Sédation en situation terminale

Documents pareils
EXEMPLE DE METHODOLOGIE POUR L ELABORATION D UN PROTOCOLE DOULEUR Marie AUBRY Infirmière référente douleur Hôpital TENON AP-HP Paris XX e SOMMAIRE

Quelles attitudes en fin de vie? Acharnement? Euthanasie? Soins palliatifs?

Droits des malades en fin de vie. Connaître la loi Leonetti et l appliquer

Questions / Réponses. Troubles du sommeil : stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées

PRISE EN CHARGE DE LA FIN DE VIE

Migraine et Abus de Médicaments

LA DOULEUR INDUITE C EST PAS SOIGNANT!

Diplôme d Etat d infirmier Référentiel de compétences

droits des malades et fin de vie

CAPACITE DE GERIATRIE

Sédation et analgésie aux soins intensifs ou comment calmer intensivement!

Recommandation Pour La Pratique Clinique

Migraine : traitement de la crise. Comment utiliser les triptans?

L infirmier exerce son métier dans le respect des articles R à R et R à du code de la santé publique.

SUPPLEMENT AU DIPLÔME

Référentiel Officine

Assises Nationales du Maintien à Domicile juin 2000 La douleur Les soins palliatifs. EXPERIENCE DE SOINS D'UNE EQUIPE A DOMICILE Dr AVEROUS


Tout sur les nouvelles cotations des perfusions

Patients atteints de maladie grave ou en fin de vie

Migraine et céphalées de tension: diagnostic différentiel et enjeux thérapeutiques

Semaine de la sécurité des patients: novembre 2012

Compliance (syn. Adhérence - Observance) IFMT-MS-Sémin.Médict.Nov.05 1

La sédation pour détresse en phase terminale

Céphalées. 1- Mise au point sur la migraine 2- Quand s inquiéter face à une céphalée. APP du DENAISIS

B06 - CAT devant une ischémie aiguë des membres inférieurs

PRISE EN CHARGE DES PRE ECLAMPSIES. Jérôme KOUTSOULIS. IADE DAR CHU Kremlin-Bicêtre. 94 Gérard CORSIA. PH DAR CHU Pitié-Salpétrière.

EVALUATION DES METHODES D AIDE A L ARRET DU TABAGISME

CONTRAINTES PSYCHOLOGIQUES ET ORGANISATIONNELLES AU TRAVAIL ET SANTE CHEZ LE PERSONNEL SOIGNANT DES CENTRES HOSPITALIERS:

LA FIN DE VIE AUX URGENCES: LES LIMITATIONS ET ARRÊTS DES THÉRAPEUTIQUES ACTIVES. Dr Marion DOUPLAT SAMU- Urgences Timone

Les soins des douleurs chroniques dans les TMS Les échecs thérapeutiques

Le traitement du paludisme d importation de l enfant est une urgence

Modalités de prise en charge de l'adulte nécessitant des soins palliatifs

ANNEXE I REFERENTIEL PROFESSIONNEL AUXILIAIRE DE VIE SOCIALE CONTEXTE DE L INTERVENTION

ANNEXE I REFERENTIEL PROFESSIONNEL AUXILIAIRE DE VIE SOCIALE CONTEXTE DE L INTERVENTION

Droits des personnes malades en fin de vie

Formation sur la sécurisation du circuit du médicament

DISTRIBUTION DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR VOIE ORALE PAR L INFIRMIERE : RISQUE DE NON PRISE DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR LE PATIENT

Insuffisance cardiaque

LE MALADE EN FIN DE VIE

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 27 avril 2011

Le référentiel professionnel du Diplôme d Etat d Aide Médico-Psychologique

Le dropéridol n est pas un traitement à considérer pour le traitement de la migraine à l urgence

Complément à la circulaire DH/EO 2 n du 30 mai 2000 relative à l'hospitalisation à domicile

