LES CHUTES La prévention des chutes

Documents pareils
FORUM EHPAD PREVENTION DES CHUTES Définition de la chute

PROCEDURE D EVALUATION ET DE PREVENTION DU RISQUE DE CHUTE ET DE MAINTIEN DE LA MOBILITE

CHUTES DE LA PERSONNE AGEE. «Protection Escaliers motorisée»

DOCUMENTATION CLINIQUE D UNE CHUTE D UN PATIENT

Prévention du déclin fonctionnel en EHPAD : rôle du massokinésithérapeute. Dr K.Sudres février 2015

DOSSIER DE SOINS INFIRMIERS

Questions / Réponses. Troubles du sommeil : stop à la prescription systématique de somnifères chez les personnes âgées

PROGRESSEZ EN SPORT ET EN SANTÉ. Mieux vivre avec ma maladie chronique, Me soigner par l activité physique Programmes Santé

«Politique des ARS pour les seniors»

Neurologiques gq Centrales EMPR LE NORMANDY GRANVILLE

Prise en charge médico-technique d une hémiparesie spastique: Evaluation clinique et instrumentale

Document de travail «Conduite de l évaluation interne dans les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes» Mars 2011

PRISE EN CHARGE KINESITHERAPIQUE EN EHPAD

L hôpital de jour ( HDJ ) en Hôpital général Intérêt d une structure polyvalente? Dr O.Ille Centre hospitalier Mantes la Jolie, Yvelines

PROTEGER SON DOS ex. Cliniques St Luc

Programme «DoSanté Lycée» Présentation et évaluation

Autisme Questions/Réponses

TITRE : «Information et consentement du patient en réadaptation cardiovasculaire»

Livret personnalisé de suivi rééducatif et d entretien physique

> Présentation du programme > Peps Eurêka - Mémoire : Pour donner du Peps à ses neurones et à sa vie... 4

DISTRIBUTION DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR VOIE ORALE PAR L INFIRMIERE : RISQUE DE NON PRISE DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR LE PATIENT

Le risque TMS chez les intervenants à domicile

Orientation en rééducation après chirurgie des ruptures de coiffe et arthroplasties d épaule

Moteur de recherche : Daniel Goutaine Page d'accueil Rubrique : contentions

La prévention : caractéristique du positionnement de la Mutualité Française sur l ensemble de son offre

IFAS 11 décembre janvier M. BLOT Ergothérapeute. CHU de NIMES

Marche normale et marche pathologique

Réflexions sur les possibilités de réponse aux demandes des chirurgiens orthopédistes avant arthroplastie

Comité Départemental de Prévention en Kinésithérapie de la Drôme FORMATIONS KINÉSITHÉRAPEUTES 2013 KINÉ DRÔME PRÉVENTION

Repérage de la perte d autonomie

Dr Laurence FAYARD- JACQUIN Cœurs du Forez Mise à jour

Les risques professionnels en EHPAD Carsat-am, juin 2013

Rééducation gériatrique

Projet de grossesse : informations, messages de prévention, examens à proposer

Améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses : propositions de l Assurance maladie pour 2014

Sophie Blanchet, Frédéric Bolduc, Véronique Beauséjour, Michel Pépin, Isabelle Gélinas, et Michelle McKerral

Critères de suivi en rééducation et. d orientation en ambulatoire ou en soins de suite ou de réadaptation

Retours d expériences ATELIER EQUILIBRE. Viviane Granseigne Animatrice et formatrice d Ateliers Equilibre et Prévention des Chutes

PRINTEMPS MEDICAL DE BOURGOGNE ASSOCIATIONS ANTIAGREGANTS ET ANTICOAGULANTS : INDICATIONS ET CONTRE INDICATIONS

Le référentiel professionnel du Diplôme d Etat d Aide Médico-Psychologique

Les contentions. Moteur de recherche : Daniel Goutaine Page d'accueil Rubrique : contentions

Formation sur la sécurisation du circuit du médicament

Préfaces Introduction... 8

Démence et fin de vie chez la personne âgée

Permis de conduire et maladie d Alzheimer. Denise STRUBEL Service de Gérontologie et Prévention du Vieillissement CHU Nîmes

Que peut apporter la psychomotricité aux personnes âgées dépendantes?

