ETUDE RELATIVE AU COUT DES DEPOTS DE SANG

Documents pareils
Zone de commentaires. Convention EFS / ES ( document à joindre) II, Les systèmes d'information OUI NON NC Zone de commentaires. Zone de commentaires

Etude d impact de la mise en conformité des échanges électroniques entre dépôts de sang et EFS d Île-de-France. Présentation du 15 décembre 2012

WHA63.12 Disponibilité, innocuité et qualité des produits sanguins 4,5

LE FINANCEMENT DES HOPITAUX EN BELGIQUE. Prof. G. DURANT

Informatisation des données transfusionnelles

Réorganisation du processus de transfusion sanguine au Liban

Profil médico-économique de plerixafor en remobilisation dans le myélome multiple

DON DE SANG. Label Don de Soi

POLITIQUE DE SECURITE DE L EFS ou la nécessité de construire un système sûr, durable, évolutif et raisonné

Procédure adaptée (Article 28 du Code des marchés publics)

LE DIRECTEUR GENERAL DE LA SANTE LE DIRECTEUR DE L'HOSPITALISATION ET DE L'ORGANISATION DES SOINS

Don du sang Lisieux Une première en Normandie

Point d actualité DMP et Messageries Sécurisées de Santé

FICHE D INFORMATION AVANT UNE TRANSFUSION

L hôpital de jour ( HDJ ) en Hôpital général Intérêt d une structure polyvalente? Dr O.Ille Centre hospitalier Mantes la Jolie, Yvelines

Introduction à l enquête 2012 «Organisation fonctionnelle des équipes». ADBU

SINE QUA NON. Découverte et Prise en main du logiciel Utilisation de bases

Une infirmière re clinicienne en et soins de. Stomathérapie. fonction? L infirmière. re «clinicienne?» Rôle de l infirmil. ressource?

GESTION DES RISQUES Cartographie COVIRISQ

LA FIN DE VIE AUX URGENCES: LES LIMITATIONS ET ARRÊTS DES THÉRAPEUTIQUES ACTIVES. Dr Marion DOUPLAT SAMU- Urgences Timone

ACCUEIL DE JOUR ET HEBERGEMENT TEMPORAIRE POUR PERSONNES AGEES EN POITOU-CHARENTES

Statistiques avec la graph 35+

Tout ce qu il faut savoir sur le don de moelle osseuse

Soins infirmiers et gestion des risques

La modernisation de la gestion publique au sein des EPSCP. Colloque des Agents Comptables. 05 juin 2015

Parcours du patient cardiaque

Pascal LACHAISE Paul TORNER. Matthieu PICARD

Certification des Etablissements de Santé en France

ENQUETE SUR LA SITUATION DES GRANDES VILLES ET AGGLOMERATIONS EN MATIERE D ASSURANCES DOMMAGES

Systèmes d information Hospitaliers : La fin des citadelles JUIN 2013 Strasbourg, FRANCE

Gestion des risques : Principes et méthodes d analyse d accidents thérapeutiques

Dossier Médical Personnel une réalité partagée en Alsace!

Droits des patients et indemnisation des accidents médicaux

Droits des patients et indemnisation des accidents médicaux

I- L ÉTABLISSEMENT FRANÇAIS DU SANG ÎLE-DE- FRANCE, ACTEUR MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE

DE BONNES PRATIQUES TRANSFUSIONNELLES

Séquence maladie: insuffisance cardiaque. Mieux connaître l insuffisance cardiaque Vivre avec un DAI

ET DE LA STRATEGIE. Note de Synthèse. Domaine : Financement Version : 1 Mise à jour : 04/03/2012

Groupe de travail 3 : Emploi, formation, compétences

Bilan de l activité d accueil de jour et d hébergement temporaire en direction des personnes âgées dépendantes en 2010

CHARTE POUR L ACCUEIL DES INTERNES

Règlement Intérieur. Date : 6 novembre Code documentaire : ORU.REGLINT.ENR006

Statistiques à une variable


Analyse et interprétation des données

CATALOGUE DES FORMATIONS

Réduire sa consommation d énergie dans les entreprises industrielles

Information à un nouveau donneur de cellules souches du sang

Annexe commune aux séries ES, L et S : boîtes et quantiles

(BO N 4181 DU ) (BO N 4259 DU ) (BO N 4482 DU ) Dispositions générales. Article premier