Bien vous soigner. avec des médicaments disponibles sans ordonnance. juin Douleur. de l adulte

PLAC E DE L AN ALYS E TOXIC OLOG IQUE EN URGE NCE HOSP ITALI ERE

Consignes de remplissage - Grille de recueil - Thème DAN2

MIGRAINE - TRAITEMENT

Corpus Médical Faculté de Médecine de Grenoble

NOTICE : INFORMATION DE L UTILISATEUR MS Direct 10 mg comprimé enrobé MS Direct 20 mg comprimé enrobé sulfate de morphine

La migraine : une maladie qui se traite

Démence et fin de vie chez la personne âgée

troubles comportementaux aigus et/ou cognitifs tous les intervenants de l entreprise Prise en charge immédiate sur le lieu de travail.

Les troubles non moteurs de la maladie de Parkinson. Comprendre la maladie de Parkinson

Plan. Introduction. Les Nouveaux Anticoagulants Oraux et le sujet âgé. Audit de prescription au Centre Hospitalier Geriatrique du Mont d Or

DIU DE REEDUCATION PELVI-PERINEALE. Responsables de l enseignement :

Quel avenir pour les équipes mobiles de soins palliatifs?

Accompagnement de fin de vie des enfants et adolescents polyhandicapés en établissements et services médico-sociaux

Des dispositifs de prise en charge et d accompagnement de la maladie d alzheimer

Le guide du bon usage des médicaments

Carte de soins et d urgence

Nouveaux rôles infirmiers : une nécessité pour la santé publique et la sécurité des soins, un avenir pour la profession

Proyecto Telemedicina

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 23 mai 2012

27 ème JOURNEE SPORT ET MEDECINE Dr Roukos ABI KHALIL Digne Les Bains 23 novembre 2013

La douleur induite par les soins

Résidence MBV Les FIGUERES -Capendu-

Session Diagnostic. organisme gestionnaire du développement professionnel continu.

e-santé du transplanté rénal : la télémédecine au service du greffé

ACTUALITES THERAPEUTIQUES. Dr Sophie PITTION (CHU Nancy) Metz, le 2 Juin 2012

CORRECTION EVALUATION FORMATIVE TEST DE NIVEAU Date : PROMOTION :

La raison d être des systèmes d information

SOMMAIRE I. INTRODUCTION 4 II. SOURCES D INFORMATION 5

QUESTIONNAIRE DE DIAGNOSTIC RAPIDE DES NIVEAUX DE CPO ET TMS EN ETABLISSEMENTS DE SOIN

CEPHALEES CHRONIQUES QUOTIDIENNES AVEC ABUS MEDICAMENTEUX

Classifier le handicap épileptique avec ou sans autres déficiences associées. Réponses médico-sociales.

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS DE LA COMMISSION. 10 octobre 2001

Annexe 2 Les expressions du HCAAM sur la coordination des interventions des professionnels autour du patient

RAPPORT DE PRESENTATION ET TEXTE DE LA PROPOSITION DE LOI DE MM. ALAIN CLAEYS ET JEAN LEONETTI

LE POINT TOX. N 7 - Juillet Bulletin du réseau de toxicovigilance de La Réunion L ÉVOLUTION TEMPORELLE DU NOMBRE D INTOXICATIONS

Ministère chargé de la santé Diplôme d Etat d infirmier. Portfolio de l étudiant

Prise en charge palliative chez les personnes ayant une démence

Soins infirmiers et gestion des risques

Maladie d Alzheimer et fin de vie : aspects évolutifs et stratégies thérapeutiques

GUIDE DE DÉVELOPPEMENT PROFESSIONNEL EN SOINS INFIRMIERS. pour les centres d hébergement. Décembre 2007 Direction des soins infirmiers

Sédation en milieu pré-hospitalier

Marquage CE et dispositifs médicaux

La notion de soutien dans le cadre d une équipe belge de soins palliatifs à domicile INTRODUCTION