Activité physique et prévention des chutes chez les personnes âgées

Maltraitance Technophobie Technophilie Technopénie Pr Robert Moulias Commission Age Droits Liberté Fédération contre la Maltraitance (ex ALMA

I. Qu est ce qu un SSIAD?

Programme de réhabilitation respiratoire

LA PROTHESE TOTALE DE GENOU

QUELS OUTILS SONT UTILISES POUR LES ACTIVITES DE REHABILITATION EN ESAD

Moyens et limites du masseur kinésithérapeute d équipes

ÉVALUATION DE LA PERSONNE ATTEINTE D HYPERTENSION ARTÉRIELLE

CONDUCTEUR ÂGÉ. Dr Jamie Dow. Medical Advisor on Road Safety Société de l assurance automobile du Québec LLE. Dr Jamie Dow

B06 - CAT devant une ischémie aiguë des membres inférieurs

ALTO : des outils d information sur les pathologies thromboemboliques veineuses ou artérielles et leur traitement

Kinésithérapie et réadaptation pour les patients PSH Retour d'expérience Alaitz AMEZQUETA kinésithérapeute + Équipe de rééducation

Plan «Alzheimer et maladies apparentées»

LE DÉVELOPPEMENT PSYCHOMOTEUR DU NOURRISSON ET JEUNE ENFANT 0-6 ANS

II.3 - AIDES TECHNIQUES (Fiche 3)

Classifier le handicap épileptique avec ou sans autres déficiences associées. Réponses médico-sociales.

K I N é S I T H é R A P I E & D B C

Calendrier des formations INTER en 2011

Charte nutritionnelle

Outil d autodiagnostic du niveau d accessibilité - Les cabinets médicaux -

Visite test de certification V2014 Retour du CHU de Rennes GCS CAPPS Vendredi 12 juin 2015

LES TROUBLES MUSCULO- SQUELETTIQUES

Conduite à tenir devant une morsure de chien (213b) Professeur Jacques LEBEAU Novembre 2003 (Mise à jour mars 2005)

Parcours du patient cardiaque

COMMENT EVALUER UN RISQUE

ifpek Association Institut de Formation en Pédicurie-Podologie - Ergothérapie - Masso-Kinésithérapie A S S O C I A T I O N

INNOVATION De la rééducation au sport santé. LPG crée le Neuro

CONTRAT D ACCUEIL. Parents Assistant(e)s Maternel(le)s. Proposé par les Relais Assistantes Maternelles du Haut-Rhin

Dr Delphine LAMOTTE Médecin MPR Hôpital Reine Hortense AIX LES BAINS

La migraine. Foramen ovale perméable. Infarctus cérébral (surtout chez la femme)

Maternité et activités sportives

Télé-expertise et surveillance médicale à domicile au service de la médecine générale :

La télémédecine en action : 25 projets passés à la loupe. Un éclairage pour un déploiement national

REGLEMENT DE FONCTIONNEMENT

Migraine et céphalées de tension: diagnostic différentiel et enjeux thérapeutiques

Complément à la circulaire DH/EO 2 n du 30 mai 2000 relative à l'hospitalisation à domicile

Session Diagnostic. organisme gestionnaire du développement professionnel continu.

ANNEXE I REFERENTIEL PROFESSIONNEL AUXILIAIRE DE VIE SOCIALE CONTEXTE DE L INTERVENTION

7- Les Antiépileptiques

ANNEXE I REFERENTIEL PROFESSIONNEL AUXILIAIRE DE VIE SOCIALE CONTEXTE DE L INTERVENTION

Document à destination. des personnels de l enseignement supérieur.