CROIX-ROUGE FRANÇAISE Hôpital d'enfants Margency. 18, rue Roger Salengro Tél MARGENCY Fax

Cabinet d avocat Leduc-Novi. Indemnisation du préjudice corporel des. personnes victimes d un accident de la route

La raison d être des systèmes d information

La prise en charge de votre artérite des membres inférieurs

da Vinci Pontage gastrique

N Section du Contentieux Publié au recueil Lebon M. Stirn, président M. Bernard Stirn, rapporteur SCP BOUZIDI ; BLONDEL, avocats

REFERENTIEL D AUTO-EVALUATION DES PRATIQUES EN ODONTOLOGIE

Bilan d Activité du Don de Plaquettes par cytaphérèse Sur une Période d une année au Service Hématologie EHS ELCC Blida.

DECES OU INVALIDITE PERMANENTE ET TOTALE Tout assuré Majoration par enfant à charge DECES SIMULTANE- DECES ou INVALIDITE ABSOLUE et DEFINITIVE

DPC «ACTION EN SECURITE TRANSFUSIONNELLE»

Sommaire de la rubrique «Faire un don du sang» Site Internet des villes région Pays de la Loire FAIRE UN DON

AIDE MÉMOIRE DE PROMOTION DU DON DE SANG

Guide Assurance Santé

Assurances de biens et de responsabilité

Votre carte, une puce, un téléphone portable et toutes vos informations vitales en permanence sur vous.

LABO EXPRESS - 6, avenue Charles de Gaulle Le Chesnay RCS Versailles SARL au capital de Tél / Fax.

Leucémies de l enfant et de l adolescent

DEMONSTRATION DE FONCTIONNEMENT DU DÉFIBRILLATEUR

INFORMATION À DESTINATION DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ LE DON DU VIVANT

ASSEMBLÉE DES COMMUNAUTÉS DE FRANCE

ANNEXE 3 ASSISTANCE MÉDICALE

médicale canadienne, l Institut canadien d information sur la santé, Santé Canada et le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.

glossaire Appellation commerciale Voir nom de marque.

FAIRE FAIRE DES ECONOMIES A VOTRE ETABLISSEMENT:

PLATEFORME MÉTIER DÉDIÉE À LA PERFORMANCE DES INSTALLATIONS DE PRODUCTION

PROCEDURE ENREGISTREMENT

SEP 2B juin 20. Guide méthodologique de calcul du coût d une prestation

Depuis l'an 2000, le Ministère de la Santé Publique (MSP) a mis en place une procédure d accréditation pour améliorer la qualité des services

Evolution de la collecte des RPU Réseau OSCOUR

MARDI 3 JUILLET 2007 à 15 H 00. À la Salle Polyvalente de Ravières

La filière du sang en France

Marché de l occasion et exigences de rénovation énergétique. Rencontre de l Observatoire 21 mai 2015

INSTRUCTION N 009 AUX COOPERATIVES D EPARGNE ET DE CREDIT ET AUX INSTITUTIONS DE MICRO FINANCE RELATIVE A LA TRANSMISSION DES SITUATIONS PERIODIQUES

Exercices Alternatifs. Une fonction continue mais dérivable nulle part

La comptabilité analytique : un outil indispensable pour la gestion et le suivi des projets.

Greffe de moelle osseuse: Guérir ou se soigner?

AMAMI Anaïs 3 C LORDEL Maryne. Les dons de cellules & de tissus.

CPOM Guide méthodologique d élaboration et de suivi des contrats pluriannuels d objectifs et de moyens en Ile-de-France

DISTRIBUTION DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR VOIE ORALE PAR L INFIRMIERE : RISQUE DE NON PRISE DU TRAITEMENT MEDICAMENTEUX PAR LE PATIENT

La protection de vos données médicales chez l assureur

Guide Classes CM1-CM2

Correction du baccalauréat ES/L Métropole 20 juin 2014

Listes de fournitures du secondaire pour la rentrée

Observatoire des EHPAD

Chapitre 2 Introduction aux objectifs des coûts. Pr. Zoubida SAMLAL-Doctorante en Risk Management MBA, CFA

LES DIFFERENTS PSL : qualifications, transformations et leurs indications

Précarité sociale et recours aux soins dans les établissements de soins du Tarn-et-Garonne

