Chapitre 3. S exprimer en mathématiques

Documents pareils
Chapitre 2. Eléments pour comprendre un énoncé

Définition 0,752 = 0,7 + 0,05 + 0,002 SYSTÈMES DE NUMÉRATION POSITIONNELS =

FctsAffines.nb 1. Mathématiques, 1-ère année Edition Fonctions affines

Arithmétique binaire. Chapitre. 5.1 Notions Bit Mot

Logique : ENSIIE 1A - contrôle final

Manuel d utilisation 26 juin Tâche à effectuer : écrire un algorithme 2

1/24. I passer d un problème exprimé en français à la réalisation d un. I expressions arithmétiques. I structures de contrôle (tests, boucles)

Compter à Babylone. L écriture des nombres

Fonctions de deux variables. Mai 2011

Peut-on imiter le hasard?

Le chiffre est le signe, le nombre est la valeur.

Université Paris-Dauphine DUMI2E 1ère année, Applications

Logique. Plan du chapitre

6. Les différents types de démonstrations

Image d un intervalle par une fonction continue

Chapitre 2 Le problème de l unicité des solutions

UEO11 COURS/TD 1. nombres entiers et réels codés en mémoire centrale. Caractères alphabétiques et caractères spéciaux.

Glossaire des nombres

La programmation linéaire : une introduction. Qu est-ce qu un programme linéaire? Terminologie. Écriture mathématique

Précision d un résultat et calculs d incertitudes

avec des nombres entiers

Suites numériques 3. 1 Convergence et limite d une suite

Comparaison de fonctions Développements limités. Chapitre 10

Factorisation Factoriser en utilisant un facteur commun Fiche méthode

Carl-Louis-Ferdinand von Lindemann ( )

Exo7. Calculs de déterminants. Fiche corrigée par Arnaud Bodin. Exercice 1 Calculer les déterminants des matrices suivantes : Exercice 2.

Commun à tous les candidats

Compte-rendu d une expérience Un album à jouer... Le château de Radégou

Fonctions homographiques

Initiation à la Programmation en Logique avec SISCtus Prolog

Plus petit, plus grand, ranger et comparer

Probabilités sur un univers fini

Cours Numération Mathématique de base 1 MAT-B Alphabétisation

Equations cartésiennes d une droite

INF 232: Langages et Automates. Travaux Dirigés. Université Joseph Fourier, Université Grenoble 1 Licence Sciences et Technologies

V- Manipulations de nombres en binaire

Soit la fonction affine qui, pour représentant le nombre de mois écoulés, renvoie la somme économisée.

Petit lexique de calcul à l usage des élèves de sixième et de cinquième par M. PARCABE, professeur au collège Alain FOURNIER de BORDEAUX, mars 2007

Seconde Généralités sur les fonctions Exercices. Notion de fonction.

Exercices - Polynômes : corrigé. Opérations sur les polynômes

Diapo 1. Objet de l atelier. Classe visée. Travail en co-disciplinarité (identité et origine académique des IEN)

La fonction exponentielle

Séquence 4 : Objet/objet technique, besoin, Fonct. d usage, F. d estime. Séance sur l objet/objet technique, besoin, Fonct.

Objets Combinatoires élementaires

Exo7. Probabilité conditionnelle. Exercices : Martine Quinio

Correction du Baccalauréat S Amérique du Nord mai 2007

Continuité en un point

Les nombres entiers. Durée suggérée: 3 semaines

Cégep de Saint Laurent Direction des communications et Direction des ressources technologiques. Projet WebCSL : Guide de rédaction web

Chap 4: Analyse syntaxique. Prof. M.D. RAHMANI Compilation SMI- S5 2013/14 1

Consigne : je remplis le tableau en tenant compte des informations de la ligne supérieure et de la colonne de gauche (droite pour les gauchers)

Sur certaines séries entières particulières

Suites numériques 4. 1 Autres recettes pour calculer les limites

Cours 1 : Introduction Ordinateurs - Langages de haut niveau - Application

LES TYPES DE DONNÉES DU LANGAGE PASCAL

INITIATION AU LANGAGE C SUR PIC DE MICROSHIP

chapitre 4 Nombres de Catalan

Algorithme. Table des matières

SOCLE COMMUN - La Compétence 3 Les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique

Exo7. Limites de fonctions. 1 Théorie. 2 Calculs

Expérimentation «Tablettes Tactiles en maternelle» (Octobre Février 2014) Ecole maternelle Les Alouettes, Champhol

Représentation des Nombres

Probabilités sur un univers fini

Groupe symétrique. Chapitre II. 1 Définitions et généralités

Résolution d équations non linéaires

Représentation d un entier en base b

Probabilité. Table des matières. 1 Loi de probabilité Conditions préalables Définitions Loi équirépartie...