Fibrillation atriale chez le sujet âgé

La reprise de la vie active

Livret d accueil des stagiaires

La conduite automobile et le vieillissement

Après l intervention des varices. Informations et conseils sur les suites du traitement. Réponses aux questions fréquemment posées

Don d organes et mort cérébrale. Drs JL Frances & F Hervé Praticiens hospitaliers en réanimation polyvalente Hôpital Laennec, Quimper

Maladie d Alzheimer et maladies apparentées : prise en charge des troubles du comportement perturbateurs

Améliorer la Qualité OUTIL D'AUTO-EVALUATION


o Anxiété o Dépression o Trouble de stress post-traumatique (TSPT) o Autre

L EXAMEN MEDICAL PREALABLE A LA PRESCRIPTION QUELLE EVALUATION INITIALE? Dr Jean-Marc SENE médecin du sport - CHU Pitié-Salpétrière

Aide-mémoire pour assurer l accessibilité de vos événements

Transcription:

Réunions départementales ARS / EHPAD octobre 2013 LES CHUTES La prévention des chutes Dr Michèle JACQUETTON, en Saône et Loire, dans la Nièvre et la Côte d Or Dr Marie-Anne VEROT, dans l Yonne

Ministère des affaires sociales et de la santé Ministère de l'économie et des finances Priorités GDR ARS 2013 Réunions locales d échange avec les établissements d hébergement pour personnes âgées dépendantes Prévention des chutes

Prévention des chutes en EHPAD : un triple enjeu Un triple enjeu : - un enjeu de santé publique - un enjeu en termes de qualité de la prise en charge - un enjeu en termes d efficience 3

Prévention des chutes en EHPAD : un enjeu de santé publique (1/2) Environ 9000 décès de personnes âgées de plus de 65 ans sont associés chaque année en France à une chute (1) Les chutes répétées sont fréquentes avec une prévalence chez la personne âgées de 65 ans et plus, calculée entre 10 et 25% (2) Des complications fréquentes et graves : - 20% des chutes des personnes âgées seraient suivies d une intervention médicale (3) - 10% se compliquent de traumatismes graves (fractures, contusions, hématomes) (4) - lorsqu elles entraînent un passage aux urgences, 37% des chutes conduisent à une hospitalisation, cette proportion croissant avec l âge : 27% entre 65 et 69 ans; 44% après 90 ans (source : enquête EPAC,(5)) (1) HAS Recommandation de bonne pratique: Prévention des chutes accidentelles chez la personne âgée, Novembre 2005 (http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_272503/prevention-des-chutes-accidentelles-chez-la-personne-agee) (2) HAS Recommandation de bonne pratique: Evaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées, Avril 2009 (http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_793371/evaluation-et-prise-en-charge-des-personnes-agees-faisant-deschutes-repetees (3) Argumentaire : HAS Recommandation de bonne pratique: Prévention des chutes accidentelles chez la personne âgée, Novembre 2005 (4) Les bonnes pratiques de soins en EHPAD, 2007 (5) Argumentaire : HAS Recommandation de bonne pratique: Evaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées, Avril 2009 4

Prévention des chutes en EHPAD : un enjeu de santé publique (2/2) Importance des chutes et de leurs conséquences annuelles chez les personnes âgées d après les données françaises (2) (2) Argumentaire : HAS Recommandation de bonne pratique: Prévention des chutes accidentelles chez la personne âgée, Novembre 2005 5

Prévention des chutes en EHPAD : un enjeu en termes de qualité de la prise en charge et d efficience Qualité de prise en charge Les chutes conduisent à des complications diverses: blessures, fractures, hospitalisations, syndrome post-chute, perte d autonomie, décès, etc. Or, ces troubles peuvent faire l objet de mesures de prévention. Leur prévention et leur prise en charge font l objet de recommandations. Efficience Ces complications ont également un coût. En prévenant les chutes, il s agit de le réduire 6

1. Contexte : les réunions locales ARS-EHPAD dans le cadre de la GDR 2. Introduction d un nouveau thème : prévention des chutes 3. Les chutes chez les personnes âgées 4. Les messages clés 5. Les leviers d actions pour les EHPAD 6. L évaluation de la prise en charge des chutes dans les EHPAD 7

Des conditions de survenue identifiées Les chutes chez les personnes âgées surviennent essentiellement au cours d activités simples de la vie qui engagent un déplacement du corps Les récidives sont fréquentes : plus de la moitié des personnes récidivent dans l année En institution, la chute survient le plus souvent dans la chambre et au cours de lajournée ; la cause la plus fréquente est représentée par les transferts d une chaise ou du lit à une position debout et inversement. (RBP HAS ARGUMENTAIRE Avril 2009:Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées) 8