Le niveau de revenus des ménages est associé à la couverture vaccinale par le vaccin pneumocoque conjugué chez les enfants d'ile-de-france

30 MAI 1 er JUIN 2011 PARIS

RAPPORT DE SYNTHESE DE L ENQUETE REGIONALE DES PASS

Transcription:

ETUDE RELATIVE AU COUT DES DEPOTS DE SANG La conférence nationale des coordonnateurs régionaux d hémovigilance et de sécurité transfusionnelle (CNCRH) a effectué en 2015 une étude sur le coût des dépôts de sang. Cette étude a été annoncée par le Directeur général de l Agence Régionale de Santé (ARS) Alsace aux directeurs généraux d ARS et par la CNCRH aux institutions en 2014. Son objectif principal est d évaluer un coût de fonctionnement pour chaque type de dépôt de sang (annexe 1). Les objectifs secondaires sont d analyser le surcoût d un produit délivré ou transféré à partir du dépôt (le surcoût s ajoute au tarif de cession du produit distribué ou délivré par l Etablissement Français du Sang (EFS) il est lié aux frais de gestion du dépôt), d estimer le nombre d Equivalent Temps Plein (ETP) nécessaire à la gestion en fonction du nombre de produits délivrés ou transférés, et d évaluer si possible le coût de retour d un produit lorsque les produits sont repris par l EFS avant péremption. A cet effet, une grille comprenant des charges directes, indirectes et le coût de reprise des produits le cas échéant (annexe 2) a été envoyée à l ensemble des 695 dépôts implantés sur le territoire national. 174 dépôts ont répondu à l enquête, soit 25% de taux de retour atteint. A noter que 36% d entre eux sont des dépôts de délivrance (annexe 3). Cette étude présente une analyse descriptive des résultats. L analyse des données a été réalisée par la cellule statistique de l ARS Alsace. Elle est diffusée sous la forme d une synthèse avec annexes et d un document détaillant tous les résultats obtenus au travers de cette étude. 4 dépôts relais sur 35 ont répondu mais ne sont pas pris en considération dans la présente synthèse. Leur analyse descriptive sera disponible dans le document détaillé. Janvier 2016 Page 1/7

SYNTHESE DES RESULTATS DE L ETUDE 1.1. Coût de fonctionnement annuel Le tableau ci-dessous met en évidence que le coût de fonctionnement le plus important concerne les dépôts de délivrance qui sont de fait les structures qui se rapprochent le plus du fonctionnement d un site transfusionnel. CHARGES TOTALES Paramètres Délivrance UV + Relais UV Minimum 18 492,00 12 123,20 5 339,00 Quartile 1 102 648,37 42 644,96 12 385,55 MEDIANE 172 033,00 74 751,60 21 670,10 Quartile 3 264 531,20 106 286,80 43 588,75 Maximum 659 707,00 202 192,00 140 717,66 Moyenne 203 676,25 78 648,24 32 503,50 Ecart-type 133 699,07 46 215,19 28 063,30 Les charges de personnel sont le poste de dépense le plus coûteux pour tous les types de dépôts. Le graphique suivant présente la ventilation des charges par poste de dépense. Pour tous les types de dépôt, une relation positive est observée entre le nombre de produits utilisés et les charges totales, avec un degré de corrélation significatif. Le coût total de fonctionnement d un dépôt augmente avec le nombre de produits utilisés. Janvier 2016 Page 2/7

1.2. Surcoût d un produit délivré ou transféré Le surcoût par produit correspond au ratio entre les charges totales et le nombre de produits délivrés ou transférés. SURCOUT PAR PRODUIT Paramètres Délivrance UV + Relais UV Minimum 20,34 9,64 58,53 Quartile 1 49,52 43,76 284,45 MEDIANE 66,78 67,44 533,28 Qartile 3 86,90 114,17 1 355,01 Maximum 266,51 3 055,60 5 494,43 Moyenne 75,03 144,57 1 152,11 Ecart-type 43,43 385,06 1 313,40 Pour les dépôts de délivrance et d urgence vitale relais, le surcoût médian se situe à 67 par produit. Pour les dépôts d urgence vitale, le surcoût n est pas représentatif. En effet, un dépôt d urgence vitale a un coût de fonctionnement constant quel que soit le nombre de produits sanguins délivrés. Or, ce nombre varie dans notre étude de 0 à 380, il est lié au nombre d urgences vitales survenues dans l établissement de santé au cours d une année. Pour tous les types de dépôts, l étude n a pas permis de mettre en évidence une corrélation positive entre le surcoût et le nombre de produits délivrés ou transférés. Ainsi, les données de l enquête ne permettent pas d objectiver un mécanisme d économie d échelle impliquant une décroissance du coût unitaire avec l augmentation du volume d activité. 1.3. Effectif et nombre d ETP Le graphique ci-dessous présente les valeurs médianes des effectifs totaux et des ETP correspondants. Les établissements n ont pas tous renseigné ces deux items ce qui explique des ETP médians faibles pour les dépôts d urgence vitale relais et les dépôts d urgence vitale. Janvier 2016 Page 3/7