Fiche PanaMaths Calculs avec les fonctions sous Xcas

Limites finies en un point

Calcul matriciel. Définition 1 Une matrice de format (m,n) est un tableau rectangulaire de mn éléments, rangés en m lignes et n colonnes.

CHAPITRE 1. Suites arithmetiques et géometriques. Rappel 1. On appelle suite réelle une application de

Initiation à la programmation en Python

Triangle de Pascal dans Z/pZ avec p premier

Dérivation : cours. Dérivation dans R

Moments des variables aléatoires réelles

Logiciel de base. Première année ENSIMAG

Travaux pratiques. Compression en codage de Huffman Organisation d un projet de programmation

L éduca onfinancière. Manuelduparticipant Lacotedecrédit. Unedivisionde

Quelques algorithmes simples dont l analyse n est pas si simple

OLYMPIADES ACADEMIQUES DE MATHEMATIQUES. 15 mars 2006 CLASSE DE PREMIERE ES, GMF

L E Ç O N. Marches aléatoires. Niveau : Terminale S Prérequis : aucun

Exo7. Matrice d une application linéaire. Corrections d Arnaud Bodin.

Logique binaire. Aujourd'hui, l'algèbre de Boole trouve de nombreuses applications en informatique et dans la conception des circuits électroniques.

Programme de calcul et résolution d équation

COMMENT REDIGER UN RAPPORT TECHNIQUE?

Cours de mathématiques

STAGE IREM 0- Premiers pas en Python

DOCM Solutions officielles = n 2 10.

Codage d information. Codage d information : -Définition-

Chapitre 3. Quelques fonctions usuelles. 1 Fonctions logarithme et exponentielle. 1.1 La fonction logarithme

Corps des nombres complexes, J Paul Tsasa

F7n COUP DE BOURSE, NOMBRE DÉRIVÉ

MODIFICATIONS DES PRINCIPES DIRECTEURS CONCERNANT LA RÉDACTION DES DÉFINITIONS RELATIVES AU CLASSEMENT

IMAGES NUMÉRIQUES MATRICIELLES EN SCILAB

Vers l'ordinateur quantique

Intensité sonore et niveau d intensité sonore

Exercices Alternatifs. Une fonction continue mais dérivable nulle part

Exercices Alternatifs. Une fonction continue mais dérivable nulle part

Nombres, mesures et incertitudes en sciences physiques et chimiques. Groupe des Sciences physiques et chimiques de l IGEN

Algèbre binaire et Circuits logiques ( )

Transcription:

Chapitre 3 S exprimer en mathématiques 1. Les énoncés Des énoncés mathématiques sont des phrases qui ont pour but de définir des objets mathématiques ou bien d en donner des propriétés. Voici des exemples d énoncés 1) Le nombre 3 est un entier positif 2) Soit x un réel positif 3) Il existe un entier naturel plus grand que 2 1000 4) Posons a = 2 10 1 5) Si n est un entier relatif, alors n 1 est un entier positif 6) Si x est un réel, alors le plus grand des deux nombres x et x s appelle la valeur absolue de x 7) Notons I l intervalle [1, 0] 8) 2 5 9) Le nombre 3 est négatif Certains énoncés affirment une assertion : ce sont les énoncés (1), (3), (5) et (8). D autres définissent et nomment un nouvel objet : (6) ; ce sont des définitions. Enfin, il y a des énoncés, comme (2), (4) et (7), qui indiquent que l on va désigner par un certain symbole un objet déjà existant : ce sont des notations. Une assertion est un énoncé mathématique qui est soit vrai, soit faux ; elle ne peut être les deux à la fois. Les assertions (1), (3) et (8) sont vraies, l assertion (9) est fausse. En général, on les désigne par des lettres majuscules : P 1 > 2 est une asertion vraie. Une assertion peut dépendre d une variable ; par exemple, l assertion (5) dépend de n. C est bien une assertion car on peut dire si elle est vraie ou fausse dès que l on a donné une valeur à la variable : elle est vraie si n = 3, elle est fausse si n = 0. On la note P(n). Remarque - On appelle théorème, corollaire, proposition, lemme des assertions mathématiques vraies. A partir de propositions P et Q données, on peut définir de nouvelles propositions dont on connait leur valeur de vérité si on connait les valeurs de vérité de P et Q. 2. Négation d une proposition Soit P une proposition. La négation de P est la proposition notée (non P) qui est vraie lorsque P est fausse et fausse lorsque P est vraie. Généralement, on remplace la proposition (non P) par une proposition équivalente. Par exemple, la négation de x 2 est (non (x 2)) que l on écrit plutôt x > 2. 3. L opération ou Considérons la proposition suivante : 3 est pair ou 2 est pair. Elle est du type P ou Q, où P est la proposition 3 est pair et Q la proposition 2 est pair. Par définition, une proposition de la forme (P ou Q) est vraie si l une au moins des propositions P ou Q est vraie. Elle est donc également vraie si P et Q sont vraies. Elle n est fausse que si P et Q sont toutes les deux fausses. Dans l exemple précédent, la proposition Q est vraie, donc la proposition (P ou Q) est vraie.

Les énoncés Le sens de ou n est pas le même dans le langage courant lorsque l on dit fromage ou! dessert. Les deux phrases, nous ne sortirons pas s il pleut ou s il vente et préférezvous habiter à la ville ou à la campagne n utilisent pas le même sens pour le ou 4. L opération et Considérons la proposition suivante : 3 est pair et 2 est pair. Elle est du type (P et Q), où P est la proposition 3 est pair et Q la proposition 2 est pair. Par définition, une proposition de la forme (P et Q) est vraie si les deux propositions P et Q sont vraies. Elle est fausse dès que l une au moins des deux propositions P et Q est fausse. Elle n est vraie que si P et Q sont vraies. Dans l exemple donné, la proposition P est fausse donc la proposition (P et Q) est fausse.! Dans le langage courant, la conjonction et peut marquer des nuances de la pensée telles que la succession dans le temps, la conséquence, l opposition... Voulez-vous entrer et vous asseoir Je suis tombé et je me suis fait mal Le roseau plie et ne rompt pas En mathématiques, il n y a pas ces nuances. Les propositions P et Q et Q et P sont les mêmes. 5. L implication 5.1. Définition Soit P et Q deux propositions. La proposition si P, alors Q exprime que, si P est vraie, alors Q aussi. Ce type de propositions s appelle des implications. Elle se dit aussi : P implique Q ou pour que P soit vraie, il faut que Q soit vraie. Dans le langage courant, on emploie souvent il faut à la place de il suffit. Par! exemple, on dit pour traverser la rivière, il faut prendre le bateau, alors que c est en fait suffisant, mais pas nécessaire. On peut le faire la nage. Lorsque P et Q sont constituées de symboles mathématiques, elle se note également P = Q. La proposition P = Q est fausse si P est vraie et Q est fausse. Elle est vraie dans les trois autres cas. Par exemple, la proposition (2 < 1 = 1 2) est vraie. Ou encore, la phrase si un homme mesure plus de 10 m, il a trois jambes. 5.2. Table de vérité Proposition - La proposition (P = Q) a les mêmes valeurs de vérité que la proposition ((nonp) ou Q). P Q (P= Q) (nonp) ((nonp) ou Q) V V V F V V F F F F F V V V V F F V V V 14