Chez la personne âgée, la chute est le plus souvent multifactorielle Avec notamment : le vieillissement physiologique labyrinthique, vestibulaire, la diminution de la masse musculaire, la diminution de la sensibilité profonde, la presbyacousie, la presbytie => instabilité sans chute dans circonstances normales mais maintien postural précaire les pathologies associées : ophtalmiques (cataracte...), ORL (bouchons de cérumen, vertiges paroxystiques..), podologiques (cors, durillons, hallus valgus), cardiologiques (hypo TA, ins. cardiaque, bas débit cérébral), neurologiques (AVC, Parkinson, démence, comitialité ), ostéoarticulaires (arthrose, séquelles fractures), altération état général (dénutrition, anémie déshydratation), médicaments (psychotropes, antihypertenseurs...) les pathologies aigües (fièvre, infections ) la consommation d alcool l environnement : luminosité, obstacles, distances sans point de repos / Source : Module 5 Vieillissement Collège National des enseignants de gériatrie CNEG ed MASSON 2010 272P. 9

En conclusion La chute est la conséquence d une inadéquation entre la personne vieillissante et son environnement Elle est attribuable aux modifications physiques, sensorielles et cognitives associées au vieillissement, conjuguées à des environnements qui ne sont pas adaptés à une population vieillissante Source: OMS Aide-mémoire N 344 Octobre 2012

Facteurs intrinsèques prédisposants Femme de 80ans Antécédents de fractures traumatiques Polymédication (prise de plusieurs classes thérapeutiques par jour) Prise de psychotropes, diurétiques, digoxine ou antiarythmique de classe 1 Trouble de la marche et/ou de l'équilibre (timed up & go test 20 secondes et/ou station unipodale 5 secondes) Diminution de la force et/ou de la puissance musculaire des membres inférieurs (capacité à se relever d une chaise sans l aide des mains ; index de masse corporelle < 21 kg/m2) Arthrose des membres inférieurs et/ou du rachis Anomalie des pieds Troubles de la sensibilité des membres inférieurs Baisse de l'acuité visuelle (score d'acuité visuelle anormal aux échelles de Monnoyer et/ou de Parinaud) Syndrome dépressif Déclin cognitif (suspecté par un score MMSE et/ou test des cinq mots et/ou test de l horloge et/ou test Codex anormal Source : HAS Recommandation de bonne pratique: Evaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées, Avril 2009 11

Facteurs extrinsèques de risque de chutes Des facteurs comportementaux (habitudes de vie et prise de risque principalement) - consommation d alcool - sédentarité : effets négatifs sur les capacités fonctionnelles, la mobilité, l autonomie - malnutrition : génère de la perte musculaire, augmente le risque de fracture - prise de risque : chaussures inadéquates, se hâter Des facteurs environnementaux -àl intérieur : objet sur le sol, mauvais éclairage, tapis, - à l extérieur : chutes lorsque les surfaces sont inégales, glissantes ou mal éclairées - risque de fracture augmenté en cas de chute sur un sol dur (parquet, ciment, etc.) Source : HAS Recommandation de bonne pratique: Prévention des chutes accidentelles chez la personne âgée, Novembre 2005 12

1. Contexte : les réunions locales ARS-EHPAD dans le cadre de la GDR 2. Introduction d un nouveau thème : prévention des chutes 3. Les chutes chez les personnes âgées 4. Les messages clés 5. Les leviers d actions pour les EHPAD 6. L évaluation de la prise en charge des chutes dans les EHPAD 13

Réduire le risque de chutes aménager les locaux sensibiliser le personnel au risque de chutes repérer lessujets lesplusàrisque réduire les facteurs de risques (individuels et environnementaux) chez les individus à risque prévenir la dénutrition faire adopter aux soignants les bonnes stratégies pour la verticalisation et l accompagnement à la marche inciter les résidents à maintenir une activité physique régulière (marche, groupe de gymnastique), réduire les temps d alitement, séances de kinésithérapie et exercices d équilibre chez les personnes les plus à risque éduquer les résidents sur les situations à risque et les gestes dangereux à éviter Source : Les bonnes pratiques de soins en EHPAD 2007 14

