CHAPITRE6/ LES OBJECTIFS ET LES INSTRUMENTS MACROECONOMIQUES I- Les trois maux macroéconomiques II- La croissance III-Le chômage IV- L inflation V-Les liens entre les trois grandes variables macroéconomiques VI- Flux et stocks 1
I- Les trois maux macroéconomiques Le chômage La croissance économique L inflation 2
Stratégie du XI plan Objectif : Accélérer la croissance annuelle, en passant de 4¾ % de la dernière décennie à environ 6,1 % durant 2007 11, Ramener le taux de chômage de 14,2 % en 2006 à 13,4 % en 2011. 3
II- La croissance économique : La croissance économique se définie comme étant une augmentation continue de l'ensemble de la production des entreprises et des revenus. Comment mesurer la production? La production d'un pays est mesurée par le Produit Intérieur Brut (le PIB). Il s agit de la valeur de tous les biens et services produits dans le pays l année en cours.. PIB = n t i= 1 Q i t P i t 4
Pour effectuer des comparaisons dans le temps, et avoir une idée significative du volume de la production, il est important de corriger le PIB nominal de l effet des prix par une mesure de la production à prix constant, soit : PIB = Q P t / 0 t 0 Le PIB de l année t au prix d une année de base 0, par exemple. 5
le PIB nominal est corrigé de l inflation par la mesure du PIB réel. Il s agit du PIB nominal ajusté en fonction du niveau général des prix. PIB réel = Indice PIB du nominal niveau des prix Pour le calcul de l indice, le choix de l année de base pose souvent des problèmes quand les prix relatifs varient fortement. 6
Le PIB réel avec chaînage de pondération consiste à utiliser la production de l année en cours mesurée par les prix de l année antérieure, soit PIB = t / t 1 t t 1 Le PIB potentiel indique ce que l économie pourrait produire si le travail et les équipements étaient utilisés au maximum de leur capacité. Q P 7
Une première mesure de la croissance économique est le taux de variation annuelle de la production à prix constants : PIB PIB r = t t 1 t PIB t 1 Il se calcule pour deux années successives. Il exprime le rythme avec lequel le PIB a évolué. 8
Le taux de croissance (g) se calcule sur une période. g Ou encore g = n = n n i= PIB 1 PIBn 0 (1 + ri) 1 Il renseigne sur l'évolution annuelle moyenne. Il suppose que l'évolution se fait de façon uniforme sur la période. 1 9
Le phénomène de la croissance économique a concerné les pays de manière très diverses De nos jours il existe de grandes disparités de niveau de vie entre pays. 10
PIB nominal et PIB réel de la TUNISIE Millions de DT 40000 35000 30000 25000 20000 15000 10000 5000 0 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 PIB PIBréel aux prix de 1990 Données FMI 11
TUNISIE 10 8 6 4 2 0 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 taux de croissance du PIB réel 12
La croissance économique se caractérise par des fluctuations à court terme autour d une tendance générale à la hausse. Valeur de l année t 0 Dépression Boom récession PIB réel Années La récession correspond à une baisse du PIB pendant au moins deux trimestres successifs. La dépression est une récession sévère. 13
Certains économistes considèrent que les fluctuations économiques sont cycliques. Cependant, la périodicité des récessions et des booms est très variable. Le fond du cycle s appelle creux alors que le sommet est appelé pic. La récession correspond à un chômage élevé et à un niveau de la demande de biens de consommation faible par rapport à la capacité de production, il y a donc une capacité productive qui sera non utilisée. 14
MESURE DU PIB : LA VALEUR DE LA PRODUCTION Il existe trois méthodes fondamentales pour mesurer la production des entreprises, chacune donnant en principe le même résultat : 1- La méthode des valeurs ajoutées 2- La méthode des dépenses. 3- La méthode des revenus 15