5.3. L implication n est pas un synonyme de donc S EXPRIMER EN MATHÉMATIQUES Dans le langage courant, le mot implique signifie que ce qui est à gauche a pour conséquence ce qui est à droite. Le connecteur = se lit bien implique, mais ne doit pas être compris dans ce sens. En effet P = Q ne signifie pas que Q est une conséquence de P. Il n y a pas de relation de cause à effet : une assertion Q vraie est impliquée par toute autre assertion, vraie ou fausse. Exercice - (Non associativité de = ) Soit P : 0 = 1, Q : 0 = 0 et R : 0 = 1 trois assertions, les assertions (P = Q) = R et P = (Q = R) ont-elles la même valeur de vérité? D après l exercice précédent, il faut remarquer que l écriture d implications à la chaîne P = Q = R = S =... n a AUCUN sens. Ce que l on veut généralement dire lorsque l on est tenté d écrire ce genre de choses est que le résultat s obtient à partir d une suite logique de déductions (qui en fait utilise la transitivité de l implication). Cela s exprime mieux en français avec les mots donc, d où... 6. L équivalence La proposition ( (P = Q)et (Q = P) ) se note (P Q). Elle est vraie si P et Q sont toutes les deux vraies ou si P et Q sont toutes les deux fausses. On dit alors que les propositions P et Q sont équivalentes ou bien que P est vraie si et seulement si Q est vraie. 7. Négation d une proposition On a les équivalences suivantes : non(non P) P non(p ou Q) ( ( (non P)et (non Q) ) non(p et Q) ( ( (non P)ou (non Q) ) non(p = Q) ( ( (P)et (non Q) ) 8. Propositions avec des quantificateurs Nous avons vu qu une proposition peut dépendre d une variable ; dans ce cas, elle est vraie ou fausse selon les valeurs que prend cette variable. Par exemple, si x est un nombre réel, la proposition x 2 3x + 2 < 0 n est pas vraie pour toutes les valeurs de x. Elle ne l est que lorsque le réel x appartient à l intervalle ]1, 2[. Il est en général intéressant de savoir à quel ensemble doit appartenir x pour que la proposition soit vraie ou même s il existe des x pour lesquels la proposition soit vraie. Pour cela, on utilise les terminologies pour tout ou quel que soit et il existe. 8.1. Le quantificateur universel Pour exprimer que l on a x 2 3x + 2 < 0 à chaque fois que x est un élément de l intervalle ]1, 2[, on dit pour tout nombre réel x appartenant à ]1, 2[, on a x 2 3x + 2 < 0 ou bien quel que soit le nombre réel x appartenant à ]1, 2[, on a x 2 3x + 2 < 0. On écrit alors x ]1, 2[, x 2 3x + 2 < 0 Plus généralement, soit P une proposition qui dépend d un objet appartenant à un certain ensemble E. La nouvelle proposition ( x E, P) est vraie si et seulement si P est vraie pour toutes les valeurs que x peut prendre dans E. Pour que la proposition ( x E, P) soit fausse, il suffit de trouver un élément x appartenant à E pour lequel la proposition P soit fausse. 15

Propositions avec des quantificateurs 8.2. Le quantificateur existenciel Il n est pas toujours facile de déterminer un ensemble d éléments qui vérifient une certaine proposition P. Par contre, on aimerait savoir s il existe au moins un élément qui la vérifie. Soit P une proposition qui dépend d un objet appartenant à un certain ensemble E. La nouvelle proposition ( x E, P) est vraie si et seulement si on oeut trouver au moins une valeur x de E qui vérifie P. La proposition ( x E, P) est fausse, si et seulement si elle est fausse pour toutes les valeurs que peut prendre x dans E. 8.3. Négation des quantificateurs On a les équivalences suivantes : non( x E P) ( x E, (non P) ) non( x E P) ( x E, (non P) ) 16

TABLE DES MATIERES III - S exprimer en mathématiques 13 1. Les énoncés.................................................... 13 2. Négation d une proposition........................................ 13 3. L opération ou.................................................. 13 4. L opération et.................................................. 14 5. L implication................................................... 14 5.1. Définition.................................................. 14 5.2. Table de vérité.............................................. 14 5.3. L implication n est pas un synonyme de donc..................... 14 6. L équivalence................................................... 15 7. Négation d une proposition........................................ 15 8. Propositions avec des quantificateurs................................. 15 8.1. Le quantificateur universel..................................... 15 8.2. Le quantificateur existenciel.................................... 15 8.3. Négation des quantificateurs.................................... 16 i