SOINS DE PRATIQUE COURANTE. Prélèvement aseptique cutané ou de sécrétions muqueuses, prélèvement de selles

Simulation en aviation

Hospitalisation à domicile Mauges Bocage Choletais. Livret d accueil. Siège administratif PERMANENCE 24H/24 AU

Médicaments contre la douleur Ce que vous devez savoir au sujet des analgésiques opiacés

Plan thérapeutique infirmier et stratégies pédagogiques

7- Les Antiépileptiques

Toute équipe mobile comprend. Aspects infirmiers du travail d Équipe Mobile de Soins Palliatifs. Cadre réglementaire et missions d une EMSP

La migraine. Foramen ovale perméable. Infarctus cérébral (surtout chez la femme)

MEDICAMENTS CONTENANT L ASSOCIATION DEXTROPROPOXYPHENE / PARACETAMOL :

Ministère chargé de la santé Diplôme d Etat d infirmier. Portfolio de l étudiant

Diabète Type 2. Épidémiologie Aspects physiques Aspects physiologiques

Transcription:

Sédation en situation terminale DU de Soins Palliatifs et d Accompagnement Service d Accompagnement et de Soins Palliatifs CHU de Bordeaux /Maison de santé Marie Galène Pr B. BURUCOA -Dr J. POUGET S. ABIGNON - E. MAZZONETTO

Sédation - Questions Quand? Pourquoi? Comment? Comment décider? Quels effets? Jusqu où? Quels soins? Quel accompagnement? Quels risques? Quels enjeux?

Sédation : objectifs Maîtriser!? Non, plutôt : Soulager Le vivable Le supportable

Sédation Au départ : Une technique pour anesthésie Par la suite : Pour un meilleur confort Conditions spécifiques Réflexions éthiques Sylvain POURCHET Thèse 1998

Sédation : Ce n est pas Une technique d anxiolyse Une techniqued analgésie Pour le seul confort Pas de sédation s il existe d autres moyens!!!

Sédation pour détresse en phase terminale recommandations SFAP 2009 EN 4 POINTS La sédation est la recherche, par des moyens médicamenteux, d une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu à la perte de conscience, dans le but de diminuer ou de faire disparaître la perception d'une situation vécue comme insupportable par le patient, alors que tous les moyens disponibles et adaptés à cette situation ont pu lui être proposés et/ou mis en œuvre sans permettre d obtenir le soulagement escompté par le patient. «La sédation est une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu à la perte de conscience qui peut être appliquée de façon intermittente, transitoire ou continue»

En phase Terminale Sédation les indications (1) Complications aiguës à risque vital immédiat Hémorragies cataclysmiques ORL, pulmonaires, digestives Détresses respiratoires asphyxiques Sensation de mort imminente par étouffement avec réaction de panique Symptômes réfractaires «Est défini réfractaire tout symptôme dont la perception est insupportable et qui ne peut être soulagé en dépit des efforts obstinés pour trouver un protocole thérapeutique adapté sans compromettre la conscience du patient.» (Cherny et Portenoy,1994) Sédation pour détresse en phase terminale et dans des situations spécifiques et complexes (recommandations de la SFAP juin 2009 www.sfap.org) Cherny NI, Portenoy RK. Sedation in the management of refractory symptoms : guidelines for the evaluation and treament. J Palliat Care 1994;10:31-8

Sédation profonde continue jusqu au décès les indications (1) «A la demande du patient d éviter toute souffrance et de ne pas prolonger inutilement sa vie, un traitement à visée sédative et antalgique provoquant une altération profonde et continue de la vigilance jusqu au décès associé à l arrêt de l ensemble des traitements de maintien en vie est mis en œuvre dans les cas suivants :» Loi du 2 février 2016