Les calculs de corrélation entre le nombre d ETP et le nombre de produits délivrés ou transférés ont été effectués sur les dépôts qui ont renseigné les deux items. Pour tous les types de dépôt, il y a une corrélation positive entre le nombre d ETP et le nombre de produits délivrés ou transférés. Il n a pas pu être mis en évidence de corrélation positive entre les effectifs et le nombre de produits délivrés ou transférés. Il apparait donc que le nombre de personnes habilitées à intervenir sur le dépôt résulte d un choix organisationnel. 1.4. Coût de retour d un produit à l EFS Les données sont insuffisantes pour être considérées comme représentatives du coût de retour d un produit à l EFS. 1.5. Conclusion Cette étude, qui a été réalisée pour la première fois pour un certain nombre de responsables de dépôts, a permis de révéler des frais de fonctionnement d un dépôt de sang non négligeables. Elle met en évidence un surcoût important par produit qui s ajoute au tarif de cession des produits par l EFS. Doit-on repenser le dépôt de sang comme une véritable unité transversale structurelle et économique au sein d un établissement de santé nécessitant un financement spécifique? Cette étude met à la disposition des responsables de dépôt un outil leur permettant d avoir une réflexion sur leurs coûts de fonctionnement visant à optimiser la gestion du dépôt. Les éléments de cette étude pourraient également contribuer à la concertation indispensable entre les acteurs de la transfusion ; notamment comme base de dialogue entre EFS, établissements de santé, et ARS dans le cadre d une révision du Schéma d Organisation de la Transfusion Sanguine. Janvier 2016 Page 4/7

ANNEXES Annexe 1 : Définitions Dépôt de délivrance : dépôt qui conserve des produits sanguins labiles (PSL) distribués par l Etablissement de Transfusion Sanguine (ETS) référent et les délivre pour un patient hospitalisé dans l Etablissement de Santé (ES). C est le dépôt le plus élaboré. Il dispose d un stock de produits dont il assure la gestion. Dépôt d urgence : dépôt qui conserve seulement des CGR de groupe O et des plasmas de groupe AB distribués par l ETS référent et les délivre en urgence vitale pour un patient hospitalisé dans l ES. Dépôt relais : dépôt qui conserve des PSL délivrés par l ETS référent en vue de les transfuser à un patient hospitalisé dans l ES. Dépôts urgence relais : dépôt qui associe les fonctions d urgence et de relais. Distribution : Fourniture de Produits Sanguins Labiles d un ETS à un autre ETS, aux fabricants de produits de santé dérivés du sang humain ou de ses composants, aux ES gérant des dépôts de sang. Délivrance : Mise à disposition de PSL sur prescription médicale en vue de leur administration à un patient déterminé. Transfert : Mise à disposition de PSL délivrés par l ETS pour un patient déterminé à partir d un dépôt relais. Janvier 2016 Page 5/7

CNCRH Annexe 2 : Grille d estimation coût d un dépôt de sang Janvier 2016 Page 6/7

Annexe 3 : Répartition des dépôts répondants dépôts répondants répondants dépôts autorisés France entière dépôts autorisés France entière % de dépôts répondants Dépôts de délivrance 63 36% 177 25% 36% Dépôts d'urgences vitales + re 69 40% 272 39% 25% Dépôts d'urgences vitales 38 22% 208 30% 18% Dépôts relais 4 2% 38 5% 11% TOTAL 174 100% 695 100% 25% Janvier 2016 Page 7/7