Prendre en charge les résidents à risque de chutes (1/2) 5 axes d intervention à mettre en œuvre simultanément Axe 1 : Médicaments Revoir l ordonnance, éviter si possible les médicaments à haut risque (notamment, benzodiazépine, hypnotique, neuroleptique, antidépresseur, anticonvulsivant, digoxine, antiarythmique de classe I, diurétique) Mettre en place un suivi approprié. Source: Les bonnes pratiques de soins en EHPAD 2007 Médicaments et risques de chutes Questions clés pour la prescription de Psychotropes: -Recherchede chutestousles3moissipsychotropes - Confirmation de prescription si benzodiazépine à ½ vie longue - Confirmation de prescription si neuroleptiques chez le malade Alzheimer - Confirmation de prescription si 3 ou plus psychotropes Questions clés pour la prescription de Médicaments Cardiovasculaires: - Recherche hypotension orthostatique tous les 6 mois si antihypertenseurs - Confirmation de prescription si 4 ou plus antihypertenseurs -Confirmation de prescription si 2 ou plus diurétiques Source : Indicateur de pratique clinique/programme PMSA HAS 15

Prendre en charge les résidents à risque de chutes (2/2) Axe 2 : Traitement des pathologies sous-jacentes potentiellement en cause troubles de la vue (cataracte, lunettes inadaptées), pathologie neurologique, pathologie cardiologique, pathologie de l appareil locomoteur, phobie de la station debout Axe 3 : Rééducation et éducation kinésithérapie (maintien des amplitudes articulaires,...), utilisation correcte des aides techniques, soins podologiques Axe 4 : Environnement espaces de déambulation sans obstacle, rampes dans les couloirs, barres d appui, appel malade simple à utiliser Axe 5 : Hygiène de vie marche régulière (> 30 minutes, 3 fois par semaine), gymnastique douce Source: Les bonnes pratiques de soins en EHPAD 2007 16

1. Contexte : les réunions locales ARS-EHPAD dans le cadre de la GDR 2. Introduction d un nouveau thème : prévention des chutes 3. Les chutes chez les personnes âgées 4. Les messages clés 5. Les leviers d actions pour les EHPAD 6. L évaluation de la prise en charge des chutes dans les EHPAD 17

Au niveau de l établissement La prévention des chutes en EHPAD mobilise plusieurs leviers d action et associe l ensemble des personnels Au niveau du projet d établissement - formalisation d une politique de prévention des chutes et de leur récidive, conventions de partenariat avec des consultations spécialisées et/ou des équipes mobiles de gériatrie. - mise en place d une formation de l ensemble des personnels notamment sur les thèmes suivants : prévention, conduite à tenir en cas d urgence, réadaptation et réassurance, limites de la contention Au niveau de l adaptation de l environnement - aménagement de l EHPAD (mobilier, éclairage, sols, salles de bains et toilettes adaptées) Source ANESM : RBPP Qualité de vie en EHPAD l accompagnement personnalisé de la santé du résident( 2012); RBPP Qualité de vie en EHPAD Organisation du cadre de vie et de la vie quotidienne(2011) 18

Au niveau de la prise en charge de la personne âgée par les soignants Accorder une importance particulière aux points suivants : Habillage et chaussures adaptés, correction des déficits sensoriels (visuels, notamment), nutrition, consommation d alcool, aide à la mobilité (transferts, aides techniques), activité physique, adaptation du traitement médicamenteux (rôle du médecin coordonnateur en lien avec les prescripteurs) avec une réévaluation du traitement à l origine de chutes (traitement anti-hypertenseur, cardiogénique, psychotropes, etc.), mise en place un suivi approprié Réaliser une analyse en équipe interdisciplinaire de la situation individuelle des personnes ayant un risque élevé de récidives de chutes pour adapter leur projet d accompagnement en tenant compte de leurs besoins de sécurité mais aussi de leurs attentes Source: ANESM qualité de vie en EHPAD l accompagnement personnalisé de la santé du résident 2012. Les difficultés motrices, sensorielles, cognitives ou mentales de la personne ne doivent pas conduire à une restriction systématique de sa liberté d aller et venir, mais elles ont une influence sur son exercice Source : Conférence consensus liberté aller et venir Anaes 2004 19

