Économie globale Renaud Bouret et Alain Dumas, ERPI 7-1 CHAPITRE 9 : CORRIGÉS LES CRISES ÉCONOMIQUES SECTION 2 (P. 202) 1. LA CRISE SE DÉCLENCHE a) Une récession à l étranger, qui entraîne une baisse des exportations. Une hausse du taux de change, qui fait diminuer les exportations. Une baisse du niveau de richesse des ménages, qui a pour effet de réduire leurs dépenses de consommation. Une baisse de la confiance des ménages, qui se répercute sur leurs dépenses de consommation. Une hausse des taux d intérêt, qui freine les dépenses de consommation des ménages et les dépenses d investissement des entreprises. La lutte contre le déficit public qui se traduit par une réduction des dépenses publiques. Une hausse des impôts qui freine les dépenses de consommation des ménages. b) La figure ci-dessous montre que le recul de la demande globale (de DG1 à DG2) provoque une situation de surplus temporaire (la quantité offerte est supérieure à la quantité demandée) qui a pour effet de baisser le niveau général des prix, lequel incite les entreprises à réduire leur quantité offerte. Ainsi, la baisse du prix et de la quantité d'équilibre se traduit par un déplacement de l'équilibre, du point E1 au point E2.
7-2 Renaud Bouret et Alain Dumas, ERPI Économie globale c) Comme la baisse de la demande globale fait baisser le niveau général des prix, cela incite les entreprises à réduire leurs quantités produites, conformément à la loi de l offre. Il s ensuit une diminution du nombre d'emplois et une hausse du chômage. 2. LE POINT DE VUE LIBÉRAL a) La hausse du chômage accroît la concurrence entre les travailleurs, ce qui a pour effet de faire baisser les salaires et donc les coûts de production. Des coûts moindres permettent une augmentation de l'offre (la courbe d offre globale se déplace vers la droite), qui se traduit momentanément par une abondance de produits. On observe alors une baisse des prix sur le marché, ce qui fait augmenter les quantités demandées (loi de la demande). Pour répondre à cette poussée des ventes, les entreprises embauchent des travailleurs supplémentaires, d'où la baisse du chômage et le retour au plein-emploi. b) Sur le graphique ci-dessous, on constate que les quantités produites sont identiques au point E1 et au point E3, qui correspondent tous deux à une situation de plein-emploi. Seul le niveau des prix est différent :: ce niveau est plus bas au point d équilibre final (point E3) qu au point d'équilibre initial (point E1). On peut donc considérer que la baisse des salaires a finalement été compensée par la baisse des prix, et que les travailleurs ont rétabli leur pouvoir d achat initial.
Économie globale Renaud Bouret et Alain Dumas, ERPI 7-3 3. LE POINT DE VUE INTERVENTIONNISTE a) Les travailleurs refusent des baisses de salaires car ils se basent sur leur salaire actuel et non sur un hypothétique salaire réel futur. De plus les salaires sont beaucoup plus rigides à la baisse qu à la hausse. b) La crise s'aggrave car l'économie se trouve prisonnière du cercle vicieux de la sous-production : la baisse de la production entraîne une hausse du chômage, laquelle provoque une baisse du revenu des ménages et, par conséquent, des dépenses de consommation. Dès lors, la demande globale diminue, les prix baissent et les quantités produites diminuent encore une fois, et ainsi de suite. Seul l État, en stimulant la demande par une hausse de ses dépenses ou une baisse des impôts, peut contrecarrer cette tendance à la baisse du PIB.
7-4 Renaud Bouret et Alain Dumas, ERPI Économie globale SECTION 3 (P. 206) 1. LA STAGFLATION a) Hausse du prix de l énergie, hausse du prix des matières premières, hausse des impôts des entreprises, hausse des salaires, baisse du taux de change, etc. Il faut que la hausse des coûts de production touche une majorité des entreprises. b) Lorsque les coûts de production augmentent, les entreprises ne sont disposées à offrir la même quantité de biens qu'à un prix plus élevé (la courbe se déplace vers le haut). Vu sous un autre angle, les entreprises produisent moins pour chaque niveau de prix (la courbe d offre recule vers la gauche. (Voir la figure ci-dessous.) c) Le recul de l offre globale entraîne une hausse du prix d équilibre (point E2) et une baisse du niveau du PIB, qui descend à un niveau inférieur au PIB de plein-emploi.