Sédation profonde continue jusqu au décès les indications (2) «Lorsque le patient atteint d une affection grave et incurable dont le pronostic vital est engagé à court terme présente une souffrance réfractaire au traitement» «Loi du 2 février 2016

Sédation profonde continue jusqu au décès les indications (3) «Lorsque la décision du patient, atteint d une affection grave et incurable, d arrêter un traitement, engage son pronostic vital à court terme.» Loi du 2 février 2016

Sédation profonde continue jusqu au décès les indications (4) «Lorsque le patient ne peut pas exprimer sa volonté et dans le cadre du refus de l obstination déraisonnable visée à l article L. 1110-5-1, dans le cas où le médecin arrête un traitement de maintien en vie.» Loi du 2 février 2016

Sédation profonde continue jusqu au décès la procédure collégiale «Le traitement à visée sédative et antalgique prévu au présent article est mis en œuvre selon la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale, qui permet de vérifier que les conditions d application du présent article sont remplies.» Loi du 2 février 2016

Sédation profonde continue jusqu au décès Personne de confiance «En l absence de directives anticipées, c est la personne de confiance qui devra être consultée en premier.» Loi du 2 février 2016

Sédation profonde continue jusqu au décès Nutrition - Hydratation «La nutrition et l hydratation artificielles constituent un traitement» Loi du 2 février 2016

Sédation profonde continue jusqu au décès Directives anticipées «seront rédigées selon un modèle fixé par décret en Conseil d État après avis de la Haute autorité de santé, s imposeront au médecin sauf cas limitativement énumérés par la loi. Le médecin en charge du patient ne pourra déroger à la volonté du malade que si les directives anticipées sont manifestement inappropriées et ce après consultation d un confrère ne seront plus limitées dans le temps seront inscrites sur la carte vitale des assurés sociaux» Loi du 2 février 2016

Sédation Conditions préalables : INFO-COM (1) Quelle information sur la sédation donnée à l équipe? Différence avec Euthanasie Quelle information sur la sédation donnée au patient? Des objectifs, Des modalités possibles, Des conséquences et Des risques

Sédation Conditions préalables : INFO-COM (2) En tenant compte Des handicaps sensoriels éventuels et De ses capacités de compréhension (âge, troubles cognitifs ) Quelle information sur la sédation donnée aux proches? Conditions prévues dans la loi du 4 mars 2002

Sédation Conditions préalables EQUIPE (3) Compétence de l équipe? Formation en soins palliatifs appel à personnes ressources (EMSP, Réseau, USP )

Sédation Conditions préalables EQUIPE (4) En EHPAD et à domicile Personnel référent, compétent, prévenu et joignable disponibilité du médicament ou accessibilité d une pharmacie hospitalière autorisée à la rétrocession de médicaments disponibilité du médecin pour visites régulières possibilité d un suivi infirmier régulier assentiment de l entourage (famille, proches, auxiliaires de vie ) présence continue pour que la sédation puisse avoir lieu à domicile

Sédation PROCEDURE COLLEGIALE (4) Sédation pour détresse en phase terminale et dans des situations spécifiques et complexes (recommandations de la SFAP juin 2009 www.sfap.org) Anticiper autant que possible les situations pouvant amener à la mise en œuvre d une sédation Directives anticipées connues? Avis de la personne de confiance et/ou proches Collégialité avec médecin extérieur Réunion pluri-professionnelle Décision par le médecin en charge du patient après avis d un médecin compétent en SP Traçabilité dans le dossier Avant une sédation prolongée, décision éventuelle d arrêt de suppléances artificielles (y compris nutrition et hydratation)

Le double effet : Définition Justifier le fait qu un acte qui est en lui-même obligatoire ou permis puisse néanmoins avoir des conséquences mauvaises. Paula La Marne Paris XII «Euthanasie»