Production Totale = Demande Globale = Revenus Totaux Σ des valeurs ajoutées nettes Σ des ventes des entreprises des revenus Somme de la valeur de la production nette de tous les secteurs Σ VA= RT - CI Dépenses de consommation (C) Dépenses d investissement (I) Dépenses gouvernement (G) Dépenses d exportations (X) moins dépenses des produits importés (M) PIB= C+I+G+X-M Salaires Intérêts Impôts Indirects Bénéfices (Profits) Rev=S+I+II+ π 16
Dans l'optique de la Production : Le PIB est défini comme la somme des valeurs ajoutées par les différents secteurs résidents. Production globale = ΣVAi La P. I. B est la somme des valeurs ajoutées de tous les secteurs marchands. La P I B = V A BSMd + Impôt sur l'importation. Le PIB = La PIB + VA administration Par convention, la valeur ajoutée de l'administration publique est évaluée par les salaires et traitements versés aux employés. Le PIB = La PIB + salaires et traitements des fonctionnaires 17
Le fait que la valeur de la production soit égale à la somme des revenus et à la somme des dépenses, est la conséquence du flux circulaire des dépenses de l économie. En effet, ce que chaque entreprise reçoit de la vente de ses biens doit retourner dans l économie sous forme de salaires et traitements, de profits, d intérêts ou d impôts. Le revenu des ménages est réparti en consommation et épargne et en paiement d impôt; L argent dépensé par l État doit provenir des ménages et/ou des entreprises. 18
Flux circulaires d une économie fermée avec État Taxes (T) Revenu (Y) ETAT Dépenses (G) MENAGES ENTREPRISES Épargne (S) MARCHE FINANCIER Inv (I) Consommation (C) Ménages : Y= C+S+T Entreprises Y= C+I+G Donc C+S+T=C+I+G soit S-I= G-T 19
Les autres agrégats de la Production Lorsque les transferts nets de l extérieurs sont importants, on retient le PNB, mesuré comme suit: PNB = PIB + TEN Pour tenir compte de l usure des machines on mesure également le PIN= PIB- Amortissement Et le PNN =PNB Amortissement Soit, PNN =(PIB- At)+ TEN Prix de marché = Coût des facteurs + (II-Subv) 20
D autres indicateurs ont été développés pour pallier aux insuffisances du PIB : Le taux d alphabétisation mesure le pourcentage de la population qui sait lire et écrire Le taux de mortalité infantile mesure le pourcentage de décès parmi les nourrissons ; Le PIB vert créé par l Organisation des Nations Unis vise à prendre en considération la détérioration de l environnement. Il est calculé comme suit : PIB vert = PIB Baisse des ressources naturelles 21
Dans la mesure où la finalité de la croissance économique est l amélioration des niveaux de vie de la population, on a recours le plus souvent au PNB/H et sa variation. Le PNB/H est un indicateur du niveau de vie moyen de la population. Il ne donne aucune indication (précision) sur la répartition des revenus. Dans certains pays le revenu/h est relativement élevé bien qu'il existe une part assez importante de la population qui vit dans la pauvreté. 22
Niveau de vie en TUNISIE 4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000 500 0 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 PIB/H (en DT) PIBR/H en DT de 1990 Données FMI 23
III-LE CHOMAGE Pour un économiste le chômage constitue une sous utilisation des ressources. Une personne est dite au chômage, si elle fait partie de la population active, qu'elle cherche du travail et n'en trouve pas. La population active = la population qui est en âge de travailler. L Institut National de Statistique (INS) retient la tranche d'âge [15-59] ans. L'Institut d Économie Quantitative (IEQ) retient la tranche d'âge [18-65] ans. 24
taux d ' activité = Population Population active totale Le taux de chômage est le pourcentage de la population active en chômage : taux de chômage = nombre de chômeurs population active 25
Mesure graphique du chômage Salaire MARCHE DU TRAVAIL W Chômage Offre (MN) de travail W*est le salaire qui assure l équilibre entre l offre et la demande de travail. W* Demande de travail (Ets) L D L* L O Qté de travail Au salaire w > w* l offre de travail augmente et la demande diminue. L offre excédentaire de travail, L O -L D, constitue le chômage 26
