en dessous de la moyenne des cinq dernières années. Par ailleurs, la tendance observée le mois passé se confirme sur certains marchés (voir ci dessous, graphe sur le marché de Mangaizé), avec des TDR qui se trouvent en dessous du niveau de 2005 ; en 2005, cet indicateur avait atteint ses niveaux records affectant la capacité de résilience des ménages sur le long terme. Aux vues du mauvais état d embonpoint des animaux, les TDE pourraient continuer à se détériorer dans les mois à venir, exposant les ménages pasteurs à des difficultés accrues d accès aux aliments de base. Marché de Mangaizé : variation des termes de l'échange 1 bouc contre kg de mil 140 TOT2005-2009 Bouc/ Kg Mil TOT2005 Bouc/ Kg Mil TOT2010 Bouc/ Kg Mil 120 100 Kg de mil 80 60 40 20 Jan. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc.

5 Marché d'abalak : variation des termes de l'échange 1 bouc contre kg de mil 120 TOT2005-2009 Bouc/ Kg Mil TOT2005 Bouc/ Kg Mil TOT2010 Bouc/ Kg Mil 110 100 90 Kg de mil 80 70 60 50 40 30 20 Jan. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. Conclusions et perspectives Les différents flux d importations de céréales sèches (mil et sorgho) en provenance des marchés transfrontaliers confirment leur tendance à la baisse avec un différentiel qui stagne sur la plupart des marchés paires. Les flux comme attendus en cette période continuent leur ralentissement, à l exception des flux d importations de mais entre les marchés de Malanville (Bénin) et Damassak (Nigéria) qui sont restés relativement actifs ce mois ci. On assiste ce mois ci à une diminution des prix, sur les marchés sous régionaux, notamment pour le mais, alors que les prix sur les marchés nationaux restent en hausse; mise à part un tassement des prix du mais dans les marchés transfrontaliers, les opérations d achats régionaux ne semblent pas, pour autant, perturber le fonctionnement régulier des importations. Les prix constants sont toujours en hausse, avec des augmentations importantes. Cependant, la tendance inquiétante du mois précédent s est inversée et les prix constants sont revenus à des niveaux inférieurs à ceux de 2005. Les termes de l échange continuent eux leur dégradation rapide et les niveaux continuent à évoluer ce mois ci en deçà des niveaux de 2005, laissant envisager des conséquences immédiates mais aussi de moyen à long termes. Globalement, la demande continue d augmenter avec la soudure et les niveaux des prix sur les marchés du Niger continuent leur progression; cependant, les distributions alimentaires d urgence tendent à limiter la hausse de la demande et la flambée des prix. La situation reste cependant critique pour un grand nombre de ménages vulnérables dont le pouvoir d achat est limité en cette période de soudure et de préparation à la campagne agricole. La situation est également inquiétante pour les populations pastorales qui voient leur pouvoir d achat se réduire de façon critique ; ces éléments contribuent à détériorer davantage la sécurité alimentaire des ménages et leurs capacités à subvenir à leurs besoins alimentaires, et ce dans une période où la consommation alimentaire est déjà monotone et peu diversifiée. Il est attendu que les actions d assistance alimentaire en cours dans toutes les régions continuent à limiter la hausse de la demande limitant le besoin de recourir au marché. Cependant, l évolution de la campagne agricole sera déterminante sur le comportement des marchés et des commerçants qui jouent sur l offre.

Recommandations 6 Afin de continuer à limiter la hausse attendue de la demande avec le retour des exodants et la période de préparation de la campagne agricole, et donc une montée des prix sur les marchés nigériens, le deuxième tour de distributions gratuites ciblées doit démarrer au plus tôt. Les distributions de semences devraient être intensifiées afin de protéger la ration alimentaire des ménages et de permettre aux ménages les plus vulnérables de s investir dans cette campagne agricole 2010/2011. Le suivi de l impact des achats régionaux doit se poursuivre dans les semaines à venir. De même, le suivi de l évolution de la campagne agricole 2010/2011 est important pour mieux comprendre les comportements des commerçants et notamment la gestion des stocks dans les semaines à venir qui joue sur l offre et la capacité à répondre à une demande en hausse pendant la période de soudure. Les interventions visant à aider les populations pastorales et protéger leurs bétails sont urgentes et devraient être intensifiées pour limiter la détérioration rapide des termes de l échange qui, au delà des conséquences immédiates, aura des conséquences de moyen terme sur les moyens d existence de ces populations. La situation pastorale doit être suivie et mise à jour afin de mieux cibler ces populations et diriger les interventions : notamment les informations sur la disponibilité du fourrage résiduel, le mouvement et la concentration des pasteurs éleveurs. Contact : SIMA : Sani Laouli, slaos1@yahoo.fr Coordinateur du Système d information des marchés agricoles (SIMA), Niger PAM : Perrine Geniez, Perrine.geniez@wfp.org Chargée de l analyse et cartographie de la vulnérabilité, Programme Alimentaire Mondial (PAM), Niger FEWS Net : Yacouba Hama, HYacouba@fews.net Représentant du Famine Early Warning Systems Networks (FEWS Net), Niger