Le double effet : Acceptabilité Repères décisionnels Proportionnalité : Rapport bénéfice/risque acceptable La possibilité de soulager sans entraîner la mort est raisonnable Non-conditionnalité de l effet positif à la réalisation de l effet négatif la survenue de la mort n est pas la conséquence obligatoire de l obtention du soulagement Intentionnalité : L intention est d obtenir un effet positif, ici le soulagement Et pas un effet négatif, ici une complication dont la mort

En pratique 23

Sédation en situations palliatives : LA PRESCRIPTION (5) Modalités de la prescription? par le médecin responsable personnalisée, nominative réévaluée systématiquement (en fonction ttt fond)

Sédation MISE EN OEUVRE Quel que soit le lieu d exercice, domicile y compris seul un infirmier ou un médecin peut réaliser l induction, et les réévaluations régulières Dans les situations à risque vital immédiat L infirmier(e) applique la prescription et appelle ensuite le médecin qui est tenu de se déplacer Dans les autres situations, L IDE appelle le médecin qui vérifie l indication avant d appliquer la prescription de sédation

EXERCICE : La sédation en question A partir de situations rencontrées 1.Construire une situation qui conduit à un acte de sédation palliative 2. Préciser - L indication - L intentionnalité - Les conditions d application - Les modalités d application

Sédation en situations palliatives : Différents niveaux Partielle Légère Transitoire Totale profonde Continue

Évaluation du niveau de vigilance Échelle de Rudkin (pas de niveau 0!) Niveau 1 Niveau 2 Niveau 3 Niveau 4 Niveau 5 patient complètement réveillé patient somnolent patient avec yeux fermés, mais répondant à l appel patient avec yeux fermés, mais répondant à une stimulation tactile légère (ex : traction du lobe de l oreille) patient avec yeux fermés, ne répondant pas à une stimulation légère

Critères de choix du/des médicaments Maniabilité Réversibilité Marge de sécurité Facilité d emploi Coût

Les Benzodiazépines : effets Anxiolytique : rapide, quasi-immédiat Sédatif : en fonction de la molécule, Myorelaxant Anti-épileptique Amnésiant effet dose dépendant Le diazépam (Valium ) perturbe davantage la mémoire Le clorazepate (Tranxène ) a un fort pouvoir anxiolytique, une longue durée d'action (demi-vie d'élimination 40h) Les benzodiazépines disposent d un antagoniste spécifique : le flumazénil (Anexate )

Les neuroleptiques sédatifs (1) Chlorpromazine LARGACTIL Levomépromazine NOZINAN Indications habituelles Anxiété en cas d échec des thérapeutiques habituelles Agitations modérées ou intenses Nausées vomissements rebelles (Largactil) Sueurs

Les neuroleptiques sédatifs (2) Effets secondaires : Diminution du seuil épileptogène Effets anticholinergiques et cardio-vasculaires : tachycardie et hypotension orthostatique, sécheresse buccale, troubles de l accommodation visuelle, sudation profuse, rétention vésicale et constipation.

Les anesthésiques intraveineux Intérêt? (1) Étomidate Kétamine Propofol Thiopental Gamma OH Hypnomidate Kétalar Diprivan Penthotal Nesdoral Gamma OH

Les anesthésiques volatiles Intérêt? Fluorane Entonox Clomethiazole Hémineurine

Midazolam / Hypnovel? Pourquoi? Le midazolam est utilisé en première intention En seconde intention, voire avec un anesthésiste-réanimateur (propofol, gammaoh ) Sédation pour détresse en phase terminale et dans des situations spécifiques et complexes (recommandations de la SFAP juin 2009 www.sfap.org)

Midazolam / Hypnovel Propriétés pharmacologiques (1) Amnésie Sédation vigile (effet hypnotique) Rapidité d action Durée Anxiolyse Anticonvulsivant Myorelaxation Urgence Geste douloureux IV 1 à 2 mn, IM, 5 à 10 mn SC 10 à 20 mn 20 mn à 1 h 30 (1/2 vie : 2 à 3 h) Inconfort moral Tension Raideur