Les différentes formes du chômage Stiglitz retient quatre formes de chômage : Le chômage saisonnier : c est le chômage qui varie selon les saisons (tourisme, agriculture,.. ) Le chômage frictionnel provient de ce que les individus qui changent d emploi, connaissent une période de transition entre leur emploi précédent et le nouveau. 27
Le chômage structurel : c est un chômage qui fait référence aux changements structurels de l économie. Les nouveaux emplois créés ne requérant pas les mêmes compétences que les anciens. Le chômage cyclique, c est le chômage qui est en rapport avec les cycles économique. Il augmente en situation de récession et baisse avec les booms. 28
IV- L INFLATION L inflation se définit comme étant l augmentation des prix de la plupart des biens et services. C est aussi un processus continu de baisse de la valeur de la monnaie. Le taux d inflation est le taux d accroissement du niveau général des prix. On définit également la déflation comme une baisse régulière du niveau des prix. 29
Mesure de l inflation Pour mesurer l inflation on utilise un indice des prix qui mesure le niveau des prix pour chaque année par rapport à une année de base commune. Par définition l indice des prix pour l année de base est égal à 100. prix de l'année t Indice des prix t / 0 = x100 prix de l'année 0 30
Année IPC 2000 100 2001 101,98 2002 104,76 2003 107,6 2004 111,51 2005 113,76 Source : données FMI pour la Tunisie. L année 2000 est l année de référence ; En 2002, les prix ont augmenté de 4,76 % par rapport à leur niveau de 2000 En 2005, les prix sont plus élevés de 13,76 % par rapport à leur niveau de 2000 31
Il existe plusieurs indice de prix différents, chacun utilisant un panier de bien différent. La composition du panier de biens est arrêtée par l Institut National de Statistique ; Chaque mois, l INS se charge de publier l évolution des prix par la publication de : L Indice des prix à la consommation (IPC) ; l indice des prix à la production (IPP) ; ainsi que le déflateur implicite du PIB. 32
L IPC mesure l inflation fondée sur ce que paie le consommateur moyen ; L IPP mesure le niveau moyen des prix des biens vendus par les producteurs. Une augmentation de l IPP se répercute sur celle de l IPC. Le déflateur implicite du PIB est la moyenne pondérée des prix des différents biens et services dans le PIB. 33
10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 taux d'inflation Tunisie 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 IPC 34
Sur la période 1984-2005, le taux d inflation a baissé de plus de 6% par an. Hormis la période 1987-1991 et l année 1995, la tendance est nettement à la baisse. Depuis la fin des années 90, l inflation en Tunisie reste modérée, puisqu elle est inférieure à6 %. 35
14 12 10 8 6 4 2 0 comparaison des taux d'inflation 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 Tunisia France Maroc 36
V-Les liens entre les trois grandes variables macroéconomiques Souvent les trois variables macroéconomique varient ensemble et en fonction de la situation économique du pays. En effet, quand l économie est en récession, le chômage est élevé, l inflation est faible et la croissance économique est stagnante. Si les entreprises n arrivent pas à vendre en raison de la baisse de la demande puisque le chômage est élevé, les prix ne vont pas augmenter. 37
En revanche quand l économie est en expansion (boom), le chômage diminue, autrement dit la demande va augmenter, les prix également donc l inflation augmente et la croissance économique aussi pour satisfaire la demande. 38
VI- Flux et stocks Le PIB, le PNN,.. Sont des flux c est-à-dire une quantité de Biens et services qui a été créée au cours d une année. Les équipements productifs des entreprises (le capital) est un stock. Il est mesuré à un moment donné. 39