Économie globale Renaud Bouret et Alain Dumas, ERPI 7-5 2. CHICANES D ÉCONOMISTES a) Selon les économistes libéraux, la hausse du chômage fait baisser les salaires et, par le fait même, les coûts de production. Cette baisse des salaires vient donc compenser la hausse des coûts de production qui était à l origine de la crise. L offre globale augmente et retourne à sa position initiale. b) Selon les économistes interventionnistes, les travailleurs résisteront fortement aux baisses de salaire, d autant plus que la hausse des prix érode leur pouvoir d achat. Par conséquent, la courbe d offre ne peut pas retourner à sa position initiale. Il devient donc indispensable que l'état stimule la demande globale afin de relancer la production et l'emploi. c) La solution des économistes libéraux se traduit par une baisse du salaire réel. Ce sont donc les travailleurs qui paient seuls la note. La solution des économistes interventionnistes accentue la hausse des prix, ce qui réduit également le pouvoir d achat des salariés, mais cette fois le fardeau peut être partagé par les travailleurs et les entreprises. Malheureusement, la solution interventionniste résout le problème du chômage en provoquant de l inflation. Reste à savoir lequel de ces deux problèmes est le plus grave.
7-6 Renaud Bouret et Alain Dumas, ERPI Économie globale SECTION 1 (P. 217) 1. L'INDICE DES PRIX ET L'INFLATION a) 2001 : (97,8 95,4) / 95,4 = 2,5 % 2005 : 2,2 % 2006 : 2,0 % 1950-2000 : 663,2 % b) La pondération de l indice du prix du logement est plus grande que la pondération de l indice du prix de l habillement dans l indice des prix à la consommation. 2. LA DEMANDE INFLATIONNISTE a) Un niveau de confiance élevé des ménages, qui incite ces derniers à emprunter et à dépenser davantage. La forte expansion économique des partenaires étrangers et la baisse du taux de change, qui favorisent une hausse des exportations. Un niveau de confiance accrue des entrepreneurs, qui stimule les dépenses d investissement. Une hausse des dépenses publiques ou une baisse des impôts. b) La hausse de la demande globale n attise l'inflation que lorsque l économie est en situation de pleinemploi ou se rapproche du plein-emploi. En situation de plein-emploi, les prix vont augmenter, car les entreprises ne peuvent accroître les quantités produites, faute de ressources disponibles. À l approche du plein-emploi, certaines ressources se font plus rares et coûtent plus cher, ce qui amorce la hausse du niveau général des prix. 3. L INFLATION PAR LES COÛTS Lorsque les coûts de production augmentent, les entreprises diminuent leurs quantités produites, à prix égal. L augmentation des coûts de production a donc pour effet de faire reculer l offre globale (de OG1 à OG2), ce qui cause une pénurie temporaire entraînant une hausse du niveau général des prix (de P1 à P2).
Économie globale Renaud Bouret et Alain Dumas, ERPI 7-7 SECTION 2 (P. 225) 1. TAUX DE CHÔMAGE ET TAUX D ACTIVITÉ On utilisera le schéma de la figure 10.4 (p. 221) pour trouver les valeurs manquantes. a) Taux de chômage : 80/500 = 16 %. Taux d activité : 500/800 = 62,5 %. b) Taux de chômage : 63/600 = 10,5 %. Taux d activité : 600/800 = 75 %. c) Taux de chômage 1976 : 242/2786 = 8,7 % Taux d activité 1976 : 2786/4739 = 58,8 % Taux de chômage 2008 : 303/ 4185 = 7,2 %
7-8 Renaud Bouret et Alain Dumas, ERPI Économie globale Taux d activité 2008 : 4185/6372 = 65,7 % 2. LE CHÔMAGE DÉGUISÉ a) En période de ralentissement économique, les perspectives d'emploi sont mauvaises, ce qui incite un certain nombre de personnes à abandonner la recherche de travail. Étant donné que ces personnes ne font plus partie de la population active, le taux d'activité diminue. b) Lorsque la reprise économique s'amorce, un certain nombre de personnes reprennent la recherche active de travail. Cependant, il arrive que le nombre de nouveaux chercheurs d emploi dépasse le nombre d emplois créés, ce qui fait augmenter temporairement le taux de chômage. D autre part, les entreprises attendent de voir si la reprise est durable avant d embaucher de nouveaux travailleurs et préfèrent d abord accroître les heures supplémentaires, sans compter qu elles disposent parfois d employés déjà disponibles et sous-utilisés (main-d œuvre thésaurisée). 3. LES TYPES DE CHÔMAGE a) Chômage conjoncturel : un travailleur qui perd temporairement son emploi en raison d une baisse de la demande. b) Chômage frictionnel : un travailleur qui quitte volontairement son emploi en vue d en occuper un autre. c) Chômage structurel : un travailleur dont la qualification ne correspond pas aux besoins des employeurs dans sa région.