Midazolam / Hypnovel Voie intraveineuse : Titration (1) Titration après dilution à 1mg/ml Injection 1mg toutes les 2 à 3 minutes jusqu à l obtention d un score de 4 sur l échelle de Rudkin inscrire la dose totale de l induction En cas de sédation continue : entretien en perfusion continue avec dose horaire égale à 50% de la dose nécessaire à la titration Sédation pour détresse en phase terminale et dans des situations spécifiques et complexes (recommandations de la SFAP juin 2009 www.sfap.org) 37

Titration (2) En l absence de voie veineuse Voie sublinguale ou sous cutanée 2,5 à 5 mg pour un patient de 50 kg. (délais d action en IM : 5 à 10 mn/en SC : 15 à 20 mn) Titrer la dose nécessaire (de 15 mn en 15 mn) pour obtenir la sédation attendue. Soit renouveler les injections discontinues en fonction du résultat clinique. Soit entretenir la sédation : dose horaire = 50 % de la dose d induction.

L'évaluation : Titration (3) Évaluer et Surveiller Toutes les 15 minutes pendant la première heure La surveillance Pour adapter les posologies, on appréciera : le degré du soulagement du patient par une hétéro évaluation (EOC) la profondeur de l hypovigilance (Échelle de Rudkin entre 3 et 4) les signes de surdosage et des effets secondaires.

Titration (4) Poursuivre les mesures d accompagnement Surveillance clinique, soins de confort (nursing, sdb ) et accompagnement de la personne malade Réévaluer tous les autres traitements au regard de leur utilité Poursuite et renforcement du soutien et de l accompagnement des proches Questionnement sur le bien-fondé de son maintien au cours du temps

Sédation : Variantes CHU Bx (1) MIDAZOLAM + OPIOIDE pour gestes douloureux pour symptômes réfractaires et/ou à menace vitale CAR Excès de stimulation + angoisse D où «mini-anesthésie» Si souffrance physique dominante Benzodiazepines + Opioide Si souffrance morale dominante Neuroleptique + Opioide

Sédation : Variantes (3) Exemple de prescription anticipée : En cas de symptôme intense (étouffement, hémorragie massive mal supportée ), Diluer Oxynorm ou Morphine (10 mg ou 1/6 de la dose par 24h )+ Hypnovel 5 mg (ou 2,5 mg ou 10 mg) dans 10 ml de sérum physiologique, Injecter ml par ml Par voie IVL Toutes les 30 à 60 secondes jusqu à apaisement (score de 4 sur échelle de Rudkin = yeux fermés et réaction à traction du lobe de l oreille)

Sédation : Risques (1) Confusion Dépression respiratoire (attention syndrome obstructif pulmonaire!) Rétention urinaire Infection trachéo-bronchique Coma Mort

Sédation : Risques Vécus (2) Personne malade Famille Soignants Réveil Rechute Émotions Sentiments Culpabilités Actes Décisions Culpabilités

Sédation Euthanasie Soulagement Conditions précises Principes éthiques déontologie Objectifs Contexte Repères Éthiques Provocation de la mort Conditions floues Contraire à la loi et à la déontologie Questionnement permanent Mise en oeuvre Risques de dérive 45

Sédation Euthanasie Adaptation à la clinique Doses de médicaments Protocole Poursuite Accompagnement et soins Arrêt Sédation variable et rapide et réversible si possible État de vigilance et durée Mort 46

EN RESUME Sédation en situation palliative 6 Conditions (1) Pathologie connue : Situation palliative avancée ou terminale Symptôme souffrance Possiblement fatal et /ou réfractaire Indication Décision Équipe Collégialité Traçabilité

EN RESUME Sédation en situation palliative 6 Conditions (2) Soins et accompagnement suivis Surveillance Informations communications Personne malade Entourage Cadre éthique Questionnement éthique