1. Contexte : les réunions locales ARS-EHPAD dans le cadre de la GDR 2. Introduction d un nouveau thème : prévention des chutes 3. Les chutes chez les personnes âgées 4. Les messages clés 5. Les leviers d actions pour les EHPAD 6. L évaluation de la prise en charge des chutes dans les EHPAD 20

Mise en place d un suivi individuel des chutes Le suivi individuel comprend notamment un recueil d information et une recherche d étiologie Exemples d outils existants : fiche de déclaration des bonnes pratiques de soins en EHPAD, LANTICHUTE MSA. Analyser les constats recueillis lors du suivi des chutes afin d identifier les points forts sur lesquels s appuyer pour les pérenniser et les points sur lesquels un changements doit être conduit. Identifier au minimum les écarts entre les objectifs et les effets constatés, entre les pratiques constatées à un temps x et un temps y ou entre les effets constatés à un temps x et un temps y et rechercher les explications des écarts identifiés. Source : ANESM, Recommandation de bonnes pratiques professionnelles : L évaluation interne : repères pour les établissements d hébergement pour personnes âgées dépendantes, 2009

Exemples Exemples de questions : Les écarts identifiés sont-ils liés: *à unedéfinition incomplète des actions àmettre en œuvre? * à des modalités d organisation de l EHPAD ou de liens avec le médecin traitant? * aux moyens humains et matériels mobilisables? * à une question de formation des professionnels? * à une évolution de la population accueillie? Une modification du profil pathologique de la population accueillie (notamment entraînant des douleurs)? * à d autres facteurs explicatifs? 22

Indicateurs GDR Dans le cadre de la GDR, les EHPAD transmettront les indicateurs suivants aux ARS : Indicateur 1 : Indicateur 2 : Mise en place d un suivi individuel des chutes au sein de l EHPAD (Oui/non) Taux de chutes par résident nombre de résidents ayant chuté au moins une fois au cours des 12 mois nombre total de résidents Pour information, l ANESM propose aux EHPAD de mettre en place cet indicateur dans le cadre de leur évaluation interne. Les indicateurs 1 et2correspondentàl évaluationdelamiseenœuvre de l action relative à la prévention des chutes par l établissement. Indicateur 3 : Taux de chutes ayant entraîné une hospitalisation nombre de chutes ayant entraîné une hospitalisation complète de plus de 24 h nombre total de chutes 23

Références Haute Autorité de Santé ANESM Recommandation de bonne pratique : Evaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées, Avril 2009 (http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_793371/evaluation-et-prise-en-charge-des-personnes-agees-faisantdes-chutes-repetees) Prévention des chutes accidentelles chez la personne âgée, Novembre 2005 (http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_272503/prevention-des-chutes-accidentelles-chez-la-personneagee) Programme Pilote PMSA (Optimisation de la prescription médicamenteuse chez le sujet âgé): Questions clés pour la prescription de psychotropes et de médicaments cardiovasculaires (http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1250626/indicateurs-de-pratique-clinique-ipc) Recommandation de bonnes pratiques professionnelles : Qualité de vie en EHPAD : l accompagnement personnalisé de la santé du résident (2012) (http://www.anesm.sante.gouv.fr/img/pdf/anesm_qdv4_novembre_2012-2.pdf) Qualité de vie en EHPAD : Organisation du cadre de vie et de la vie quotidienne (2011)) (http://www.anesm.sante.gouv.fr/img/pdf/anesm_04_qdv2_cs4_web090911pdf.pdf) L évaluation interne : repères pour les établissements d hébergement pour personnes âgées dépendantes, 2009 (http://www.anesm.sante.gouv.fr/img/pdf/anesm_evaluation_interne_web3.pdf) Ministère de la santé Les bonnes pratiques de soins en EHPAD, 2007 (http://www.sfgg.fr/wp-content/uploads/2009/11/guide-de-bonnes-pratiques-de-soins-en-ehpad1.pdf)